Catégorie : Alfa Romeo

  • Alfa Romeo Driving Academy : Trajectoires au cordeau et esprit « paddock » à Varano

    Alfa Romeo Driving Academy : Trajectoires au cordeau et esprit « paddock » à Varano

    Et si le secret pour devenir un meilleur pilote ne résidait pas seulement dans les chevaux sous le capot, mais dans l’émulation d’un stand ? Nous avons posé nos valises sur l’Autodromo de Varano, au cœur de la Motor Valley italienne, pour tester la toute nouvelle Alfa Romeo Driving Academy. Une immersion totale où la haute télémétrie flirte avec le chambrage entre passionnés.

    L’esprit paddock : Petits groupes et grands débriefs

    Oubliez les grandes sessions d’usine impersonnelles où l’on attend son tour pendant des heures. Ici, la philosophie repose sur le travail en comités réduits. Les participants sont répartis en petits groupes de quelques pilotes, ce qui change radicalement l’expérience.

    Entre deux sessions en piste, l’ambiance sous les stands ressemble à celle d’une écurie de course. On compare ses trajectoires, on échange ses impressions sur le comportement des voitures, et l’on s’observe attentivement. C’est le terrain idéal pour un généreux festival de chambrage : rater un point de corde ou freiner dix mètres trop tôt sous l’œil de ses camarades de jeu devient immédiatement le sujet de conversation privilégié autour de l’expresso. Cette complicité immédiate crée une saine émulation qui pousse chacun à s’appliquer au tour suivant.

    La cavalerie du Biscione au scanner

    Sur le tracé sinueux et technique de 2 350 mètres de Varano, l’Academy met à disposition un garage éclectique pour décortiquer chaque type de comportement dynamique. Un héritage rigoureux géré par Gordon de Adamich, dont le père Andrea (légende d’Autodelta disparue fin 2025) avait initié l’école dès 1991.

    ModèleMotorisationPuissancePhilosophie sur la piste
    Junior Veloce100 % Électrique280 chAgilité surprenante, couple instantané. On pilote à l’oreille en écoutant le sifflement des pneus.
    Giulia Diesel2.2 Turbo Diesel210 chL’école de la fluidité. La plateforme Giorgio brille par son équilibre parfait en entrée d’épingle.
    Giulia & Stelvio Quadrifoglio2.9 V6 Biturbo520 chLes monstres sacrés. Une poussée herculéenne qui exige de canaliser la puissance au millimètre.

    La télémétrie comme carburant à vannes

    Pour pimenter la journée, l’Academy utilise la froide rigueur des puces électroniques pour animer les débats du groupe. Les moniteurs installent un gymkhana chronométré entre des cônes, suivi d’une analyse chirurgicale de nos graphiques de conduite en piste.

    L’ordinateur calcule en temps réel un Driving Quality Coefficient basé sur la progressivité du freinage dégressif et la vitesse de réaccélération. C’est le moment de vérité où les masques tombent. Celui qui pensait avoir réalisé le tour du siècle se fait gentiment bousculer par le reste du groupe en découvrant une courbe de freinage trop brutale sur l’écran. On ne cherche pas ici le plus téméraire, mais le plus fluide.

    « Regarde ta télémétrie : tu te bats avec le volant au lieu de laisser glisser la voiture. Respire, élargis ton regard et fais confiance au train avant. »

    Cette phrase, soufflée avec un calme olympien dans l’intercom par Luca Filippi (vice-champion du monde de GP2 2011 et ancien pilote d’IndyCar), résume la valeur de cette académie. Avoir un pilote de ce calibre dans le baquet de droite, capable de corriger un défaut de regard d’un simple mot, vaut toutes les fiches techniques du monde.

    Une expérience d’ingénierie humaine

    On repart de Varano les bras un peu fatigués, l’esprit aiguisé, mais surtout avec la sensation d’avoir partagé un grand moment de culture automobile. L’Alfa Romeo Driving Academy réussit son pari : utiliser la rigueur professionnelle et la technologie de pointe pour faire progresser les conducteurs, sans jamais oublier que le moteur principal de notre passion reste le partage et la convivialité.

    Et vous, dans votre groupe de potes conducteurs, quel est celui qui se ferait le plus chambrer par la télémétrie après une session sur piste ?

  • Le col du Stelvio a 200 ans : Hommage au roi absolu des sommets alpins

    Le col du Stelvio a 200 ans : Hommage au roi absolu des sommets alpins

    « Aujourd’hui est le troisième plus beau jour de ma vie. Depuis la naissance de mes deux fils, rien de ce que j’ai fait n’a été aussi beau. Rien. »

    Ces mots empreints d’une immense émotion ne viennent pas de n’importe qui. Ils sont signés Hans-Joachim Stuck, légende absolue du sport automobile, double vainqueur des 24 Heures du Mans et champion de DTM, alors qu’il vient tout juste de couper le moteur d’une Auto Union Type C. Une réplique exacte de la créature de course que pilotait son père, le Bergkönig (le Roi des Montagnes), au début des années 1930.

    Pour célébrer le 200e anniversaire de ce monument de l’asphalte, quelque 150 pièces de collection historiques se sont élancées depuis l’hôtel Bella Vista au virage n°46 pour faire revivre la légende.

    Une prouesse d’ingénierie née pour les canons

    Pour comprendre l’audace du Stelvio, il faut remonter à l’Empire des Habsbourg. Affaibli par les guerres napoléoniennes, l’empereur d’Autriche François Ier ordonne en 1818 la construction d’une route militaire stratégique traversant les montagnes.

    C’est l’architecte Carlo Donegani qui relève ce défi titanesque. Si le tracé initial prévoyait 61 virages sur le versant tyrolien, le manque de matériaux pour bâtir les piliers de soutien force les ouvriers à redessiner l’itinéraire. Ce sont finalement 48 virages en épingle qui sont taillés à flanc de roche.

    La géométrie si particulière de la route (une pente qui dépasse rarement les 10 % malgré le dénivelé) n’a pas été pensée pour le plaisir des conducteurs, mais pour permettre aux lourds affûts de canons d’être tirés par les troupes sans bloquer les convois. Achevé en 1825 après le travail acharné de milliers d’artisans, le col culmine à 2 757 mètres d’altitude.

    L’âge d’or de la compétition : Stuck contre Nuvolari

    Dès son ouverture, le Stelvio devient une attraction touristique majeure. Mais c’est dans les années 1920 et 1930 que le col entre définitivement dans la légende du sport automobile. À l’époque, la piste est encore en gravier, mais les virages majeurs sont surélevés en béton pour maximiser l’adhérence.

