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  • Pourquoi les constructeurs s’obstinent à faire hurler les moteurs (et comment ils y arrivent)

    Pourquoi les constructeurs s’obstinent à faire hurler les moteurs (et comment ils y arrivent)

    La tendance est claire : plus ça va, plus ça tourne vite. Porsche 911 GT3, Ferrari, Lamborghini Temerario, GMA T.50… Le club très fermé des moteurs capables de dépasser les 9 000 tr/min s’élargit. Même Bugatti s’y met avec son futur V16. Pourtant, faire tourner un moteur de route à des régimes de Formule 1 est un cauchemar d’ingénierie. Cosworth nous explique comment ils repoussent les limites de la physique.

    Pour un passionné, il n’y a rien de plus grisant qu’une aiguille de compte-tours qui flirte avec la zone rouge, accompagnée d’un hurlement mécanique strident. La puissance, c’est le couple multiplié par le régime. Pour aller plus vite, on peut augmenter la cylindrée, ajouter des turbos… ou faire tourner le moteur plus vite. C’est cette dernière option qui représente le Graal de l’ingénierie moderne.

    De la F1 à la route : un défi titanesque

    Dans les années 90, les moteurs de F1 tournaient déjà très vite. Mais ils utilisaient des matériaux hors de prix et étaient changés après chaque course. Transposer cela sur une voiture de route, qui doit démarrer par -10°C, tenir 200 000 km et respecter les normes antipollution, relevait de l’impossible. Seuls quelques pionniers comme Honda (avec la S2000) ou BMW (M3 E46) ont osé s’y aventurer.

    Aujourd’hui, la donne a changé grâce à deux révolutions :

    1. Les outils de simulation (FEA) : On peut désormais prédire la durée de vie d’une bielle au millimètre près avant même de la fabriquer.
    2. Les jumeaux numériques : Les ingénieurs testent le moteur virtuel en boucle, affinant les pièces avant même de couler le premier bloc.

    Le secret est dans les matériaux… et le contrôle

    Pour atteindre 11 000 tr/min (comme sur l’Aston Martin Valkyrie), il faut alléger les pièces en mouvement.

    • Pistons et bielles : L’acier s’est amélioré, le titane est devenu courant dans la distribution.
    • Frottements : La tribologie (la science de la lubrification) a fait des bonds de géant pour éviter que le moteur ne s’autodétruise par friction à haute vitesse.

    Mais paradoxalement, la partie « mécanique » est devenue la plus facile. Le vrai défi d’un moteur de route haute performance aujourd’hui, c’est la pollution.

    La boîte auto a sauvé le haut régime

    Un détail inattendu a permis cette envolée des régimes : la disparition de la boîte manuelle. Sur une boîte manuelle, l’ingénieur doit prévoir une marge de sécurité énorme (souvent 20% au-dessus de la zone rouge) au cas où le conducteur raterait une vitesse (le fameux surrégime au rétrogradage). Avec les boîtes à double embrayage modernes, l’électronique interdit physiquement le surrégime. Cette « marge de sécurité » supprimée permet d’utiliser des profils de cames plus agressifs et d’optimiser le moteur pour tourner plus vite, plus proprement.

    Cosworth fixe la barre à 11 000 tours

    Aujourd’hui, Cosworth a prouvé qu’il était possible d’homologuer un moteur de route capable de prendre 11 000 tr/min tout en respectant les normes Euro 6 ou 7. C’est un exploit technique qui montre que, malgré l’électrification galopante, le moteur thermique a encore de belles (et bruyantes) heures devant lui.

    Alors, si vous entendez un V12 hurler au loin, sachez que ce n’est pas juste du bruit. C’est le son de l’ingénierie de précision poussée à son paroxysme.

  • Sang Bleu et Sans Plomb 98 : Ces têtes couronnées qui possèdent les garages les plus fous

    Être Roi ou Prince offre certains avantages. Parmi eux : ne jamais avoir à se soucier du malus écologique et avoir un accès direct au carnet d’adresses d’Enzo Ferrari ou de la direction d’Aston Martin. Du Sultan de Brunei au Roi d’Angleterre, petite revue d’effectifs des « Royals » qui ont transformé leurs palais en musées automobiles.

    On imagine souvent les monarques à l’arrière de limousines blindées, saluant la foule la main gantée. C’est mal les connaître. De l’Europe à l’Asie, nombre de souverains sont de véritables « Petrolheads ». Voici les 10 figures royales qui ont marqué l’histoire de la collection automobile.

    1. Le Sultan de Brunei : Le « Boss Final »

    C’est le garage qui dépasse l’entendement. On parle de 5 000 voitures. Des centaines de Ferrari, Porsche et Lamborghini, dont beaucoup possèdent des carrosseries uniques au monde commandées spécialement (les fameux modèles « FX » ou les breaks Ferrari 456). Mais le joyau reste sa flotte de McLaren F1. Le châssis #014 (en photo), peint en blanc, a quitté la collection en 2002 pour la Grande-Bretagne et s’est récemment vendu aux enchères en décembre dernier pour la somme astronomique de 25 millions de dollars.

    2. Juan Carlos Ier (Espagne) : Le pilote

    Notre voisin espagnol a eu entre les mains ce qui se faisait de mieux. Oubliez les voitures d’apparat, Juan Carlos aimait quand ça allait vite. Ses pièces maîtresses ? Une Audi Sport Quattro blanche (1986) et surtout une Porsche 959 (1988), cadeau d’hommes d’affaires catalans. Une légende raconte même qu’il a eu un accident avec la 959 dans les Pyrénées… La pomme n’est pas tombée loin de l’arbre : son fils, l’actuel Roi Felipe VI, roulait en Lancia Delta Integrale bleue lorsqu’il était prince.

    3. Charles III (Royaume-Uni) : Fidèle à Aston

    L’image est restée célèbre : le Prince Charles réprimandant la Princesse Diana parce qu’elle s’appuyait sur la carrosserie de son Aston Martin DB6 Volante lors d’un match de polo. Cette voiture, cadeau de sa mère pour ses 21 ans, est celle que William a conduite lors de son mariage. Charles est un tel ambassadeur de la marque que lorsqu’il a acheté une V8 Volante dans les années 80, Aston Martin a commercialisé une série spéciale « Prince of Wales ».

