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  • Land Rover « Pink Panther » : Pourquoi le rose est la couleur du camouflage ultime ?

    Land Rover « Pink Panther » : Pourquoi le rose est la couleur du camouflage ultime ?

    Imaginez l’unité d’élite la plus redoutable au monde, le SAS (Special Air Service), traversant le désert d’Oman à bord de véhicules peints… en rose bonbon. Ce qui ressemble à une plaisanterie est en réalité l’une des applications les plus brillantes de l’optique et de la science du camouflage en milieu aride. Retour sur la légende des « Pinkies ».

    Dans les années 60, alors que l’armée britannique intervient durant la rébellion du Dhofar, elle constate que le traditionnel « jaune sable » ne suffit plus à dissimuler ses véhicules lors des moments les plus critiques de la journée : l’aube et le crépuscule.

    La science derrière le rose : Le « Mountbatten Pink »

    L’idée ne vient pas d’un styliste, mais d’une observation physique. Durant la Seconde Guerre mondiale, Lord Mountbatten avait déjà remarqué que certains navires peints dans une nuance de mauve/rose devenaient presque invisibles à l’horizon durant l’heure dorée.

    Dans le désert, le sable n’est pas simplement jaune. Sous l’effet de la réfraction de la lumière rasante, il prend des teintes rosées, pourpres et orangées. En peignant leurs Land Rover Série IIA 109″ dans un rose mat (souvent appelé Desert Pink), les SAS ont découvert qu’à 200 mètres, le véhicule se fondait littéralement dans la brume de chaleur et le sable, devenant indétectable pour l’œil humain.


    Une machine de guerre dépouillée de tout artifice

    Le « Pink Panther » (surnom officiel donné par les troupes en référence au film de 1963) n’était pas seulement une affaire de couleur. C’était un monstre de franchissement optimisé pour l’autonomie :

    • Zéro protection : Pas de toit, pas de portières, pas de pare-brise. L’objectif était de pouvoir évacuer le véhicule instantanément en cas d’embuscade et d’avoir une visibilité à 360°.
    • Armement lourd : Généralement équipé de deux mitrailleuses GPMG (General Purpose Machine Gun), une pour le passager avant et une pour l’arrière.
    • Autonomie record : Quatre réservoirs de carburant pour traverser des centaines de kilomètres de dunes sans ravitaillement.
    • Navigation : Pas de GPS à l’époque, mais un compas solaire monté sur le tableau de bord pour se repérer dans l’immensité vide.

    Fiche technique de la « Pinky » (1968)

    CaractéristiqueSpécification
    ChâssisLand Rover Series IIA 109 pouces
    Moteur2.25L Essence (4 cylindres)
    Équipement spécialPlaques de désensablage, caisses de munitions, fusées éclairantes
    Production72 exemplaires seulement

    Un héritage devenu culte

    Sur les 72 exemplaires produits entre 1968 et 1970, seuls une vingtaine auraient survécu. Aujourd’hui, ces véhicules sont les « Graals » des collectionneurs de Land Rover. Une véritable « Pinkie » authentique peut s’échanger à des prix dépassant les 80 000 €, bien plus qu’un modèle de série de la même époque.

    Elle reste la preuve que dans le monde du tout-terrain et de l’ingénierie militaire, la fonction dicte toujours la forme… même si cela implique de peindre son véhicule de combat en rose.

  • Twisted TRRC : Le Range Rover Classic s’offre une cure de vitamines à 420 000 €

    Twisted TRRC : Le Range Rover Classic s’offre une cure de vitamines à 420 000 €

    Après 25 ans passés à porter le Land Rover Defender au sommet du raffinement, les sorciers de chez Twisted Automotive s’attaquent enfin à l’autre icône de la couronne : le Range Rover Classic. Baptisé TRRC, ce projet n’est pas une simple restauration, mais une réingénierie totale née de la nostalgie des années 80. Et attention, le ticket d’entrée pique un peu.

    Pour Charles Fawcett, le fondateur de Twisted, ce projet est personnel. Il se souvient du Range deux portes marron de son père, avec ses arches en fibre de verre et son spoiler avant de MGB GT. C’est cet esprit « King of the Road » qu’il a voulu capturer avec le TRRC, en y ajoutant une rigueur de fabrication quasi obsessionnelle.

    Un cœur de Corvette sous une robe d’aluminium

    Oubliez le poussif V8 Rover d’origine. Twisted a greffé un bloc LT1 V8 de 6,2 litres développant la bagatelle de 500 ch, couplé à une boîte automatique à huit rapports.

    Mais la puissance ne fait pas tout. Twisted a passé des mois à peaufiner les silentblocs et les suspensions progressives. L’objectif ? Obtenir une direction tranchante sans sacrifier la souplesse légendaire du Range. « Un Range Rover doit rester souple », insiste Fawcett.

    Une carrosserie façonnée à la main

    Le TRRC est un mélange savant des meilleures époques du Classic :

    • Look : Un pare-chocs avant typé années 70 marié à une calandre des années 90.
    • Artisanat : Chaque panneau extérieur est une nouvelle pièce en aluminium formée au marteau.
    • Précision : Twisted revendique des tolérances d’ajustement de carrosserie (le fameux « panel gap ») défiant toute concurrence.

    L’obsession du détail : du plancher au plafond

    L’intérieur a été entièrement repensé pour améliorer l’expérience de conduite. Les sièges ont été abaissés pour que le regard du conducteur soit parfaitement aligné avec la partie supérieure du pare-brise, maximisant ainsi la visibilité panoramique si chère au modèle original.

    Le détail qui tue : Fidèle à l’esprit des premiers modèles « tôlés », Twisted colle l’insonorisation sous la moquette et non sur la coque. Pourquoi ? Pour que le propriétaire puisse soulever le tapis et admirer la perfection de la peinture sur le métal nu.

