Catégorie : Constructeurs

  • Kiichiro Toyoda : le maître de la production qui a mis le Japon sur roues

    Kiichiro Toyoda : le maître de la production qui a mis le Japon sur roues

    Après le portrait d’Armand Peugeot, pionnier de l’automobile française, AUTOcult.fr vous invite à traverser les frontières pour découvrir la figure de Kiichiro Toyoda. Un nom qui a donné naissance à un empire et à une philosophie de production qui ont révolutionné l’industrie automobile mondiale. Kiichiro Toyoda n’était pas seulement un ingénieur de talent, c’était un visionnaire qui a su transformer une entreprise familiale de métiers à tisser en un géant mondial, tout en façonnant l’identité de l’automobile japonaise.

    De la Fibre Textile à la Puissance Automobile

    Kiichiro Toyoda est né en 1894, fils de Sakichi Toyoda, inventeur du métier à tisser automatique. Dès son plus jeune âge, il est imprégné de la culture de l’innovation et de l’efficacité. Diplômé en génie mécanique de l’université de Tokyo, il rejoint l’entreprise familiale, Toyoda Automatic Loom Works. Son travail sur les métiers à tisser lui inculque les principes fondamentaux de la production : réduire les déchets, optimiser les processus et améliorer constamment la qualité. Ces principes, qu’il théorisera plus tard, deviendront la pierre angulaire du fameux « Toyota Production System ».

    En 1929, son père lui confie la tâche d’étudier l’industrie automobile en Europe et aux États-Unis. Ce voyage est une révélation. Kiichiro est fasciné par la production de masse de Henry Ford et la précision de l’ingénierie européenne. Il revient au Japon avec une conviction inébranlable : le futur de son pays passe par l’automobile.

    La Naissance d’un Empire : Un Pari Audacieux

    Convaincu de son idée, Kiichiro Toyoda réussit à convaincre la direction de l’entreprise familiale de diversifier ses activités. En 1933, une division automobile est créée au sein de Toyoda Automatic Loom Works. Le pari est loin d’être gagné : à cette époque, le marché japonais est dominé par les constructeurs américains, Ford et General Motors.

    Kiichiro Toyoda n’est pas un simple copieur. Il étudie méticuleusement les moteurs américains et européens, les démonte et les remonte, afin de comprendre chaque détail. Il embauche les meilleurs ingénieurs et techniciens pour développer ses propres modèles. Le premier moteur est mis au point en 1934 : c’est le « Type A », un six-cylindres en ligne. Il est rapidement suivi d’un premier prototype, la « Model A1 », puis de la première voiture de série, la « Model AA », en 1936. Le nom de « Toyoda » est modifié pour devenir « Toyota », un changement de nom qui a une double signification. En japonais, le mot « Toyota » s’écrit avec huit traits de pinceau, un chiffre porte-bonheur. Le nouveau nom est aussi phonétiquement plus agréable et plus facile à prononcer pour le public international, marquant déjà la volonté de la marque de s’imposer hors de ses frontières.


    La Philosophie de la Production et le Système « Juste-à-Temps »

    La vision de Kiichiro Toyoda ne se résume pas à la seule création de voitures. Son génie réside dans l’application des principes de son père à la production automobile. Il développe une philosophie unique, le « Toyota Production System » (TPS), qui repose sur deux piliers :

    • Le Jidoka : l’autonomation, c’est-à-dire l’automatisation avec une touche humaine. Une machine doit être capable de s’arrêter d’elle-même en cas de défaut, permettant d’identifier et de résoudre les problèmes immédiatement.
    • Le Juste-à-temps (JAT) : ce système vise à produire et à livrer les composants uniquement quand ils sont nécessaires, en quantité juste suffisante. Cela permet de réduire les stocks et d’éliminer le gaspillage.

    Cette philosophie est révolutionnaire. Elle rompt avec le modèle de production de masse à l’américaine, qui repose sur des stocks importants et une production en flux continu. Avec le TPS, Kiichiro Toyoda et ses successeurs vont créer un système plus agile, plus réactif et plus qualitatif, qui deviendra un modèle pour toutes les industries mondiales.


    Un Héritage au-delà du Confort et de la Qualité

    Les premières Toyota, comme la « Model AA » et le « Model AB » (une version cabriolet), sont des voitures robustes et confortables, mais elles peinent à s’imposer face aux géants américains. La Seconde Guerre mondiale interrompt la production de voitures de tourisme. Après la guerre, Toyota renaît de ses cendres, et c’est le fils de Kiichiro, Shoichiro Toyoda, qui prend la relève et guide la marque vers son incroyable succès.

    Kiichiro Toyoda s’éteint en 1952, à l’âge de 57 ans, sans avoir vu l’expansion mondiale de son entreprise. Mais il a laissé un héritage inestimable : une philosophie de production, un système de gestion et une culture de la qualité qui ont fait de Toyota le leader mondial de l’automobile.

    Le nom de Kiichiro Toyoda est à jamais associé à l’ascension de l’industrie automobile japonaise. Il a osé défier les conventions et les géants de l’époque en créant une marque qui est aujourd’hui synonyme de fiabilité, d’innovation et de respect de l’environnement. Le « Juste-à-temps » est devenu une méthode de gestion universelle, et la culture du « Kaizen » (amélioration continue) a essaimé dans toutes les entreprises.

    Kiichiro Toyoda n’est pas seulement le père de l’automobile japonaise ; il est un maître de la production, un visionnaire qui a transformé la simple fabrication d’un métier à tisser en un empire automobile mondial, prouvant qu’avec de l’ingéniosité et de la persévérance, on peut créer un avenir. Il est la preuve vivante que la qualité et l’efficacité peuvent être le moteur de la réussite.

  • Le destin brisé de la « Red Pig » : De la gloire de Spa aux pistes d’aviation

    Le destin brisé de la « Red Pig » : De la gloire de Spa aux pistes d’aviation

    Après avoir humilié des sportives deux fois plus légères qu’elle lors des 24 Heures de Spa 1971, la « Red Pig » originale n’a pas fini ses jours dans un musée climatisé. Son histoire s’est terminée sur le tarmac des aérodromes français, dans un rôle qu’aucune autre voiture au monde ne pouvait remplir.

