Étiquette : Ferrari 166 Inter

  • La plus ancienne Ferrari de route au monde roule en Nouvelle-Zélande

    La plus ancienne Ferrari de route au monde roule en Nouvelle-Zélande

    Il existe des histoires d’amour automobile qui dépassent l’imagination. Les deux toutes premières Ferrari de route construites par Enzo Ferrari ayant été perdues à jamais avec le temps, le titre de la plus ancienne Ferrari de route au monde encore existante revient à la troisième produite : une somptueuse Ferrari 166 Inter de 1948.

    Mais le plus extraordinaire ne réside pas seulement dans sa survie. C’est le quotidien que lui offrent ses propriétaires, Amanda et Philip : au lieu de la sanctuariser sous une bâche à température contrôlée, ce couple de néo-zélandais roule régulièrement à son volant.

    D’une bougie en Alaska aux routes du Pacifique

    La découverte de ce joyau de l’histoire automobile tient du roman d’aventure. Amanda et Philip ont déniché la belle italienne en feuilletant les petites annonces du magazine Hemmings Motor News, à la lumière d’une lampe à gaz, alors qu’ils vivaient dans une cabane reculée en Alaska !

    Des décennies plus tard, après une restauration complète menée dans les règles de l’art, le coupé à conduite à droite dévore aujourd’hui les routes côtières et les virages verdoyants de la Nouvelle-Zélande. Un voyage récemment immortalisé dans un documentaire publié sur la chaîne YouTube officielle de Ferrari.

    90 chevaux, 12 cylindres et la griffe des maîtres italiens

    En 1948, croiser cette machine sur route ouverte devait relever de l’expérience mystique. Sous le capot avant chante le petit V12 de 2,0 litres conçu par Gioacchino Colombo. S’il ne développait à l’époque « que » 90 chevaux, la comparaison avec la concurrence remet les choses en perspective : au même moment, la toute nouvelle Porsche 356 devait se contenter d’un modeste quatre-cylindres à plat de 35 chevaux. La 166 Inter était capable d’atteindre les 160 km/h (100 mph) dans un vrombissement mécanique inégalé.

    Sur les 37 exemplaires de 166 Inter produits par Maranello, la majorité arborait une carrosserie signée Carrozzeria Touring. Cet exemplaire d’exception arbore quant à lui une robe façonnée par Stabilimenti Farina — la célèbre maison turinoise qui a vu débuter les plus grands noms du design italien : Battista « Pinin » Farina, Pietro Frua, Felice Mario Boano, Giovanni Michelotti et Alfredo Vignale.

    Utiliser l’histoire plutôt que la conserver sous verre

    À l’origine peinte dans une teinte sombre, la voiture a été restaurée par le couple dans une nuance bleu-gris métallisé très clair, couleur de prédilection de Pinin Farina. Un choix personnel assumé pour une voiture de passionnés.

    Pour Amanda, la philosophie est limpide :

    « Elle doit être appréciée comme l’artefact historique qu’elle est, mais elle doit aussi être utilisée. C’est une grande partie de ce que les voitures représentent pour moi. J’aime les écouter, j’aime les entendre rouler. »

    Une vision de l’automobile ancienne rafraîchissante et inspirante. Qu’y a-t-il de plus beau, après tout, que de voir un monument du patrimoine mondial faire chanter son V12 sur l’asphalte plutôt que de prendre la poussière dans un musée ?