    Fiche Technique du Twisted TRRC

    ÉlémentSpécification
    MoteurV8 6.2L Essence (LT1)
    Puissance500 ch
    TransmissionAutomatique 8 rapports / Différentiels renforcés
    Freinage6 pistons à l’avant, 4 à l’arrière
    ChâssisDécapé, traité e-coat (satin noir)
    ProductionLimitée à 12 exemplaires par an

    Un jouet exclusif (et déjà introuvable)

    Le prix de cette nostalgie haute performance ? À partir de 350 000 £ (soit environ 420 000 €). Malgré ce tarif de supercar, Twisted annonce que tous les créneaux de production pour 2026 sont déjà réservés, et que l’année 2027 est déjà en passe d’être complète.

    Le TRRC ne s’adresse pas à tout le monde, et c’est exactement ce que cherche la marque : une interprétation radicale, luxueuse et « anti-ordinaire » d’un monument britannique.

  • Fin de mission pour la « Landy » : l’Armée britannique met ses Land Rover à la retraite

    Fin de mission pour la « Landy » : l’Armée britannique met ses Land Rover à la retraite

    C’est une page d’histoire qui se tourne avec le fracas d’une portière de Defender. Après plus de 70 ans de bons et loyaux services, le ministère de la Défense britannique (MoD) a officiellement lancé, ce 20 mars 2026, le processus de retrait de sa flotte iconique de Land Rover. La « bête de somme » des soldats de Sa Majesté s’apprête à passer le relais à une nouvelle génération de véhicules.

    Le 19 mars 2026, au camp de Bovington (le sanctuaire des blindés outre-Manche), le ministre Luke Pollard a donné le coup d’envoi du programme LMV (Light Mobility Vehicle). L’objectif : identifier le successeur technologique d’un véhicule qui, depuis les années 50, a tout fait, tout vu et tout enduré.

    Un soldat de 70 ans au CV impressionnant

    Le Land Rover n’était pas qu’un simple moyen de transport pour l’armée britannique ; c’était un outil multifonction. Qu’il s’agisse de patrouilles dans le désert, de liaisons de commandement ou de transport de troupes, la silhouette de la « Landy » est devenue indissociable de l’imagerie militaire du Royaume-Uni.

    En 2025, plus de 5 000 exemplaires étaient encore en service actif, preuve d’une robustesse que l’électronique moderne peine parfois à égaler. Mais l’évolution des menaces et des besoins impose aujourd’hui une modernisation radicale.


    Les versions les plus folles : quand le Land Rover mutait

    Au fil des décennies, le génie militaire britannique a transformé le Land Rover en engins parfois improbables. L’exposition à Bovington a rappelé quelques-unes de ces pépites :

    • Le « Pink Panther » (Série IIA) : Peint en rose (une couleur offrant un camouflage optimal au crépuscule dans le désert), ce modèle était le bras armé du SAS pour la reconnaissance à longue distance.
    • Le Centaur V8 : Une tentative audacieuse de croisement entre un 4×4 et un char d’assaut, utilisant les chenilles du tank léger Scorpion.
    • Le SIIA 109″ Amphibie : Un prototype capable de passer de la route à la mer pour les débarquements.
    • L’Ambulance Série IIA : Un classique capable de transporter quatre brancards et un infirmier au plus près du front.

    2030 : L’horizon de la relève

    Le départ à la retraite ne sera pas immédiat pour tous les exemplaires, mais le compte à rebours est lancé. Le programme LMV doit permettre de livrer les premiers nouveaux véhicules aux soldats d’ici 2030.

    « Je tire aujourd’hui le coup d’envoi de la compétition pour le remplacement de cette flotte. Nous cherchons un véhicule moderne pour nos troupes, tout en faisant de la défense un moteur de croissance pour les entreprises basées au Royaume-Uni. » — Luke Pollard, Ministre de l’Industrie de Défense.

    Si le futur remplaçant promet d’être plus connecté, plus sûr et plus efficace, il aura fort à faire pour égaler le capital sympathie et l’âme de celle que les soldats appellent simplement la « Landy ». Une chose est sûre : pour les collectionneurs et les amateurs de surplus militaire, les années à venir s’annoncent passionnantes.

  • INEOS Grenadier : L’incroyable épopée d’un 4×4 né autour d’une bière

    INEOS Grenadier : L’incroyable épopée d’un 4×4 né autour d’une bière

    C’est l’une des plus belles « success stories » industrielles de ces dernières années. Alors que les puristes pleuraient la fin du Defender originel, Sir Jim Ratcliffe décidait, entre deux pintes, de créer sa propre marque. En ce mois de mars 2026, INEOS Automotive lance sa campagne « Grenadier Origins », nous rappelant que les meilleures idées naissent parfois dans les lieux les plus simples.

    Le 12 mars 2026, INEOS a dévoilé son nouveau film de campagne intitulé : « Born in a pub, Built for more ». Le décor ? Le pub The Grenadier à Londres. C’est ici que tout a commencé il y a dix ans, et c’est de cet établissement que le véhicule tire son nom désormais célèbre.

    Un projet né d’un manque de « brut »

    L’histoire du Grenadier, c’est avant tout celle de Sir Jim Ratcliffe. Grand aventurier et passionné de tout-terrain, l’homme d’affaires britannique a vu un vide béant sur le marché : la disparition des 4×4 rustiques, robustes et capables de travailler dur, au profit de SUV de plus en plus aseptisés.

    Plutôt que d’attendre un hypothétique retour aux sources des constructeurs traditionnels, il a simplement décidé de créer sa propre division automobile.


