Étiquette : handisport

  • Alex Zanardi (1966-2026) : L’éternelle leçon de courage d’un « héritier de Senna »

    Alex Zanardi (1966-2026) : L’éternelle leçon de courage d’un « héritier de Senna »

    Le monde du sport automobile et paralympique est en deuil. Alex Zanardi s’est éteint à l’âge de 59 ans, laissant derrière lui le souvenir d’un homme qui a transformé chaque coup du destin en une nouvelle raison de se battre. De la Formule 1 aux sommets des Jeux Paralympiques, retour sur la trajectoire hors norme d’un pilote devenu un symbole universel de résilience.

    Miami pleure son champion

    Le Grand Prix de Miami 2026 a été marqué par une émotion profonde. Avant le départ de la Sprint Race, une minute de silence a été observée par l’ensemble du paddock en mémoire du pilote bolognais. Sur la grille, les hommages se sont multipliés : Lewis Hamilton a salué une « inspiration pour tous », tandis que Toto Wolff a rappelé qu’en piste, Zanardi incarnait le courage pur.

    Kimi Antonelli, la jeune étoile montante, lui a dédié sa pole position, soulignant que l’exemple de Zanardi resterait gravé dans le cœur de tous les hommes et femmes de sport. Ferrari a également affiché son soutien avec un autocollant « Ciao Alex » sur ses monoplaces.

    « I colpi del destino » : Une vie de renaissances

    La vie d’Alex Zanardi a basculé une première fois le 15 septembre 2001 sur le Lausitzring, en Allemagne. Après avoir perdu le contrôle de la sienne, sa monoplace de l’écurie Reynard-Honda a été percutée de plein fouet par celle d’Alex Tagliani. Zanardi survit miraculeusement malgré la perte de ses deux jambes et une hémorragie massive.

    Loin de s’avouer vaincu, il entame une « seconde vie » qui le mènera aux sommets du handisport. Équipé de prothèses qu’il aide lui-même à concevoir avec l’ingénieur Dallara, il se lance dans le cyclisme à main (handbike). Son palmarès devient légendaire :

    • 6 médailles d’or paralympiques (Londres 2012 et Rio 2016).
    • 12 titres mondiaux sur route.
    • Une participation mémorable à l’Ironman d’Hawaii, bouclé en moins de 10 heures.

    L’ultime combat

    En juin 2020, un nouveau drame frappe le pilote lors d’un relais de handbike en Toscane, où il entre en collision avec un camion. Après des années de rééducation intensive et plusieurs opérations neurologiques, il avait pu regagner son domicile auprès de sa femme Daniela et de son fils Niccolò en 2021. Il s’est finalement éteint en mai 2026, des suites d’un malaise.

    Un héritage au-delà du sport

    Pour le pape François, Zanardi était un « exemple de la façon de réussir à repartir après un arrêt imprévu ». Giusy Versace, athlète paralympique et sénatrice, rappelle que c’est en voyant Zanardi à la télévision qu’elle a trouvé la force de commencer à courir après son propre accident.

    Alex Zanardi ne voulait pas être un héros, mais simplement un homme passionné. Comme il le disait lui-même après son accident de 2001 : « Quand je me suis réveillé, j’ai regardé la moitié de moi qui restait, pas celle qui était perdue ».

    Ses funérailles seront célébrées le mardi 11 mai 2026 à la Basilique de Santa Giustina, à Padoue.

  • Alex Zanardi, BMW Z4 GT3 : plus fort, encore

    Alex Zanardi, BMW Z4 GT3 : plus fort, encore

    Le weekend prochain, BMW Motorsport sera présente aux 24 Heures de Spa. L’objectif est simple pour la marque bavaroise : la victoire. Pour se faire, pas moins de quatre BMW Z4 GT3 « pro » sont engagées, dont celle qui sera très certainement la coqueluche du public : la version Michel Vaillant. Elle est suivie par Roal Motorsport, structure italienne et aura comme pilote Timo Glock, Bruno Spengler et Alex Zanardi.

    Ce dernier n’en est pas à son coup d’essai, son expérience est débordante. Kart, F3, F3000, GT, F1. Zanardi a tout fait sur circuit, jusqu’à aller rouler aux États-Unis au début des années 2000. 2001, engagé en CART, Zanardi est victime d’un crash à la sortie des stands. Sa voiture est télescopée par celle d’un autre concurrent, un crash effroyable à 320km/h. Zanardi est hélitreuillé à l’hôpital, opéré dans la foulée. A son réveil, sa femme est à ses côtés, elle lui apprend qu’il vient d’être amputé. Sa réponse est automatique « c’est une belle journée » : pour lui, il était en vie.

