Auteur/autrice : Rédaction

  • Ferrari Luce : Mazda éteint la lumière (au moins au Japon)

    Ferrari Luce : Mazda éteint la lumière (au moins au Japon)

    Trouver le nom d’une nouvelle voiture est un exercice de haute voltige. Il faut que ce soit évocateur, international et, surtout, que personne d’autre ne l’ait déjà pris. Pour sa toute première Ferrari 100 % électrique, la firme au Cheval Cabré avait choisi « Luce » (la lumière, en italien). Problème : Mazda vient de rallumer ses propres archives pour bloquer le passage.

    L’affaire, révélée ce 19 mars 2026, est un cas d’école de droit de la propriété intellectuelle. Ferrari pensait avoir blindé son dossier en enregistrant le nom auprès de l’OMPI (Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle) et de l’EUIPO (pour l’Europe). Mais c’était sans compter sur la réactivité — ou la malice — de Mazda.

    Le hold-up juridique de Mazda

    Au Japon, les règles sont strictes : le droit national l’emporte souvent sur les dépôts internationaux. Mazda, qui a commercialisé la Mazda Luce (connue chez nous sous le nom de 929) jusque dans les années 90, a profité d’une faille. Trois semaines seulement après que le nom de la future Ferrari a fuité, le constructeur d’Hiroshima a redéposé le nom « Luce » auprès du bureau des brevets japonais.

    Résultat ? Ferrari a le droit d’appeler sa merveille électrique « Luce » partout dans le monde, sauf sur l’un des marchés les plus lucratifs pour les voitures de luxe : le Japon.

    L’analogie du jour : C’est un peu comme si le maire de votre ville vous autorisait à faire une sortie scolaire (l’OMPI), mais que votre mère vous interdisait de franchir le pas de la porte (le droit national). Le maire a beau être important, c’est maman qui décide à la maison.


    Ferrari et les noms : Une longue histoire de « partage »

    Ce n’est pas la première fois que Maranello se frotte aux services juridiques de ses confrères. Ferrari a une tendance historique à choisir des noms qui résonnent déjà ailleurs.

    Voici un petit florilège des « doublons » célèbres :

    Modèle Ferrari« L’autre » propriétaire du nom
    Ferrari 208 / 308Peugeot (qui possède le « 0 » central pour les autos)
    Ferrari CaliforniaVolkswagen (Le célèbre camping-car)
    Ferrari MonzaOpel (Le coupé des années 80)
    Ferrari DaytonaDodge (La version musclée des années 80)
    Ferrari FFJensen (Le break de chasse anglais des années 60)

    On se souvient également que Porsche avait dû renommer sa 901 en 911 car Peugeot avait menacé de faire valoir ses droits sur tous les nombres de trois chiffres avec un zéro au milieu. Ferrari, plus diplomate (ou plus influent), avait obtenu à l’époque une dérogation de la part du Lion pour ses modèles.


    Et maintenant ?

    Ferrari se retrouve face à un dilemme : changer le nom de sa révolution électrique au dernier moment, l’appeler différemment uniquement pour le marché japonais, ou sortir le carnet de chèques pour racheter le nom à Mazda. À Maranello, on affirme que le dépôt de l’OMPI vieux de dix ans devrait suffire, mais les experts juridiques sont sceptiques.

    Une chose est sûre : pour une voiture censée apporter la « lumière » sur l’avenir électrique de la marque, le lancement commence dans une zone d’ombre assez inattendue.

  • Coupé-Cabriolet : Splendeur et déclin de la « folie du toit rigide »

    Coupé-Cabriolet : Splendeur et déclin de la « folie du toit rigide »

    Aujourd’hui, si vous voulez rouler les cheveux au vent sous un toit en dur, la Mazda MX-5 RF fait figure de dernière des Mohicans. Pourtant, il y a vingt ans, le marché croulait sous les « CC ». Entre ingénierie de pointe, nostalgie française et crash industriel, retour sur l’époque où les cabriolets préféraient le métal à la toile.

    Tout a commencé par un coup de tonnerre venu de Stuttgart. En 1994, Mercedes-Benz dévoile un concept de roadster doté d’un toit électrohydraulique baptisé « Vario roof ». L’idée ? Transformer un coupé hermétique en un roadster pur jus en seulement 25 secondes.

    Mercedes SLK : L’étincelle de 1996

    Le succès insolent de la Mazda MX-5 (NA) avait piqué l’orgueil de Mercedes. Sous la direction du grand Bruno Sacco, l’équipe de design — incluant un certain Michael Mauer, futur patron du style Porsche — mise sur un argument de vente unique : la fin du compromis.

    Commercialisée en 1996, la SLK est un carton immédiat. Alors que la marque espérait en vendre 30 000 par an, elle en écoule 55 000 dès la première année complète. Le toit rigide rassure, isole et offre une ligne de coupé élégante. La machine est lancée.


    Peugeot 206 CC : Le peuple veut du soleil

    Le vent de la révolte vient de France. En 1998, Peugeot présente le concept « 2-0-Heart ». Le designer Murat Günak (qui avait travaillé sur la SLK, tiens donc…) insiste : ce n’est pas une copie.

    Peugeot rappelle à qui veut l’entendre que la marque est la pionnière du genre avec l’Eclipse 401 de 1934, fruit du génie de Georges Paulin. En 2000, la 206 CC déboule sur le marché. Moins agile qu’une berline mais infiniment plus désirable, elle séduit 70 000 acheteurs en un an. C’est la démocratisation totale du toit escamotable.