    Pourquoi une telle fin ?

    En 1972, un changement de réglementation technique interdit les moteurs de plus de 5,0 litres de cylindrée en championnat européen de tourisme. Du jour au lendemain, le monstrueux V8 de 6,8 litres d’AMG devient illégal. Sans catégorie où courir et avec un appétit d’ogre (environ 37 l/100 km, la voiture est vendue fin 1972 au groupe français Matra (en collaboration avec Aérospatiale).

    La transformation : Une limousine à six portes

    Pour les besoins des ingénieurs aéronautiques, la voiture subit une transformation radicale qui aurait fait hurler les puristes d’AMG :

    • Allongement : La carrosserie est étirée pour devenir une limousine à six portes afin d’accueillir tout le matériel de mesure embarqué.
    • Le trou dans le plancher : La modification la plus folle consistait en une ouverture pratiquée dans le plancher. À travers ce trou, un véritable train d’atterrissage d’avion (roue et suspension) pouvait être abaissé pour toucher le sol alors que la voiture roulait à haute vitesse.

    Pourquoi elle et pas une autre ?

    Matra avait besoin d’un véhicule capable de simuler les vitesses d’atterrissage des avions de chasse et des jets civils. En 1972, la « Red Pig » était la seule voiture au monde possédant :

    1. La puissance : Ses 428 ch lui permettaient d’atteindre plus de 260 km/h.
    2. La stabilité : Son empattement long et son poids (pourtant réduit par AMG) à 1 635 kg offraient une base stable pour supporter les chocs d’un train d’atterrissage percutant le bitume à pleine vitesse.

    L’ironie du sort : La voiture qui a lancé la carrière d’AMG en tant que préparateur de course a fini sa vie comme un simple laboratoire roulant pour tester des pneus de Mirage et de Concorde.

    La fin du voyage

    Après des années de bons et loyaux services dans l’anonymat des pistes d’essais, la voiture a été envoyée à la ferraille au début des années 90. À l’époque, personne n’avait réalisé qu’il s’agissait du châssis historique qui avait terminé deuxième à Spa.

    C’est pour cette raison que la « Red Pig » que vous voyez aujourd’hui dans les rassemblements ou dans le musée Mercedes est une réplique parfaite construite par AMG en 2006. L’originale, elle, a été recyclée en boîtes de conserve ou en poutrelles métalliques depuis bien longtemps.

  • Renntech Sledgehammer : Le retour du marteau-pilon au son de la Zonda

    Renntech Sledgehammer : Le retour du marteau-pilon au son de la Zonda

    La mythique Mercedes SEC (C126) s’apprête à recevoir un traitement de choc. Le préparateur Renntech vient de dévoiler la « Sledgehammer », une réinterprétation radicale limitée à 12 exemplaires, animée par le légendaire V12 atmosphérique qui a fait la gloire de Pagani.

    Un monument de l’étoile revu par Renntech

    La Mercedes SEC reste l’un des sommets du design automobile des années 80 : un coupé imposant, indestructible et d’une élégance rare. Mais pour Renntech, il manquait un ingrédient essentiel à cette cathédrale sur roues : un cœur à la hauteur de sa prestance.

    La Sledgehammer (le « masse » ou « marteau-pilon » en anglais) n’est pas une simple restauration. C’est une reconstruction totale. Sous un kit carrosserie widebody monstrueux et des jantes forgées sur mesure, le châssis et les liaisons au sol ont été entièrement revus pour encaisser une débauche de puissance inédite pour ce châssis C126.

    Le V12 M120 : L’âme de la Pagani Zonda

    Le clou du spectacle se cache sous le long capot avant. Renntech y a installé le V12 M120 atmosphérique, porté ici à une cylindrée de 7,5 litres. Si ce bloc vous dit quelque chose, c’est normal : c’est la base mécanique utilisée par Horacio Pagani pour sa Zonda, ou encore par Mercedes pour la stratosphérique CLK GTR.

    Les chiffres donnent le tournis pour un moteur « atmo » :

    • Puissance : 669 ch
    • Couple : 881 Nm
    • Architecture : V12 à 60°

    Pour garantir le « hurlement » caractéristique des supercars italiennes des années 2000, Renntech a fabriqué à la main des collecteurs d’échappement de longueur égale. Le résultat ? Une sonorité qui devrait faire trembler les murs bien avant que la voiture n’apparaisse dans le rétroviseur.

    Une exclusivité totale

    L’intérieur ne sera pas en reste, avec une personnalisation complète selon les désirs des futurs propriétaires. Mais attention, il faudra être rapide et (très) riche : seuls 12 exemplaires sortiront des ateliers.

    Le premier client recevra sa SEC V12 Widebody en décembre 2027. D’ici là, on ne peut que saluer l’audace de Renntech de maintenir en vie la noblesse du V12 atmosphérique dans un monde de plus en plus électrifié.

  • VW : Le nouveau best-seller en Chine n’a pas de roues (et se mange avec du brocoli)

    VW : Le nouveau best-seller en Chine n’a pas de roues (et se mange avec du brocoli)

    Alors que les constructeurs européens rament pour convaincre les acheteurs chinois de délaisser leurs marques locales, Volkswagen vient de signer un succès commercial fulgurant dans l’Empire du Milieu. Le produit miracle ? Ce n’est pas une berline électrique révolutionnaire, ni un SUV low-cost, mais une saucisse. La légendaire « Currywurst » de Wolfsburg part comme des petits pains.

    Le marché automobile chinois est devenu un terrain hostile pour les marques occidentales. Entre la montée en puissance des constructeurs locaux (BYD, Xiaomi, Zeekr) et une guerre des prix sans merci, Volkswagen cherche de l’oxygène là où il peut. Et contre toute attente, c’est au rayon boucherie que la firme a trouvé son nouveau moteur de croissance.


