Auteur/autrice : Rédaction

  • Grandeur et décadence : La folle histoire de la collection fantôme du Sultan de Brunei

    Grandeur et décadence : La folle histoire de la collection fantôme du Sultan de Brunei

    C’est une légende urbaine qui hante les conversations des passionnés d’automobile depuis trente ans. Une histoire d’excès, de milliards de dollars, de voitures uniques au monde et, finalement, d’un immense gâchis. Imaginez un endroit secret, au cœur de la jungle de Bornéo, où dorment des milliers de supercars. Bienvenue dans le garage du Sultan de Brunei.

    Si vous pensiez que le garage de Cristiano Ronaldo ou celui de Jay Leno étaient impressionnants, préparez-vous à revoir vos standards. Dans les années 90, la famille royale de Brunei – le Sultan Hassanal Bolkiah et surtout son frère flamboyant, le Prince Jefri – a littéralement maintenu à flots des marques comme Rolls-Royce, Bentley ou Aston Martin. À eux seuls, ils achetaient parfois 50 % de la production mondiale de modèles ultra-exclusifs.

    Mais que cache vraiment cette collection ? Et surtout, qu’est-elle devenue ?

    Des chiffres qui donnent le tournis

    On estime la collection à son apogée entre 2 500 et 7 000 voitures. Oui, vous avez bien lu. Pas des Twingo ou des Clio, mais la crème de la crème de l’industrie automobile.

    Selon les rumeurs (et les quelques rares listes ayant fuité), le garage contiendrait :

    • Plus de 600 Rolls-Royce
    • Plus de 500 Mercedes
    • Plus de 450 Ferrari
    • Plus de 380 Bentley
    • Une dizaine de McLaren F1 (dont des versions LM et GTR)

    La valeur totale ? Elle a été estimée à plus de 5 milliards de dollars. Mais ce n’est pas le nombre qui fascine le plus, c’est la nature des voitures.

    Le client roi : « Je veux une Ferrari Break »

    Le Sultan et le Prince Jefri ne se contentaient pas d’acheter sur catalogue. Ils voulaient ce qui n’existait pas. Ils ont commandé des dizaines de « One-Offs » (modèles uniques) directement aux constructeurs et aux carrossiers comme Pininfarina.

    Voici quelques monstres sacrés nés de leurs caprices :

    1. La Ferrari 456 GT « Venice »

    Vous trouvez qu’une Ferrari manque de coffre ? Le Sultan aussi. Il a commandé à Pininfarina sept breaks Ferrari 456. Oui, des breaks de chasse à 4 portes, magnifiques, avec un V12 sous le capot. Il en a acheté six, le septième est resté à l’usine. Chaque exemplaire aurait coûté 1,5 million de dollars.

    2. Le Bentley Dominator

    Bien avant le Bentayga ou le Cullinan, le Sultan voulait un SUV de luxe. Dans le plus grand secret, Bentley a conçu pour lui le « Dominator » au milieu des années 90, basé sur un châssis de Range Rover. Six exemplaires ont été livrés. Sans cette commande massive (plusieurs dizaines de millions), Bentley aurait peut-être fait faillite à l’époque.

    3. Les Ferrari F40 « Spéciales »

    Ferrari a toujours dit : « La F40, c’est rouge, dépouillé, et volant à gauche ». Le Sultan a répondu : « Je paie ». Résultat : il possède des F40 avec volant à droite (RHD), des intérieurs en cuir luxueux, la climatisation, et peintes en noir, jaune, gris ou vert. Un sacrilège pour les puristes, un Graal pour les collectionneurs.

    4. La Ferrari Mythos

    Ce n’était qu’un concept-car de salon. Mais le Sultan l’aimait tellement qu’il a convaincu Ferrari d’en produire deux exemplaires fonctionnels rien que pour lui.

    La chute : Le « Cimetière de Supercars »

    La fête s’est arrêtée brutalement à la fin des années 90. La crise financière asiatique de 1997 et un scandale de détournement de fonds impliquant le Prince Jefri (qui menait un train de vie délirant) ont figé les achats.

    C’est là que l’histoire devient tragique. La majorité de ces voitures sont stockées dans des hangars non climatisés ou mal entretenus à Brunei, un pays au climat tropical, chaud et extrêmement humide.

    Des photos volées ont circulé il y a quelques années, montrant des intérieurs de Jaguar XJ220 moisis, des volants de Porsche 959 couverts de champignons, et des peintures cloquées par la chaleur. Les mécaniciens occidentaux qui s’occupaient de la flotte ont été renvoyés, et les voitures ont été laissées à l’abandon. Certaines ont moins de 50 km au compteur, mais sont mécaniquement mortes, les joints et les durites ayant séché ou fondu.

    Quel avenir pour ce trésor ?

    C’est le plus grand mystère actuel. De temps en temps, une voiture s’échappe. Quelques Ferrari ou McLaren F1 ont été exfiltrées, rachetées par des courtiers spécialisés, rapatriées en Angleterre pour être restaurées à grands frais et revendues discrètement.

    Mais la majeure partie de la collection est toujours là-bas, pourrissant lentement dans la jungle. Le garage du Sultan de Brunei reste un monument à la gloire de l’automobile, mais aussi une triste fable sur le matérialisme : on peut posséder toutes les voitures du monde, mais on ne peut en conduire qu’une à la fois.

  • Quand Nissan inventait le rétro : la révolution silencieuse des Pike Cars

    Quand Nissan inventait le rétro : la révolution silencieuse des Pike Cars

    Avant que la nostalgie ne devienne un levier marketing mondialisé, avant les renaissances calculées de la Mini, de la Fiat 500 ou de la Volkswagen Coccinelle, Nissan a été le premier constructeur à introduire le rétro comme langage industriel assumé. Pas comme un clin d’œil, ni comme une série limitée opportuniste, mais comme une véritable prise de risque culturelle. Nous sommes au milieu des années 1980, au Japon, et personne ne parle encore sérieusement de « design rétro » dans l’automobile. Nissan va pourtant en poser toutes les bases avec une audace qui, vue d’aujourd’hui, force le respect.

    Le Be-1, point de départ d’un séisme esthétique

    Tout commence en 1985, au Tokyo Motor Show, avec la présentation du Nissan Be-1. Une petite citadine basée sur la Micra de première génération, mais qui n’en a ni l’allure ni l’intention. Là où la Micra est rationnelle, anonyme et fonctionnelle, le Be-1 est rond, doux, presque naïf. À tel point qu’Autocar balaie le concept d’un revers de plume : « cheeky ugliness ». Raté.

