Étiquette : muscle car

  • Bathurst à Adélaïde : Quand les « Monstres de Fer » australiens volent la vedette

    Bathurst à Adélaïde : Quand les « Monstres de Fer » australiens volent la vedette

    L’Adelaide Motorsport Festival 2026 vient de s’achever, et si les monoplaces de Formule 1 étaient censées être les reines de la fête, ce sont les légendes du Mont Panorama qui ont fait vibrer les tribunes. Retour sur l’invasion des monstres de Bathurst sur le tracé urbain d’Adélaïde, un choc des cultures mécaniques qui ne peut exister qu’en Australie.

    Le Mont Panorama s’invite en ville

    Pour tout fan de sport auto australien, Bathurst est un nom sacré. C’est là, sur le circuit du Mont Panorama, que se dispute chaque année la célèbre course des 1 000 km, un enfer de dénivelé et de murs en béton.

    À Adélaïde, lors du festival, le public a pu voir ces « taxis survitaminés » sortir de leur milieu naturel pour affronter le bitume étroit du parc Victoria. Voir une Holden Commodore ou une Ford Falcon de la grande époque du Groupe A ou du V8 Supercars dériver entre les murets d’Adélaïde, c’est assister à un spectacle de force brute : des carrosseries massives, des échappements latéraux crachant des flammes et une bande-son qui couvre sans peine le sifflement des moteurs de F1.

    L’éternelle guerre Holden vs Ford

    Le festival a permis de raviver la flamme de la plus grande rivalité de l’histoire automobile australe : Holden contre Ford.

    • La Holden Commodore VK « Big Banger » : Avec sa livrée blanche et ses extensions d’ailes démesurées, elle incarne l’ère de Peter Brock, le « Roi de la Montagne ».
    • La Ford Falcon XB Coupé : Un monstre de muscle qui rappelle les heures les plus sauvages du championnat, là où la puissance brute du V8 l’emportait sur toute notion d’aérodynamique fine.

    Ces voitures ne sont pas des objets de musée. À Adélaïde, les pilotes les poussent dans leurs retranchements, rappelant que ces engins étaient conçus pour encaisser des contacts portière contre portière pendant des heures.

    Pourquoi ce succès en 2026 ?

    Alors que le sport automobile mondial se tourne vers l’efficience et l’électrification, le public australien — et les passionnés du monde entier — se raccrochent à ces machines. Il y a une dimension viscérale dans ces V8 de 5,0 litres ou 6,0 litres. C’est une mécanique que l’on comprend, que l’on ressent dans sa cage thoracique.

    Le festival d’Adélaïde réussit ce tour de force : faire cohabiter l’élégance technologique d’une Brabham ou d’une Ferrari de Grand Prix avec la rusticité héroïque des berlines de Bathurst. Un cocktail détonnant qui prouve que la culture automobile n’est jamais aussi belle que lorsqu’elle est bruyante et un peu rebelle.


    Le saviez-vous ? La rivalité entre Ford et Holden était si intense en Australie qu’il n’était pas rare de voir des familles se diviser lors des 1 000 km de Bathurst. Après l’arrêt de la production de voitures en Australie par les deux marques, ces modèles historiques sont devenus des trésors nationaux dont la cote dépasse aujourd’hui celle de nombreuses sportives européennes.

    Entre la précision chirurgicale d’une F1 et la dérive généreuse d’un V8 australien, quel style de pilotage vous fait le plus rêver sur un circuit urbain ?

  • Stellantis rallume le V8 pour ses marques américaines

    Stellantis rallume le V8 pour ses marques américaines

    Le V8 n’a pas dit son dernier mot. Alors que l’industrie automobile mondiale multiplie les annonces d’électrification et que le moteur thermique semble condamné à plus ou moins long terme, Stellantis prend tout le monde à contre-pied. Dodge, Ram et Jeep s’apprêtent à prolonger la carrière de leurs blocs mythiques, avec en ligne de mire le 6,2 litres Hellcat compressé. De quoi réjouir les puristes… et étonner les observateurs.

    Dodge : un nouveau Charger… pas si électrique que ça

    Lorsque Dodge a dévoilé la nouvelle génération de Charger, basée sur la plateforme STLA Large, l’histoire semblait écrite : une muscle car 100 % électrique, incarnée par le Daytona, et quelques variantes hybrides ou six cylindres. Les amateurs de gros V8 suralimentés s’étaient préparés à tourner la page.

    Sauf que, lors de la présentation des versions Charger SixPack à six cylindres prévue pour 2026, le patron de Dodge, Matt McAlear, a glissé un indice lourd de sens. Interrogé sur la possibilité d’installer le 6,2 litres Hellcat V8 sous le capot, il a répondu :

    « Théoriquement… prenez votre mètre et venez vérifier. Mais ne soyez pas surpris si ça rentre. »

    Autrement dit : oui, le V8 pourrait trouver sa place. Et ce n’est pas un hasard. La plateforme STLA Large a été conçue pour accueillir plusieurs types de motorisations — électrique, hybride, thermique — afin de s’adapter aux évolutions du marché. « Ce n’est un secret pour personne : nous produisons plus de thermique en ce moment », ajoute McAlear.

    Ram : le TRX revient

    Les signaux se multiplient chez Stellantis. Antonio Filosa, PDG de Ram, a confirmé le retour du Ram 1500 TRX, le pick-up surpuissant animé par le même Hellcat V8 que les Dodge les plus radicales. L’icône des amateurs de tout-terrain musclé, un temps sacrifiée sur l’autel de la réglementation et des normes antipollution, fera donc son grand retour.

    Ce feu vert chez Ram laisse penser que Dodge pourrait suivre la même voie, renforçant l’hypothèse d’un Charger Hellcat nouvelle génération.

    Jeep : le Hemi toujours dans la course

    Même refrain chez Jeep. Bob Broderdorf, son patron, a confirmé que le Wrangler 392 — et son V8 Hemi atmosphérique de 6,4 litres — survivrait au-delà de 2025. Mieux : la marque explorerait d’autres modèles capables de recevoir un V8, à commencer par le Grand Wagoneer.

    Ici encore, on retrouve la philosophie Stellantis : maintenir en production les mécaniques emblématiques tant qu’il existe une demande solide, tout en poursuivant le développement de l’offre électrifiée.

    Une stratégie à contre-courant

    Alors que la plupart des constructeurs cherchent à réduire la part du thermique dans leurs gammes, Stellantis adopte une stratégie plus souple. La clé, c’est cette approche multi-énergies, rendue possible par des plateformes modulaires capables d’accueillir plusieurs types de groupes motopropulseurs.

    Dans un contexte où l’électrification totale rencontre des résistances — prix élevés, infrastructures de recharge incomplètes, incertitudes réglementaires —, cette flexibilité permet à Stellantis de répondre aux attentes des passionnés tout en préparant l’avenir.

    Les muscle cars ne sont pas mortes

    L’arrivée potentielle d’un nouveau Dodge Charger Hellcat n’est pas encore confirmée. Mais entre les déclarations des dirigeants, le retour du TRX et la survie du Wrangler 392, les signes sont clairs : le V8 a encore sa place dans la culture automobile américaine.

    Les puristes peuvent y voir une victoire, les sceptiques un simple sursis. Quoi qu’il en soit, Stellantis joue une carte inattendue, qui pourrait bien séduire autant les nostalgiques que ceux qui n’étaient pas encore prêts à dire adieu au grondement d’un gros moteur atmosphérique ou compressé.