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  • EXCLUSIF : Le gouvernement va lancer « Flash+ », l’abonnement radar illimité à 20 €/mois

    EXCLUSIF : Le gouvernement va lancer « Flash+ », l’abonnement radar illimité à 20 €/mois

    C’est une information confidentielle qui a fuité des couloirs de Bercy ce matin. À la recherche de nouvelles recettes pour combler le déficit public sans augmenter les impôts directs, le gouvernement s’apprête à lancer une première mondiale : un service de « streaming de contrôle routier ». L’idée ? Vendre aux automobilistes les photos prises par les radars automatiques, même lorsqu’ils respectent la limitation de vitesse.

    Fini l’époque où recevoir un courrier de l’ANTAI (Agence nationale de traitement automatisé des infractions) provoquait des sueurs froides. D’ici l’été 2025, le flash pourrait devenir un service « Premium » et, contre toute attente, un plaisir coupable.

    Le concept : « Monétiser le narcissisme automobile »

    Le projet, baptisé en interne « Narcisse 2025 », part d’un constat simple : les radars automatiques prennent des millions de clichés chaque année, mais seuls ceux dépassant la vitesse autorisée sont exploités. « C’est un gâchis de data phénoménal », explique une source proche du dossier au Ministère de l’Économie. « Nous disposons du plus grand réseau de photomatons de France, mais nous ne vendons les photos qu’aux ‘mauvais’ élèves. Pourquoi ne pas les vendre aux bons ? »

    Le principe est révolutionnaire : via une nouvelle application nommée Flash+, l’automobiliste souscrit un abonnement mensuel de 19,99 €.

    En échange, grâce à la lecture automatisée des plaques, il reçoit instantanément sur son smartphone toutes les photos de ses passages devant les radars, en Haute Définition, même s’il roule à 110 km/h sur l’autoroute ou à 50 en ville.

    Des filtres Instagram et un mode « Souvenir de vacances »

    Pour rendre l’offre attractive, l’État mise sur la « gamification ». L’application permettra d’appliquer des filtres sur vos clichés de radars tourelles :

    • Filtre « Vintage » : Pour un look « Gendarmerie des années 70 ».
    • Filtre « Dynamique » : Ajoute un flou artistique pour donner l’impression de vitesse, même si vous étiez à 78 km/h sur le périph’.
    • Option « Famille » : L’IA zoomera automatiquement sur le passager avant pour voir s’il sourit (ou s’il dort).

    « Les Français aiment leur voiture. Ils aiment se prendre en photo. Nous leur offrons des souvenirs de qualité professionnelle, calibrés par des machines de haute technologie, sous des angles inédits (souvent en plongée ou par l’arrière) », précise le dossier de presse qui a atterri sur notre bureau.

    L’objectif : 240 millions d’euros par an

    Le calcul de Bercy est implacable. Avec un parc automobile de 38 millions de véhicules, le gouvernement table sur une adoption rapide par les passionnés d’automobile, les VTC souhaitant prouver leurs trajets, et les influenceurs auto.

    Si seulement 1 million d’automobilistes (soit moins de 3 % du parc) souscrivent à l’offre à 20 €/mois, cela représente une manne financière de 240 millions d’euros par an. Une somme colossale qui rentrerait dans les caisses de l’État sans mettre une seule amende supplémentaire.

    Une option « Gold » à l’étude ?

    Selon nos informations, une formule « Flash+ Gold » à 49,99 €/mois serait déjà dans les cartons pour 2027. Elle inclurait l’envoi postal d’un tirage papier glacé encadré « Le Radar du Mois » et, rumeur folle (mais non confirmée), une « tolérance VIP » de 3 km/h supplémentaires offerte aux abonnés fidèles.

    Interrogée ce matin, la Sécurité Routière n’a pas souhaité confirmer la date de sortie, se contentant de rappeler que « la route se partage, mais les photos, ça se vend ».

    Rendez-vous sur les routes (et sur l’App Store) très bientôt. D’ici là, souriez, vous êtes filmés (gratuitement… pour l’instant).

  • Elon Musk à Washington : un crash-test grandeur nature de la gouvernance par l’ingénierie

    Elon Musk à Washington : un crash-test grandeur nature de la gouvernance par l’ingénierie

    La rumeur prétendait qu’il allait « hacker » l’administration fédérale comme il a bouleversé l’automobile et l’aérospatial. Elon Musk, promu « employé gouvernemental spécial » pour une mission de 130 jours à la tête d’un improbable « Department of Government Efficiency » (DOGE, comme la crypto qu’il chérit tant), a livré un spectacle à mi-chemin entre la farce technocratique et le drame bureaucratique.

    Dans le rôle de la promesse de rationalisation, Musk s’est engagé à sabrer 2 000 milliards de dollars de dépenses publiques. À l’arrivée, selon les chiffres même de son équipe (discutables, comme souvent), le gain serait de 175 milliards… mais les coupes brutales auraient coûté, net, 135 milliards en pertes économiques et sociales, d’après plusieurs analyses indépendantes.

