Catégorie : BMW

  • Vision BMW Alpina : Le manifeste d’un nouvel empire à 300 000 euros

    Vision BMW Alpina : Le manifeste d’un nouvel empire à 300 000 euros

    C’est officiel depuis le Concorso d’Eleganza Villa d’Este : Alpina change de dimension. Fraîchement rachetée par BMW après soixante ans d’indépendance et de complicité technique, la marque de Buchloe dévoile son manifeste stylistique. Avec le concept-car Vision BMW Alpina, le groupe bavarois s’attaque frontalement à Bentley et Range Rover.

    Combler le gouffre entre BMW et Rolls-Royce

    Pendant des décennies, Alpina a fait le bonheur des connaisseurs en proposant des versions sublimées, plus rapides et infiniment plus confortables des Série 3 et Série 5. Mais sous la tutelle directe de Munich, la mission est désormais plus politique et haut de gamme.

    « Le caractère discret d’Alpina correspond parfaitement à ce segment. Nous voyons un grand espace vide entre le sommet de la gamme BMW et l’entrée de Rolls-Royce en matière de tarifs », confie Oliver Viellechner, le tout nouveau directeur de BMW Alpina. Le territoire visé ? La zone ultra-exclusive des 180 000 € à 300 000 €.

    Un V12 ou un V8 « pur » pour rassurer les puristes

    Le concept-car dévoilé sur les rives du lac de Côme est un somptueux coupé 2+2, plus court de 16 cm qu’une Série 7. Pour tracer cette ligne d’avenir, les designers (sous la direction de Maximilian Missoni, ex-Polestar désormais vice-président du design Alpina) se sont inspirés du mythique coupé B7 Turbo de 1978 et de son célèbre profil « Sharknose ».

    Mais c’est sous le capot que la surprise est la plus belle. Pas de batterie massive, pas d’hybridation complexe : le concept est propulsé par un V8 essence « pur ». Un choix dicté par la communauté. « Les moteurs à combustion peuvent jouer un rôle majeur ; c’est ce que nous demande notre communauté et c’est aussi ce que nous observons sur le marché », martèle Viellechner. Si l’électrification n’est pas exclue à terme, Alpina débutera sa nouvelle ère par ce qu’elle sait faire de mieux : la noblesse thermique.

    « La vitesse, pas le sport » : La philosophie du quotidien

    Pour rassurer les fans de la première heure qui craignent une dilution de l’ADN par le géant de Munich, la direction rappelle la différence fondamentale avec la division de course M de BMW : « La vitesse, pas le sport. » Les conducteurs d’Alpina ne cherchent pas à claquer des chronos sur circuit le week-end ; ce sont des hommes d’affaires discrets qui avalent plus de 200 000 km sur autoroute à des vitesses inavouables, dans un confort digne d’un salon de première classe.

    Pour preuve, si les jantes à 20 rayons (ici en 22 et 23 pouces) et les surpiqûres bleu et vert rappellent le passé, l’intérieur du concept propose un raffinement inédit : à l’arrière, les passagers disposent de verres en cristal maintenus en place par des aimants invisibles.

    Le calendrier : La Série 7 en éclaireur

    Le grand coupé Vision ne sera pas produit immédiatement en l’état. Le premier véritable modèle de cette nouvelle ère sera une Série 7 profondément revue, attendue dès la fin de l’année prochaine, capable de flirter avec les 300 km/h.

    Quant aux traditionnelles B3 et B5 basées sur les Série 3 et Série 5 qui représentent pourtant 90 % des ventes en Europe et au Japon, elles ne sont pas abandonnées mais mises de côté temporairement. BMW veut d’abord ancrer Alpina tout en haut de la pyramide du luxe, là où l’Amérique et le Moyen-Orient n’attendent que cela. À plus long terme, Viellechner imagine même des modèles exclusifs et ultra-limités spécifiquement développés pour Alpina, sans aucune base BMW existante. L’artisan est mort, vive le constructeur d’élite.


    Le saviez-vous ? La rivalité historique entre les préparateurs allemands des années 70 (Alpina, Schnitzer, Hartge) a poussé BMW à créer sa propre division M. Ironie de l’histoire, cinquante ans plus tard, c’est BMW qui intègre Alpina comme sa division de grand tourisme de luxe ultime.

    Selon vous, le discret blason d’Alpina a-t-il les épaules assez solides pour faire de l’ombre au classicisme statutaire de Bentley ou au luxe baroudeur de Range Rover ?

  • BMW Art Cars : Les 20 « sculptures roulantes » réunies à Munich pour un final historique

    BMW Art Cars : Les 20 « sculptures roulantes » réunies à Munich pour un final historique

    C’est un alignement de planètes — ou plutôt de chefs-d’œuvre — sans précédent. Pour célébrer le 50e anniversaire de sa célèbre collection, BMW réunit pour la toute première fois l’intégralité de ses 20 Art Cars sous le toit de verre du BMW Welt à Munich. Du 29 juillet au 31 August 2026, cette exposition record marque le point d’orgue d’une tournée mondiale monumentale.

    50 ans d’innovation, de Calder à Mehretu

    Tout a commencé en 1975 par un coup de génie du pilote français et commissaire-priseur Hervé Poulain. En collaboration avec Jochen Neerpasch (alors patron de BMW Motorsport), il invite l’artiste Alexander Calder à peindre sa BMW 3.0 CSL pour les 24 Heures du Mans. Le succès est immédiat : la voiture devient la coqueluche du public et lance une tradition unique au monde.

    Depuis cinq décennies, les plus grands noms de l’art contemporain se sont succédé pour transformer des carrosseries en toiles dynamiques : Andy Warhol et sa M1 peinte à la main en 23 minutes, Roy Lichtenstein, Jeff Koons, ou encore la dernière-née en 2024, la M Hybrid V8 de Julie Mehretu.

    Un voyage à travers l’histoire de l’art

    L’exposition titrée « BMW ART CARS – 20 ARTISTS, 50 YEARS OF INNOVATION » propose un véritable condensé des courants artistiques majeurs des 50 dernières années. Le visiteur pourra déambuler entre :

    • Le Pop Art de Warhol et Lichtenstein.
    • Le Minimalisme de Frank Stella.
    • L’Art Conceptuel et Digital représenté par Cao Fei ou John Baldessari.
    • L’Art Abstrait de Julie Mehretu.

