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  • Circuits disparus : Motodrom Gelsenkirchen, le cœur « rock’n’roll » de la Ruhr

    Circuits disparus : Motodrom Gelsenkirchen, le cœur « rock’n’roll » de la Ruhr

    Si l’on vous parle de circuits allemands, vous pensez immédiatement au Nürburgring ou à Hockenheim. Pourtant, entre 1969 et 1984, un petit tracé niché au milieu des usines sidérurgiques a fait battre le cœur de milliers de passionnés. Bienvenue à l’Almaring, le circuit « grassroots » par excellence.

    Un décor industriel pour une vitesse brute

    Le Motodrom Gelsenkirchen (aussi appelé Almaring) ne cherchait pas le glamour des Grands Prix. Construit en 1969 sur les terrains d’une ancienne cokerie désaffectée (Alma), il offrait un spectacle brut de décoffrage.

    Le tracé était atypique : une sorte d’ovale compact à cinq virages, mêlant de longues lignes droites et une immense courbe rapide. Ce mélange entre circuit routier et anneau de vitesse encourageait les luttes au coude-à-coude et les contacts portière contre portière, typiques des courses de « Stock Cars » et de « Hot Rods ».

    Le temple des amateurs

    Loin du luxe des loges VIP et des tribunes en béton, le Motodrom était le royaume de l’amateurisme éclairé. À son apogée, à la fin des années 70, on pouvait y voir jusqu’à 150 pilotes s’affronter dans une multitude de catégories. Les spectateurs adoraient la proximité avec les machines et les pilotes, créant une ambiance électrique et populaire que l’on ne retrouvait nulle part ailleurs.

    Le circuit s’était même taillé une réputation européenne, attirant des concurrents de tout le continent, séduits par la simplicité et l’accessibilité de l’endroit.

    La chute : Entre écologie et voisinage

    Le succès fut aussi la cause de sa perte. Avec jusqu’à deux meetings par mois, le bruit et la pollution générés au cœur d’une zone urbaine ont fini par exaspérer les riverains. Au début des années 80, l’émergence des mouvements écologistes en Allemagne et la montée en puissance du Parti Vert ont scellé le sort du tracé.

    Face à une opposition grandissante et à la concurrence de circuits plus modernes et mieux équipés, le Motodrom Gelsenkirchen a organisé sa dernière course en 1984.

    Que reste-t-il de l’Almaring ?

    Aujourd’hui, la nature a repris ses droits. Là où hurlaient les moteurs, on trouve désormais des bois et des champs. Seuls quelques morceaux de bitume craquelé et des glissières de sécurité rouillées témoignent encore du passé glorieux du site.

    Pourtant, le Motodrom n’est pas tout à fait mort : il survit dans le monde virtuel. Des passionnés de simulation automobile ont recréé numériquement le tracé de l’Almaring, permettant aux pilotes d’aujourd’hui de goûter à nouveau à l’adrénaline de ce petit ovale oublié. Il reste le symbole d’une époque où le sport automobile était une fête de quartier, accessible à tous, avant d’être rattrapé par les pressions environnementales et la sophistication moderne.


    Le saviez-vous ? À ses débuts, une partie de la piste n’était pas goudronnée. Ce n’est qu’en 1977 que l’intégralité du tracé a été pavée, attirant alors des catégories de voitures beaucoup plus rapides et spectaculaires.

    Aimeriez-vous retrouver aujourd’hui des circuits aussi proches du public, ou la sécurité et l’écologie doivent-elles primer sur cette ambiance « à l’ancienne » ?