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  • L’Italie et la magie des blasons ressuscités : Quand le groupe DR redonne vie à OSCA grâce à la Chine

    L’Italie et la magie des blasons ressuscités : Quand le groupe DR redonne vie à OSCA grâce à la Chine

    Pour vendre des voitures en Europe, les constructeurs asiatiques et les importateurs ont compris la leçon : rien ne vaut la puissance de la nostalgie et l’héritage d’un nom glorieux. Après le rachat de MG par SAIC ou la renaissance avortée de Borgward, l’Italie est devenue le terrain de jeu privilégié d’une stratégie commerciale fascinante. La dernière démonstration en date ? La résurrection du prestigieux blason OSCA par l’italien DR Automobiles, qui habille pour l’occasion le crossover chinois Changan UNI-T.

    Derrière cette opération baptisée OSCA MT6, vendue au tarif unique de 49 000 euros, se dresse le parfait exemple de cette alchimie moderne entre l’ingénierie de grande série de l’Empire du Milieu et les facilités que savent créer les Transalpins.

    OSCA : L’héritage sacré des frères Maserati

    Pour saisir l’audace de la démarche, il faut mesurer le poids du nom. O.S.C.A. (Officine Specializzate Costruzione Automobili) n’est pas un banal écusson disparu. C’est le second bébé des frères Bindo, Ernesto et Ettore Maserati. Après avoir cédé leur marque éponyme au groupe Orsi en 1937 et purgé dix ans de clause de non-concurrence, les célèbres frangins de Bologne créent OSCA en 1947.

    Pendant deux décennies, cette officine artisanale produit des voitures de course au raffinement technique diabolique : moteurs bialbero (double arbre à cames) légendaires, victoires de classe au Mans ou succès absolu aux 12 Heures de Sebring en 1954. La marque produira également la somptueuse 1600 GT carrossée par Zagato, Fissore ou Touring, avant d’être vendue à MV Agusta en 1963 puis de s’éteindre en silence.

    La recette DR : Changan UNI-T rhabillée par Italdesign

    Basé à Macchia d’Isernia, le groupe DR s’est fait une spécialité d’importer des véhicules chinois (principalement Chery et JAC) pour les réemboutir et les adapter au marché européen. Mais pour ressusciter OSCA, l’importateur italien a dû monter en gamme.

    La base technique retenue est la Changan UNI-T, un SUV de 4,51 mètres de long. Mais pour honorer l’héritage d’OSCA, DR n’a pas simplement collé un badge sur le volant :

    • Design extérieur par Italdesign : La carrosserie a été retravaillée. La face avant adopte une calandre béante en « bouche » qui rappelle directement les MT 4 des années 1950.
    • Carbone 100 % italien : La grille de calandre et le diffuseur aérodynamique arrière sont réalisés en fibre de carbone italienne, développée en collaboration avec l’équipementier Carbotech.
    • Intérieur raffiné : L’habitacle abandonne les plastiques durs asiatiques pour un habillage exclusif en cuir et Alcantara sur le mobilier et les contre-portes, associé à des sièges sport signés Recaro.

    Une débauche de pièces de prestige sur un moteur de 180 ch

    C’est sous la robe que l’opération prend un virage quasi surréaliste. Pour légitimer le tarif de 49 000 euros et le badge OSCA, DR a pioché dans le bottin des équipementiers italiens de légende.

    Sur le plan dynamique, le SUV reçoit des étriers de freins fixes à six pistons mordant des disques flottants, percés et rainurés montés sur bol en aluminium. Une débauche de technologie coûteuse et rare à ce niveau de gamme habituellement réservée aux sportives de plus de 500 chevaux, destinée ici à ralentir les 1 500 kg de l’engin. Les jantes en alliage de 20 ou 21 pouces sont fournies par le spécialiste transalpin MAK.

    Sous le capot, le moteur quatre-cylindres turbo de 1,5 litre d’origine Changan bénéficie d’une cartographie spécifique développant 180 chevaux, mais c’est sa bande-son qui a fait l’objet d’un soin particulier : la ligne d’échappement a été confiée aux orfèvres de chez Tubi Style, le fournisseur historique des lignes pour Ferrari.

    L’illusion parfaite du Made in Italy ?

    L’OSCA MT6 illustre parfaitement le pragmatisme des acteurs de l’automobile actuelle. Plutôt que d’investir des milliards d’euros dans le développement d’une plateforme propriétaire, l’Italie tire parti de l’immense puissance industrielle chinoise pour en récupérer la matrice technique. Elle y applique ensuite ce qu’elle fait de mieux : le design (Italdesign), la finition haut de gamme (Recaro, Alcantara) et les liaisons au sol de prestige (MAK, Carbotech, Tubi Style).

    Cette formule tout compris à 49 000 euros, sans la moindre option au catalogue, séduira-t-elle les passionnés avertis ? Réponse sur la route dès les premières livraisons à l’automne.