    Une « pièce d’origine » très spéciale

    Lancée en septembre dernier dans les cantines des usines chinoises, la célèbre saucisse Volkswagen connaît un démarrage en trombe. Selon les chiffres rapportés ce 13 février 2026, plus de 120 000 unités ont déjà été englouties à fin octobre.

    Pour les non-initiés, sachez que cette saucisse est une institution chez VW :

    • Elle possède sa propre référence catalogue (n°199 398 500 A).
    • Elle est officiellement baptisée par la marque : « Volkswagen Originalteil » (Pièce d’origine Volkswagen).
    • En Allemagne, elle se vend souvent mieux que la Golf sur une année complète.

    La Currywurst à la sauce locale

    Pour séduire le palais chinois, Volkswagen a collaboré avec le département restauration de sa coentreprise FAW-VW. Si la recette de la viande reste le secret bien gardé de Wolfsburg, l’accompagnement a subi une légère « mise à jour » logicielle pour le marché local.

    Accompagnement classique (Allemagne)Accompagnement « China-Spec »
    Entière ou coupéeCoupée en tranches
    Ketchup au curryKetchup local
    Petit pain fraisPetit pain, cornichons et frites
    OptionnelBrocoli (La touche santé locale)

    Cette version chinoise est produite localement, à une centaine de kilomètres de Shanghai, pour garantir une fraîcheur optimale.


    Un succès qui donne faim

    Si la tendance se confirme, Volkswagen pourrait écouler plus de 700 000 saucisses par an en Chine. Certes, on est encore loin de la consommation mensuelle des usines allemandes, mais les retours sont « extrêmement positifs ».

    « C’est peut-être la seule pièce Volkswagen qui ne risque pas de subir un rappel pour un bug logiciel. »

    Malheureusement pour nous, il est toujours impossible de commander cette « pièce d’origine » chez votre concessionnaire local pour votre barbecue du dimanche. Elle reste réservée aux employés et aux visiteurs privilégiés des usines.

  • Autoforma Norrsken : La Volvo P1800 ES revient avec une cure de carbone et un 5 cylindres !

    Autoforma Norrsken : La Volvo P1800 ES revient avec une cure de carbone et un 5 cylindres !

    Niels van Roij est sans doute l’un des « coachbuilders » les plus prolifiques et audacieux de notre époque. Après avoir transformé une Ferrari Testarossa en Targa ou créé un hommage au légendaire Breadvan, le designer néerlandais s’attaque à une icône suédoise : la Volvo P1800 ES. Le résultat s’appelle « Norrsken », et sous sa robe classique se cache un cœur qui va faire vibrer les passionnés.

    Les Pays-Bas et Volvo, c’est une vieille histoire d’amour (pensez aux usines de Born, à la Volvo 66 ou à la V40). Il est donc presque naturel que ce projet de restomod ultime voie le jour à Amsterdam, fruit d’une collaboration entre le studio de Niels van Roij et Lotte, le spécialiste batave de la marque scandinave.


    Une robe en carbone pour le break de chasse

    Au premier coup d’œil, on reconnaît immédiatement la silhouette du célèbre « break de chasse ». Mais ne vous y trompez pas : il ne s’agit pas d’une simple restauration.

    • Carrosserie intégrale en carbone : Chaque panneau a été refabriqué en fibre de carbone. Cela permet non seulement de gagner un poids considérable, mais aussi d’élargir légèrement les voies pour une assise plus musclée, sans dénaturer la ligne originelle.
    • Châssis revu de A à Z : On ne garde que la structure centrale. Tout le reste — freins, direction, suspensions — est entièrement moderne et optimisé pour la performance.

    Le moteur que nous attendions tous

    Si la P1800 originale est réputée pour sa fiabilité légendaire (certains exemplaires ont dépassé les 5 millions de kilomètres !), son quatre cylindres manquait un peu de peps pour les standards de 2026.

    Autoforma a donc fait le choix du cœur : le moteur 5 cylindres turbo de 2,5 litres de la banque d’organes Volvo.

    • Puissance estimée : Entre 300 et 400 chevaux.
    • Le son : La mélodie typique du 5 cylindres, agrémentée d’un turbo « surdimensionné », promet des sensations acoustiques bien supérieures au bloc d’origine.

    Le clin d’œil néerlandais : Avec un sens de l’humour très scandinave, les visuels de présentation montrent la voiture équipée d’une planche de surf ou d’une boîte de meubles… IKEA. On ne se refait pas.


    Exclusivité et prix

    Comme tout chef-d’œuvre artisanal, l’exclusivité a un prix. L’Autoforma Norrsken ne sera produite qu’à 5 exemplaires seulement.

    • Prix de départ : 300 000 € (hors taxes).
    • Délai de livraison : Environ 18 mois.
    • Personnalisation : Totale. Avec les options et les demandes spécifiques, la facture peut rapidement grimper vers les 500 000 €.

    C’est le prix pour rouler dans une œuvre d’art capable de rivaliser avec une Porsche GT3 moderne, tout en affichant l’élégance intemporelle des années 70.


    Les autres folies de Niels van Roij

    Si vous découvrez le travail de Niels van Roij, sachez que le designer n’en est pas à son coup d’essai. On lui doit notamment :

    • Le Ferrari Breadvan Hommage.
    • Le Rolls-Royce Silver Spectre Shooting Brake.
    • Un Range Rover trois portes ultra-luxueux.
    • La très remarquée Ferrari Testarossa Targa.

  • BMW M1 : Le seul « trafic » de compteur légal (et génial) signé BMW Classic

    BMW M1 : Le seul « trafic » de compteur légal (et génial) signé BMW Classic

    D’ordinaire, tomber sur une voiture de collection affichant 1 km au compteur déclenche une alerte immédiate au département des fraudes. Mais quand c’est BMW Classic qui remet les pendules à l’heure, cela devient l’argument de vente ultime. Voici l’histoire d’une BMW M1 qui a triché avec le temps pour mieux renaître.

    Dans le monde de la collection, le destin d’une voiture tient à deux chiffres : sa rareté et le coût des réparations. Si une Série 1 diesel de 300 000 km finit à la casse pour une aile froissée, une BMW M1 (produite à seulement 399 exemplaires de route) est, par définition, virtuellement immortelle.