    Le public japonais, lui, est immédiatement conquis. Le Be-1 devient un objet de désir, adulé pour son côté kawaii, attachant, différent. Nissan décide alors de lancer une production limitée à 10 000 exemplaires. La demande est telle qu’un tirage au sort est nécessaire pour attribuer les bons de commande. Le rétro, sans le savoir, vient d’entrer dans l’ère industrielle.

    Naoki Sakai, le trublion derrière la cravate

    Derrière cette rupture, un homme : Naoki Sakai, styliste de formation, personnage provocateur, sans permis de conduire et affichant un désintérêt assumé pour l’automobile traditionnelle. Sakai n’est pas un designer automobile classique, et c’est précisément pour cela que le projet existe. Il dirige une équipe atypique, majoritairement féminine, pensée comme un laboratoire créatif déconnecté des réflexes conservateurs de l’industrie japonaise de l’époque.

    Son credo est simple : l’automobile est devenue trop sérieuse. Trop obsédée par la technologie, la durabilité, l’efficience. Des qualités rationnelles, certes, mais émotionnellement stériles. Sakai veut ramener le plaisir, la curiosité et l’imperfection dans l’objet automobile. Quitte à choquer. « Un échec intéressant vaut mieux qu’un succès ennuyeux », résumera-t-il plus tard.

    Pao, Figaro, S-Cargo : le rétro sans filtre

    Après le Be-1, Nissan pousse le concept encore plus loin avec trois autres modèles, tous développés au sein de la désormais célèbre Pike Factory.

    La Pao (1987) s’inspire ouvertement des véhicules utilitaires des années 1940, avec un habitacle minimaliste, une planche de bord en métal apparent, des interrupteurs façon aviation et une sellerie évoquant l’univers safari. Une vision presque romantique de l’automobile d’exploration, réinterprétée à l’échelle d’une citadine japonaise.

    La Figaro (1991), probablement la plus iconique, revisite les coupés européens des années 1950. Capote électrique, chromes, couleurs pastel, intérieur délicieusement anachronique. Produite à 20 000 exemplaires, elle aussi sera attribuée par loterie. Le rétro devient un phénomène culturel.

    Et puis il y a la S-Cargo, ovni absolu, petit utilitaire à la silhouette… d’escargot. Le jeu de mots est assumé, le design volontairement excessif. Trop, même. Et c’est précisément pour cela qu’il fonctionne. La S-Cargo n’essaie pas d’être belle au sens classique : elle cherche à être mémorable.

    Une influence bien au-delà du Japon

    À l’époque, ces voitures restent cantonnées au marché japonais. Mais leur influence est immense. Les Pike Cars sont aujourd’hui considérées par les historiens du design comme l’apogée du postmodernisme automobile. Elles prouvent qu’une voiture peut être un objet culturel, narratif, émotionnel, sans renier sa fonction première.

    Surtout, elles ouvrent la voie à une vague mondiale de renaissances stylistiques. Lorsque la nouvelle Mini arrive en 2001, lorsque la Fiat 500 renaît en 2007, lorsque Volkswagen relance la Coccinelle, toutes ces démarches doivent quelque chose à Nissan. Le constructeur japonais a montré que la nostalgie pouvait être moderne, désirable et rentable.

    Un héritage plus actuel qu’il n’y paraît

    Ce retour aux sources résonne aujourd’hui de manière troublante. Alors que Renault prépare une Twingo électrique au design néo-rétro, que les marques cherchent à recréer du lien émotionnel à l’ère de l’électrification standardisée, l’expérience des Pike Cars apparaît presque prophétique.

    Elles rappellent une chose essentielle : le design n’est pas qu’une affaire de plateformes et de coefficients aérodynamiques. C’est une affaire de regard porté sur le monde, de culture, de courage aussi. Nissan, à cette époque, a osé ne pas ressembler à Toyota ou Honda. Et cette audace continue, quarante ans plus tard, à inspirer toute une industrie.

  • Bon plan : Comment obtenir des invitations pour le salon Rétromobile 2026 à Paris ?

    Bon plan : Comment obtenir des invitations pour le salon Rétromobile 2026 à Paris ?

    Rétromobile, c’est la grand-messe de la voiture ancienne ! Du 28 janvier au 1er février 2026, la Porte de Versailles va vibrer au rythme des mécaniques légendaires. C’est le salon que le monde nous envie, mais c’est aussi un budget : le billet plein tarif dépasse souvent les 20 euros. Vous préférez garder cet argent pour acheter une pièce détachée ou une miniature ?

    Contrairement à un salon de l’auto classique où les constructeurs distribuent des places à la pelle pour vendre des voitures neuves, les entrées pour Rétromobile sont plus précieuses. Les marques y viennent pour l’image, pas pour signer des bons de commande de Twingo. Mais rassurez-vous, chez AUTOcult.fr, on connaît les filières pour entrer à l’œil (ou presque).

    1. Votre Club de voitures anciennes (La Voie Royale)

    C’est la différence majeure avec le Mondial de l’Auto : à Rétromobile, le roi, c’est le Club. Si vous êtes membre d’un club de marque (Club Porsche, Amicale Citroën, Club Alfa Romeo, etc.) ou d’une association locale de véhicules d’époque :

    • Demandez au bureau : Les clubs exposants disposent de badges et d’invitations pour leurs bénévoles et membres actifs.
    • Les tarifs adhérents : Même sans gratuité totale, la plupart des clubs affiliés à la FFVE (Fédération Française des Véhicules d’Époque) proposent des billetteries à tarifs très préférentiels à leurs membres en amont du salon.

    2. Les Assureurs spécialisés et Experts

    C’est le « concessionnaire » du monde de la collection. Votre assureur « auto moderne » ne pourra probablement rien pour vous, mais si vous assurez une ancienne chez un spécialiste, vous avez une carte à jouer.

    • Les grands noms : Des acteurs comme AXA Passion, Allianz, AMV Légende ou Hagerty sont des piliers du salon. Si vous êtes un bon client (comprenez : vous avez une belle flotte assurée chez eux), un coup de fil à votre courtier peut débloquer une invitation VIP.
    • Les experts automobiles : Si vous avez fait expertiser votre véhicule récemment, votre expert a peut-être des entrées, car ils tiennent souvent stand.

    3. Les Maisons de Vente aux Enchères

    C’est le côté « paillettes » de Rétromobile. La vente officielle attire les foules.

    • Vous êtes vendeur ou enchérisseur enregistré ? L’invitation au salon est quasiment garantie, incluant souvent l’accès aux zones réservées pour voir les lots de près.
    • Astuce : Surveillez les réseaux sociaux des maisons de ventes (Artcurial, Bonhams, RM Sotheby’s) qui organisent parfois des concours pour gagner le catalogue de la vente… et l’entrée qui va avec.

