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  • JCB Hydromax : Pourquoi personne ne s’intéresse aux records de vitesse (sauf quand Prodrive s’en mêle)

    JCB Hydromax : Pourquoi personne ne s’intéresse aux records de vitesse (sauf quand Prodrive s’en mêle)

    Il faut bien que quelqu’un se dévoue pour maintenir un niveau de cynisme sain face à l’enthousiasme béat du monde moderne. Pendant que la foule s’émerveille devant les cryptomonnaies ou la lithothérapie, le rôle du journaliste automobile est souvent de cultiver une douce et réaliste déception.

    C’est donc avec un ricanement un brin désabusé que la nouvelle est tombée : vingt ans après avoir fait rugir le Dieselmax à 563 km/h (350 mph) sur le lac salé de Bonneville, le géant britannique du BTP JCB reprend le chemin de l’Utah. Cette fois, l’engin s’appelle Hydromax, carburation à l’hydrogène obligatoire. Et une fois de plus, le projet confie son volant à Andy Green, légendaire pilote de la RAF, désormais âgé de 63 ans.

    Sur le papier, la fiche technique impose le respect : 9,7 mètres de long, deux moteurs à hydrogène dérivés de la série développant une puissance combinée de 1 600 chevaux. C’est impressionnant, c’est britannique, c’est à la pointe de l’ingénierie… Et pourtant, la vérité est cruelle : tout le monde s’en fiche.

    La fin du mythe de la vitesse pure

    Il fut un temps où les records de vitesse terrestre paralysaient des nations entières. Au milieu du XXe siècle, les exploits de Sir Malcolm Campbell, de John Cobb ou de Henry Segrave faisaient la une des journaux et s’arrachaient en images à collectionner au fond des paquets de cigarettes. Franchir une barre symbolique sur l’asphalte ou le sel avait la même portée symbolique qu’une victoire militaire ou une conquête spatiale.

    Aujourd’hui, cet enthousiasme populaire s’est mué en un terrain vague désert où roule un buisson d’épineux. La jeunesse actuelle préfère purger les applications de son smartphone plutôt que de suivre la trajectoire rectiligne d’un cigare sur roues. La réalité commerciale et sociétale est impitoyable : JCB obtiendrait probablement dix fois plus d’écho médiatique en lançant une collection capsule de baskets de chantier à 900 euros qu’en pulvérisant un record de vitesse à l’hydrogène.

    L’effet Prodrive : Quand la passion l’emporte sur l’amertume

    Et pourtant, malgré ce cynisme soigneusement entretenu, le projet Hydromax possède une faille imparable dans sa carapace : la présence en coulisses de Prodrive.

    Pour l’ingénierie et le soutien logistique de cette fusée jaune, JCB s’est associé au célèbre préparateur basé à Banbury. Et pour tout passionné de sport automobile, Prodrive n’est pas une multinationale aseptisée. C’est l’équipe qui a forgé la légende de Subaru en WRC avec Colin McRae, Richard Burns et Petter Solberg, celle qui a collectionné les victoires de classe aux 24 Heures du Mans avec Aston Martin, et celle qui a mené Dacia vers les sommets du rallye-raid au Dakar.

    Chez Prodrive, l’atmosphère reste miraculeusement authentique :

    • David Richards (73 ans), fondateur et président, continue de déambuler chaque matin dans les ateliers, le sourire aux lèvres.
    • David Lapworth (70 ans), le cerveau technique qui a conçu les plus grands monstres du WRC, est toujours fidèle au poste.
    • Au milieu de leurs immenses installations le long de l’autoroute M40, l’esprit d’une petite équipe de rallye persiste : cela sent l’huile, le cambouis, les colliers de serrage en plastique et la mécanique de précision.

    Le cynisme a ses limites. On a beau clamer son indifférence totale pour le record du monde de vitesse à l’hydrogène, il est physiquement impossible de ne pas supporter un crayon jaune de 1 600 chevaux filant à toute allure sur le sel d’Utah.

    Finalement, peu importe que personne ne connaisse la valeur exacte du record actuel à l’hydrogène. Voir une bande d’ingénieurs britanniques chevronnés épauler un pilote quinquagénaire pour envoyer un monstre jaune de 1 600 ch à travers le désert de Bonneville reste un spectacle d’une noblesse rare. Un rappel brut et rafraîchissant que l’automobile, avant d’être une affaire d’émissions ou de marketing, demeure une formidable histoire de passionnés.

  • 25 ans plus tard, Prodrive va faire revive la Subaru Impreza WRC97

    25 ans plus tard, Prodrive va faire revive la Subaru Impreza WRC97

    Il aura fallu un peu plus de dix ans pour que le Championnat du Monde des Rallyes se redonne l’occasion de rêver à un avenir. Depuis la terrible année 1986, des mesures fortes avaient éloignées la majorité des constructeurs du plus haut niveau du rallye. Enfin, en 1997, la nouvelle règlementation World Rally Cars donne un nouvel élan.