    2006 : L’âge d’or (et le début de la fin)

    À la mi-2000, ne pas avoir de « CC » dans sa gamme est une faute professionnelle. Tout le monde s’y met, créant une véritable foire à l’ingénierie :

    • Les citadines : Nissan Micra C+C, Mitsubishi Colt CZC, Opel Tigra TwinTop.
    • Les compactes : Renault Mégane CC, Ford Focus CC, Opel Astra TwinTop, VW Eos.
    • Le luxe : BMW Série 3 (E93), Volvo C70.

    En 2006, les analystes prédisent un marché mondial de 1,3 million de cabriolets par an pour 2010. Ils n’avaient pas prévu deux séismes majeurs.

    Le double coup de grâce

    1. La crise de 2008 : Le crash financier mondial refroidit brutalement l’envie d’acheter des « voitures-plaisir ». Les sous-traitants spécialisés (Pininfarina, Heuliez, Karmann) sont les premiers à sombrer.
    2. L’invasion SUV : Le public délaisse soudainement le romantisme du cabriolet pour la position de conduite haute et l’aspect sécuritaire des crossovers.

    Presque aussi vite qu’elle avait commencé, la mode du coupé-cabriolet s’éteint. Le surpoids des mécanismes (souvent plus de 100 kg), la complexité de l’entretien et l’amputation drastique du volume du coffre finissent par avoir raison du segment.


    L’avis d’AUTOcult

    Le Coupé-Cabriolet était une parenthèse enchantée, une époque où l’on osait l’absurde pour le plaisir des yeux. Aujourd’hui, la toile a repris ses droits pour sa légèreté, et le SUV règne en maître. Mais croiser une 206 CC ou une SLK en train de « décapoter » au feu rouge reste un spectacle mécanique que les écrans géants de nos voitures modernes ne remplaceront jamais.

  • HVO100 : Le « Diesel Vert » est-il le carburant miracle que nous attendions ?

    HVO100 : Le « Diesel Vert » est-il le carburant miracle que nous attendions ?

    Alors que le moteur thermique est poussé vers la sortie, une solution de transition gagne du terrain : le HVO100. Ce biocarburant, déjà utilisé par les géants du transport comme TotalEnergies depuis 2020, débarque progressivement dans nos stations. Promesse d’une réduction massive de CO2 sans changer de voiture, le HVO100 est-il trop beau pour être vrai ?

    Qu’est-ce que le HVO100 ?

    Le HVO100 (Hydrotreated Vegetable Oil) est un carburant de synthèse 100 % renouvelable. Contrairement au « biodiesel » classique (EMAG) que l’on trouve mélangé à la pompe (le B7 ou B10), le HVO est obtenu par hydrotraitement.

    On utilise des huiles végétales durables ou, de plus en plus, des déchets (huiles de cuisson usagées, graisses animales, résidus forestiers). Le résultat est un hydrocarbure paraffinique très pur, dont la structure chimique est quasiment identique à celle du gazole fossile, mais sans le soufre ni les composés aromatiques.


    Peut-on vraiment l’utiliser sans risque ?

    C’est la grande force de ce carburant : il est « Drop-in ». Cela signifie qu’il est totalement miscible avec le diesel fossile. Vous pouvez mélanger, alterner ou passer au 100 % HVO sans aucune modification mécanique.

    La norme EN15940

    Pour savoir si votre véhicule est compatible, il faut vérifier s’il accepte la norme EN15940.

    • Poids lourds : La quasi-totalité des motorisations Euro VI (Volvo, Scania, MAN, Renault Trucks, etc.) sont validées.
    • Voitures particulières : La plupart des moteurs Diesel modernes (groupe Volkswagen, BMW, Stellantis, Ford) sont désormais compatibles. De nombreux constructeurs ont apposé un petit logo « XTL » à l’intérieur de la trappe à carburant.

    Caractéristiques et Performances

    CaractéristiqueGazole Fossile (B7)HVO100
    Indice de Cétane~ 5170 à 90 (Combustion plus efficace)
    Réduction CO2Référence– 60 % à – 90 %
    Tenue au froidJusqu’à -15°CJusqu’à -32°C
    StabilitéSensible à l’oxydationTrès stable (idéal pour le stockage long)

    Avantages et Inconvénients

    Les points forts

    • Bilan Carbone : Une réduction drastique des gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie (du champ à la roue).
    • Qualité de l’air : La combustion est plus « propre ». On note une baisse des émissions de particules fines (jusqu’à -30 %) et de monoxyde de carbone.
    • Agrément de conduite : Grâce à un indice de cétane très élevé, le moteur est souvent plus silencieux, démarre mieux à froid et s’encrasse moins (moins de dépôts dans les injecteurs et le FAP).
    • Logistique : Pas besoin de changer de cuve ou de pompe. Il peut être stocké sans risque de dégradation liée à l’humidité, contrairement au biodiesel classique.

    Les points faibles

    • Le Prix : C’est le principal frein. En raison d’un coût de production plus élevé et d’une fiscalité pas encore toujours avantageuse, il est généralement plus cher que le gazole standard à la pompe.
    • Disponibilité : Si les flottes professionnelles (BTP, agriculture, transport) y ont largement accès, le réseau de stations-service publiques est encore en cours de déploiement en 2026.
    • Origine des matières premières : La vigilance reste de mise sur la provenance des huiles (éviter l’huile de palme liée à la déforestation) pour garantir un réel bénéfice écologique.

    L’avis d’AUTOcult

    Le HVO100 est sans doute la solution la plus intelligente pour décarboner immédiatement le parc circulant de véhicules Diesel sans forcer les propriétaires à changer de voiture. C’est une énergie de transition « transparente » pour l’utilisateur, à condition que l’écart de prix à la pompe reste acceptable.