    Un duel d’anthologie reste gravé dans la roche, celui d’août 1932 :

    • Hans Stuck Sr. (Mercedes SSKL) : Vainqueur de l’épreuve en un temps record de 15 minutes et 23 secondes.
    • Tazio Nuvolari (Alfa Romeo) : Termine sur les talons de la Flèche d’Argent, à peine 20,6 secondes plus tard.

    De la Countach à la Revuelto, en passant que l’Alfa Romeo Stelvio

    Pour cet anniversaire exceptionnel, il a été a choisi de froncer les sourcils face à la gravité en y amenant une Countach 25e anniversaire d’origine, une nouvelle Revuelto et l’Alfa Romeo Stelvio, qui rend un hommage direct au lieu.

    Le choc des générations au sommet

    • La Countach (génération Horacio Pagani) : Physique, brute, dotée d’un rayon de braquage si absurde qu’il impose des manœuvres en marche arrière dans certaines épingles serrées. Son V12 atmosphérique demande à être cravaché dans les tours pour respirer l’air rare des sommets. Une machine exigeante, mais magique pour retrouver son âme d’enfant.
    • La Revuelto : Le bond technologique est abyssal. Direction millimétrée, boîte de vitesses ultra-douce, climatisation performante. On la mène du bout des poignets. Pourtant, elle partage avec son ancêtre cette même philosophie immuable : placer le grand V12 au centre de l’expérience et célébrer la mécanique pure.
    • L’Alfa Romeo Stelvio : Le plus beau, le plus réel, le plus fou des SUV que « tout » le monde peut s’acheter. En versions Diesel de 160 ou 210 chevaux, en versions essence 4 cylindres 280 ou 6 cylindres 520 chevaux, le Stelvio est d’une qualité remarquable. Digne du Stelvio !

    Le verdict d’AUTOcult

    En 2008, Top Gear l’avait proclamée « meilleure route du monde ». En réalité, les puristes de la trajectoire vous diront le contraire : le trafic y est dense et le rythme y est cassé par la sévérité des épingles.

    N’y venez pas pour chercher le chrono parfait. Venez pour contempler ces murs de soutènement en pierre semblables à des cathédrales, pour écouter l’écho d’un moteur noble résonner contre la roche, et pour vous installer au refuge du Tibet, tôt le matin, face à l’un des panoramas les plus spectaculaires de l’histoire industrielle et automobile.

    Selon vous, quel autre col alpin en France ou européen égale l’audace architecturale et l’impact émotionnel du Stelvio pour un passionné de belles mécaniques ?

  • Darwinisme : Alfa Romeo Spider

    Darwinisme : Alfa Romeo Spider

    En 1966, sur les rives du lac Léman, Alfa Romeo dévoilait une silhouette qui allait redéfinir le plaisir de conduire cheveux au vent. Soixante ans plus tard, la « Duetto » n’est plus seulement une voiture, c’est un mythe. Le Musée Alfa Romeo d’Arese célèbre cet anniversaire avec une exposition fleuve qui durera jusqu’à la fin de l’année 2026.

    Un nom né du public, une ligne signée Pininfarina

    Tout commence au Salon de Genève 1966. Alfa Romeo présente la « 1600 Spider ». Pour lui trouver un nom plus évocateur, la marque lance un concours national : « Duetto » l’emporte. Bien qu’une homonymie avec une marque déposée empêchera Alfa de l’utiliser officiellement, le nom restera gravé à jamais dans le cœur des Alfistes.

    Dessinée par le maître Pininfarina, la Spider repose sur une mécanique noble héritée de la Giulia : moteur double arbre à cames en aluminium, boîte cinq rapports et quatre freins à disque. Avec seulement 990 kg sur la balance, elle file à 185 km/h, le tout dans une élégance rare.

    Quatre séries, un seul esprit

    De 1966 à 1994, la Spider a connu la plus longue carrière de l’histoire du Biscione (28 ans) et s’est écoulée à plus de 124 000 exemplaires à travers quatre évolutions majeures :

    1. L’Os de Seiche (1966-1969) : La version originelle, aux formes arrondies et convexes, supervisée par Battista « Pinin » Farina lui-même. C’est la star du film Le Lauréat avec Dustin Hoffman.
    2. La Coda Tronca (1969-1982) : La poupe est coupée net pour plus d’aérodynamisme. C’est la série la plus vendue, marquée notamment par l’édition spéciale « Niki Lauda ».
    3. L’Aérodynamique (1983-1989) : L’ère des spoilers et des pare-chocs intégrés, dictée par les tests en soufflerie.
    4. La Série 4 (1990-1994) : Un retour aux sources avec des lignes épurées et fluides, marquant la fin d’une époque glorieuse avant l’arrivée de la GTV Spider.

    L’exposition « Spider est Alfa Romeo » à ne pas manquer

    Si vous passez par l’Italie cette année, le Musée d’Arese propose une immersion totale. Jusqu’en décembre 2026, l’exposition suit un calendrier thématique permettant de voir évoluer le modèle :

    • Avril à Juin : Focus sur les « Os de seiche ».
    • Juillet et Août : Honneur à la « Coda tronca ».
    • Septembre et Octobre : La période « Aérodynamique ».
    • Novembre et Décembre : La quatrième série et le grand final.

    Préserver l’héritage avec Alfa Romeo Classiche

    Face à l’envolée des cotes sur le marché de la collection, Alfa Romeo a renforcé son programme Classiche. Dans les Officine Classiche de Mirafiori, les propriétaires peuvent faire certifier l’authenticité de leur exemplaire ou entreprendre une restauration totale avec les archives d’origine. Un service indispensable pour une voiture qui incarne, peut-être mieux que toute autre, le génie du Made in Italy.

    Le saviez-vous ? Pour le lancement américain en 1966, Alfa Romeo a fait traverser l’Atlantique à trois Spider à bord du paquebot Raffaello. Les passagers VIP pouvaient essayer les voitures directement sur le pont du navire pendant la croisière !

    Quelle est votre version préférée : la pureté originelle de l’os de seiche ou le charme néo-rétro de la quatrième série ?

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  • 50 ans du Musée Alfa Romeo : Un cru 2026 historique à Arese

    50 ans du Musée Alfa Romeo : Un cru 2026 historique à Arese

    Si vous aviez prévu un pèlerinage du côté de Milan, c’est le moment ou jamais. En 2026, le Musée Alfa Romeo célèbre ses 50 ans d’existence. Entre le centenaire de la carrosserie Touring et les 60 ans du mythique Duetto, le calendrier s’annonce aussi chargé qu’un moteur de Montréal. Sortez vos agendas, voici le programme des festivités au temple du Biscione.

