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  • Lancia à Autoworld : 120 ans de génie italien s’exposent à Bruxelles

    Lancia à Autoworld : 120 ans de génie italien s’exposent à Bruxelles

    Si vous cherchez une preuve que l’automobile est un art, ne cherchez plus. Jusqu’au 19 avril 2026, le musée Autoworld de Bruxelles se transforme en sanctuaire pour les amoureux de l’élégance et de la performance pure. Intitulée « Lancia 120 Years – Innovation Through Italian Design », cette exposition rétrospective nous rappelle pourquoi la marque de Turin, malgré ses années d’ombre, reste l’une des plus fascinantes au monde.

    Vincenzo Lancia n’était pas seulement un pilote ; c’était un visionnaire obsédé par la perfection technique. 120 ans plus tard, son héritage prend possession du Palais du Cinquantenaire à travers douze modèles rares qui ont redéfini les règles du jeu.

    De la structure autoportante au premier V6 mondial

    L’exposition, orchestrée par le conservateur Leo Van Hoorick, se divise en deux parcours. Le premier rend hommage aux avancées technologiques qui ont fait de Lancia la marque préférée des ingénieurs et des esthètes.

    • Lancia Lambda (1924) : Un choc pour l’époque. La première voiture de série à adopter une structure autoportante, envoyant les châssis séparés aux oubliettes.
    • Lancia Aurelia B20 Coupé : Elle n’est pas seulement belle à couper le souffle, elle est la première Grand Tourisme de l’histoire à abriter un moteur V6.
    • Les manifestes de style : On y découvre des prototypes rares comme la Lancia PF200 (1952) ou la Lancia Florida (1956) dessinée par Pininfarina, qui allait influencer le design des berlines de luxe pour les décennies suivantes.

    La terre, la poussière et la gloire

    Le second volet de l’exposition vous emmène dans les forêts finlandaises et sur les routes du Monte-Carlo. Pour beaucoup, Lancia, c’est avant tout le rallye. Autoworld n’a pas fait les choses à moitié en réunissant les trois « monstres » de la discipline :

    1. La Stratos : La première voiture conçue exclusivement pour le rallye. Un ovni dessiné par Bertone.
    2. La 037 : Elle reste dans l’histoire comme la dernière propulsion à avoir été sacrée Championne du Monde face aux transmission intégrales. Un acte de bravoure mécanique.
    3. La Delta HF Integrale 16v Gr.A : L’exemplaire exposé est une véritable pièce de musée. Il s’agit de la voiture de 1991 pilotée par le légendaire Juha Kankkunen (2ème place au Rallye de Nouvelle-Zélande cette année-là).

    Pourquoi cette exposition est-elle cruciale en 2026 ?

    Alors que Lancia entame sa renaissance sur le marché européen (avec la nouvelle Ypsilon et la Gamma), ce retour aux sources est essentiel. Il nous rappelle que l’ADN de la marque n’est pas seulement fait de luxe, mais d’une audace qui frise parfois la déraison.

    L’exposition est le fruit d’une synergie rare entre le musée bruxellois, les institutions italiennes et des collectionneurs privés qui ont accepté de sortir leurs joyaux de leurs garages climatisés.

    Informations Pratiques

    • Exposition : Lancia 120 Years – Innovation Through Italian Design
    • Dates : Jusqu’au 19 avril 2026
    • Lieu : Autoworld, Parc du Cinquantenaire, Bruxelles
    • Plus d’infos : www.autoworld.be
  • Alfa Romeo Spider « Duetto » : 60 ans de Dolce Vita et de liberté pure

    Alfa Romeo Spider « Duetto » : 60 ans de Dolce Vita et de liberté pure

    En 1966, l’Italie offrait au monde bien plus qu’une voiture : elle lui offrait un art de vivre. Hier, en 2026, le Spider Alfa Romeo — plus connu sous le nom de « Duetto » — a fêté ses 60 ans. Six décennies à faire chanter son moteur bialbero, à défier les modes et à incarner, d’un simple coup de crayon, l’idée même de la liberté. Retour sur le testament de Battista Pininfarina.