    Regroupés au sein de la World Rally Team Association, les acteurs ne se concentrent pas tant sur la technique que sur le marketing. La discipline possède un très fort potentiel, mais le Groupe A – et ses affaires – ont bien failli tout casser.

    Tout le monde se met d’accord pour construire des épreuves de plus en plus en pétales pour créer une unité de lieu et, surtout, on autorise la création de voitures de course qui ne reprennent pas forcément une base de voiture de série 4 roues motrices, 2,0 litres turbo.

    C’est le signal. Ford et Subaru sont les premiers à présenter leurs Escort WRC et Impreza WRC. Dans l’ordre, Toyota, Seat, Skoda, Peugeot suivront, puis Hyundai, Mitsubishi, Citroën, Suzuki, MINI et Volkswagen… Un nouvel âge d’or.

    Le tout premier rallye de l’ère WRC est le Monte-Carlo 1997 avec les Ford Escort WRC et les Subaru Impreza WRC face aux Groupe A Mitsubishi Lancer Evo IV officielles et Toyota Celica GT-Four privées. La neige de la nuit et les pluies de la matinée de la première étape nivellent tout. Après deux jours, Sainz (Ford) compte trois secondes d’avance sur Mäkinen (Mitsubishi) et 24 sur Liatti (Subaru). Mäkinen passe en tête le troisième jour, mais c’est Liatti qui finit par s’imposer grâce à une dernière étape d’exception.

    C’est pour célébrer le 25e anniversaire de cette première saison de l’Impreza WRC que Prodrive – le préparateur britannique derrière tous les succès de Subaru en Championnat du Monde des Rallyes – va lancer une « P25 ».

    Débarrassée de la règlementation, la P25 va recevoir un moteur 4 cylindres boxer 2,5 litres de 400 chevaux, couplé à une boite de vitesses semi-automatique à six rapports avec commande par palettes au volant. Le châssis va être allégée grâce à de la fibre de carbone.

    25 exemplaires de ce modèle seront conçus par les mêmes hommes qu’en 1997, à savoir David Richards à la baguette, David Lapworth à la direction technique et Peter Stevens au style.

    Première apparition programmée à Goodwood pour le Festival of Speed en juin.

  • Volkswagen Golf CRC par Prodrive : l’autre WRC

    Volkswagen Golf CRC par Prodrive : l’autre WRC

    C’est tout nouveau c’est tout neuf : une nouvelle Golf arrive en rallyes. Non pas une WRC comme celle des Champions du monde Sébastien Ogier et Julien Ingrassia : il s’agit ici d’un développement tout spécial pour la Chine.

    Produite pour la Chine, ou plutôt pour FAW-VW. FAW-VW, c’est la joint-venture chino-allemande qui produit les VW en Chine, soit plus d’un million de modèles par an. Cette Golf CRC, pour Chinese Rally Championship, est développée et réalisée par la structure britannique Prodrive, structure qui était en charge des Subaru et MINI en Championnat du Monde des Rallyes. Leur expérience n’est donc plus à prouver.

    On le sait, une WRC existe déjà chez VW. Alors pourquoi développer cette Golf un peu spéciale ? En Chine, rien n’est comme ailleurs. La fédération chinoise a un règlement un peu différent de celles du reste du monde, d’où cette version un peu spéciale commandée à Prodrive. Mais n’ayez crainte, cette Golf révèle de nombreuses pièces communes à la réglementation WRC.

    De l’extérieur, cette Golf ressemble bien à une Golf 7. Elle est bien retravaillée, agressive, avec sa face avant offrant une gueule béante, des ailes larges et des ouïes d’air taillées à la serpe. Joli. Sous le capot, on retrouve un moteur 4 cylindres 2 litres, gavé par un turbo Garrett de 35 mm et géré par une gestion électronique Cosworth. Le tout offre 300 chevaux. La boîte de vitesses est une Xtrac 6 vitesses séquentielles, avec levier au volant. La transmission se fait aux 4 roues motrices et est commune à celles des Polo WRC, Fiesta WRC, i20 WRC. Pour les suspensions, Prodrive a travaillé avec Ohlins et Macpherson, que ce soit pour la terre ou l’asphalte. Cette teutonne ‘made in UK for China’ est d’une longeur de 4,26m pour une largeur de 1,82m et un poids mini de 1150kg. Le reste de l’équipement de cette Golf est commun à toutes les autres voitures de rallye : caisse à nue, arceau cage, sièges baquet etc.

    Cette Golf fera ses débuts le week-end prochain lors du Longyou rally, avec Chris Atkinson.

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