    Le crash de la Villa d’Este : De la tragédie à l’opportunité

    Tout commence en 2013 lors du prestigieux concours d’élégance de la Villa d’Este. Une M1 y est impliquée dans un accident sérieux. Pour n’importe quelle autre voiture, c’eût été la fin. Mais pour BMW, co-organisateur de l’événement, c’est devenu un projet de démonstration de force pour son département BMW Classic.

    Plutôt que de simplement « redresser la tôle », le constructeur a opté pour une reconstruction totale. On ne parle pas ici d’une restauration à 10 000 €, mais d’un processus chirurgical :

    • Châssis et plancher : Remis à neuf selon les plans d’usine originaux.
    • Moteur M88/1 : Le 6 cylindres de 3,5 litres assemblé à la main a été entièrement reconstruit.
    • Composants : Exit les pièces d’occasion ; presque tout ce qui pouvait être remplacé par du « neuf d’époque » ou refabriqué l’a été.

    1 km au compteur : Un « Reset » historique

    Le détail qui fait jaser la planète auto ? BMW a officiellement réinitialisé le compteur kilométrique à 1 kilomètre.

    « Réinitialiser un compteur est généralement un acte passible de poursuites. Mais quand c’est le fabricant lui-même qui certifie que chaque boulon, chaque joint et chaque réglage sortent de l’usine pour la seconde fois, cela devient un certificat de naissance. »

    Cette approche rappelle celle de Porsche avec certaines Carrera GT, transformant une voiture « restaurée » en une voiture « neuve de 45 ans ». C’est une distinction subtile mais capitale pour la valeur sur le marché.

    Pourquoi la M1 mérite un tel traitement ?

    Dessinée par le génie Giorgetto Giugiaro, construite à l’origine via une collaboration complexe entre Lamborghini, Baur et BMW, la M1 est la mère de toute la lignée ///M. Sans elle, pas de M3, pas de M5, et encore moins de pack M sur un diesel de fonction.

    Avec ses 277 ch (à l’époque) et son architecture à moteur central, elle reste l’une des supercars les plus utilisables et les plus élégantes de l’histoire. En confiant cette reconstruction à BMW Classic, le propriétaire s’assure une traçabilité parfaite.

    En résumé : Cette M1 n’est plus une voiture de 1980 avec un accident au dossier. C’est une voiture de 2026, construite selon les standards de 1980. Et ça, ça n’a pas de prix (ou alors, un prix avec beaucoup de zéros).

  • Armand Peugeot : le centralien anticonformiste qui a mis le lion sur roues

    Armand Peugeot : le centralien anticonformiste qui a mis le lion sur roues

    Après des figures emblématiques comme Ferdinand Porsche et Henry Ford, AUTOcult.fr vous présente le cinquième portrait de sa série : Armand Peugeot. Bien que son nom soit mondialement connu, l’homme derrière l’une des plus anciennes marques automobiles du monde reste souvent dans l’ombre. Armand Peugeot fut pourtant un ingénieur centralien visionnaire et un entrepreneur audacieux, qui a su guider l’entreprise familiale d’une simple fabrique d’outils à un empire de la mobilité, posant les premières pierres de l’industrie automobile française.

    Le lion familial et la révolution de l’acier

    Armand Peugeot est né en 1849 dans le Pays de Montbéliard, au sein d’une famille d’industriels qui produit déjà des moulins à café, des lames de scies et des bicyclettes. L’entreprise familiale, Frères Peugeot Aînés, est déjà réputée pour la qualité de son acier. Mais l’esprit d’Armand, ingénieur diplômé de l’École Centrale de Paris, est tourné vers l’avenir et les innovations technologiques de son temps. C’est lors de ses voyages en Angleterre qu’il prend conscience du potentiel de l’automobile et de la bicyclette. Il comprend que la révolution industrielle ne se fera pas uniquement par l’acier, mais par la machine qui se déplace seule. Il se lance d’abord dans la production de bicyclettes, en créant la société Peugeot Frères. Le succès est immédiat, mais son véritable objectif reste l’automobile.

    Les débuts laborieux et la naissance d’une marque

    Dès 1889, Armand Peugeot présente le tout premier véhicule Peugeot, un tricycle à vapeur conçu avec l’ingénieur Léon Serpollet. Mais le moteur à vapeur, lourd et complexe, ne le satisfait pas pleinement. Il perçoit rapidement que l’avenir est au moteur à combustion interne, un choix qui le place en rupture avec l’orientation des autres industriels français de l’époque.

    C’est à la suite d’une rencontre décisive avec l’inventeur allemand Gottlieb Daimler qu’Armand Peugeot s’engage résolument dans cette voie. Il acquiert la licence du moteur Daimler et, en 1890, naît la Type 2, la première voiture à essence de la marque. Cette voiture marque un tournant majeur, non seulement pour Peugeot, mais pour l’ensemble de l’industrie automobile française. Armand Peugeot ne se contente pas de fabriquer des véhicules, il les met à l’épreuve. Il participe lui-même à des courses automobiles, comme le Paris-Bordeaux-Paris, pour tester la fiabilité de ses voitures et démontrer leur efficacité. Il est un infatigable perfectionniste, s’attardant sur chaque détail technique pour améliorer ses modèles.


    La scission et la création de la société des Automobiles Peugeot

    L’audace d’Armand et son obsession pour l’automobile créent des tensions au sein de la famille. Ses cousins, qui dirigent l’entreprise familiale de cycles, sont plus conservateurs et préfèrent rester concentrés sur leurs activités traditionnelles. Ils doutent de la rentabilité de cette « invention du diable » qui exige d’énormes investissements. Cette divergence de vues mène à une scission.

    En 1896, Armand Peugeot fonde la Société Anonyme des Automobiles Peugeot, une entité dédiée exclusivement à la fabrication de voitures. Cette décision est un acte d’anticonformisme, qui lui permet de s’affranchir des contraintes familiales pour développer librement sa vision. Il installe ses usines à Audincourt et à Lille, où il met en place des méthodes de production modernes pour l’époque. La marque s’impose rapidement comme un acteur majeur sur le marché, avec une gamme de modèles de plus en plus sophistiqués, comme la Type 26 ou la Type 36, qui sont des succès commerciaux.