    4. La presse spécialisée et les Partenaires

    Rétromobile est un événement culturel. La chasse aux concours se fait donc sur des terrains bien précis :

    • Presse « Collection » : Oubliez la presse généraliste. Ciblez les magazines comme Gazoline, Auto Rétro, LVA (La Vie de l’Auto) ou Youngtimers. Leurs pages Facebook et Instagram regorgent de jeux-concours.
    • La FFVE : La Fédération fait souvent gagner des places ou propose des offres à ses licenciés. Surveillez leur page Facebook.

    5. Les « Départements Héritage » des constructeurs

    N’allez pas voir votre concessionnaire Renault ou Peugeot du coin, il n’aura rien. En revanche, les départements historiques (Renault Classic, L’Aventure Peugeot Citroën DS, Porsche Classic) disposent de quotas. C’est plus difficile à obtenir que pour le Mondial, mais si vous êtes actif sur les forums dédiés à la marque ou si vous possédez un modèle historique recensé par la marque, tentez votre chance via leurs services de communication ou leurs réseaux sociaux.

    6. Pas d’invit’ ? Soyez malins sur la billetterie

    Si le Graal de la gratuité vous échappe, évitez au moins de payer le prix fort :

    • Anticipez ! N’achetez JAMAIS votre billet sur place aux caisses de la Porte de Versailles. C’est plus cher, et vous ferez la queue. La billetterie en ligne offre toujours un tarif « prévente » plus doux jusqu’à la veille de l’ouverture.
    • Le bon créneau : Rétromobile organise des nocturnes (souvent le mercredi et le vendredi). Si le prix est le même, l’ambiance y est différente et permet d’en profiter plus longtemps après le travail.
    • Groupes et CE : Si vous venez à plusieurs (dès 10 personnes souvent), les tarifs de groupe sont intéressants. Pensez aussi à vérifier auprès de votre Comité d’Entreprise, Rétromobile figure souvent dans les catalogues de billetterie à prix réduit.

    Pour Rétromobile, votre meilleur atout n’est pas votre banquier, mais votre passion. C’est en étant actif dans votre club ou en suivant de près les assureurs spécialisés que vous trouverez le sésame.

    On se retrouve devant le stand des blindés ou à la vente aux enchères ? Bonne visite !

  • Toyota GR Yaris Morizo RR : La bombe du Tokyo Auto Salon (seulement 200 élus !)

    Toyota GR Yaris Morizo RR : La bombe du Tokyo Auto Salon (seulement 200 élus !)

    On ne va pas se mentir, on espérait tous secrètement que Toyota profiterait de ce Tokyo Auto Salon 2026 pour lever le voile sur la nouvelle MR2. Ce ne sera pas pour cette fois. Mais pour nous consoler, le constructeur japonais nous offre une version encore plus radicale, plus affûtée et ultra-exclusive de sa coqueluche : voici la GR Yaris Morizo RR.

    Si vous pensiez que la GR Yaris avait atteint son sommet, détrompez-vous. Cette nouvelle édition limitée est le « bébé » direct d’Akio Toyoda, le président de la marque, qui court sous le pseudonyme de « Morizo » depuis 2009. C’est sa vision personnelle de la compacte ultime, forgée dans l’Enfer Vert.

    Née aux 24H du Nürburgring 2025

    Cette voiture n’est pas un exercice de marketing, c’est le fruit de la course. L’an dernier, lors des 24 Heures du Nürburgring 2025, Akio Toyoda a lui-même piloté la GR Yaris n°109 de l’équipe Toyota Gazoo Rookie Racing (TGRR), bouclant 15 tours de la Nordschleife.

    C’est cette expérience, et les réglages spécifiques utilisés pour que la voiture survive et performe sur le tracé allemand, qui ont dicté le cahier des charges de la « Morizo RR ».

    Adieu mode « Gravel », bonjour mode « Morizo »

    Sous le capot, le fabuleux 3 cylindres 1.6L turbo reste inchangé et délivre toujours ses 280 ch (la puissance standard de la Phase 2 en Europe). Mais tout le reste a été optimisé pour le « feeling » de conduite cher au patron :

    • Châssis chirurgical : La direction assistée électrique a été recalibrée pour plus de précision, et les suspensions ont été optimisées pour maximiser le contact du pneu avec la route, même sur les bosses du Nürburgring.
    • Transmission 4×4 revue : C’est la grande nouveauté. Le mode « Gravel » (Terre) disparaît. Il est remplacé par un « Mode Morizo » exclusif. Ce réglage verrouille la répartition du couple à 50/50 entre l’avant et l’arrière, assurant une motricité et une neutralité absolues en usage intensif sur piste.

    Une rareté absolue à prix d’or

    Il va falloir être rapide, très rapide. Toyota a annoncé une production mondiale de seulement 200 exemplaires.

    • 100 exemplaires resteront au Japon.
    • Les 100 autres seront disséminés sur quelques marchés européens triés sur le volet.

    Le carnet de commandes ouvrira au printemps. Côté tarif, si le prix officiel en euros n’est pas encore fixé, l’estimation nous amène aux alentours de 70 000 €.

    C’est une somme coquette pour une Yaris, surtout si l’on y ajoute le malus écologique français qui risque de doubler la facture. Mais pour posséder la voiture personnelle du « Master Driver » de Toyota, certains n’hésiteront pas une seconde.

  • Immanquable : Les trois Ford GT40 du célèbre triplé du Mans 1966 réunies à Goodwood !

    Immanquable : Les trois Ford GT40 du célèbre triplé du Mans 1966 réunies à Goodwood !

    C’est l’une des photos les plus célèbres de l’histoire du sport automobile. Trois voitures, couvertes de boue et de gloire, franchissant la ligne d’arrivée du Mans en formation serrée, humiliant l’ogre Ferrari. Pour célébrer le 60e anniversaire de cette victoire mythique, le Festival of Speed et le Goodwood Revival 2026 vont réaliser l’impossible : réunir le trio original.

    Si vous avez vu le film Le Mans 66 (Ford v Ferrari), vous connaissez l’histoire. Henry Ford II, vexé par Enzo Ferrari, sort le chéquier pour écraser la concurrence. Le résultat ? Une armada de Ford MkII à moteur V8 7.0 litres qui déferle sur la Sarthe en 1966. Alors que les Ferrari P3 rendent l’âme les unes après les autres, Ford organise une arrivée groupée pour la photo. Une arrivée controversée (qui coûtera la victoire à Ken Miles au profit de Bruce McLaren), mais visuellement inoubliable.