    Le clou du spectacle : La glace d’Olafur Eliasson

    Parmi les 20 œuvres, le projet BMW H2R d’Olafur Eliasson (2007) constitue un événement technique à lui seul. Basée sur un prototype à hydrogène, cette œuvre ne peut être exposée que dans un environnement réfrigéré spécifique, transformant la voiture en une structure de glace figée. Ce n’est que la quatrième fois depuis sa création que cette installation complexe est présentée au public.

    Le grand final d’un tour du monde

    Cette exposition munichoise marque la fin du BMW Art Car World Tour. Depuis mars 2025, les voitures de la collection ont parcouru 30 pays sur 5 continents, s’arrêtant dans des lieux prestigieux comme Art Basel, Pebble Beach ou Rétromobile à Paris. Plus de 2 millions de visiteurs ont déjà admiré ces pièces lors de cette tournée anniversaire.

    Pour les passionnés d’automobile et d’art, c’est l’occasion unique de voir ces voitures, qui pour beaucoup ont limé le bitume du Mans ou des circuits de GT, figées dans leur splendeur esthétique.


    La liste complète des chefs-d’œuvre exposés :

    1. Calder (3.0 CSL, 1975) | 2. Stella (3.0 CSL, 1976) | 3. Lichtenstein (320i, 1977) | 4. Warhol (M1, 1979) | 5. Fuchs (635 CSi, 1982) | 6. Rauschenberg (635 CSi, 1986) | 7. Nelson (M3, 1989) | 8. Done (M3, 1989) | 9. Kayama (535i, 1990) | 10. Manrique (730i, 1990) | 11. Penck (Z1, 1991) | 12. Mahlangu (525i, 1991) | 13. Chia (M3 GTR, 1992) | 14. Hockney (850 CSi, 1995) | 15. Holzer (V12 LMR, 1999) | 16. Eliasson (H2R, 2007) | 17. Koons (M3 GT2, 2010) | 18. Cao Fei (M6 GT3, 2017) | 19. Baldessari (M6 GTLM, 2016) | 20. Mehretu (M Hybrid V8, 2024).

    Le saviez-vous ? La BMW M1 d’Andy Warhol est la seule de la collection à avoir été peinte directement par l’artiste lui-même sur la carrosserie sans passer par des maquettes ou des films adhésifs. On y voit encore les traces de ses doigts et de ses pinceaux dans la peinture fraîche.

  • 50 ans de la BMW Série 6 : Le « Nez de Requin » s’expose au Musée BMW

    50 ans de la BMW Série 6 : Le « Nez de Requin » s’expose au Musée BMW

    Après une année 2025 record avec plus de 847 000 visiteurs, le Musée BMW de Munich lance sa saison 2026 en fanfare. L’invitée d’honneur ? La mythique BMW Série 6 (E24), qui célèbre ses 50 ans à travers une exposition spéciale baptisée « Sharknose », ouverte jusqu’en janvier 2027.

    Une icône à la longévité exceptionnelle

    Lancée au printemps 1976, la première Série 6 n’était pas seulement un coupé de luxe ; c’était une déclaration d’intention signée par le designer français Paul Bracq. Avec son profil dynamique, sa surface vitrée généreuse et, bien sûr, son fameux « nez de requin » (Sharknose) incliné vers l’avant, elle a redéfini l’élégance sportive.

    Fait rare dans l’industrie, la première génération est restée au catalogue pendant 13 ans (jusqu’en 1989), un record de longévité pour un modèle de la marque. « Depuis cinq décennies, la Série 6 est un parangon d’élégance, de puissance et de confort sur longue distance », rappelle Helmut Käs, directeur de BMW Group Classic.

    La star du grand écran

    Dès l’entrée du musée, le ton est donné : une carrosserie de Série 6 semble « flotter » dans les airs, une mise en scène inspirée par la série Flying Cars du photographe français Sylvain Viau.

    L’exposition met particulièrement l’accent sur la carrière cinématographique du modèle. Caractérielle et avant-gardiste, la Série 6 a crevé l’écran dans des productions internationales comme Dallas ou Retour vers le Futur II, mais aussi dans de nombreuses séries policières allemandes (Tatort, Le Bulle de Tölz). Pour l’occasion, un plateau de tournage typique des années 70 a été recréé dans la Rotonde du musée, mettant en lumière deux versions emblématiques :

    • La 628CSi (1982) : L’un des plus grands succès commerciaux de la gamme, alliant grâce et technologie d’injection.
    • La M635CSi (1985) : Véritable légende motorisée par le bloc de la M1 (286 ch), elle était à l’époque la quatre-places la plus rapide du monde avec plus de 250 km/h en pointe.

    Art et Compétition

    La Série 6 ne s’est pas contentée de briller sur la Croisette ou sur l’Autobahn ; elle a aussi dominé les circuits. Championne d’Europe de Tourisme (Groupe A) en 1984 et 1986, elle a prouvé que son élégance n’entachait en rien sa rage de vaincre.

    Le volet culturel n’est pas oublié avec la présentation alternée de deux Art Cars célèbres basées sur la 635CSi :

    1. Ernst Fuchs (1982) : Baptisée « Firefox on Harehunt », c’est la première Art Car basée sur un modèle de série.
    2. Robert Rauschenberg (1986) : Une œuvre pop-art mélangeant photographies et culture quotidienne.

    Infos pratiques

    Si vous prévoyez un voyage à Munich cette année, l’exposition « Sharknose » se tient en parallèle de l’excellent programme « Belle Macchine » dédié au design italien chez BMW.

    • Lieu : Musée BMW, Munich.
    • Horaires : Du mardi au dimanche, de 10h00 à 18h00.
    • Durée : Jusqu’à fin janvier 2027.
  • Adieu AC Schnitzer : Le clap de fin pour le roi du tuning BMW

    Adieu AC Schnitzer : Le clap de fin pour le roi du tuning BMW

    C’est un jour de deuil pour les amoureux de l’hélice et du « tuning à l’allemande ». AC Schnitzer, le préparateur légendaire basé à Aix-la-Chapelle, a annoncé qu’il cesserait ses activités de préparation d’ici la fin de l’année 2026. Après presque 40 ans passés à sublimer les productions de Munich, le spécialiste jette l’éponge. Non pas par faillite, mais par lucidité.

