Étiquette : Giulia Quadrifoglio

  • Alfa Romeo Driving Academy : Trajectoires au cordeau et esprit « paddock » à Varano

    Alfa Romeo Driving Academy : Trajectoires au cordeau et esprit « paddock » à Varano

    Et si le secret pour devenir un meilleur pilote ne résidait pas seulement dans les chevaux sous le capot, mais dans l’émulation d’un stand ? Nous avons posé nos valises sur l’Autodromo de Varano, au cœur de la Motor Valley italienne, pour tester la toute nouvelle Alfa Romeo Driving Academy. Une immersion totale où la haute télémétrie flirte avec le chambrage entre passionnés.

    L’esprit paddock : Petits groupes et grands débriefs

    Oubliez les grandes sessions d’usine impersonnelles où l’on attend son tour pendant des heures. Ici, la philosophie repose sur le travail en comités réduits. Les participants sont répartis en petits groupes de quelques pilotes, ce qui change radicalement l’expérience.

    Entre deux sessions en piste, l’ambiance sous les stands ressemble à celle d’une écurie de course. On compare ses trajectoires, on échange ses impressions sur le comportement des voitures, et l’on s’observe attentivement. C’est le terrain idéal pour un généreux festival de chambrage : rater un point de corde ou freiner dix mètres trop tôt sous l’œil de ses camarades de jeu devient immédiatement le sujet de conversation privilégié autour de l’expresso. Cette complicité immédiate crée une saine émulation qui pousse chacun à s’appliquer au tour suivant.

    La cavalerie du Biscione au scanner

    Sur le tracé sinueux et technique de 2 350 mètres de Varano, l’Academy met à disposition un garage éclectique pour décortiquer chaque type de comportement dynamique. Un héritage rigoureux géré par Gordon de Adamich, dont le père Andrea (légende d’Autodelta disparue fin 2025) avait initié l’école dès 1991.

    ModèleMotorisationPuissancePhilosophie sur la piste
    Junior Veloce100 % Électrique280 chAgilité surprenante, couple instantané. On pilote à l’oreille en écoutant le sifflement des pneus.
    Giulia Diesel2.2 Turbo Diesel210 chL’école de la fluidité. La plateforme Giorgio brille par son équilibre parfait en entrée d’épingle.
    Giulia & Stelvio Quadrifoglio2.9 V6 Biturbo520 chLes monstres sacrés. Une poussée herculéenne qui exige de canaliser la puissance au millimètre.

    La télémétrie comme carburant à vannes

    Pour pimenter la journée, l’Academy utilise la froide rigueur des puces électroniques pour animer les débats du groupe. Les moniteurs installent un gymkhana chronométré entre des cônes, suivi d’une analyse chirurgicale de nos graphiques de conduite en piste.

    L’ordinateur calcule en temps réel un Driving Quality Coefficient basé sur la progressivité du freinage dégressif et la vitesse de réaccélération. C’est le moment de vérité où les masques tombent. Celui qui pensait avoir réalisé le tour du siècle se fait gentiment bousculer par le reste du groupe en découvrant une courbe de freinage trop brutale sur l’écran. On ne cherche pas ici le plus téméraire, mais le plus fluide.

    « Regarde ta télémétrie : tu te bats avec le volant au lieu de laisser glisser la voiture. Respire, élargis ton regard et fais confiance au train avant. »

    Cette phrase, soufflée avec un calme olympien dans l’intercom par Luca Filippi (vice-champion du monde de GP2 2011 et ancien pilote d’IndyCar), résume la valeur de cette académie. Avoir un pilote de ce calibre dans le baquet de droite, capable de corriger un défaut de regard d’un simple mot, vaut toutes les fiches techniques du monde.

    Une expérience d’ingénierie humaine

    On repart de Varano les bras un peu fatigués, l’esprit aiguisé, mais surtout avec la sensation d’avoir partagé un grand moment de culture automobile. L’Alfa Romeo Driving Academy réussit son pari : utiliser la rigueur professionnelle et la technologie de pointe pour faire progresser les conducteurs, sans jamais oublier que le moteur principal de notre passion reste le partage et la convivialité.

    Et vous, dans votre groupe de potes conducteurs, quel est celui qui se ferait le plus chambrer par la télémétrie après une session sur piste ?