    Inauguré en 1976, le musée d’Arese est bien plus qu’une simple collection de voitures ; c’est la « maison » de tous les Alfistes. Pour ce demi-siècle, la direction n’a pas fait les choses à moitié, plaçant l’année sous le signe de la plateforme BOTTEGAFUORISERIE pour valoriser un patrimoine qui refuse de prendre la poussière.


    Les temps forts du calendrier 2026

    Le programme démarre fort dès le printemps avec des hommages à des noms qui font vibrer les cœurs mécaniques.

    1. Mars : 100 ans de Touring Superleggera

    Le 29 mars, le musée lance les hostilités avec une journée dédiée à la Carrozzeria Touring. Des premières berlinettes Superleggera à la toute nouvelle 33 Stradale assemblée aujourd’hui, cette conférence et ce défilé sur la piste du musée retraceront un siècle de finesse aérodynamique.

    2. Avril – Décembre : L’Odyssée du Duetto

    Le 1600 Spider « Duetto » fête ses 60 ans. Pour l’occasion, le musée propose une exposition tournante découpée en quatre phases pour admirer l’évolution de la ligne sous toutes ses coutures :

    PériodeFocus de l’exposition
    Avril – JuinLes « Os de seiche » (Série 1)
    Juillet – AoûtLa « Coda Tronca » (Série 2)
    Septembre – OctobreL’époque « Aérodynamique » (Série 3)
    Novembre – DécembreLa « IVème Série » (Série 4)

    3. Mai : « Cuore Sportivo »

    Le 10 mai, une exposition majeure ouvrira ses portes. Elle explorera l’histoire sportive globale de la marque. On ne parle pas seulement de F1 ou de DTM, mais aussi de l’aventure Alfa dans l’aéronautique, la marine et l’industrie.


    Le Clou du Spectacle : L’Alfa Romeo Day (21 juin)

    C’est le rendez-vous à ne pas manquer. Traditionnellement fêté autour du 24 juin (date de naissance de la marque), l’Alfa Romeo Day célébrera cette année les 50 ans du Musée.

    Au programme :

    • Une conférence sur les coulisses et les défis de la préservation du patrimoine.
    • La grande parade des clubs venus du monde entier.
    • L’Open Day du Centre de Documentation : une chance rare de pénétrer dans les archives (6 000 mètres linéaires de documents !) où dorment les secrets techniques et industriels de vos modèles préférés.

    Infos Pratiques pour votre visite

    • Lieu : Arese (Milan), à deux pas de l’ancienne usine.
    • Horaires : Tous les jours de 10h00 à 18h00 (fermé le mardi).
    • Le « Plus » : Le billet inclut désormais l’accès à la zone COLLEZIONE, les réserves du musée où sont entreposés les moteurs, les maquettes et les voitures habituellement non exposées.

    L’avis d’AUTOcult : Si vous n’avez jamais visité Arese, 2026 est l’année parfaite. La scénographie (refaite en 2015) est l’une des plus belles au monde, et l’ambiance lors des parades sur la piste privée est tout simplement électrique.

  • Alfa Romeo Spider « Duetto » : 60 ans de Dolce Vita et de liberté pure

    Alfa Romeo Spider « Duetto » : 60 ans de Dolce Vita et de liberté pure

    En 1966, l’Italie offrait au monde bien plus qu’une voiture : elle lui offrait un art de vivre. Hier, en 2026, le Spider Alfa Romeo — plus connu sous le nom de « Duetto » — a fêté ses 60 ans. Six décennies à faire chanter son moteur bialbero, à défier les modes et à incarner, d’un simple coup de crayon, l’idée même de la liberté. Retour sur le testament de Battista Pininfarina.

    Il y a des voitures que l’on conduit, et il y a celles qui vous transportent avant même d’avoir tourné la clé. Le Spider Alfa Romeo appartient à cette seconde catégorie. Dernier projet supervisé personnellement par Battista « Pinin » Farina, ce cabriolet est une leçon d’élégance organique, une forme pure surnommée affectueusement « osso di seppia » (os de seiche) pour son profil arrondi et fuyant.

    Un nom né de la ferveur populaire

    À sa sortie, le Spider 1600 n’a pas encore de patronyme officiel. Alfa Romeo lance alors un concours national : « Spider 1600 : donnez-lui un nom ». Près de 140 000 Italiens participent. Le gagnant, Guidobaldo Trionfi, propose « Duetto ».

    Pourtant, l’histoire est facétieuse : à cause de problèmes de droits commerciaux (le nom était déjà déposé), Alfa Romeo ne pourra jamais l’utiliser officiellement sur la carrosserie. Mais qu’importe la loi des marques : pour le public et l’éternité, elle restera la Duetto.

    L’idylle hollywoodienne : Dustin Hoffman et Simon & Garfunkel

    Si le Spider est né en Italie, c’est aux États-Unis qu’il devient une icône planétaire. En 1967, le film Le Lauréat propulse un jeune Dustin Hoffman — et son Spider rouge — au sommet de la gloire.

    Sur fond de The Sound of Silence, l’image de cette Alfa filant sur les routes californiennes scelle le destin du modèle : elle devient le symbole d’une jeunesse rebelle, romantique et avide d’espaces. Le débarquement de trois exemplaires (un blanc, un rouge, un vert) à New York à bord du transatlantique Raffaello finira de convaincre l’Amérique : la « Dolce Vita » est désormais accessible.


    Trente ans d’évolution, une seule âme

    La force du Spider est d’avoir su durer. Produite pendant près de trente ans, la lignée a évolué sans jamais perdre son essence : la conduite directe et le plaisir immédiat.

    Les grandes étapes du mythe

    VersionPériodeCaractéristique marquante
    Série 1 (Osso di Seppia)1966 – 1969L’originale au profil arrondi, moteur 1600 puis 1750.
    Série 2 (Coda Tronca)1969 – 1982Arrière coupé net pour plus d’aérodynamisme et de coffre.
    Série 3 (Aerodinamica)1983 – 1989Ajout d’appendices en caoutchouc (spoiler arrière), style très 80s.
    Série 4 (Ultima)1990 – 1993Retour à une ligne plus pure, boucliers intégrés, direction assistée.

    « Le Duetto n’est pas seulement une Alfa Romeo : c’est un symbole universel de style et de liberté. La Duetto est née pour émouvoir, et elle le fait encore aujourd’hui. »

    Alain Descat, Directeur Alfa Romeo France.

    L’héritage : de 1966 au concept 2uettottanta

    Le design du Spider est si puissant qu’il continue de hanter les planches à dessin. En 2010, pour le centenaire de la marque, Pininfarina dévoilait le concept 2uettottanta, une réinterprétation moderne qui prouve que les lignes de Battista Pininfarina n’ont pas besoin d’être corrigées, simplement célébrées.