    Il y a des voitures que l’on conduit, et il y a celles qui vous transportent avant même d’avoir tourné la clé. Le Spider Alfa Romeo appartient à cette seconde catégorie. Dernier projet supervisé personnellement par Battista « Pinin » Farina, ce cabriolet est une leçon d’élégance organique, une forme pure surnommée affectueusement « osso di seppia » (os de seiche) pour son profil arrondi et fuyant.

    Un nom né de la ferveur populaire

    À sa sortie, le Spider 1600 n’a pas encore de patronyme officiel. Alfa Romeo lance alors un concours national : « Spider 1600 : donnez-lui un nom ». Près de 140 000 Italiens participent. Le gagnant, Guidobaldo Trionfi, propose « Duetto ».

    Pourtant, l’histoire est facétieuse : à cause de problèmes de droits commerciaux (le nom était déjà déposé), Alfa Romeo ne pourra jamais l’utiliser officiellement sur la carrosserie. Mais qu’importe la loi des marques : pour le public et l’éternité, elle restera la Duetto.

    L’idylle hollywoodienne : Dustin Hoffman et Simon & Garfunkel

    Si le Spider est né en Italie, c’est aux États-Unis qu’il devient une icône planétaire. En 1967, le film Le Lauréat propulse un jeune Dustin Hoffman — et son Spider rouge — au sommet de la gloire.

    Sur fond de The Sound of Silence, l’image de cette Alfa filant sur les routes californiennes scelle le destin du modèle : elle devient le symbole d’une jeunesse rebelle, romantique et avide d’espaces. Le débarquement de trois exemplaires (un blanc, un rouge, un vert) à New York à bord du transatlantique Raffaello finira de convaincre l’Amérique : la « Dolce Vita » est désormais accessible.


    Trente ans d’évolution, une seule âme

    La force du Spider est d’avoir su durer. Produite pendant près de trente ans, la lignée a évolué sans jamais perdre son essence : la conduite directe et le plaisir immédiat.

    Les grandes étapes du mythe

    VersionPériodeCaractéristique marquante
    Série 1 (Osso di Seppia)1966 – 1969L’originale au profil arrondi, moteur 1600 puis 1750.
    Série 2 (Coda Tronca)1969 – 1982Arrière coupé net pour plus d’aérodynamisme et de coffre.
    Série 3 (Aerodinamica)1983 – 1989Ajout d’appendices en caoutchouc (spoiler arrière), style très 80s.
    Série 4 (Ultima)1990 – 1993Retour à une ligne plus pure, boucliers intégrés, direction assistée.

    « Le Duetto n’est pas seulement une Alfa Romeo : c’est un symbole universel de style et de liberté. La Duetto est née pour émouvoir, et elle le fait encore aujourd’hui. »

    Alain Descat, Directeur Alfa Romeo France.

    L’héritage : de 1966 au concept 2uettottanta

    Le design du Spider est si puissant qu’il continue de hanter les planches à dessin. En 2010, pour le centenaire de la marque, Pininfarina dévoilait le concept 2uettottanta, une réinterprétation moderne qui prouve que les lignes de Battista Pininfarina n’ont pas besoin d’être corrigées, simplement célébrées.

    Aujourd’hui, à 60 ans, le Spider Alfa Romeo ne prend pas de rides. Il nous rappelle simplement qu’une automobile peut être un acte d’amour et un souffle de légèreté dans un monde devenu parfois trop lourd.

  • Ultimate Supercar Garage : La nouvelle Bertone Runabout joue la carte néo-rétro (mais la vraie star était verte !)

    Ultimate Supercar Garage : La nouvelle Bertone Runabout joue la carte néo-rétro (mais la vraie star était verte !)