    4. Hassan II & Mohamed VI (Maroc) : L’étoile et le Cheval

    Feu Hassan II était un grand amateur de belles mécaniques (Mercedes 300 SL, Ferrari). Son fils, Mohamed VI, a poussé la passion encore plus loin. On murmure que sa collection compte des centaines de véhicules, avec une prédilection pour Mercedes (notamment les modèles 600 et Landaulet). Récemment, le souverain a été aperçu au volant des dernières nouveautés du moment : le Ferrari Purosangue et un monstrueux Brabus G700.

    5. Hussein & Abdallah II (Jordanie) : Le musée vivant

    Le Roi Hussein aimait la vitesse (Mercedes 300 SL Gullwing, Ferrari 275, Lamborghini Espada). Son fils Abdallah II a transformé cette passion en patrimoine avec le Royal Automobile Museum d’Amman. On peut y voir des trésors comme la Mercedes SLR Stirling Moss ou la Bugatti Veyron.

    6. Le Prince Bernhard (Pays-Bas) : L’ami d’Enzo

    Pilote de bombardier et époux de la Reine Juliana, Bernhard était un intime d’Enzo Ferrari. Il a possédé plus de dix modèles de la marque, souvent personnalisés. La plus célèbre ? Une Ferrari 500 Superfast de 1964, peinte en « Verde Pino » (Vert Pin). Équipée spécialement pour lui d’un V12 de 4.0L (au lieu du 5.0L), elle s’échange aujourd’hui autour d’1,5 million d’euros.

    7. Léopold III (Belgique) : Le tragique passionné

    Le Roi des Belges était un fou de Bugatti (il possédait une Type 59). Après son abdication en 1951, il a profité de la vie en commandant des Ferrari spéciales grâce à ses liens avec le Commendatore. Sa seconde épouse, la Princesse Lilian de Réthy, a elle aussi eu droit à des Ferrari aux carrosseries uniques. Une passion marquée par le drame, puisque Léopold III a perdu sa première épouse, la Reine Astrid, dans un accident de Packard en 1935 alors qu’il était au volant.

    8. Aga Khan IV : Le philanthrope milliardaire

    Karim al-Hussaini, décédé en 2025, était un esthète. Ami de Juan Carlos (il a aussi eu une Audi Sport Quattro), il est surtout connu pour avoir commandé des modèles de carrossiers italiens. Sa Maserati 5000 GT carrossée par Frua est une œuvre d’art qui affole les enchères à Paris.

    9. Le Prince Bertil (Suède) : « Monsieur Adrian »

    L’oncle de l’actuel Roi de Suède ne se contentait pas de parader. Dans les années 30, il était pilote de course sous le pseudonyme de « Monsieur Adrian ». Grand amateur de Ferrari, son histoire est aussi romantique que mécanique : il a attendu plus de 30 ans pour pouvoir épouser la femme de sa vie, une roturière, par devoir royal.

    10. Maria Gabriella de Savoie : La touche féminine

    La fille du dernier Roi d’Italie, et premier amour de jeunesse de Juan Carlos d’Espagne, prouve que la passion automobile n’est pas réservée aux hommes. Dans sa jeunesse, elle ne roulait rien de moins qu’en Ferrari 250 GT SWB. Une classe absolue.

  • Ultimate Supercar Garage : La nouvelle Bertone Runabout joue la carte néo-rétro (mais la vraie star était verte !)

    Ultimate Supercar Garage : La nouvelle Bertone Runabout joue la carte néo-rétro (mais la vraie star était verte !)

    En marge de Rétromobile, l’événement « Ultimate Supercar Garage » a rassemblé la crème de la crème des hypercars modernes à Paris. Si l’attraction principale devait être la présentation officielle de la nouvelle Bertone Runabout, c’est une autre italienne qui a aimanté tous les regards : une sublime Alfa Romeo 33 Stradale habillée d’une livrée « Vert Montréal » à tomber par terre.

    C’est le jeu cruel des salons et des expositions exclusives. Parfois, vous dévoilez une nouveauté mondiale intéressante, mais votre voisine de stand est tout simplement trop belle. Bertone était venu présenter la version de série de sa Runabout, un hommage vibrant aux designs « Wedge » (en coin) des années 70. Mais difficile de lutter quand, à quelques mètres de là, trônait la réincarnation de l’Alfa Romeo 33 Stradale. Dans cette teinte verte profonde, elle n’était pas juste une voiture, mais une sculpture vivante qui a éclipsé tout le reste.

    Bertone Runabout : Le retour des phares escamotables !

    Une fois nos rétines remises de l’éblouissement de l’Alfa, nous nous sommes penchés sur la nouveauté signée Bertone. Et elle ne manque pas de charme. Inspirée par le concept-car Autobianchi A112 Runabout de 1969 (dessiné par le regretté Marcello Gandini), cette sportive moderne joue à fond la carte de la nostalgie.

    Le détail qui tue ? Le retour des phares escamotables (pop-up) ! Rien que pour ça, elle mérite notre attention. Bertone propose deux carrosseries : une « Barchetta » radicale sans toit, et une version « Targa » avec toit amovible en carbone.

    Un cœur de Lotus (et de Toyota)

    Sous cette carrosserie anguleuse en carbone se cache une architecture familière pour les puristes. Bertone n’a pas repris une base Fiat comme à l’époque, mais un châssis en aluminium collé acheté à un fournisseur. Si on lit entre les lignes : c’est une base Lotus. De même pour le moteur : c’est le V6 3.5 litres Toyota (celui de l’Emira ou de l’Exige), mais gavé par un compresseur pour sortir 475 ch.

    La bonne nouvelle ? La puissance est envoyée aux roues arrière via une boîte manuelle à 6 rapports avec une magnifique grille en H apparente. Avec un poids plume de 1 057 kg, le 0 à 100 km/h est expédié en 4,1 secondes.

    25 exemplaires pour collectionneurs avertis

    Bertone prévoit de construire seulement 25 unités de ce jouet néo-rétro. Le prix ? 390 000 € (hors taxes). C’est cher pour une Lotus recarrossée, diront certains. C’est le prix de l’exclusivité et de la signature Bertone, diront les autres.

    Mais soyons honnêtes : même à ce prix-là, si on nous donnait le choix des clés à la sortie de l’Ultimate Supercar Garage, notre cœur serait resté accroché au volant de la 33 Stradale verte.

  • Rétromobile 2026 : Une exposition historique réunit les 7 BMW Art Cars du Mans pour un double anniversaire !

