Auteur/autrice : Rédaction

  • Beetleboards & Poster Motors : Quand votre voiture payait son loyer (et affichait vos préférences de préservatifs)

    Beetleboards & Poster Motors : Quand votre voiture payait son loyer (et affichait vos préférences de préservatifs)

    Aujourd’hui, en 2026, voir une Tesla floquée aux couleurs d’une application de livraison ne choque personne. Mais saviez-vous que dans les années 70, transformer sa voiture privée en panneau publicitaire géant était une véritable révolution culturelle ? Entre « Flower Power » et marketing sauvage, retour sur l’époque où rouler en Mini ou en Coccinelle pouvait vous rapporter gros.

    L’idée ne vient pas d’une multinationale, mais d’un homme de marketing visionnaire, Charles E. Bird. En 1971, alors qu’il donne une conférence à l’université de San Diego, il remarque une Coccinelle couverte d’autocollants à fleurs. Le déclic est immédiat : les étudiants ont besoin d’argent, les annonceurs veulent toucher les jeunes, et la Coccinelle est le support mobile parfait.

    La naissance des « Beetleboards »

    En octobre 1971, Bird fonde Beetleboards. Son premier gros client ? Levi’s. Pour prouver le concept, il conduit lui-même une « Bug » couverte de denim publicitaire sur le campus de l’UCLA. L’accueil est délirant.

    Le deal pour les propriétaires de l’époque était imbattable :

    • Le gain : Jusqu’à 480 $ sur deux ans (pour une voiture qui en coûtait 3 000 $).
    • Le prestige : Faire partie d’une communauté de « véhicules cool ».
    • Le contrôle : Des check-ups mensuels chez les concessionnaires VW pour s’assurer que la publicité était en parfait état.

    Même Volkswagen, d’abord menaçant sur le plan juridique, finit par signer un accord avec Bird pour vendre des Coccinelles déjà stickées directement en showroom.


    Le débarquement en Europe : Minis et Durex

    En 1978, le concept traverse l’Atlantique. Au Royaume-Uni, la Coccinelle laisse place à l’icône locale : la Mini. Le programme prend le nom de Roller Posters ou Poster Motors.

    Les annonceurs britanniques n’ont pas froid aux yeux. On croise dans les rues de Londres ou Birmingham des Minis aux couleurs de :

    • Levi’s (toujours leader)
    • KP Nuts (arachides)
    • Durex (préservatifs)

    Le salaire pour les automobilistes ? 6 £ par mois (soit environ 35 € d’aujourd’hui en tenant compte de l’inflation) et une peinture gratuite. Mais attention, Poster Motors ne prenait pas n’importe qui. Brian Lane, directeur de l’époque, expliquait très sérieusement :

    « Les conducteurs Levi’s doivent être des jeunes branchés, tandis que les conducteurs Durex peuvent être de tous âges et milieux, tant qu’ils sont des gens moralement responsables. »


    La sécurité routière s’inquiète

    À l’époque, le célèbre magazine Autocar tire la sonnette d’alarme. Au-delà du « vandalisme visuel », les experts craignent que ces motifs psychédéliques ne « brisent la silhouette » de la voiture, rendant difficile l’évaluation des distances et des vitesses de fermeture pour les autres conducteurs.

    Fort heureusement, aucun crash majeur n’a été imputé à une Mini Durex ou une Beetle Levi’s. Mieux encore : les études de l’époque ont prouvé que ces voitures étaient 42 % plus mémorables qu’une publicité télévisée ou print classique.


    Pourquoi cela s’est-il arrêté ?

    Le succès a été le propre moteur de sa chute. En 1984, Beetleboards ferme ses portes. Charles Bird évoquera plus tard un stress ingérable : complications juridiques, problèmes opérationnels (vérifier l’état de milliers de stickers à travers le pays) et une lassitude du public face à cette pollution visuelle.


    Le regard d’AUTOcult en 2026

    Aujourd’hui, avec le « wrapping » total en vinyle et les algorithmes qui traquent nos trajets, l’esprit de Charles Bird survit dans chaque voiture de VTC couverte de pub. Mais avouons-le : une Mini Durex des années 70 avait quand même un cachet que les publicités numériques pour des banques en ligne ne retrouveront jamais.

  • 50 ans du Musée Alfa Romeo : Un cru 2026 historique à Arese

    50 ans du Musée Alfa Romeo : Un cru 2026 historique à Arese

    Si vous aviez prévu un pèlerinage du côté de Milan, c’est le moment ou jamais. En 2026, le Musée Alfa Romeo célèbre ses 50 ans d’existence. Entre le centenaire de la carrosserie Touring et les 60 ans du mythique Duetto, le calendrier s’annonce aussi chargé qu’un moteur de Montréal. Sortez vos agendas, voici le programme des festivités au temple du Biscione.

    Inauguré en 1976, le musée d’Arese est bien plus qu’une simple collection de voitures ; c’est la « maison » de tous les Alfistes. Pour ce demi-siècle, la direction n’a pas fait les choses à moitié, plaçant l’année sous le signe de la plateforme BOTTEGAFUORISERIE pour valoriser un patrimoine qui refuse de prendre la poussière.


    Les temps forts du calendrier 2026

    Le programme démarre fort dès le printemps avec des hommages à des noms qui font vibrer les cœurs mécaniques.

    1. Mars : 100 ans de Touring Superleggera

    Le 29 mars, le musée lance les hostilités avec une journée dédiée à la Carrozzeria Touring. Des premières berlinettes Superleggera à la toute nouvelle 33 Stradale assemblée aujourd’hui, cette conférence et ce défilé sur la piste du musée retraceront un siècle de finesse aérodynamique.