    En marge de Rétromobile, l’événement « Ultimate Supercar Garage » a rassemblé la crème de la crème des hypercars modernes à Paris. Si l’attraction principale devait être la présentation officielle de la nouvelle Bertone Runabout, c’est une autre italienne qui a aimanté tous les regards : une sublime Alfa Romeo 33 Stradale habillée d’une livrée « Vert Montréal » à tomber par terre.

    C’est le jeu cruel des salons et des expositions exclusives. Parfois, vous dévoilez une nouveauté mondiale intéressante, mais votre voisine de stand est tout simplement trop belle. Bertone était venu présenter la version de série de sa Runabout, un hommage vibrant aux designs « Wedge » (en coin) des années 70. Mais difficile de lutter quand, à quelques mètres de là, trônait la réincarnation de l’Alfa Romeo 33 Stradale. Dans cette teinte verte profonde, elle n’était pas juste une voiture, mais une sculpture vivante qui a éclipsé tout le reste.

    Bertone Runabout : Le retour des phares escamotables !

    Une fois nos rétines remises de l’éblouissement de l’Alfa, nous nous sommes penchés sur la nouveauté signée Bertone. Et elle ne manque pas de charme. Inspirée par le concept-car Autobianchi A112 Runabout de 1969 (dessiné par le regretté Marcello Gandini), cette sportive moderne joue à fond la carte de la nostalgie.

    Le détail qui tue ? Le retour des phares escamotables (pop-up) ! Rien que pour ça, elle mérite notre attention. Bertone propose deux carrosseries : une « Barchetta » radicale sans toit, et une version « Targa » avec toit amovible en carbone.

    Un cœur de Lotus (et de Toyota)

    Sous cette carrosserie anguleuse en carbone se cache une architecture familière pour les puristes. Bertone n’a pas repris une base Fiat comme à l’époque, mais un châssis en aluminium collé acheté à un fournisseur. Si on lit entre les lignes : c’est une base Lotus. De même pour le moteur : c’est le V6 3.5 litres Toyota (celui de l’Emira ou de l’Exige), mais gavé par un compresseur pour sortir 475 ch.

    La bonne nouvelle ? La puissance est envoyée aux roues arrière via une boîte manuelle à 6 rapports avec une magnifique grille en H apparente. Avec un poids plume de 1 057 kg, le 0 à 100 km/h est expédié en 4,1 secondes.

    25 exemplaires pour collectionneurs avertis

    Bertone prévoit de construire seulement 25 unités de ce jouet néo-rétro. Le prix ? 390 000 € (hors taxes). C’est cher pour une Lotus recarrossée, diront certains. C’est le prix de l’exclusivité et de la signature Bertone, diront les autres.

    Mais soyons honnêtes : même à ce prix-là, si on nous donnait le choix des clés à la sortie de l’Ultimate Supercar Garage, notre cœur serait resté accroché au volant de la 33 Stradale verte.

  • Ford Comète : Le sublime « ratage » de Jean Daninos

    Ford Comète : Le sublime « ratage » de Jean Daninos

    Imaginez une voiture dessinée par les plus grands stylistes italiens, pensée par le père des futures Facel Vega, et destinée à l’élite française. Sur le papier, la Ford Comète avait tout pour devenir une légende. Sauf qu’une voiture, c’est aussi un moteur. Et c’est précisément là que le rêve vire au cauchemar. Retour sur la plus belle coquille vide des années 50.

    Si vous croisez une Ford Comète (et plus encore sa version ultime « Monte-Carlo ») dans un concours d’élégance, vous tomberez forcément sous le charme. Sa ligne « ponton », son luxe ostentatoire et ses chromes rutilants évoquent le meilleur de la carrosserie européenne. Mais ne demandez jamais à son propriétaire de faire un chrono : vous risqueriez de le fâcher.

    Une génétique complexe : Ford, Facel ou Simca ?