    L’histoire avait commencé en 1987 avec une BMW Série 7 (E32) transfigurée. Depuis, celui que les intimes surnomment affectueusement « AC Schnitzel » est devenu le passage obligé pour tout propriétaire de BMW en quête d’exclusivité. Mais en 2026, le monde a changé, et le modèle économique du préparateur « à l’ancienne » semble s’être fracassé contre de nouveaux murs.

    Pourquoi un tel géant s’arrête-t-il ?

    Selon Rainer Vogel, directeur général d’ACS, la décision est purement rationnelle. Plusieurs facteurs ont rendu l’activité invivable :

    • La bureaucratie allemande : Les procédures d’homologation des pièces en Allemagne sont devenues d’une lenteur kafkaïenne. ACS se retrouvait à commercialiser ses kits 8 ou 9 mois après ses concurrents étrangers, perdant ainsi l’avantage du « premier arrivé ».
    • Le désamour des jeunes : C’est le constat le plus amer. Vogel souligne que la nouvelle génération de conducteurs ne partage plus la passion de leurs pères pour la modification sportive. La culture du tuning semble s’étioler face à de nouveaux usages de la mobilité.
    • La fin du thermique : L’abandon progressif des moteurs à combustion interne rend le métier de préparateur (centré sur l’échappement, la cartographie et la mécanique pure) beaucoup plus complexe et moins gratifiant.
    • La géopolitique : Hausse du coût des matières premières, droits de douane et volatilité des taux de change ont fini de peser sur la rentabilité de cette entreprise familiale.

    Un héritage gravé dans l’asphalte

    AC Schnitzer, ce n’était pas que des jantes à cinq branches (les mythiques Type I et Type II). C’était une présence massive en compétition et des records du monde qui ont marqué les esprits.

    Modèle IconiquePerformance / Record
    BMW E32 (1987)Le modèle fondateur qui a imposé le style ACS.
    BMW E63 M6 TensionRecord du monde de vitesse pour une BMW de route.
    BMW 335i GPLPreuve que l’on pouvait rouler propre et très vite (Record au gaz).
    GR Supra / MiniPreuve de l’ouverture d’esprit du préparateur au-delà de BMW.

    Quel avenir pour la marque ?

    Le groupe Kohl, maison mère d’AC Schnitzer, est actuellement en pourparlers pour vendre la marque. Le nom pourrait donc survivre sous une autre forme, mais l’esprit artisanal et l’expertise d’Aix-la-Chapelle tels qu’on les connaissait appartiendront bientôt au passé. Les stocks existants seront écoulés d’ici la fin de l’année 2026.

    « Prendre une décision rationnelle concernant un secteur d’activité aussi passionnel n’est pas chose aisée », confie Rainer Vogel. Mais la pérennité du groupe Kohl passait par ce sacrifice nécessaire.

    Pour nous, chez AUTOcult, c’est une page de l’histoire automobile allemande qui se déchire. AC Schnitzer a su prouver que l’on pouvait modifier une BMW pour la rendre plus efficace, plus belle et plus racée, sans jamais trahir l’ADN du constructeur.

  • De la blague à la piste : Le break BMW M3 Touring prend le départ des 24H du Nürburgring 2026 !

    De la blague à la piste : Le break BMW M3 Touring prend le départ des 24H du Nürburgring 2026 !

    Souvenez-vous du 1er avril 2025. BMW M Motorsport publiait sur ses réseaux les images d’un délirant break de course destiné au GT3. On en riait, on en rêvait… mais personne ne pensait que Munich oserait franchir le pas. Un an plus tard, en ce mois de mars 2026, la blague est devenue une réalité de métal et de carbone : la BMW M3 Touring 24H est née et elle s’apprête à dévorer l’Enfer Vert.

    C’est une annonce qui prouve que les constructeurs savent encore écouter leur communauté. Avec plus de 1,6 million de vues et un engagement record, le « poisson d’avril » de l’an dernier a forcé la main des ingénieurs. Huit mois de développement intensif plus tard, la firme bavaroise présente un engin qui n’a plus rien d’une plaisanterie.

    Une M4 GT3 EVO dans un corps de déménageur

    Sous sa silhouette de break familial, la M3 Touring 24H cache en réalité les dessous de la redoutable M4 GT3 EVO. Les caractéristiques techniques sont identiques, mais les proportions changent la donne :

    • Longueur : + 200 mm par rapport à la M4 GT3.
    • Hauteur : + 32 mm (aileron arrière inclus).
    • Base : Châssis de série de la M3 Touring, lourdement modifié pour la compétition.

    Le véhicule fera ses débuts officiels dès le week-end prochain lors de la deuxième manche de la NLS (Nürburgring Langstrecken Serie), avant de s’attaquer au monument : les 24 Heures du Nürburgring, les 16 et 17 mai 2026.


    Une livrée « Spéciale Fans »

    Pour souligner le lien avec sa communauté, BMW a paré la voiture d’une livrée unique pour les courses de préparation. Elle arbore fièrement une sélection de commentaires postés par les fans sous la publication originale du 1er avril 2025.

    « Vous en avez rêvé, nous l’avons fait » : un slogan qui claque comme une décharge de turbo dans la ligne droite de Döttinger Höhe.


    Quatre pilotes d’élite pour le « Cochon de course »

    Engagée dans la catégorie SPX (réservée aux véhicules non homologués en GT3 standard), la M3 Touring sera exploitée par le team Schubert Motorsport. L’équipage a de quoi faire trembler le peloton :

    1. Jens Klingmann (Allemagne)
    2. Ugo de Wilde (Belgique)
    3. Connor De Phillippi (USA)
    4. Neil Verhagen (USA)

    Même si elle ne pourra pas jouer la victoire au classement général face aux M4 GT3 de la catégorie reine SP9, l’objectif est ailleurs : assurer le spectacle et démontrer qu’un break peut être aussi compétitif qu’un coupé.

    L’avis d’AUTOcult

    C’est le genre d’initiative qui redonne le sourire. Dans un monde automobile souvent trop sérieux et régi par les tableurs Excel, voir BMW transformer un délire de réseaux sociaux en un bolide de course de 600 chevaux est un immense cadeau fait aux passionnés. Nous serons au bord de la Nordschleife en mai pour voir ce « super-break » défier les lois de la physique.