    2. Avril – Décembre : L’Odyssée du Duetto

    Le 1600 Spider « Duetto » fête ses 60 ans. Pour l’occasion, le musée propose une exposition tournante découpée en quatre phases pour admirer l’évolution de la ligne sous toutes ses coutures :

    PériodeFocus de l’exposition
    Avril – JuinLes « Os de seiche » (Série 1)
    Juillet – AoûtLa « Coda Tronca » (Série 2)
    Septembre – OctobreL’époque « Aérodynamique » (Série 3)
    Novembre – DécembreLa « IVème Série » (Série 4)

    3. Mai : « Cuore Sportivo »

    Le 10 mai, une exposition majeure ouvrira ses portes. Elle explorera l’histoire sportive globale de la marque. On ne parle pas seulement de F1 ou de DTM, mais aussi de l’aventure Alfa dans l’aéronautique, la marine et l’industrie.


    Le Clou du Spectacle : L’Alfa Romeo Day (21 juin)

    C’est le rendez-vous à ne pas manquer. Traditionnellement fêté autour du 24 juin (date de naissance de la marque), l’Alfa Romeo Day célébrera cette année les 50 ans du Musée.

    Au programme :

    • Une conférence sur les coulisses et les défis de la préservation du patrimoine.
    • La grande parade des clubs venus du monde entier.
    • L’Open Day du Centre de Documentation : une chance rare de pénétrer dans les archives (6 000 mètres linéaires de documents !) où dorment les secrets techniques et industriels de vos modèles préférés.

    Infos Pratiques pour votre visite

    • Lieu : Arese (Milan), à deux pas de l’ancienne usine.
    • Horaires : Tous les jours de 10h00 à 18h00 (fermé le mardi).
    • Le « Plus » : Le billet inclut désormais l’accès à la zone COLLEZIONE, les réserves du musée où sont entreposés les moteurs, les maquettes et les voitures habituellement non exposées.

    L’avis d’AUTOcult : Si vous n’avez jamais visité Arese, 2026 est l’année parfaite. La scénographie (refaite en 2015) est l’une des plus belles au monde, et l’ambiance lors des parades sur la piste privée est tout simplement électrique.

  • INEOS Grenadier : L’incroyable épopée d’un 4×4 né autour d’une bière

    INEOS Grenadier : L’incroyable épopée d’un 4×4 né autour d’une bière

    C’est l’une des plus belles « success stories » industrielles de ces dernières années. Alors que les puristes pleuraient la fin du Defender originel, Sir Jim Ratcliffe décidait, entre deux pintes, de créer sa propre marque. En ce mois de mars 2026, INEOS Automotive lance sa campagne « Grenadier Origins », nous rappelant que les meilleures idées naissent parfois dans les lieux les plus simples.

    Le 12 mars 2026, INEOS a dévoilé son nouveau film de campagne intitulé : « Born in a pub, Built for more ». Le décor ? Le pub The Grenadier à Londres. C’est ici que tout a commencé il y a dix ans, et c’est de cet établissement que le véhicule tire son nom désormais célèbre.

    Un projet né d’un manque de « brut »

    L’histoire du Grenadier, c’est avant tout celle de Sir Jim Ratcliffe. Grand aventurier et passionné de tout-terrain, l’homme d’affaires britannique a vu un vide béant sur le marché : la disparition des 4×4 rustiques, robustes et capables de travailler dur, au profit de SUV de plus en plus aseptisés.

    Plutôt que d’attendre un hypothétique retour aux sources des constructeurs traditionnels, il a simplement décidé de créer sa propre division automobile.


    Une campagne pleine d’esprit britannique

    Le film de lancement distille en 60 secondes l’ADN du projet avec un humour très « so British ». On y voit :

    • La matrone du pub, narratrice au ton sec et plein de dérision.
    • Des étincelles de soudure qui volent entre deux verres.
    • Le fameux « bocal à jurons » (indispensable quand on construit une voiture de A à Z).
    • Quelques moutons égarés pour rappeler la vocation rurale de l’engin.

    Selon Lynn Calder, PDG d’INEOS Automotive : « Le Grenadier est un véhicule épique avec une histoire unique. Nous avons appris que lorsque les clients entendent notre histoire, ils comprennent vraiment pourquoi le Grenadier est conçu ainsi. »


    Un succès mondial en chiffres

    Depuis le début de la production en 2023, le pari fou de Ratcliffe s’est transformé en une machine de guerre commerciale. Aujourd’hui, en mars 2026, les chiffres parlent d’eux-mêmes :

    • Plus de 35 000 clients livrés à travers le monde.
    • Présence dans plus de 50 pays.
    • De nombreuses récompenses internationales pour ses capacités de franchissement et son confort sur route.

    Le Grenadier n’est plus seulement une idée griffonnée sur un coin de nappe au pub ; c’est un outil de travail et d’aventure qui a prouvé sa fiabilité du désert de l’Outback aux montagnes écossaises.

  • L’épopée du Guide Michelin : Comment un marchand de pneus a inventé la gastronomie moderne

    L’épopée du Guide Michelin : Comment un marchand de pneus a inventé la gastronomie moderne

    C’est l’un des paradoxes les plus fascinants du monde industriel : pourquoi le leader mondial du pneumatique est-il aussi l’arbitre suprême de la haute cuisine ? Comment Bibendum est-il passé des garages aux cuisines des palais ? Plongée dans l’histoire d’un petit guide rouge devenu le passeport universel de l’excellence.

    Le coup de génie de 1900 : Faire rouler pour faire vendre

    En 1900, la France compte à peine 3 000 automobiles. Les routes sont mal indiquées, l’essence se vend en pharmacie et l’idée de parcourir plus de 50 km est une aventure héroïque. André et Édouard Michelin, qui ont lancé leur entreprise de pneus à Clermont-Ferrand quelques années plus tôt, font un constat simple : pour vendre des pneus, il faut que les voitures roulent.

