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  • Fast & Furious : La véritable histoire derrière le mythe

    Fast & Furious : La véritable histoire derrière le mythe

    Alors que le neuvième opus de la saga a envoyé des voitures dans l’espace et que la franchise pèse désormais près de 7 milliards de dollars (soit plus que le PIB des Maldives), il est facile d’oublier d’où vient Fast & Furious. Avant les cascades défiant la gravité et les complots internationaux, le premier film de 2001 était ancré dans une réalité bien tangible : l’« Import Scene » des années 90. Retour sur ce phénomène culturel qui a inspiré Hollywood.

    Si les braquages de camions en Honda Civic et les explosions à chaque changement de rapport relèvent de la fiction, l’essence du premier film repose sur une enquête journalistique bien réelle. L’article « Racer X », écrit par Ken Li pour le magazine Vibe en 1998, décrivait un monde souterrain où la jeunesse américaine délaissait les V8 de Detroit pour les 4 cylindres japonais suralimentés.

    Des Hot Rods aux VTEC : La naissance d’un mouvement

    L’histoire de la culture automobile américaine est cyclique. Après les Hot Rods d’après-guerre et l’âge d’or des Muscle Cars, les années 80 et 90 ont vu émerger une nouvelle génération fascinée par la technologie japonaise. Honda Civic, Acura Integra, Mazda RX-7 et Toyota Supra sont devenues les toiles vierges d’une nouvelle forme de performance.

    Ce mouvement, baptisé « The Import Scene », ne se limitait pas à la mécanique. C’était un mode de vie complet, avec ses codes, sa musique et ses figures emblématiques.

    Qui étaient les vrais Dom et Brian ?

    Si Vin Diesel a immortalisé Dominic Toretto, le personnage est un amalgame de plusieurs légendes de l’époque.

    D’un côté, il y a Steph Papadakis. Légende du dragster traction avant, Papadakis ressemblait physiquement à Toretto (crâne rasé, carrure) et son ami, le regretté Shaun Carlson, était le portrait craché de Paul Walker. Papadakis, qui dirige aujourd’hui une écurie en Formula Drift, admet que beaucoup de ses amis se sont reconnus dans le film, bien qu’il nie être l’inspiration directe.

    De l’autre, il y a Rafael Estevez, le sujet principal de l’article de Ken Li. Basé à Washington Heights (New York), Estevez était un pur street racer. Loin des caméras, la réalité financière des courses de rue était stupéfiante. Estevez confie qu’à l’époque, il ne travaillait pas : « Je gagnais quatre ou cinq mille dollars par semaine juste en courant. » Une économie souterraine souvent alimentée, selon lui, par l’argent de la drogue qui circulait dans le quartier et finissait investi dans des voitures préparées.

    Une diversité démographique inédite

    Ce qui a frappé le réalisateur Rob Cohen avant le tournage, c’était le caractère multiculturel de ces rassemblements, un aspect sociologique que le film a tenté de reproduire. Contrairement aux scènes de Hot Rods souvent homogènes, l’Import Scene brisait les barrières raciales, bien que la composition des groupes variât fortement selon la géographie.

    Les acteurs de l’époque, comme Jim Liaw (cofondateur de Formula Drift) et Richard Chang (ancien rédacteur en chef de Super Street), rapportent des données démographiques précises sur la composition de cette scène :

    • La prédominance initiale : Selon Jim Liaw, au tout début du mouvement, une grande partie, « peut-être la moitié », des participants étaient d’origine asiatique-américaine, avant que le phénomène ne s’élargisse rapidement.
    • La ségrégation géographique des styles : Richard Chang note que la démographie dépendait entièrement de la localisation des garages spécialisés (les « shops ») :
      • À Flushing (New York), on trouvait des équipes (« crews ») composées à 100 % d’Asio-Américains.
      • À Allentown (Pennsylvanie), la population des passionnés était à 100 % Blanche.
      • En Floride et à New York, une forte communauté Portoricaine dominait, privilégiant notamment les moteurs rotatifs Mazda.
    • L’intégration globale : Rob Cohen, le réalisateur, a souligné que lors de sa première visite d’une course illégale sur San Fernando Road, il a vu « des Asiatiques, des Blancs, des Noirs, des Hispaniques » réunis par la même passion.