    Rétromobile 2026 : Une exposition historique réunit les 7 BMW Art Cars du Mans pour un double anniversaire !


    C’est l’alignement des planètes que tous les amateurs d’art et d’automobile attendaient. En 2026, le salon Rétromobile souffle ses 50 bougies. Et pour marquer le coup, il s’offre un cadeau royal : la célébration des 50 ans de la collection BMW Art Cars. Pour l’occasion, Paris accueille une exposition inédite rassemblant les sept voitures légendaires qui ont limé le bitume des 24 Heures du Mans.

    L’art contemporain et l’odeur de l’essence et de la gomme brûlée font-ils bon ménage ? La réponse est un grand « OUI », et on le doit à une idée folle née en 1975. Hervé Poulain, commissaire-priseur passionné et pilote à ses heures, a eu l’intuition de confier la carrosserie d’une voiture de course à un artiste. 50 ans plus tard, cette initiative est devenue une légende : les BMW Art Cars.

    Les « Sept Magnifiques » réunies pour la première fois en France

    Dans le cadre du BMW Art Car World Tour (qui est passé par Johannesburg, Hong Kong ou Munich), l’escale parisienne à Rétromobile (du 28 janvier au 1er février 2026) est exceptionnelle. Pourquoi ? Parce que BMW réunit, pour la toute première fois en France, les sept modèles spécifiques qui ont affronté l’épreuve des 24 Heures du Mans. Ce ne sont pas des maquettes, ce sont des guerrières de la piste habillées par les plus grands maîtres de l’art moderne.

    Sur le stand, conçu comme un « garage de légende », vous pourrez admirer :

    1. BMW 3.0 CSL (1975) par Alexander Calder : La pionnière, celle par qui tout a commencé.
    2. BMW 3.0 CSL (1976) par Frank Stella : L’art du papier millimétré sur une bête de course.
    3. BMW 320i Turbo (1977) par Roy Lichtenstein : Le Pop Art à 300 km/h.
    4. BMW M1 (1979) par Andy Warhol : La plus célèbre, peinte à la main par l’artiste lui-même directement sur la carrosserie en quelques minutes.
    5. BMW V12 LMR (1999) par Jenny Holzer : Des messages militants sur un prototype victorieux.
    6. BMW M3 GT2 (2010) par Jeff Koons : Une explosion de couleurs simulant la vitesse.
    7. BMW M Hybrid V8 (2024) par Julie Mehretu : La dernière-née, l’Hypercar abstraite.

    Un avant-goût gratuit à la Concorde

    Si vous ne pouvez pas attendre l’ouverture du salon Porte de Versailles, BMW vous offre un cadeau. La toute première Art Car, la BMW 3.0 CSL d’Alexander Calder, est exposée en accès libre dans la cour de l’Hôtel de la Marine (Place de la Concorde) jusqu’au 26 janvier. Présentée sous un dôme transparent, elle permet d’admirer le trait de génie de Calder dans un cadre architectural somptueux.

    La rencontre de deux cinquantenaires

    Romain Grabowski, le directeur de Rétromobile, ne cache pas son enthousiasme : « Plus que jamais, nous sommes impatients de dévoiler cette exposition. C’est l’occasion ne pouvait être plus appropriée : les 50 ans du salon et le 50e anniversaire de la collection. »

    Que vous soyez passionné par l’histoire du Mans ou amateur d’art contemporain, ce stand sera le passage obligé de l’édition 2026. Voir une Andy Warhol ou une Jeff Koons dans un musée est une chose ; les voir avec les stigmates de la course en est une autre.

  • L’Incroyable Histoire : Comment Jerry Seinfeld a déniché la Porsche 917 de Steve McQueen… chez un marchand d’occasion !

    L’Incroyable Histoire : Comment Jerry Seinfeld a déniché la Porsche 917 de Steve McQueen… chez un marchand d’occasion !

    C’est le genre de récit qui tient de la légende urbaine, et pourtant, c’est la pure vérité. Jerry Seinfeld, l’humoriste américain et collectionneur obsessionnel de Porsche, n’a pas acquis la pièce maîtresse de sa collection lors d’une vente aux enchères feutrée à Monaco ou via un courtier secret. Non, il l’a trouvée garée dans une vitrine sur Wilshire Boulevard à Los Angeles, comme une vulgaire berline d’occasion. Voici l’histoire du châssis 022, la Porsche 917 du film Le Mans.

    Jerry Seinfeld possède l’une des collections de Porsche les plus enviées au monde. Mais parmi ses trésors, une voiture se détache du lot : la Porsche 917 châssis 022. C’est la voiture star du film Le Mans (1971), celle commandée neuve par la société de production de Steve McQueen, Solar Productions.

    Récemment, lors d’un passage dans le podcast de son ami et scénariste Spike Feresten (Spike’s Car Radio), Seinfeld a révélé les détails croustillants de cet achat survenu au début des années 2000.

    « Hé Jerry, tu ne vas pas le croire… »

    L’histoire commence en 2001. La voiture a déjà eu plusieurs vies : après le film, elle a couru en Europe avec Reinhold Joest, a été rachetée par le vainqueur du Mans 1970 Richard Attwood (qui l’a repeinte en rouge et blanc), avant d’être restaurée dans sa livrée Gulf originale et de changer de mains aux enchères en 2000 pour environ 1,2 million de dollars.

    Un an plus tard, elle atterrit chez un concessionnaire de Los Angeles, Symbolic International. La voiture est simplement exposée dans le showroom vitré donnant sur le célèbre Wilshire Boulevard. Spike Feresten passe devant en voiture, manque de provoquer un accident en la voyant, et appelle immédiatement Seinfeld : « Il y a la 917 de Steve McQueen dans une vitrine sur Wilshire. Il faut qu’on aille voir ça. »

    Les deux amis débarquent chez le revendeur avec une caméra, comme deux gamins dans un magasin de jouets, incrédules de voir un tel monstre sacré posé là, en pleine ville.

    L’essai catastrophe à Willow Springs

    Le vendeur, sentant l’intérêt de la star, invite Seinfeld et sa bande sur le circuit de Willow Springs pour voir la bête en action. À l’époque, Seinfeld n’a aucune voiture de course pure dans sa collection.

