Étiquette : châssis aluminium

  • AC Cobra GT Coupé : La légende s’offre un toit et 730 chevaux

    AC Cobra GT Coupé : La légende s’offre un toit et 730 chevaux

    AC Cars, le plus ancien constructeur automobile britannique encore en activité, vient de frapper un grand coup pour célébrer le 125e anniversaire de sa fondation. Le constructeur a dévoilé aujourd’hui la version de production de la redoutable AC Cobra GT Coupé. Une déclinaison à toit rigide qui transforme le mythique roadster en un super-grand tourisme à la férocité assumée.

    Une silhouette sculptée par l’histoire du Mans

    Si le style général reste instantanément reconnaissable, cette version fermée affiche une posture nettement plus agressive et focalisée que sa déclinaison Roadster. Les designers se sont directement inspirés de la célèbre et infâme AC A98 Coupé qui avait couru les 24 Heures du Mans en 1964.

    La carrosserie en fibre de verre et carbone de pointe intègre deux éléments aérodynamiques majeurs :

    • Un toit à « double bulle » qui fluidifie l’écoulement de l’air tout en abaissant la ligne de pavillon sans sacrifier la garde au toit des grands conducteurs.
    • Une partie arrière tronquée de type « Kammtail », directement héritée de la voiture de course de 1964, permettant d’optimiser l’efficacité aérodynamique sans avoir recours à une carrosserie allongée.

    Châssis high-tech et fureur thermique

    Sous cette robe néo-rétro se cache une architecture moderne développée en interne au cours des sept dernières années. Le coupé partage environ 75 % de sa technique avec le Roadster, s’appuyant sur un châssis de type spaceframe en aluminium extrudé, particulièrement léger et rigide.

    Avec une répartition des masses parfaite de 50:50 et un centre de gravité très bas, le comportement a été paramétré pour être à la fois prévenant et ultra-réactif.

    Voici les caractéristiques techniques majeures des deux déclinaisons du V8 5.0L modulaire :

    CaractéristiqueVersion Atmosphérique PDFVersion Suralimentée (Compresseur) PDF
    Puissance456 PS (450 bhp)730 PS (720 bhp)
    Couple555 Nm820 Nm
    0 à 60 mph (0-96 km/h)N.C.Moins de 3,5 secondes
    Poids à vide~1 600 kg~1 600 kg
    TransmissionManuelle 6 vit. / Auto 10 vit.Manuelle 6 vit. / Auto 10 vit.
    Prix de base (hors taxes)£234 300£256 300

    Un habitacle de Grand Tourisme sur mesure

    Bien que ses performances soient dignes d’une pistarde, l’AC Cobra GT Coupé se veut avant tout une grande routière civilisée et spacieuse. Son empattement de 2 570 mm (pour 4 225 mm de long et 1 980 mm de large) permet d’accueillir confortablement des adultes de plus d’un mètre quatre-vingts.

    L’ambiance intérieure mélange subtilement nostalgie et modernité :

    • Les commandes à bascule usinées et l’instrumentation analogique côtoient un écran numérique d’information derrière le volant.
    • La dotation de série comprend la climatisation automatique, les vitres électriques et un système d’infodivertissement avec navigation par satellite tactile.
    • Chaque client pourra faire appel au service de personnalisation de l’usine pour concevoir des cuirs sur mesure ou laisser des sections de carbone apparentes sur la carrosserie.

    Changement de dimension pour AC Cars

    Avec ce nouveau modèle, la marque dirigée par David Conza ambitionne d’étendre sa présence à l’international, notamment au Moyen-Orient et en Asie. AC Cars est en train de passer d’un statut d’artisan confidentiel (produisant environ 100 voitures à la main par an) à une marque mondiale de performance, avec un objectif maximal de 1 000 voitures par an toutes gammes confondues.

    L’exclusivité reste de mise : chaque exemplaire sera assemblé spécifiquement selon les désirs de son acheteur. Les réservations sont d’ores et déjà ouvertes sur le site officiel, mais il faudra s’armer de patience : les premières livraisons n’interviendront qu’en 2028, une fois que la production des GT Roadster sera totalement finalisée.