  • Lamborghini Miura « Born Incomparable » : Le Taureau fête 60 ans de perfection à Sant’Agata

    Lamborghini Miura « Born Incomparable » : Le Taureau fête 60 ans de perfection à Sant’Agata

    Il y a soixante ans, le monde découvrait un châssis nu au Salon de Turin. Quelques mois plus tard, la Miura naissait, changeant à jamais la définition de la voiture de sport. En ce mois de mars 2026, le Musée Lamborghini de Sant’Agata Bolognese inaugure « Born Incomparable », une exposition magistrale dédiée à celle qui reste, pour beaucoup, la plus belle voiture de tous les temps.

    Pour Lamborghini, 2026 n’est pas une année comme les autres. C’est le jubilé de la Miura (1966-2026). Jusqu’en janvier 2027, le musée officiel retrace l’épopée de ce chef-d’œuvre né de l’audace de jeunes ingénieurs et du génie esthétique de Marcello Gandini (Bertone).

    L’anatomie d’une révolution

    Le parcours de l’exposition commence par un retour aux sources fascinant : le châssis original de 1965. À l’époque, Ferruccio Lamborghini l’avait exposé sans carrosserie pour prouver la supériorité technique de sa marque. Avec son V12 monté en position transversale arrière, ce cadre de seulement $120 \text{ kg}$ a redéfini l’architecture des super-sportives modernes.

    À ses côtés, les visiteurs peuvent admirer une Miura P400 S, l’évolution de 1966 qui portait la puissance à 370 chevaux, consolidant le statut de « prophète » du moteur central.


    Les Licornes de Sant’Agata : Roadster et SVJ

    L’exposition réussit le tour de force de réunir deux exemplaires parmi les plus rares au monde :

    • La Miura Roadster (1968) : Une pièce unique, sans toit ni fenêtres, conçue comme une sculpture roulante pour le Salon de Bruxelles. Sa livrée « Sky Blue » et son intérieur en cuir blanc sont restés légendaires.
    • La Miura SVJ : Inspirée par la mythique « Jota » de test développée par Bob Wallace en 1970, la SVJ est la version la plus extrême et la plus recherchée par les collectionneurs, reprenant des solutions techniques issues de la compétition.

    Un pont entre les époques

    Le musée ne se contente pas de regarder dans le rétroviseur. L’exposition montre comment l’ADN de la Miura irrigue encore le design actuel de Lamborghini :

    Modèle HommageDescription
    Miura Concept (2006)L’étude de style de Walter de’ Silva qui réinterprétait les lignes fluides des années 60 sur une base moderne.
    Aventador Ultimae « Miura Omaggio »Le tout dernier exemplaire de l’Aventador Roadster, configuré par le programme Ad Personam pour ressembler trait pour trait au Roadster de 1968.

    L’art de l’explosion : Fabian Oefner

    Pour compléter cette immersion, l’œuvre « Disintegrating X – Miura » de l’artiste Fabian Oefner est exposée à l’échelle 1:1. Ce travail titanesque, qui a nécessité deux ans de photographie composant par composant, donne l’impression que la Miura explose dans les airs, révélant chaque pignon et chaque vis de sa mécanique complexe.


    Agenda : Le rendez-vous d’Imola

    Les célébrations ne s’arrêtent pas aux murs du musée. Le département Polo Storico organise un tour exclusif du 6 au 10 mai 2026 à travers l’Italie du Nord, qui se terminera en apothéose lors de la Lamborghini Arena sur le circuit d’Imola les 9 et 10 mai.

    « Pour Lamborghini, la Miura a représenté une révolution extraordinaire. Avec cette exposition, nous voulons offrir aux passionnés la chance de redécouvrir son rôle fondamental dans l’ADN de notre marque. »

    Federico Foschini, Chief Marketing and Sales Officer.

  • Fin de mission pour la « Landy » : l’Armée britannique met ses Land Rover à la retraite

    Fin de mission pour la « Landy » : l’Armée britannique met ses Land Rover à la retraite

    C’est une page d’histoire qui se tourne avec le fracas d’une portière de Defender. Après plus de 70 ans de bons et loyaux services, le ministère de la Défense britannique (MoD) a officiellement lancé, ce 20 mars 2026, le processus de retrait de sa flotte iconique de Land Rover. La « bête de somme » des soldats de Sa Majesté s’apprête à passer le relais à une nouvelle génération de véhicules.

    Le 19 mars 2026, au camp de Bovington (le sanctuaire des blindés outre-Manche), le ministre Luke Pollard a donné le coup d’envoi du programme LMV (Light Mobility Vehicle). L’objectif : identifier le successeur technologique d’un véhicule qui, depuis les années 50, a tout fait, tout vu et tout enduré.

    Un soldat de 70 ans au CV impressionnant

    Le Land Rover n’était pas qu’un simple moyen de transport pour l’armée britannique ; c’était un outil multifonction. Qu’il s’agisse de patrouilles dans le désert, de liaisons de commandement ou de transport de troupes, la silhouette de la « Landy » est devenue indissociable de l’imagerie militaire du Royaume-Uni.

    En 2025, plus de 5 000 exemplaires étaient encore en service actif, preuve d’une robustesse que l’électronique moderne peine parfois à égaler. Mais l’évolution des menaces et des besoins impose aujourd’hui une modernisation radicale.


    Les versions les plus folles : quand le Land Rover mutait

    Au fil des décennies, le génie militaire britannique a transformé le Land Rover en engins parfois improbables. L’exposition à Bovington a rappelé quelques-unes de ces pépites :

    • Le « Pink Panther » (Série IIA) : Peint en rose (une couleur offrant un camouflage optimal au crépuscule dans le désert), ce modèle était le bras armé du SAS pour la reconnaissance à longue distance.
    • Le Centaur V8 : Une tentative audacieuse de croisement entre un 4×4 et un char d’assaut, utilisant les chenilles du tank léger Scorpion.
    • Le SIIA 109″ Amphibie : Un prototype capable de passer de la route à la mer pour les débarquements.
    • L’Ambulance Série IIA : Un classique capable de transporter quatre brancards et un infirmier au plus près du front.