    Une réunion rarissime hors des USA

    Pour marquer les 60 ans de cet exploit, Goodwood a réussi un coup de maître. Les trois châssis originaux qui ont monopolisé le podium en 1966 seront présents en Angleterre.

    C’est un événement exceptionnel car ces voitures (propriétés de la Miller Family Automobile Foundation et de Rob Kaufman) quittent très rarement le sol américain, et sont encore plus rarement réunies au même endroit pour rouler.

    Un programme double : Juillet et Septembre

    Les organisateurs ne font pas les choses à moitié. Les trois légendes seront présentes aux deux événements majeurs de Lord March :

    1. Au Festival of Speed (9-12 juillet 2026) : Elles feront rugir leurs gros V8 américains sur la célèbre course de côte. Elles seront les vedettes du thème de cette année : « The Rivals — Epic Racing Duels » (Les Rivaux – Duels épiques de la course).
    2. Au Goodwood Revival (18-20 septembre 2026) : C’est là que la magie opèrera vraiment. Les trois voitures prendront la piste ensemble sur le circuit pour recréer, à l’identique, la formation d’arrivée de 1966.

    « Un moment historique »

    L’organisation de Goodwood ne cache pas son excitation : « Quiconque aura la chance d’assister à l’un de ces événements sera témoin d’un moment véritablement historique. Ce sont trois voitures inimaginablement précieuses. Il est impossible de dire combien de temps nous devrons attendre pour les revoir toutes ensemble, surtout avec leurs moteurs V8 rugissant comme autrefois. »

    Si vous aviez prévu un pèlerinage automobile en Angleterre cette année, vous savez désormais quelles dates bloquer dans votre agenda. Voir l’histoire, c’est bien. L’entendre hurler à 7000 tours/minute, c’est mieux.

  • Toyota GR Yaris « Sébastien Ogier Edition » : La série ultra-limitée pour fêter le 9e titre !

    Toyota GR Yaris « Sébastien Ogier Edition » : La série ultra-limitée pour fêter le 9e titre !

    L’information vient de tomber ce jeudi 22 janvier 2026, en direct du parc d’assistance du Rallye Monte-Carlo. Alors que la saison 2026 s’ouvre, Toyota Gazoo Racing célèbre le passé récent et glorieux de son pilote star. Pour honorer le 9ème titre mondial de Sébastien Ogier décroché au bout du suspense en Arabie Saoudite fin 2025, voici la « GR Yaris Sébastien Ogier 9x World Champion Edition ». Et attention, c’est un futur collector absolu.

    Il l’a fait. En remportant son 9ème titre l’an dernier (après une saison folle : 11 courses, 10 podiums, 6 victoires !), Sébastien Ogier a égalé le record historique de Sébastien Loeb. Un tel exploit méritait bien une voiture à la hauteur. Toyota ne s’y est pas trompé en dévoilant cette édition spéciale qui risque de s’arracher.

    200 exemplaires dans le monde, pas un de plus

    Commençons par la mauvaise nouvelle pour les acheteurs potentiels : il va falloir se battre. La production est limitée à 100 exemplaires pour le Japon (vendus par loterie au printemps) et 100 exemplaires pour l’Europe. C’est tout.

    « Black Gravite » et drapeau tricolore

    Basée sur la GR Yaris dotée du « Aero performance package », cette édition se distingue par sa teinte exclusive « Black Gravite » (un noir profond symbolisant l’engagement motorsport de TGR). Mais ce sont les détails qui tuent :

    • Des étriers de freins peints en bleu, la couleur fétiche d’Ogier.
    • Une décoration tricolore bleu-blanc-rouge sur la calandre, hommage au drapeau français.
    • Des jantes noir mat.
    • À l’intérieur, des surpiqûres tricolores sur le volant et une plaque numérotée commémorant le titre 2025.

    Le volant, d’ailleurs, est spécifique : son diamètre est légèrement réduit par rapport à la Yaris standard, inspiré par la GR Yaris Rally2, pour une meilleure maniabilité.

    Mode « SEB. » : Le secret du maître

    Ce n’est pas qu’un kit déco. Ogier a personnellement mis au point un mode de transmission intégrale exclusif qui remplace le mode « TRACK ».

    Le Mode « SEB. » offre une répartition du couple de 40:60 (avant/arrière). L’idée ? Favoriser le train arrière pour faire pivoter la voiture et contrôler la dérive, tout en gardant un train avant incisif. C’est le réglage idéal pour « enrouler » les virages comme le Gapençais.

    Plus surprenant, le mode « GRAVEL » disparaît au profit d’un Mode « MORIZO ». Développé par Akio Toyoda (alias Morizo), ce mode verrouille la connexion entre les trains avant et arrière à l’accélération pour une traction maximale (comme un différentiel bloqué), et ne se relâche qu’au freinage. Ogier a tellement aimé ce réglage lors des tests qu’il a insisté pour l’inclure sur sa propre édition spéciale !

    Avec cette voiture, Toyota ne célèbre pas seulement un titre, mais l’une des plus grandes carrières de l’histoire du rallye. Rendez-vous au printemps pour l’ouverture des commandes… et bonne chance !

  • Acheter une Ferrari d’occasion : Plongée dans un monde où le café a le goût de la richesse

    Acheter une Ferrari d’occasion : Plongée dans un monde où le café a le goût de la richesse

    Tout commence par un café. Mais pas n’importe lequel. Alors que nous nous installons dans les canapés en cuir surplombant un showroom de rêve, l’arôme qui s’échappe de la machine à espresso mêle des notes de cacao, de noisettes grillées et… de réussite sociale. Bienvenue chez un concessionnaire Ferrari officiel, pour vivre ce que très peu de gens expérimentent : le processus sacré de l’achat d’un bolide au Cheval Cabré.

    Aujourd’hui, il est très facile de dépenser près de 100 000 euros pour une BMW sportive ou un SUV électrique Mercedes. Cependant, si les prix de ces véhicules neufs sont comparables à ceux d’une Ferrari d’occasion (« Pre-owned »), l’expérience client, elle, est dans une tout autre galaxie.

    Le premier choc : L’intimidante F12tdf

    À peine franchies les portes vitrées, le premier réflexe est de faire demi-tour. La raison ? Une Ferrari F12tdf, l’une des 799 produites, trône là. Son prix avoisine le million d’euros. Le message est clair : ici, on ne vend pas des voitures, on vend de l’exceptionnel. Est-ce une stratégie pour dissuader les curieux en quête d’un tour de manège gratuit ? Probablement.

