Étiquette : design automobile

  • L’ère des Restomods : Pourquoi nos cœurs balancent-ils vers un passé que nous n’avons pas toujours connu ?

    L’ère des Restomods : Pourquoi nos cœurs balancent-ils vers un passé que nous n’avons pas toujours connu ?

    En 2026, alors que l’intelligence artificielle dicte nos trajectoires et que le silence des moteurs électriques est devenu la norme, une étrange résistance s’organise. Partout dans le monde, des ateliers transforment des icônes d’hier en bijoux technologiques d’aujourd’hui. C’est l’ère du « Restomod ». Mais pourquoi sommes-nous prêts à dépenser le prix d’une villa pour une vieille carrosserie réanimée ?

    Le syndrome de la « déconnexion numérique »

    Le succès du Restomod (contraction de REStoration et MODernization) ne repose pas uniquement sur la nostalgie. C’est avant tout une réponse à l’aseptisation de la voiture moderne. Aujourd’hui, une supercar de 800 chevaux se conduit du bout des doigts, filtrée par des dizaines d’assistances électroniques.

    Le Restomod, c’est la promesse de retrouver une connexion mécanique brute : le claquement d’une boîte de vitesses manuelle, la vibration d’un moteur atmosphérique dans la colonne de direction, et cette odeur de cuir et d’essence. Mais — et c’est là tout le génie — sans le stress de la panne au milieu de nulle part ou des freins qui s’évanouissent au premier col de montagne.

    L’art de corriger l’histoire

    Un projet Restomod réussi ne se contente pas de restaurer ; il sublime. Prenez les créations de Singer sur base de Porsche 911, de Lancia Delta Safarista par Amos, ou des Alfaholics basées sur le coupé Bertone. Ces artisans ne font pas que réparer : ils utilisent du carbone là où il y avait de l’acier, des suspensions de compétition là où les ressorts étaient fatigués, et des LED là où les phares éclairaient à peine le bout du capot.

    C’est l’automobile telle qu’on s’en souvient dans nos rêves les plus fous, et non telle qu’elle était réellement (souvent capricieuse, bruyante et peu rigoureuse). Le Restomod, c’est le passé, mais en mieux.

    Une question de distinction culturelle

    Dans un monde où une Tesla ressemble à une autre Tesla, posséder une icône des années 70 ou 80 capable de tenir tête à une GT moderne est l’expression ultime de la culture automobile. C’est un choix intellectuel. On ne choisit pas la performance pure — n’importe quelle électrique à 50 000 € abat le 0 à 100 km/h en un clin d’œil — on choisit la texture de l’expérience.

    Le paradoxe du futur

    Le plus ironique ? Le Restomod est devenu le meilleur garant de la survie du patrimoine. En greffant des moteurs plus propres, ou même des kits de conversion électrique performants dans des carrosseries anciennes, ces préparateurs permettent à ces silhouettes légendaires de continuer à circuler dans les centres-villes de 2026, là où leurs ancêtres fumants sont désormais bannis.


    Le saviez-vous ? Le terme « Restomod » est né aux États-Unis dans les années 80 avec les Muscle Cars, mais il a fallu attendre le milieu des années 2010 pour que des entreprises comme Singer en fassent un marché de luxe dépassant parfois le million d’euros par exemplaire.

    Et vous, si vous aviez un chèque en blanc, préféreriez-vous la perfection clinique d’une hypercar de 2026 ou le caractère imparfait mais sublimé d’un Restomod ?

  • Bugatti F.K.P. Hommage : Le génie de Ferdinand Piëch enfin exaucé

    Bugatti F.K.P. Hommage : Le génie de Ferdinand Piëch enfin exaucé

    « Si c’est comparable, ce n’est plus Bugatti. » Cette devise d’Ettore Bugatti a trouvé son plus fidèle héritier en la personne du Prof. Dr. Ferdinand Karl Piëch. Disparu en 2019, l’ancien grand patron du groupe Volkswagen reçoit aujourd’hui un hommage à la hauteur de son obsession pour la perfection technique : la Bugatti F.K.P. Hommage.

    « À la prochaine occasion »

    L’histoire de ce projet « Solitaire » (exemplaire unique) remonte à 2008. Frank Heyl, aujourd’hui directeur du design de la marque, se souvient de ses premiers échanges avec Piëch lors du développement de la Veyron Super Sport. L’objectif était alors de franchir la barre des 1 200 ch et des 430 km/h.

    Heyl avait alors exploré un design de feux arrière inédit, une idée que Piëch avait écartée pour la Super Sport mais validée pour le futur avec une phrase devenue légendaire en interne : « À la prochaine occasion ». Chez Bugatti, les idées ne meurent jamais, elles attendent leur heure. Vingt ans après la conception de la Veyron, cette « occasion » s’est manifestée sous les traits de la F.K.P. Hommage.

    De la Chiron à la Tourbillon : L’héritage des portes

    Ferdinand Piëch était un visionnaire qui ne se laissait jamais enfermer dans les contraintes du moment. En 2013, dès les premières esquisses de la Chiron, il insistait déjà pour l’installation de portes à ouverture dièdre (vers le haut), afin d’offrir une entrée plus dramatique dans l’habitacle.

    Une fois de plus, la complexité technique de l’époque a repoussé l’idée. Mais l’influence de Piëch a perduré. C’est sous l’impulsion de Mate Rimac que ce concept de portes a finalement vu le jour sur la nouvelle Tourbillon, honorant ainsi une volonté exprimée plus de dix ans auparavant.

    L’autorité sereine et l’exigence absolue

    Christophe Piochon, actuel président de Bugatti, se rappelle de ses premières rencontres avec le « Professeur » à Wolfsburg dans les années 2000. Piëch était un homme de peu de mots, dégageant un calme olympien mais une exigence sans faille.

