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  • BMW Alpina : C’est quoi au juste ? Décryptage d’une philosophie à part

    BMW Alpina : C’est quoi au juste ? Décryptage d’une philosophie à part

    Pour le néophyte, croiser une BMW frappée du nom « Alpina » peut susciter une certaine confusion. Est-ce une finition optionnelle ? Un préparateur indépendant ? Une version concurrente des célèbres modèles M (Motorsport) ?

    Historiquement reconnu comme un constructeur à part entière travaillant main dans la main avec Munich, Alpina incarne une vision bien spécifique de l’automobile : une approche subtile de la performance. Là où le badge BMW M cherche la sportivité radicale, le chrono sur piste et l’agressivité, Alpina mise sur l’exclusivité, le couple et le voyage au long cours. C’est le haut de gamme absolu de l’écosystème BMW.

    Pour briller en société ou identifier ces versions très spéciales au premier coup d’œil, voici ce qui définit l’authentique « style Alpina ».

    Plus GT que GT-R : La philosophie maison

    Si vous cherchez un look de pistarde dépouillée avec des sièges baquets en carbone brut, vous vous trompez d’adresse. L’ADN d’Alpina repose avant tout sur les éléments de luxe. La marque a toujours été plus « GT » (Grand Tourisme) que « GT-R ».

    L’objectif est de pouvoir traverser l’Europe par l’Autobahn à des vitesses stratosphériques, dans un confort digne d’un salon de première classe, sans pour autant attirer immédiatement les regards indiscrets. La performance est immense, mais elle est délivrée avec une politesse absolue.

    Les signes extérieurs qui ne trompent pas

    Bien que discrètes, les Alpina possèdent des codes esthétiques immuables que les passionnés repèrent immédiatement :

    • Les jantes mythiques : C’est la signature visuelle la plus célèbre de la marque. Une jante Alpina classique se reconnaît à ses 20 rayons d’argent très épurés. Détail d’orfèvre : la valve du pneumatique est invisible à l’extérieur, dissimulée directement sous le cache-moyeu central.
    • Les teintes de carrosserie : Les couleurs traditionnelles de la maison sont le Bleu Alpina et le Vert Alpina, deux nuances riches et sombres du plus bel effet. Bien sûr, un client peut demander la couleur de son choix, mais ces deux teintes restent les favorites des puristes.
    • Le « Deco set » : Souvent (mais pas exclusivement), les lignes de la carrosserie sont soulignées par des liserés dorés caractéristiques, dont les motifs géométriques s’inspirent directement du style Art Déco.
    • Les détails aérodynamiques : Les voitures arborent généralement des sorties d’échappement multiples et des badges discrets. Pour les modèles un peu moins « low-key », le nom Alpina s’affiche fièrement en toutes lettres sur les flancs de la voiture ou directement moulé sur la lame du spoiler avant.

    L’habitacle : Un sanctuaire de cuir et de bois

    À l’intérieur, le niveau de finition grimpe d’un cran par rapport aux standards déjà élevés de BMW. Selon l’âge de la voiture, l’intensité de la personnalisation varie, mais on retrouve des constantes immuables :

    • Une sellerie en cuir Lavalina exclusif et surclassé, aux surpiqûres impeccables.
    • Des inserts en bois précieux spécifiques à la marque.
    • Les fameux compteurs de bord sur fond bleu Alpina.
    • Des plaques d’identification exclusives posées sur les seuils de portes, ainsi que des badges numérotés.

    Le secret de la nomenclature : B ou D ?

    Pour baptiser ses modèles, Alpina utilise une logique d’une simplicité enfantine, directement dérivée de la langue de Goethe :

    • Le préfixe B : Concerne tous les modèles essence. Le « B » fait référence au mot allemand Benzin. Une Alpina B3 ou B5 carbure donc au super.
    • Le préfixe D : Concerne les modèles diesel. Le « D » fait tout simplement référence à… Diesel.

    En résumé, posséder une Alpina, c’est s’offrir le meilleur de la technologie et des châssis BMW, magnifié par le raffinement d’un artisan qui préfère le velours au carbone, et le couple à bas régime aux hurlements des hauts sommets du compte-tours. Une certaine idée de l’automobile de gentleman.

    Et vous, pour cruiser sur l’autoroute du Mans, vous êtes plutôt team radicale façon BMW M, ou team force tranquille en velours façon Alpina ?