    Aujourd’hui, à 60 ans, le Spider Alfa Romeo ne prend pas de rides. Il nous rappelle simplement qu’une automobile peut être un acte d’amour et un souffle de légèreté dans un monde devenu parfois trop lourd.

  • L’Alfa Revival Cup : rendre leurs hémicycles aux légendes d’Autodelta

    L’Alfa Revival Cup : rendre leurs hémicycles aux légendes d’Autodelta

    Dans le paysage foisonnant des courses historiques européennes, l’Alfa Revival Cup (ARC) s’est imposée comme une référence incontournable. Ce championnat monomarque, dédié aux GT et Tourisme Alfa Romeo de l’ère classique, est bien plus qu’une simple série de gentlemen drivers ; il est une véritable capsule temporelle redonnant vie à l’âge d’or de la compétition milanaise.

    La nécessité d’un championnat dédié

    Si les modèles Alfa Romeo de compétition – de la Giulietta SZ à la Giulia Sprint GTA – ont toujours été présents dans les grilles de départ des grands événements historiques (comme Le Mans Classic ou le Dix Mille Tours), il manquait, notamment en Italie, un championnat entièrement dédié à cette marque au patrimoine si riche.

    L’initiative, portée par des passionnés et structurée par l’organisation Canossa Events, est née de ce désir de centraliser l’héritage sportif d’Alfa Romeo. Le cahier des charges fut clair : créer un environnement compétitif où la pureté technique et l’authenticité des voitures seraient préservées, mais où la compétition serait farouche, à l’image des duels épiques des années 60 et 70. L’objectif n’était pas de voir des voitures parader, mais de les voir piloter à la limite sur des circuits exigeants.

    Une grille de départ légendaire

    L’attrait majeur de l’Alfa Revival Cup réside dans l’incroyable diversité et la qualité des voitures éligibles. Le règlement technique, strictement encadré (véhicules de 1947 à 1981), garantit un plateau qui est une véritable rétrospective technique :

    • L’ère GTA : Les reines incontestées sont souvent les Giulia Sprint GTA et GTAm, incarnations de l’œuvre du département course Autodelta, sous la houlette de Carlo Chiti. Ces voitures, taillées pour le Touring Car, offrent un spectacle sonore et visuel incomparable.
    • La robustesse tourisme : Les berlines bodybuildées comme la Giulia Super et la Alfetta GTV rappellent l’omniprésence d’Alfa Romeo dans les championnats nationaux et européens de Tourisme.
    • Les premières séries : Les puristes retrouvent également les Giulietta Sprint Veloce et SZ Coda Tronca, symboles de l’ingénierie légère d’avant-guerre et d’après-guerre.

    Ces voitures sont souvent réparties en classes selon la cylindrée et l’année d’homologation, assurant des batailles équilibrées à tous les niveaux du peloton.

    Le parcours d’un championnat d’endurance

    Le format de course de l’Alfa Revival Cup est lui aussi un clin d’œil à l’histoire. Il privilégie généralement des courses longues d’une heure avec un arrêt obligatoire pour le changement de pilote. Ce format favorise non seulement la stratégie d’équipe, mais permet surtout de rendre hommage aux courses d’endurance qui ont forgé la réputation d’Alfa Romeo.

    Au fil des saisons, l’ARC est devenue une série internationale. Bien que très ancrée en Italie (Mugello, Imola, Misano), elle s’est exportée vers des temples de la course comme Spa-Francorchamps et le Red Bull Ring, confirmant son statut de série de référence pour tous les Alfisti possédant une voiture de course historique. L’Alfa Revival Cup est, en substance, la preuve vivante que la compétition dans le respect du patrimoine peut générer un spectacle aussi pur qu’intense.

  • L’antidote au carré : au volant du Tonale, le SUV Alfa Romeo

    L’antidote au carré : au volant du Tonale, le SUV Alfa Romeo

    Alfa Romeo redonne un coup de fouet à son SUV compact, le Tonale. Mais si le marché européen continue de lui préférer l’efficacité géométrique de la concurrence allemande, c’est que l’on n’a pas compris la philosophie de ce SUV. Le Tonale n’est pas conçu pour maximiser le volume de coffre ou les pourcentages de vente ; il est taillé pour l’œil, le toucher, et surtout, le plaisir du conducteur. L’antidote italien au SUV premium clinique est là.

    Un design qui ne cède rien au marché

    Le Tonale n’a jamais cherché à ressembler aux autres. Tandis que la plupart des SUV premium adoptent des lignes rigides et fonctionnelles, Alfa Romeo a sculpté le sien avec la passion que l’on attend de la maison de Milan. Le restylage est subtil, confirmant que le design initial était le bon. Les voies légèrement élargies renforcent son assise, lui donnant cette posture athlétique indispensable à un véhicule portant le Biscione.

    Même la contrainte réglementaire est tournée à l’avantage du style. Si la plaque d’immatriculation migre désormais au centre (adieu la tradition déportée, pas merci aux normes européennes), le regard acéré, inspiré des phares de la mythique SZ et RZ Zagato, reste inchangé. L’ajout de nouvelles teintes, comme un ocre particulièrement saillant, et des jantes de 19 ou 20 pouces (existe en plus petit), rappelle que le premier critère d’achat d’une Alfa doit toujours être l’émotion visuelle.

    L’émotion avant le ratio : la magie du châssis

    C’est derrière le volant que le Tonale impose son culte. Face à une concurrence allemande souvent jugée un peu aseptisée en conduite quotidienne, le SUV transalpin délivre une personnalité immédiate.

    La grande force du Tonale réside dans sa direction : d’une rapidité déroutante et d’une précision chirurgicale, elle rend la conduite ludique et engageante, même sur les petites routes secondaires. C’est le genre de direction qui détonne dans le segment, rappelant que l’ADN d’Alfa Romeo est avant tout celui des sensations. Que l’on opte pour les trains roulants McPherson de base (déjà très efficaces) ou pour la suspension électronique Dual Stage Valve des finitions plus cossues, le maintien de caisse est au rendez-vous sans jamais dégrader le confort.

    Bien sûr, la version hybride rechargeable (270 chevaux cumulés) montre ses limites en pure vigueur face à la concurrence. On regrette l’absence en Europe du 2.0 essence de 284 chevaux réservé au marché américain – une mécanique qui collerait parfaitement à l’esprit sportif de ce châssis. Mais le Tonale PHEV se rachète avec un autre atout pour les puristes : sa transmission intégrale permanente, qui peut se révéler un avantage tactique, notamment pour les escapades en montagne. La concurrence peut être plus puissante, plus rapide, mais jamais aussi adorable à conduire.