    « Il savait exactement ce qu’il voulait. Quand il demandait quelque chose, cela devait être réalisé au plus haut niveau possible », explique Piochon. Piëch ne se contentait pas de diriger depuis un bureau ; il se rendait à Molsheim deux fois par an pour échanger directement avec les ingénieurs. Il testait lui-même les prototypes, échangeant sur l’équilibre de la voiture, la courbe de puissance ou la sensation de conduite.

    L’inventeur de l’hypercar

    C’est Ferdinand Piëch qui a forcé les équipes de Volkswagen à passer des standards de la production de masse à l’orfèvrerie automobile. En poussant les ingénieurs au-delà de leurs propres limites, il a tout simplement inventé le concept moderne de l’hypercar : une machine que personne ne croyait possible avant qu’elle ne prenne la route.

    La F.K.P. Hommage n’est pas seulement une voiture de plus dans la galaxie Bugatti ; c’est la matérialisation d’idées « mises au coffre » pendant deux décennies par un homme qui voyait toujours plus loin que l’horizon.

    Le saviez-vous ? Ferdinand Piëch était si pointu techniquement qu’il était capable de déceler un défaut de réglage de train roulant ou une infime vibration moteur après seulement quelques hectomètres au volant d’un prototype.

    Pensez-vous que sans l’obstination quasi mystique de Piëch, une marque comme Bugatti aurait pu retrouver son rang de sommet de la pyramide automobile ?

  • MINI : la renaissance qui a divisé les puristes… avant de devenir un classique

    MINI : la renaissance qui a divisé les puristes… avant de devenir un classique

    Peu de voitures peuvent se targuer d’avoir marqué à ce point l ისტორი automobile que la Mini. Lancée en 1959 par British Motor Corporation, elle n’était pas seulement une citadine ingénieuse : elle incarnait une révolution. Architecture compacte, roues aux quatre coins, habitabilité optimisée… le tout à un prix accessible. Une voiture du peuple, dans toute sa noblesse.

    Mais quatre décennies plus tard, son héritage allait être profondément bouleversé.

    Le choc des visions : Rover contre BMW

    Au début des années 1990, Rover Group travaille déjà sur une remplaçante. L’idée reste fidèle à l’ADN originel : une petite voiture intelligente, accessible et innovante.

    Puis survient un tournant décisif. En 1994, BMW rachète Rover. Et avec lui, la destinée de la Mini change radicalement.

    D’un côté, les équipes britanniques défendent une vision pragmatique et populaire. De l’autre, BMW imagine un repositionnement audacieux : transformer la Mini en produit premium, capitalisant sur son image iconique.

    Le projet devient rapidement un terrain de confrontation. Quinze designers, répartis entre l’Europe et les États-Unis, sont mobilisés pour proposer des interprétations du futur modèle. En six mois, une multitude de concepts émergent, traduisant cette tension créative.

    Le choix du premium

    C’est finalement la vision allemande qui l’emporte. Le projet retenu, signé Frank Stephenson, pose les bases de la MINI moderne : un design néo-rétro, des proportions revues à la hausse et un positionnement clairement plus haut de gamme.

    Le changement est profond. Là où l’originale était une voiture accessible, la nouvelle MINI devient un objet de désir. Les prix s’envolent : au début des années 2000, une MINI One démarre autour de 10 000 livres, tandis que la Cooper dépasse les 11 000 livres.

    Un repositionnement stratégique assumé, visant deux publics distincts : une clientèle jeune, urbaine et aisée, et une génération plus mature, nostalgique de la Mini originelle.

    Francfort 1997 : le choc esthétique

    Pour tester la réaction du public, BMW dévoile un concept au Salon de l’automobile de Francfort. Un pari risqué, trois ans avant la commercialisation.

    Et la réaction est immédiate… mais loin d’être unanime.

    Certains y voient une trahison. Trop grande, trop éloignée de l’esprit originel, la nouvelle MINI est accusée de n’être qu’un exercice marketing. Les critiques fusent, parfois virulentes. Même Alex Moulton, figure clé de la Mini historique, exprime ses réserves sur les proportions et l’identité du modèle.

    D’autres, au contraire, saluent une interprétation moderne réussie. Le mélange de codes rétro et de technologies contemporaines séduit une partie du public, sensible à cette nouvelle lecture de l’icône.

    2001 : une commercialisation sous tension

    Lorsque la MINI de nouvelle génération arrive sur le marché en 2001, elle cristallise ces contradictions. Les premiers essais mettent en avant un comportement dynamique enthousiasmant, fidèle à l’esprit “karting” revendiqué par la marque.

    Mais tout n’est pas parfait. Les critiques pointent un moteur perfectible et un positionnement qui déstabilise. Acheter une MINI, c’est désormais entrer dans l’univers de BMW, avec tout ce que cela implique en termes d’image… et de perception.

    La Mini n’est plus une voiture universelle. Elle devient un produit de marque, soigneusement positionné, presque statutaire.

    Une stratégie risquée… mais payante

    Avec le recul, le pari de BMW apparaît comme l’un des plus audacieux — et des plus réussis — de l’histoire automobile récente.

    En transformant une citadine populaire en objet premium, le constructeur allemand a pris le risque de s’aliéner une partie des puristes. Mais il a aussi ouvert la voie à une nouvelle clientèle, prête à payer pour le design, l’image et l’expérience.

    Le résultat est sans appel : plus de 800 000 exemplaires de la première génération moderne écoulés dans le monde. Et surtout, la naissance d’une véritable marque, avec une gamme élargie et une identité forte.

    Pendant ce temps, Rover disparaît en 2005, incapable de survivre aux mutations du marché.

    De la controverse au statut d’icône

    Aujourd’hui, la MINI dessinée par Frank Stephenson est largement considérée comme un classique moderne. Ce qui, à l’époque, divisait profondément, apparaît désormais comme une réinterprétation réussie d’un mythe.

