Comment illustrer la soif d’aventure et la robustesse d’un véhicule sans même le montrer en photo ? C’est le défi relevé avec brio par l’agence britannique RKCR/Y&R pour Land Rover il y a une quinzaine d’années. Retour sur une campagne imprimée devenue un classique du genre, où la silhouette du mythique Defender surgit des frontières qu’il a franchies.
Le Land Rover Defender n’est pas un SUV comme les autres. C’est une icône cubique, un outil de travail, et pour beaucoup, le seul moyen d’atteindre les coins les plus reculés du globe. Partant de ce constat, l’agence londonienne Rainey Kelly Campbell Roalfe / Y&R a imaginé un visuel qui résume à lui seul l’ADN de la marque : le voyage sans limite.
Une silhouette forgée par les voyages
L’idée créative est d’une simplicité redoutable : reconstituer la forme inconfondable du Defender uniquement à l’aide de tampons de passeports.
Pas de carrosserie en aluminium, pas de pneus boueux, pas de paysages grandioses en arrière-plan. Juste un fond blanc et cet assemblage méticuleux d’encres colorées, de dates et de visas d’immigration. Le message est limpide : ce véhicule est défini par les endroits où il va. Chaque coup de tampon raconte une histoire, une frontière traversée, une expédition réussie. Le collage suggère que le Defender est littéralement « construit » par l’aventure.
« Seule une icône pouvait le faire »
Mark Roalfe, le chairman de l’agence RKCR/Y&R à l’époque, avait parfaitement résumé la force de cette campagne : « C’est une publicité iconique que seule une marque aussi iconique que Land Rover pouvait se permettre. »
Et il a raison. Combien de voitures dans l’histoire de l’automobile peuvent être reconnues instantanément, juste par leur contour suggéré par des tampons ? Une Porsche 911, une Coccinelle, une Mini… et le Defender. Si vous aviez fait la même chose avec une berline générique, le public n’aurait vu qu’un tas d’encre. Ici, on voit le « Landy ».
Les artisans de la campagne
Derrière cette œuvre graphique qui fleure bon le papier jauni et les douanes du bout du monde, on retrouve une équipe talentueuse :
- Conception-rédaction : Phil Forster
- Direction artistique : Tim Brookes
- Photographie : Carl Warner (qui a dû shooter les tampons avec précision pour créer le collage)
- Typographie : Lee Aldridge
Cette campagne reste aujourd’hui un modèle de publicité automobile : elle ne vend pas des caractéristiques techniques (chevaux, consommation, options), elle vend un imaginaire. Elle nous rappelle que le Defender est le passeport ultime pour la liberté.