  • BMW M5 Cabriolet (E34) : L’histoire secrète du joyau qui n’a jamais vu le jour

    BMW M5 Cabriolet (E34) : L’histoire secrète du joyau qui n’a jamais vu le jour

    Dans le panthéon des « licornes » automobiles, la BMW M5 Cabriolet occupe une place à part. Longtemps restée au stade de rumeur de passionnés, l’existence de ce prototype est aujourd’hui documentée. En ce début d’année 2026, de nouveaux détails font surface : la M5 découvrable n’était pas qu’une simple étude de style, elle était à deux doigts (et une signature) d’entrer en concession. Voici pourquoi BMW a finalement débranché la prise.

    À la fin des années 80, l’ingénierie régnait en maître chez BMW. C’était l’époque où les ingénieurs concevaient la « machine ultime » et où les marketeurs devaient ensuite se débrouiller pour lui fixer un prix. C’est dans ce climat d’euphorie technologique qu’est née la BMW M5 Cabriolet (génération E34).

    À quelques mètres du stand de Genève

    L’information, confirmée récemment par BMWblog, est stupéfiante : la voiture était prête. Ce n’était pas un simple exercice de style bricolé dans un coin du garage M, mais un modèle entièrement développé, testé et validé.

    Mieux encore : un emplacement lui était réservé sur le stand BMW du Salon de Genève (vraisemblablement en 1989). Les brochures étaient prêtes, la logistique était en place. Pourtant, au dernier moment, le directoire de Munich a pris peur.


    Les deux raisons d’un « Non » historique

    Pourquoi avoir tué un modèle aussi prometteur ? Deux facteurs ont pesé lourd dans la balance :

    1. Le prix exorbitant : À l’époque, BMW estimait le prix de vente à 500 000 francs. Pour vous donner une idée, après correction de l’inflation, cela représenterait environ 150 000 euros aujourd’hui. Un tarif stratosphérique qui plaçait la M5 dans une niche trop étroite.
    2. La peur du « cannibalisme » : La M3 Cabriolet (E30) venait de débarquer sur le marché. Elle générait des marges confortables et BMW craignait que la M5 ne vienne voler les clients de sa petite sœur, plus agile et déjà culte.

    Le défi industriel : Une coque sans base

    Il y a une raison technique plus profonde souvent oubliée : la Série 5 E34 n’existait pas en cabriolet standard.

    Contrairement à la Série 3, où la version M utilise la structure renforcée des modèles de grande série (318i, 325i), BMW aurait dû produire une coque spécifique uniquement pour la M5 Cabriolet. Sans volume de vente pour amortir les coûts de développement d’un châssis découvrable, l’équation financière devenait suicidaire.

    CaractéristiqueBMW M5 Cabriolet (E34 Prototype)
    Moteur6 cylindres en ligne (S38) – 3,6 Litres
    Puissance315 ch
    Poids estimé~ 1 750 kg
    TransmissionManuelle 5 rapports

    La suite de l’histoire

    Le rêve d’une grande découvrable Motorsport a finalement été mis au placard pendant près de 20 ans. Il faudra attendre 2006 pour voir apparaître une héritière spirituelle : la M6 Cabriolet (E64). Basée sur la plateforme de la Série 5, elle reprenait la recette tant espérée : un grand cabriolet de luxe, un moteur de M5 (le légendaire V10 atmosphérique) et des performances de supercar.

    Aujourd’hui, le prototype de la M5 E34 Cabriolet repose dans les réserves secrètes de BMW Classic. Une voiture magnifique, dotée d’un moteur dont la mélodie reste inégalée, mais qui nous rappelle que même chez les passionnés de Motorsport, c’est toujours la comptabilité qui a le dernier mot.

  • BMW M1 : Le seul « trafic » de compteur légal (et génial) signé BMW Classic

    BMW M1 : Le seul « trafic » de compteur légal (et génial) signé BMW Classic

    D’ordinaire, tomber sur une voiture de collection affichant 1 km au compteur déclenche une alerte immédiate au département des fraudes. Mais quand c’est BMW Classic qui remet les pendules à l’heure, cela devient l’argument de vente ultime. Voici l’histoire d’une BMW M1 qui a triché avec le temps pour mieux renaître.

    Dans le monde de la collection, le destin d’une voiture tient à deux chiffres : sa rareté et le coût des réparations. Si une Série 1 diesel de 300 000 km finit à la casse pour une aile froissée, une BMW M1 (produite à seulement 399 exemplaires de route) est, par définition, virtuellement immortelle.

    Le crash de la Villa d’Este : De la tragédie à l’opportunité

    Tout commence en 2013 lors du prestigieux concours d’élégance de la Villa d’Este. Une M1 y est impliquée dans un accident sérieux. Pour n’importe quelle autre voiture, c’eût été la fin. Mais pour BMW, co-organisateur de l’événement, c’est devenu un projet de démonstration de force pour son département BMW Classic.

    Plutôt que de simplement « redresser la tôle », le constructeur a opté pour une reconstruction totale. On ne parle pas ici d’une restauration à 10 000 €, mais d’un processus chirurgical :

    • Châssis et plancher : Remis à neuf selon les plans d’usine originaux.
    • Moteur M88/1 : Le 6 cylindres de 3,5 litres assemblé à la main a été entièrement reconstruit.
    • Composants : Exit les pièces d’occasion ; presque tout ce qui pouvait être remplacé par du « neuf d’époque » ou refabriqué l’a été.

    1 km au compteur : Un « Reset » historique

    Le détail qui fait jaser la planète auto ? BMW a officiellement réinitialisé le compteur kilométrique à 1 kilomètre.

    « Réinitialiser un compteur est généralement un acte passible de poursuites. Mais quand c’est le fabricant lui-même qui certifie que chaque boulon, chaque joint et chaque réglage sortent de l’usine pour la seconde fois, cela devient un certificat de naissance. »

    Cette approche rappelle celle de Porsche avec certaines Carrera GT, transformant une voiture « restaurée » en une voiture « neuve de 45 ans ». C’est une distinction subtile mais capitale pour la valeur sur le marché.

    Pourquoi la M1 mérite un tel traitement ?

