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J’aime le CO2

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J’aime le CO2

Oui, j’aime le CO2. J’en consomme chaque jour en respirant et même en buvant des boissons dites gazeuses. J’aime le CO2 que je rejette après avoir respiré comme n’importe qu’elle plante. J’aime le CO2 qui sort de l’échappement d’une voiture sportive !

Imaginons un Etat qui ne serait plus capable de rembourser sa dette autrement qu’en accumulant de nouvelles dettes. Un Etat qui ne parviendrait pas à se réformer pour diviser ses dépenses. Imaginons un Etat qui recherchait tant de nouvelles taxes qu’il mettrait en application une loi sur la consommation de l’air par les humains. Face à la difficulté de calculer ce qu’un humain est en mesure d’absorber, un système serait imaginé pour évaluer la quantité de rejet d’une certaine molécule lors d’un effort donné. Chaque humain serait donc testé pour compter la masse de CO2 (par exemple) rejetée dans l’atmosphère. Et taxé en fonction des résultats. Délirant, non ?

Relisons ce paragraphe, éliminons le conditionnel par de l’indicatif présent et le terme « humain » par « automobile ». Bienvenue en France !

Oui, l’Etat français a décidé de taxer les véhicules selon leur rejet de CO2 à partir de 2008. N’importe quel élève de lycée trouverait ça d’une débilité profonde…

Je ne vais pas tenter de faire croire à quiconque qu’une voiture ne pollue pas. Le green washing ne passera pas par moi. Une voiture pollue, point. Mais elle ne pollue pas en produisant du CO2 ! Pour les cancres du dernier rang des cours de Science de la Vie et de la Terre, une forêt à l’équilibre produit autant de CO2 qu’elle n’en consomme. D’ici à ce que l’on nous invente une taxe sur les arbres…

Au lieu de s’attaquer aux particules fines (PM) ou au dioxyde d’azote (NO2), particulièrement dangereux et dont la concentration est en hausse, l’Etat a préféré compter le CO2.

Pire, les nouvelles normes européennes visant à développer les filtres à particules sur les moteurs Diesel englobent un ensemble de NOx… Les catalyseurs transforment donc le NO relativement inoffensif en NO2 cancérigène pour passer ces tests.

Résultat, on se retrouve avec des campagnes de publicité ventant les mérites d’une voiture qui ne rejetterait que 119 grammes, 99 grammes ou 89 grammes de CO2 par kilomètres. Une belle jambe quand le reste est savamment oublié !

Ça me rend plus respectueux de l’environnement de rouler dans une voiture qui rejette 99 grammes de CO2 ? J’ai l’impression d’être super écolo ? 99 grammes de CO2, je ne sais pas ce que ça peut représenter. Je n’en ai pas la moindre idée. Et si je parcours 100 kilomètres, j’ai émis près de 10 kg de CO2 ? Je n’aimerais pas avoir à les porter ! Mais bon, comme je ne les porte pas.

Je ne parviens pas à croire que l’on peut se sentir écolo en comptant des grammes de CO2. Mais je suis ouvert à toutes les explications possibles.

Tout ce que je vois, c’est le bonus ou le malus que cela peut engendrer lors de l’achat. La mesure de CO2 n’a rien d’une valeur écologique, c’est simplement une échelle de taxes. Et quiconque communique sur une tendance « verte » et parlant d’émission de CO2 devrait être condamné à ce que l’on nomme encore le green washing !

Note quand même importante : les émissions de toutes ces méchantes particules fines et dioxyde d’azote ne sont que minoritairement imputable à l’automobile. Le chauffage des foyers et la production industrielle sont majoritaires. Et c’est toujours utile de le rappeler.

Author: Jérémie Klaxon

Attention, ceci est un pseudo…



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