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Essai Peugeot 3008 : dans le mille

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Essai Peugeot 3008 : dans le mille

En 2009, 3008 avait été la vision ultime du monospace par Peugeot… Son allure avait surpris en reprenant les traits du concept Prologue. Pour la seconde génération, il a fallu repartir d’une feuille blanche en changeant de matrice. L’ère des monospaces est révolue, 3008 devient un SUV.

La base technique est modifiée, l’idée même du véhicule évolue et le style est radicalement repensé. À la manière de ce qui avait été fait avec la compacte 308, Peugeot conserve l’appellation 3008, mais construit une nouvelle philosophie avec une inspiration marquée du concept Quartz.

Le monospace laisse la place à un vrai SUV dans l’air du temps. La rupture est profonde. Au-delà de l’adoption de la place-forme EMP2, si efficace sur 308 avec un important gain de poids, et de l’arrivée de nouveaux moteurs toujours plus chasseurs de CO2, le nouveau 3008 gagne une personnalité insufflée par le bureau du style Peugeot.

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Déjà testée avec la mise à jour du Peugeot 2008, la face avant mérite d’être étendue à toute la gamme. La caisse est haute et profite d’inserts en plastique visant à renforcer l’aspect baroudeur. Dans l’habitacle, l’idée i-Cockpit est redéfinie. L’une des plus belles réalisations de ces dernières années évolue encore. Le bloc d’instrumentation numérique rappelle même ce qui a été fait chez Audi.

L’architecture intérieure s’inspire largement des récents concepts Peugeot avec l’ajout d’une palette de boutons type aviation, très jolie et qui tombe bien sous la main, même si le matériau choisi est moins luxueux que l’aspect visuel.

La gamme est d’abord lancée avec des moteurs essence et diesel de 100 à 165 chevaux en deux roues motrices, avant l’arrivée d’une version hybride dont le bloc électrique sera couplé aux roues arrière.

 

La fierté de la marque !

En prenant les commandes du Groupe PSA, Carlos Tavares avait l’objectif d’instaurer une nouvelle dynamique. Avec ses plans Back in the Race et Push to Pass, il a donné une feuille de route pour redresser l’entreprise et rendre ses produits plus compétitifs.

En 2014, Carlos Tavares entame une nouvelle vie. Ancien numéro 2 de Renault sans perspective d’aller plus haut, il vient de remplacer Philippe Varin à la tête du Groupe PSA. En seulement quelques semaines, Tavares passe en revue de l’état de la société et présente ses axes de travail le 14 avril.

L’objectif est le redressement de l’entreprise. Son plan est donc de concentrer au maximum les investissements sur les véhicules qui seront les plus rentables, avec l’ambition de les vendre à travers le monde pour casser l’eurocentrisme dont souffrent les marques.

Moins de deux ans plus tard, ce redressement est acté. En profitant du rebond du marché, le Groupe PSA a dépassé tous ses objectifs. Le 5 avril 2016, Back in the Race laisse la place à Push to Pass. Cette fois, Carlos Tavares veut gonfler le chiffre d’affaires. Un esprit de conquête souffle à nouveau sur le groupe. Si l’idée de devenir un fournisseur de mobilité – via la création de nouveaux services – germe, l’actualité est surtout au cœur de la gamme actuelle.

Chez Peugeot, le SUV devient roi. 2008, 3008, 5008, sur notre marché, et des 3008 et 4008, réservés à la Chine, renforcent l’offre. On ne parle pas encore de premium. À Paris comme à Sochaux, on se veut constructeur généraliste avec une volonté affichée de monter en gamme. Et Peugeot se sert du levier SUV pour montrer ses nouvelles capacités.

Avec les cycles de développement des véhicules, Carlos Tavares voit seulement « son » second modèle arriver en concessions. Lorsque l’on sait que le premier était l’utilitaire Expert, on comprend l’importance du lancement du 3008 aux yeux du patron.

