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  • Disparition : On doit à cet homme la « petite flèche » qui vous sauve la vie à la pompe à essence

    Disparition : On doit à cet homme la « petite flèche » qui vous sauve la vie à la pompe à essence

    C’est un détail minuscule, perdu au milieu des écrans numériques et des voyants d’alerte. Un petit triangle, grand comme une tête d’épingle, situé à côté de la jauge à essence. Pourtant, cette petite flèche a épargné à des millions de conducteurs la honte de se garer du mauvais côté de la pompe. Son inventeur, James Moylan, vient de nous quitter à l’âge de 80 ans. Retour sur une idée de génie née… sous la pluie.

    Nous l’avons tous vécu. Vous louez une voiture en vacances, ou vous empruntez celle d’un ami. Arrivé à la station-service, le doute vous assaille : « La trappe, elle est à gauche ou à droite ? » Une chance sur deux. Et souvent, c’est raté. Il faut remonter, refaire le tour, sous le regard agacé des autres clients. Si aujourd’hui, un simple coup d’œil au tableau de bord suffit pour avoir la réponse, c’est grâce à James Moylan, un ancien employé de Ford, décédé le 11 décembre dernier.

    Une idée née d’une douche froide

    L’histoire de cette invention est la preuve que les meilleures idées naissent souvent d’une frustration du quotidien. Nous sommes en avril 1986, à Dearborn (Michigan), au siège de Ford. Il pleut des cordes. James Moylan, qui travaille alors dans l’ingénierie plastique, doit se rendre à une réunion dans un autre bâtiment. Il emprunte une voiture de la flotte de l’entreprise.

    La jauge est basse, il doit faire le plein. Ne connaissant pas ce modèle spécifique, il se gare au hasard… du mauvais côté. Obligé de manœuvrer sous le déluge pour changer de pompe, il finit trempé jusqu’aux os. Furieux mais inspiré, il se dit qu’il doit y avoir un moyen simple d’éviter cela.

    Le mémo qui a tout changé

    De retour à son bureau (probablement en train de sécher), Moylan ne perd pas de temps. Il rédige une « proposition d’amélioration produit ». Son argumentaire est imparable de simplicité : « Même si tous les modèles Ford finissent par avoir la trappe du même côté, pour l’investissement mineur que cela représente, je pense que ce serait une commodité appréciable, notamment pour les familles possédant deux voitures, les flottes d’entreprise et surtout les clients de location. »

    Il envoie le mémo, accompagné d’un croquis, à sa direction… et l’oublie. Ce n’est que sept mois plus tard qu’il reçoit une réponse : l’idée est validée. La petite flèche fera sa première apparition sur la Ford Escort et la Mercury Tracer de 1989.

    Un standard universel

    Avant l’idée de Moylan, c’était le chaos. Sur les vieilles américaines, la trappe était parfois cachée derrière la plaque d’immatriculation arrière (pratique !), mais avec la généralisation des trappes latérales, les conducteurs devaient deviner ou mémoriser l’emplacement.

    L’invention de Moylan a mis du temps à se généraliser dans les années 90, mais elle est aujourd’hui présente sur quasiment 100 % de la production mondiale. L’héritage de James Moylan survit même à la fin du moteur thermique : sur certaines voitures électriques ou hybrides modernes, la petite flèche est toujours là pour vous indiquer de quel côté brancher la prise de recharge.

    James Moylan a pris sa retraite de Ford en 2003. Il n’a probablement pas touché de royalties sur chaque flèche dessinée, mais il a gagné la gratitude éternelle de quiconque a un jour conduit une voiture de location.

  • Continuation : la Ford Escort Alan Mann 68 Edition en course à Silverstone

    Continuation : la Ford Escort Alan Mann 68 Edition en course à Silverstone

    Quatre mois seulement après sa présentation officielle, la Ford Escort Alan Mann 68 Edition a signé ses premiers tours de roue en compétition à l’occasion du Silverstone Festival 2025. Construite par Boreham Motorworks en collaboration avec Alan Mann Racing, cette réinterprétation fidèle de la mythique Escort Mk1 de 1968 a pris part au Historic Touring Car Challenge, dans une ambiance où l’histoire du tourisme de compétition reprenait vie.

    Une réplique plus vraie que nature

    Contrairement aux tendances actuelles du restomod, la Alan Mann 68 Edition n’est pas une réinterprétation modernisée. Elle se veut une recréation exacte de la Mk1 Escort engagée à la fin des années 1960 par Alan Mann Racing, dans ses célèbres livrées rouge et or. Châssis, mécanique, finition et comportement dynamique sont respectés à la lettre pour offrir un ressenti analogue, brut et authentique.

    Produite à seulement 24 exemplaires, la voiture incarne une démarche singulière : celle de donner naissance, aujourd’hui, à une machine de compétition conforme à l’esprit et aux standards de l’époque.

    Une première sortie prometteuse

    Engagée dans l’Adrian Flux Trophy for MRL Historic Touring Car Challenge, la nouvelle Escort n’a pas démérité pour sa première apparition face à un plateau riche de 42 voitures historiques. Aux mains de Henry Mann – fils d’Alan Mann – et du légendaire pilote britannique Steve Soper, elle a franchi la ligne d’arrivée en 25ᵉ position, après avoir disputé la course complète sans problème mécanique.

    Un résultat symbolique, certes modeste sur le plan sportif, mais essentiel pour valider la fiabilité et les réglages d’une auto encore en phase de développement. « La conduire en conditions de course fut un moment très spécial », a commenté Henry Mann. « Nous avons progressé à chaque séance, trouvé un meilleur équilibre dans les virages rapides, et je dois dire que le comportement est fidèle aux voitures d’époque. Partager ce moment avec Steve Soper était inoubliable. »

    Un laboratoire pour les futurs propriétaires

    Au-delà du simple résultat, cette première sortie représentait un banc d’essai grandeur nature. Les enseignements tirés de Silverstone – en particulier sur l’équilibre et les réglages châssis – serviront directement à peaufiner les exemplaires clients. Boreham Motorworks insiste sur cette philosophie : livrer des voitures prêtes à courir, déjà éprouvées en compétition, pour que les acheteurs puissent en profiter pleinement dès leur première participation.

    Les continuation cars, un phénomène en plein essor

    L’histoire de la Ford Escort Alan Mann 68 Edition s’inscrit dans un mouvement plus large qui gagne en importance depuis une dizaine d’années : celui des continuation cars. Jaguar a ouvert la voie avec ses Type D et Lightweight E-Type, Aston Martin a suivi avec la DB4 GT et la mythique DB5 “Goldfinger”, tandis que Shelby American perpétue la tradition des Cobra.

    Ces projets, réalisés en petite série et souvent sous licence officielle des constructeurs, ne cherchent pas à moderniser mais à reproduire fidèlement des machines emblématiques. Leur place dans les compétitions historiques est parfois débattue, mais leur arrivée répond à une double réalité : l’impossibilité pour la plupart des collectionneurs de courir avec les exemplaires originaux, et la volonté des organisateurs d’élargir les grilles avec des voitures au pedigree crédible.

    La Ford Escort Alan Mann 68 Edition s’ajoute ainsi à cette nouvelle catégorie d’automobiles qui ne sont ni des répliques approximatives ni de simples objets de collection, mais des machines authentiques fabriquées aujourd’hui comme hier. Leur succès grandissant montre que l’histoire du sport automobile peut se conjuguer au présent, sans jamais trahir son esprit.