    Une campagne pleine d’esprit britannique

    Le film de lancement distille en 60 secondes l’ADN du projet avec un humour très « so British ». On y voit :

    • La matrone du pub, narratrice au ton sec et plein de dérision.
    • Des étincelles de soudure qui volent entre deux verres.
    • Le fameux « bocal à jurons » (indispensable quand on construit une voiture de A à Z).
    • Quelques moutons égarés pour rappeler la vocation rurale de l’engin.

    Selon Lynn Calder, PDG d’INEOS Automotive : « Le Grenadier est un véhicule épique avec une histoire unique. Nous avons appris que lorsque les clients entendent notre histoire, ils comprennent vraiment pourquoi le Grenadier est conçu ainsi. »


    Un succès mondial en chiffres

    Depuis le début de la production en 2023, le pari fou de Ratcliffe s’est transformé en une machine de guerre commerciale. Aujourd’hui, en mars 2026, les chiffres parlent d’eux-mêmes :

    • Plus de 35 000 clients livrés à travers le monde.
    • Présence dans plus de 50 pays.
    • De nombreuses récompenses internationales pour ses capacités de franchissement et son confort sur route.

    Le Grenadier n’est plus seulement une idée griffonnée sur un coin de nappe au pub ; c’est un outil de travail et d’aventure qui a prouvé sa fiabilité du désert de l’Outback aux montagnes écossaises.

  • Pub Culte : Quand le Land Rover Defender se dessine à coups de tampons de passeport

    Pub Culte : Quand le Land Rover Defender se dessine à coups de tampons de passeport

    Comment illustrer la soif d’aventure et la robustesse d’un véhicule sans même le montrer en photo ? C’est le défi relevé avec brio par l’agence britannique RKCR/Y&R pour Land Rover il y a une quinzaine d’années. Retour sur une campagne imprimée devenue un classique du genre, où la silhouette du mythique Defender surgit des frontières qu’il a franchies.

    Le Land Rover Defender n’est pas un SUV comme les autres. C’est une icône cubique, un outil de travail, et pour beaucoup, le seul moyen d’atteindre les coins les plus reculés du globe. Partant de ce constat, l’agence londonienne Rainey Kelly Campbell Roalfe / Y&R a imaginé un visuel qui résume à lui seul l’ADN de la marque : le voyage sans limite.

    Une silhouette forgée par les voyages

    L’idée créative est d’une simplicité redoutable : reconstituer la forme inconfondable du Defender uniquement à l’aide de tampons de passeports.

    Pas de carrosserie en aluminium, pas de pneus boueux, pas de paysages grandioses en arrière-plan. Juste un fond blanc et cet assemblage méticuleux d’encres colorées, de dates et de visas d’immigration. Le message est limpide : ce véhicule est défini par les endroits où il va. Chaque coup de tampon raconte une histoire, une frontière traversée, une expédition réussie. Le collage suggère que le Defender est littéralement « construit » par l’aventure.

    « Seule une icône pouvait le faire »

    Mark Roalfe, le chairman de l’agence RKCR/Y&R à l’époque, avait parfaitement résumé la force de cette campagne : « C’est une publicité iconique que seule une marque aussi iconique que Land Rover pouvait se permettre. »

    Et il a raison. Combien de voitures dans l’histoire de l’automobile peuvent être reconnues instantanément, juste par leur contour suggéré par des tampons ? Une Porsche 911, une Coccinelle, une Mini… et le Defender. Si vous aviez fait la même chose avec une berline générique, le public n’aurait vu qu’un tas d’encre. Ici, on voit le « Landy ».

    Les artisans de la campagne

    Derrière cette œuvre graphique qui fleure bon le papier jauni et les douanes du bout du monde, on retrouve une équipe talentueuse :

    • Conception-rédaction : Phil Forster
    • Direction artistique : Tim Brookes
    • Photographie : Carl Warner (qui a dû shooter les tampons avec précision pour créer le collage)
    • Typographie : Lee Aldridge

    Cette campagne reste aujourd’hui un modèle de publicité automobile : elle ne vend pas des caractéristiques techniques (chevaux, consommation, options), elle vend un imaginaire. Elle nous rappelle que le Defender est le passeport ultime pour la liberté.

  • Classic Defender V8 : Le duo parfait pour votre garage (et votre Defender OCTA)

    Classic Defender V8 : Le duo parfait pour votre garage (et votre Defender OCTA)

    C’est le fantasme ultime de tout collectionneur : garer l’icône du passé juste à côté de sa descendante moderne, dans une symétrie parfaite. Land Rover Classic l’a bien compris et propose désormais d’assortir votre Classic Defender V8 aux teintes et matériaux du brutal Defender OCTA.

    Si vous avez la chance d’avoir commandé le nouveau Defender OCTA, le Land Rover le plus puissant et extrême jamais produit, vous vous dites peut-être qu’il manque quelque chose pour compléter le tableau. Peut-être une version classique, restaurée à la perfection, qui partagerait le même ADN esthétique ? Ne cherchez plus. La division Works Bespoke de Land Rover Classic vient de rendre cela possible.

    L’idée est simple mais géniale : créer le « garage idéal » en permettant aux clients de configurer un Classic Defender V8 (basé sur des modèles 2012-2016) avec les mêmes spécifications visuelles que le nouveau fleuron de la gamme.

    300 heures de peinture pour une teinte parfaite

    Ce n’est pas un simple « copier-coller » de code couleur. Land Rover Classic ne fait pas les choses à moitié. Chaque véhicule passe environ 300 heures en cabine de peinture.