    Mais une fois passé ce gardien du temple à douze cylindres, on découvre une sélection plus « accessible ». On serre notre tasse de café griffée Ferrari comme un chirurgien tiendrait un organe vital, conscient qu’il s’agit sans doute de la pièce de vaisselle la plus chère que nous ayons jamais touchée.

    La California : La porte d’entrée

    Pour une première incursion dans ce monde, les modèles comme la California ou la Portofino servent souvent de tremplin. C’est facile à comprendre : malgré son statut de Ferrari décapotable rouge (le rêve ultime), une California T d’occasion coûte à peu près le même prix qu’une berline allemande sportive neuve (autour de 100 000 €). Pourtant, sous le capot, on trouve un V8 biturbo de 3,8 litres au pedigree indiscutable.

    L’autre avantage ? Le programme de garantie « Power15 ». Tous les modèles d’occasion certifiés par Ferrari bénéficient d’une couverture, qui peut être étendue jusqu’à la 15e année du véhicule. Cela couvre le moteur, la boîte, la suspension et l’électronique. Certes, l’extension annuelle coûte quelques milliers d’euros, mais c’est toujours moins ruineux que de devoir remplacer un moteur V8 de sa poche.

    Le charme de l’analogique : La 328 GTS

    Dans un coin du showroom, une Ferrari 328 GTS de quatre décennies attire notre regard. Comparée aux vaisseaux spatiaux modernes, elle agit comme un « nettoyant pour le palais ». On remarque immédiatement le pédalier décalé et la boîte manuelle à grille métallique. « Ce genre de voiture est un achat passion », nous explique le responsable des ventes. « Elle attire un type d’acheteur qui cherche plus une sensation d’événement qu’une performance pure. »

    Affichée à un prix similaire à celui d’une berline électrique premium neuve, cette classique à toit Targa et phares escamotables semble être une bonne affaire, surtout si l’on considère le niveau d’émotion qu’elle procure en comparaison.

    Pourquoi acheter en concession officielle ?

    On peut trouver des modèles similaires moins chers sur les sites de petites annonces. Mais acheter directement chez Ferrari offre des avantages intangibles. Le plus important ? La relation. « Si vous achetez une voiture chez un revendeur indépendant au bout de la rue, Ferrari ne sait pas qui vous êtes », précise notre guide. Entrer dans le fichier client officiel, c’est s’ouvrir les portes d’événements exclusifs, de journées sur circuit, et parfois même l’opportunité d’acheter des modèles en série limitée. « 90 % de l’expérience Ferrari, c’est la relation. Nous allons prendre soin de vous, ce n’est pas simplement transactionnel. »

    La pépite du moment : La 488 GTB

    Alors que la nouvelle 296 GTB hybride dépasse allègrement les 300 000 euros avec options, beaucoup de clients se tournent vers celle qui constitue aujourd’hui le « pain et le beurre » du marché de l’occasion : la 488 GTB. Disponible pour environ la moitié du prix de son équivalent moderne, elle représente une valeur incroyable.

    Sur la route, c’est une révélation. Le 0 à 100 km/h est effacé en 3 secondes. Conduire une 488, c’est comme être assis devant un T-Rex jouant du trombone : le râle cuivré du V8 biturbo vous traverse le corps à chaque accélération. La direction tranchante et le châssis équilibré offrent une connexion presque symbiotique avec la route. Le marché semble dormir sur cette véritable pépite, boudée à tort par certains puristes à cause de ses turbos.

    Acheter un rêve

    De retour dans les canapés en cuir, entourés de trophées et de modèles réduits, on réalise que l’acte d’achat est beaucoup plus détendu qu’on ne l’imagine. Dans un monde marqué par l’électrification forcée et l’inflation, choisir une supercar d’occasion plutôt qu’un SUV hybride rechargeable sans âme devient une proposition de plus en plus tentante pour ceux qui en ont les moyens. D’autant que, contrairement aux voitures de grande série, ces modèles ont tendance à conserver leur valeur.

    Mais au final, ce n’est pas un calcul financier. Comme le résume le vendeur avant de nous tendre le bon de commande (que nous ne signerons pas, faute de budget) : « Vous n’achetez pas juste une voiture. Vous achetez un rêve. »

  • F1 2026 : Regrettez-vous l’époque où les présentations Benetton étaient un joyeux chaos ?

    F1 2026 : Regrettez-vous l’époque où les présentations Benetton étaient un joyeux chaos ?

    Alors que le bal des présentations des monoplaces 2026 est sur le point de s’ouvrir, préparez-vous à la routine habituelle : des rendus 3D aseptisés sur Twitter (mince, ça s’appelle X), des discours de directeurs d’équipe lus sur prompteur vantant une « synergie cybernétique », et des voitures qui ne seront même pas les vraies. C’est propre, c’est net, c’est ennuyeux. Il fut un temps où une équipe ne faisait rien comme les autres. C’était l’époque Benetton, où le lancement d’une voiture était un spectacle imprévisible, coûteux et souvent totalement absurde.

    Ah, l’ère Benetton… À cette époque de l’année, les journalistes ne recevaient pas un lien WeTransfer, mais une invitation pour un voyage vers l’inconnu orchestré par Flavio Briatore. Peu importait la voiture, il y avait toujours quelque chose à raconter, souvent parce que rien ne se passait comme prévu.

    Bombes de peinture et Jonglage

    Oubliez Lawrence Stroll en costume croisé débitant des banalités. Imaginez plutôt ceci : une présentation dans un studio londonien où l’on oblige la presse à enfiler des combinaisons blanches intégrales. Soudain, musique à fond, des mécaniciens déboulent, balancent des bombes de peinture sur la nouvelle voiture sans dire un mot, et repartent aussi mystérieusement qu’ils sont venus. Le sens artistique ? Personne ne l’a jamais trouvé.

    Ou encore le lancement de la B199 en janvier 1999 à Enstone. Pour « calmer » les journalistes forcés de travailler un samedi matin, l’équipe leur offre à l’entrée… un kit de jonglage. La notice commençait par : « Soyez doux avec vous-même. Trouvez la personne calme et posée qui est en vous. » Une ironie mordante quand on sait que Benetton passait son temps à tout envoyer en l’air en espérant que ça retombe sur ses pattes.

    Le fiasco de Planet Hollywood (1997)

    Mais le sommet de l’art Benetton reste le lancement de la B197 à Londres. Flavio Briatore avait eu la « brillante » idée de privatiser le Planet Hollywood de Leicester Square. Le problème ? Le bar avait fermé à 3h du matin au lieu d’une heure, retardant toute l’installation. Résultat : des centaines de journalistes gelés, piétinant dehors en plein hiver.

