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  • Škoda Felicia Fun : Le pick-up « jaune moutarde » qui redonne le sourire à l’automobile

    Škoda Felicia Fun : Le pick-up « jaune moutarde » qui redonne le sourire à l’automobile

    À une époque où le paysage automobile urbain est saturé par l’uniformité des crossovers gris et des SUV familiaux lissés par les cliniques de marketing, regarder en arrière fait parfois un bien fou. À la fin des années 1990, les constructeurs cherchaient encore la formule magique pour séduire les amateurs de « loisirs de plein air ». C’est dans ce contexte, en 1998, que Škoda a dégainé l’un des ovnis les plus rafraîchissants et décalés de la décennie : la Felicia Fun.

    Une voiture incapable de passer inaperçue, peinte d’un jaune éclatant du sol au plafond, et dotée d’un tour de magie unique en son genre.

    Du véhicule de chantier à l’icône pop

    À l’origine, rien ne destinait ce modèle à devenir l’emblème de la coolitude des nineties. La base de travail est austère : la Škoda Felicia pick-up classique, un utilitaire pur et dur, habitué aux sacs de ciment et aux zones industrielles, produit dans l’usine de Kvasiny en République Tchèque.

    Mais pour créer la version « Fun », Škoda a injecté une dose massive d’excentricité à son utilitaire. Recouverte d’une teinte officiellement baptisée Jaune Fun (qui évoque immédiatement une célèbre marque de moutarde), la voiture s’est offert un kit carrosserie spécifique avec pare-buffle et barres de toit.

    Le souci du détail est poussé si loin que même le logo de la marque est modifié pour l’occasion : il arbore une petite grenouille coiffée d’une couronne, un clin d’œil direct au conte de fées de la princesse et du batracien.

    Le coup du canapé : un utilitaire 2+2 en 30 secondes

    Le véritable coup de génie de la Felicia Fun réside dans sa carrosserie modulable. À première vue, il s’agit d’un pick-up biplace classique doté d’une benne ouverte. Mais l’auto cache un véritable tour de passe-passe (ou Simply Clever avant l’heure) :

    • La cloison mobile : En déverrouillant deux loquets situés à l’arrière de la cabine, il est possible de faire coulisser la paroi arrière (la cloison de séparation) vers la benne.
    • Les places al fresco : Une fois la paroi reculée de quelques dizaines de centimètres, une banquette rabattable se déplie face au ciel.
    • La métamorphose : En à peine 30 secondes, ce petit utilitaire strict se transforme en un pick-up de loisirs à 4 places (2+2), offrant aux passagers arrière une garde au toit tout simplement infinie… et une exposition totale aux éléments.

    Fiche technique de la Škoda Felicia Fun

    CaractéristiqueSpécification officielle
    Moteur4-cylindres essence 1.6L (origine Volkswagen)
    Puissance75 ch
    Boîte de vitessesManuelle à 5 rapports
    Poids à vide1 110 kg
    0 à 100 km/h12,5 secondes
    Vitesse maximale162 km/h (101 mph)
    FreinageDisques à l’avant / Tambours à l’arrière

    Une overdose de jaune (et de bonne humeur)

    Si l’extérieur est intimidant de luminosité, l’habitacle relève de l’expérience psychédélique. Les designers de Mladá Boleslav ont appliqué le Jaune Fun sur absolument tous les éléments imaginables : le volant en cuir, le levier de vitesses et son soufflet, le frein à main, les cadrans du tableau de bord, les panneaux de portes, les pare-soleil, et jusqu’au centre des sièges en tissu et cuir.

    Sur la route, la Felicia Fun n’est évidemment pas une sportive. Avec 75 chevaux pour un poids plume de 1 110 kg, elle privilégie l’agilité et le couple à bas régime plutôt que les chronos. Son train avant sous-vireur et sa direction peu informative rappellent ses origines utilitaires, mais l’essentiel est ailleurs : elle distille un capital sympathie immédiat.

    L’héritage de l’audace

    La Felicia Fun rappelle une époque bénie où Volkswagen laissait sa filiale tchèque explorer des territoires baroques et audacieux. Elle a ouvert la voie à d’autres excentricités notables de la marque, comme le Roomster et ses espaces de vie asymétriques, la Fabia vRS (qui a popularisé la citadine sportive… diesel) ou encore le premier Yeti au style si affirmé.

    Initialement prévue pour une diffusion ultra-confidentielle, elle s’est arrachée à l’époque par centaines d’exemplaires auprès d’une clientèle séduite par son refus de se prendre au sérieux. Une preuve implacable qu’une excellente voiture n’est pas toujours le produit d’un groupe d’étude clinique ou d’un plan marketing rigide, mais parfois simplement le fruit d’une idée farfelue que personne n’avait vue venir.