    2030 : L’horizon de la relève

    Le départ à la retraite ne sera pas immédiat pour tous les exemplaires, mais le compte à rebours est lancé. Le programme LMV doit permettre de livrer les premiers nouveaux véhicules aux soldats d’ici 2030.

    « Je tire aujourd’hui le coup d’envoi de la compétition pour le remplacement de cette flotte. Nous cherchons un véhicule moderne pour nos troupes, tout en faisant de la défense un moteur de croissance pour les entreprises basées au Royaume-Uni. » — Luke Pollard, Ministre de l’Industrie de Défense.

    Si le futur remplaçant promet d’être plus connecté, plus sûr et plus efficace, il aura fort à faire pour égaler le capital sympathie et l’âme de celle que les soldats appellent simplement la « Landy ». Une chose est sûre : pour les collectionneurs et les amateurs de surplus militaire, les années à venir s’annoncent passionnantes.

  • Adieu AC Schnitzer : Le clap de fin pour le roi du tuning BMW

    Adieu AC Schnitzer : Le clap de fin pour le roi du tuning BMW

    C’est un jour de deuil pour les amoureux de l’hélice et du « tuning à l’allemande ». AC Schnitzer, le préparateur légendaire basé à Aix-la-Chapelle, a annoncé qu’il cesserait ses activités de préparation d’ici la fin de l’année 2026. Après presque 40 ans passés à sublimer les productions de Munich, le spécialiste jette l’éponge. Non pas par faillite, mais par lucidité.

    L’histoire avait commencé en 1987 avec une BMW Série 7 (E32) transfigurée. Depuis, celui que les intimes surnomment affectueusement « AC Schnitzel » est devenu le passage obligé pour tout propriétaire de BMW en quête d’exclusivité. Mais en 2026, le monde a changé, et le modèle économique du préparateur « à l’ancienne » semble s’être fracassé contre de nouveaux murs.

    Pourquoi un tel géant s’arrête-t-il ?

    Selon Rainer Vogel, directeur général d’ACS, la décision est purement rationnelle. Plusieurs facteurs ont rendu l’activité invivable :

    • La bureaucratie allemande : Les procédures d’homologation des pièces en Allemagne sont devenues d’une lenteur kafkaïenne. ACS se retrouvait à commercialiser ses kits 8 ou 9 mois après ses concurrents étrangers, perdant ainsi l’avantage du « premier arrivé ».
    • Le désamour des jeunes : C’est le constat le plus amer. Vogel souligne que la nouvelle génération de conducteurs ne partage plus la passion de leurs pères pour la modification sportive. La culture du tuning semble s’étioler face à de nouveaux usages de la mobilité.
    • La fin du thermique : L’abandon progressif des moteurs à combustion interne rend le métier de préparateur (centré sur l’échappement, la cartographie et la mécanique pure) beaucoup plus complexe et moins gratifiant.
    • La géopolitique : Hausse du coût des matières premières, droits de douane et volatilité des taux de change ont fini de peser sur la rentabilité de cette entreprise familiale.

    Un héritage gravé dans l’asphalte

    AC Schnitzer, ce n’était pas que des jantes à cinq branches (les mythiques Type I et Type II). C’était une présence massive en compétition et des records du monde qui ont marqué les esprits.

    Modèle IconiquePerformance / Record
    BMW E32 (1987)Le modèle fondateur qui a imposé le style ACS.
    BMW E63 M6 TensionRecord du monde de vitesse pour une BMW de route.
    BMW 335i GPLPreuve que l’on pouvait rouler propre et très vite (Record au gaz).
    GR Supra / MiniPreuve de l’ouverture d’esprit du préparateur au-delà de BMW.

    Quel avenir pour la marque ?

    Le groupe Kohl, maison mère d’AC Schnitzer, est actuellement en pourparlers pour vendre la marque. Le nom pourrait donc survivre sous une autre forme, mais l’esprit artisanal et l’expertise d’Aix-la-Chapelle tels qu’on les connaissait appartiendront bientôt au passé. Les stocks existants seront écoulés d’ici la fin de l’année 2026.

    « Prendre une décision rationnelle concernant un secteur d’activité aussi passionnel n’est pas chose aisée », confie Rainer Vogel. Mais la pérennité du groupe Kohl passait par ce sacrifice nécessaire.

    Pour nous, chez AUTOcult, c’est une page de l’histoire automobile allemande qui se déchire. AC Schnitzer a su prouver que l’on pouvait modifier une BMW pour la rendre plus efficace, plus belle et plus racée, sans jamais trahir l’ADN du constructeur.

  • Carl Benz : Le Père Fondateur Révélé par sa Femme Audacieuse

    Carl Benz : Le Père Fondateur Révélé par sa Femme Audacieuse

    Pour ce huitième épisode de notre série sur les grands hommes de l’automobile, AUTOcult.fr vous invite à rencontrer Carl Benz. Loin des extravagances d’un Citroën ou de l’aura artistique d’un Bugatti, Carl Benz était un inventeur méticuleux, un ingénieur passionné et timide, dont le génie a été mis en lumière par une femme au courage exceptionnel, sa femme Bertha. Son histoire est celle d’un pionnier qui a créé la toute première automobile et qui a dû surmonter ses doutes pour changer le monde.

    L’Ingénieur Silencieux et sa Passion pour la Machine

    Né en 1844 à Karlsruhe, en Allemagne, Carl Benz est le fils d’un mécanicien de locomotive. Dès son plus jeune âge, il est fasciné par la mécanique et les moteurs. Il excelle dans ses études techniques et se passionne pour la vapeur, l’électricité et les moteurs à combustion interne, une technologie naissante. Après avoir travaillé dans plusieurs entreprises, il fonde sa première société à Mannheim en 1871, pour fabriquer des machines industrielles et des pièces de fonderie.