    La palette s’enrichit donc des teintes exclusives de l’OCTA : le spectaculaire Petra Copper, le Faroe Green, le Sargasso Blue, ainsi que le noir profond Narvik Black. Ces couleurs rejoignent les gris déjà disponibles (Borasco, Carpathian, Charente). Et pour pousser le mimétisme jusqu’au bout, vous pouvez opter pour une finition brillante ou satinée, cette dernière étant conçue pour matcher le film de protection mat optionnel du modèle moderne.

    Le détail qui tue ? Une calandre avant « Gloss Black » spécifique qui reprend le design de celle de l’OCTA, optimisant au passage le refroidissement du moteur.

    L’intérieur se met à la page

    À bord, la révolution est aussi textile. Pour la première fois sur un Classic Defender officiel, Land Rover propose les matériaux Ultrafabrics™ (un cuir PU haute performance) en options Kaki ou Light Cloud, exactement comme dans l’OCTA.

    Les puristes du cuir pourront toujours opter pour du semi-aniline Burnt Sienna ou de l’Ebony. Les sièges sport Recaro, le levier de vitesse et les contreportes peuvent être personnalisés pour répliquer fidèlement l’ambiance de votre 4×4 moderne. C’est du restomod, mais avec le tampon officiel du constructeur.

    Sous le capot : Toujours aussi méchant

    Rassurez-vous, si l’esthétique se modernise, la mécanique reste fidèle à la recette « Works Bespoke » qui nous fait tant saliver. On retrouve le V8 atmosphérique de 5,0 litres développant 405 ch, couplé à l’excellente boîte automatique ZF à 8 rapports.

    Le châssis n’est pas en reste avec des freins surdimensionnés (étriers 4 pistons), une suspension revue avec des ressorts et amortisseurs spécifiques, et des barres antiroulis renforcées. C’est un Defender qui freine, tourne et accélère fort, tout en gardant son look de baroudeur intemporel.

    Disponible en versions 90 et 110 Station Wagon, ou en 90 Soft Top pour les beaux jours, ce Classic Defender V8 « OCTA spec » est la preuve que chez Land Rover, on sait cultiver l’héritage sans le figer dans le formol. Pas besoin de posséder le modèle moderne pour commander celui-ci, mais avouez que la paire aurait fière allure dans votre allée.

  • Jeep Wrangler Commando 392 : Le monstre V8 à boîte méca que vous ne pourrez (presque) jamais acheter

    Jeep Wrangler Commando 392 : Le monstre V8 à boîte méca que vous ne pourrez (presque) jamais acheter

    C’est le cadeau ultime pour ceux qui ont servi. À l’occasion du Veterans Day, Jeep et les sorciers de la suspension Fox Factory ont dévoilé une machine de guerre civile : le Wrangler Commando 392. Au menu ? Un V8 Hemi, des pneus de 40 pouces et, miracle absolu, une boîte manuelle. Le seul problème ? Il faut avoir porté l’uniforme pour espérer en signer le bon de commande.

    C’est une tradition aux États-Unis de soigner les vétérans, mais là, Jeep place la barre à une altitude stratosphérique. En collaboration avec Fox Factory (l’équipementier légendaire du tout-terrain), la marque a créé ce qui ressemble au Wrangler ultime.

    Le Saint-Graal mécanique : V8 + Boîte Manuelle

    Lisez bien ce qui suit, car c’est une configuration que les puristes réclament depuis des années et que Jeep ne proposait pas sur le 392 de série. Sous le capot, on retrouve le gargantuesque V8 Hemi de 6,4 litres développant 470 chevaux et 637 Nm de couple. Mais au lieu de la traditionnelle boîte auto à 8 rapports, Fox Factory a greffé une boîte manuelle Tremec à 6 rapports. Oui, un V8 atmosphérique, une pédale d’embrayage et un levier à remuer soi-même. C’est une licorne automobile.

    Un châssis digne d’un Trophy Truck

    Fox Factory ne s’est pas contenté de poser des autocollants. Le châssis a été revu de fond en comble pour supporter l’apocalypse :

    • Suspension : À l’avant, des amortisseurs bypass de 2,5 pouces. À l’arrière, des combinés filetés à réservoir séparé.
    • Débattement : Le tout offre un débattement colossal de 15 pouces (38 cm).
    • Trains roulants : La puissance passe au sol via un essieu avant Dana 60 renforcé (ratio 5.13:1) et des pneus tout-terrain de 40 pouces montés sur des jantes bead-lock de 20 pouces.

    Malgré cette débauche de testostérone, le véhicule conserve son badge officiel « Trail Rated ».

    Intérieur « Ferrari » et arceau cage

    À l’intérieur, l’ambiance oscille entre le luxe et le brutal. On trouve des surpiqûres rouges « style Ferrari », des commandes en aluminium et un volant cuir frappé du logo Commando. Mais pour rappeler que ce n’est pas une voiture de salon, un arceau de sécurité 4 points est installé de série.

    L’exclusivité absolue

    C’est ici que le rêve s’éloigne pour le commun des mortels. Seulement 250 exemplaires seront produits.

    • 249 unités sont exclusivement réservées aux militaires en service actif et aux vétérans.
    • 1 unité (la dernière) sera vendue aux enchères au grand public lors du « Military Appreciation Month ».

    Le prix annoncé ? Environ 69 995 $ (soit environ 66 000 €). Un tarif qui semble presque dérisoire compte tenu de l’équipement (un Wrangler 392 standard frôlait les 90 000 $). C’est clairement un « cadeau » fait par Jeep et Fox à la communauté militaire.

    Les premières livraisons sont attendues pour début 2026. Pour nous, simples civils européens, il ne reste que les photos pour admirer ce qui est peut-être le Jeep le plus cool de la décennie.