    Pour inciter les automobilistes à prendre la route, les deux frères créent un petit guide de 400 pages, distribué gratuitement. On y trouve des cartes, le mode d’emploi pour changer un pneu, la liste des garages et des médecins, mais aussi — et c’est là que tout commence — une sélection d’hôtels et de restaurants.

    La logique Michelin : Plus on voyage, plus on use ses pneus. Plus on use ses pneus, plus Michelin prospère. La gastronomie n’était au départ qu’un prétexte au kilométrage.


    Les grandes dates : De l’utilitaire au sacré

    L’histoire du Guide est marquée par une série de pivots stratégiques qui ont bâti sa légende :

    • 1920 : La fin de la gratuité. La légende raconte qu’André Michelin, voyant un de ses guides caler un établi chez un garagiste, décréta : « L’homme n’espère que ce qu’il paie ». Le guide est désormais vendu 7 francs.
    • 1926 : L’apparition de l’Étoile. Elle distingue pour la première fois la « bonne table ».
    • 1931 : La hiérarchie sacrée. Le système de 1, 2 et 3 étoiles est mis en place. Sa définition n’a pas changé depuis, car elle parle toujours au conducteur :
      • 1 étoile : « Une très bonne table dans sa catégorie. »
      • 2 étoiles : « Table excellente, mérite un détour. »
      • 3 étoiles : « Une cuisine remarquable, mérite le voyage. »

    Le poids du Guide aujourd’hui : Branding vs Business

    On pourrait penser que le Guide est une source de profit majeure pour le groupe. En réalité, c’est plus complexe.

    Un gouffre financier, un trésor d’image

    Le Guide Michelin (la branche « Michelin Guide & Lifestyle ») n’est pas le moteur financier du groupe. Les coûts liés aux inspecteurs anonymes, aux voyages et à l’édition sont immenses. Cependant, la valeur de marque qu’il génère est incalculable. Il confère à Michelin une aura d’excellence, de rigueur et de précision que peu de marques industrielles possèdent. Quand Michelin parle de pneus, on l’écoute car on sait qu’ils maîtrisent l’art de la notation parfaite.

    Le baromètre du tourisme mondial

    Aujourd’hui, le Guide ne se contente pas de juger des assiettes. Il est un levier économique pour les territoires. L’obtention d’une étoile peut faire bondir le chiffre d’affaires d’un restaurant de 20 à 30 %. Le Guide est devenu un partenaire stratégique des offices de tourisme mondiaux (Dubaï, Corée du Sud, Thaïlande) qui paient pour que les inspecteurs viennent évaluer leur patrimoine culinaire et booster leur attractivité internationale.


    L’internationalisation : La conquête de l’Est (et de l’Ouest)

    Longtemps resté centré sur l’Europe, le Guide a entamé une mutation spectaculaire depuis 20 ans :

    1. États-Unis (2005) : Le débarquement à New York marque la fin du « gallo-centrisme ».
    2. Asie (2007) : L’arrivée à Tokyo crée un séisme. Aujourd’hui, Tokyo est la ville la plus étoilée au monde, devant Paris.
    3. Digitalisation : Aujourd’hui, l’application et le site web ont remplacé le papier dans l’usage quotidien, permettant une mise à jour en temps réel des « bonnes petites tables » (Bib Gourmand).

    La nouvelle frontière : Les Clés Michelin

    En 2024-2025, Michelin a lancé les Clés Michelin, l’équivalent des étoiles pour l’hôtellerie. L’objectif est clair : redevenir le compagnon de voyage total, de l’oreiller à l’assiette, en passant par le pneu.

    Le Guide en 2026Chiffres clés
    InspecteursEnviron 120 (anonymes, anciens pros de l’hôtellerie)
    Pays couvertsPlus de 40 destinations internationales
    Restaurants+ de 15 000 sélectionnés dans le monde
    Étoiles VertesCatégorie en forte croissance (gastronomie durable)

    Plus qu’un guide, une boussole culturelle

    Le Guide Michelin a réussi l’impossible : transformer un outil marketing pour chauffeurs de 1900 en une autorité mondiale incontestée. Pour Michelin, c’est le mariage parfait entre la gomme et le goût. Si le pneu est le corps de la marque, le Guide en est indéniablement l’âme.

    Pour AUTOcult.fr, retenir cette leçon est essentiel : la culture automobile ne s’arrête pas au bout du capot. Elle commence là où la route nous mène, et si possible, là où la table est bonne.

  • Ram ProMaster City 2027 : Quand l’Amérique s’offre un Citroën Jumpy à la sauce US

    Ram ProMaster City 2027 : Quand l’Amérique s’offre un Citroën Jumpy à la sauce US

    Le constructeur américain Ram vient de frapper un grand coup lors de la « Work Truck Week » à Indianapolis en annonçant le retour de son utilitaire compact, le ProMaster City, pour 2027. Si outre-Atlantique on crie à la nouveauté, de notre côté de l’océan, la silhouette de ce fourgon nous évoque immédiatement les chantiers de France et de Navarre. Et pour cause : sous le badge Ram se cache le fer de lance de Stellantis Europe.

    Après quatre ans d’absence sur le segment des utilitaires de taille moyenne aux États-Unis, Ram revient avec une stratégie bien connue : le badge engineering. Si l’ancien ProMaster City était un Fiat Doblò déguisé, le cru 2027 monte en gamme et en volume.

    Un air de famille (très) prononcé

    Inutile de plisser les yeux : le Ram ProMaster City 2027 est basé sur la plateforme globale de Stellantis pour les utilitaires moyens. Si vous croisez un Citroën Jumpy, un Peugeot Expert, un Fiat Scudo, un Opel Vivaro ou même un Toyota Proace, vous avez sous les yeux le nouveau héros des artisans américains.