    Dessinée par le génie Giorgetto Giugiaro, construite à l’origine via une collaboration complexe entre Lamborghini, Baur et BMW, la M1 est la mère de toute la lignée ///M. Sans elle, pas de M3, pas de M5, et encore moins de pack M sur un diesel de fonction.

    Avec ses 277 ch (à l’époque) et son architecture à moteur central, elle reste l’une des supercars les plus utilisables et les plus élégantes de l’histoire. En confiant cette reconstruction à BMW Classic, le propriétaire s’assure une traçabilité parfaite.

    En résumé : Cette M1 n’est plus une voiture de 1980 avec un accident au dossier. C’est une voiture de 2026, construite selon les standards de 1980. Et ça, ça n’a pas de prix (ou alors, un prix avec beaucoup de zéros).

  • Rétromobile 2026 : Une exposition historique réunit les 7 BMW Art Cars du Mans pour un double anniversaire !

    Rétromobile 2026 : Une exposition historique réunit les 7 BMW Art Cars du Mans pour un double anniversaire !


    C’est l’alignement des planètes que tous les amateurs d’art et d’automobile attendaient. En 2026, le salon Rétromobile souffle ses 50 bougies. Et pour marquer le coup, il s’offre un cadeau royal : la célébration des 50 ans de la collection BMW Art Cars. Pour l’occasion, Paris accueille une exposition inédite rassemblant les sept voitures légendaires qui ont limé le bitume des 24 Heures du Mans.

    L’art contemporain et l’odeur de l’essence et de la gomme brûlée font-ils bon ménage ? La réponse est un grand « OUI », et on le doit à une idée folle née en 1975. Hervé Poulain, commissaire-priseur passionné et pilote à ses heures, a eu l’intuition de confier la carrosserie d’une voiture de course à un artiste. 50 ans plus tard, cette initiative est devenue une légende : les BMW Art Cars.

    Les « Sept Magnifiques » réunies pour la première fois en France

    Dans le cadre du BMW Art Car World Tour (qui est passé par Johannesburg, Hong Kong ou Munich), l’escale parisienne à Rétromobile (du 28 janvier au 1er février 2026) est exceptionnelle. Pourquoi ? Parce que BMW réunit, pour la toute première fois en France, les sept modèles spécifiques qui ont affronté l’épreuve des 24 Heures du Mans. Ce ne sont pas des maquettes, ce sont des guerrières de la piste habillées par les plus grands maîtres de l’art moderne.

    Sur le stand, conçu comme un « garage de légende », vous pourrez admirer :

    1. BMW 3.0 CSL (1975) par Alexander Calder : La pionnière, celle par qui tout a commencé.
    2. BMW 3.0 CSL (1976) par Frank Stella : L’art du papier millimétré sur une bête de course.
    3. BMW 320i Turbo (1977) par Roy Lichtenstein : Le Pop Art à 300 km/h.
    4. BMW M1 (1979) par Andy Warhol : La plus célèbre, peinte à la main par l’artiste lui-même directement sur la carrosserie en quelques minutes.
    5. BMW V12 LMR (1999) par Jenny Holzer : Des messages militants sur un prototype victorieux.
    6. BMW M3 GT2 (2010) par Jeff Koons : Une explosion de couleurs simulant la vitesse.
    7. BMW M Hybrid V8 (2024) par Julie Mehretu : La dernière-née, l’Hypercar abstraite.

    Un avant-goût gratuit à la Concorde

    Si vous ne pouvez pas attendre l’ouverture du salon Porte de Versailles, BMW vous offre un cadeau. La toute première Art Car, la BMW 3.0 CSL d’Alexander Calder, est exposée en accès libre dans la cour de l’Hôtel de la Marine (Place de la Concorde) jusqu’au 26 janvier. Présentée sous un dôme transparent, elle permet d’admirer le trait de génie de Calder dans un cadre architectural somptueux.

    La rencontre de deux cinquantenaires

    Romain Grabowski, le directeur de Rétromobile, ne cache pas son enthousiasme : « Plus que jamais, nous sommes impatients de dévoiler cette exposition. C’est l’occasion ne pouvait être plus appropriée : les 50 ans du salon et le 50e anniversaire de la collection. »

    Que vous soyez passionné par l’histoire du Mans ou amateur d’art contemporain, ce stand sera le passage obligé de l’édition 2026. Voir une Andy Warhol ou une Jeff Koons dans un musée est une chose ; les voir avec les stigmates de la course en est une autre.

  • Nelson Piquet retrouve la Brabham-BMW BT52 : hommage à Estoril pour un champion hors du temps

    Nelson Piquet retrouve la Brabham-BMW BT52 : hommage à Estoril pour un champion hors du temps

    Le rugissement du quatre cylindres turbo BMW a de nouveau résonné sur le bitume d’Estoril. Le dernier week-end d’août, le légendaire circuit portugais — théâtre du premier Grand Prix du Portugal moderne en 1984 — a vu revenir l’un de ses héros : Nelson Piquet, triple champion du monde de Formule 1. À l’occasion d’un événement organisé par Dener Motorsports, en hommage au pilote brésilien, BMW Group Classic a sorti deux joyaux de son patrimoine sportif : la Brabham BMW BT52 Turbo de 1983 et la BMW M1 Procar de 1980. Deux voitures emblématiques, deux chapitres majeurs de la carrière de Piquet, réunis pour ce qui pourrait bien être sa dernière danse au volant d’une F1 BMW.

    Un retour chargé d’émotion

    Le week-end avait tout d’une réunion de famille. Autour de Nelson Piquet, on retrouvait Bernie Ecclestone, patron du team Brabham à l’époque, Gordon Murray, le génial concepteur de la BT52, ainsi que plusieurs anciens mécaniciens du team, venus spécialement pour l’occasion. Tous avaient rendez-vous à Estoril, non loin de Lisbonne, sur un tracé qui symbolise les grandes heures de la Formule 1 des années 1980.

    BMW Group Classic, fidèle gardien du patrimoine de la marque, a préparé les deux voitures avec le soin d’un horloger. Les mécaniciens du département historique ont assuré la remise en route et le suivi technique sur place, afin que tout soit parfait pour le grand moment : le retour de Nelson Piquet derrière le volant de sa Brabham BT52, la monoplace qui lui avait offert son deuxième titre mondial, et le tout premier pour un moteur turbo en Formule 1.