    La Comète est une bâtarde de la plus belle espèce. Son géniteur n’est autre que Jean Daninos, l’homme qui créera bientôt la mythique marque Facel Vega. Au début des années 50, il dirige Facel-Métallon et convainc la direction de Ford France (basée à Poissy) de lancer un coupé haut de gamme pour concurrencer les marques de prestige.

    Pour le dessin, Daninos ne fait pas les choses à moitié : il sollicite les Stabilimenti Farina (Sergio Farina en personne). Le résultat est un chef-d’œuvre de latinité.

    D’ailleurs, Ford a tellement peur que son image « populaire » ne ternisse l’auto que le nom « Ford » n’apparaît nulle part sur la carrosserie ! Seul le patronyme « Comète » s’affiche. Il faut ouvrir le capot pour trouver une plaque « Ford S.A.F. ». Ironie du sort, quand Simca rachetera Ford France, les stocks restants seront écoulés sous le nom de « Simca Comète ».

    « Monte-Carlo » : La friteuse de luxe

    La version qui nous intéresse ici est la Comète Monte-Carlo. Elle se distingue immédiatement par sa calandre spécifique, surnommée le « coupe-frites ». C’est agressif, c’est chic, et cela cache (mal) la misère mécanique.

    À l’intérieur, c’est la grande classe. Le tableau de bord en acier inoxydable est une audace stylistique superbe. Le cuir est omniprésent. Les poignées de porte, fines tiges métalliques affleurantes, sont des bijoux de design. Seul bémol ? C’est un coupé 2+2 où les « +2 » doivent impérativement être des culs-de-jatte. L’espace aux jambes arrière est inexistant, sacrifié sur l’autel de l’esthétique.

    Le drame mécanique : Un cœur de camion

    C’est ici que le bât blesse. Terriblement. Sous cette robe de haute couture, Ford a glissé… un moteur agricole.

    La Comète débute avec un petit V8 anémique de 68 chevaux (technologie à soupapes latérales datant de 1932 !). Pour la version « Monte-Carlo », on passe aux choses sérieuses avec un gros V8 de 3,9 litres. Sur le papier, ça sonne bien. Dans la réalité, ce bloc (celui des camions Ford de l’époque) ne sort que 105 chevaux SAE.

    • L’agrément ? Désastreux. C’est rugueux, ça ne monte pas dans les tours.
    • La conduite ? Une épreuve. La direction est floue, le châssis est dépassé, et les freins à tambours sont aux abonnés absents dès qu’on hausse le rythme.

    Seule lumière dans la nuit : l’option boîte manuelle 4 rapports Pont-à-Mousson (entièrement synchronisée), bien plus agréable que la boîte 3 vitesses Ford d’origine.

    Un échec commercial prévisible

    Vendue à prix d’or (1 368 000 francs à sa sortie), la Comète naviguait dans les eaux tarifaires des Delahaye ou Talbot-Lago. Mais contrairement à elles, elle n’avait aucune noblesse mécanique. Les clients fortunés ne s’y sont pas trompés : la production totale tournera autour de 2 200 exemplaires, dont seulement 799 versions Monte-Carlo.

    Le verdict AUTOcult

    La Ford Comète Monte-Carlo est l’archétype de la « brouillonne de génie ». C’est sur elle que Jean Daninos s’est fait la main avant de lancer sa propre marque. Sans les défauts de la Comète, la Facel Vega n’aurait jamais existé.

    Aujourd’hui, c’est une auto pour esthètes contemplatifs. Elle vaut environ 60 000 €. À ce prix-là, vous achetez une sculpture roulante, témoin d’une époque où l’on savait faire de belles voitures… même quand on ne savait pas les motoriser.