    Cette histoire illustre une vérité essentielle dans l’automobile : préserver un héritage ne signifie pas le figer. Il faut parfois le bousculer, au risque de choquer, pour lui permettre de survivre.

    La MINI moderne en est la preuve éclatante. Née dans la controverse, elle s’est imposée comme une référence. Et rappelle, au passage, qu’en automobile comme ailleurs, l’audace est souvent le meilleur moteur de renaissance.

  • Darwinisme : Alfa Romeo Spider

    Darwinisme : Alfa Romeo Spider

    En 1966, sur les rives du lac Léman, Alfa Romeo dévoilait une silhouette qui allait redéfinir le plaisir de conduire cheveux au vent. Soixante ans plus tard, la « Duetto » n’est plus seulement une voiture, c’est un mythe. Le Musée Alfa Romeo d’Arese célèbre cet anniversaire avec une exposition fleuve qui durera jusqu’à la fin de l’année 2026.

    Un nom né du public, une ligne signée Pininfarina

    Tout commence au Salon de Genève 1966. Alfa Romeo présente la « 1600 Spider ». Pour lui trouver un nom plus évocateur, la marque lance un concours national : « Duetto » l’emporte. Bien qu’une homonymie avec une marque déposée empêchera Alfa de l’utiliser officiellement, le nom restera gravé à jamais dans le cœur des Alfistes.

    Dessinée par le maître Pininfarina, la Spider repose sur une mécanique noble héritée de la Giulia : moteur double arbre à cames en aluminium, boîte cinq rapports et quatre freins à disque. Avec seulement 990 kg sur la balance, elle file à 185 km/h, le tout dans une élégance rare.

    Quatre séries, un seul esprit

    De 1966 à 1994, la Spider a connu la plus longue carrière de l’histoire du Biscione (28 ans) et s’est écoulée à plus de 124 000 exemplaires à travers quatre évolutions majeures :

    1. L’Os de Seiche (1966-1969) : La version originelle, aux formes arrondies et convexes, supervisée par Battista « Pinin » Farina lui-même. C’est la star du film Le Lauréat avec Dustin Hoffman.
    2. La Coda Tronca (1969-1982) : La poupe est coupée net pour plus d’aérodynamisme. C’est la série la plus vendue, marquée notamment par l’édition spéciale « Niki Lauda ».
    3. L’Aérodynamique (1983-1989) : L’ère des spoilers et des pare-chocs intégrés, dictée par les tests en soufflerie.
    4. La Série 4 (1990-1994) : Un retour aux sources avec des lignes épurées et fluides, marquant la fin d’une époque glorieuse avant l’arrivée de la GTV Spider.

    L’exposition « Spider est Alfa Romeo » à ne pas manquer

    Si vous passez par l’Italie cette année, le Musée d’Arese propose une immersion totale. Jusqu’en décembre 2026, l’exposition suit un calendrier thématique permettant de voir évoluer le modèle :

    • Avril à Juin : Focus sur les « Os de seiche ».
    • Juillet et Août : Honneur à la « Coda tronca ».
    • Septembre et Octobre : La période « Aérodynamique ».
    • Novembre et Décembre : La quatrième série et le grand final.

    Préserver l’héritage avec Alfa Romeo Classiche

    Face à l’envolée des cotes sur le marché de la collection, Alfa Romeo a renforcé son programme Classiche. Dans les Officine Classiche de Mirafiori, les propriétaires peuvent faire certifier l’authenticité de leur exemplaire ou entreprendre une restauration totale avec les archives d’origine. Un service indispensable pour une voiture qui incarne, peut-être mieux que toute autre, le génie du Made in Italy.

    Le saviez-vous ? Pour le lancement américain en 1966, Alfa Romeo a fait traverser l’Atlantique à trois Spider à bord du paquebot Raffaello. Les passagers VIP pouvaient essayer les voitures directement sur le pont du navire pendant la croisière !

    Quelle est votre version préférée : la pureté originelle de l’os de seiche ou le charme néo-rétro de la quatrième série ?

    default
  • Buick Y-Job : L’histoire du tout premier « Concept Car »

    Buick Y-Job : L’histoire du tout premier « Concept Car »

    Aujourd’hui, les concept-cars sont une évidence. Ils servent à exciter les fans, à tester des technologies futuristes ou à tâter le terrain avant de lancer un nouveau modèle. Pourtant, pendant les cinquante premières années de l’automobile, ces machines n’existaient tout simplement pas. Jusqu’à ce qu’un homme, Harley Earl, décide de sculpter l’avenir dans l’argile.

    Sortir du rationnel : l’après-dépression

    Dans les années 1930, alors que l’Amérique se relève de la Grande Dépression, Detroit cherche un nouveau souffle. L’automobile doit cesser d’être un simple outil de transport rationnel pour devenir un objet de désir et d’individualisme.

    On abandonne alors le design « boîte sur roues » hérité de la calèche pour des carrosseries monocoques aux courbes organiques. C’est l’ère du streamlining. Chrysler lance l’Airflow en 1934, passé par la soufflerie, tandis que Graham-Paige éblouit avec son modèle 97, le célèbre « Sharknose ». Mais ces voitures étaient destinées à la vente. L’étape suivante sera purement esthétique.

    Harley Earl et l’invention du « Laboratoire »

    Harley Earl, le patron visionnaire de la division Art and Colour de General Motors, observe avec intérêt les « hot-rods » personnalisés des patrons de l’époque, comme le speedster Ford Model 40 d’Edsel Ford. Earl veut sa propre « vitrine roulante ».