    La BT52 : une légende de l’ère turbo

    Présentée en 1983, la BT52 marquait une rupture technique et esthétique. Gordon Murray avait dû redessiner la voiture en urgence après l’interdiction des jupes et de l’effet de sol. Le résultat : un châssis plus court, un centre de gravité reculé, et surtout un moteur BMW M12/13, un 1,5 litre quatre cylindres turbo dérivé d’un bloc de série issu de la 2002. Capable de délivrer plus de 800 chevaux en configuration course et plus de 1 200 chevaux en qualifications, ce moteur a fait entrer BMW dans la légende.

    Avec cette combinaison explosive, Nelson Piquet a remporté trois Grands Prix en 1983 (Brésil, Italie, Europe) et le titre mondial au terme d’une saison marquée par la fiabilité du moteur et la cohésion exceptionnelle entre Brabham et BMW. « Le moteur BMW a tout changé, se souvient Piquet. Nous avons beaucoup travaillé en 1982 pour être prêts l’année suivante. C’était une période fantastique. »

    À Estoril, plus de quarante ans plus tard, le Brésilien a repris place dans le cockpit étroit de la BT52, casque sur la tête et sourire aux lèvres. Après un shakedown pour retrouver les sensations, il a effectué plusieurs tours d’honneur, dans un mélange d’élégance et de nostalgie.

    Une vie de course avec BMW

    Avant la Formule 1, Nelson Piquet avait déjà bâti un lien fort avec BMW. En 1980, il remportait la BMW Procar Series, un championnat monomarque opposant les meilleurs pilotes du monde au volant de la spectaculaire BMW M1 Procar, conçue par Paul Rosche et développée par le département compétition de Munich. Cette même année, il décrochait également une victoire de prestige aux 1000 km du Nürburgring, sur une M1 Groupe 5 partagée avec Hans-Joachim Stuck.

    Entre 1982 et 1985, il disputa ensuite quatre saisons de F1 avec des Brabham-BMW Turbo. Son palmarès avec le constructeur bavarois reste impressionnant :

    • 1982 : 11e du championnat (Brabham BT50)
    • 1983 : Champion du monde (BT52)
    • 1984 : 5e (BT53)
    • 1985 : 8e (BT54)

    En tout, Piquet compte 23 victoires en 204 Grands Prix, dont 7 pour BMW, et trois titres mondiaux (1981, 1983 et 1987).

    Un hommage à la démesure

    L’événement d’Estoril s’est voulu à la fois intimiste et spectaculaire. Les spectateurs ont pu approcher les deux machines mythiques, restaurées dans leur configuration d’époque, avec leurs livrées emblématiques Parmalat et BMW Motorsport. Après sa démonstration, Piquet a longuement échangé avec les anciens membres de son équipe. « Revoir cette voiture aujourd’hui, c’est revoir une œuvre d’art. Elle était belle, elle l’est toujours. C’était la plus belle période de ma vie », a-t-il confié.

    Pour BMW Group Classic, cette apparition marquait la deuxième sortie publique de la BT52 en 2025, après le Festival of Speed de Goodwood en juillet. Rarement une monoplace historique n’aura été aussi précieusement conservée et remise en état de marche.

    Une dernière fois au volant

    La dernière fois que Nelson Piquet avait conduit la Brabham BT52 remontait à 2015, lors d’un événement de légendes à Spielberg, en Autriche. Dix ans plus tard, le Brésilien de 73 ans a fait le voyage depuis Brasília pour retrouver sa machine. Il y a sans doute vu une forme de conclusion symbolique à son histoire avec BMW : une aventure technique et humaine, faite de passion, de défi et de vitesse pure.

    « À l’époque, gérer la puissance n’avait rien d’extraordinaire », sourit Piquet. « Aujourd’hui, c’est une autre histoire. Je freine beaucoup plus tôt qu’avant. »

    Une phrase qui résume à elle seule tout le contraste entre la F1 d’hier et celle d’aujourd’hui. Un temps où la mécanique avait encore des colères, où les pilotes apprivoisaient des bêtes de 800 chevaux sans assistance. À Estoril, Nelson Piquet a retrouvé cette part de folie. Une dernière fois, peut-être. Mais certainement pas sans émotion.

  • BMW 550i Touring E61 et autres plaisirs discrets : quand l’underdog a plus de saveur que la star

    BMW 550i Touring E61 et autres plaisirs discrets : quand l’underdog a plus de saveur que la star

    Depuis son lancement dans les années 1980, la BMW M5 s’est imposée comme la référence ultime de la Série 5. Puissance démesurée, comportement affûté, aura mythique : elle a toujours incarné le sommet de la gamme. Mais avec le temps, le statut de Q-car — cette élégance discrète qui cachait une mécanique volcanique — s’est dilué. Les dernières générations sont devenues si extrêmes qu’elles en perdent une partie de leur charme originel. Plus lourdes, plus complexes, difficilement exploitables au quotidien… et désormais proposées à plus de 110 000 €. De quoi redonner une vraie légitimité aux versions dites « inférieures », bien plus vivables.

    La surprise d’un parking : une 550i au lieu d’une banale 520d

    C’est en apercevant, dans un simple parking, une Série 5 Touring E61 chaussée de jantes imposantes qu’un doute est né. De loin, on pense à une sobre 520d. Mais en s’approchant, la découverte est autrement plus enthousiasmante : il s’agit d’une 550i. Un modèle pour lequel beaucoup ont toujours eu un faible. Pourquoi ? Parce qu’il concentre presque toutes les qualités d’une M5… sans ses excès.

    Quand la M5 se montrait trop excessive

    Au milieu des années 2000, la M5 E60 faisait figure de bête sauvage. Un V10 5,0 litres hurlant à 8250 tr/min, une boîte robotisée SMG mal-aimée et une soif insatiable pour le sans-plomb 98. Lors d’un essai presse en 2005, l’auto n’avait tenu qu’une centaine de kilomètres sur un circuit routier avant qu’une équipe d’assistance ne soit contrainte de refaire le plein, son réservoir étant identique à celui d’une 520d. Puissante, démoniaque, mais peu adaptée au quotidien.

    Face à elle, la 550i jouait la carte du V8 atmosphérique de 4,8 litres. Moins extrême, plus souple, bien plus endurante sur route, et disponible avec une boîte automatique classique ou même une manuelle. Avec ses 361 chevaux, elle offrait des performances largement suffisantes, un confort accru et, surtout, une discrétion bienvenue face aux regards indiscrets… ou à l’attention des forces de l’ordre.