    L’intérieur : chic, pas clinique

    À l’intérieur, le Tonale assume une ambiance chic et plaisante. Le restylage apporte des touches subtiles comme le nouveau sélecteur rotatif de boîte de vitesses et l’introduction de nouvelles garnitures en cuir rouge ou en Alcantara.

    Si certains puristes allemands pourront souligner un raffinement moins chirurgical des assemblages, l’atmosphère est incontestablement italienne. L’instrumentation numérique est parfaitement lisible, complétée par un écran tactile de 10 pouces. Surtout, les sièges baquets offrent un excellent compromis entre confort pour les longs trajets et maintien en conduite dynamique.

    Le Tonale prouve qu’une voiture peut être une offre premium crédible tout en privilégiant le plaisir de rouler différent. Dans la jungle des SUV compacts, il est l’échappatoire : une ligne séduisante, un intérieur chic, un châssis agile, et un positionnement tarifaire qui ne pénalise pas (notamment grâce à l’hybride rechargeable échappant au malus). En dépit des chiffres de vente, le Tonale est un véhicule qui fait honneur au culte de la conduite italienne.

  • Du Quadrifoglio à la Gazzella : l’histoire secrète d’amour entre Alfa Romeo et les Carabinieri

    Du Quadrifoglio à la Gazzella : l’histoire secrète d’amour entre Alfa Romeo et les Carabinieri

    La livrée bleu nuit et rouge des Carabinieri est l’une des plus respectées d’Italie. Mais au-delà de l’uniforme, une autre couleur incarne le culte de l’intervention rapide : le Quadrifoglio Verde. La livraison récente d’une Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio (et, pour la première fois, d’une Maserati) pour le transport urgent d’organes, n’est pas un simple partenariat commercial. C’est le prolongement d’une tradition qui a débuté il y a plus de 70 ans, façonnant le mythe de la « Gazzella ».

    La naissance de la « Gazzella »

    L’histoire commence après la Seconde Guerre mondiale, lorsque le corps des Carabinieri, cherchant à se moderniser et à s’équiper de véhicules rapides pour les interventions d’urgence, s’est tourné vers le fleuron de l’industrie nationale. La première collaboration officielle avec Alfa Romeo a lieu en 1951 avec la 1900 M « Matta », un 4×4 robuste.

    Cependant, la véritable légende, le terme qui est entré dans le jargon populaire pour désigner les véhicules d’intervention rapide, est apparue un an plus tard. En 1952, la berline Alfa Romeo 1900 devint la toute première « Gazzella » (Gazelle). Ce surnom, emprunté à la rapidité de l’animal, était parfaitement justifié par la performance de l’Alfa Romeo, bien supérieure à la moyenne du parc automobile de l’époque.

    L’âge d’or : le mythe de la Giulia

    Le point culminant de cette alliance a été atteint dans les années 1960 avec la Giulia. De 1963 à 1968, la berline Alfa Romeo fut le véhicule d’intervention par excellence.

    La Giulia n’était pas seulement rapide ; elle était compacte, maniable et possédait une motorisation de course, permettant aux Carabinieri de mener des poursuites efficaces même dans les ruelles étroites des villes italiennes. Elle est devenue l’icône de la police italienne, le symbole visuel de la loi en action, capable d’allier performance sportive et devoir civique. Sa postérité est immense : la Giulia est sans doute l’Alfa Romeo la plus associée à l’image du Carabinieri en uniforme.

    Une tradition ininterrompue

    Depuis la Giulia, le partenariat entre le constructeur de Milan et le Corps militaire s’est poursuivi sans jamais s’interrompre, témoignant de l’excellence et de la fiabilité des modèles Alfa Romeo sous la contrainte opérationnelle :

    • Alfetta : Le modèle des années 1970 et 1980 a perpétué la tradition de la berline rapide.
    • Les 90, 75 et 155 : Elles ont porté le relais dans les années 1980 et 1990.
    • Les 156 et 159 : Elles ont équipé le corps au début du XXIe siècle, conservant une esthétique sportive même sous livrée institutionnelle.

    À chaque génération, l’Alfa Romeo des Carabinieri est devenue bien plus qu’une simple voiture de fonction : c’est un outil de fierté nationale et d’efficacité opérationnelle.

    La Quadrifoglio 2025 : l’héritage au service de la vie

    La livraison de cette semaine ancre ce culte dans la modernité. La nouvelle Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio, sortie de l’usine de Cassino, est l’héritière directe de la « Gazzella » des années 60, mais avec une puissance et une technologie sans précédent.

    Avec son moteur V6 biturbo de 520 chevaux, son différentiel autobloquant mécanique et sa propulsion, cette Giulia n’est pas destinée à patrouiller, mais à accomplir la mission la plus noble : le transport urgent d’organes et de sang. La vitesse et la fiabilité de la Quadrifoglio, initialement conçues pour la performance sur piste, sont ici directement mises au service de la communauté.

    Comme l’a souligné le Général C.A. Salvatore Luongo, Commandant Général des Carabinieri, cette collaboration représente un « alignement des objectifs au service de la communauté », où la fiabilité des véhicules devient « un outil vital pour sauver des vies ». L’alliance entre la performance automobile italienne et l’efficacité institutionnelle n’a jamais été aussi essentielle.

    Et pour la première fois, la Maserati MCPURA (un coupé V6 Nettuno de 630 chevaux) rejoint la flotte des urgences. Si l’entrée d’un Trident est historique, c’est bien la présence continue du Quadrifoglio qui confirme : plus de sept décennies après la première « Gazzella », le cœur d’Alfa Romeo continue de battre au rythme des missions les plus urgentes de l’Italie.

  • Alfa Romeo 164 Procar : la berline qui roulait plus vite qu’une F1

    Alfa Romeo 164 Procar : la berline qui roulait plus vite qu’une F1

    Riccardo Patrese enclenche la pédale de droite à la sortie de la Parabolica. Quelques secondes plus tard, juste avant le freinage de la chicane Rettifilo, il file à plus de 320 km/h dans la ligne droite des stands de Monza. Le plus frappant ? Il est au volant d’une voiture qui ressemble, à s’y méprendre, à une banale berline quatre portes ! Le son, nouveau et strident, qui déchire l’air devant les tribunes combles, racontait pourtant une tout autre histoire.

    Ce spectacle unique, offert lors du Grand Prix d’Italie 1988, fut la première et la dernière apparition publique de l’Alfa Romeo 164 Procar. Un mirage historique, fruit d’une ambition folle qui devait révolutionner le sport automobile : les berlines de tourisme dotées de la performance d’une Formule 1.