    La fin d’une époque

    Aujourd’hui, la franchise Fast & Furious est devenue un blockbuster d’action générique. Mais pour ceux qui ont vécu les années 90, le premier film reste un témoignage (certes exagéré) d’une époque révolue. Celle où l’on pouvait voir des Civic de 600 chevaux affronter des Supra sur le West Side Highway, et où la seule chose qui comptait n’était pas de sauver le monde, mais de franchir la ligne d’arrivée en moins de 10 secondes.

  • Dans les coulisses de Scalextric : Quand le 1:32e se pilote comme une vraie

    Dans les coulisses de Scalextric : Quand le 1:32e se pilote comme une vraie

    On a tous eu, un jour ou l’autre, une manette à la main, l’odeur de l’électrique qui chauffe et cette voiture qui sort de la piste au premier virage. Mais qui décide quels bolides finissent dans nos salons ? Le patron de Scalextric nous ouvre les portes de son garage miniature (et réel). Entre nostalgie, scanning 3D et rêves de Groupe 6.

    Pour beaucoup, Scalextric est un jouet. Pour le patron de la marque, Simon Owen, c’est une affaire de précision, d’héritage et surtout, de puriste. Arrivé chez Hornby Hobbies il y a seize ans, d’abord comme chercheur pour les maquettes d’avions Airfix, l’homme à la tête de la division Slot Car a vite retrouvé ses premières amours. « Ma vraie passion a toujours été l’automobile », confie-t-il. Son premier souvenir ? Un coffret « Alpine Rally » reçu pour ses quatre ans. La boucle est bouclée.

    De la CAD à la piste : 18 mois de gestation

    Comment passe-t-on d’une voiture réelle à son homologue au 1:32 ? Le processus est un marathon de 12 à 18 mois. Tout commence par une étude de marché implacable : la voiture existe-t-elle déjà ? Y a-t-il une demande ? Le prix sera-t-il acceptable ?

    Une fois le feu vert donné, la technologie prend le relais. Pour les modernes, les constructeurs fournissent les fichiers CAD officiels. Pour les anciennes, l’équipe sort le scanner 3D sur un modèle survivant. « Le plus grand défi pour les classiques, c’est de tout faire rentrer dans un espace si petit », explique le patron. Il cite l’exemple récent de la BRM P57 : « La vraie voiture est minuscule. Y faire entrer un moteur, le guide, l’aimant et le pilote était un véritable casse-tête. »

    Volvo 850 Break et dynamique de conduite

    Cette année, la star est inattendue mais culte : le break Volvo 850 BTCC de Rickard Rydell. Une suédoise, certes, mais qui a marqué au fer rouge le folklore du sport automobile britannique.

    Mais là où Scalextric surprend, c’est dans le souci du détail dynamique. Le patron l’assure, ses modèles réduits imitent le comportement des vraies : « Prenez nos Ford Sierra RS500 et nos BMW M3. La Sierra est plus rapide en ligne droite, mais le châssis de la M3 lui donne l’avantage dans les courbes. » On est loin du simple jouet ; on parle ici de réglage châssis… à l’échelle d’une main.

    Il avoue aussi un faible pour la récente gamme Fast & Furious (Supra, Charger, RX-7), des voitures qui ont bercé sa propre jeunesse.

    Le rêve interdit : La Chevron B26

    Même le patron de Scalextric a des rêves qu’il ne peut pas (encore) réaliser. Son fantasme absolu ? Une Chevron B26 en livrée « Chocolate Drop », ou des prototypes Groupe 6 comme les Lola ou Osella. « Le problème, c’est que c’est très niche. Une entreprise de jouets grand public a besoin de produits qui se vendent largement », admet-il avec pragmatisme.

    Avant d’ajouter, avec malice : « Peut-être qu’au moment de prendre ma retraite, je glisserai le dossier en douce. Le temps que quelqu’un réalise qu’on n’est que 20 à la vouloir, je serai déjà parti ! »

    La passion du réel

    L’homme ne vit pas que par procuration. Il rêve d’une Ferrari 250 GTO ou d’une Rob Walker 250 SWB pour limer le bitume de Goodwood. En attendant, il se contente de vouloir sortir plus souvent sa Mazda MX-5 sur circuit.

    Scalextric n’oublie pas non plus le terrain, sponsorisant le Classic Touring Car Racing Club au Royaume-Uni, où chaque série arbore le logo Scalextric correspondant à son époque (vintage pour les 60s, moderne pour les actuelles). Une preuve de plus que chez Scalextric, la frontière entre le jouet et la course est aussi fine qu’un guide de slot car.