    À l’intérieur, c’était la panique à 500 000 livres sterling. Bernard Dudot, le directeur technique de Renault Sport, jette un œil à son V10 RS9 exposé sur scène et blêmit. Une pièce technique secrète, unique au moteur Renault, est visible de tous. C’est l’horreur. Alors que la presse s’impatiente dehors, les techniciens Renault sortent les clés à molette en urgence sur scène, et un coup de fil paniqué part vers le labo photo pour détruire 400 dossiers de presse contenant un cliché du moteur « nu ».

    Une fois la foule entrée, c’était l’heure de pointe dans le métro londonien. On ne voyait rien, on n’entendait rien, sauf la musique assourdissante et les danseuses. Et au moment critique ? Le drap recouvrant la voiture (que tout le monde avait déjà vue en photos lors des tests en Espagne) est resté coincé, nécessitant l’intervention musclée et peu gracieuse de l’équipe technique.

    Le tour de magie

    Benetton savait aussi jouer avec nos nerfs. Lors d’une autre présentation à l’usine, après un spectacle d’acrobates utilisant des poubelles (ne demandez pas), le moment tant attendu arrive. Sur scène, une forme sous un drap suggère un aérodynamisme révolutionnaire, ultra-bas. Un fil invisible tire le drap d’un coup sec pour révéler… rien du tout. Juste une scène vide. C’était un tour de magie. La vraie voiture est arrivée ensuite.

    Les journalistes, blasés et fatigués, n’avaient qu’une pensée : « Où est cette foutue bagnole ? ». Mais aujourd’hui, avouons-le : on préfèrerait mille fois recevoir un kit de jonglage et voir un drap coincé plutôt que de télécharger un fichier PDF intitulé « New_Livery_Final_V2 ».

  • Rétromobile : Le « TGV des années 30 » signé Bugatti débarque à Paris !

    Rétromobile : Le « TGV des années 30 » signé Bugatti débarque à Paris !

    C’est l’une des stars les plus attendues de la prochaine édition de Rétromobile, et pourtant, elle n’a pas de volant. À quelques jours de l’ouverture du salon à la Porte de Versailles, tous les regards se tournent vers un monstre sacré de l’ingénierie française : l’Autorail Bugatti. Une machine démesurée, propulsée par le cœur de la voiture la plus luxueuse du monde, qui s’apprête à faire un voyage exceptionnel.

    Oubliez la Chiron ou la Veyron le temps d’un instant. Dans les années 1930, la vitesse absolue ne se mesurait pas seulement sur l’asphalte, mais aussi sur les rails. Et le maître en la matière s’appelait déjà Bugatti.

    Le « Lévrier du rail » : 4 moteurs de Royale !

    L’histoire de cet autorail est née d’une crise. Au début des années 30, Ettore Bugatti peine à vendre sa « Royale », la voiture la plus chère et la plus luxueuse du monde, victime de la Grande Dépression. Il se retrouve avec un stock de moteurs colossaux sur les bras : des 8 cylindres en ligne de 12,7 litres.

    Le génie d’Ettore est de les adapter au transport ferroviaire. Le résultat présenté à Rétromobile est époustouflant :

    • La mécanique : Ce n’est pas un, mais quatre moteurs de Bugatti Royale qui propulsent cet engin.
    • La puissance : L’ensemble permettait à ce train express de frôler les 200 km/h (196 km/h homologués). Une vitesse de science-fiction pour l’époque !
    • Le gabarit : 23 mètres de long pour ce seul véhicule.

    C’est le dernier survivant des 88 exemplaires produits. Un véritable trésor national conservé habituellement à la Cité du Train de Mulhouse.

    Un convoi exceptionnel vers Paris

    La présence de ce géant à Paris est un exploit logistique en soi. Pesant près de 40 tonnes avec son dispositif de transport, l’Autorail va quitter l’Alsace pour rejoindre la capitale via un convoi exceptionnel qui s’étalera sur plusieurs jours.

    Ce périple sera relayé en temps réel, permettant aux passionnés de suivre la « remontée » de ce monument historique vers le Parc des Expositions. C’est une occasion unique de voir cette cathédrale mécanique hors de son musée.

    Bugatti, bien plus que des voitures

    Pour accompagner ce mastodonte, Rétromobile, en partenariat avec le Musée national de l’automobile de Mulhouse et Eiffage Rail, exposera également sept prototypes uniques.

    Datant de 1928 à 1956, ces véhicules illustrent la folie créative du clan Bugatti. Loin de se cantonner au luxe, la marque a exploré tout ce qui roulait, du sport pur aux innovations les plus ambitieuses. C’est une plongée rare dans l’esprit d’une famille d’esthètes et d’ingénieurs qui a marqué le XXe siècle.

    Rendez-vous à Rétromobile pour admirer ce titan d’acier et d’aluminium qui a inventé la grande vitesse ferroviaire bien avant le TGV.

  • Henry Ford : l’homme qui a mis le monde sur roues et réinventé l’industrie

    Henry Ford : l’homme qui a mis le monde sur roues et réinventé l’industrie

    Pour ce troisième épisode de notre série sur les géants de l’automobile, AUTOcult.fr vous propose de vous immerger dans l’œuvre d’Henry Ford. Un nom indissociable de la voiture populaire, de la production de masse et d’une vision audacieuse qui a transformé la société tout entière. Loin de la flamboyance d’un Citroën ou de l’exclusivité d’un Ferrari, Ford incarne le génie pragmatique, celui qui a démocratisé la mobilité et, ce faisant, a redéfini le travail et la consommation.

    Des Fermes du Michigan à la Révolution Industrielle

    Né en 1863 dans une ferme du Michigan, Henry Ford n’est pas un théoricien, mais un homme de terrain, profondément ancré dans le monde du travail et de la mécanique. Dès son plus jeune âge, il manifeste un intérêt prononcé pour les machines, un contraste saisissant avec l’agriculture à laquelle le destine son père. À douze ans, il répare sa première montre, une anecdote qui annonce son génie pour la mécanique et sa capacité à démonter et remonter les systèmes complexes.

    Cette soif de comprendre le fonctionnement des choses le pousse à quitter la ferme pour Détroit, le cœur battant de l’industrie naissante. Il y travaille comme machiniste et ingénieur, notamment pour l’Edison Illuminating Company. Là, au contact de Thomas Edison lui-même, il affûte ses connaissances en électricité et en ingénierie. Mais c’est l’automobile qui le fascine. Dans le petit atelier de sa maison, il construit son premier « quadricycle » en 1896, un assemblage rudimentaire mais fonctionnel, préfigurant l’avènement de l’automobile pour tous.