  • Dakar 2026 : Land Rover s’offre « Monsieur Dakar » pour sortir de l’ombre

    Dakar 2026 : Land Rover s’offre « Monsieur Dakar » pour sortir de l’ombre

    Alors que Land Rover traverse une période sombre sur le marché français, dégringolant à la 41e place des constructeurs depuis le début de l’année (une chute vertigineuse de 14 places), la marque britannique tente un coup d’éclat spectaculaire. Pour redorer son blason et prouver la robustesse de ses machines, Land Rover ne fait pas les choses à moitié : elle engage le nouveau Defender Dakar D7X-R au prochain Dakar, avec au volant ni plus ni moins que la légende vivante de l’épreuve, Stéphane Peterhansel.

    C’est un paradoxe comme l’automobile en a le secret. D’un côté, des chiffres de vente en berne dans l’Hexagone, où Land Rover semble s’effacer doucement des radars. De l’autre, une démonstration de force brute et technologique avec la présentation officielle, ce matin, du Defender Dakar D7X-R. Basé sur le monstrueux Defender OCTA, ce prototype « proche de la série » limera les pistes saoudiennes dès janvier 2026.

    L’effet Peterhansel : le maître et la machine

    Si la voiture impressionne, c’est bien le nom inscrit sur la portière qui fait trembler le bivouac. Stéphane Peterhansel, l’homme aux 14 victoires sur le Dakar, rejoint l’aventure Defender Rally.

    Associer « Monsieur Dakar » à un projet en catégorie « Stock » (véhicules de série modifiés) est un message fort. Peterhansel ne vient pas pour faire de la figuration, mais pour pousser cette machine dans ses derniers retranchements. Copiloté par Mika Metge, il aura la lourde tâche de démontrer que le Defender n’est pas seulement un SUV de luxe pour les beaux quartiers, mais un véritable franchisseur capable d’encaisser 80 heures de torture mécanique et 5 000 km de chrono.

    Il sera épaulé par deux autres équipages de pointe : Rokas Baciuška / Oriol Vidal et Sara Price / Sean Berriman. Mais ne nous y trompons pas : tous les yeux seront rivés sur le duo français.

    D7X-R : Un monstre (presque) de série

    Le règlement de la nouvelle catégorie FIA « Stock » impose de conserver l’ADN du véhicule de production. Le Defender Dakar D7X-R repose donc sur la structure monocoque D7x et conserve le cœur battant du Defender OCTA : le V8 4.4L biturbo.

    Cependant, pour survivre à l’enfer du désert, les ingénieurs de Defender Rally, dirigés par Ian James, ont opéré des mutations chirurgicales :

    • Châssis et Liaisons au sol : C’est le nerf de la guerre. Land Rover s’est associé à BILSTEIN pour développer une suspension spécifique capable de supporter les sauts et la tôle ondulée. À l’avant, on retrouve des combinés ressorts-amortisseurs, et à l’arrière, une double triangulation avec amortisseurs parallèles.
    • Gabarit : Le véhicule a été élargi de 60 mm et rehaussé. Il chausse désormais d’immenses pneus de 35 pouces, nécessitant des arches de roues encore plus proéminentes que sur l’OCTA.
    • Autonomie : C’est le chiffre qui donne le tournis. Pour assurer les étapes de plus de 800 km, un réservoir sur mesure de 550 litres a été installé à l’arrière.
    • Refroidissement : Fini les trois radiateurs de série. Place à un unique radiateur géant en façade, gavé d’air par quatre ventilateurs et une calandre optimisée. Le capot a été redessiné pour l’extraction de chaleur.

    Une technologie pensée pour le vol

    L’électronique n’est pas en reste. L’équipe a développé un « Flight Mode » (Mode Vol). Loin d’être un gadget marketing, ce système détecte lorsque les roues quittent le sol lors d’un saut dans les dunes. Il coupe et ajuste instantanément la distribution du couple pour éviter l’emballement moteur et préserver la transmission lors de l’atterrissage brutal.

    Arborant une livrée « Geopalette » aux teintes sable et turquoise, le D7X-R a déjà avalé 6 000 km de tests. Mais rien ne remplace la vérité de la course.

    Rendez-vous le 3 janvier 2026 en Arabie Saoudite. Pour Land Rover, l’objectif est double : gagner dans sa catégorie, et surtout, prouver au marché français et mondial que le Defender reste le roi incontesté de l’aventure.

  • Jeep Recon : pourquoi le silence du tout-électrique est la meilleure chose qui pouvait arriver au franchissement

    Jeep Recon : pourquoi le silence du tout-électrique est la meilleure chose qui pouvait arriver au franchissement

    Les puristes pleurent encore la disparition des V8, et c’est compréhensible. Mais si on met l’émotion de côté pour regarder l’efficacité pure et l’expérience de conduite, le nouveau Jeep Recon 100 % électrique pourrait bien être l’arme absolue en tout-terrain. Voici pourquoi le futur du franchissement s’écrit en silence.

    On associe souvent Jeep au grondement d’un moteur thermique luttant dans la boue ou grimpant une paroi rocheuse. Pourtant, l’annonce du Jeep Recon, le cousin spirituel du Wrangler en version « zéro émission », prouve que l’électricité n’est pas une contrainte, mais une évolution majeure pour les baroudeurs.

    Le silence : l’atout tactique ultime

    Imaginez la scène : vous êtes en plein milieu d’une zone de franchissement technique, au cœur d’une forêt ou sur les roches rouges de Moab. Avec un thermique, le moteur hurle, le ventilateur tourne à fond, et vous devez crier pour entendre votre « spotter » (la personne qui vous guide à l’extérieur).

    Avec le Jeep Recon, tout change. Le silence est total.