    Fabriqué en Turquie, ce « nouveau » modèle profite de la rationalisation du groupe pour offrir aux Américains un véhicule enfin adapté aux centres-villes denses, loin des énormes pick-ups gourmands en espace.


    Un Diesel aux USA : Le vrai choc culturel

    La grande surprise de cette annonce ne réside pas dans le design, mais sous le capot. Alors que l’Amérique ne jure que par l’essence, Ram a choisi d’équiper son ProMaster City d’un quatre cylindres turbodiesel de 1,6 litre.

    • Puissance : 166 ch.
    • Couple : 300 Nm (soit un peu plus qu’un Mercedes Sprinter d’entrée de gamme aux USA !).
    • Transmission : Une boîte automatique Aisin à 8 rapports.

    Pour le marché américain, proposer un « petit » diesel efficace pour les flottes est un pari audacieux qui positionne Ram comme le seul acteur sur ce créneau de l’utilitaire « mid-size » économique.


    « Il transporte une tonne, il tracte une tonne »

    Ram n’a pas manqué d’humour lors de la présentation. Pour souligner que la marque n’oublie pas ses racines malgré l’adoption d’un moteur européen, ils ont présenté le véhicule avec une palette transportant… un moteur Hemi V8 dans la zone de chargement. Le message est clair : c’est un Ram, un vrai.

    Les capacités en chiffres :

    CaractéristiqueCapacité
    Charge utileEnv. 907 kg (1 tonne US)
    Capacité de remorquageEnv. 907 kg (1 tonne US)
    Volume de chargement4,7 m3 (167 cu ft)
    Configurations2, 5 ou 8 sièges

    La zone de chargement a été optimisée pour accueillir deux palettes standards américaines, avec une longueur de plancher de 2,80 mètres (9 pieds).

    Prix et disponibilité

    Le Ram ProMaster City 2027 arrivera dans les concessions américaines au premier trimestre de l’année prochaine. Bien que les tarifs définitifs ne soient pas encore gravés dans le marbre, Ram cible un prix de départ sous les 40 000 $, ce qui en ferait l’utilitaire le plus abordable de son segment aux États-Unis.

    En résumé, pendant que nous voyons en lui notre fidèle compagnon de livraison quotidien, les Américains s’apprêtent à découvrir l’efficacité du génie utilitaire européen… badgé d’une tête de bélier.

  • L’arroseur arrosé : L’Acura Integra Type S quitte l’Ohio pour conquérir… le Japon !

    L’arroseur arrosé : L’Acura Integra Type S quitte l’Ohio pour conquérir… le Japon !

    C’est l’un de ces paradoxes dont l’industrie automobile a le secret. Pour fêter ses 40 ans, Acura, la branche premium de Honda née aux États-Unis, s’apprête à faire ses grands débuts sur le marché japonais. Mais attention, il ne s’agit pas d’une production locale : l’Integra Type S sera importée directement de l’usine de Marysville, dans l’Ohio.

    Un juste retour des choses pour une marque qui a toujours clamé son ADN « Precision Crafted Performance », mais qui n’avait encore jamais officiellement posé ses roues sur les terres de sa maison-mère.

    Le « Made in USA » comme gage d’exotisme

    Si l’idée d’exporter une voiture japonaise des États-Unis vers le Japon peut sembler saugrenue, Honda n’en est pas à son coup d’essai (souvenez-vous de l’Accord Coupé en 1988). Cependant, pour l’Integra Type S, Acura pousse le bouchon encore plus loin :

    • Conduite à gauche : Contrairement à la norme japonaise (conduite à droite), l’Integra Type S sera vendue au Japon avec le volant à gauche, identique aux spécifications américaines. Un choix audacieux qui renforce son statut de « modèle d’importation » exclusif.
    • Cœur de l’Ohio : Le bloc K20C et l’assemblage final sont exclusivement réalisés dans les usines de Anna et Marysville.
    • Succès fulgurant : Aux USA, l’Integra capte déjà 35 % des parts de marché de son segment, attirant une clientèle nettement plus jeune que la concurrence.

    Une fiche technique qui ne fait aucun compromis

    L’Integra Type S n’est pas qu’une question de style. C’est, techniquement, l’Integra la plus puissante jamais produite. Elle partage ses organes vitaux avec la Civic Type R, mais dans un écrin plus premium.

    Caractéristiques techniques (Specs US/Japon)

    ÉlémentSpécification
    Moteur2.0L VTEC Turbo
    Puissance320 ch
    TransmissionManuelle à 6 rapports avec Rev-Matching
    ChâssisSuspension avant à double axe / Amortissement adaptatif
    FreinageÉtriers Brembo à l’avant
    PneumatiquesMichelin Pilot Sport 4S sur jantes 19″

    À l’intérieur, on retrouve tout le confort moderne : affichage tête haute, système audio ELS Studio 3D à 16 haut-parleurs et le fameux Acura Precision Cockpit de 10,2 pouces.


    Pourquoi maintenant ?

    L’accueil enthousiaste lors du Tokyo Auto Salon 2026 a fini de convaincre les dirigeants de Honda. Le Japonais moyen, pourtant très attaché à sa production nationale, semble fasciné par cette interprétation américaine de la performance nippone.

    « Nos associés de l’Ohio mettent toute leur expertise et leur passion dans chaque véhicule. Nous sommes impatients que les clients japonais découvrent le fruit de leur travail », s’est réjoui Jun Jayaraman, vice-président de la production chez Honda America.

    Les ventes débuteront au Japon lors du second semestre 2026. Une chose est sûre : voir une Acura « LHD » (conduite à gauche) remonter les avenues de Ginza sera le symbole ultime de la mondialisation automobile.

