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  • GMA T.50s Niki Lauda : Le ventilateur qui défie les lois de la physique

    GMA T.50s Niki Lauda : Le ventilateur qui défie les lois de la physique

    Dans le panthéon des ingénieurs de génie, Gordon Murray occupe une place à part. Non content d’avoir créé la McLaren F1, il a dévoilé en 2026 la quintessence de sa vision : la T.50s Niki Lauda. Son secret ? Un ventilateur de 40 cm à l’arrière qui ne sert pas à refroidir le moteur, mais à littéralement « aspirer » la voiture au bitume.

    L’héritage d’un scandale de 1978

    Pour comprendre la T.50s, il faut remonter au Grand Prix de Suède 1978. Gordon Murray, alors chez Brabham, présente la BT46B. À l’arrière, un immense ventilateur. Officiellement, il sert au refroidissement. Officieusement, il crée un vide partiel sous la voiture, générant un appui phénoménal. Niki Lauda remporte la course avec une facilité déconcertante. Face à la fureur des autres écuries, la voiture est retirée de la compétition après une seule victoire. Elle entre instantanément dans la légende sous le nom de « Fan Car ».

    1 500 kg d’appui pour 852 kg de plumes

    Quarante-huit ans plus tard, libéré des contraintes de la Formule 1, Murray reprend son concept là où il l’avait laissé. Sur la T.50s Niki Lauda (la version piste de la T.50), le ventilateur tourne à 7 000 tr/min. Son rôle ? Accélérer l’air sous le châssis pour plaquer la voiture au sol, peu importe la vitesse.

    Le résultat est stupéfiant : la voiture génère jusqu’à 1 500 kg d’appui aérodynamique. Le plus impressionnant reste son poids. Grâce à une utilisation obsessionnelle du carbone et du titane, la T.50s ne pèse que 852 kg. C’est moins qu’une Citroën AX, mais avec un V12 qui hurle à 12 100 tr/min juste derrière vos oreilles.

    Un V12 nommé « Lauda »

    Chaque moteur de la T.50s est une pièce d’orfèvrerie signée Cosworth. Fidèle à son souci du détail, Gordon Murray a décidé que chaque bloc porterait le nom d’une victoire en Grand Prix de Niki Lauda. Un hommage vibrant au pilote autrichien qui fut le seul à dompter la « Fan Car » originelle en course. Le moteur n°1 est ainsi baptisé « Kyalami 1974 ».

    La pureté contre le chronomètre

    À l’heure où les hypercars modernes se perdent dans des systèmes hybrides complexes et des batteries pesantes, la T.50s fait le choix inverse : celui de la légèreté absolue et d’une aérodynamique « active » mais mécanique. Elle ne cherche pas à battre des records de vitesse de pointe, mais à offrir l’expérience de pilotage la plus pure et la plus intense jamais conçue pour un être humain.


    Le saviez-vous ? Le ventilateur de la T.50s permet d’éliminer le besoin d’ailerons massifs et de « splitters » proéminents qui défigurent souvent les supercars. Cela permet de conserver une ligne d’une pureté absolue, tout en étant plus efficace qu’une GT3 de compétition.

    D’après vous, le futur de la performance passera-t-il par ce genre de solutions mécaniques ingénieuses ou par la force brute des moteurs électriques ?

  • 1985 : Quand Alain Prost est devenu « Le Professeur »

    1985 : Quand Alain Prost est devenu « Le Professeur »

    C’est un double anniversaire qui a marqué l’année 2025. Alain Prost, le plus grand pilote circuit français de l’histoire, a fêté ses 70 ans. Mais c’est aussi le quarantième anniversaire d’un moment charnière pour le sport automobile tricolore : le 6 octobre 1985, après des années de frustration et d’occasions manquées, Prost décrochait enfin son premier titre mondial.

    Il est parfois difficile, pour les nouvelles générations nourries aux exploits de Verstappen ou Hamilton, de mesurer l’impact de ce sacre. Avant Prost, la France était une nation de Grands Prix, mais pas une nation de Champions du Monde. En 1985, au volant d’une McLaren MP4/2B redoutable, il a brisé le plafond de verre face à des légendes comme Lauda, Senna, Piquet et Mansell.