    1. Connexion avec la nature : Vous entendez le crissement des pneus sur la roche, le bruit de la suspension qui travaille, et l’environnement autour de vous. C’est une immersion totale, le « Tread Lightly » (l’empreinte légère) poussé à son paroxysme.
    2. Précision du pilotage : Ne plus avoir à gérer le régime moteur permet de se concentrer uniquement sur la trajectoire. Et surtout, vous entendez les instructions de votre guide sans talkie-walkie ni hurlements.

    840 Nm de couple tout de suite : la fin du calage

    L’autre argument qui rend le Recon potentiellement supérieur à un Wrangler thermique classique, c’est la physique. En franchissement, on cherche le couple à bas régime. Le Recon balance 840 Nm de couple instantané. Pas besoin de faire patiner l’embrayage ou de monter dans les tours pour que la puissance arrive.

    Avec ses 650 chevaux, il expédie le 0 à 100 km/h en 3,7 secondes sur route, mais c’est à 2 km/h qu’il sera le plus impressionnant. Grâce à une gestion électronique ultra-fine des moteurs électriques (un par essieu) et au système Selec-Terrain (avec un mode Rock dédié), le contrôle de la motricité est millimétrique. Finis les à-coups brutaux : le Recon grimpe aux arbres avec la douceur d’un chat.

    Un vrai Jeep : portes et toit sont de série, mais en option pour l’utilisation !

    Que les fans se rassurent, Jeep n’a pas fait un SUV aseptisé. Le Recon est Trail Rated (validé sur le Rubicon Trail) et garde l’ADN fun de la marque. C’est le seul électrique du marché conçu pour être désossé :

    • Les portes s’enlèvent.
    • La lunette arrière se démonte.
    • Les vitres de custode se retirent.
    • Le toit ouvrant panoramique (ou le toit souple électrique) offre une vue imprenable.

    L’objectif est clair : offrir la liberté du grand air, sans les gaz d’échappement.

    Fiche technique : Il ne craint personne

    La version Moab (qui sera lancée aux US) annonce la couleur avec des pneus de 33 pouces de série et des blocages de différentiel électroniques (e-locker).

    • Autonomie : Environ 400 km (EPA), suffisant pour une journée de trail intense.
    • Protection : Des plaques de protection en acier haute résistance protègent la batterie de 100 kWh.
    • Techno : Le système Uconnect 5 avec écran 14,5 pouces intègre désormais l’application Jeep Trails Offroad pour cartographier vos exploits.

    Le Jeep Recon ne remplace pas (encore) le Wrangler, il ouvre une voie parallèle. Celle d’un tout-terrain où la performance n’est pas synonyme de bruit, mais de maîtrise. Si vous aimez la nature au point de vouloir la traverser sans la déranger, ce monstre silencieux de 650 ch est fait pour vous. Arrivée prévue : début 2026.

  • Essai Jeep Compass : le baroudeur doit faire ses preuves sur asphalte

    Essai Jeep Compass : le baroudeur doit faire ses preuves sur asphalte

    La troisième génération du Jeep Compass arrive sur le marché européen avec une double ambition : s’imposer sur le segment C et réussir sa transition vers l’électrique. Le constructeur américain a confié sa production à l’usine italienne de Melfi, et si son style évoque bien un SUV tout droit sorti des Appalaches, sa structure repose sur une architecture moderne conçue pour le marché européen : la plateforme STLA Medium.

    Ce premier essai de la version 100 % électrique de 213 ch et 74 kWh (net) pose la question fondamentale pour les puristes : comment ce nouveau Compass, fabriqué en Italie, concilie-t-il l’héritage tout-terrain de Jeep avec cette base technique moderne ?

    Une ingénierie globale, des choix européens

    Le passage à la plateforme STLA Medium implique un partage technique et une rationalisation des chaînes de traction.

    • Motorisations variées : Le nouveau Compass est lancé avec une gamme complète incluant une motorisation hybride essence (145 ch), une hybride rechargeable (195 ch), et deux versions 100 % électriques, offrant 500 et 650 km d’autonomie (selon la version). Le PHEV et le 4×4 arriveront dans quelques mois.
    • Le paradoxe du 4×4 électrique : Fait notable, la seule version à bénéficier de la transmission intégrale est la variante 100 % électrique de 375 ch. Le modèle est équipé d’un second moteur électrique garantissant des capacités de franchissement de haut niveau. Cependant, l’absence de 4×4 sur les autres motorisations (thermiques et hybrides rechargeables) dès le lancement est un signal clair que cette génération de Compass priorise l’efficacité et l’utilisation routière sur le Vieux Continent.

    Un intérieur identitaire et fonctionnel

    Malgré l’architecture partagée, Jeep a réussi à imposer une ambiance intérieure singulière. L’environnement et la position de conduite sont soignés. L’ergonomie est très satisfaisante :

    • Technologie de bord : On retrouve deux grands écrans (10,25 pouces pour l’instrumentation et 16 pouces pour le multimédia).
    • Commandes bien pensées : Le volant multifonction et la commande de boîte rotative participent au plaisir d’utilisation. Les palettes derrière le volant permettent d’ajuster la régénération au freinage, et un bouton spécifique permet de désactiver facilement les aides à la conduite non souhaitées, un détail bien accueilli.
    • Ambiance baroudeur : Les différents modes de conduite sont accessibles via le fameux sélecteur rouge Selec-Terrain. Sur cette version deux roues motrices, les modes (Auto, Sport, Sand/Mud, Snow) ajustent la puissance de crête et la calibration de l’ESP.

    L’habitacle fait preuve d’une grande praticité, offrant pas moins de 34 dm³ de rangements à l’avant, souvent dotés de tapis antidérapants. Les places arrière, avec leur plancher plat, progressent en confort pour trois passagers. La finition est en progrès, même si la présence de certains plastiques durs empêche le Compass de se hisser au niveau des meilleurs du segment en matière de luxe perçu.