  • Max Verstappen à l’assaut de l’Enfer Vert : Le programme 2026 est lancé !

    Max Verstappen à l’assaut de l’Enfer Vert : Le programme 2026 est lancé !

    On le savait passionné, on le savait boulimique de victoires, mais Max Verstappen passe aujourd’hui à la vitesse supérieure. Le triple (ou quadruple, selon les comptes de 2026) champion du monde de F1 vient de confirmer l’engagement de son équipe, Verstappen Racing, aux prochaines 24 Heures du Nürburgring (en mai) ainsi qu’au championnat NLS.

    Un « Reveal » à couper le souffle

    Fidèle à l’esprit Red Bull, la livrée de la voiture n’a pas été dévoilée sous les projecteurs d’un salon feutré. L’athlète allemand Max Manow a réalisé un saut en B.A.S.E. jump de 131 mètres à l’intérieur de la tour de refroidissement de Meppen pour révéler la robe de la bête : une Mercedes-AMG GT3 arborant fièrement les couleurs de la célèbre boisson énergisante.


    Une « Dream Team » pour la Nordschleife

    Pour sa première participation à la mythique classique de l’Eifel, Verstappen ne fait pas les choses à moitié. Si l’on pouvait s’étonner de le voir au volant d’une Mercedes-AMG alors qu’il court pour Red Bull en F1, c’est bien la structure Verstappen Racing qui opère avec le soutien officiel d’AMG Motorsport.

    L’équipage de la voiture n°3 a de quoi faire trembler la concurrence :

    PiloteNationalitéPalmarès / Statut
    Max Verstappen🇳🇱 NéerlandaisStar de la F1, vainqueur NLS9 (2025)
    Dani Juncadella🇪🇸 EspagnolExpert du GT3 et du DTM
    Jules Gounon🇦🇩 AndorranTriple vainqueur des 12h de Bathurst
    Lucas Auer🇦🇹 AutrichienPilote officiel Mercedes-AMG

    Le calendrier : Un agenda de ministre

    Max Verstappen cumulera son programme en Formule 1 avec une préparation rigoureuse sur la Nordschleife. Après avoir obtenu son permis « N » l’an dernier et remporté la course NLS9, il passera aux choses sérieuses dès ce mois-ci.

    • 21 Mars 2026 : Première apparition officielle en course lors de la NLS2.
    • Avril 2026 : Participations aux Qualifiers des 24h du Nürburgring.
    • Mai 2026 : Le point d’orgue, les 24 Heures du Nürburgring.

    « Le Nürburgring est un endroit spécial. Les 24 Heures sont sur ma « bucket list » depuis longtemps », a confié le pilote néerlandais. « Nous avons appris énormément l’an dernier lors de la NLS9, et avec Dani, Jules et Lucas, nous avons une équipe extrêmement solide pour viser le sommet. »

    La course sera diffusée en direct sur Red Bull TV et la chaîne YouTube de Red Bull Motorsports, promettant une audience record pour ce qui s’annonce déjà comme l’événement endurance de l’année.

  • Lancia à Autoworld : 120 ans de génie italien s’exposent à Bruxelles

    Lancia à Autoworld : 120 ans de génie italien s’exposent à Bruxelles

    Si vous cherchez une preuve que l’automobile est un art, ne cherchez plus. Jusqu’au 19 avril 2026, le musée Autoworld de Bruxelles se transforme en sanctuaire pour les amoureux de l’élégance et de la performance pure. Intitulée « Lancia 120 Years – Innovation Through Italian Design », cette exposition rétrospective nous rappelle pourquoi la marque de Turin, malgré ses années d’ombre, reste l’une des plus fascinantes au monde.

    Vincenzo Lancia n’était pas seulement un pilote ; c’était un visionnaire obsédé par la perfection technique. 120 ans plus tard, son héritage prend possession du Palais du Cinquantenaire à travers douze modèles rares qui ont redéfini les règles du jeu.

    De la structure autoportante au premier V6 mondial

    L’exposition, orchestrée par le conservateur Leo Van Hoorick, se divise en deux parcours. Le premier rend hommage aux avancées technologiques qui ont fait de Lancia la marque préférée des ingénieurs et des esthètes.

    • Lancia Lambda (1924) : Un choc pour l’époque. La première voiture de série à adopter une structure autoportante, envoyant les châssis séparés aux oubliettes.
    • Lancia Aurelia B20 Coupé : Elle n’est pas seulement belle à couper le souffle, elle est la première Grand Tourisme de l’histoire à abriter un moteur V6.
    • Les manifestes de style : On y découvre des prototypes rares comme la Lancia PF200 (1952) ou la Lancia Florida (1956) dessinée par Pininfarina, qui allait influencer le design des berlines de luxe pour les décennies suivantes.

    La terre, la poussière et la gloire

    Le second volet de l’exposition vous emmène dans les forêts finlandaises et sur les routes du Monte-Carlo. Pour beaucoup, Lancia, c’est avant tout le rallye. Autoworld n’a pas fait les choses à moitié en réunissant les trois « monstres » de la discipline :

    1. La Stratos : La première voiture conçue exclusivement pour le rallye. Un ovni dessiné par Bertone.
    2. La 037 : Elle reste dans l’histoire comme la dernière propulsion à avoir été sacrée Championne du Monde face aux transmission intégrales. Un acte de bravoure mécanique.
    3. La Delta HF Integrale 16v Gr.A : L’exemplaire exposé est une véritable pièce de musée. Il s’agit de la voiture de 1991 pilotée par le légendaire Juha Kankkunen (2ème place au Rallye de Nouvelle-Zélande cette année-là).

    Pourquoi cette exposition est-elle cruciale en 2026 ?