    La genèse d’un succès : le pari McLaren

    Pour comprendre 1985, il faut remonter à la fin 1983. Prost vient de quitter Renault avec pertes et fracas, échouant de peu au championnat. L’avenir est flou. C’est une rencontre fortuite sur un tarmac d’aéroport avec Ron Dennis, le patron de McLaren, qui scellera son destin. Dennis, maniaque de la propreté et visionnaire, a transformé l’écurie avec l’aide de l’ingénieur John Barnard. Ensemble, ils ont introduit la première coque en carbone et, grâce aux capitaux de Mansour Ojjeh (TAG), ont financé un moteur Porsche sur mesure.

    Prost rejoint McLaren en 1984. Il apprend, il observe son équipier Niki Lauda, et perd le titre pour un demi-point (la plus petite marge de l’histoire) face à l’Autrichien. Une leçon cruelle mais fondatrice : la vitesse ne suffit pas, il faut la gestion.

    1985 : La guerre des nerfs contre Ferrari

    La saison 1985 n’est pas une promenade de santé. Si Prost est rapide, la menace vient d’Italie. La Scuderia Ferrari est en forme et son pilote, Michele Alboreto, est au sommet de son art.

    Le duel est intense, et Prost connaît son lot de galères :

    • Imola : Il gagne, boit le champagne… et se fait disqualifier pour une voiture trop légère de 2 kg. Une erreur de calcul qu’il ne se pardonnera jamais.
    • Monaco et Detroit : Des sorties de piste inhabituelles pour celui qu’on ne surnomme pas encore « Le Professeur ».

    Mais le tournant se joue en fin de saison. Alors que le titre se joue à couteaux tirés, la Ferrari d’Alboreto s’effondre. Victime des luttes internes à Maranello (la guerre Piccinini / Forghieri), la monoplace italienne enchaîne cinq abandons mécaniques consécutifs sur les cinq dernières courses !

    Brands Hatch : Le sacre au bout de l’effort

    Le dénouement a lieu le 6 octobre 1985, au Grand Prix d’Europe à Brands Hatch. Il manque 2 points à Prost pour être titré. Le départ est catastrophique. Gêné par Rosberg, Prost chute à la 14e place. Tout est à refaire. C’est là que le génie tactique opère.

    Mal chaussé, il rentre aux stands. Ron Dennis ordonne des pneus tendres. La McLaren transfigurée permet à Prost d’entamer une remontée fantastique. Il termine 4e. Suffisant pour empocher les 3 points nécessaires.

    Sur le podium, bien qu’il ne soit pas dans le top 3, il est invité à rejoindre Mansell, Senna et Rosberg. Alain Prost est Champion du Monde. Le premier Français. Trois autres couronnes suivront, mais celle-ci, « arrachée avec les dents », aura toujours une saveur particulière.

    40 ans plus tard, à 70 ans, Alain Prost continue de grimper le Mont Ventoux à vélo avec la même détermination. Une légende ne prend jamais vraiment sa retraite.


    Fiche technique : McLaren MP4/2B (1985)

    • Moteur : V6 TAG Porsche Turbo 1.5L
    • Puissance : Env. 850 ch (en course) à plus de 1000 ch (en qualif)
    • Châssis : Monocoque en fibre de carbone
    • Palmarès 1985 : Titre Pilotes (Prost) et Constructeurs (McLaren)
  • Guenther Steiner : Du hachoir du Tyrol aux vibreurs du MotoGP, itinéraire d’une icône

    Guenther Steiner : Du hachoir du Tyrol aux vibreurs du MotoGP, itinéraire d’une icône

    On le connait comme la star involontaire de Netflix, l’homme qui a élevé le juron au rang d’art et qui gérait l’écurie Haas comme on gère une crise de nerfs permanente. Mais réduire Guenther Steiner à ses memes internet serait une insulte au sport automobile. À 60 ans, l’ancien mécano de rallye s’apprête à faire ce qu’il fait de mieux : surprendre tout le monde. Direction le MotoGP.