    L’attrait des secondes lignes

    La 550i Touring E61 n’est pas un cas isolé. Dans l’histoire automobile, les modèles juste en dessous du sommet ont souvent un charme particulier.

    • Volkswagen Golf GTI vs Golf R : la GTI se montre plus légère, plus joueuse, moins coûteuse à entretenir.
    • Peugeot 205 XS vs 205 GTi : la XS, avec son 1.4 vif et sa boîte courte, exige de conserver l’élan, offrant une expérience de pilotage plus pure qu’une GTi.
    • Ford Fiesta XR2i vs RS Turbo : quand la XR2i reste homogène et agréable, la RS Turbo sombre dans un torque steer caricatural.
    • Audi R8 V8 vs V10 : plus équilibrée et plus agile, la version huit cylindres séduit les puristes davantage que sa déclinaison V10 trop lourde.
    • BMW M340i vs M3 : aujourd’hui, la M340i s’impose comme l’héritière spirituelle de la fameuse 335d reprogrammée, en conjuguant performances de haut niveau et polyvalence.

    Dans chaque cas, les versions « en dessous » parviennent à séduire par leur authenticité, leur facilité d’usage et leur rapport plaisir/quotidien imbattable.

    La rareté comme ultime atout

    Il existe aussi un paradoxe de la collection : la star survit souvent mieux que son ombre.

    L’éloge de l’underdog

    Les versions phares brillent par leurs chiffres de puissance, leurs performances brutes et leur statut. Mais elles s’avèrent souvent trop chères, trop lourdes, trop compliquées, trop tape-à-l’œil. Les variantes juste en dessous, elles, combinent équilibre, discrétion et authenticité. Elles incarnent ce que l’automobile peut avoir de plus attachant : de la performance suffisante, du plaisir de conduite réel, et ce petit supplément d’âme qui naît quand on choisit l’underdog.

    Alors oui, toutes nos félicitations à la BMW 550i Touring E61, et à toutes ces « secondes meilleures » qui, au quotidien, se révèlent parfois bien plus désirables que les reines de la gamme.

  • Art in motion : les BMW Art Cars au Goodwood Revival 2025

    Art in motion : les BMW Art Cars au Goodwood Revival 2025

    Le Goodwood Revival 2025 (12-14 septembre) fera la part belle à l’art automobile en accueillant cinq des plus célèbres BMW Art Cars. Ces sculptures roulantes, nées il y a cinquante ans, viendront illuminer l’Earls Court Motor Show dans le cadre du BMW Art Car World Tour, une tournée mondiale célébrant l’anniversaire d’une collection devenue mythique.

    Depuis 1975, BMW a offert à certains des plus grands artistes contemporains une toile pour le moins inhabituelle : une automobile. L’idée est simple mais puissante : transformer la carrosserie en support d’expression artistique, tout en respectant l’ADN technique et parfois même sportif du modèle de base. De Frank Stella à Andy Warhol, de Roy Lichtenstein à Jeff Koons, en passant par David Hockney, vingt créations uniques sont ainsi nées, devenues autant d’icônes que de jalons dans l’histoire du design et de l’art contemporain.

    L’art et la course, main dans la main

    Ce qui distingue la démarche des BMW Art Cars, c’est leur rapport intime avec la compétition automobile. Dès l’origine, l’idée de l’artiste et pilote amateur Hervé Poulain était de faire courir une œuvre d’art aux 24 Heures du Mans. Ainsi, plusieurs Art Cars ont été directement engagées en course, confrontant la création artistique à la réalité brutale des 300 km/h, des relais de nuit et des drapeaux à damiers. Une rencontre unique entre esthétisme et performance mécanique.

    Aujourd’hui, cette collection incarne bien plus qu’une simple opération de communication. Elle symbolise la manière dont l’automobile, invention industrielle vieille de près de 140 ans, s’est imposée comme objet d’inspiration artistique universelle. Critiquée ou célébrée, elle est devenue une muse pour des générations de créateurs.

    Les cinq Art Cars de Goodwood Revival 2025

    À l’occasion du Revival, cinq modèles emblématiques feront halte à Goodwood :

    • 1976 | Frank Stella – BMW 3.0 CSL
      Deuxième Art Car de l’histoire, la 3.0 CSL de Frank Stella transpose le vocabulaire graphique de l’artiste dans une grille de lignes noires et blanches, rappelant les plans techniques du coupé bavarois. Véritable légende du Mans, la 3.0 CSL de Stella associait esthétique conceptuelle et mécanique de 750 chevaux.
    • 1977 | Roy Lichtenstein – BMW 320i Turbo
      Un an plus tard, le pape du Pop Art habille une 320i Turbo de ses célèbres “Ben Day dots”. Engagée aux 24 Heures du Mans par Hervé Poulain et Marcel Mignot, la voiture roulante devient une bande dessinée géante, évoquant la vitesse et le mouvement à travers un langage visuel immédiatement reconnaissable.
    • 1982 | Ernst Fuchs – BMW 635 CSi
      Surnommée Fire Fox on a Hare Hunt, cette cinquième Art Car est la première à reposer sur un modèle de série. L’Autrichien Ernst Fuchs applique à la 635 CSi une vision onirique et flamboyante, à mille lieues de l’austérité technologique allemande.
    • 1995 | David Hockney – BMW 850 CSi
      Le Britannique David Hockney s’attache à révéler l’intérieur et l’âme de la voiture, transformant la 850 CSi en métaphore roulante. La silhouette d’un conducteur esquissée sur la porte, ou encore une prise d’air stylisée, incitent à regarder au-delà de la surface, comme pour dévoiler l’esprit mécanique qui anime le coupé V12.
    • 2010 | Jeff Koons – BMW M3 GT2
      Avec Koons, le Pop Art fait son retour dans la collection. Sur la carrosserie de la M3 GT2, l’artiste américain applique une explosion de couleurs vives, dynamiques, contrastées, traduisant la vitesse et l’énergie du sport automobile. Même immobile, la voiture semble bondir hors du stand.