    Parmi les victimes prioritaires de cette croisade : USAID, l’agence d’aide internationale, quasiment démantelée. 80 % de ses programmes supprimés, des conséquences directes sur les pays qui survivent grâce aux subventions des pays occidentaux, Etats-Unis en tête. Le tout pour satisfaire une vision froide de la performance étatique, où chaque dollar doit être justifié comme sur un tableur Excel. Une approche qui, transposée à Tesla, aurait sans doute condamné la Model S dès son lancement.

    L’homme qui voulait coder la politique

    Musk à Washington, c’est une sorte de crossover entre House of Cards et Silicon Valley. Sauf que cette fois, le héros autoproclamé s’est brûlé les ailes. Il faut dire que l’homme arrive avec une aura de démiurge industriel : Tesla, SpaceX, Neuralink… et cette capacité rare à tordre le réel par la volonté. Mais ce pouvoir se heurte ici à une matière plus rétive : la démocratie représentative, les contre-pouvoirs, les contraintes sociales.

    Les décisions furent expéditives, souvent chaotiques. Licenciements de fonctionnaires en masse, arrêt brutal de programmes sans évaluation d’impact, management sous MDMA – littéralement, selon des accusations non confirmées mais abondamment relayées. L’homme le plus riche du monde, entouré d’un cercle de fidèles souvent plus proches du culte que du cabinet ministériel, a confondu la Maison-Blanche avec un plateau de lancement SpaceX.

    Un échec programmé

    Pourquoi a-t-il échoué ? Pas faute d’ambition, mais plutôt à cause de son absence de modestie politique. Matt Bai, dans le Washington Post, résume crûment : « Il a échoué parce que ses idées étaient si désespérément petites. » La révolution qu’on attendait s’est résumée à une purge sans vision, à des slogans libertariens usés jusqu’à la corde. Les programmes de « marionnettes transgenres au Guatemala », moqués dans les médias conservateurs, sont devenus des cibles faciles – mais symboliques – d’un Musk en quête de totems à brûler.

    Sa plus grande réussite ? Avoir humilié le fonctionnement gouvernemental autant que lui-même. À coups de tweets absurdes, de provocations esthétiques (saluts douteux, tenues enfantines, chaînes en or), et d’une gestion RH qu’on croirait tirée d’un roman de Michel Houellebecq.

    Une leçon pour l’automobile

    Que retenir de ce détour politique pour le monde de l’automobile ? Peut-être ceci : la disruption n’est pas un système de gouvernement. Ce qui fonctionne pour forcer un secteur à évoluer – batteries, propulsion électrique, conquête spatiale – ne fonctionne pas nécessairement pour gérer la complexité humaine. Le Musk qui a fait rêver les amateurs de technologies en abaissant le coût des lancements orbitaux et en industrialisant l’électrique se révèle incapable de structurer une action publique cohérente.

    Le parallèle avec les difficultés actuelles de Tesla est tentant. Alors que ses ventes fléchissent, que la concurrence chinoise grignote ses parts de marché, que les promesses de conduite autonome s’éternisent, Musk semble de plus en plus tenté par la fuite en avant idéologique plutôt que la consolidation industrielle. Il lui sera sans doute plus difficile de convaincre les investisseurs, désormais que sa réputation de visionnaire s’est noyée dans les eaux troubles de la politique.

    Un retour à la réalité

    À l’heure du départ, Musk quitte Washington avec un goût amer. Dace Potas, dans USA Today, note qu’il a fait « un effort sincère » pour réduire la taille de l’État… mais qu’il a été utilisé comme paravent par des Républicains trop heureux de le laisser s’empoisonner avec un projet impossible. Le projet de loi budgétaire final, qu’il a lui-même appelé une « abomination répugnante », contient un déficit supplémentaire de 3 600 milliards de dollars.

    Peut-être qu’un jour, ses fusées atteindront Mars. Mais à Washington, Elon Musk a surtout prouvé qu’on ne gouverne pas un pays comme on assemble une Model Y.

    Et si Musk avait raison ?

    Sans chercher à s’enfermer dans une posture systématiquement anti-Musk, ne perçoit-on pas ici un symptôme révélateur de la politique occidentale contemporaine ? Aux États-Unis comme en Europe, les gouvernements semblent paralysés par un immobilisme entretenu à la fois par une classe politique installée et par les fameux « partenaires sociaux », souvent arc-boutés sur la défense d’un statu quo dans lequel ils trouvent leur équilibre, sinon leur intérêt.

    En tentant, à sa manière, de réécrire les règles de la politique américaine, Musk s’est heurté à un mur. Syndicats, gardiens de l’orthodoxie institutionnelle, forces médiatiques et mouvances idéologiques diverses – de ce qu’il qualifie lui-même de « bien-pensance » à une gauche américaine qu’il considère plus dogmatique que réformiste – ont rapidement transformé son projet en champ de bataille. Pris dans les contradictions de son propre discours et confronté à des résistances bien enracinées, il a été politiquement broyé.

    En France, la start-up nation a été sacrifiée de la même manière. L’immobilisme reste et restera roi.