    La chimère de la Formule S

    Patrese venait de descendre de sa Williams à moteur V8 Judd pour s’installer dans une machine qui n’était pas si éloignée de sa monoplace. Sous sa carrosserie de 164 de série, l’Alfa Romeo Procar était, à toutes fins utiles, une F1 biplace. Elle reposait sur un châssis de course ultra-rigide et abritait surtout un V10 atmosphérique de 3,5 litres, une configuration de moteur qui deviendrait dominante au sommet du sport dans les saisons à venir.

    Cette bête de course était le fer de lance de ce qui devait être le Championnat FIA des Voitures de Production (Procar), ressuscité d’une série éponyme BMW M1 de 1979-80. Au cœur de ce projet se trouvait la Formule S (pour Silhouette).

    Le concept était audacieux : l’aspect extérieur devait imiter fidèlement une voiture de série produite à au moins 25 000 exemplaires, n’autorisant qu’un petit aileron arrière discret et quelques ajustements pour le refroidissement. Mais sous cette enveloppe familière, les règlements exigeaient une technologie F1 pure et dure, en l’occurrence les nouveaux moteurs atmosphériques de 3,5 litres.

    Quand Bernie et Max dictaient la musique

    Ce projet était l’œuvre de l’influent duo Bernie Ecclestone et Max Mosley. Ecclestone, nouvellement vice-président de la FIA chargé des affaires promotionnelles, et Mosley, revenu en tant que président de la commission des constructeurs de la FISA, travaillaient à restructurer le sport automobile. Leur objectif était clair : rendre les moteurs F1 de 3,5 litres obligatoires non seulement en Grand Prix, mais aussi en Groupe C (endurance) et dans ce nouveau Procar. L’idée était de forcer les constructeurs à investir dans un moteur unique, utilisable sur plusieurs fronts – un concept que Ecclestone ne cachait pas être une manœuvre pour attirer les grands constructeurs vers la F1.

    FIAT, qui venait de racheter Alfa Romeo fin 1986, s’est montré un collaborateur enthousiaste. Le nouveau patron, Vittorio Ghidella, fan de sport auto, voulait que l’image de course d’Alfa perdure, même si la F1 était désormais l’apanage de Ferrari. Or, Alfa Corse disposait d’un tout nouveau V10 3,5 litres – le Tipo 1035 – développé par Giuseppe D’Agostino, conçu pour être plus compact et léger qu’un V12, et plus puissant qu’un V8.

    Ce moteur, qui n’avait plus de débouché en F1 après la rupture spectaculaire du contrat avec Ligier (un casus belli monté de toutes pièces par FIAT), trouva un foyer inattendu dans la carrosserie de la 164.

    L’élégance mécanique : la BT57

    La construction de l’Alfa 164 Procar fut confiée à Brabham (qui était alors en pleine cession par Ecclestone), l’équipe qui avait déjà utilisé les moteurs Alfa en F1 de 1976 à 1979. Le châssis, connu en interne sous le nom de BT57, était l’œuvre de l’ingénieur John Baldwin. Il était construit autour d’une coque centrale rigide à laquelle étaient accrochés le moteur et les suspensions, permettant un véritable aménagement biplace.

    Assemblé par le mécanicien Tommy Ross, l’unique exemplaire fut testé en Italie, notamment par Giorgio Pianta. Pour sa démonstration publique à Monza, Patrese reçut des instructions strictes : prendre son temps, puis accélérer à fond dans la ligne droite pour exhiber la vitesse de pointe.

    La performance fut foudroyante : la 164 Procar a dépassé les 331 km/h (206 mph) dans la ligne droite, plus rapide que certaines F1 de l’époque, son poids minimal de 750 kg aidant. Patrese se souvient de la violence de l’expérience : « Tout tremblait beaucoup au-dessus de 300 km/h ».

    Un mort-né de 331 km/h

    Malheureusement, le coup de bluff d’Alfa Romeo ne convainquit pas les autres constructeurs. Leur scepticisme était clair : « Nous voulons courir avec ce que nous vendons », le concept de la silhouette étant jugé trop éloigné du produit de série.

    La Formule S et le Championnat Procar furent abandonnés discrètement. L’Alfa 164 Procar a ainsi été rapidement reléguée au musée. L’unique fois où son magnifique moteur V10 atmosphérique fut entendu par le public, ce fut lors de ces quelques tours de démonstration. L’histoire se souvient de cette berline unique comme d’une fin de non-recevoir à 331 km/h.

  • Alfa Romeo embrase Charade et signe un record historique

    Alfa Romeo embrase Charade et signe un record historique

    Le circuit de Charade, lové dans les reliefs du Massif du Sancy, a vibré les 13 et 14 septembre derniers au rythme d’un événement inédit : la première édition du Rosso Festival. Deux jours entièrement consacrés à Alfa Romeo, deux jours d’émotions, de moteur et de passion italienne pure.

    Et pour une première, le succès est total : 280 Alfa Romeo réunies et plus de 600 participants venus de toute la France, un record absolu pour un rassemblement 100 % dédié à la marque au Biscione.

    Charade, théâtre d’une communion Alfiste

    Organisé par l’Alfa Club des Volcans et le Club Alfa Romeo Côte d’Azur, avec le soutien officiel d’Alfa Romeo France, le Rosso Festival a su trouver le ton juste : celui d’un événement à la fois exclusif et authentique, accessible uniquement sur invitation.
    Sur le tracé mythique de Charade, considéré comme l’un des plus beaux circuits d’Europe, la passion Alfa s’est exprimée dans toute sa diversité, entre roulages, rallyes touristiques, expositions et moments de partage.

    Pour Alain Descat, Directeur d’Alfa Romeo France, le symbole est fort :

    « Voir 280 Alfa Romeo réunies sur le circuit de Charade, entourées de plus de 600 passionnés, c’est un moment d’histoire. Le Rosso Festival illustre la force d’une communauté soudée et passionnée. Ce succès nous pousse à continuer à écrire, avec nos clients et nos clubs, les plus belles pages de l’aventure Alfa Romeo en France. »

    Un plateau d’exception, de la Giulia GTAm à la mythique 75

    La diversité du plateau a impressionné même les Alfistes les plus aguerris. Des modèles récents comme la Giulia GTAm, rare et spectaculaire, aux icônes historiques des années 60 et 70, chaque génération d’Alfa Romeo était représentée.

    Les 40 ans de l’Alfa Romeo 75 — la dernière propulsion conçue avant l’ère Fiat — ont été célébrés en grande pompe, avec une forte présence du modèle, véritable symbole d’une époque où la marque affirmait encore son caractère sportif sans compromis.