    Il crée alors un projet badgé Buick et baptisé Y-Job (parce que le « X » pour « expérimental » était déjà trop commun). Ce n’est pas un prototype destiné à la production, mais un laboratoire de style destiné à définir l’ADN futur de Buick et de GM. À l’époque, l’idée de construire une voiture juste pour « imaginer l’avenir » semble saugrenue.

    De Hollywood à l’argile

    Pour donner vie à ses visions sans se ruiner en carrosseries métalliques complexes, Earl s’inspire des studios de Hollywood : il rassemble d’énormes quantités d’argile pour sculpter ses idées en trois dimensions. Il vient d’inventer le modelage en argile (clay modeling), une pratique qui reste, encore en 2026, une étape cruciale dans n’importe quel studio de design automobile.

    Un concentré de futurisme

    Terminée en 1938 mais révélée officiellement le 5 avril 1940, la Y-Job stupéfie la presse. On y découvre des innovations qui nous semblent élémentaires aujourd’hui, mais qui étaient alors de la pure science-fiction :

    • Phares escamotables : Pour épurer la ligne avant.
    • Poignées de portes affleurantes : Pour l’aérodynamisme.
    • Capote électrique : Un mécanisme complexe actionné par un bouton sur le tableau de bord.
    • Ergonomie moderne : Un panneau d’instruments où le compteur de vitesse est placé en hauteur pour une meilleure visibilité.

    Le « Daily Driver » ultime

    Preuve que son concept était bien né, Harley Earl a conduit la Y-Job quotidiennement comme voiture de fonction jusqu’en 1951. Par la suite, Earl dessinera la première Chevrolet Corvette et imposera les ailerons emblématiques de Cadillac, transformant le design automobile en un métier à part entière.

    Grâce à la Y-Job, chaque constructeur a compris que pour vendre le présent, il fallait d’abord faire rêver avec le futur.

    Le saviez-vous ? La Buick Y-Job reposait sur un châssis de Buick Century modifié. Elle était si basse que ses roues de 13 pouces (au lieu des 16 habituelles) semblaient minuscules, accentuant encore son allure de « fusée de la route ».

  • Coupé-Cabriolet : Splendeur et déclin de la « folie du toit rigide »

    Coupé-Cabriolet : Splendeur et déclin de la « folie du toit rigide »

    Aujourd’hui, si vous voulez rouler les cheveux au vent sous un toit en dur, la Mazda MX-5 RF fait figure de dernière des Mohicans. Pourtant, il y a vingt ans, le marché croulait sous les « CC ». Entre ingénierie de pointe, nostalgie française et crash industriel, retour sur l’époque où les cabriolets préféraient le métal à la toile.

    Tout a commencé par un coup de tonnerre venu de Stuttgart. En 1994, Mercedes-Benz dévoile un concept de roadster doté d’un toit électrohydraulique baptisé « Vario roof ». L’idée ? Transformer un coupé hermétique en un roadster pur jus en seulement 25 secondes.

    Mercedes SLK : L’étincelle de 1996

    Le succès insolent de la Mazda MX-5 (NA) avait piqué l’orgueil de Mercedes. Sous la direction du grand Bruno Sacco, l’équipe de design — incluant un certain Michael Mauer, futur patron du style Porsche — mise sur un argument de vente unique : la fin du compromis.

    Commercialisée en 1996, la SLK est un carton immédiat. Alors que la marque espérait en vendre 30 000 par an, elle en écoule 55 000 dès la première année complète. Le toit rigide rassure, isole et offre une ligne de coupé élégante. La machine est lancée.


    Peugeot 206 CC : Le peuple veut du soleil

    Le vent de la révolte vient de France. En 1998, Peugeot présente le concept « 2-0-Heart ». Le designer Murat Günak (qui avait travaillé sur la SLK, tiens donc…) insiste : ce n’est pas une copie.

    Peugeot rappelle à qui veut l’entendre que la marque est la pionnière du genre avec l’Eclipse 401 de 1934, fruit du génie de Georges Paulin. En 2000, la 206 CC déboule sur le marché. Moins agile qu’une berline mais infiniment plus désirable, elle séduit 70 000 acheteurs en un an. C’est la démocratisation totale du toit escamotable.


    2006 : L’âge d’or (et le début de la fin)

    À la mi-2000, ne pas avoir de « CC » dans sa gamme est une faute professionnelle. Tout le monde s’y met, créant une véritable foire à l’ingénierie :

    • Les citadines : Nissan Micra C+C, Mitsubishi Colt CZC, Opel Tigra TwinTop.
    • Les compactes : Renault Mégane CC, Ford Focus CC, Opel Astra TwinTop, VW Eos.
    • Le luxe : BMW Série 3 (E93), Volvo C70.

    En 2006, les analystes prédisent un marché mondial de 1,3 million de cabriolets par an pour 2010. Ils n’avaient pas prévu deux séismes majeurs.

    Le double coup de grâce

    1. La crise de 2008 : Le crash financier mondial refroidit brutalement l’envie d’acheter des « voitures-plaisir ». Les sous-traitants spécialisés (Pininfarina, Heuliez, Karmann) sont les premiers à sombrer.
    2. L’invasion SUV : Le public délaisse soudainement le romantisme du cabriolet pour la position de conduite haute et l’aspect sécuritaire des crossovers.

    Presque aussi vite qu’elle avait commencé, la mode du coupé-cabriolet s’éteint. Le surpoids des mécanismes (souvent plus de 100 kg), la complexité de l’entretien et l’amputation drastique du volume du coffre finissent par avoir raison du segment.


    L’avis d’AUTOcult

    Le Coupé-Cabriolet était une parenthèse enchantée, une époque où l’on osait l’absurde pour le plaisir des yeux. Aujourd’hui, la toile a repris ses droits pour sa légèreté, et le SUV règne en maître. Mais croiser une 206 CC ou une SLK en train de « décapoter » au feu rouge reste un spectacle mécanique que les écrans géants de nos voitures modernes ne remplaceront jamais.