    Fiche Technique Express : Ford Comète Monte-Carlo (1954)

    • Moteur : V8 3.9L (origine camion), soupapes latérales.
    • Puissance : 105 ch SAE à 3 800 tr/mn.
    • Vitesse max : 155 km/h (avec le vent dans le dos).
    • Poids : 1 370 kg.
    • Particularité : Calandre « coupe-frites » et pédalier déjà siglé « FV » (Facel Vega).
  • L’antidote au carré : au volant du Tonale, le SUV Alfa Romeo

    L’antidote au carré : au volant du Tonale, le SUV Alfa Romeo

    Alfa Romeo redonne un coup de fouet à son SUV compact, le Tonale. Mais si le marché européen continue de lui préférer l’efficacité géométrique de la concurrence allemande, c’est que l’on n’a pas compris la philosophie de ce SUV. Le Tonale n’est pas conçu pour maximiser le volume de coffre ou les pourcentages de vente ; il est taillé pour l’œil, le toucher, et surtout, le plaisir du conducteur. L’antidote italien au SUV premium clinique est là.

    Un design qui ne cède rien au marché

    Le Tonale n’a jamais cherché à ressembler aux autres. Tandis que la plupart des SUV premium adoptent des lignes rigides et fonctionnelles, Alfa Romeo a sculpté le sien avec la passion que l’on attend de la maison de Milan. Le restylage est subtil, confirmant que le design initial était le bon. Les voies légèrement élargies renforcent son assise, lui donnant cette posture athlétique indispensable à un véhicule portant le Biscione.

    Même la contrainte réglementaire est tournée à l’avantage du style. Si la plaque d’immatriculation migre désormais au centre (adieu la tradition déportée, pas merci aux normes européennes), le regard acéré, inspiré des phares de la mythique SZ et RZ Zagato, reste inchangé. L’ajout de nouvelles teintes, comme un ocre particulièrement saillant, et des jantes de 19 ou 20 pouces (existe en plus petit), rappelle que le premier critère d’achat d’une Alfa doit toujours être l’émotion visuelle.

    L’émotion avant le ratio : la magie du châssis

    C’est derrière le volant que le Tonale impose son culte. Face à une concurrence allemande souvent jugée un peu aseptisée en conduite quotidienne, le SUV transalpin délivre une personnalité immédiate.

    La grande force du Tonale réside dans sa direction : d’une rapidité déroutante et d’une précision chirurgicale, elle rend la conduite ludique et engageante, même sur les petites routes secondaires. C’est le genre de direction qui détonne dans le segment, rappelant que l’ADN d’Alfa Romeo est avant tout celui des sensations. Que l’on opte pour les trains roulants McPherson de base (déjà très efficaces) ou pour la suspension électronique Dual Stage Valve des finitions plus cossues, le maintien de caisse est au rendez-vous sans jamais dégrader le confort.

    Bien sûr, la version hybride rechargeable (270 chevaux cumulés) montre ses limites en pure vigueur face à la concurrence. On regrette l’absence en Europe du 2.0 essence de 284 chevaux réservé au marché américain – une mécanique qui collerait parfaitement à l’esprit sportif de ce châssis. Mais le Tonale PHEV se rachète avec un autre atout pour les puristes : sa transmission intégrale permanente, qui peut se révéler un avantage tactique, notamment pour les escapades en montagne. La concurrence peut être plus puissante, plus rapide, mais jamais aussi adorable à conduire.

    L’intérieur : chic, pas clinique

    À l’intérieur, le Tonale assume une ambiance chic et plaisante. Le restylage apporte des touches subtiles comme le nouveau sélecteur rotatif de boîte de vitesses et l’introduction de nouvelles garnitures en cuir rouge ou en Alcantara.

    Si certains puristes allemands pourront souligner un raffinement moins chirurgical des assemblages, l’atmosphère est incontestablement italienne. L’instrumentation numérique est parfaitement lisible, complétée par un écran tactile de 10 pouces. Surtout, les sièges baquets offrent un excellent compromis entre confort pour les longs trajets et maintien en conduite dynamique.