    Alors que Lancia entame sa renaissance sur le marché européen (avec la nouvelle Ypsilon et la Gamma), ce retour aux sources est essentiel. Il nous rappelle que l’ADN de la marque n’est pas seulement fait de luxe, mais d’une audace qui frise parfois la déraison.

    L’exposition est le fruit d’une synergie rare entre le musée bruxellois, les institutions italiennes et des collectionneurs privés qui ont accepté de sortir leurs joyaux de leurs garages climatisés.

    Informations Pratiques

    • Exposition : Lancia 120 Years – Innovation Through Italian Design
    • Dates : Jusqu’au 19 avril 2026
    • Lieu : Autoworld, Parc du Cinquantenaire, Bruxelles
    • Plus d’infos : www.autoworld.be
  • Alfa Romeo Spider « Duetto » : 60 ans de Dolce Vita et de liberté pure

    Alfa Romeo Spider « Duetto » : 60 ans de Dolce Vita et de liberté pure

    En 1966, l’Italie offrait au monde bien plus qu’une voiture : elle lui offrait un art de vivre. Hier, en 2026, le Spider Alfa Romeo — plus connu sous le nom de « Duetto » — a fêté ses 60 ans. Six décennies à faire chanter son moteur bialbero, à défier les modes et à incarner, d’un simple coup de crayon, l’idée même de la liberté. Retour sur le testament de Battista Pininfarina.

    Il y a des voitures que l’on conduit, et il y a celles qui vous transportent avant même d’avoir tourné la clé. Le Spider Alfa Romeo appartient à cette seconde catégorie. Dernier projet supervisé personnellement par Battista « Pinin » Farina, ce cabriolet est une leçon d’élégance organique, une forme pure surnommée affectueusement « osso di seppia » (os de seiche) pour son profil arrondi et fuyant.

    Un nom né de la ferveur populaire

    À sa sortie, le Spider 1600 n’a pas encore de patronyme officiel. Alfa Romeo lance alors un concours national : « Spider 1600 : donnez-lui un nom ». Près de 140 000 Italiens participent. Le gagnant, Guidobaldo Trionfi, propose « Duetto ».

    Pourtant, l’histoire est facétieuse : à cause de problèmes de droits commerciaux (le nom était déjà déposé), Alfa Romeo ne pourra jamais l’utiliser officiellement sur la carrosserie. Mais qu’importe la loi des marques : pour le public et l’éternité, elle restera la Duetto.

    L’idylle hollywoodienne : Dustin Hoffman et Simon & Garfunkel

    Si le Spider est né en Italie, c’est aux États-Unis qu’il devient une icône planétaire. En 1967, le film Le Lauréat propulse un jeune Dustin Hoffman — et son Spider rouge — au sommet de la gloire.

    Sur fond de The Sound of Silence, l’image de cette Alfa filant sur les routes californiennes scelle le destin du modèle : elle devient le symbole d’une jeunesse rebelle, romantique et avide d’espaces. Le débarquement de trois exemplaires (un blanc, un rouge, un vert) à New York à bord du transatlantique Raffaello finira de convaincre l’Amérique : la « Dolce Vita » est désormais accessible.


    Trente ans d’évolution, une seule âme

    La force du Spider est d’avoir su durer. Produite pendant près de trente ans, la lignée a évolué sans jamais perdre son essence : la conduite directe et le plaisir immédiat.

    Les grandes étapes du mythe

    VersionPériodeCaractéristique marquante
    Série 1 (Osso di Seppia)1966 – 1969L’originale au profil arrondi, moteur 1600 puis 1750.
    Série 2 (Coda Tronca)1969 – 1982Arrière coupé net pour plus d’aérodynamisme et de coffre.
    Série 3 (Aerodinamica)1983 – 1989Ajout d’appendices en caoutchouc (spoiler arrière), style très 80s.
    Série 4 (Ultima)1990 – 1993Retour à une ligne plus pure, boucliers intégrés, direction assistée.

    « Le Duetto n’est pas seulement une Alfa Romeo : c’est un symbole universel de style et de liberté. La Duetto est née pour émouvoir, et elle le fait encore aujourd’hui. »

    Alain Descat, Directeur Alfa Romeo France.

    L’héritage : de 1966 au concept 2uettottanta

    Le design du Spider est si puissant qu’il continue de hanter les planches à dessin. En 2010, pour le centenaire de la marque, Pininfarina dévoilait le concept 2uettottanta, une réinterprétation moderne qui prouve que les lignes de Battista Pininfarina n’ont pas besoin d’être corrigées, simplement célébrées.

    Aujourd’hui, à 60 ans, le Spider Alfa Romeo ne prend pas de rides. Il nous rappelle simplement qu’une automobile peut être un acte d’amour et un souffle de légèreté dans un monde devenu parfois trop lourd.

  • Caterham Seven HWM Edition : Un voyage temporel limité à 19 exemplaires

    Caterham Seven HWM Edition : Un voyage temporel limité à 19 exemplaires

    Alors que le monde automobile s’électrise à marche forcée, Caterham nous rappelle que le futur peut aussi s’écrire au passé. En collaboration avec HWM (Hersham and Walton Motors), le constructeur de Dartford dévoile la Seven HWM Edition, un hommage vibrant à la monoplace HWM-Alta de 1951 qui fit briller un certain Sir Stirling Moss.

    L’esprit de 1951 dans une robe de 2026

    HWM n’est pas qu’un simple revendeur Caterham ; c’est une institution qui fut la première équipe britannique à remporter un Grand Prix après-guerre. Pour célébrer cet héritage, seuls 19 exemplaires seront produits, un clin d’œil direct à l’année de gloire de l’HWM-Alta.

    Un design « Gentleman Racer »

    Le souci du détail est ici poussé à l’extrême. La carrosserie arbore le HWM Green, une teinte scannée directement sur la voiture de course originale de 1951.