  • Ariel Motor Company : Pourquoi le « petit » est devenu le plus grand des constructeurs

    Ariel Motor Company : Pourquoi le « petit » est devenu le plus grand des constructeurs

    Dans l’industrie automobile, beaucoup pensent qu’il suffit de dessiner une machine sensationnelle pour réussir. C’est une erreur de débutant. La force d’Ariel, la marque qui nous a offert l’Atom, réside autant dans son génie mécanique que dans la sagesse entrepreneuriale de son fondateur, Simon Saunders. Retour sur une success-story britannique qui dure depuis 25 ans.

    L’Ariel Atom n’est pas née dans un bureau d’études aseptisé d’une multinationale. Ses origines remontent à un concours de design organisé par Saunders à l’Université de Coventry au milieu des années 90. Le projet squelettique de l’étudiant Niki Smart s’appelait alors « LSC » (Lightweight Sports Car). Saunders, designer chevronné, y a vu un potentiel immense. Mais au-delà du look, il a compris comment bâtir un business autour.

    La méthode Saunders : Maîtriser l’invisible

    Construire une voiture de niche est une chose, faire vivre l’entreprise en est une autre. Simon Saunders a compris dès le départ que le succès d’Ariel reposait sur des piliers souvent négligés par les passionnés :

    • La vente directe : Pas de concessionnaires, tout se fait à l’usine.
    • Le contrôle du marché de l’occasion : Ariel garde un œil sur ses voitures, assurant une valeur de revente exceptionnelle.
    • Le service après-vente intégré : Un lien direct entre celui qui fabrique et celui qui conduit.
    • La rareté maîtrisée : Avec une production annuelle d’environ 200 unités, Ariel préfère la qualité à la quantité, gérant des listes d’attente qui dépassent souvent l’année.

    Une lignée de radicaux

    Si l’Atom est le pilier central, Ariel a su décliner son ADN sur tous les terrains (et même sur deux roues) :

    ModèleTypeParticularité
    AtomTrack-carUn exosquelette iconique, sans toit ni pare-brise.
    AceMotoPropulsée par un V4 Honda de 1200cc, un design de cadre unique.
    NomadBuggyLa version tout-terrain qui a redéfini le plaisir hors-piste.
    HipercarHyper-EVUn monstre électrique de 1 180 ch avec turbine à gaz.

    « Simon Saunders savait comment créer une entreprise automobile dès le premier jour, en se concentrant sur la simplicité et la viabilité plutôt que sur la croissance démesurée. »


    2026 : Le grand saut vers Yeovil

    Ariel a longtemps opéré depuis des granges converties à Crewkerne, dans le Somerset. Mais en ce début d’année 2026, le constructeur s’apprête à franchir une étape cruciale.

    Pour répondre à la demande et abriter ses nouveaux projets secrets (notamment le développement final de la Hipercar EV), Ariel déménage vers un nouveau siège social sur mesure près de Yeovil. Ce nouveau complexe permettra non seulement d’augmenter légèrement la production pour réduire les listes d’attente, mais accueillera aussi un véritable musée dédié à l’histoire de la marque.

    L’avis d’AUTOcult

    Ariel restera toujours « minuscule » par rapport aux géants du secteur, et c’est précisément ce qui fait sa force. En boudant les véhicules grand public au profit de designs radicaux et de processus de fabrication artisanaux, Simon Saunders a créé une marque immortelle. C’est la preuve que dans l’automobile, l’intelligence du modèle économique est aussi importante que la puissance du moteur.

  • Bertone Runabout : Le retour d’une icône « Neo-Retro » pour puristes

    Bertone Runabout : Le retour d’une icône « Neo-Retro » pour puristes

    Alors que les supercars modernes s’enferment dans une course à l’armement technologique — entre aéro active et béquilles électroniques — Bertone choisit de prendre le chemin inverse. Plus de 50 ans après le concept original de Marcello Gandini, la Bertone Runabout renaît. Et cette fois, elle n’est pas là pour faire de la figuration dans un salon : elle arrive sur la route avec un V6 et une boîte manuelle.

    Un manifeste contre l’ennui

    Le constat est un peu amer mais réaliste : les supercars de 2026 se ressemblent toutes, dictées par les mêmes tunnels de vent. Bertone brise ce moule avec ce qu’ils appellent le design « Neo-retro ». Inspirée par l’Autobianchi A112 Runabout de 1969, cette version moderne reprend les codes « nautiques » du concept original : une silhouette pointue, un look de hors-bord sur roues et un esprit radicalement ludique.

    Deux versions seront proposées :

    • Barchetta : Pour une immersion totale, fidèle au concept sans pare-brise (juste un saute-vent).
    • Targa : Pour ceux qui préfèrent conduire sans avoir à compter les insectes sur leur visage.

    Un cœur japonais, une âme de Lotus

    Sous cette robe sculptée se cache une architecture éprouvée. Bertone s’est appuyé sur une base technique issue des dernières Lotus Exige, modifiée et homologuée avec son propre numéro de châssis (VIN).

    Fiche Technique : Le plaisir brut

    CaractéristiqueDétails
    MoteurV6 3.5L à compresseur (origine Toyota)
    Puissance468 ch
    Couple470 Nm
    TransmissionManuelle à 6 rapports, propulsion
    Poids1 150 kg
    0-100 km/h4,1 secondes
    PrixEnviron 390 000 €

    Avec seulement 1 150 kg sur la balance, la Runabout affiche un rapport poids/puissance qui ferait rougir bien des GT modernes. C’est une voiture « à l’ancienne » : pas d’IA omniprésente, un intérieur épuré avec de l’aluminium fraisé, et une tringlerie de boîte manuelle apparente qui invite au passage de rapport chirurgical.


