Avis aux passionnés d’avant-guerre et d’histoire royale : un chef-d’œuvre absolu s’apprête à faire son grand retour sur ses terres d’adoption. À l’occasion de la Zoute Grand Prix Car Week, la légendaire Bugatti Type 59 Sport de 1934 ayant appartenu au roi Léopold III de Belgique sera la grande vedette du Concours d’Élégance de Knokke-Heist les 10 et 11 octobre 2026. Un rendez-vous exceptionnel pour admirer l’un des bolides les plus précieux et les mieux conservés de la planète.
Une bête de Grand Prix civilisée pour un Roi
Initialement développée par l’usine de Molsheim comme une pure voiture de Grand Prix, la Type 59 Sport fait partie d’une élite très restreinte. Bugatti n’a produit que six exemplaires de cette déclinaison Sport dans les années 1930. L’exemplaire en question, portant le numéro de châssis 57248, a la particularité d’avoir été converti par l’usine elle-même pour un usage routier, afin de satisfaire les envies de liberté de son illustre propriétaire.
Sous son immense capot en aluminium sculpté bat un cœur mécanique d’une noblesse rare :
- Moteur : 8-cylindres en ligne de 3,3 litres.
- Aspiration : Suralimenté par un compresseur Roots et gavé par deux carburateurs Zenith.
- Puissance : Environ 250 chevaux à 5 000 tr/min.
- Performances : 250 km/h en vitesse de pointe.
Dans les années 1930, afficher une telle puissance relevait de la pure folie douce. Maîtriser un tel monstre à 250 km/h avec, pour seuls équipements de sécurité, un casque en cuir, une bonne dose d’optimisme et une confiance absolue en ses réflexes tenait du miracle évangélique.
Un palmarès héroïque et une patine d’origine sacrée
Avant de finir entre les mains de la couronne belge, ce châssis a brillé au firmament du sport automobile. En 1937, piloté par le légendaire pilote français Jean-Pierre Wimille, il s’impose magistralement lors des Grands Prix d’Alger, de Pau et de Reims.
C’est plus tard dans l’année que le roi Léopold III, grand amateur de la marque (il possédait également une Type 35C et une Type 57S Atalante), en fait l’acquisition. C’est lui qui demande à Bugatti de repeindre l’auto en noir, sa couleur fétiche, agrémentée d’une fine bande jaune sur le capot.
Il s’agit d’un hommage subtil aux couleurs nationales de l’écurie belge de course (le jaune, tout comme le bleu pour la France ou le rouge pour l’Italie). Le point le plus extraordinaire ? Cette peinture et cette patine historique sont aujourd’hui entièrement d’origine !
Plus de 10 millions d’euros sur la pelouse
Le niveau de préservation exceptionnel de cette Type 59 lui a permis de décrocher la récompense suprême en matière de collection : le titre de « Best of Show » au très sélect Concours d’Élégance de Pebble Beach en 2024.
Côté spéculation, l’auto affole logiquement les compteurs. En 2020, avant même d’avoir été sacrée en Californie, elle avait été adjugée aux enchères pour la somme astronomique de 9 535 000 livres sterling (soit environ 10,7 millions d’euros, frais inclus). Sa valeur actuelle est aujourd’hui inestimable.
Fiche pratique : Comment la voir ?
| Paramètre | Détails de l’événement |
| Événement | Zoute Grand Prix Car Week 2026 (Concours d’Élégance) |
| Lieu | Approach Golf, Knokke-Heist (Belgique) |
| Dates | Samedi 10 et dimanche 11 octobre 2026 |
| Nombre de voitures | Une cinquantaine de raretés réparties en 9 catégories |
| Tarif d’entrée | 31 euros |
À ce prix-là, pouvoir admirer à quelques centimètres les détails de la Bugatti la plus royale de l’histoire est une opportunité à ne rater sous aucun prétexte.