    Après plusieurs tentatives infructueuses pour lancer sa propre entreprise – la Detroit Automobile Company et la Henry Ford Company, dont il est évincé –, Ford persévère. Sa détermination est sans faille. Il comprend que le succès passe par la fiabilité et la simplicité, pour que la voiture devienne un outil accessible au quotidien.

    La Ford Motor Company et l’Avènement de la Production de Masse

    En 1903, à 40 ans, Henry Ford fonde enfin la Ford Motor Company. Il s’entoure d’investisseurs et d’ingénieurs talentueux. Très vite, il se concentre sur l’objectif de produire une voiture simple, robuste et abordable. Après plusieurs modèles (A, B, C, F, K, N, R, S), le miracle se produit en 1908 avec le lancement de la Model T, surnommée « Tin Lizzie » (Lizzy la ferrailleuse).

    La Model T n’est pas seulement une voiture ; c’est un manifeste industriel. Ford comprend que la clé de l’accessibilité réside dans la réduction des coûts de production. C’est là qu’il révolutionne le monde de l’industrie en inventant et perfectionnant la chaîne d’assemblage mobile. Inspiré par les abattoirs de Chicago, où les carcasses étaient déplacées sur des convoyeurs, il applique le même principe à la construction automobile. Chaque ouvrier réalise une tâche spécifique et répétitive, ce qui réduit considérablement le temps de fabrication.

    Avant la chaîne, il fallait 12 heures et 30 minutes pour assembler une Model T. Avec la chaîne, ce temps est réduit à 93 minutes ! Cette efficacité permet de baisser drastiquement le prix de vente. De 850 dollars en 1908, le prix de la Model T tombe à 260 dollars en 1925, la rendant accessible à la classe moyenne américaine. Ford lui-même dira : « Toute voiture peut être peinte de n’importe quelle couleur, pourvu que ce soit le noir. » Une phrase souvent citée pour souligner la standardisation à outrance, mais qui illustre surtout la priorité donnée à la production de masse et à la réduction des coûts.

    Les Salaires Élevés et la Société de Consommation

    L’approche de Ford ne se limite pas à la seule production. En 1914, il choque le monde entier en instaurant le « Five-Dollar Day » : il double le salaire journalier de ses ouvriers, le faisant passer à 5 dollars par jour, soit près du double de ce qui était payé dans les autres usines. Cette décision, a priori audacieuse, n’est pas qu’un geste de philanthropie ; c’est une stratégie brillante.

    Ford comprend que pour vendre des voitures en masse, il faut que ses propres ouvriers aient les moyens de les acheter. En augmentant les salaires, il crée une classe de consommateurs solvables, capables de s’offrir ses voitures. Cela réduit aussi le turnover du personnel, améliore la productivité et assure une main-d’œuvre plus stable et plus qualifiée. C’est l’émergence de la société de consommation moderne, où le travailleur est aussi un consommateur.

    Le succès de la Model T est phénoménal. Vingt ans après son lancement, plus de 15 millions d’exemplaires ont été vendus, faisant d’elle la voiture la plus produite du monde pendant des décennies, jusqu’à l’arrivée de la Coccinelle de Volkswagen. La Model T a mis l’Amérique, puis le monde, sur roues, transformant les modes de vie, les villes et les campagnes.

    Un Personnage Complexe et Controversé

    Henry Ford est un homme de contradictions. Visionnaire industriel, il est aussi un conservateur social, voire un réactionnaire sur certains aspects. Il s’oppose farouchement aux syndicats, craignant qu’ils ne brident la productivité. Il est connu pour son autoritarisme et son contrôle étroit sur l’ensemble de ses opérations, de la mine de fer à la voiture finie.

    Moins glorieux, ses écrits antisémites, publiés dans le journal qu’il possédait, le « Dearborn Independent », ont jeté une ombre sur sa réputation. Ces prises de position, bien que regrettables et largement condamnées, ne doivent pas faire oublier l’impact positif et révolutionnaire de son œuvre industrielle.

    Henry Ford s’éteint en 1947, à l’âge de 83 ans, laissant derrière lui un empire industriel colossal et une révolution qui a façonné le XXe siècle. Sa philosophie du travail, de l’efficacité et de l’accessibilité a inspiré des générations d’entrepreneurs.

    L’Héritage Durable

    L’héritage d’Henry Ford va bien au-delà de la marque automobile qui porte son nom. Il a démocratisé l’automobile, la transformant d’un jouet de luxe en un outil indispensable à la vie quotidienne. Sa chaîne d’assemblage est devenue le modèle universel de la production industrielle, appliquée à toutes les industries, de l’électronique à l’électroménager.

    Ford a compris que l’innovation n’était pas seulement technique, mais aussi sociale et économique. Il a prouvé qu’en rendant les produits accessibles, on pouvait créer de nouveaux marchés et transformer la société. La Model T n’était pas une simple voiture ; elle était le symbole d’une nouvelle ère de mobilité, de liberté et de prospérité.

    Aujourd’hui encore, l’esprit d’Henry Ford, celui de la production efficiente et de l’accessibilité pour tous, continue d’influencer l’industrie automobile et au-delà. Il restera à jamais « celui qui a mis le monde sur roues ».

  • Dossier Classé XX : Bienvenue dans le club automobile le plus exclusif au monde

    Dossier Classé XX : Bienvenue dans le club automobile le plus exclusif au monde

    Ce n’est pas une simple gamme de voitures. C’est le club le plus fermé de l’histoire de l’automobile. Nombre de membres : environ 116. Enfin, 116 voitures, car le nombre de propriétaires est sans doute bien inférieur, beaucoup en possédant plusieurs. Vous, moi et 99,9 % des passionnés ne sommes pas invités. Mais derrière cette arrogance apparente se cache la quintessence de la passion Ferrari.

    De l’extérieur, Ferrari peut parfois sembler distant, une marque de luxe mondiale pour ultra-riches où le merchandising a pris le pas sur l’émotion. On se demande parfois où est passée la ferveur des tifosi. La réponse se trouve dans un bâtiment spécifique, le département Attività Sportive GT, dont les vitres tremblent à chaque passage d’une voiture sur la ligne droite du circuit de Fiorano, juste en dessous.

    C’est ici que sont stockées les voitures du programme XX. C’est ici que bat le véritable cœur de Maranello.

    Ni route, ni course : la liberté absolue

    Ferrari a été le premier constructeur à comprendre qu’il existait une terre promise située quelque part entre la voiture de route et la voiture de course.