« Cette voiture est assez extraordinaire », lance-t-il d’emblée. « C’est la voiture qui marque un tournant. C’est la voiture dont j’ai vu les premiers prototypes quand je suis arrivé dans l’entreprise. C’est la voiture qui exprime la confiance de toute la marque. Elle porte ce qu’il y a de mieux chez Peugeot, dans une dynamique forte. »

Plus que faire l’article, Carlos Tavares partage sa passion de l’automobile : « Elle possède un caractère très affirmé, tant pour le design extérieur qu’à l’intérieur. Elle a du caractère, forte sans être ostentatoire. À l’intérieur, le niveau de raffinement est inédit, non seulement dans notre entreprise, mais également dans l’industrie automobile au travers de la force du concept i-Cockpit. L’architecture et l’ergonomie procurent une expérience de conduite inégalée au quotidien. C’est d’une modernité incroyable qui va au-delà des dimensions traditionnelles du plaisir de conduire avec un complètement d’interactions et de connectivité que nous n’avions pas expérimentées jusqu’alors. »

 

Par ce nouveau SUV, sur un segment capital pour le développement de la marque et de ses bénéfices tant en France, qu’en Europe et au-delà de ses marchés ancestraux, Peugeot cherche à tisser le lien entre l’esprit germanique et les tendances latines qui doit écrire son avenir à court terme.

Ici, on ne parle pas de French Touch. Ce 3008 se veut international. Teintes bicolores, calandre droite, feux griffés, ceinture de caisse haute, le SUV se pare aussi d’ornements de baroudeurs avec des renforts en plastique noir.

Une fois la portière fermée, l’univers Peugeot fait vraiment figure de référence. L’évolution de l’i-Cockpit pousse encore un peu plus un concept qui mériterait d’être copié par le reste de l’industrie automobile.

Si les sensations données par ce petit volant peuvent être une affaire de goûts, elles devraient conquérir la très grande majorité des conducteurs. Le dispositif d’affichage placé au-dessus abandonne les traditionnels compteurs pour se transformer en large écran paramétrable. Au centre de la planche de bord, un second écran surplombe un nouvel élément façon « touches de piano ».

Le système multimédia récupère des boutons qui manquaient sur la précédente génération pour rendre son utilisation plus aisée, tout en ajoutant une touche très qualitative et d’une modernité qui donne un coup de vieux à la concurrence.

Le dispositif participe aussi aux qualités dynamiques du châssis. Le SUV s’approche de l’agilité d’une berline compacte au centre de gravité plus bas, même si les moteurs ne dépassent pas les 180 chevaux de la version GT.

L’autre détail immanquable de ce nouveau Peugeot 3008 est l’environnement sonore. Comme de nombreux constructeurs, Peugeot s’est associé à un spécialiste du son pour proposer – en option – un système haute-fidélité de qualité.

L’association est 100 % française. Avec Focal, Peugeot a trouvé une  référence mondialement reconnue. Les magiciens de Saint-Etienne ont conçu un système audio composé de quatre tweeters, quatre médiums, une voie centrale et un caisson de grave connectés à un amplificateur actif de 515 Watts.

La signature française sur l’ensemble du spectre est un petit régal pour un surcoût de seulement 850 euros. Pour atteindre ce tarif attractif, Focal ne produit pas les éléments lui-même. La fabrication est assurée par un fournisseur du Groupe PSA, sous le contrôle du concepteur. Et le directeur de la marque confirme qu’il veille : par le passé, il a déjà fait retirer le nom de Focal d’installations qui n’étaient pas au niveau souhaité.

Loin des factures à plus de 2 000 euros de certaines options proposées en Allemagne, l’option Focal participe grandement au confort de vie à bord. Par cet intelligent système sonore, le SUV 3008 se veut bien plus haut de gamme que son prédécesseur. De quoi regretter qu’il ait conservé le même nom.

Author: Alexandre Stricher

Pilote de AUTOcult.fr
Vie partagée entre le sport automobile, l’automobile et les embouteillages.
Auteur de « Rallye by Renault Sport » et « Belles des Années 80 ».



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