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  • Automoto : 51 ans de passion, de sifflements et de bitume sur TF1

    Automoto : 51 ans de passion, de sifflements et de bitume sur TF1

    S’il y a bien un générique qui fait partie du patrimoine génétique des passionnés d’automobile en France, c’est celui d’Automoto. Depuis plus d’un demi-siècle, chaque dimanche matin (ou presque), le sifflement le plus célèbre du PAF réveille les foyers. De la sécurité routière des années 70 aux Hypercars électriques de 2026, retour sur l’histoire d’une émission qui a survécu à toutes les crises pétrolières.

    Le 11 janvier 1975, quelques jours seulement après la naissance de TF1, une nouvelle émission apparaît sur les écrans. À l’époque, l’automobile est en pleine mutation : le premier choc pétrolier est passé par là, et la vitesse commence à être pointée du doigt. C’est dans ce contexte que Jacques Bonnecarrère et Jean-Pierre Chapel lancent Automoto.

    1975 – 1985 : L’ère des pionniers et du service public

    À ses débuts, l’émission n’est pas encore le magazine « lifestyle » que nous connaissons. Jean-Pierre Chapel, cigarette aux lèvres et ton professoral, traite l’automobile sous un angle technique et utilitaire. On y parle de mécanique pure, de nouveaux modèles (la Renault 30, la Peugeot 604) et surtout de sécurité routière.

    C’est l’époque du célèbre générique composé par Grzegorz Kluczyński, dont le sifflement entêtant devient immédiatement la signature de l’émission. Automoto est alors le passage obligé pour tout constructeur souhaitant s’adresser au grand public.

    L’âge d’or et l’arrivée de la concurrence

    Dans les années 80 et 90, l’émission se détend. Elle profite de l’acquisition des droits de la Formule 1 par TF1 pour devenir une vitrine de la compétition. On y suit les exploits d’Alain Prost et d’Ayrton Senna.

    Cependant, en 1987, la concurrence arrive sur M6 avec Turbo. Pour répliquer, Automoto se modernise. L’émission quitte les plateaux austères pour le terrain. Christian Van Ryswyck, puis Bernard Spindler, ancrent le programme dans une nouvelle ère : celle du plaisir automobile.

    Le saviez-vous ? En 50 ans, le format a tout connu : du direct de 60 minutes au format « magazine » de 26 minutes, avant de se stabiliser autour de 45 minutes aujourd’hui.


    Les années 2000 : Show-business et Supercars

    Avec l’arrivée de Denis Brogniart en 2012 (qui restera aux commandes jusqu’en 2020), l’émission prend un virage résolument divertissant. On est loin de la leçon de mécanique de Jean-Pierre Chapel. L’accent est mis sur :

    • Les essais « No Limit » sur circuit.
    • Les voyages au bout du monde (États-Unis, Dubaï, Islande).
    • La présence de pilotes consultants comme Anthony Beltoise.

    C’est aussi l’époque où l’émission doit composer avec la montée en puissance de l’écologie. Automoto commence à introduire des sujets sur l’hybride, puis l’électrique, tout en essayant de ne pas froisser sa base de fans passionnés de moteurs V8.

    2025-2026 : Le jubilé et la mobilité de demain

    L’année dernière, en 2025, Automoto a célébré ses 50 ans. Un anniversaire exceptionnel qui a prouvé la résilience du concept. Sous la houlette de Jean-Pierre Gagick, l’actuel présentateur dont l’enthousiasme fait l’unanimité, l’émission a su trouver un équilibre fragile mais réussi :

    1. L’héritage : Avec des séquences « Vintage » qui ravissent les nostalgiques.
    2. La modernité : En testant les dernières innovations en matière de mobilité douce et de voitures autonomes.
    3. Le rêve : En continuant de faire hurler les moteurs thermiques d’exception avant leur disparition programmée.

    Pourquoi ça marche encore ?

    Si Automoto est toujours là en 2026, c’est parce qu’elle a su évoluer d’un magazine de « service » à un magazine de « passion ». Elle reste le rendez-vous dominical de millions de Français qui, entre deux cafés, aiment voir une Ferrari glisser sur la neige ou découvrir si la nouvelle citadine électrique est vraiment capable de traverser la France.

    Qu’on l’aime pour ses essais pointus ou qu’on la critique pour son côté parfois trop promotionnel, Automoto reste le témoin privilégié de l’histoire de France à travers ses quatre roues.

  • Automoto et Turbo : les deux piliers éternels de la télévision automobile française

    Automoto et Turbo : les deux piliers éternels de la télévision automobile française

    Dans un paysage télévisuel en perpétuelle évolution, deux institutions résistent encore et toujours aux modes, aux changements de programmation et aux bouleversements technologiques : Automoto sur TF1 et Turbo sur M6. Ces deux émissions dominicales, créées respectivement en 1975 et 1987, cumulent à elles seules plus de 80 années de diffusion. Une longévité exceptionnelle qui témoigne non seulement de l’attachement des Français à l’automobile, mais aussi de la capacité de ces programmes à se réinventer sans jamais renier leur ADN.

    Automoto : la pionnière (TF1, depuis 1975)

    Née il y a un demi-siècle, Automoto a traversé les époques comme un fil rouge de la passion automobile à la télévision. Dans les années 1970 et 1980, alors que l’automobile tenait une place centrale dans la société, l’émission proposait un mélange d’essais, de reportages et de sujets techniques. C’était l’époque des constructeurs français en pleine gloire industrielle, des grands duels de rallye et de la F1 en noir et blanc.