    C’est là que l’histoire prend une tournure comique (et effrayante). Alors que la 917 hurle sur la piste, une des roues avant se détache littéralement en plein virage ! La voiture s’immobilise, heureusement sans trop de dégâts. La plupart des acheteurs auraient fui en courant. Pas Seinfeld. Fasciné par la brutalité et l’histoire de l’objet, il entame les négociations. Une semaine plus tard, la 917 rejoignait son garage.

    Le flair du siècle

    Seinfeld avouera plus tard qu’il hésitait à acheter une telle voiture, ne se sentant pas « digne » de la piloter. C’est Feresten qui l’a convaincu avec une phrase prophétique : « Achète-la. Je pense que la cote de Steve McQueen est sur le point d’exploser. »

    Il ne croyait pas si bien dire. Si Seinfeld l’a payée une somme « raisonnable » au début des années 2000, il l’a proposée aux enchères en janvier 2025. Les enchères sont montées jusqu’à 25 millions de dollars… et Seinfeld a refusé de vendre, le prix de réserve n’étant pas atteint ! Il l’aurait finalement cédée peu après lors d’une transaction privée pour un montant similaire, faisant de cette « trouvaille de concessionnaire » l’une des Porsche les plus chères de l’histoire.

    Comme quoi, il faut toujours garder l’œil ouvert en passant devant les vitrines des marchands d’occasion.

  • Enquête : Quelle fut vraiment la première marque de voiture ? (Spoiler : Ce n’est pas ce que vous croyez)

    Enquête : Quelle fut vraiment la première marque de voiture ? (Spoiler : Ce n’est pas ce que vous croyez)

    Si on vous demandait qui a fondé la première entreprise automobile de l’histoire, vous répondriez probablement Mercedes-Benz ou Peugeot. Vous auriez raison… pour le moteur à combustion. Mais si l’on regarde plus loin, vers l’époque de la vapeur, l’histoire devient beaucoup plus complexe et fascinante. Enquête sur ces pionniers oubliés qui vendaient des voitures bien avant que Karl Benz ne sache marcher.

    C’est une question piège classique pour les dîners mondains ou les quiz de pub. La réponse « facile » est souvent située dans les années 1880, avec l’apparition du Benz Patent-Motorwagen en 1886. Mais réduire l’automobile au moteur à explosion serait une erreur historique.

    D’abord, c’est quoi une « voiture » ?

    Pour trancher ce débat, il faut une définition. Disons qu’une automobile est un véhicule autopropulsé (quel que soit le mode d’énergie) conçu pour le transport de passagers sur route.

    Cette précision est cruciale. Elle élimine d’emblée :

    • Le fardier de Cugnot (1769) : Bien que ce soit le premier véhicule autopropulsé, il était conçu pour tirer des canons d’artillerie, pas pour transporter des gens (et ne savait pas s’arrêter).
    • L’Oruktor Amphibolos d’Oliver Evans (1805) : Une drague amphibie à vapeur, fascinante mais industrielle.
    • Les entreprises comme Peugeot (fondée en 1810) ou Pierce-Arrow : Elles existaient bien avant l’automobile, mais fabriquaient alors des moulins à café ou des cages à oiseaux. Elles ne sont pas nées pour faire des voitures.

    Nous cherchons donc une entreprise fondée spécifiquement dans le but commercial de construire et vendre des véhicules de transport de personnes.

    Le candidat oublié : Goldsworthy Gurney

    Pour trouver le véritable pionnier, il faut traverser la Manche et remonter au début du XIXe siècle, en pleine révolution industrielle britannique. Bien avant l’Allemagne ou la France, le Royaume-Uni expérimentait déjà la vapeur sur route.

    Le vainqueur semble être un certain Sir Goldsworthy Gurney. En 1825, il fonde la Gurney Steam Carriage Company. Son but n’est pas de bricoler un prototype dans son garage, mais bien de créer une ligne de transport viable.

    Et il réussit ! En 1826, il construit un « coach » à vapeur capable de transporter 21 personnes (6 à l’intérieur, 15 à l’extérieur). C’était une merveille de technologie pour l’époque :

    • Moteur de 12 chevaux.
    • Freins sur les roues arrière.
    • Marche arrière.
    • Et même, si l’on en croit les descriptions, un système de chauffage pour les passagers !

    Le tout pesait environ 1,5 tonne et filait à des vitesses que les autorités de l’époque jugeaient terrifiantes (plus de 30 km/h, soit la vitesse d’une Ford Model T un siècle plus tard).

    La première « flotte » de l’histoire

    Contrairement à ses concurrents qui n’ont fait que des démonstrations sans lendemain, Gurney a eu un vrai client : Sir Charles Dance. En 1830, ce visionnaire achète plusieurs véhicules à Gurney pour exploiter une ligne régulière entre Gloucester et Cheltenham. Le bilan est impressionnant pour l’époque : 4 mois d’exploitation, 4 allers-retours quotidiens, près de 3 000 passagers transportés et 6 400 km parcourus sans accident majeur.

    Nous avons donc ici tous les ingrédients : une entreprise (Gurney Steam Carriage Co.), un produit (le coach à vapeur), un client (Charles Dance) et un service commercial. C’était 60 ans avant Karl Benz.

    Pourquoi personne ne le connaît ?

    Si Gurney a été le premier, pourquoi son nom n’est-il pas aussi célèbre que Ford ou Ferrari ? La réponse est tristement moderne : le lobbying.

    Les opérateurs de diligences à chevaux et les compagnies de chemin de fer naissantes ont vu d’un très mauvais œil cette concurrence sur route. Ils ont usé de leur influence pour tuer le projet.

    • Taxes punitives : Les péages pour les véhicules à vapeur étaient fixés à des tarifs exorbitants.
    • Législation absurde : Le coup de grâce fut le Locomotive Act de 1865 (le fameux « Red Flag Act »), limitant la vitesse à 3 km/h en ville et obligeant chaque véhicule à être précédé par un homme à pied agitant un drapeau rouge.

    Cette loi a littéralement stoppé net le développement de l’automobile britannique pour des décennies, laissant le champ libre aux Allemands et aux Français pour réinventer la roue avec le moteur à pétrole un demi-siècle plus tard. (Les lois punitives qui empêchent le développement des entreprises et des technologies, vous connaissez ?)

    Alors la prochaine fois qu’on vous parle de Benz, ayez une pensée pour Goldsworthy Gurney, l’homme qui avait tout compris avant tout le monde, mais qui a été écrasé par la bureaucratie.