    Les Alfa Romeo de compétition n’étaient pas en reste : plusieurs voitures de course issues de championnats historiques ont rappelé les racines profondes du Biscione dans la performance et la vitesse. Enfin, de nombreuses 4C, Giulia et Giulietta, sans oublier les Spider de toutes générations, ont offert un panorama vivant de l’histoire d’Alfa Romeo, du chrome au carbone.

    Un programme calibré pour les passionnés

    Le succès du Rosso Festival ne tient pas qu’à la qualité du plateau, mais aussi à la richesse du programme.
    Sur place, les participants pouvaient :

    • Prendre la piste sur le circuit de Charade, encadrés par des instructeurs,
    • Participer à des rallyes au roadbook à travers les routes du Sancy,
    • Suivre des cours de pilotage,
    • Tester des simulateurs de conduite,
    • Et surtout échanger autour de leur passion commune, dans une ambiance à la fois conviviale et élégante.

    Chaque instant a été pensé pour faire vivre l’émotion Alfa, entre adrénaline et partage. Le festival a su séduire aussi bien les puristes que les nouveaux venus, confirmant la vitalité d’une passion transgénérationnelle.

    Une communauté plus forte que jamais

    Le Rosso Festival a été avant tout une déclaration d’amour collective à une marque qui a toujours privilégié l’émotion à la raison. Les clubs Alfa Romeo, de la Côte d’Azur à la Bretagne, ont répondu présent. Et la diversité des participants — familles, collectionneurs, jeunes passionnés — prouve que le flambeau de la passion italienne continue de se transmettre.

    Sur les réseaux sociaux, les images du week-end ont rapidement circulé : un ruban rouge d’Alfa Romeo serpentant sur le tracé vallonné de Charade, un public émerveillé, et cette atmosphère unique que seule la marque milanaise sait inspirer.

    Une première édition déjà historique

    Avec 280 voitures réunies, le Rosso Festival établit un record absolu en France pour un rassemblement entièrement consacré à Alfa Romeo. Jamais autant de modèles du Biscione n’avaient été rassemblés pour un seul événement — une prouesse logistique et symbolique qui confirme la puissance de la communauté Alfiste.

    Ce succès place désormais le Rosso Festival comme un rendez-vous incontournable dans le calendrier automobile français.
    Tout indique qu’une deuxième édition pourrait voir le jour, peut-être avec une ouverture à d’autres circuits emblématiques.


    Charade comme une promesse

    Le Rosso Festival n’a pas seulement célébré Alfa Romeo. Il a révélé l’attachement viscéral d’une communauté à une marque qui, plus que jamais, cultive son héritage.

    Dans un monde automobile de plus en plus normé, cet événement a rappelé ce qui fait la singularité d’Alfa Romeo : une passion sincère, un ADN de course, et une esthétique intemporelle.

    À Charade, l’histoire d’Alfa Romeo en France a écrit un nouveau chapitre.

    Et à en juger par l’énergie des participants, ce n’est que le début d’une longue série de festivals placés sous le signe du cuore sportivo.

  • Nuvolari au Nürburgring : l’exploit italien qui fit plier le Reich

    Nuvolari au Nürburgring : l’exploit italien qui fit plier le Reich

    90 ans après la plus incroyable victoire d’Alfa Romeo face aux puissances allemandes, cet article rend hommage à un moment de légende du sport automobile : un triomphe technique et humain, sur fond de tension politique et de domination technologique allemande. Le 28 juillet 1935, au Nürburgring, Tazio Nuvolari prouve que la bravoure et le talent peuvent renverser l’ordre établi.

    Le 28 juillet 1935, le Nürburgring n’est pas seulement le théâtre d’un Grand Prix. C’est une arène géopolitique, une vitrine technologique, un affrontement idéologique. L’Allemagne nazie entend imposer sa suprématie à travers ses machines, ses pilotes, son organisation. Mercedes-Benz et Auto Union, soutenues à bout de bras par le régime, alignent des bolides argentés futuristes, forts d’innovations comme le moteur arrière chez Auto Union — une solution qui ne s’imposera en Formule 1 que deux décennies plus tard.

    Face à elles, une équipe italienne jugée dépassée, la Scuderia Ferrari, alors simple structure satellite d’Alfa Romeo, venue avec des Alfa P3 âgées, simplement mises à jour. Des machines rouges, dépassées en tout point… sauf dans les mains d’un homme.

    Tazio Nuvolari a 42 ans. Son corps a connu la guerre, les blessures, les souffrances mécaniques des années 1920. Mais ce 28 juillet, « Nivola » entre dans la légende.

    David contre trois Goliaths argentés

    Sur la grille, la bataille semble perdue d’avance. Les spectateurs allemands — plus de 200 000 — s’attendent à un podium 100 % national. Les Auto Union de Stuck, Rosemeyer et Varzi, les Mercedes de von Brauchitsch, Caracciola et Fagioli, semblent inaccessibles. Le contraste est saisissant dans les stands : carrosseries profilées contre caisses traditionnelles, structures d’État contre artisanat d’élite.

    La course est un calvaire : 500 kilomètres sur la Nordschleife, soit plus de 4 heures d’effort sur ce ruban de 22,8 kilomètres, aussi tortueux que meurtrier. Une épreuve d’endurance autant que de vitesse.

    Dès les premiers tours, les forces en présence se dégagent : Balestrero et Brivio abandonnent, puis Chiron. Seule l’Alfa de Nuvolari reste en lice. Il est seul contre les Allemands.

    Et il attaque.

    Un rythme infernal, un homme transcendé

    Varzi heurte un mécanicien au départ. Rosemeyer sort de la piste. Von Brauchitsch, Caracciola et Rosemeyer imposent un rythme de métronome, tandis que Nuvolari hausse progressivement le ton : 10’57” au tour, puis 10’45”, jusqu’à 10’32” pour signer le meilleur chrono de la course, à près de 130 km/h de moyenne sur cette piste d’un autre temps.

    Lors des ravitaillements au 12e tour, les trois Mercedes repartent avant l’Italien. Mais les pneus de von Brauchitsch se dégradent. Le pilote Mercedes tente de contrôler l’écart, mais Tazio revient, tour après tour. Il reprend jusqu’à 16 secondes par boucle.

    Alfred Neubauer, le célèbre patron de Mercedes, panique. Il multiplie les signaux à son pilote. Rien n’y fait. Nuvolari grignote l’écart, second après second.

    Le dernier tour de la légende

    À l’entame du dernier tour, von Brauchitsch compte encore 30 secondes d’avance. Mais son pneu arrière cède. À neuf kilomètres de l’arrivée, au niveau du Karussell, les commissaires voient passer… Nuvolari. Le silence s’installe dans les tribunes. Puis la clameur explose.