    Le génie du publicitaire et le sens de l’innovation

    Armand Peugeot est un ingénieur de génie, mais c’est aussi un fin communicant. Il comprend, comme André Citroën plus tard, l’importance de la publicité et du marketing. Il participe à des courses et des salons automobiles pour mettre en avant la qualité et la performance de ses véhicules. Il n’hésite pas à utiliser le lion, emblème de la famille Peugeot, pour symboliser la force, la souplesse et la rapidité de ses voitures. Il innove sans cesse, en testant de nouvelles technologies et en déposant des brevets. Dès 1894, il propose un moteur bicylindre en V sur la Type 6, puis il développe le moteur en position verticale à l’avant, une architecture qui deviendra la norme. Il est l’un des premiers à équiper ses voitures de pneumatiques Michelin, un choix qui améliore considérablement le confort de conduite. Il est aussi un pionnier de la production en série, même si elle n’atteint pas l’échelle de celle d’Henry Ford.

    Un héritage intemporel

    Après un parcours riche en innovations et en audace, Armand Peugeot s’éteint en 1915, en pleine Première Guerre mondiale. Il laisse derrière lui une entreprise florissante, prête à affronter les défis du XXe siècle. En 1910, les deux branches de la famille s’étaient déjà réconciliées, fusionnant leurs activités automobiles et cyclistes sous l’égide de la « Société des Automobiles et Cycles Peugeot ».

    L’héritage d’Armand Peugeot est immense. Il a posé les fondations de l’une des marques les plus emblématiques de l’histoire automobile. Sa vision a permis de faire évoluer Peugeot d’une entreprise d’outils et de bicyclettes à un constructeur automobile de premier plan. Il a démontré qu’en alliant l’ingénierie à l’anticonformisme, on pouvait transformer une entreprise familiale en un empire industriel mondial.

    Armand Peugeot restera dans l’histoire comme l’ingénieur centralien qui a su transformer une vision en réalité, prouvant que la tradition familiale pouvait s’allier à l’innovation la plus audacieuse. Son histoire est celle d’un pionnier qui a su lire l’avenir et qui a, le premier, mis un lion sur roues.

  • ADN de course : Pourquoi le compte-tours Porsche reste au centre du jeu

    ADN de course : Pourquoi le compte-tours Porsche reste au centre du jeu

    i vous montez à bord d’une Porsche pour la première fois, un détail frappe immédiatement : ce n’est pas la vitesse qui occupe la place d’honneur, mais le régime moteur. Depuis plus de sept décennies, le compte-tours central est la boussole de tout conducteur de la marque de Stuttgart. Un héritage qui ne doit rien au hasard stylistique, mais tout à la fureur des circuits.

    Dans une Porsche, la hiérarchie de l’information est claire. Pour les ingénieurs de la marque, la vitesse exacte est une donnée secondaire (après tout, on roule toujours aussi vite que possible, non ?). Ce qui compte, c’est la santé du moteur et le moment précis du passage de rapport.


    Mexico, 1953 : La naissance d’une icône

    Tout commence en novembre 1953, lors de la légendaire Carrera Panamericana au Mexique. Hans Herrmann et Karl Kling s’alignent avec deux Porsche 550 Spyder, la première voiture de la marque spécifiquement conçue pour la compétition.

    À cette époque, piloter un moteur Boxer exige une attention constante pour rester dans la « plage idéale » de couple et éviter la zone rouge destructrice. Pour faciliter la vie des pilotes, Porsche décide de déplacer le compte-tours au centre des instruments circulaires. Un simple coup d’œil intuitif permet alors de surveiller l’aiguille blanche qui s’agite entre 4 000 et 6 000 tours, avant de frôler la zone de danger.

    L’efficacité du dispositif est prouvée dès l’année suivante : Hans Herrmann remporte sa catégorie et termine troisième au classement général. Le compte-tours central lui a permis de marier performance maximale et fiabilité mécanique.


    De la piste à la route : L’invasion des cinq cadrans

    Dès 1955, cet aménagement de cockpit « conquiert » la 356 A. Mais c’est avec l’arrivée de la 911 (encore nommée 901) en 1963 que le design devient définitif. Si les 550 et 356 se contentaient de trois cadrans, la 911 passe à cinq, avec le compte-tours trônant fièrement au milieu de la rangée.

    L’évolution de l’architecture Porsche :

    • Les modèles à moteur central (914, Boxster, Cayman) : Ils reviennent souvent à une triade de cadrans, un hommage direct à la 550 Spyder originale.
    • L’exception Transaxle (924, 944, 968, 928) : Ces modèles, ainsi que le premier Cayenne, ont tenté une approche différente en mettant sur un pied d’égalité le tachymètre et le compte-tours.
    • L’ère numérique : Même avec le passage aux écrans TFT haute résolution, la structure reste inchangée. Le compte-tours central affiche désormais souvent la vitesse numérique en son sein, fusionnant parfaitement l’héritage analogique et les besoins modernes.

    Le gardien du temple numérique

    En 2026, alors que les tableaux de bord deviennent de véritables tablettes géantes, Porsche persiste et signe. Dans la dernière 911, l’équilibre entre forme et fonction s’exprime par un affichage numérique qui reproduit fidèlement la clarté des instruments d’autrefois.

    C’est peut-être là le secret de la marque : peu importe que le moteur soit alimenté par de l’essence synthétique ou des électrons, le conducteur doit toujours avoir l’âme de sa machine juste sous les yeux. Le compte-tours central n’est pas qu’un instrument de mesure ; c’est le battement de cœur de la voiture, et il bat à la place qu’il mérite : la première.