  • Enquête : Itaoua, le rêve d’une voiture 100 % burkinabé a un fort accent… chinois

    Enquête : Itaoua, le rêve d’une voiture 100 % burkinabé a un fort accent… chinois

    C’est l’histoire d’un symbole politique fort. Au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, figure de proue d’un régime qui prône la rupture avec l’ancienne puissance coloniale française et le rapprochement avec la Russie, a adoubé une nouvelle fierté nationale : la marque automobile Itaoua. Présentées comme « conçues par des ingénieurs locaux » et symboles du « réveil africain », ces voitures cachent pourtant une réalité industrielle bien moins souveraine. Sous le capot, tout est chinois (presque comme chez nous).

    Sur les réseaux sociaux, l’enthousiasme est palpable. « Ce que Volkswagen ou Stellantis n’arrivent pas à faire avec des milliards de subventions, le Burkina le fait », peut-on lire. La narration est belle : celle d’une Afrique qui s’industrialise, qui s’émancipe et qui crée sa propre mobilité.

    Sauf que, comme souvent dans l’industrie automobile moderne, il faut regarder les numéros de châssis et les fournisseurs. Et dans l’usine d’assemblage près de Ouagadougou, on ne fabrique pas. On assemble du Dongfeng.

    Le jeu des 7 erreurs : Itaoua vs Dongfeng

    Loin d’être des créations originales des ingénieurs burkinabés, la gamme Itaoua est un copier-coller (rebadging) assumé de modèles existants du géant chinois Dongfeng. Pour l’œil averti, la filiation est flagrante :

    • L’Itaoua Sahel : C’est le clone de la Dongfeng Nano Box. Pour nous Européens, c’est encore plus parlant : il s’agit de la cousine technique de la Dacia Spring (qui est elle-même une Dongfeng rebadgée par Renault).
    • L’Itaoua Native : C’est une Dongfeng Nammi Box.
    • L’Itaoua Tenakuru : Derrière ce nom local se cache le SUV Dongfeng Mage.
    • L’Itaoua Zircon : C’est en réalité un Forthing Friday (une sous-marque de Dongfeng).

    Il n’y a ici aucune ingénierie locale, si ce n’est l’assemblage final (CKD ou SKD). C’est la puissance de frappe de Pékin en action.

    Pourquoi la Chine mise sur l’Afrique (et vice-versa) ?

    Cette opération ne se limite pas à vendre quelques voitures. C’est une stratégie gagnant-gagnant, mais déséquilibrée.

    Pour les gouvernements africains, comme celui du Burkina Faso, l’offre chinoise est providentielle.

    1. Carburant : Le prix de l’essence explose (+64% en un an en Afrique de l’Est). L’électrique devient une nécessité économique.
    2. Symbole : Pékin fournit des usines « clés en main » qui permettent aux dirigeants d’afficher une réussite industrielle rapide et de couper les ponts avec les constructeurs occidentaux historiques.

    Pour la Chine, l’Afrique est le nouvel Eldorado. Pékin sécurise l’accès aux ressources critiques (cobalt, lithium, nickel) dont le sous-sol africain regorge (30 % des réserves mondiales). En échange d’infrastructures et de voitures à bas coût, la Chine s’assure que les matières premières continueront d’affluer vers ses usines de batteries.

    Un marché en pleine explosion

    Le Burkina Faso n’est que la pointe de l’iceberg. Si le Maroc (avec ses usines Renault et Stellantis) et l’Afrique du Sud (où BYD déploie ses superchargeurs) sont les locomotives automobiles du continent, la stratégie chinoise s’infiltre partout.

    D’autres marques « locales » suivent le même modèle d’assemblage de kits chinois, comme Kantanka au Ghana ou Innoson au Nigeria. Le marché des véhicules électriques en Afrique, estimé à 0,45 milliard de dollars aujourd’hui, devrait décupler pour atteindre 4,2 milliards en 2030.

    L’initiative Itaoua a le mérite d’exister et de proposer une mobilité adaptée. Mais il ne faut pas s’y tromper : si le logo est africain, le chef d’orchestre, lui, est bel et bien à Pékin.

  • Grandeur et décadence : La folle histoire de la collection fantôme du Sultan de Brunei

    Grandeur et décadence : La folle histoire de la collection fantôme du Sultan de Brunei

    C’est une légende urbaine qui hante les conversations des passionnés d’automobile depuis trente ans. Une histoire d’excès, de milliards de dollars, de voitures uniques au monde et, finalement, d’un immense gâchis. Imaginez un endroit secret, au cœur de la jungle de Bornéo, où dorment des milliers de supercars. Bienvenue dans le garage du Sultan de Brunei.

    Si vous pensiez que le garage de Cristiano Ronaldo ou celui de Jay Leno étaient impressionnants, préparez-vous à revoir vos standards. Dans les années 90, la famille royale de Brunei – le Sultan Hassanal Bolkiah et surtout son frère flamboyant, le Prince Jefri – a littéralement maintenu à flots des marques comme Rolls-Royce, Bentley ou Aston Martin. À eux seuls, ils achetaient parfois 50 % de la production mondiale de modèles ultra-exclusifs.

    Mais que cache vraiment cette collection ? Et surtout, qu’est-elle devenue ?

    Des chiffres qui donnent le tournis

    On estime la collection à son apogée entre 2 500 et 7 000 voitures. Oui, vous avez bien lu. Pas des Twingo ou des Clio, mais la crème de la crème de l’industrie automobile.

    Selon les rumeurs (et les quelques rares listes ayant fuité), le garage contiendrait :

    • Plus de 600 Rolls-Royce
    • Plus de 500 Mercedes
    • Plus de 450 Ferrari
    • Plus de 380 Bentley
    • Une dizaine de McLaren F1 (dont des versions LM et GTR)

    La valeur totale ? Elle a été estimée à plus de 5 milliards de dollars. Mais ce n’est pas le nombre qui fascine le plus, c’est la nature des voitures.

    Le client roi : « Je veux une Ferrari Break »

    Le Sultan et le Prince Jefri ne se contentaient pas d’acheter sur catalogue. Ils voulaient ce qui n’existait pas. Ils ont commandé des dizaines de « One-Offs » (modèles uniques) directement aux constructeurs et aux carrossiers comme Pininfarina.