    Carl Benz est un inventeur dans l’âme, mais aussi un entrepreneur timide et pragmatique. Il travaille inlassablement dans son atelier, souvent jusqu’à l’épuisement. Son génie est d’une grande persévérance et sa philosophie est simple : la machine doit être au service de l’homme, elle doit simplifier sa vie. Sa passion pour les moteurs le pousse à travailler sur le moteur à deux temps, une alternative aux lourds moteurs à vapeur de l’époque. Après de longs mois de travail acharné, il obtient un brevet pour son moteur en 1879. C’est un premier pas vers la révolution qu’il va engendrer.

    L’Invention Fondatrice : Le Tricycle Moteur

    Après avoir perfectionné son moteur, Carl Benz se lance dans un défi audacieux : l’intégrer dans un véhicule. Il choisit une structure à trois roues, le tricycle étant plus facile à diriger qu’une voiture à quatre roues. Le 29 janvier 1886, il dépose le brevet de son « Véhicule à moteur à gaz », le Benz Patent-Motorwagen (Brevet de voiture à moteur Benz). C’est officiellement la naissance de la première automobile de l’histoire. Le Motorwagen est un chef-d’œuvre de simplicité et d’ingéniosité. Il est propulsé par un moteur à combustion interne monocylindre de 954 cm3, qui développe une puissance d’un peu moins d’un cheval-vapeur et permet une vitesse maximale de 16 km/h. Le véhicule est équipé d’une transmission simple et d’un système de direction à crémaillère. Carl Benz a réussi à créer une machine légère, maniable et relativement fiable, une prouesse technologique pour l’époque.


    Bertha Benz : La Femme qui a Révélé l’Automobile au Monde

    Malgré son invention révolutionnaire, Carl Benz est un homme trop prudent pour la mettre en lumière. Il craint les moqueries et les critiques. C’est là que sa femme, Bertha Benz, entre en scène. Partageant la passion de son mari et comprenant le potentiel de l’invention, elle décide de prendre les choses en main.

    En août 1888, sans prévenir son mari, elle s’empare du tricycle, embarque leurs deux fils adolescents, Eugen et Richard, et se lance dans un périple de 106 kilomètres, de Mannheim à Pforzheim, pour rendre visite à sa mère. Ce voyage, qui paraîtrait banal aujourd’hui, est une épopée pour l’époque. Bertha doit faire face à de nombreux défis : trouver de l’essence, qu’elle achète dans une pharmacie sous forme de ligroïne, réparer les pannes mécaniques avec une épingle à chapeau ou une jarretière, et affronter la curiosité, l’étonnement, et parfois l’hostilité de la population.

    Ce « premier grand raid de l’histoire » est une réussite. Bertha Benz prouve au monde entier que l’automobile est fiable, qu’elle peut parcourir de longues distances et qu’elle est un moyen de transport d’avenir. Le voyage est largement relayé par la presse et fait sensation. La timidité de Carl Benz a été vaincue par l’audace de sa femme.


    La Fusion des Géants : Daimler et Benz

    Les années suivantes, Carl Benz améliore ses modèles et développe son entreprise. En 1894, il lance le « Velo », la première voiture de série du monde, qui sera produite à plus de 1 200 exemplaires. Son succès est grandissant et son nom est associé au progrès technique.

    Parallèlement, un autre ingénieur allemand, Gottlieb Daimler, travaille lui aussi sur des moteurs et des véhicules à quatre roues. Les deux hommes travaillent dans des villes voisines (Mannheim et Bad Cannstatt), mais ils ne se rencontrent jamais personnellement, craignant la concurrence.

    C’est après la mort des deux hommes, et face à la crise économique d’après-guerre, que leurs deux entreprises, Benz & Cie et la Daimler Motoren Gesellschaft (DMG), fusionnent en 1926 pour donner naissance à Daimler-Benz AG, et à la marque Mercedes-Benz. L’union de ces deux géants, l’inventeur de la première automobile et le génial concepteur de moteurs à quatre temps, donne naissance à l’un des constructeurs les plus prestigieux et les plus innovants du monde.

    L’Héritage d’un Pionnier

    Carl Benz s’éteint en 1929, à l’âge de 84 ans. Il aura vécu assez longtemps pour voir son invention, jadis moquée, transformer le monde. Son héritage est immense. Il est le père de l’automobile, l’inventeur qui a posé les fondations de l’industrie automobile moderne. Sa passion pour la mécanique et son souci de la perfection ont marqué l’ingénierie allemande.

    Mais son histoire est aussi un bel hommage à sa femme, Bertha, sans qui le génie de Carl serait peut-être resté cantonné à son atelier. Le voyage de Bertha Benz est une légende, un acte de courage et de vision qui a permis à l’automobile de prendre son envol.

    Carl Benz est la preuve qu’une grande invention peut naître d’un esprit simple et passionné. Et que derrière chaque grand homme se cache souvent une femme au caractère bien trempé, qui peut, par un acte d’audace, changer le cours de l’histoire.

  • De la blague à la piste : Le break BMW M3 Touring prend le départ des 24H du Nürburgring 2026 !

    De la blague à la piste : Le break BMW M3 Touring prend le départ des 24H du Nürburgring 2026 !

    Souvenez-vous du 1er avril 2025. BMW M Motorsport publiait sur ses réseaux les images d’un délirant break de course destiné au GT3. On en riait, on en rêvait… mais personne ne pensait que Munich oserait franchir le pas. Un an plus tard, en ce mois de mars 2026, la blague est devenue une réalité de métal et de carbone : la BMW M3 Touring 24H est née et elle s’apprête à dévorer l’Enfer Vert.