    BMW Z4 GT3 Alex Zanardi
    Alex Zanardi (IT) © BMW

    Son mental de champion, il ne le perd pas suite à ce crash. Il passe du sport automobile au cyclisme handisport, remportant aux Jeux paralympiques d’été de 2012 à Londres, la médaille d’or en cyclisme contre-la-montre individuel et en course en ligne dans sa catégorie. Et ne s’arrête pas là. Il revient au sport auto, avec BMW Italia qui l’engage en Championnat d’Europe des voitures de tourisme, alors ETCC, qui deviendra WTCC. Fin 2009 son contrat avec BMW se termine, il abandonne le WTCC après quatre victoires en cinq saisons. La marque allemande ne le laissera pas tomber pour autant : il en devient ambassadeur mi 2014.

    Ambassadeur de la marque et sportif de haut niveau, Zanardi reprend le volant en cette saison 2015, avec un objectif simple : la victoire aux 24 Heures de Spa. Mais il s’agit à d’un cap, un roc, une péninsule et l’Italien ne prendra pas le départ sans être finement préparé par BMW Motorsport.

    Ready to go.

    Afin d’attaquer dans les meilleures conditions cette mythique course de 24 heures, BMW a développé spécialement une Z4 GT3 pour Zanardi et son handicap. Pas moins de neuf ingénieurs ont été investi de cette mission. Une fois la Z4 développée, le trio Spengler/Glock/Zanardi a roulé : à Adria (Italie) tout d’abord, puis aux 1000 km du Castellet, sur le circuit Paul Ricard et à la Journée Test des 24 Heures de Spa.

    BMW Z4 GT3 Alex Zanardi
    Les premiers tours de roues de la Z4 GT3 « Zanardi », sur le circuit de Adria, en Italie. © Martin Hangen.

    Du sur mesures.

    Adaptée au handicap de Zanardi tout en étant aussi utilisable par ses deux coéquipiers, la Z4 GT3 du Roal Motorsport a reçu de nombreuses modifications.

    L’intérieur est retravaillé, avec une position de pilotage reculée pour un accès plus facile, simplifiant le changement de pilotes et l’ergonomie dans l’habitacle. Le volant regroupe l’accélérateur et changement des vitesses, avec des palettes sur la partie droite du cerceau. Lorsque Glock et Spengler prennent le volant, celui ci est remplacé pour une version classique, agrémentée d’un embrayage placé derrière le volant. La pédale d’embrayage est ainsi supprimée.

    BMW Z4 GT3 Alex Zanardi
    A gauche, le volant d’Alex Zanardi, à droite, le volant classique. © BMW Motorsport.

    Les pédales d’accélération et de frein sont elles conservées pour Timo Glock et Bruno Spengler mais la pédale de frein est modifiée pour l’Italien. Elle est prévue pour y loger la prothèse que Zanardi glisse sur sa jambe droite. Toujours pour Glock et Spengler, la pédale « classique » d’accélérateur prend le relai lors du changement de volant, automatiquement.

    BMW Z4 GT3 Alex Zanardi
    La pédale de frein, reliée à la prothèse de Zanardi.  © Martin Hangen.

    Outre ces précisions techniques, un des grands changements prévu sur cette Z4 est l’apparition de la climatisation. De par son handicap, Zanardi n’a pas une régulation de température corporelle équivalente à celle d’un « valide ». Ajouté à une température de près de 50° dans une voiture de course, le défi est de taille pour Zanardi : une climatisation a donc été installée spécialement.

    BMW Z4 GT3 Alex Zanardi
    A l’intérieur de BMW Z4 GT3, avec Alex Zanardi. Au premier plan, la bouche d’air de la climatisation. © BMW Motorsport.

    C’est donc un challenge hors nomes, si bien technique qu’humain qui attend BMW Motorsport et les trois pilotes. Un défi qui n’en sera que plus beau si la victoire ou un podium sont au rendez-vous. BMW compte bien jouer devant, mais il m’étonnerait qu’Audi, Mercedes, Bentley, Lamborghini, Nissan, McLaren, Aston Martin ne laissent faire les Bavarois.