    Voici quelques monstres sacrés nés de leurs caprices :

    1. La Ferrari 456 GT « Venice »

    Vous trouvez qu’une Ferrari manque de coffre ? Le Sultan aussi. Il a commandé à Pininfarina sept breaks Ferrari 456. Oui, des breaks de chasse à 4 portes, magnifiques, avec un V12 sous le capot. Il en a acheté six, le septième est resté à l’usine. Chaque exemplaire aurait coûté 1,5 million de dollars.

    2. Le Bentley Dominator

    Bien avant le Bentayga ou le Cullinan, le Sultan voulait un SUV de luxe. Dans le plus grand secret, Bentley a conçu pour lui le « Dominator » au milieu des années 90, basé sur un châssis de Range Rover. Six exemplaires ont été livrés. Sans cette commande massive (plusieurs dizaines de millions), Bentley aurait peut-être fait faillite à l’époque.

    3. Les Ferrari F40 « Spéciales »

    Ferrari a toujours dit : « La F40, c’est rouge, dépouillé, et volant à gauche ». Le Sultan a répondu : « Je paie ». Résultat : il possède des F40 avec volant à droite (RHD), des intérieurs en cuir luxueux, la climatisation, et peintes en noir, jaune, gris ou vert. Un sacrilège pour les puristes, un Graal pour les collectionneurs.

    4. La Ferrari Mythos

    Ce n’était qu’un concept-car de salon. Mais le Sultan l’aimait tellement qu’il a convaincu Ferrari d’en produire deux exemplaires fonctionnels rien que pour lui.

    La chute : Le « Cimetière de Supercars »

    La fête s’est arrêtée brutalement à la fin des années 90. La crise financière asiatique de 1997 et un scandale de détournement de fonds impliquant le Prince Jefri (qui menait un train de vie délirant) ont figé les achats.

    C’est là que l’histoire devient tragique. La majorité de ces voitures sont stockées dans des hangars non climatisés ou mal entretenus à Brunei, un pays au climat tropical, chaud et extrêmement humide.

    Des photos volées ont circulé il y a quelques années, montrant des intérieurs de Jaguar XJ220 moisis, des volants de Porsche 959 couverts de champignons, et des peintures cloquées par la chaleur. Les mécaniciens occidentaux qui s’occupaient de la flotte ont été renvoyés, et les voitures ont été laissées à l’abandon. Certaines ont moins de 50 km au compteur, mais sont mécaniquement mortes, les joints et les durites ayant séché ou fondu.

    Quel avenir pour ce trésor ?

    C’est le plus grand mystère actuel. De temps en temps, une voiture s’échappe. Quelques Ferrari ou McLaren F1 ont été exfiltrées, rachetées par des courtiers spécialisés, rapatriées en Angleterre pour être restaurées à grands frais et revendues discrètement.

    Mais la majeure partie de la collection est toujours là-bas, pourrissant lentement dans la jungle. Le garage du Sultan de Brunei reste un monument à la gloire de l’automobile, mais aussi une triste fable sur le matérialisme : on peut posséder toutes les voitures du monde, mais on ne peut en conduire qu’une à la fois.

  • Quand Nissan inventait le rétro : la révolution silencieuse des Pike Cars

    Quand Nissan inventait le rétro : la révolution silencieuse des Pike Cars

    Avant que la nostalgie ne devienne un levier marketing mondialisé, avant les renaissances calculées de la Mini, de la Fiat 500 ou de la Volkswagen Coccinelle, Nissan a été le premier constructeur à introduire le rétro comme langage industriel assumé. Pas comme un clin d’œil, ni comme une série limitée opportuniste, mais comme une véritable prise de risque culturelle. Nous sommes au milieu des années 1980, au Japon, et personne ne parle encore sérieusement de « design rétro » dans l’automobile. Nissan va pourtant en poser toutes les bases avec une audace qui, vue d’aujourd’hui, force le respect.

    Le Be-1, point de départ d’un séisme esthétique

    Tout commence en 1985, au Tokyo Motor Show, avec la présentation du Nissan Be-1. Une petite citadine basée sur la Micra de première génération, mais qui n’en a ni l’allure ni l’intention. Là où la Micra est rationnelle, anonyme et fonctionnelle, le Be-1 est rond, doux, presque naïf. À tel point qu’Autocar balaie le concept d’un revers de plume : « cheeky ugliness ». Raté.

    Le public japonais, lui, est immédiatement conquis. Le Be-1 devient un objet de désir, adulé pour son côté kawaii, attachant, différent. Nissan décide alors de lancer une production limitée à 10 000 exemplaires. La demande est telle qu’un tirage au sort est nécessaire pour attribuer les bons de commande. Le rétro, sans le savoir, vient d’entrer dans l’ère industrielle.

    Naoki Sakai, le trublion derrière la cravate

    Derrière cette rupture, un homme : Naoki Sakai, styliste de formation, personnage provocateur, sans permis de conduire et affichant un désintérêt assumé pour l’automobile traditionnelle. Sakai n’est pas un designer automobile classique, et c’est précisément pour cela que le projet existe. Il dirige une équipe atypique, majoritairement féminine, pensée comme un laboratoire créatif déconnecté des réflexes conservateurs de l’industrie japonaise de l’époque.

    Son credo est simple : l’automobile est devenue trop sérieuse. Trop obsédée par la technologie, la durabilité, l’efficience. Des qualités rationnelles, certes, mais émotionnellement stériles. Sakai veut ramener le plaisir, la curiosité et l’imperfection dans l’objet automobile. Quitte à choquer. « Un échec intéressant vaut mieux qu’un succès ennuyeux », résumera-t-il plus tard.

    Pao, Figaro, S-Cargo : le rétro sans filtre

    Après le Be-1, Nissan pousse le concept encore plus loin avec trois autres modèles, tous développés au sein de la désormais célèbre Pike Factory.

    La Pao (1987) s’inspire ouvertement des véhicules utilitaires des années 1940, avec un habitacle minimaliste, une planche de bord en métal apparent, des interrupteurs façon aviation et une sellerie évoquant l’univers safari. Une vision presque romantique de l’automobile d’exploration, réinterprétée à l’échelle d’une citadine japonaise.

    La Figaro (1991), probablement la plus iconique, revisite les coupés européens des années 1950. Capote électrique, chromes, couleurs pastel, intérieur délicieusement anachronique. Produite à 20 000 exemplaires, elle aussi sera attribuée par loterie. Le rétro devient un phénomène culturel.