    C’est une annonce qui prouve que les constructeurs savent encore écouter leur communauté. Avec plus de 1,6 million de vues et un engagement record, le « poisson d’avril » de l’an dernier a forcé la main des ingénieurs. Huit mois de développement intensif plus tard, la firme bavaroise présente un engin qui n’a plus rien d’une plaisanterie.

    Une M4 GT3 EVO dans un corps de déménageur

    Sous sa silhouette de break familial, la M3 Touring 24H cache en réalité les dessous de la redoutable M4 GT3 EVO. Les caractéristiques techniques sont identiques, mais les proportions changent la donne :

    • Longueur : + 200 mm par rapport à la M4 GT3.
    • Hauteur : + 32 mm (aileron arrière inclus).
    • Base : Châssis de série de la M3 Touring, lourdement modifié pour la compétition.

    Le véhicule fera ses débuts officiels dès le week-end prochain lors de la deuxième manche de la NLS (Nürburgring Langstrecken Serie), avant de s’attaquer au monument : les 24 Heures du Nürburgring, les 16 et 17 mai 2026.


    Une livrée « Spéciale Fans »

    Pour souligner le lien avec sa communauté, BMW a paré la voiture d’une livrée unique pour les courses de préparation. Elle arbore fièrement une sélection de commentaires postés par les fans sous la publication originale du 1er avril 2025.

    « Vous en avez rêvé, nous l’avons fait » : un slogan qui claque comme une décharge de turbo dans la ligne droite de Döttinger Höhe.


    Quatre pilotes d’élite pour le « Cochon de course »

    Engagée dans la catégorie SPX (réservée aux véhicules non homologués en GT3 standard), la M3 Touring sera exploitée par le team Schubert Motorsport. L’équipage a de quoi faire trembler le peloton :

    1. Jens Klingmann (Allemagne)
    2. Ugo de Wilde (Belgique)
    3. Connor De Phillippi (USA)
    4. Neil Verhagen (USA)

    Même si elle ne pourra pas jouer la victoire au classement général face aux M4 GT3 de la catégorie reine SP9, l’objectif est ailleurs : assurer le spectacle et démontrer qu’un break peut être aussi compétitif qu’un coupé.

    L’avis d’AUTOcult

    C’est le genre d’initiative qui redonne le sourire. Dans un monde automobile souvent trop sérieux et régi par les tableurs Excel, voir BMW transformer un délire de réseaux sociaux en un bolide de course de 600 chevaux est un immense cadeau fait aux passionnés. Nous serons au bord de la Nordschleife en mai pour voir ce « super-break » défier les lois de la physique.

  • Championnat du monde de la chicane : Pourquoi la France est-elle la terre promise des ronds-points ?

    Championnat du monde de la chicane : Pourquoi la France est-elle la terre promise des ronds-points ?

    En France, nous sommes fiers de notre vin, de notre fromage et de notre football. Mais il est un domaine où notre domination est absolue, presque insolente : le rond-point. Avec une estimation oscillant entre 30 000 et 70 000 ouvrages, l’Hexagone écrase la concurrence mondiale. Depuis 30 ans, on en construit en moyenne cinq par jour. Plongée dans une passion française qui divise autant qu’elle fluidifie.

    Le rond-point est bien plus qu’un simple aménagement urbain ; c’est un élément structurant de notre territoire qui raconte notre histoire, de la chasse royale aux revendications sociales des « Gilets Jaunes ».

    Une invention royale née dans les forêts

    Contrairement aux idées reçues, le rond-point n’est pas né avec l’automobile. Ses racines plongent dans les forêts royales du XIVe siècle. Pour faciliter la chasse à courre, des clairières circulaires étaient tracées pour faire converger les routes de chasse en étoile, comme on peut encore l’observer en forêt de Saint-Germain-en-Laye.

    Cette forme géométrique a ensuite été sublimée par Le Nôtre dans les jardins de Versailles avant de s’inviter en ville au XIXe siècle avec les places haussmanniennes. Mais attention à la nuance technique : une place circulaire (comme la Place de l’Étoile à Paris) n’est pas un « carrefour giratoire » moderne. Dans le premier cas, la priorité est à droite (à l’entrée), tandis que dans le second, elle appartient à ceux qui circulent déjà sur l’anneau.

    Le choc de 1984 : La révolution de la sécurité

    Le véritable essor du giratoire moderne date des années 80. À l’époque, la sécurité routière est un enjeu national. Les ingénieurs des Ponts et Chaussées s’inspirent alors d’une « originalité anglaise » : la priorité à gauche pour ceux engagés sur l’anneau.

    Les bénéfices sont immédiats et spectaculaires. À Quimper, par exemple, l’installation d’un giratoire a fait chuter le nombre d’accidents de 140 à un seul. Pourquoi ? Parce que le rond-point force à ralentir, élimine les collisions frontales et remet le conducteur en état de vigilance active plutôt que de le faire obéir machinalement à un feu rouge. C’est sous l’impulsion de maires comme Jean-Marc Ayrault à Saint-Herblain que le modèle s’est généralisé.

    Un coût colossal et une image contrastée

    Aujourd’hui, les villes les plus « rondes » de France se nomment Toulouse, Nantes et Marseille. Mais cette omniprésence a un prix. On estime que la construction d’un rond-point coûte entre 100 000 et 1 million d’euros, principalement à cause des réseaux souterrains à déplacer. Chaque année, ce sont environ 5 milliards d’euros d’argent public qui sont investis dans ces infrastructures.