    Avec le temps, Automoto s’est transformée. Plus orientée aujourd’hui vers le lifestyle, le sport et les nouveautés, elle s’adresse à un public large et populaire, fidèle à la tradition de TF1. Des figures comme Denis Brogniart ou Jean-Pierre Gagick ont incarné l’émission, lui donnant une continuité et une crédibilité. Automoto reste ainsi une porte d’entrée pour les passionnés, mais aussi pour les téléspectateurs occasionnels qui veulent un condensé d’actualité automobile chaque dimanche matin.

    Turbo : l’autre école (M6, depuis 1987)

    Face à Automoto, Turbo est né en 1987 avec Dominique Chapatte à sa tête. Et il est toujours là, presque quarante ans plus tard. Cette constance dans l’incarnation est en soi un phénomène rare : Chapatte est devenu l’une des voix les plus familières de l’automobile en France.

    Turbo s’est distingué dès ses débuts par une approche plus didactique, plus magazine, mettant en avant les essais, la découverte et l’actualité des constructeurs. L’émission a souvent joué la carte de la proximité avec ses téléspectateurs, tout en s’autorisant des voyages, des escapades et des formats longs. Sa diffusion sur M6, chaîne généraliste mais volontiers tournée vers la modernité et les formats « magazine », a contribué à asseoir son image.

    Deux ADN, une même mission

    Si Automoto et Turbo sont parfois perçus comme des concurrentes, elles sont surtout complémentaires. L’une s’ancre dans l’ADN de TF1 : populaire, rythmée, orientée grand public, avec une forte présence du sport et des événements. L’autre s’inscrit dans la tradition M6 : plus magazine, plus diversifiée, parfois plus pédagogique.

    Toutes deux, cependant, remplissent une même mission : donner un rendez-vous automobile hebdomadaire aux Français. Dans un monde où la voiture est tour à tour glorifiée, contestée, transformée par l’électrification et menacée par les contraintes urbaines, ces émissions offrent un espace où l’automobile reste au cœur du récit collectif.

    La résistance face aux bouleversements médiatiques

    Leur longévité est d’autant plus remarquable qu’elle s’inscrit dans un contexte de bouleversement médiatique. L’arrivée de chaînes thématiques, de YouTube, des podcasts et des influenceurs aurait pu reléguer Automoto et Turbo au second plan. Et pourtant, elles sont toujours là. Et pour beaucoup de professionnels du secteur, les deux émissions TV restent les plus « puissants » des médias français.

    La clé réside sans doute dans la force du rendez-vous dominical. Comme Téléfoot ou Stade 2, ces émissions se sont ancrées dans la routine des foyers français. On y retrouve une familiarité, une fidélité, presque une habitude. Automoto et Turbo sont devenues des « marqueurs » de génération : beaucoup de passionnés d’aujourd’hui ont grandi en les regardant le dimanche matin, avec leurs parents ou leurs grands-parents.

    Savoir évoluer sans se perdre

    Un autre facteur de longévité réside dans leur capacité à évoluer. Turbo a intégré très tôt les problématiques écologiques et la transition énergétique, tout en continuant à valoriser les supercars et les voyages. Automoto, de son côté, a toujours su surfer sur les grands événements sportifs et sur l’actualité brûlante de l’industrie. Les formats ont changé, les équipes aussi, mais le socle est resté le même : parler d’automobile à un large public, avec un ton accessible.

    Un rôle culturel plus qu’éditorial

    Au-delà de l’information, ces deux émissions sont devenues des institutions culturelles. Elles contribuent à façonner l’image de l’automobile dans la société française. Elles ne sont pas toujours critiques – leur rapport aux constructeurs est parfois jugé trop conciliant – mais elles ont toujours su garder une place singulière dans l’écosystème médiatique. Là où la presse écrite spécialisée s’adresse à un lectorat pointu, Automoto et Turbo parlent à la France entière.

    Et demain ?

    La question se pose : combien de temps encore ces émissions tiendront-elles ? Les audiences, certes en baisse par rapport aux années fastes quand il n’y avait que six chaines, restent solides pour des programmes automobiles à la télévision gratuite. Tant que TF1 et M6 considéreront qu’il existe une valeur symbolique à garder un rendez-vous automobile dans leur grille, Automoto et Turbo devraient perdurer.

    Le véritable défi sera de réussir à séduire les nouvelles générations, celles qui consomment des vidéos sur TikTok ou YouTube plutôt que devant le poste de télévision. Mais là encore, la marque « Automoto » et la marque « Turbo » ont un capital historique que peu d’autres programmes peuvent revendiquer.

    Deux monuments vivants

    Dans une époque où tout va vite, où les programmes disparaissent parfois après quelques saisons, Automoto et Turbo apparaissent comme des monuments vivants. Elles sont à la télévision ce que la 2CV ou la Golf GTI sont à l’automobile : des repères familiers, intemporels, qui font partie du paysage.

    Elles témoignent aussi d’une chose : malgré les débats, malgré les évolutions, l’automobile reste un sujet qui passionne. Tant qu’il y aura des routes et des conducteurs, il y aura une place pour ces rendez-vous du dimanche matin. Automoto et Turbo ne sont pas seulement des émissions : ce sont des morceaux de mémoire collective.