    Le Tonale prouve qu’une voiture peut être une offre premium crédible tout en privilégiant le plaisir de rouler différent. Dans la jungle des SUV compacts, il est l’échappatoire : une ligne séduisante, un intérieur chic, un châssis agile, et un positionnement tarifaire qui ne pénalise pas (notamment grâce à l’hybride rechargeable échappant au malus). En dépit des chiffres de vente, le Tonale est un véhicule qui fait honneur au culte de la conduite italienne.

  • Maserati x Giorgetti : quand le design italien se met en mouvement

    Maserati x Giorgetti : quand le design italien se met en mouvement

    Dans l’univers automobile, rares sont les collaborations qui vont au-delà du badge et de la signature sur une plaque. Trop souvent, le « co-branding » se limite à un jeu de logos et de textures.
    Mais quand Maserati invite Giorgetti à concevoir une Grecale Folgore unique, ce n’est pas un simple exercice de style. C’est une rencontre entre deux langages qui racontent, chacun à leur manière, l’âme du design italien.

    L’Italie du geste juste

    Il faut d’abord comprendre ce que représentent ces deux noms dans la culture italienne. Maserati, fondée à Bologne en 1914, c’est la vitesse apprivoisée, la puissance sculptée, la quête du mouvement parfait. Giorgetti, né en 1898 à Meda, au cœur de la Brianza, c’est la lenteur maîtrisée, la main de l’artisan, la recherche de la proportion absolue. Entre les deux, plus d’un siècle d’histoire et un même credo : le geste juste, celui qui transforme la fonction en émotion.

    L’Italie a toujours su faire dialoguer ces deux mondes : la machine et la matière, la route et la maison, le sport et le confort. C’est cette conversation qu’on retrouve dans la Grecale Folgore Giorgetti Edition, présentée à l’Atelier Giorgetti, rue de l’Abbaye à Paris — un lieu choisi avec soin, comme une parenthèse de calme dans le tumulte de Saint-Germain-des-Prés.

    Du vent, du bois et du cuivre

    Chez Maserati, le vent a toujours un nom. Ghibli, Levante, Mistral, et aujourd’hui Grecale, ce souffle qui traverse la Méditerranée.
    Chez Giorgetti, c’est la matière qui respire : le bois, le cuir, le métal.
    Cette édition unique est née de cette rencontre entre le mouvement et la texture, entre la fluidité de l’air et la densité de la matière.

    La carrosserie arbore une teinte exclusive, baptisée Gleaming Dusk. Ni grise ni cuivrée, elle semble changer selon la lumière, comme si le métal lui-même vibrait au rythme du vent. Sous les projecteurs, elle révèle des reflets chauds et froids, un jeu d’ombres qui fait écho aux finitions métalliques des créations Giorgetti. Les jantes, polies et vernies, ajoutent à cette impression de mouvement suspendu. Le résultat est d’une sobriété déroutante : pas de clinquant, pas d’effet spectaculaire. Juste la maîtrise d’un équilibre, cette élégance italienne qui préfère la tension à la démonstration.

    L’intérieur : la voiture comme objet d’art

    À bord, on entre dans un autre rapport au design automobile.
    La Grecale Folgore Giorgetti n’essaie pas de ressembler à un salon roulant — elle traduit plutôt ce que pourrait être un objet de design qui roule. Les cuirs et les bois ne sont pas là pour “faire luxe”, mais pour exprimer une idée du toucher, de la texture, du confort. Chaque surface est pensée comme une sculpture : lisse, tendue, travaillée. Le geste du sellier rejoint celui de l’ébéniste.

    Klaus Busse, responsable du design Maserati, et Giancarlo Bosio, directeur créatif de Giorgetti, ont cherché un langage commun : celui du mouvement même à l’arrêt. Dans le mobilier Giorgetti comme dans les carrosseries Maserati, rien n’est jamais statique. La ligne court, la lumière glisse, la matière vit. C’est une philosophie du design où l’objet ne se contente pas d’être beau : il doit raconter le temps, la main, la passion qui l’ont façonné.