    L’héritage Bertone en 25 exemplaires

    Relancée en 2022 par les frères Ricci, la marque Bertone renoue ici avec son passé de carrossier d’exception. Si le premier modèle de l’ère moderne, la GB110, jouait dans la cour des hypercars, la Runabout est un hommage direct aux génies qui ont fait l’histoire du studio : Giugiaro, Gandini et Scaglione.

    C’est d’ailleurs ce même concept Runabout de 1969 qui avait préfiguré la Fiat X1/9 et la mythique Lancia Stratos. En posséder une aujourd’hui, c’est posséder un morceau d’histoire du design italien, mais avec la fiabilité d’un bloc V6 Toyota et le châssis affûté d’une Lotus.

    Seuls 25 exemplaires seront produits. Un volume ultra-limité qui garantit déjà un statut de collector, même si, vu sa fiche technique, il serait criminel de la laisser dormir dans un garage climatisé.

    Face à Face : L’Héritage contre la Modernité

    Si 57 ans séparent ces deux versions, l’esprit du « motoscafi » (canot moteur) sur roues demeure intact. Voici comment Bertone a transposé les délires futuristes de 1969 dans la réalité technique de 2026.

    Tableau Comparatif : 1969 vs 2026

    CaractéristiqueAutobianchi A112 Runabout (1969)Bertone Runabout (2026)
    DesignerMarcello Gandini (Bertone)Bureau de style Bertone (Neo-Retro)
    Base TechniqueAutobianchi A112 (moteur déplacé)Châssis aluminium (type Lotus)
    Moteur4 cylindres 1.1LV6 3.5L Supercharged (Toyota)
    PuissanceEnv. 58 ch468 ch
    Poids< 700 kg1 150 kg
    ÉclairageProjecteurs sur l’arceauPhares escamotables « Pop-up »
    CarrosserieBarchetta pure (sans pare-brise)Barchetta ou Targa (avec pare-brise)

    Une filiation stylistique chirurgicale

    Le génie de Gandini en 1969 résidait dans cette ligne en forme de coin (wedge design), une silhouette qui allait définir les années 70.

    • L’influence nautique : Le concept de 1969 n’avait pas de portières et s’inspirait des hors-bords de course. La version 2026 conserve cette ligne de ceinture ascendante très marquée qui « scinde » la voiture en deux horizontalement, typique des canots Riva.
    • L’évolution des phares : Le concept original portait ses projecteurs sur le montant latéral de l’arceau de sécurité — un trait de génie visuel mais un cauchemar pour l’homologation. La version 2026 rend hommage à cette époque en adoptant des phares escamotables sur le museau, une rareté absolue sur une voiture neuve en 2026.
    • L’ADN survit : N’oublions pas que le concept de 1969 est le père spirituel de la Fiat X1/9 (pour le format compact et abordable) et de la Lancia Stratos (pour la radicalité du profil). La Runabout de 2026 se place exactement à l’intersection de ces deux légendes : plus luxueuse qu’une X1/9, mais aussi sauvage qu’une Stratos.

    Le mot de la fin : « Elefantino Rosso » ou pur-sang V6 ?

    Si l’originale se contentait du modeste mais nerveux petit moteur de l’A112 (qu’on retrouvera plus tard dans les versions Elefantino Rosso de la marque), la version 2026 change radicalement de dimension. On passe d’un exercice de style « mignon » et futuriste à une véritable machine de guerre capable de bousculer des Porsche 718 GT4 RS sur leur propre terrain.

  • Ford Scorpio « Grenouille triste » : La fin tragique de la dynastie Granada

    Ford Scorpio « Grenouille triste » : La fin tragique de la dynastie Granada

    Dans l’histoire de Ford Europe, il y a un avant et un après 1994. C’est l’année où le géant américain a décidé de « vandaliser » visuellement son fleuron pour tenter de sauver sa place chez les grands. La Scorpio de deuxième génération, moquée pour son look et incomprise en son temps, est restée comme le chant du signe d’une certaine idée de l’automobile : celle des grandes berlines populaires et robustes. Retour sur le naufrage de la « Granny ».

    Il fut un temps où posséder une grande Ford n’avait pas besoin d’explication. Ce n’était pas une voiture « premium » au sens moderne, ni un SUV prétentieux. C’était une Ford exécutive : spacieuse, confortable, un peu sur-ingéniérée, capable de siéger avec la même dignité devant un poste de police provincial ou le siège social d’une grande entreprise. Cette lignée, née avec la Zephyr et sublimée par la Granada, s’est éteinte dans un mélange de chrome et de stupéfaction.

    Un « vandalisme visuel »

    Lorsque la Scorpio de deuxième génération est dévoilée au Mondial de Paris en 1994, le choc est brutal. À une époque où le design automobile tend vers une anonymisation douce, Ford tente un pari radical. Sous la direction de Fritz Mayhew, la marque veut restaurer du « caractère ».

    Le résultat ? Des phares globuleux, une calandre béante et un arrière tombant qui lui vaudront les surnoms les plus cruels. La presse française l’appelle la « grenouille triste ». En Angleterre, Richard Bremner (du magazine CAR) parle d’un « acte de vandalisme visuel ». Pour les fidèles de la Granada (affectueusement surnommée « Granny »), c’était comme voir sa grand-mère revenir d’une clinique esthétique avec des injections de lèvres et un lifting raté : on reconnaissait la personne, mais on ne comprenait pas l’intention.

    Le drame d’une excellente voiture

    Le véritable drame de la Scorpio, c’est que sous cette carrosserie controversée se cachait l’une des Ford les mieux construites de l’histoire. Ford avait tiré les leçons de la Mondeo pour revoir entièrement les trains roulants. Fini le flottement et l’imprécision de l’ancienne Granada. La Scorpio offrait un contrôle de caisse et une précision de direction qui surprirent les essayeurs de l’époque.