    Une tournée mondiale pour un demi-siècle de création

    Le Goodwood Revival n’est qu’une étape de ce BMW Art Car World Tour, une célébration itinérante destinée à rappeler la portée culturelle de la collection. En un demi-siècle, ces vingt Art Cars sont devenues des pièces de musée autant que des symboles du dialogue entre art et automobile. Elles circulent désormais dans les plus grandes expositions d’art, mais trouvent aussi leur place dans des rendez-vous où l’automobile est reine, comme à Goodwood.

    Dans un monde où la voiture doit constamment redéfinir son rôle – objet de désir, vecteur de mobilité, enjeu environnemental – la démarche des BMW Art Cars résonne encore avec une force particulière. Elle rappelle que l’automobile peut dépasser sa fonction utilitaire pour devenir un objet culturel, esthétique et émotionnel.

    Et à Goodwood, sous les projecteurs du Revival, l’art et la mécanique continuent de rouler main dans la main.

  • Rétromobile et les BMW Art Cars fêtent ensemble un demi-siècle

    Rétromobile et les BMW Art Cars fêtent ensemble un demi-siècle

    En 2026, Paris deviendra la capitale mondiale de l’art automobile. D’un côté, le salon Rétromobile célèbrera son 50e anniversaire. De l’autre, BMW honorera cinq décennies de sa collection mythique des Art Cars. Pour marquer ce double jubilé, un événement unique aura lieu au Parc des Expositions de la Porte de Versailles : la réunion, pour la première fois en France, de toutes les BMW Art Cars ayant pris le départ des 24 Heures du Mans.

    Le Mans dans les allées de Rétromobile

    Il y a quelque chose d’éminemment symbolique à voir ces voitures réunies, non pas dans le vacarme de la Sarthe, mais sous les projecteurs feutrés d’un salon parisien. Depuis la BMW 3.0 CSL d’Alexander Calder en 1975 jusqu’à la BMW M Hybrid V8 de Julie Mehretu en 2024, sept voitures racées et radicales seront exposées :

    • BMW 3.0 CSL (1975) par Alexander Calder
    • BMW 3.0 CSL (1976) par Frank Stella
    • BMW 320i Turbo (1977) par Roy Lichtenstein
    • BMW M1 (1979) par Andy Warhol
    • BMW V12 LMR (1999) par Jenny Holzer
    • BMW M3 GT2 (2010) par Jeff Koons
    • BMW M Hybrid V8 (2024) par Julie Mehretu

    « Réunir ces Art Cars du Mans à Paris est plus qu’un hommage », explique Helmut Kaes, directeur de BMW Group Classic. « C’est une déclaration : sur le courage, la créativité et le pouvoir des idées radicales qui continuent de rouler — même 50 ans après. »

    Une histoire née d’un pari audacieux

    Tout commence en 1975, lorsque le pilote français Hervé Poulain, passionné d’art contemporain, imagine de faire peindre une voiture de course par un artiste. Avec Jochen Neerpasch, patron du département Motorsport de BMW, il convainc son ami Alexander Calder de se lancer. La 3.0 CSL bariolée de formes colorées s’élance alors aux 24 Heures du Mans. Elle ne remporte pas l’épreuve, mais marque les esprits : le public découvre qu’une voiture de compétition peut aussi être une œuvre d’art.

    De là naît une tradition : Frank Stella, Roy Lichtenstein, Andy Warhol et tant d’autres apportent leur vision. Warhol peindra lui-même sa M1 en moins de 30 minutes, estimant que la vitesse de son geste devait refléter celle de l’auto. Plus tard, Jenny Holzer inscrit ses slogans incisifs sur le prototype V12 LMR, Jeff Koons dynamise une M3 GT2 en 2010 et Julie Mehretu, tout récemment, transpose son univers graphique sur l’hypercar hybride destinée au Mans.

    Une collection itinérante et planétaire

    Pour célébrer ce demi-siècle, BMW a lancé en 2025 une Art Car World Tour, une tournée mondiale qui passera par plus de vingt marchés et cinq continents. Après un lancement spectaculaire en mars 2025, les œuvres roulantes voyageront jusqu’à la fin de 2026, avec des étapes prestigieuses : Pebble Beach aux États-Unis, le Zoute Grand Prix en Belgique, Marrakech au Maroc, Istanbul en Turquie, Milan en Italie… et désormais Paris pour l’un des points d’orgue de cette odyssée.

    Rétromobile 2026 : une édition hors norme

    Fondé en 1976, le salon Rétromobile est devenu en un demi-siècle le rendez-vous incontournable des passionnés d’automobiles anciennes. Pour son cinquantenaire, les organisateurs voient grand. Quatre expositions exclusives sont prévues à Paris, dont cette rétrospective unique consacrée aux BMW Art Cars. Mais l’événement s’exportera aussi pour la première fois à l’étranger : Rétromobile New York, en novembre 2026, marquera l’ouverture d’un nouveau chapitre. Et à Paris, un tout nouvel espace, l’Ultimate Supercar Garage, mettra en lumière le phénomène contemporain des supercars modernes.

    « Quel meilleur thème que les Art Cars pour fêter le 50e anniversaire de Rétromobile ? » souligne Romain Grabowski, directeur du salon. « Nous sommes fiers de dévoiler aujourd’hui l’affiche officielle de l’édition 2026 et de proposer aux visiteurs cette exposition inédite. Merci à BMW pour sa confiance et ce partenariat autour d’une aventure humaine, technique et artistique hors du commun. »

    Quand l’art et la vitesse se rencontrent

    Depuis 1975, la collection des BMW Art Cars a démontré qu’une automobile pouvait être bien plus qu’un simple moyen de locomotion ou une machine de performance : un médium artistique à part entière. Les plus grands noms de l’art contemporain s’y sont succédé — de Robert Rauschenberg à David Hockney, d’Esther Mahlangu à Ólafur Elíasson, jusqu’aux plus récents John Baldessari et Cao Fei. Certains modèles ont roulé, d’autres sont restés immobiles, mais tous témoignent de cette alliance entre design, vitesse et imagination.

    En 2026, en plein cœur de Paris, les visiteurs de Rétromobile auront l’occasion rare de contempler les sept Art Cars qui ont osé s’affronter au Mans. Des « sculptures roulantes », comme les qualifie BMW, qui rappellent que l’automobile est un langage universel, capable de croiser l’art, la technique et l’émotion.