    Fuoriserie, l’art du sur-mesure italien

    La Grecale Folgore Giorgetti Edition incarne aussi la philosophie Fuoriserie, le programme de personnalisation de Maserati. Mais ici, la personnalisation dépasse le simple choix de coloris ou de surpiqûres. C’est une approche culturelle : la voiture comme œuvre unique, façonnée à la manière d’une commande d’art.

    On retrouve dans cette démarche la tradition italienne du sur-mesure, du tailoring. Le même esprit qui anime les ateliers de couture de Milan ou les carrosseries d’antan à Modène. Un art de la transformation subtile, où le luxe ne s’exprime pas dans la rareté mais dans la justesse. C’est ce que Maserati appelle « tailoring on the move » : l’idée que la personnalisation ne s’arrête pas à l’habit, mais s’étend à la route.

    Giorgetti, ou le design comme héritage

    Fondé à la fin du XIXe siècle, Giorgetti a toujours cherché à dépasser les frontières entre artisanat et industrie. À une époque où beaucoup confondent design et décor, la maison revendique une approche presque architecturale du mobilier. Ses créations, toujours “atypiquement uniques”, jouent sur la tension entre classicisme et expérimentation. Depuis l’intégration de la société Battaglia, spécialisée dans les intérieurs de yachts et d’hôtels de luxe, Giorgetti s’est imposé comme l’un des rares acteurs capables de concevoir un univers global du design italien.

    C’est cette cohérence, cette vision d’ensemble, qui a séduit Maserati. Les deux marques partagent la même volonté : créer des objets capables d’émouvoir, que ce soit dans un salon, sur un yacht, ou au volant d’un SUV électrique de 500 chevaux.

    Le design italien, comme un art du mouvement

    Ce qui fait la force de cette collaboration, ce n’est pas sa rareté mais sa nécessité. À une époque où le design automobile tend à se standardiser, Maserati revendique son attachement à la culture italienne du beau, du fait-main, du geste précis. La Grecale Folgore Giorgetti Edition n’est pas une pièce de musée : c’est une démonstration que le design, en Italie, reste un art vivant.

    Là où d’autres parlent d’innovation, Maserati et Giorgetti parlent de tradition évolutive. Une tradition qui ne fige rien, mais qui transmet : la passion, le mouvement, la lumière, la main. C’est ce dialogue, entre la route et la maison, entre le vent et le bois, qui définit mieux que tout autre le vrai esprit du design italien.

    Et au fond, c’est peut-être cela, l’ultime luxe : savoir que, même immobile, une Maserati reste en mouvement.

  • L’Italie du trait : quand la beauté devient affaire d’État

    L’Italie du trait : quand la beauté devient affaire d’État

    Une question s’impose : où en est passée la magie du design transalpin ? Car si l’Italie a longtemps incarné le temple de la créativité carrossière, de Bertone à Pininfarina, de Zagato à Touring, elle semble désormais s’être recentrée sur elle-même. Les plus grands constructeurs, de Ferrari à Lamborghini, de Maserati à Alfa Romeo, ont tous rapatrié le dessin de leurs modèles au sein de studios internes. Une révolution silencieuse, mais profonde. Et qui interroge : les supercars italiennes ont-elles perdu quelque chose en route ?

    De la collaboration à l’intégration

    Lamborghini a célébré cette année les 20 ans de son Centro Stile, installé à Sant’Agata Bolognese. Vingt ans de création sous le signe du taureau, vingt ans d’une esthétique radicale qui a progressivement défini l’identité visuelle de la marque. Avant 2004, pourtant, Lamborghini faisait appel aux plus grands noms du design indépendant — et notamment à l’immense Marcello Gandini, alors chez Bertone. C’est lui qui donna au monde les Miura, Countach et Diablo. Trois voitures, trois manifestes, trois icônes absolues.

