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  • La 550A Spyder de Jack McAfee : Une légende adjugée à Monaco

    La 550A Spyder de Jack McAfee : Une légende adjugée à Monaco

    Achevée en février 1957 dans les ateliers de Zuffenhausen, livrée trois semaines plus tard à un pilote californien de légende, victorieuse sur les circuits mythiques de la côte ouest américaine, puis restaurée durant six ans : cette Porsche 550A Spyder vient d’écrire un nouveau chapitre de son histoire. Présentée par RM Sotheby’s lors de la prestigieuse vente de Monaco le 25 avril dernier, cette pièce de collection a officiellement changé de mains.

    Un contexte historique exceptionnel

    Pour comprendre ce que représente une Porsche 550A Spyder, il faut revenir à septembre 1955. James Dean disparaît au volant de sa 550, surnommée « Little Bastard ». Porsche tire alors les leçons du modèle original et développe la 550A. En abandonnant le châssis échelle au profit d’un cadre tubulaire plus léger et rigide, la firme crée une machine redoutable. Sa rareté est absolue : seuls 40 exemplaires ont vu le jour.

    Jack McAfee : Vingt-cinq victoires et une icône californienne

    À sa livraison en mars 1957, le châssis 0116 rejoint le garage de Jack McAfee, figure de proue du sport automobile californien. McAfee, habitué aux Ferrari puissantes, a compris avant tout le monde l’avantage de la légèreté Porsche.

    Dès ses débuts en juin 1957 à Paramount Ranch, la voiture signe un doublé. S’ensuivent plus de vingt-cinq succès sur les tracés mythiques de Palm Springs, Riverside, Laguna Seca ou Phoenix. Une liste qui résume à elle seule l’âge d’or de la compétition sur la côte ouest.

    Un tour du monde avant la perfection

    Après la compétition, la 550A entame une odyssée mondiale : de la Californie à l’État de Washington, puis vers l’Afrique du Sud, le Japon et l’Allemagne. Elle passera entre les mains de propriétaires illustres, dont Dick Barbour (double vainqueur de classe au Mans). En 2014, elle remporte le prix Best in Class au Concours d’Élégance d’Amelia Island, confirmant son authenticité exceptionnelle.

    Six ans pour un résultat « Box-Fresh »

    En 2019, son dernier propriétaire la confie à Andy Prill, l’un des experts Porsche les plus réputés du Royaume-Uni. Le chantier dure six ans : carrosserie décapée, moteur reconstruit et boîte de vitesses d’origine (matching numbers) méticuleusement réassemblée. Terminée en août 2025, la voiture est apparue à Monaco dans un état que Prill décrit comme « box-fresh », soit comme à sa sortie d’usine en 1957.

    Le verdict du marteau à Monaco

    La vente organisée par RM Sotheby’s à Monaco a confirmé l’attrait intact pour les modèles historiques à la biographie limpide. Rarement une Porsche de cette génération n’avait présenté un parcours aussi documenté, des archives de course aux clichés d’époque.

    Adjugée lors de cette soirée mémorable, la 550A Spyder de Jack McAfee quitte la Principauté pour rejoindre une nouvelle collection. Elle ne laisse pas seulement derrière elle un prix de vente élevé, mais le souvenir vibrant d’une époque où la performance pure se sculptait dans l’aluminium et se pilotait avec panache.

  • La malédiction de la Porsche 550 de James Dean

    La malédiction de la Porsche 550 de James Dean

    James Dean est une étoile filante. Un adolescent rebelle vu dans A l’est d’Eden, La Fureur de Vivre et Géant. Le symbole d’une génération en plein désarroi propulsé au rang d’idole par un décès tragique à seulement 24 ans, au volant d’une Porsche 550 Spyder.

    Nouvelle star, James Dean vient d’apparaître dans son second film – La Fureur de Vivre – lorsqu’il fait l’acquisition d’une Porsche 550 Spyder (châssis 550-0055) produite à seulement 90 exemplaires.

    Pilote amateur, il choisit une décoration spécifique avec des bandes rouges, le numéro 130 peint sur les portières et donne le surnom de « Little Bastard » à sa Porsche.

    Son entourage n’apprécie guère cette 550 Spyder. Eartha Kitt, une chanteuse de jazz, lui dit : « Je n’aime pas cette voiture, elle va te tuer ». Alec Guinness (Obi-Wan Kenobi dans Star Wars) lui lance qu’il la trouve « sinistre ». Dès les premiers jours, il multiplie les petits accrochages en laissant un clignotant et quelques traces d’une rencontre avec des poubelles sur Mulholland Drive.

    Après avoir fini de tourner Géant (une clause de son contrat d’acteur lui interdisait de rouler sur circuit), James Dean s’inscrit à sa première course à Salinas, en Californie. Il préfère prendre le volant de la Porsche pour faire le déplacement plutôt que de la tracter jusqu’au circuit.

    Vers 17h30, le 30 septembre 1955, James Dean et son mécanicien Rolf Wütherich roulent sur l’US Route 466. Une Ford Tudor noire et blanche arrive en même temps à un croisement. L’étudiant qui est au volant coupe la priorité de la Porsche. Selon deux policiers témoins de la scène, les deux voitures se percutent violemment. Wütherich est éjecté de la voiture et Dean est tué sur le coup.

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    Selon Wütherrich, les derniers mots de James Dean furent : « Ce mec va nous voir, il va s’arrêter ». L’enquête établit que la Porsche roulait à moins de 90 km/h.

    La seconde vie de la 550 Spyder
    George Barris, qui s’était occupé de la décoration de la voiture, rachète l’épave pour 2 500 dollars. Lorsqu’elle est ramenée à son garage, la Porsche tombe de son support et heurte un mécanicien. Jambe cassée.

    Barris récupère les pièces et commence à les vendre. Troy McHenry et William Eschrid, chercheurs à la ville et pilotes amateurs, font l’acquisition du moteur et de la transmission. L’année suivante, avec leur propre voiture équipée de ces pièces, McHenry se tue après un tête-à-queue et Eschrid fait plusieurs tonneaux. Il s’en sort avec de sérieuses blessures.

    La California Highway Patrol demande à récupérer la voiture pour l’exposer dans diverses opérations de promotion de la sécurité routière. Le garage dans lequel la Porsche est entreposée prend feu. Tout est détruit sauf l’épave.

    Sur la route de la première exposition, le conducteur du camion perd le contrôle. Il est éjecté. La Porsche tombe également de la remorque et l’écrase. Il meurt sur le coup.

    La série d’exhibitions se termine en Floride. La fameuse Porsche 550 Spyder est alors convoyée vers la Californie en train. Le wagon est scellé. A l’arrivée, les scellés sont intacts mais la Porsche 550 Spyder n’est plus là. Little Bastard n’est plus jamais réapparue.