  • Morgan Supersport : quand Malvern fait (vraiment) évoluer sa formule

    Morgan Supersport : quand Malvern fait (vraiment) évoluer sa formule

    Il y a des voitures qu’on excuse. Qu’on juge selon des critères à part. Qui se soustraient aux référentiels habituels parce qu’elles se situent ailleurs : sur le terrain de la nostalgie, du charme rétro ou de la singularité artisanale. Les Morgan en font partie. Du moins, elles en faisaient partie. Car avec la nouvelle Supersport, le petit constructeur de Malvern semble vouloir s’affranchir de ce statut de toléré bienveillant. Enfin.

    L’habit ne fait (plus) le moine

    Esthétiquement, la Supersport reste une Morgan. Une silhouette évoquant l’ère Art déco, des proportions classiques, une identité sans ambiguïté. Pourtant, derrière ces galbes familiers se cache une philosophie renouvelée. Officiellement, la Supersport se présente comme une mise à jour de la Plus Six. Dans les faits, elle la dépasse largement. Le style est affiné, les surfaces modernisées. À bord, l’habitacle conserve un charme rétro assumé, avec une planche de bord dessinée sur mesure, bien qu’écornée par l’intrusion d’éléments BMW comme le volant ou le sélecteur de vitesses automatique, qui jurent dans cet environnement soigné.

    Une base connue, une exécution inédite

    Techniquement, la Supersport repose sur la même architecture aluminium CX que les Plus Six et Plus Four. Le moteur vient également de Munich : un six-cylindres en ligne turbo de 3,0 litres (code B58), bien connu des amateurs de Z4 ou de Toyota GR Supra. Fort de 335 ch et 500 Nm, il propulse les 1 170 kg de la Supersport avec vigueur. Le 0 à 100 km/h est abattu en 3,9 secondes, et la vitesse de pointe atteint 267 km/h. Rien que du très sérieux.

    Mais la vraie surprise vient du comportement dynamique. Là où les anciennes Morgan réclamaient une indulgence permanente – direction floue, suspensions archaïques, châssis flexibles – la Supersport change la donne. Le châssis est nettement plus rigide, la direction plus directe, la tenue de route bien plus rassurante. Pour la première fois, une Morgan moderne donne envie d’attaquer, sans appréhension. Ce n’est pas (encore) une Porsche, mais c’est enfin une voiture de conduite, pas seulement de balade.

    Un tournant stratégique

    Avec cette Supersport, Morgan ne se contente pas de séduire ses fidèles clients. Il s’agit clairement d’un produit pensé pour élargir le spectre. Son positionnement tarifaire, autour de 120 000 €, la place frontalement face à une Porsche 911 Carrera. Le constructeur assume ce choix : certains puristes préféreront sans doute rester fidèles aux modèles plus classiques de la gamme. Mais pour tous ceux qui ont toujours rêvé d’une Morgan capable de rivaliser avec des sportives sérieuses sur des critères objectifs, le moment est venu.

    Ce qui manque encore

    Tout n’est pas parfait pour autant. L’absence de boîte manuelle – alors même que BMW propose une version six vitesses parfaitement compatible – est regrettable sur une voiture aussi orientée plaisir de conduite. Les sièges, étroits, ne conviendront pas à toutes les morphologies. Et l’intégration de certains éléments techniques d’origine BMW manque encore de finesse. Autant de points perfectibles, mais qui ne ternissent pas l’impression générale : la Supersport est la meilleure Morgan jamais produite. Et ce n’est pas rien.

    La révélation d’un potentiel

    Pendant des décennies, Morgan a cultivé une forme d’exotisme britannique, mêlant charme désuet et performances marginales. Avec la Supersport, la marque montre enfin qu’elle peut être prise au sérieux, sans renier son identité. Le style est toujours là, la tradition aussi. Mais le fond a changé. Plus rigide, plus précise, plus rapide, plus engageante, cette nouvelle Morgan n’est plus une voiture qu’on aime malgré ses défauts. C’est une voiture qu’on aime pour ses qualités. Et cela, c’est une vraie révolution à Malvern.