    Dans un paddock de Formule 1 aseptisé par les communiqués de presse insipides, Guenther Steiner était une anomalie. Un dinosaure « old school », brut de décoffrage. C’est précisément pour cela que le monde l’a adoré dans Drive to Survive. Mais derrière la caricature du manager colérique qui maltraite ses portes de bureau, il y a une histoire bien plus riche. Celle d’un fils de boucher du Tyrol du Sud qui n’a envoyé qu’un seul CV dans sa vie. C’était en 1986.

    De la graisse du rallye aux paillettes de la F1

    Né à Merano, près de la frontière autrichienne, Steiner n’était pas prédestiné à la gloire. Ses parents tenaient une boucherie, lui jouait au hockey sur glace. La course ? Un spectacle lointain à la télé, dominé par l’aura de Niki Lauda.

    C’est en répondant à une annonce dans un magazine allemand (« Cherche mécaniciens pour Mazda en Belgique ») que tout commence. Il ne parle pas anglais, à peine français, mais il fonce. S’ensuivent des années de vagabondage mécanique : le WRC avec la légendaire équipe Lancia Jolly Club, puis Prodrive, et enfin M-Sport où il aide à transformer la Ford Focus en machine à gagner avec Colin McRae.

    C’est là, en 2000, que son téléphone sonne. Au bout du fil ? Une voix familière. Trop familière. Niki Lauda. « Je n’avais jamais rencontré Niki. C’était mon héros absolu », raconte Steiner. Lauda, alors patron de Jaguar Racing, l’invite à dîner à Vienne. Le lendemain, Steiner est embauché. « Je lui ai demandé : ‘M. Lauda, quel sera mon travail ?’. Il m’a répondu : ‘Je ne sais pas. Je te le dirai plus tard’. »

    L’homme qui a tenu tête à Ron Dennis

    Après des passages chez Jaguar et Red Bull (au tout début de l’ère Horner), Steiner part aux USA, fonde une entreprise de composites, et s’ennuie presque. Jusqu’à ce qu’il croise Peter Windsor dans un café. L’idée germe : monter une écurie de F1 américaine.

    Il crée Haas F1 de toutes pièces. Un modèle audacieux, utilisant un maximum de pièces Ferrari. Cela ne plaît pas à tout le monde. Lors d’une réunion des directeurs d’équipe, le grand Ron Dennis (McLaren) l’attaque frontalement, l’accusant de contourner le règlement. La réponse de Steiner ? « Le règlement est disponible pour tout le monde. Si vous ne l’avez pas, allez sur internet. » Ron Dennis s’est levé pour lui hurler dessus. Guenther, lui, s’amusait.

    C’est cette liberté de ton qui a fait sa légende, amplifiée par les micros de Netflix qu’il oubliait systématiquement. « Je ne savais pas qu’ils allaient garder tous les ‘Putain’ au montage », rigole-t-il aujourd’hui.

    « It’s cool as sh*t »

    Mais l’histoire ne s’arrête pas à son départ de Haas. À 60 ans, financièrement à l’abri, Steiner pourrait cultiver son jardin en Caroline du Nord. C’est mal le connaître.

    En avril 2024, il assiste au GP de MotoGP d’Austin « juste pour le fun ». Le virus reprend. « C’est cool à en crever », se dit-il. Ni une ni deux, il active ses réseaux d’investisseurs. La nouvelle est désormais officielle : Guenther Steiner a racheté l’équipe Tech3 et prendra les commandes le 1er janvier 2026.

    L’homme qui a appris la F1 à l’école de Lauda et du rallye va désormais appliquer sa méthode « sans filtre » au monde des deux roues. Le MotoGP avait-il besoin de Guenther Steiner ? Probablement pas. Mais Guenther Steiner avait besoin d’un nouveau défi. Et franchement, on a hâte d’entendre ses premières radios.