    Au-delà des chiffres, le rond-point est devenu le symbole de ce que certains appellent la « France moche » — ces zones périurbaines parsemées de zones commerciales et de sculptures artistiques parfois discutables, financées par le « 1 % artistique ». Pourtant, pour beaucoup, il reste une « place publique qui s’ignore », un carrefour de vie et de passage devenu indissociable de notre quotidien d’automobiliste.

  • Ariel Motor Company : Pourquoi le « petit » est devenu le plus grand des constructeurs

    Ariel Motor Company : Pourquoi le « petit » est devenu le plus grand des constructeurs

    Dans l’industrie automobile, beaucoup pensent qu’il suffit de dessiner une machine sensationnelle pour réussir. C’est une erreur de débutant. La force d’Ariel, la marque qui nous a offert l’Atom, réside autant dans son génie mécanique que dans la sagesse entrepreneuriale de son fondateur, Simon Saunders. Retour sur une success-story britannique qui dure depuis 25 ans.

    L’Ariel Atom n’est pas née dans un bureau d’études aseptisé d’une multinationale. Ses origines remontent à un concours de design organisé par Saunders à l’Université de Coventry au milieu des années 90. Le projet squelettique de l’étudiant Niki Smart s’appelait alors « LSC » (Lightweight Sports Car). Saunders, designer chevronné, y a vu un potentiel immense. Mais au-delà du look, il a compris comment bâtir un business autour.

    La méthode Saunders : Maîtriser l’invisible

    Construire une voiture de niche est une chose, faire vivre l’entreprise en est une autre. Simon Saunders a compris dès le départ que le succès d’Ariel reposait sur des piliers souvent négligés par les passionnés :

    • La vente directe : Pas de concessionnaires, tout se fait à l’usine.
    • Le contrôle du marché de l’occasion : Ariel garde un œil sur ses voitures, assurant une valeur de revente exceptionnelle.
    • Le service après-vente intégré : Un lien direct entre celui qui fabrique et celui qui conduit.
    • La rareté maîtrisée : Avec une production annuelle d’environ 200 unités, Ariel préfère la qualité à la quantité, gérant des listes d’attente qui dépassent souvent l’année.

    Une lignée de radicaux

    Si l’Atom est le pilier central, Ariel a su décliner son ADN sur tous les terrains (et même sur deux roues) :

    ModèleTypeParticularité
    AtomTrack-carUn exosquelette iconique, sans toit ni pare-brise.
    AceMotoPropulsée par un V4 Honda de 1200cc, un design de cadre unique.
    NomadBuggyLa version tout-terrain qui a redéfini le plaisir hors-piste.
    HipercarHyper-EVUn monstre électrique de 1 180 ch avec turbine à gaz.

    « Simon Saunders savait comment créer une entreprise automobile dès le premier jour, en se concentrant sur la simplicité et la viabilité plutôt que sur la croissance démesurée. »


    2026 : Le grand saut vers Yeovil

    Ariel a longtemps opéré depuis des granges converties à Crewkerne, dans le Somerset. Mais en ce début d’année 2026, le constructeur s’apprête à franchir une étape cruciale.

    Pour répondre à la demande et abriter ses nouveaux projets secrets (notamment le développement final de la Hipercar EV), Ariel déménage vers un nouveau siège social sur mesure près de Yeovil. Ce nouveau complexe permettra non seulement d’augmenter légèrement la production pour réduire les listes d’attente, mais accueillera aussi un véritable musée dédié à l’histoire de la marque.

    L’avis d’AUTOcult

    Ariel restera toujours « minuscule » par rapport aux géants du secteur, et c’est précisément ce qui fait sa force. En boudant les véhicules grand public au profit de designs radicaux et de processus de fabrication artisanaux, Simon Saunders a créé une marque immortelle. C’est la preuve que dans l’automobile, l’intelligence du modèle économique est aussi importante que la puissance du moteur.

  • Beetleboards & Poster Motors : Quand votre voiture payait son loyer (et affichait vos préférences de préservatifs)

    Beetleboards & Poster Motors : Quand votre voiture payait son loyer (et affichait vos préférences de préservatifs)

    Aujourd’hui, en 2026, voir une Tesla floquée aux couleurs d’une application de livraison ne choque personne. Mais saviez-vous que dans les années 70, transformer sa voiture privée en panneau publicitaire géant était une véritable révolution culturelle ? Entre « Flower Power » et marketing sauvage, retour sur l’époque où rouler en Mini ou en Coccinelle pouvait vous rapporter gros.

    L’idée ne vient pas d’une multinationale, mais d’un homme de marketing visionnaire, Charles E. Bird. En 1971, alors qu’il donne une conférence à l’université de San Diego, il remarque une Coccinelle couverte d’autocollants à fleurs. Le déclic est immédiat : les étudiants ont besoin d’argent, les annonceurs veulent toucher les jeunes, et la Coccinelle est le support mobile parfait.

    La naissance des « Beetleboards »

    En octobre 1971, Bird fonde Beetleboards. Son premier gros client ? Levi’s. Pour prouver le concept, il conduit lui-même une « Bug » couverte de denim publicitaire sur le campus de l’UCLA. L’accueil est délirant.

    Le deal pour les propriétaires de l’époque était imbattable :

    • Le gain : Jusqu’à 480 $ sur deux ans (pour une voiture qui en coûtait 3 000 $).
    • Le prestige : Faire partie d’une communauté de « véhicules cool ».
    • Le contrôle : Des check-ups mensuels chez les concessionnaires VW pour s’assurer que la publicité était en parfait état.

    Même Volkswagen, d’abord menaçant sur le plan juridique, finit par signer un accord avec Bird pour vendre des Coccinelles déjà stickées directement en showroom.


    Le débarquement en Europe : Minis et Durex

    En 1978, le concept traverse l’Atlantique. Au Royaume-Uni, la Coccinelle laisse place à l’icône locale : la Mini. Le programme prend le nom de Roller Posters ou Poster Motors.