  • F1 2026 : Enzo Ferrari aurait-il validé la nouvelle révolution moteur ? (Spoiler : Oui, mais…)

    F1 2026 : Enzo Ferrari aurait-il validé la nouvelle révolution moteur ? (Spoiler : Oui, mais…)

    Alors que la Formule 1 s’apprête à basculer dans une nouvelle ère en 2026, avec un mariage parfaitement équilibré entre thermique et électrique, une question nous taraude : qu’en aurait pensé le « Drake » ? Lui qui considérait le moteur comme une œuvre d’art et l’aérodynamique comme une béquille pour incompétents, aurait-il adoré ou détesté ce nouveau règlement ? La réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît.

    Dans une autre vie, Enzo Ferrari aurait pu être ténor d’opérette (c’était l’un de ses rêves de jeunesse). C’est peut-être pour cela qu’il s’entendait si bien avec Herbert von Karajan. Le célèbre chef d’orchestre autrichien avait un jour confié au Commendatore : « En écoutant votre 12 cylindres, il en sort une harmonie qu’aucun maestro ne saura jamais interpréter. »

    Le moteur, pour Enzo, c’était de la musique. C’était l’âme de la machine. Alors, comment cet homme, qui aimait les symphonies mécaniques, aurait-il accueilli les V6 turbo hybrides silencieux de 2026, alimentés par des carburants durables ?

    « L’aérodynamique, c’est pour ceux qui ne savent pas faire de moteurs »

    Cette phrase culte d’Enzo résonne encore. Pour lui, le châssis n’était qu’un support pour le propulseur. De ce point de vue, le règlement 2026 aurait pu le séduire. Pourquoi ? Parce qu’il remet l’unité de puissance au centre du village. Avec une répartition de puissance à 50 % essence et 50 % électrique, le moteur redevient le juge de paix.

    Enzo était un conservateur, certes, mais un conservateur pragmatique. Il a détesté l’idée du moteur arrière (« Je n’ai jamais vu les bœufs pousser la charrette »), mais il l’a adopté dès qu’il a compris que c’était la seule façon de gagner. Il a même été le premier à introduire un aileron en F1 (Spa 1968), reniant ses propres dogmes sur l’aérodynamique par pure soif de victoire.

    Il aurait sans doute observé le moteur 2026 – le fameux projet 067/6 – avec un mélange de méfiance et d’excitation. Un moteur où la gestion de l’énergie devient un art stratégique ? Pour le « Grand Marionnettiste », c’eût été un nouveau défi à relever.

    Le traumatisme de 2014

    Ce qu’Enzo n’aurait jamais accepté, c’est l’erreur commise par Ferrari au début de l’ère hybride en 2014. À l’époque, Maranello avait sacrifié la puissance du moteur pour favoriser une aérodynamique compacte. Un crime de lèse-majesté contre l’ADN de la marque, payé par des années de défaites. Traiter le moteur comme un accessoire secondaire ? Le Drake en aurait fait une syncope.

    Le silence ou la fureur

    En 2026, le son du moteur ne sera ni celui d’un V10, ni celui du mythique V12. La symphonie qui plaisait tant à Karajan est révolue. Mais Enzo Ferrari avait une seule religion : la victoire.

    Il aurait été prêt à renoncer à la musique, à décevoir Karajan et à accepter le sifflement électrique, à une seule condition : que ce moteur soit le meilleur. Si le nouveau moteur Ferrari de 2026 gagne, Enzo aurait validé le silence. Mais s’il casse ou s’il manque de puissance ? Alors, le bruit le plus assourdissant à Maranello ne viendrait pas des échappements, mais des hurlements du Drake dans les bureaux des ingénieurs. Et croyez-nous, cette fureur-là faisait plus de bruit qu’un V12 à plein régime.

  • 1996-2026 : Pourquoi nous vivons encore dans le monde créé il y a 30 ans

    1996-2026 : Pourquoi nous vivons encore dans le monde créé il y a 30 ans

    En mars 1996, alors que Damon Hill remportait le premier Grand Prix de la saison à Melbourne, un étudiant de Stanford nommé Larry Page lançait un petit algorithme baptisé « BackRub ». Vous le connaissez aujourd’hui sous le nom de Google. Mais l’année 1996 ne fut pas seulement celle de la naissance du web moderne. C’est l’année où l’industrie automobile a basculé dans le futur. De l’électrique à la voiture connectée en passant par la plateforme modulaire, tout ce qui définit notre paysage automobile de 2026 a été inventé cette année-là.

    C’est vertigineux. Trente ans plus tard, nous conduisons toujours des voitures dont l’ADN a été codé il y a trois décennies. Si vous voulez comprendre pourquoi votre Porsche partage des pièces avec une Audi, pourquoi votre voiture vous parle ou pourquoi l’électrique a mis si longtemps à s’imposer, il faut remonter à cette année charnière.

    GM EV1 : Le futur avait une batterie au plomb

    En 1996, le futur était déjà là, et on pouvait le louer pour 399 $ par mois aux Etats-Unis. La GM EV1 était la voiture la plus avancée technologiquement de son époque. Aérodynamisme fou, freinage régénératif, direction électro-hydraulique, pompe à chaleur… Tout ce qui fait la fiche technique d’une Tesla ou d’une Hyundai en 2026 était déjà présent.

    Son seul défaut ? Être une voiture du 21e siècle avec une technologie du 19e : des batteries au plomb. Avec 18,7 kWh et à peine 90 km d’autonomie réelle, elle a inventé l’angoisse de la panne avant même que le terme n’existe. GM a dépensé un milliard de dollars pour en construire 1 117, prouvant que sans une infrastructure de recharge (l’idée de génie qu’aura Musk plus tard) et une chimie de batterie décente, la meilleure ingénierie du monde ne suffit pas.

    Porsche : Le sauvetage par la rentabilité

    Pendant que GM jouait aux apprentis sorciers, Porsche jouait sa survie. En 1996, la marque était au bord du gouffre. C’est un homme, Wendelin Wiedeking, qui a tout changé en appliquant les méthodes de production de Toyota. Le résultat est sorti en 1996 : le Boxster et la 911 (Type 996). Les puristes ont hurlé au scandale du refroidissement par eau et des phares « œufs sur le plat ». Mais le coup de génie était industriel : les deux voitures partageaient 38 % de leurs pièces (moteur, avant, suspension). « Nous avons fait deux voitures pour le prix d’une et demie », disait Harm Lagaay, le designer de l’époque. En réduisant le temps de fabrication d’une 911 de 130 à 60 heures, Porsche a inventé le modèle économique qui lui a permis d’être la marque la plus rentable du monde.