    Les éléments distinctifs extérieurs :

    • Louvres (ouïes) sur les panneaux latéraux inspirés de l’Alta.
    • Calandre, bras de suspension et supports de phares peints en Retro Grey.
    • Bouchon de réservoir chromé central.
    • Badges exclusifs HWM sur le museau.

    Un habitacle entre aluminium et bois précieux

    L’intérieur est une ode à l’artisanat britannique. On oublie les écrans tactiles pour laisser place au SuperSprint dashboard en aluminium bouchonné à la main.

    « Ce projet reflète un engagement partagé envers la pureté de l’ingénierie, la performance et l’artisanat », souligne Trevor Steel, Vice-Président de Caterham Cars.

    L’expérience est complétée par des cadrans SMITHS cerclés de chrome, un volant Moto-Lita en bois poli à dégagement rapide et une plaque numérotée « 1 of 19 » qui rappelle au passager qu’il n’est pas dans une Seven ordinaire.


    Les entrailles de la bête : Le cœur de la 420

    Sous le long capot, on retrouve la base solide de la Seven 420. Pas de fioritures, juste de la puissance brute et un poids plume.

    Fiche Technique (Standard Chassis)

    CaractéristiqueSpécification
    Moteur2.0L Duratec atmosphérique
    Puissance210 ch @ 7 600 tr/min
    Couple203 Nm @ 6 300 tr/min
    Poids560 kg
    Rapport Poids/Puissance375 ch / tonne
    0-100 km/h (0-60 mph)3,8 secondes
    Vitesse maximale218 km/h
    TransmissionManuelle à 5 rapports

    Exclusivité et Prix

    Disponible en châssis standard ou large (Large Chassis), la Caterham Seven HWM Edition s’affiche à partir de 57 990 £ (environ 69 000 € au cours actuel). C’est le prix de l’exclusivité pour une machine capable de vous propulser dans l’âge d’or du sport automobile en moins de 4 secondes.

    Si vous avez toujours rêvé de vous prendre pour Stirling Moss sans sacrifier la fiabilité d’un moteur Duratec moderne, ne tardez pas : avec seulement 19 unités, le carnet de commandes risque de se fermer plus vite qu’un changement de rapport sur une boîte séquentielle.

  • Enquête : Pourquoi l’un des plus prestigieux musées auto est-il lié aux assassinats de 2Pac et Biggie ?

    Enquête : Pourquoi l’un des plus prestigieux musées auto est-il lié aux assassinats de 2Pac et Biggie ?

    Le Petersen Automotive Museum de Los Angeles est un temple. On y vient pour admirer des Bugatti inestimables, des hot-rods californiens ou les voitures de James Bond. Pourtant, derrière les façades chromées, l’institution abrite une histoire bien plus sombre. Elle est involontairement l’épicentre de l’un des plus grands cold cases de l’histoire de la musique : la guerre East Coast / West Coast.

    C’est un mélange des genres qui met mal à l’aise autant qu’il fascine. Comment une institution dédiée à la beauté mécanique se retrouve-t-elle dépositaire des preuves matérielles de deux meurtres brutaux ? La réponse tient en deux voitures : une BMW 750iL et un GMC Suburban.

    Le Petersen : Scène de crime du « King of New York »

    Le lien le plus direct entre le musée et cette tragédie remonte au 9 mars 1997. Ce soir-là, Christopher Wallace, alias The Notorious B.I.G. (ou Biggie Smalls), assiste à une « after-party » des Soul Train Music Awards.

    Le lieu de la fête ? Le Petersen Automotive Museum lui-même.

    À 00h30, la soirée est interrompue par les pompiers pour cause de surpopulation. Biggie quitte le musée et monte sur le siège passager avant de son GMC Suburban vert sombre. Le convoi s’arrête à un feu rouge sur Wilshire Boulevard, à l’angle de Fairfax Avenue, littéralement aux pieds du musée. Une Chevrolet Impala noire se porte à sa hauteur. Quatre coups de feu retentissent. La légende du rap s’effondre. Le musée n’est plus seulement un lieu d’exposition, il devient le décor d’une exécution historique.

    Le GMC Suburban : Le témoin retrouvé

    Pendant des années, on a cru que le véhicule dans lequel Biggie avait trouvé la mort avait disparu ou avait été détruit, pièce à conviction macabre d’une enquête bâclée par la police de Los Angeles (LAPD).

    En réalité, le SUV a eu une vie banale. Réparé (la portière passager, criblée de balles, avait été changée par la police pour les besoins de l’enquête), il a été vendu aux enchères publiques. Une famille californienne l’a acheté en ignorant tout de son histoire et l’a utilisé comme voiture familiale pendant des années !

    Et la BMW de 2Pac ?

    L’histoire de Biggie est indissociable de celle de Tupac Shakur, assassiné six mois plus tôt, le 7 septembre 1996 à Las Vegas.

    La voiture de 2Pac était une BMW 750iL (E38) noire de 1996, louée par Death Row Records. C’est dans cette berline V12, conduite par le sulfureux Suge Knight, que 2Pac a été mortellement touché lors d’un « drive-by shooting ».

    Fiche Technique : Les voitures du drame

    1. La voiture de Tupac (Las Vegas, 1996)

    • Modèle : BMW 750iL (E38)
    • Moteur : V12 5.4L de 326 ch
    • Particularité : Les jantes ont été changées après la fusillade, mais des impacts de balles seraient encore visibles à l’intérieur des panneaux de porte.

