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  • Bugatti « La Voiture Noire » : l’unique exemplaire de Molsheim s’apprête à changer de mains

    Bugatti « La Voiture Noire » : l’unique exemplaire de Molsheim s’apprête à changer de mains

    C’est l’une des voitures les plus mystérieuses et les plus chères de la planète. « La Voiture Noire », l’hommage moderne de Bugatti à la Type 57 SC Atlantic, s’apprête à quitter le garage de la famille Piëch pour rejoindre une nouvelle collection. Avec une mise à prix record.

    Produite à la main dans l’atelier de Molsheim, en Alsace, « La Voiture Noire » a longtemps cultivé le secret autour de l’identité de son propriétaire. Si de nombreuses rumeurs ont circulé lors de sa présentation, il semble désormais acquis, selon un média allemand, que ce joyau appartenait à Ferdinand Piëch. L’ancien patron emblématique du groupe Volkswagen, disparu brutalement en 2019, était l’homme derrière la renaissance de Bugatti à la fin des années 90.

    Un héritage de 1 500 chevaux

    Ironie du destin, celui que l’on surnommait « l’empereur de l’automobile » n’aura jamais pu prendre le volant de son chef-d’œuvre. Le développement de ce modèle unique, basé sur la plateforme de la Chiron mais doté d’une carrosserie entièrement spécifique en fibre de carbone, a nécessité plusieurs années de travail. La livraison n’a finalement eu lieu qu’en 2021, deux ans après le décès du patriarche.

    Sous sa robe d’un noir profond se cache le monumental moteur W16 de 8,0 litres développant 1 500 chevaux, capable de propulser ce monument roulant à des vitesses dépassant les 400 km/h.

    Une plus-value record aux enchères

    C’est le fils de Ferdinand Piëch, héritier du bolide, qui a pris la décision de s’en séparer. Contre toute attente, le véhicule a été mis en vente aux enchères. Les estimations donnent le vertige : le vendeur espère en tirer 25 millions d’euros.

    Si ce montant est atteint, il représenterait une plus-value de près de 10 millions d’euros par rapport au prix d’achat initial (estimé à environ 11 millions d’euros hors taxes lors de sa sortie). Une opération qui confirme que les modèles ultra-exclusifs de Molsheim ne sont plus seulement des prouesses mécaniques, mais de véritables actifs financiers.

    Reste à savoir si cette icône du « Made in France » restera en Europe ou si elle s’envolera vers d’autres continents pour enrichir une nouvelle collection privée.

  • Bugatti F.K.P. Hommage : Le génie de Ferdinand Piëch enfin exaucé

    Bugatti F.K.P. Hommage : Le génie de Ferdinand Piëch enfin exaucé

    « Si c’est comparable, ce n’est plus Bugatti. » Cette devise d’Ettore Bugatti a trouvé son plus fidèle héritier en la personne du Prof. Dr. Ferdinand Karl Piëch. Disparu en 2019, l’ancien grand patron du groupe Volkswagen reçoit aujourd’hui un hommage à la hauteur de son obsession pour la perfection technique : la Bugatti F.K.P. Hommage.

    « À la prochaine occasion »

    L’histoire de ce projet « Solitaire » (exemplaire unique) remonte à 2008. Frank Heyl, aujourd’hui directeur du design de la marque, se souvient de ses premiers échanges avec Piëch lors du développement de la Veyron Super Sport. L’objectif était alors de franchir la barre des 1 200 ch et des 430 km/h.

    Heyl avait alors exploré un design de feux arrière inédit, une idée que Piëch avait écartée pour la Super Sport mais validée pour le futur avec une phrase devenue légendaire en interne : « À la prochaine occasion ». Chez Bugatti, les idées ne meurent jamais, elles attendent leur heure. Vingt ans après la conception de la Veyron, cette « occasion » s’est manifestée sous les traits de la F.K.P. Hommage.

    De la Chiron à la Tourbillon : L’héritage des portes

    Ferdinand Piëch était un visionnaire qui ne se laissait jamais enfermer dans les contraintes du moment. En 2013, dès les premières esquisses de la Chiron, il insistait déjà pour l’installation de portes à ouverture dièdre (vers le haut), afin d’offrir une entrée plus dramatique dans l’habitacle.

    Une fois de plus, la complexité technique de l’époque a repoussé l’idée. Mais l’influence de Piëch a perduré. C’est sous l’impulsion de Mate Rimac que ce concept de portes a finalement vu le jour sur la nouvelle Tourbillon, honorant ainsi une volonté exprimée plus de dix ans auparavant.

    L’autorité sereine et l’exigence absolue

    Christophe Piochon, actuel président de Bugatti, se rappelle de ses premières rencontres avec le « Professeur » à Wolfsburg dans les années 2000. Piëch était un homme de peu de mots, dégageant un calme olympien mais une exigence sans faille.

    « Il savait exactement ce qu’il voulait. Quand il demandait quelque chose, cela devait être réalisé au plus haut niveau possible », explique Piochon. Piëch ne se contentait pas de diriger depuis un bureau ; il se rendait à Molsheim deux fois par an pour échanger directement avec les ingénieurs. Il testait lui-même les prototypes, échangeant sur l’équilibre de la voiture, la courbe de puissance ou la sensation de conduite.

    L’inventeur de l’hypercar

    C’est Ferdinand Piëch qui a forcé les équipes de Volkswagen à passer des standards de la production de masse à l’orfèvrerie automobile. En poussant les ingénieurs au-delà de leurs propres limites, il a tout simplement inventé le concept moderne de l’hypercar : une machine que personne ne croyait possible avant qu’elle ne prenne la route.

    La F.K.P. Hommage n’est pas seulement une voiture de plus dans la galaxie Bugatti ; c’est la matérialisation d’idées « mises au coffre » pendant deux décennies par un homme qui voyait toujours plus loin que l’horizon.

    Le saviez-vous ? Ferdinand Piëch était si pointu techniquement qu’il était capable de déceler un défaut de réglage de train roulant ou une infime vibration moteur après seulement quelques hectomètres au volant d’un prototype.

    Pensez-vous que sans l’obstination quasi mystique de Piëch, une marque comme Bugatti aurait pu retrouver son rang de sommet de la pyramide automobile ?