    Sur la route : précision et masse

    Sur l’asphalte, le Compass électrique de 213 ch est plus ferme que d’autres véhicules basés sur cette même plateforme (davantage qu’un C5 Aircross), ce qui se traduit par une précision de conduite agréable. L’insonorisation est efficace, les bruits d’air n’apparaissant qu’au-delà de 140 km/h (la vitesse de pointe est limitée à 180 km/h).

    Côté recharge, l’unité accepte jusqu’à 160 kW sur borne rapide, permettant de passer de 20 à 80 % de charge en 30 minutes.

    Dans cette version 100 % électrique, le Compass se révèle plaisant à conduire, confortable et très bien équipé (la version First Edition est disponible à 44 990 €). Malgré son style évocateur, il n’est pas un vrai baroudeur dans sa configuration de lancement. Il s’agit avant tout d’un excellent SUV compact électrique européen. Et comme la clientèle privilégie souvent le style aux réelles capacités, il a tout pour plaire dès les versions 2 roues motrices !

  • Suzuki Jimny : le petit 4×4 qui fait tourner les têtes… et les avocats

    Suzuki Jimny : le petit 4×4 qui fait tourner les têtes… et les avocats

    Le Suzuki Jimny, c’est un peu l’élève sympathique qui réussit sans forcer. Ce petit 4×4 a longtemps vécu dans l’ombre avant de connaître un véritable succès à partir de 2018, lorsqu’il a troqué ses rondeurs contre un look de mini Mercedes Classe G. Compact, rustique et attachant, il est devenu l’un des tout-terrains les plus désirés du marché.

    Problème : il n’est plus officiellement vendu en Europe. Et si vous pensez contourner la règle en important un Jimny depuis l’étranger, sachez que Suzuki est prêt à vous traîner en justice.

    Pourquoi le Jimny a quitté l’Europe

    À la base, c’est une histoire de normes. Le 1,5 litre atmosphérique à quatre cylindres qui anime le Jimny est loin des standards actuels en matière d’émissions. Sa consommation et ses rejets de CO₂ en faisaient déjà un modèle coûteux dans certains pays, comme en France, où les taxes pouvaient le faire grimper de 60 000 €.

    Pour répondre aux contraintes environnementales et à la réglementation GSR2 (obligations de systèmes d’assistance, boîte noire, alertes sonores multiples…), Suzuki aurait dû investir lourdement. Résultat : la marque a préféré retirer le modèle plutôt que de le moderniser pour le marché européen.

    Les importations parallèles dans le viseur

    Le Jimny reste disponible ailleurs – au Japon, en Inde, en Australie ou encore sur certaines autres destinations – et cela donne des idées à certains importateurs indépendants. Acheter un Jimny neuf hors UE, le faire venir en Europe et le vendre ? C’est possible techniquement, mais pas légalement… si l’on en croit Suzuki Deutschland.

    Dans un communiqué transmis à Motor1.com, la filiale allemande précise :

    « Le Jimny est de plus en plus souvent importé et vendu illégalement dans l’Espace économique européen. Puisqu’il s’agit d’atteintes à la marque, Suzuki Deutschland – au nom de Suzuki Motor Corporation – est déjà intervenu avec succès par le passé et continuera à agir fermement à l’avenir. »

    En clair : importer un Jimny neuf en dehors des canaux officiels, c’est s’exposer à un recours en justice.

    Un 4×4 devenu politiquement incorrect

    Ironie de l’histoire : Suzuki Allemagne souligne aujourd’hui que le Jimny « n’a pas d’impact positif sur le CO₂ » – comprenez : c’est un petit délinquant environnemental. Une affirmation qui prête à sourire quand on se souvient que le constructeur l’a vendu officiellement en Europe de 2018 à 2024 sans état d’âme particulier.

    Pour un particulier, l’importation d’un Jimny déjà immatriculé à l’étranger reste théoriquement possible, mais les démarches sont lourdes et coûteuses. À tel point que l’option la plus simple reste… de trouver un exemplaire d’occasion déjà présent sur le marché européen, même si les prix y sont particulièrement élevés.

    Un objet de désir… qui se mérite

    Le Jimny est aujourd’hui un paradoxe roulant : un petit 4×4 fun, efficace en tout-terrain, mais presque impossible à acquérir neuf en Europe, et considéré par sa propre marque comme trop polluant pour nos routes.

    Les passionnés devront donc se contenter de l’admirer sur d’autres marchés, ou se lancer dans une chasse à l’occasion. Mais attention : chez Suzuki, on ne plaisante pas avec le droit des marques.

    Mais si vous en voulez vraiment un, Suzuki France commercialise une version VU à deux places. Et là, ça passe !

  • La naissance de Jeep : le jour où la guerre inventa une icône

    La naissance de Jeep : le jour où la guerre inventa une icône

    À la croisée des nécessités militaires et de l’ingéniosité industrielle, la Seconde Guerre mondiale accoucha d’un véhicule appelé à devenir l’un des plus grands symboles de la liberté : la Jeep. Retour sur la genèse mouvementée d’un engin qui a changé l’histoire, bien au-delà des champs de bataille.


    Le besoin : une armée cherche sa monture

    À la fin des années 1930, les États-Unis savent que la guerre en Europe risque de les rattraper. L’armée américaine, alors largement sous-équipée, commence à moderniser sa logistique. Les chevaux sont encore nombreux, les voitures de commandement sont peu adaptées aux terrains difficiles, et aucun véhicule ne répond au besoin d’un engin léger, tout-terrain, maniable, rustique, capable de transporter hommes et matériel au cœur du combat.