    Chez Ferrari, le virage s’est opéré en 2011, avec la création du Centro Stile Ferrari. Une décision stratégique : reprendre le contrôle de l’image, maîtriser l’identité visuelle, harmoniser le langage formel d’une gamme en pleine mutation. Mais il ne faut pas oublier que les plus belles Ferrari de l’histoire — de la P3/4 à la Daytona, en passant par la Dino et la mythique F40 — sont nées sous le crayon de Pininfarina.

    Le partenariat entre Maranello et Cambiano fut l’un des plus féconds de l’histoire automobile, une rencontre rare entre puissance et élégance, entre mécanique et émotion. Aujourd’hui, cette alchimie s’est institutionnalisée.

    Alfa Romeo, Maserati : la tradition réinventée

    Même Alfa Romeo s’est dotée de son propre studio, installé dans l’enceinte historique de Mirafiori, à Turin. Le nouveau Centro Stile Alfa Romeo porte la signature d’Alejandro Mesonero-Romanos, et c’est sous sa direction qu’est née la nouvelle 33 Stradale — hommage évident à la 33 originale dessinée par Franco Scaglione.

    Scaglione, c’était l’archétype du créateur indépendant : libre, audacieux, parfois excentrique. Il avait signé les Alfa Romeo B.A.T., la Giulietta Sprint, ou encore l’ATS 2500 GT. Des formes pures, tendues, sensuelles. Un art du volume que peu maîtrisent encore aujourd’hui.

    Chez Maserati, l’histoire du style est indissociable des carrossiers italiens : Pininfarina, Zagato, Touring, Vignale, Ghia, Bertone… la liste est vertigineuse. La 3500 GT, la Ghibli, la Bora, la Khamsin — toutes issues de collaborations externes. Même la Quattroporte de 2003, qui redonna son prestige à la marque, sortait des planches de Pininfarina.

    Aujourd’hui, Maserati a son propre studio à Modène. Le design est plus maîtrisé, plus rationnel, mais aussi plus homogène. Faut-il y voir une perte d’âme ?

    La fin d’un âge d’or ?

    Il faut reconnaître que la grande époque des carrossiers italiens appartient au passé. Bertone a sombré dans la faillite en 2014, après la disparition de Nuccio Bertone. Pininfarina a été racheté en 2015 par l’indien Mahindra Group. Ghia est passé sous le contrôle de Ford dès 1970. Frua est mort en 1983. Et si certaines de ces maisons subsistent, elles ne jouent plus le rôle d’avant-garde qu’elles occupaient autrefois.

    Autrefois, un constructeur allait voir un carrossier avec un châssis et une ambition. De cette rencontre naissait une sculpture roulante. Aujourd’hui, tout est intégré, rationalisé, verrouillé. Le design est devenu un enjeu de marque autant qu’un acte créatif.

    L’esprit du design italien ne réside peut-être pas uniquement dans le passeport du styliste, mais dans l’environnement qui l’entoure — dans ce subtil mélange de liberté et de contrainte, de culture et d’intuition, de drame et d’équilibre.

    Beauté sous contrôle

    Les studios internes ont permis aux marques italiennes de reprendre la main sur leur image. Ils garantissent une cohérence visuelle, une continuité stylistique. Mais cette maîtrise a un prix : celui de la diversité.

    Là où Gandini, Scaglione ou Giugiaro imposaient leur vision personnelle, les Centri Stile modernes fonctionnent comme des institutions. Le design devient un langage collectif, où chaque trait doit servir la stratégie.

    Résultat : moins d’expérimentations, moins de folies — mais peut-être plus de maturité. Les supercars italiennes d’aujourd’hui sont impeccables, puissantes, homogènes. Elles séduisent, mais surprennent rarement.

    Faut-il le regretter ? Peut-être pas. L’époque a changé. Les normes, l’aérodynamique, les contraintes de sécurité et les logiciels de conception ont réduit la part d’improvisation. Le rêve automobile doit désormais composer avec la rigueur industrielle.

    Et si la vraie créativité italienne consistait justement à trouver de la beauté dans ces contraintes ?