    VW et la « Plateforme pour tous »

    À Wolfsburg, un autre génie (ou tyran, selon le point de vue), Ferdinand Piëch, redéfinissait la logique de groupe. Avec la Volkswagen Passat B5 lancée en 1996, il a imposé le partage de plateforme avec l’Audi A4. C’était le début de la stratégie modulaire. Aujourd’hui, en 2026, quand vous voyez une Bentley, une Lamborghini et une Porsche partager la même architecture qu’une VW, c’est l’héritage direct de cette décision. Piëch a aussi prouvé qu’une « voiture du peuple » pouvait avoir une finition premium, forçant tout le marché à élever son niveau de jeu.

    Le design se libère : Volvo et Ford

    1996 a aussi marqué la fin des « boîtes carrées ». Chez Volvo, Peter Horbury a dévoilé la C70. « Cette fois, on a gardé le jouet et jeté la boîte », plaisantait-il. La marque suédoise, synonyme de brique sécuritaire, devenait soudainement sexy. Chez Ford, le regretté Chris Svensson nous offrait la Ka. Un design « New Edge » radical, clivant, mais génialement moderne, posé sur un châssis de Fiesta. Une audace stylistique que l’on peine à retrouver aujourd’hui.

    La naissance de la voiture connectée

    Enfin, c’est en 1996 que la voiture a commencé à parler au ciel. Ford a lancé le système RESCU sur la Lincoln Continental (GPS + cellulaire pour les urgences), suivi deux jours plus tard par GM et son système OnStar. Personne ne se souvient de RESCU, mais OnStar a posé les bases de tout ce que nous utilisons aujourd’hui : la navigation, l’appel d’urgence et la voiture définie par logiciel.

    Alors, la prochaine fois que vous monterez dans votre voiture électrique, connectée, construite sur une plateforme partagée et au design fluide, ayez une pensée pour 1996. Nous n’avons jamais vraiment quitté cette année-là.

  • Ferdinand Porsche : l’architecte de la voiture populaire et du mythe sportif

    Ferdinand Porsche : l’architecte de la voiture populaire et du mythe sportif

    Après Henry Ford, le démocrate de l’automobile, AUTOcult.fr vous invite à découvrir le parcours extraordinaire de Ferdinand Porsche. Un nom qui évoque aujourd’hui le summum de l’ingénierie allemande et de la performance sportive, mais dont l’histoire est intrinsèquement liée à la création de la voiture du peuple. Un enfant doué, un ingénieur de génie, un entrepreneur controversé : la trajectoire de Porsche est celle d’un homme qui a façonné le paysage automobile du XXe siècle, du modeste Combi à la légendaire 911.

    Des Débuts Électriques à l’Appel de l’Automobile

    Né en 1875 en Bohême, dans l’Empire austro-hongrois (aujourd’hui la République tchèque), Ferdinand Porsche est un enfant précoce, fasciné par l’électricité. Issu d’une famille d’artisans, il se distingue par une intelligence et une curiosité techniques hors normes. Sans formation supérieure formelle, il se forme sur le tas, apprenti électricien, et travaille à 18 ans pour la société viennoise Lohner.

    C’est là qu’il réalise sa première prouesse : le « Lohner-Porsche », une automobile électrique présentée à l’Exposition universelle de Paris en 1900. Cette voiture innovante, avec des moteurs-roues électriques logés dans les moyeux des roues, est une révolution pour l’époque. Elle est suivie de la « Mixte », le premier véhicule hybride au monde, combinant un moteur à essence et des moteurs électriques. Ces débuts témoignent déjà de son esprit visionnaire et de sa capacité à explorer des voies inexploitées.

    L’Ascension chez Daimler et la Genèse de la Volkswagen

    En 1906, Ferdinand Porsche rejoint Austro-Daimler comme chef du bureau d’études, puis directeur technique. Il y développe des moteurs d’avion, des voitures de course et des automobiles de tourisme, dont la fameuse « Prinz Heinrich Wagen ». Son talent est reconnu, et il est distingué par plusieurs universités. En 1923, il intègre Daimler-Benz à Stuttgart, où il est à l’origine de voitures de course légendaires qui dominent les circuits. Son esprit d’indépendance et son insatisfaction face aux contraintes industrielles le poussent finalement à quitter Daimler en 1929.

    Après un bref passage chez Steyr, il crée son propre bureau d’études en 1931, à Stuttgart : le Dr. Ing. h.c. F. Porsche GmbH, Konstruktionsbüro für Motoren-, Fahrzeug-, Luftfahrzeug- und Wasserfahrzeugbau. Ce bureau devient le berceau de projets ambitieux, travaillant pour différentes marques. Mais c’est un projet bien particulier qui va sceller son destin et celui de millions de personnes.

    En 1934, Adolf Hitler lance le projet d’une « voiture du peuple » (Volkswagen), une automobile simple, robuste et abordable pour les familles allemandes. Ferdinand Porsche, déjà obsédé par l’idée d’une voiture économique et fiable, remporte le contrat. C’est le début d’une aventure colossale et souvent controversée.

    Malgré les difficultés techniques et les contraintes budgétaires, Porsche conçoit une voiture révolutionnaire : la KdF-Wagen (Kraft durch Freude Wagen), future Volkswagen Coccinelle. Avec son moteur arrière refroidi par air, sa suspension à barres de torsion et sa carrosserie distinctive, elle est pensée pour être produite en masse. La guerre mettra un frein à sa production civile, mais le concept est tellement abouti qu’il donnera naissance à l’un des plus grands succès automobiles de tous les temps.

    La Naissance d’un Mythe : Les Voitures de Sport Porsche

    La Seconde Guerre mondiale marque une période sombre. Ferdinand Porsche travaille sur des projets militaires pour le régime nazi, notamment des chars. Après la guerre, il est arrêté et emprisonné en France, accusé de collaboration. Pendant son incarcération, son fils Ferry Porsche, lui aussi ingénieur de talent, continue de faire vivre le bureau d’études familial.