  • Vision BMW Alpina : Le manifeste d’un nouvel empire à 300 000 euros

    Vision BMW Alpina : Le manifeste d’un nouvel empire à 300 000 euros

    C’est officiel depuis le Concorso d’Eleganza Villa d’Este : Alpina change de dimension. Fraîchement rachetée par BMW après soixante ans d’indépendance et de complicité technique, la marque de Buchloe dévoile son manifeste stylistique. Avec le concept-car Vision BMW Alpina, le groupe bavarois s’attaque frontalement à Bentley et Range Rover.

    Combler le gouffre entre BMW et Rolls-Royce

    Pendant des décennies, Alpina a fait le bonheur des connaisseurs en proposant des versions sublimées, plus rapides et infiniment plus confortables des Série 3 et Série 5. Mais sous la tutelle directe de Munich, la mission est désormais plus politique et haut de gamme.

    « Le caractère discret d’Alpina correspond parfaitement à ce segment. Nous voyons un grand espace vide entre le sommet de la gamme BMW et l’entrée de Rolls-Royce en matière de tarifs », confie Oliver Viellechner, le tout nouveau directeur de BMW Alpina. Le territoire visé ? La zone ultra-exclusive des 180 000 € à 300 000 €.

    Un V12 ou un V8 « pur » pour rassurer les puristes

    Le concept-car dévoilé sur les rives du lac de Côme est un somptueux coupé 2+2, plus court de 16 cm qu’une Série 7. Pour tracer cette ligne d’avenir, les designers (sous la direction de Maximilian Missoni, ex-Polestar désormais vice-président du design Alpina) se sont inspirés du mythique coupé B7 Turbo de 1978 et de son célèbre profil « Sharknose ».

    Mais c’est sous le capot que la surprise est la plus belle. Pas de batterie massive, pas d’hybridation complexe : le concept est propulsé par un V8 essence « pur ». Un choix dicté par la communauté. « Les moteurs à combustion peuvent jouer un rôle majeur ; c’est ce que nous demande notre communauté et c’est aussi ce que nous observons sur le marché », martèle Viellechner. Si l’électrification n’est pas exclue à terme, Alpina débutera sa nouvelle ère par ce qu’elle sait faire de mieux : la noblesse thermique.

    « La vitesse, pas le sport » : La philosophie du quotidien

    Pour rassurer les fans de la première heure qui craignent une dilution de l’ADN par le géant de Munich, la direction rappelle la différence fondamentale avec la division de course M de BMW : « La vitesse, pas le sport. » Les conducteurs d’Alpina ne cherchent pas à claquer des chronos sur circuit le week-end ; ce sont des hommes d’affaires discrets qui avalent plus de 200 000 km sur autoroute à des vitesses inavouables, dans un confort digne d’un salon de première classe.

    Pour preuve, si les jantes à 20 rayons (ici en 22 et 23 pouces) et les surpiqûres bleu et vert rappellent le passé, l’intérieur du concept propose un raffinement inédit : à l’arrière, les passagers disposent de verres en cristal maintenus en place par des aimants invisibles.

    Le calendrier : La Série 7 en éclaireur

    Le grand coupé Vision ne sera pas produit immédiatement en l’état. Le premier véritable modèle de cette nouvelle ère sera une Série 7 profondément revue, attendue dès la fin de l’année prochaine, capable de flirter avec les 300 km/h.

    Quant aux traditionnelles B3 et B5 basées sur les Série 3 et Série 5 qui représentent pourtant 90 % des ventes en Europe et au Japon, elles ne sont pas abandonnées mais mises de côté temporairement. BMW veut d’abord ancrer Alpina tout en haut de la pyramide du luxe, là où l’Amérique et le Moyen-Orient n’attendent que cela. À plus long terme, Viellechner imagine même des modèles exclusifs et ultra-limités spécifiquement développés pour Alpina, sans aucune base BMW existante. L’artisan est mort, vive le constructeur d’élite.


    Le saviez-vous ? La rivalité historique entre les préparateurs allemands des années 70 (Alpina, Schnitzer, Hartge) a poussé BMW à créer sa propre division M. Ironie de l’histoire, cinquante ans plus tard, c’est BMW qui intègre Alpina comme sa division de grand tourisme de luxe ultime.

    Selon vous, le discret blason d’Alpina a-t-il les épaules assez solides pour faire de l’ombre au classicisme statutaire de Bentley ou au luxe baroudeur de Range Rover ?