    La route impose des contraintes (pollution, sécurité, bruit). La course impose des règlements stricts pour équilibrer les performances. Le programme XX, né au milieu des années 2000, s’est affranchi des deux. L’idée de génie ? Créer des monstres de piste pour des clients qui ne sont pas des pilotes professionnels, mais des track-day-ists fortunés, prêts à payer pour une expérience « clé en main » : ingénieurs, télémétrie, combinaisons assorties et maintenance.

    Tout a commencé avec l’FXX en 2005. Le nom venait du nom de code de développement de l’Enzo (FX). Ils ont ajouté un X, et la légende est née. Basée sur l’Enzo, mais allégée de 100 kg, gonflée de 150 ch et dotée de pneus slicks, elle coûtait 1,5 million d’euros. Seuls 30 exemplaires furent produits (29 pour les clients, un noir pour Michael Schumacher). Avec son kit Evoluzione sorti en 2007, le V12 grimpait à 848 ch. Elle tournait à Fiorano six secondes plus vite qu’une Enzo. Une éternité.

    La lignée des monstres

    Le programme a évolué. La 599XX est arrivée en 2010, prouvant qu’une architecture à moteur avant pouvait être radicale. C’est d’ailleurs, semble-t-il, la favorite des propriétaires lors des journées Corse Clienti. Moins intimidante, peut-être ? Elle fut suivie par l’effrayante FXX-K.

    Bravo à Ferrari d’avoir osé ce nom, car c’est probablement l’expletif que lâchent la plupart des gens en la voyant arriver. Basée sur la LaFerrari, c’est le moment où le programme est passé à l’hybride. Avec le système KERS dérivé de la F1, la puissance cumulée atteignait 1 036 ch. Une machine de guerre conçue sans aucune limite.

    Contrairement à la rumeur tenace, Ferrari ne confisque pas ces voitures. Les propriétaires peuvent les garder chez eux. Mais la plupart préfèrent les laisser à Maranello, bichonnées par les mécaniciens qui s’occupent aussi des F1 historiques stockées à l’étage au-dessus.

    La fin d’une ère ou un nouveau départ ?

    Récemment, Ferrari a brouillé les pistes avec la SF90 XX. Contrairement à ses ancêtres, elle est homologuée pour la route. Pour les puristes, c’est une hérésie qui dilue le mystère et le prestige du badge « XX ».

    Mais si la SF90 XX est la vitrine commerciale, le véritable esprit du programme a migré vers quelque chose d’encore plus fou : le programme Sport Prototipi Clienti.

    Au milieu de l’atelier trône la 499P Modificata. Ce n’est pas une hypercar déguisée. C’est, à peu de choses près, la voiture qui a gagné les 24 Heures du Mans cette année. Vendue 5,1 millions d’euros, elle offre l’expérience ultime : piloter un prototype du Mans, sans les restrictions du règlement WEC.

    Seul Ferrari pouvait réussir un tel pari. Porsche, McLaren ou Aston Martin ont leurs programmes « track-only », mais aucun n’a cette aura, cette histoire et cette capacité à vendre du rêve automobile à l’état pur. Le programme XX est excluant, certes. Mais il est la preuve que chez Ferrari, la quête de la performance absolue respire encore.


    En bref : Le Programme XX

    • Concept : Voitures de piste non homologuées pour la route, ni pour la compétition.
    • Modèles clés : FXX (2005), 599XX (2010), FXX-K (2014).
    • Le Graal actuel : 499P Modificata.
    • Signe particulier : Les voitures sont souvent gérées et stockées par Ferrari, mais appartiennent aux clients.
  • Bricklin SV-1 : La voiture la plus sûre du monde… à condition de réussir à démarrer

    Bricklin SV-1 : La voiture la plus sûre du monde… à condition de réussir à démarrer

    En 1974, Malcolm Bricklin, un entrepreneur américain haut en couleur, lance sa propre voiture de sport avec une promesse audacieuse : commercialiser « la voiture de série la plus sûre du monde ». La SV-1 (pour Safety Vehicle 1) a tenu parole. Elle s’est avérée presque impossible à accidenter. Mais pas vraiment pour les raisons imaginées par son créateur.

    L’histoire de la Bricklin SV-1 est celle d’une ambition démesurée qui se heurte au mur de la réalité industrielle. Un conte tragi-comique où la sécurité absolue a été atteinte par l’incompétence technique.

    Une forteresse imprenable (littéralement)

    Pour avoir un accident de voiture, encore faut-il pouvoir monter dedans. C’est là que le génie de la SV-1 entrait en scène. La voiture était équipée de spectaculaires portes papillon (« Gullwing »). Le problème ? Elles pesaient un âne mort : 41 kg chacune.

    Un système hydraulique était censé soulever ce poids, mais la mécanique, capricieuse, décidait souvent de faire grève. Résultat : les propriétaires se retrouvaient fréquemment bloqués à l’extérieur de leur bolide à 10 000 $. Dans une vision rétrospective, c’était sans doute préférable à l’alternative : rester coincé à l’intérieur en cas de tonneau ou d’incendie, transformant la « voiture la plus sûre » en piège de luxe.

    Le « savoir-faire » du Nouveau-Brunswick

    Si, par miracle, vous parveniez à vous glisser derrière le volant, rien ne garantissait que la voiture avancerait. Bricklin n’avait pas seulement créé une marque, il avait bâti une usine entière au Nouveau-Brunswick, au Canada. Une région charmante, certes, mais que l’on qualifie rarement d’ »épicentre mondial de la construction automobile ».

    Cette audace géographique a permis au monde de découvrir ce qui se passe quand on confie l’assemblage d’une voiture complexe à une main-d’œuvre totalement novice. La qualité de construction brillait par son absence :

    • Carrosserie en acrylique/fibre de verre : Censés être révolutionnaires, les panneaux se déformaient de manière spectaculaire, encourageant vivement les propriétaires à ne jamais sortir sous la pluie.
    • Les phares pop-up : Ils refusaient généralement de s’ouvrir (« pop-up »), ce qui, par la force des choses, empêchait les propriétaires de conduire la nuit. Encore un point pour la sécurité !

    La sécurité par la lenteur

    Quand la SV-1 daignait fonctionner, elle le faisait lentement. Très lentement. Lourde et mal motorisée par rapport à son look de supercar, elle rendait les crashs à haute vitesse techniquement difficiles à réaliser.

    Finalement, Bricklin avait promis de produire 12 000 voitures par an. Moins de 3 000 exemplaires sont sortis des chaînes avant la faillite retentissante de l’entreprise.

    Et c’est là que réside le coup de génie final. Quelle voiture peut être plus sûre que celle qu’il est impossible d’acheter ? La Bricklin SV-1 reste, à ce jour, un chef-d’œuvre involontaire de la sécurité routière.