    C’est dans ce contexte difficile que naît une nouvelle légende. En 1948, à Gmünd en Autriche, Ferry Porsche réalise la première voiture de sport portant le nom de famille : la Porsche 356. Basée sur de nombreux composants de la Volkswagen Coccinelle (châssis, moteur), elle est transformée en une voiture agile, légère et rapide. L’histoire raconte que la 356 est née d’un désir simple : « trouver la voiture de sport idéale » pour son fils.

    La 356 connaît un succès rapide, notamment en compétition. Elle pose les bases de la philosophie Porsche : légèreté, agilité, motorisation arrière et un design reconnaissable entre tous. Elle est le premier jalon d’une lignée de voitures sportives qui atteindra son apogée en 1963 avec la présentation de la mythique Porsche 911.

    Un Ingénieur de Génie et un Caractère Bien Trempé

    Ferdinand Porsche est avant tout un ingénieur. Son génie réside dans sa capacité à concevoir des solutions techniques innovantes et efficaces. Il est un bourreau de travail, obsédé par la perfection des détails. Il est aussi un visionnaire, capable d’anticiper les besoins du marché et de transformer des idées complexes en réalisations concrètes.

    Son caractère est réputé difficile, exigeant, mais toujours juste. Il n’hésite pas à se battre pour ses idées et à imposer sa vision. Il est respecté par ses collaborateurs pour son expertise et son dévouement. Sa relation avec Hitler, bien que controversée, est celle d’un ingénieur qui saisit l’opportunité de concrétiser un projet d’envergure, celui de la voiture populaire, sans nécessairement adhérer aux idéologies politiques du régime.

    Ferdinand Porsche s’éteint en 1951, peu après sa libération. Il aura vu la naissance de la 356 et le début de l’incroyable succès de la Coccinelle, mais il n’aura pas connu l’explosion mondiale de la marque Porsche qui allait devenir l’une des plus emblématiques de l’automobile sportive.

    L’Héritage d’un Pionnier

    L’héritage de Ferdinand Porsche est double : il est le père de la voiture populaire par excellence, la Coccinelle, qui a mis des millions de familles sur roues à travers le monde. Et il est le fondateur indirect d’une marque qui incarne l’excellence sportive et le rêve automobile, Porsche.

    Son parcours illustre la capacité d’un homme à transformer ses rêves en réalité, même au travers des épreuves les plus sombres de l’histoire. La philosophie d’ingénierie et de design qu’il a insufflée à ses créations continue de guider la marque de Stuttgart. Chaque Porsche, qu’elle soit Coccinelle ou 911, est un témoignage de son génie et de sa vision.

    Ferdinand Porsche restera une figure emblématique de l’automobile, un artisan exceptionnellement doué dont l’ingéniosité a marqué à jamais la route et les circuits du monde entier.

  • Ultimate Supercar Garage : La nouvelle Bertone Runabout joue la carte néo-rétro (mais la vraie star était verte !)

    Ultimate Supercar Garage : La nouvelle Bertone Runabout joue la carte néo-rétro (mais la vraie star était verte !)

    En marge de Rétromobile, l’événement « Ultimate Supercar Garage » a rassemblé la crème de la crème des hypercars modernes à Paris. Si l’attraction principale devait être la présentation officielle de la nouvelle Bertone Runabout, c’est une autre italienne qui a aimanté tous les regards : une sublime Alfa Romeo 33 Stradale habillée d’une livrée « Vert Montréal » à tomber par terre.

    C’est le jeu cruel des salons et des expositions exclusives. Parfois, vous dévoilez une nouveauté mondiale intéressante, mais votre voisine de stand est tout simplement trop belle. Bertone était venu présenter la version de série de sa Runabout, un hommage vibrant aux designs « Wedge » (en coin) des années 70. Mais difficile de lutter quand, à quelques mètres de là, trônait la réincarnation de l’Alfa Romeo 33 Stradale. Dans cette teinte verte profonde, elle n’était pas juste une voiture, mais une sculpture vivante qui a éclipsé tout le reste.

    Bertone Runabout : Le retour des phares escamotables !

    Une fois nos rétines remises de l’éblouissement de l’Alfa, nous nous sommes penchés sur la nouveauté signée Bertone. Et elle ne manque pas de charme. Inspirée par le concept-car Autobianchi A112 Runabout de 1969 (dessiné par le regretté Marcello Gandini), cette sportive moderne joue à fond la carte de la nostalgie.

    Le détail qui tue ? Le retour des phares escamotables (pop-up) ! Rien que pour ça, elle mérite notre attention. Bertone propose deux carrosseries : une « Barchetta » radicale sans toit, et une version « Targa » avec toit amovible en carbone.

    Un cœur de Lotus (et de Toyota)

    Sous cette carrosserie anguleuse en carbone se cache une architecture familière pour les puristes. Bertone n’a pas repris une base Fiat comme à l’époque, mais un châssis en aluminium collé acheté à un fournisseur. Si on lit entre les lignes : c’est une base Lotus. De même pour le moteur : c’est le V6 3.5 litres Toyota (celui de l’Emira ou de l’Exige), mais gavé par un compresseur pour sortir 475 ch.

    La bonne nouvelle ? La puissance est envoyée aux roues arrière via une boîte manuelle à 6 rapports avec une magnifique grille en H apparente. Avec un poids plume de 1 057 kg, le 0 à 100 km/h est expédié en 4,1 secondes.

    25 exemplaires pour collectionneurs avertis

    Bertone prévoit de construire seulement 25 unités de ce jouet néo-rétro. Le prix ? 390 000 € (hors taxes). C’est cher pour une Lotus recarrossée, diront certains. C’est le prix de l’exclusivité et de la signature Bertone, diront les autres.

    Mais soyons honnêtes : même à ce prix-là, si on nous donnait le choix des clés à la sortie de l’Ultimate Supercar Garage, notre cœur serait resté accroché au volant de la 33 Stradale verte.