    L’Italien franchit la ligne le poing levé, sous les yeux incrédules d’un public médusé.

    Une victoire impensable. Dérangeante. Une Alfa Romeo rouge dans l’antre du national-socialisme. Un héros moustachu de 42 ans, au volant d’une machine d’un autre temps, qui vient de défier la logique industrielle, les pronostics politiques et la toute-puissance technologique du Reich.

    Une défaite intolérable… un mythe éternel

    Il faudra du temps aux autorités allemandes pour digérer l’affront. Certains prétendront qu’Hitler en personne aurait refusé de remettre la coupe. Nuvolari, dit-on, sortira un petit drapeau italien de sa poche pour le brandir seul sur le podium. D’autres parlent d’un trophée expédié par la poste.

    Les détails comptent peu face à la portée symbolique du geste. Cette victoire est sans doute la plus éclatante de l’histoire d’Alfa Romeo. Elle ancre le nom de Nuvolari dans la légende, comme celui d’un pilote capable de transcender la mécanique, les conditions, et même l’époque.

  • Alfa Romeo Junior Veloce au Rallye des Princesses : l’électrique sans compromis

    Alfa Romeo Junior Veloce au Rallye des Princesses : l’électrique sans compromis

    Il faut parfois briser les codes pour mieux honorer l’esprit d’une marque. En alignant sa toute nouvelle Junior Veloce 100 % électrique sur la ligne de départ du Rallye des Princesses 2025, Alfa Romeo envoie un message clair : performance et émotion ne dépendent plus d’un réservoir d’essence. La Junior Veloce n’est pas là pour bouleverser l’ordre établi, mais pour affirmer que l’électrification peut rimer avec style, passion et engagement.

    Un rallye pas comme les autres

    Créé en 2000, le Rallye des Princesses Richard Mille s’est imposé comme une parenthèse singulière dans le calendrier des événements automobiles. Réservé aux équipages 100 % féminins, ce rallye de régularité mêle glamour et exigence sportive, le tout sur les plus belles routes de France. Les voitures engagées doivent répondre à des critères stricts d’ancienneté.

    Ce cadre unique offre une opportunité précieuse pour les marques désireuses d’associer leur image à l’élégance, à l’enthousiasme et à une certaine idée de la liberté automobile. En 2025, Alfa Romeo y participe officiellement avec deux voitures engagées en course et avec la Junior Veloce Elettrica qui se mêle à la formidable caravane dans une démarche qui conjugue modernité, engagement sociétal et fidélité à l’ADN de la marque.

    Une Junior au caractère bien trempé

    Présentée l’an passé, la Junior Veloce est la version la plus musclée de la nouvelle petite Alfa Romeo. Si son nom évoque des souvenirs de sportives compactes à l’italienne, cette Junior ne se contente pas de cultiver la nostalgie : elle réinvente l’approche Alfa dans une ère électrique. La Junior se distingue par un traitement stylistique affûté et une mise au point spécifique.

    Sous son capot, on retrouve un moteur électrique de 280 ch, alimenté par une batterie de 50,8 kWh utiles. Une configuration qui garantit des accélérations dignes d’un coupé sportif et une autonomie réaliste de 350 km. Mais au-delà des chiffres, c’est surtout la promesse d’un comportement dynamique à la sauce Alfa Romeo qui fait toute la différence. Centre de gravité abaissé, suspension affermie, direction recalibrée : la Junior Veloce veut séduire les conductrices (et conducteurs) en quête de sensations, même à faible allure.

    Une démarche cohérente et assumée

    En choisissant d’envoyer la Junior électrique dans un événement aussi iconique que le Rallye des Princesses, Alfa Romeo revendique une double rupture. D’une part, c’est la première fois qu’un modèle électrifié de la marque roule sur ce rallye de régularité en France. D’autre part, c’est aussi une façon d’afficher une féminité automobile décomplexée, loin des clichés et des récupérations marketing maladroites.

    Car cette participation ne s’inscrit pas dans une simple stratégie d’affichage. La Junior engagée est une vraie voiture de série, identique à celle que les clientes (et clients) retrouvent déjà en concession.

    Une Alfa Romeo électrique, vraiment ?

    La question mérite d’être posée. Car si Alfa Romeo a longtemps été perçue comme l’un des bastions du plaisir mécanique, la marque a su amorcer sa mutation sans renier son histoire. Les Giulia et Stelvio Quadrifoglio avec les V6 biturbo ont montré que le savoir-faire sportif de la maison de Milan restait intact. Mais l’heure est désormais à l’élargissement de la gamme, et à l’ouverture vers de nouveaux publics.

    Avec la Junior, Alfa Romeo cible une clientèle plus jeune, plus urbaine, souvent sensible aux enjeux environnementaux mais pas prête à renoncer à une expérience de conduite engageante. La version Veloce électrique, en particulier, incarne cette promesse d’un plaisir renouvelé, fondé sur la réactivité immédiate du moteur électrique et une mise au point châssis digne des meilleures tractions sportives. Ce n’est plus le feulement d’un quatre cylindres qui suscite l’émotion, mais la précision d’une trajectoire, la cohérence d’un freinage, la communication entre la voiture et sa conductrice.

    Un signal fort pour l’électromobilité

    Ce choix d’Alfa Romeo de présenter la Junior dans un contexte aussi particulier qu’un rallye féminin de régularité n’est pas anodin. Il symbolise l’évolution de l’électromobilité, qui cesse d’être cantonnée aux démonstrateurs technos ou aux flottes d’entreprise pour s’ancrer dans la réalité de l’usage, avec une touche d’émotion en prime.

    Les organisateurs du Rallye des Princesses ont accueilli l’initiative avec grand intérêt. La Junior s’insère avec naturel, entre une Porsche 911 classique, une Lancia Fulvia et quelques autres modèles d’exception. Elle montre que la propulsion (traction) électrique peut s’inviter dans le paysage du grand tourisme, sans imposer de renoncements, mais avec une autre forme de charme.

    Et maintenant ?

    La Junior Veloce est l’une des vedettes médiatiques de cette édition 2025 du Rallye des Princesses. Hors classement, sans fumée, sans odeur, mais avec une capacité à enchaîner les liaisons et les spéciales avec constance, sans stress ni recharge excessive.

    Au-delà de la performance, c’est un changement de perception qui est en jeu. Car l’électrique souffre encore souvent d’une image austère, technique, parfois anxiogène. En l’intégrant dans un décor élégant, joyeux, accessible, Alfa Romeo contribue à redonner à cette technologie une part de désirabilité. Et si c’était ça, le vrai défi à relever aujourd’hui pour l’automobile ?