    Les annonceurs britanniques n’ont pas froid aux yeux. On croise dans les rues de Londres ou Birmingham des Minis aux couleurs de :

    • Levi’s (toujours leader)
    • KP Nuts (arachides)
    • Durex (préservatifs)

    Le salaire pour les automobilistes ? 6 £ par mois (soit environ 35 € d’aujourd’hui en tenant compte de l’inflation) et une peinture gratuite. Mais attention, Poster Motors ne prenait pas n’importe qui. Brian Lane, directeur de l’époque, expliquait très sérieusement :

    « Les conducteurs Levi’s doivent être des jeunes branchés, tandis que les conducteurs Durex peuvent être de tous âges et milieux, tant qu’ils sont des gens moralement responsables. »


    La sécurité routière s’inquiète

    À l’époque, le célèbre magazine Autocar tire la sonnette d’alarme. Au-delà du « vandalisme visuel », les experts craignent que ces motifs psychédéliques ne « brisent la silhouette » de la voiture, rendant difficile l’évaluation des distances et des vitesses de fermeture pour les autres conducteurs.

    Fort heureusement, aucun crash majeur n’a été imputé à une Mini Durex ou une Beetle Levi’s. Mieux encore : les études de l’époque ont prouvé que ces voitures étaient 42 % plus mémorables qu’une publicité télévisée ou print classique.


    Pourquoi cela s’est-il arrêté ?

    Le succès a été le propre moteur de sa chute. En 1984, Beetleboards ferme ses portes. Charles Bird évoquera plus tard un stress ingérable : complications juridiques, problèmes opérationnels (vérifier l’état de milliers de stickers à travers le pays) et une lassitude du public face à cette pollution visuelle.


    Le regard d’AUTOcult en 2026

    Aujourd’hui, avec le « wrapping » total en vinyle et les algorithmes qui traquent nos trajets, l’esprit de Charles Bird survit dans chaque voiture de VTC couverte de pub. Mais avouons-le : une Mini Durex des années 70 avait quand même un cachet que les publicités numériques pour des banques en ligne ne retrouveront jamais.

  • 50 ans du Musée Alfa Romeo : Un cru 2026 historique à Arese

    50 ans du Musée Alfa Romeo : Un cru 2026 historique à Arese

    Si vous aviez prévu un pèlerinage du côté de Milan, c’est le moment ou jamais. En 2026, le Musée Alfa Romeo célèbre ses 50 ans d’existence. Entre le centenaire de la carrosserie Touring et les 60 ans du mythique Duetto, le calendrier s’annonce aussi chargé qu’un moteur de Montréal. Sortez vos agendas, voici le programme des festivités au temple du Biscione.

    Inauguré en 1976, le musée d’Arese est bien plus qu’une simple collection de voitures ; c’est la « maison » de tous les Alfistes. Pour ce demi-siècle, la direction n’a pas fait les choses à moitié, plaçant l’année sous le signe de la plateforme BOTTEGAFUORISERIE pour valoriser un patrimoine qui refuse de prendre la poussière.


    Les temps forts du calendrier 2026

    Le programme démarre fort dès le printemps avec des hommages à des noms qui font vibrer les cœurs mécaniques.

    1. Mars : 100 ans de Touring Superleggera

    Le 29 mars, le musée lance les hostilités avec une journée dédiée à la Carrozzeria Touring. Des premières berlinettes Superleggera à la toute nouvelle 33 Stradale assemblée aujourd’hui, cette conférence et ce défilé sur la piste du musée retraceront un siècle de finesse aérodynamique.

    2. Avril – Décembre : L’Odyssée du Duetto

    Le 1600 Spider « Duetto » fête ses 60 ans. Pour l’occasion, le musée propose une exposition tournante découpée en quatre phases pour admirer l’évolution de la ligne sous toutes ses coutures :

    PériodeFocus de l’exposition
    Avril – JuinLes « Os de seiche » (Série 1)
    Juillet – AoûtLa « Coda Tronca » (Série 2)
    Septembre – OctobreL’époque « Aérodynamique » (Série 3)
    Novembre – DécembreLa « IVème Série » (Série 4)

    3. Mai : « Cuore Sportivo »

    Le 10 mai, une exposition majeure ouvrira ses portes. Elle explorera l’histoire sportive globale de la marque. On ne parle pas seulement de F1 ou de DTM, mais aussi de l’aventure Alfa dans l’aéronautique, la marine et l’industrie.


    Le Clou du Spectacle : L’Alfa Romeo Day (21 juin)

    C’est le rendez-vous à ne pas manquer. Traditionnellement fêté autour du 24 juin (date de naissance de la marque), l’Alfa Romeo Day célébrera cette année les 50 ans du Musée.

    Au programme :

    • Une conférence sur les coulisses et les défis de la préservation du patrimoine.
    • La grande parade des clubs venus du monde entier.
    • L’Open Day du Centre de Documentation : une chance rare de pénétrer dans les archives (6 000 mètres linéaires de documents !) où dorment les secrets techniques et industriels de vos modèles préférés.

    Infos Pratiques pour votre visite

    • Lieu : Arese (Milan), à deux pas de l’ancienne usine.
    • Horaires : Tous les jours de 10h00 à 18h00 (fermé le mardi).
    • Le « Plus » : Le billet inclut désormais l’accès à la zone COLLEZIONE, les réserves du musée où sont entreposés les moteurs, les maquettes et les voitures habituellement non exposées.

    L’avis d’AUTOcult : Si vous n’avez jamais visité Arese, 2026 est l’année parfaite. La scénographie (refaite en 2015) est l’une des plus belles au monde, et l’ambiance lors des parades sur la piste privée est tout simplement électrique.