    Et puis il y a la S-Cargo, ovni absolu, petit utilitaire à la silhouette… d’escargot. Le jeu de mots est assumé, le design volontairement excessif. Trop, même. Et c’est précisément pour cela qu’il fonctionne. La S-Cargo n’essaie pas d’être belle au sens classique : elle cherche à être mémorable.

    Une influence bien au-delà du Japon

    À l’époque, ces voitures restent cantonnées au marché japonais. Mais leur influence est immense. Les Pike Cars sont aujourd’hui considérées par les historiens du design comme l’apogée du postmodernisme automobile. Elles prouvent qu’une voiture peut être un objet culturel, narratif, émotionnel, sans renier sa fonction première.

    Surtout, elles ouvrent la voie à une vague mondiale de renaissances stylistiques. Lorsque la nouvelle Mini arrive en 2001, lorsque la Fiat 500 renaît en 2007, lorsque Volkswagen relance la Coccinelle, toutes ces démarches doivent quelque chose à Nissan. Le constructeur japonais a montré que la nostalgie pouvait être moderne, désirable et rentable.

    Un héritage plus actuel qu’il n’y paraît

    Ce retour aux sources résonne aujourd’hui de manière troublante. Alors que Renault prépare une Twingo électrique au design néo-rétro, que les marques cherchent à recréer du lien émotionnel à l’ère de l’électrification standardisée, l’expérience des Pike Cars apparaît presque prophétique.

    Elles rappellent une chose essentielle : le design n’est pas qu’une affaire de plateformes et de coefficients aérodynamiques. C’est une affaire de regard porté sur le monde, de culture, de courage aussi. Nissan, à cette époque, a osé ne pas ressembler à Toyota ou Honda. Et cette audace continue, quarante ans plus tard, à inspirer toute une industrie.

  • Bon plan : Comment obtenir des invitations pour le salon Rétromobile 2026 à Paris ?

    Bon plan : Comment obtenir des invitations pour le salon Rétromobile 2026 à Paris ?

    Rétromobile, c’est la grand-messe de la voiture ancienne ! Du 28 janvier au 1er février 2026, la Porte de Versailles va vibrer au rythme des mécaniques légendaires. C’est le salon que le monde nous envie, mais c’est aussi un budget : le billet plein tarif dépasse souvent les 20 euros. Vous préférez garder cet argent pour acheter une pièce détachée ou une miniature ?

    Contrairement à un salon de l’auto classique où les constructeurs distribuent des places à la pelle pour vendre des voitures neuves, les entrées pour Rétromobile sont plus précieuses. Les marques y viennent pour l’image, pas pour signer des bons de commande de Twingo. Mais rassurez-vous, chez AUTOcult.fr, on connaît les filières pour entrer à l’œil (ou presque).

    1. Votre Club de voitures anciennes (La Voie Royale)

    C’est la différence majeure avec le Mondial de l’Auto : à Rétromobile, le roi, c’est le Club. Si vous êtes membre d’un club de marque (Club Porsche, Amicale Citroën, Club Alfa Romeo, etc.) ou d’une association locale de véhicules d’époque :

    • Demandez au bureau : Les clubs exposants disposent de badges et d’invitations pour leurs bénévoles et membres actifs.
    • Les tarifs adhérents : Même sans gratuité totale, la plupart des clubs affiliés à la FFVE (Fédération Française des Véhicules d’Époque) proposent des billetteries à tarifs très préférentiels à leurs membres en amont du salon.

    2. Les Assureurs spécialisés et Experts

    C’est le « concessionnaire » du monde de la collection. Votre assureur « auto moderne » ne pourra probablement rien pour vous, mais si vous assurez une ancienne chez un spécialiste, vous avez une carte à jouer.

    • Les grands noms : Des acteurs comme AXA Passion, Allianz, AMV Légende ou Hagerty sont des piliers du salon. Si vous êtes un bon client (comprenez : vous avez une belle flotte assurée chez eux), un coup de fil à votre courtier peut débloquer une invitation VIP.
    • Les experts automobiles : Si vous avez fait expertiser votre véhicule récemment, votre expert a peut-être des entrées, car ils tiennent souvent stand.

    3. Les Maisons de Vente aux Enchères

    C’est le côté « paillettes » de Rétromobile. La vente officielle attire les foules.

    • Vous êtes vendeur ou enchérisseur enregistré ? L’invitation au salon est quasiment garantie, incluant souvent l’accès aux zones réservées pour voir les lots de près.
    • Astuce : Surveillez les réseaux sociaux des maisons de ventes (Artcurial, Bonhams, RM Sotheby’s) qui organisent parfois des concours pour gagner le catalogue de la vente… et l’entrée qui va avec.

    4. La presse spécialisée et les Partenaires

    Rétromobile est un événement culturel. La chasse aux concours se fait donc sur des terrains bien précis :

    • Presse « Collection » : Oubliez la presse généraliste. Ciblez les magazines comme Gazoline, Auto Rétro, LVA (La Vie de l’Auto) ou Youngtimers. Leurs pages Facebook et Instagram regorgent de jeux-concours.
    • La FFVE : La Fédération fait souvent gagner des places ou propose des offres à ses licenciés. Surveillez leur page Facebook.

    5. Les « Départements Héritage » des constructeurs

    N’allez pas voir votre concessionnaire Renault ou Peugeot du coin, il n’aura rien. En revanche, les départements historiques (Renault Classic, L’Aventure Peugeot Citroën DS, Porsche Classic) disposent de quotas. C’est plus difficile à obtenir que pour le Mondial, mais si vous êtes actif sur les forums dédiés à la marque ou si vous possédez un modèle historique recensé par la marque, tentez votre chance via leurs services de communication ou leurs réseaux sociaux.

    6. Pas d’invit’ ? Soyez malins sur la billetterie

    Si le Graal de la gratuité vous échappe, évitez au moins de payer le prix fort :

    • Anticipez ! N’achetez JAMAIS votre billet sur place aux caisses de la Porte de Versailles. C’est plus cher, et vous ferez la queue. La billetterie en ligne offre toujours un tarif « prévente » plus doux jusqu’à la veille de l’ouverture.
    • Le bon créneau : Rétromobile organise des nocturnes (souvent le mercredi et le vendredi). Si le prix est le même, l’ambiance y est différente et permet d’en profiter plus longtemps après le travail.
    • Groupes et CE : Si vous venez à plusieurs (dès 10 personnes souvent), les tarifs de groupe sont intéressants. Pensez aussi à vérifier auprès de votre Comité d’Entreprise, Rétromobile figure souvent dans les catalogues de billetterie à prix réduit.