    2. La voiture de Notorious B.I.G. (Los Angeles, 1997)

    • Modèle : GMC Suburban C2500
    • Moteur : V8 5.7L ou 7.4L
    • Particularité : La portière passager originale (la preuve clé) a été conservée par la police de Los Angeles.
  • Bertone Runabout : Le retour d’une icône « Neo-Retro » pour puristes

    Bertone Runabout : Le retour d’une icône « Neo-Retro » pour puristes

    Alors que les supercars modernes s’enferment dans une course à l’armement technologique — entre aéro active et béquilles électroniques — Bertone choisit de prendre le chemin inverse. Plus de 50 ans après le concept original de Marcello Gandini, la Bertone Runabout renaît. Et cette fois, elle n’est pas là pour faire de la figuration dans un salon : elle arrive sur la route avec un V6 et une boîte manuelle.

    Un manifeste contre l’ennui

    Le constat est un peu amer mais réaliste : les supercars de 2026 se ressemblent toutes, dictées par les mêmes tunnels de vent. Bertone brise ce moule avec ce qu’ils appellent le design « Neo-retro ». Inspirée par l’Autobianchi A112 Runabout de 1969, cette version moderne reprend les codes « nautiques » du concept original : une silhouette pointue, un look de hors-bord sur roues et un esprit radicalement ludique.

    Deux versions seront proposées :

    • Barchetta : Pour une immersion totale, fidèle au concept sans pare-brise (juste un saute-vent).
    • Targa : Pour ceux qui préfèrent conduire sans avoir à compter les insectes sur leur visage.

    Un cœur japonais, une âme de Lotus

    Sous cette robe sculptée se cache une architecture éprouvée. Bertone s’est appuyé sur une base technique issue des dernières Lotus Exige, modifiée et homologuée avec son propre numéro de châssis (VIN).

    Fiche Technique : Le plaisir brut

    CaractéristiqueDétails
    MoteurV6 3.5L à compresseur (origine Toyota)
    Puissance468 ch
    Couple470 Nm
    TransmissionManuelle à 6 rapports, propulsion
    Poids1 150 kg
    0-100 km/h4,1 secondes
    PrixEnviron 390 000 €

    Avec seulement 1 150 kg sur la balance, la Runabout affiche un rapport poids/puissance qui ferait rougir bien des GT modernes. C’est une voiture « à l’ancienne » : pas d’IA omniprésente, un intérieur épuré avec de l’aluminium fraisé, et une tringlerie de boîte manuelle apparente qui invite au passage de rapport chirurgical.


    L’héritage Bertone en 25 exemplaires

    Relancée en 2022 par les frères Ricci, la marque Bertone renoue ici avec son passé de carrossier d’exception. Si le premier modèle de l’ère moderne, la GB110, jouait dans la cour des hypercars, la Runabout est un hommage direct aux génies qui ont fait l’histoire du studio : Giugiaro, Gandini et Scaglione.

    C’est d’ailleurs ce même concept Runabout de 1969 qui avait préfiguré la Fiat X1/9 et la mythique Lancia Stratos. En posséder une aujourd’hui, c’est posséder un morceau d’histoire du design italien, mais avec la fiabilité d’un bloc V6 Toyota et le châssis affûté d’une Lotus.

    Seuls 25 exemplaires seront produits. Un volume ultra-limité qui garantit déjà un statut de collector, même si, vu sa fiche technique, il serait criminel de la laisser dormir dans un garage climatisé.

    Face à Face : L’Héritage contre la Modernité

    Si 57 ans séparent ces deux versions, l’esprit du « motoscafi » (canot moteur) sur roues demeure intact. Voici comment Bertone a transposé les délires futuristes de 1969 dans la réalité technique de 2026.

    Tableau Comparatif : 1969 vs 2026

    CaractéristiqueAutobianchi A112 Runabout (1969)Bertone Runabout (2026)
    DesignerMarcello Gandini (Bertone)Bureau de style Bertone (Neo-Retro)
    Base TechniqueAutobianchi A112 (moteur déplacé)Châssis aluminium (type Lotus)
    Moteur4 cylindres 1.1LV6 3.5L Supercharged (Toyota)
    PuissanceEnv. 58 ch468 ch
    Poids< 700 kg1 150 kg
    ÉclairageProjecteurs sur l’arceauPhares escamotables « Pop-up »
    CarrosserieBarchetta pure (sans pare-brise)Barchetta ou Targa (avec pare-brise)

    Une filiation stylistique chirurgicale

    Le génie de Gandini en 1969 résidait dans cette ligne en forme de coin (wedge design), une silhouette qui allait définir les années 70.

    • L’influence nautique : Le concept de 1969 n’avait pas de portières et s’inspirait des hors-bords de course. La version 2026 conserve cette ligne de ceinture ascendante très marquée qui « scinde » la voiture en deux horizontalement, typique des canots Riva.
    • L’évolution des phares : Le concept original portait ses projecteurs sur le montant latéral de l’arceau de sécurité — un trait de génie visuel mais un cauchemar pour l’homologation. La version 2026 rend hommage à cette époque en adoptant des phares escamotables sur le museau, une rareté absolue sur une voiture neuve en 2026.
    • L’ADN survit : N’oublions pas que le concept de 1969 est le père spirituel de la Fiat X1/9 (pour le format compact et abordable) et de la Lancia Stratos (pour la radicalité du profil). La Runabout de 2026 se place exactement à l’intersection de ces deux légendes : plus luxueuse qu’une X1/9, mais aussi sauvage qu’une Stratos.

    Le mot de la fin : « Elefantino Rosso » ou pur-sang V6 ?

    Si l’originale se contentait du modeste mais nerveux petit moteur de l’A112 (qu’on retrouvera plus tard dans les versions Elefantino Rosso de la marque), la version 2026 change radicalement de dimension. On passe d’un exercice de style « mignon » et futuriste à une véritable machine de guerre capable de bousculer des Porsche 718 GT4 RS sur leur propre terrain.