    À l’intérieur, le bond en avant était spectaculaire. Le cuir plissé (optionnel) et la planche de bord ergonomique offraient une ambiance de « Maserati du pauvre » capable de faire rougir les références allemandes.

    La pièce maîtresse : Le V6 Cosworth

    Le sommet de la gamme était animé par le V6 2.9 litres 24 soupapes préparé par Cosworth. Avec ses 204 ch, il transformait la « grenouille » en un véritable « Q-car » (une voiture discrète mais redoutable).

    • 0 à 100 km/h : 8,5 secondes.
    • Vitesse de pointe : 225 km/h. C’était la voiture idéale pour avaler les autoroutes dans un silence de cathédrale, calé dans des sièges chauffants réglables électriquement.

    La fin de l’aventure « Executive »

    Malgré un restylage en 1997 pour tenter d’adoucir ses traits (phares sombres, calandre plus discrète), le mal était fait. Les acheteurs s’étaient tournés vers les badges prestigieux d’Audi, BMW ou Mercedes, qui n’étaient plus seulement aspirationnels mais devenaient la norme.

    La production s’est effondrée, passant de 44 521 unités en 1995 à seulement 6 079 en 1998. En juin de cette année-là, la dernière Scorpio quittait l’usine de Cologne, emportant avec elle 40 ans d’histoire de grandes berlines Ford en Europe.

    Ford ne lui donnera jamais de remplaçante directe, préférant monter en gamme ses Mondeo avec les finitions Ghia, puis Vignale. Aujourd’hui, avec le recul de 2026, la Scorpio n’apparaît plus comme une erreur de design, mais comme un final audacieux et incompris. Une voiture qui croyait encore que Ford devait construire le plus gros vaisseau de la rue.

  • Ferrari Luce (2026) : Quand Jony Ive (Apple) redessine l’âme de Maranello

    Ferrari Luce (2026) : Quand Jony Ive (Apple) redessine l’âme de Maranello

    Le nom est désormais officiel : la première Ferrari totalement électrique s’appellera la « Luce » (la Lumière). Mais au-delà de la motorisation, c’est une révolution ergonomique qui s’annonce pour mai 2026. Pour corriger ses interfaces souvent critiquées, Maranello a fait appel au « pape » du design industriel, Sir Jony Ive. Résultat ? Un cockpit qui mélange nostalgie des années 50 et sophistication digne d’un iPhone Pro.

    C’est sans doute le projet le plus polémique de l’histoire récente du Cheval Cabré. Comment passer à l’électrique sans perdre son identité ? Ferrari semble avoir trouvé la réponse dans un paradoxe : utiliser les créateurs de l’iPod pour ramener de la simplicité mécanique.

    LoveFrom : Le duo Ive-Newson aux commandes

    Pour concevoir l’habitacle de la Luce, Ferrari s’est associée à LoveFrom, le collectif fondé par Sir Jony Ive et Marc Newson. Leur mission : épurer. Adieu la forêt de boutons tactiles capricieux sur le volant, place à une interface qui rend hommage au passé.

    Le poste de pilotage : Un retour aux sources

    ÉlémentDescription et Inspiration
    VolantInspiré des volants Nardi des années 50/60. Structure en aluminium usiné apparente avec seulement deux groupes de boutons analogiques simples.
    InstrumentationÉcran OLED 3D fixé directement sur la colonne de direction (il bouge avec le volant). Effet de profondeur via deux dalles superposées.
    Console CentraleÉcran pivotant sur joint à rotule avec un repose-paume pour une utilisation stable en roulant.
    « Multigraph »Une horloge mécanique avec de vraies aiguilles qui surmonte l’écran tactile pour un feeling « horlogerie ».

    « Ready for Take-off » : Le bouton de lancement au plafond

    L’une des trouvailles les plus marquantes de la Luce est la commande du Launch Control. S’inspirant de l’aéronautique, Ferrari l’a placée sur le plafonnier. Il faut tirer un interrupteur vers le bas, lequel s’illumine en orange pour confirmer que les moteurs électriques sont prêts à libérer leur couple instantané.

    La clé de contact et le sélecteur de vitesse sont, quant à eux, façonnés dans un verre cristallin haute technologie. La clé intègre même un petit affichage en encre électronique (e-ink) qui change d’aspect lorsqu’elle est insérée dans son socle, une technologie ultra-basse consommation.


    Le prix de l’innovation : Plus de 600 000 € ?

    Si la carrosserie reste encore sous camouflage, le positionnement tarifaire est déjà clair : la Luce devrait dépasser les 600 000 €.

    Les critiques fusent déjà : une Ferrari doit-elle ressembler à un produit Apple ? Le pari est osé mais nécessaire. En remplaçant le plastique noir brillant par du verre type iPhone et de l’aluminium anodisé, Ferrari monte encore d’un cran dans le luxe tactile. La seule question est : était-ce à Ferrari de le faire ?

    La présentation complète est prévue pour mai 2026. D’ici là, les débats entre puristes du V12 et technophiles ne font que commencer.

  • Autoforma Norrsken : La Volvo P1800 ES revient avec une cure de carbone et un 5 cylindres !

    Autoforma Norrsken : La Volvo P1800 ES revient avec une cure de carbone et un 5 cylindres !

    Niels van Roij est sans doute l’un des « coachbuilders » les plus prolifiques et audacieux de notre époque. Après avoir transformé une Ferrari Testarossa en Targa ou créé un hommage au légendaire Breadvan, le designer néerlandais s’attaque à une icône suédoise : la Volvo P1800 ES. Le résultat s’appelle « Norrsken », et sous sa robe classique se cache un cœur qui va faire vibrer les passionnés.