    Pour Rétromobile, votre meilleur atout n’est pas votre banquier, mais votre passion. C’est en étant actif dans votre club ou en suivant de près les assureurs spécialisés que vous trouverez le sésame.

    On se retrouve devant le stand des blindés ou à la vente aux enchères ? Bonne visite !

  • Toyota GR Yaris Morizo RR : La bombe du Tokyo Auto Salon (seulement 200 élus !)

    Toyota GR Yaris Morizo RR : La bombe du Tokyo Auto Salon (seulement 200 élus !)

    On ne va pas se mentir, on espérait tous secrètement que Toyota profiterait de ce Tokyo Auto Salon 2026 pour lever le voile sur la nouvelle MR2. Ce ne sera pas pour cette fois. Mais pour nous consoler, le constructeur japonais nous offre une version encore plus radicale, plus affûtée et ultra-exclusive de sa coqueluche : voici la GR Yaris Morizo RR.

    Si vous pensiez que la GR Yaris avait atteint son sommet, détrompez-vous. Cette nouvelle édition limitée est le « bébé » direct d’Akio Toyoda, le président de la marque, qui court sous le pseudonyme de « Morizo » depuis 2009. C’est sa vision personnelle de la compacte ultime, forgée dans l’Enfer Vert.

    Née aux 24H du Nürburgring 2025

    Cette voiture n’est pas un exercice de marketing, c’est le fruit de la course. L’an dernier, lors des 24 Heures du Nürburgring 2025, Akio Toyoda a lui-même piloté la GR Yaris n°109 de l’équipe Toyota Gazoo Rookie Racing (TGRR), bouclant 15 tours de la Nordschleife.

    C’est cette expérience, et les réglages spécifiques utilisés pour que la voiture survive et performe sur le tracé allemand, qui ont dicté le cahier des charges de la « Morizo RR ».

    Adieu mode « Gravel », bonjour mode « Morizo »

    Sous le capot, le fabuleux 3 cylindres 1.6L turbo reste inchangé et délivre toujours ses 280 ch (la puissance standard de la Phase 2 en Europe). Mais tout le reste a été optimisé pour le « feeling » de conduite cher au patron :

    • Châssis chirurgical : La direction assistée électrique a été recalibrée pour plus de précision, et les suspensions ont été optimisées pour maximiser le contact du pneu avec la route, même sur les bosses du Nürburgring.
    • Transmission 4×4 revue : C’est la grande nouveauté. Le mode « Gravel » (Terre) disparaît. Il est remplacé par un « Mode Morizo » exclusif. Ce réglage verrouille la répartition du couple à 50/50 entre l’avant et l’arrière, assurant une motricité et une neutralité absolues en usage intensif sur piste.

    Une rareté absolue à prix d’or

    Il va falloir être rapide, très rapide. Toyota a annoncé une production mondiale de seulement 200 exemplaires.

    • 100 exemplaires resteront au Japon.
    • Les 100 autres seront disséminés sur quelques marchés européens triés sur le volet.

    Le carnet de commandes ouvrira au printemps. Côté tarif, si le prix officiel en euros n’est pas encore fixé, l’estimation nous amène aux alentours de 70 000 €.

    C’est une somme coquette pour une Yaris, surtout si l’on y ajoute le malus écologique français qui risque de doubler la facture. Mais pour posséder la voiture personnelle du « Master Driver » de Toyota, certains n’hésiteront pas une seconde.

  • Immanquable : Les trois Ford GT40 du célèbre triplé du Mans 1966 réunies à Goodwood !

    Immanquable : Les trois Ford GT40 du célèbre triplé du Mans 1966 réunies à Goodwood !

    C’est l’une des photos les plus célèbres de l’histoire du sport automobile. Trois voitures, couvertes de boue et de gloire, franchissant la ligne d’arrivée du Mans en formation serrée, humiliant l’ogre Ferrari. Pour célébrer le 60e anniversaire de cette victoire mythique, le Festival of Speed et le Goodwood Revival 2026 vont réaliser l’impossible : réunir le trio original.

    Si vous avez vu le film Le Mans 66 (Ford v Ferrari), vous connaissez l’histoire. Henry Ford II, vexé par Enzo Ferrari, sort le chéquier pour écraser la concurrence. Le résultat ? Une armada de Ford MkII à moteur V8 7.0 litres qui déferle sur la Sarthe en 1966. Alors que les Ferrari P3 rendent l’âme les unes après les autres, Ford organise une arrivée groupée pour la photo. Une arrivée controversée (qui coûtera la victoire à Ken Miles au profit de Bruce McLaren), mais visuellement inoubliable.

    Une réunion rarissime hors des USA

    Pour marquer les 60 ans de cet exploit, Goodwood a réussi un coup de maître. Les trois châssis originaux qui ont monopolisé le podium en 1966 seront présents en Angleterre.

    C’est un événement exceptionnel car ces voitures (propriétés de la Miller Family Automobile Foundation et de Rob Kaufman) quittent très rarement le sol américain, et sont encore plus rarement réunies au même endroit pour rouler.

    Un programme double : Juillet et Septembre

    Les organisateurs ne font pas les choses à moitié. Les trois légendes seront présentes aux deux événements majeurs de Lord March :

    1. Au Festival of Speed (9-12 juillet 2026) : Elles feront rugir leurs gros V8 américains sur la célèbre course de côte. Elles seront les vedettes du thème de cette année : « The Rivals — Epic Racing Duels » (Les Rivaux – Duels épiques de la course).
    2. Au Goodwood Revival (18-20 septembre 2026) : C’est là que la magie opèrera vraiment. Les trois voitures prendront la piste ensemble sur le circuit pour recréer, à l’identique, la formation d’arrivée de 1966.

    « Un moment historique »

    L’organisation de Goodwood ne cache pas son excitation : « Quiconque aura la chance d’assister à l’un de ces événements sera témoin d’un moment véritablement historique. Ce sont trois voitures inimaginablement précieuses. Il est impossible de dire combien de temps nous devrons attendre pour les revoir toutes ensemble, surtout avec leurs moteurs V8 rugissant comme autrefois. »

    Si vous aviez prévu un pèlerinage automobile en Angleterre cette année, vous savez désormais quelles dates bloquer dans votre agenda. Voir l’histoire, c’est bien. L’entendre hurler à 7000 tours/minute, c’est mieux.