  • Du Quadrifoglio à la Gazzella : l’histoire secrète d’amour entre Alfa Romeo et les Carabinieri

    Du Quadrifoglio à la Gazzella : l’histoire secrète d’amour entre Alfa Romeo et les Carabinieri

    La livrée bleu nuit et rouge des Carabinieri est l’une des plus respectées d’Italie. Mais au-delà de l’uniforme, une autre couleur incarne le culte de l’intervention rapide : le Quadrifoglio Verde. La livraison récente d’une Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio (et, pour la première fois, d’une Maserati) pour le transport urgent d’organes, n’est pas un simple partenariat commercial. C’est le prolongement d’une tradition qui a débuté il y a plus de 70 ans, façonnant le mythe de la « Gazzella ».

    La naissance de la « Gazzella »

    L’histoire commence après la Seconde Guerre mondiale, lorsque le corps des Carabinieri, cherchant à se moderniser et à s’équiper de véhicules rapides pour les interventions d’urgence, s’est tourné vers le fleuron de l’industrie nationale. La première collaboration officielle avec Alfa Romeo a lieu en 1951 avec la 1900 M « Matta », un 4×4 robuste.

    Cependant, la véritable légende, le terme qui est entré dans le jargon populaire pour désigner les véhicules d’intervention rapide, est apparue un an plus tard. En 1952, la berline Alfa Romeo 1900 devint la toute première « Gazzella » (Gazelle). Ce surnom, emprunté à la rapidité de l’animal, était parfaitement justifié par la performance de l’Alfa Romeo, bien supérieure à la moyenne du parc automobile de l’époque.

    L’âge d’or : le mythe de la Giulia

    Le point culminant de cette alliance a été atteint dans les années 1960 avec la Giulia. De 1963 à 1968, la berline Alfa Romeo fut le véhicule d’intervention par excellence.

    La Giulia n’était pas seulement rapide ; elle était compacte, maniable et possédait une motorisation de course, permettant aux Carabinieri de mener des poursuites efficaces même dans les ruelles étroites des villes italiennes. Elle est devenue l’icône de la police italienne, le symbole visuel de la loi en action, capable d’allier performance sportive et devoir civique. Sa postérité est immense : la Giulia est sans doute l’Alfa Romeo la plus associée à l’image du Carabinieri en uniforme.

    Une tradition ininterrompue

    Depuis la Giulia, le partenariat entre le constructeur de Milan et le Corps militaire s’est poursuivi sans jamais s’interrompre, témoignant de l’excellence et de la fiabilité des modèles Alfa Romeo sous la contrainte opérationnelle :

    • Alfetta : Le modèle des années 1970 et 1980 a perpétué la tradition de la berline rapide.
    • Les 90, 75 et 155 : Elles ont porté le relais dans les années 1980 et 1990.
    • Les 156 et 159 : Elles ont équipé le corps au début du XXIe siècle, conservant une esthétique sportive même sous livrée institutionnelle.

    À chaque génération, l’Alfa Romeo des Carabinieri est devenue bien plus qu’une simple voiture de fonction : c’est un outil de fierté nationale et d’efficacité opérationnelle.

    La Quadrifoglio 2025 : l’héritage au service de la vie

    La livraison de cette semaine ancre ce culte dans la modernité. La nouvelle Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio, sortie de l’usine de Cassino, est l’héritière directe de la « Gazzella » des années 60, mais avec une puissance et une technologie sans précédent.

    Avec son moteur V6 biturbo de 520 chevaux, son différentiel autobloquant mécanique et sa propulsion, cette Giulia n’est pas destinée à patrouiller, mais à accomplir la mission la plus noble : le transport urgent d’organes et de sang. La vitesse et la fiabilité de la Quadrifoglio, initialement conçues pour la performance sur piste, sont ici directement mises au service de la communauté.

    Comme l’a souligné le Général C.A. Salvatore Luongo, Commandant Général des Carabinieri, cette collaboration représente un « alignement des objectifs au service de la communauté », où la fiabilité des véhicules devient « un outil vital pour sauver des vies ». L’alliance entre la performance automobile italienne et l’efficacité institutionnelle n’a jamais été aussi essentielle.

    Et pour la première fois, la Maserati MCPURA (un coupé V6 Nettuno de 630 chevaux) rejoint la flotte des urgences. Si l’entrée d’un Trident est historique, c’est bien la présence continue du Quadrifoglio qui confirme : plus de sept décennies après la première « Gazzella », le cœur d’Alfa Romeo continue de battre au rythme des missions les plus urgentes de l’Italie.