    Les Pays-Bas et Volvo, c’est une vieille histoire d’amour (pensez aux usines de Born, à la Volvo 66 ou à la V40). Il est donc presque naturel que ce projet de restomod ultime voie le jour à Amsterdam, fruit d’une collaboration entre le studio de Niels van Roij et Lotte, le spécialiste batave de la marque scandinave.


    Une robe en carbone pour le break de chasse

    Au premier coup d’œil, on reconnaît immédiatement la silhouette du célèbre « break de chasse ». Mais ne vous y trompez pas : il ne s’agit pas d’une simple restauration.

    • Carrosserie intégrale en carbone : Chaque panneau a été refabriqué en fibre de carbone. Cela permet non seulement de gagner un poids considérable, mais aussi d’élargir légèrement les voies pour une assise plus musclée, sans dénaturer la ligne originelle.
    • Châssis revu de A à Z : On ne garde que la structure centrale. Tout le reste — freins, direction, suspensions — est entièrement moderne et optimisé pour la performance.

    Le moteur que nous attendions tous

    Si la P1800 originale est réputée pour sa fiabilité légendaire (certains exemplaires ont dépassé les 5 millions de kilomètres !), son quatre cylindres manquait un peu de peps pour les standards de 2026.

    Autoforma a donc fait le choix du cœur : le moteur 5 cylindres turbo de 2,5 litres de la banque d’organes Volvo.

    • Puissance estimée : Entre 300 et 400 chevaux.
    • Le son : La mélodie typique du 5 cylindres, agrémentée d’un turbo « surdimensionné », promet des sensations acoustiques bien supérieures au bloc d’origine.

    Le clin d’œil néerlandais : Avec un sens de l’humour très scandinave, les visuels de présentation montrent la voiture équipée d’une planche de surf ou d’une boîte de meubles… IKEA. On ne se refait pas.


    Exclusivité et prix

    Comme tout chef-d’œuvre artisanal, l’exclusivité a un prix. L’Autoforma Norrsken ne sera produite qu’à 5 exemplaires seulement.

    • Prix de départ : 300 000 € (hors taxes).
    • Délai de livraison : Environ 18 mois.
    • Personnalisation : Totale. Avec les options et les demandes spécifiques, la facture peut rapidement grimper vers les 500 000 €.

    C’est le prix pour rouler dans une œuvre d’art capable de rivaliser avec une Porsche GT3 moderne, tout en affichant l’élégance intemporelle des années 70.


    Les autres folies de Niels van Roij

    Si vous découvrez le travail de Niels van Roij, sachez que le designer n’en est pas à son coup d’essai. On lui doit notamment :

    • Le Ferrari Breadvan Hommage.
    • Le Rolls-Royce Silver Spectre Shooting Brake.
    • Un Range Rover trois portes ultra-luxueux.
    • La très remarquée Ferrari Testarossa Targa.

  • Documentaire : « The Story of a Legend », l’hommage ultime à l’excellence Pininfarina

    Documentaire : « The Story of a Legend », l’hommage ultime à l’excellence Pininfarina

    C’est une signature qui fait vibrer les passionnés d’automobile depuis près d’un siècle. Pininfarina, le carrossier turinois qui a habillé les plus belles mécaniques du monde, est au cœur d’un nouveau documentaire événement : The Story of a Legend. Pininfarina.

    Si le nom évoque instantanément les courbes sensuelles des Ferrari 250 GT ou de la Testarossa, l’histoire de la maison italienne dépasse largement le cadre des supercars. Diffusé en avant-première ce mois-ci sur la chaîne nationale italienne RAI 3, ce long-métrage promet une plongée immersive dans l’un des chapitres les plus glorieux du design industriel.

    Une épopée cinématique

    Produit par Flair Media Production en collaboration avec Rai Documentari, et réalisé par Marina Loi et Flavia Triggiani, le film retrace l’incroyable ascension de la famille Farina.

    Tout commence en 1930 avec le rêve d’un homme : Battista « Pinin » Farina. D’un simple atelier de carrosserie à Turin, l’entreprise va devenir l’ambassadrice mondiale du style italien. Le documentaire explore cette évolution fascinante, montrant comment Pininfarina a su traverser la guerre, participer à la renaissance économique de l’Italie, pour finalement étendre sa philosophie du design bien au-delà de l’automobile — touchant à l’architecture, au design produit et aux nouvelles mobilités.

    Des archives rares et un casting 5 étoiles

    Pour les puristes, ce documentaire s’annonce comme une mine d’or. Grâce au soutien de la Film Commission Torino Piemonte, le film dévoile des trésors d’archives inédits provenant des fonds Pininfarina, Ferrari, de l’Institut Luce et de la RAI.

    Mais l’histoire est aussi racontée par ceux qui l’ont vécue ou observée de près. The Story of a Legend réunit des témoignages exclusifs de figures emblématiques de l’industrie et de la culture italienne, notamment :

    • Piero Ferrari
    • Luca Cordero di Montezemolo
    • Giorgetto et Fabrizio Giugiaro
    • Lapo Elkann
    • Arturo Merzario

    Giorgia Pininfarina apporte également un éclairage intime sur cette saga familiale qui se confond avec l’histoire de l’Italie elle-même.

    Bientôt disponible en streaming

    Après une projection exclusive au Cinema Massimo de Turin (Musée National du Cinéma) et une première diffusion télévisée en Italie le 9 décembre, la question que tous les passionnés français se posent est : où le voir ?

    Bonne nouvelle : le documentaire sera prochainement disponible sur les plateformes de streaming internationales. Une occasion à ne pas manquer pour comprendre comment, en mariant créativité, beauté et innovation, Pininfarina a défini l’élégance sur quatre roues pour l’éternité.

    Restez connectés sur AUTOcult.fr, nous ne manquerons pas de vous communiquer les dates de disponibilité en France !