    En juin 1940, alors que la France vient de tomber et que la Blitzkrieg inquiète les stratèges du Pentagone, l’U.S. Army Ordnance Corps lance un appel d’offres express. Les exigences sont précises : un véhicule à quatre roues motrices, pesant moins de 590 kg, capable de transporter trois hommes, avec une garde au sol minimale, une capacité de remorquage, et une vitesse de pointe de 80 km/h.

    Mais surtout, le délai est démentiel : les constructeurs intéressés ont 11 jours pour proposer un prototype, 49 jours pour en construire un, et 75 jours pour livrer 70 véhicules de présérie. À l’heure où l’on conçoit aujourd’hui un SUV en trois ans, l’ampleur du défi paraît irréaliste.

    Le miracle Bantam

    C’est une petite entreprise, l’American Bantam Car Company, installée à Butler, en Pennsylvanie, qui s’attelle la première au projet. Bantam n’a ni les moyens ni l’envergure des géants comme Ford ou General Motors, mais son patron, Frank Fenn, sent l’occasion unique. Il recrute un ingénieur de génie : Karl Probst, qui accepte de travailler bénévolement au début pour sauver les délais.

    En quelques jours, Probst dessine un châssis simple, une carrosserie aux lignes strictement fonctionnelles, et récupère des composants de modèles existants. Le Bantam Reconnaissance Car (BRC) naît en septembre 1940, pile dans les temps. C’est une petite boîte à roulettes, haute sur pattes, avec des ailes découpées à l’emporte-pièce et une calandre verticale. Rustique, mais efficace.

    L’armée est impressionnée… mais sceptique. Bantam est trop petit pour produire en masse. Alors, dans un geste qui aujourd’hui ferait hurler tous les services juridiques, elle transmet les plans de Bantam à d’autres constructeurs.

    Willys et Ford entrent en scène

    Deux industriels répondent à l’appel : Willys-Overland, un constructeur basé à Toledo (Ohio), et Ford Motor Company. Tous deux développent leur propre version du véhicule, sur la base des plans Bantam, mais chacun y ajoute des modifications.

    Willys propose son Quad, plus puissant grâce à son moteur “Go-Devil” de 60 chevaux, bien au-delà des 40 chevaux des concurrents. Ford de son côté mise sur sa capacité industrielle et la rationalisation. Son prototype s’appelle Pygmy, puis GP (General Purpose).

    Après une évaluation intensive, l’armée tranche : c’est Willys qui remporte le contrat, mais avec une condition : Ford devra aussi produire des Jeep, sous licence Willys, pour répondre aux besoins colossaux du front.

    Naissance d’un nom mythique

    Willys rebaptise son prototype MB (pour “Model B”). Ford l’appelle GPW (G pour Government, P pour 80 pouces d’empattement, W pour Willys). Mais dans les tranchées, personne ne prononce ces lettres. Les soldats surnomment rapidement l’engin “Jeep”.

    L’origine du mot fait débat. Certains y voient une contraction phonétique de “GP”, d’autres font référence au personnage de bande dessinée Eugene the Jeep, un animal magique dans Popeye capable d’aller partout — tout comme ce petit 4×4.

    Quoi qu’il en soit, le nom s’impose sur le terrain. Dès 1942, Willys l’adopte officiellement. La Jeep est née.

    Le 4×4 qui a changé la guerre

    Entre 1941 et 1945, plus de 640 000 Jeep sont produites, dont environ 280 000 par Ford. C’est, avec le camion Dodge WC, l’un des véhicules les plus emblématiques du conflit. On la voit partout : en Afrique du Nord, en Normandie, dans la jungle birmane, sur les plages du Pacifique.

    Elle transporte les officiers, tire les canons, évacue les blessés, sert même de base pour des lances-roquettes ou des cabines radio. Eisenhower, commandant en chef des forces alliées, déclarera : « Les États-Unis ont pu remporter la guerre grâce à trois armes : la Jeep, le Dakota, et la bombe atomique. »

    Robuste, réparable sur le terrain avec un fil de fer, capable d’escalader un talus ou de traverser un ruisseau, la Jeep devient bien plus qu’un véhicule. Elle incarne la mobilité de la guerre moderne, l’adaptabilité, et la liberté.

    L’après-guerre : l’invention du tout-terrain civil

    Dès 1945, Willys comprend le potentiel civil de son véhicule. Sous le nom de CJ-2A (Civilian Jeep), elle commercialise une version presque identique, peinte en vert forêt, équipée d’un attelage. L’idée : faire de la Jeep l’outil des fermiers, des forestiers, des ingénieurs. Le slogan : “The All-Around Farm Workhorse.”

    Mais la Jeep attire aussi une autre clientèle, en quête de liberté, d’exploration, de défrichement. Elle devient peu à peu l’ancêtre du 4×4 de loisir, bien avant les Land Rover, Toyota Land Cruiser et autres SUV modernes.

    Willys tentera d’en faire une marque à part entière — ce qu’elle deviendra réellement bien plus tard, sous l’égide d’AMC, puis de Chrysler, puis de Stellantis.

    Une légende vivante

    Aujourd’hui encore, le design originel de la Jeep transparaît dans les traits du Wrangler, du Cherokee, du Compass, du Renegade ou du plus petit Jeep Avenger. La calandre à sept fentes verticales, les ailes découpées, le pare-brise rabattable : tout cela vient de la Willys MB. Même le nom “Rubicon” utilisé sur les versions extrêmes du Wrangler fait référence à un sentier de montagne américain, mais aussi, symboliquement, au point de non-retour : comme César franchissant le Rubicon, la Jeep a traversé l’histoire en la bousculant.

    De véhicule de guerre improvisé, elle est devenue symbole de liberté, de résistance, de robustesse. Là où les routes s’arrêtent, la Jeep commence.