Étiquette : Hans-Joachim Stuck

  • Le col du Stelvio a 200 ans : Hommage au roi absolu des sommets alpins

    Le col du Stelvio a 200 ans : Hommage au roi absolu des sommets alpins

    « Aujourd’hui est le troisième plus beau jour de ma vie. Depuis la naissance de mes deux fils, rien de ce que j’ai fait n’a été aussi beau. Rien. »

    Ces mots empreints d’une immense émotion ne viennent pas de n’importe qui. Ils sont signés Hans-Joachim Stuck, légende absolue du sport automobile, double vainqueur des 24 Heures du Mans et champion de DTM, alors qu’il vient tout juste de couper le moteur d’une Auto Union Type C. Une réplique exacte de la créature de course que pilotait son père, le Bergkönig (le Roi des Montagnes), au début des années 1930.

    Pour célébrer le 200e anniversaire de ce monument de l’asphalte, quelque 150 pièces de collection historiques se sont élancées depuis l’hôtel Bella Vista au virage n°46 pour faire revivre la légende.

    Une prouesse d’ingénierie née pour les canons

    Pour comprendre l’audace du Stelvio, il faut remonter à l’Empire des Habsbourg. Affaibli par les guerres napoléoniennes, l’empereur d’Autriche François Ier ordonne en 1818 la construction d’une route militaire stratégique traversant les montagnes.

    C’est l’architecte Carlo Donegani qui relève ce défi titanesque. Si le tracé initial prévoyait 61 virages sur le versant tyrolien, le manque de matériaux pour bâtir les piliers de soutien force les ouvriers à redessiner l’itinéraire. Ce sont finalement 48 virages en épingle qui sont taillés à flanc de roche.

    La géométrie si particulière de la route (une pente qui dépasse rarement les 10 % malgré le dénivelé) n’a pas été pensée pour le plaisir des conducteurs, mais pour permettre aux lourds affûts de canons d’être tirés par les troupes sans bloquer les convois. Achevé en 1825 après le travail acharné de milliers d’artisans, le col culmine à 2 757 mètres d’altitude.

    L’âge d’or de la compétition : Stuck contre Nuvolari

    Dès son ouverture, le Stelvio devient une attraction touristique majeure. Mais c’est dans les années 1920 et 1930 que le col entre définitivement dans la légende du sport automobile. À l’époque, la piste est encore en gravier, mais les virages majeurs sont surélevés en béton pour maximiser l’adhérence.

    Un duel d’anthologie reste gravé dans la roche, celui d’août 1932 :

    • Hans Stuck Sr. (Mercedes SSKL) : Vainqueur de l’épreuve en un temps record de 15 minutes et 23 secondes.
    • Tazio Nuvolari (Alfa Romeo) : Termine sur les talons de la Flèche d’Argent, à peine 20,6 secondes plus tard.

    De la Countach à la Revuelto, en passant que l’Alfa Romeo Stelvio

    Pour cet anniversaire exceptionnel, il a été a choisi de froncer les sourcils face à la gravité en y amenant une Countach 25e anniversaire d’origine, une nouvelle Revuelto et l’Alfa Romeo Stelvio, qui rend un hommage direct au lieu.

    Le choc des générations au sommet

    • La Countach (génération Horacio Pagani) : Physique, brute, dotée d’un rayon de braquage si absurde qu’il impose des manœuvres en marche arrière dans certaines épingles serrées. Son V12 atmosphérique demande à être cravaché dans les tours pour respirer l’air rare des sommets. Une machine exigeante, mais magique pour retrouver son âme d’enfant.
    • La Revuelto : Le bond technologique est abyssal. Direction millimétrée, boîte de vitesses ultra-douce, climatisation performante. On la mène du bout des poignets. Pourtant, elle partage avec son ancêtre cette même philosophie immuable : placer le grand V12 au centre de l’expérience et célébrer la mécanique pure.
    • L’Alfa Romeo Stelvio : Le plus beau, le plus réel, le plus fou des SUV que « tout » le monde peut s’acheter. En versions Diesel de 160 ou 210 chevaux, en versions essence 4 cylindres 280 ou 6 cylindres 520 chevaux, le Stelvio est d’une qualité remarquable. Digne du Stelvio !

    Le verdict d’AUTOcult

    En 2008, Top Gear l’avait proclamée « meilleure route du monde ». En réalité, les puristes de la trajectoire vous diront le contraire : le trafic y est dense et le rythme y est cassé par la sévérité des épingles.

    N’y venez pas pour chercher le chrono parfait. Venez pour contempler ces murs de soutènement en pierre semblables à des cathédrales, pour écouter l’écho d’un moteur noble résonner contre la roche, et pour vous installer au refuge du Tibet, tôt le matin, face à l’un des panoramas les plus spectaculaires de l’histoire industrielle et automobile.

    Selon vous, quel autre col alpin en France ou européen égale l’audace architecturale et l’impact émotionnel du Stelvio pour un passionné de belles mécaniques ?

  • Hans-Joachim « Strietzel » Stuck : 75 bougies pour le géant du Nürburgring et du Mans

    Hans-Joachim « Strietzel » Stuck : 75 bougies pour le géant du Nürburgring et du Mans

    n ce 1er janvier 2026, l’une des figures les plus attachantes et les plus talentueuses du sport automobile fête ses 75 ans. Hans-Joachim Stuck, surnommé affectueusement « Strietzel », n’est pas seulement le fils du « Roi de la Montagne ». C’est l’homme qui a dompté les monstres du Groupe C, fait danser des berlines V8 sur deux roues en DTM et gagné partout, tout le temps. Hommage à un pilote total.

    Il y a des pilotes qui sont des spécialistes, et il y a Hans-Joachim Stuck. Capable de passer d’une Formule 1 à un camion de course, d’une petite BMW 2002 à une Porsche 962 de 800 chevaux, l’allemand a traversé les décennies avec un coup de volant et un sourire inimitables.

    Aujourd’hui, Porsche salue particulièrement celui qui fut l’un de ses piliers dans les années 80. « Ses performances sur les longues distances, et en particulier ses succès au volant de la Porsche 962, comptent encore parmi les moments fondateurs de l’histoire de Porsche en sport automobile », rappelle Thomas Laudenbach, le patron de Porsche Motorsport.

    De la « Montagne » au « Ciel »

    Né le 1er janvier 1951 à Garmisch-Partenkirchen, Hans-Joachim a de qui tenir. Son père, Hans Stuck, était une légende des courses de côte de l’avant-guerre, surnommé le « Roi de la Montagne ». Le jeune Hans-Joachim obtient une dérogation spéciale pour passer son permis à 16 ans et ne tarde pas à se faire un prénom.

    Dès 1969, il limé le bitume du Nürburgring en BMW 2002. Un an plus tard, à seulement 19 ans, il remporte les 24 Heures du Nürburgring. Le ton est donné.

    Son surnom, « Strietzel » (une sorte de gâteau au miel bavarois), contraste avec son gabarit imposant et son style de pilotage incisif. Durant les années 70, il touche à tout : vice-champion d’Europe de F2, vainqueur en championnat allemand (DRM) sur la mythique Ford Capri RS, et pilote de F1 (Brabham, Shadow, ATS) entre 1977 et 1979.

    Le Maître de la Porsche 962

    Mais c’est en Endurance, et plus précisément avec Porsche, que Stuck va écrire sa légende. Au milieu des années 80, il devient pilote d’usine pour la firme de Stuttgart. Sa monture ? La Porsche 962 C, probablement le prototype le plus dominant de l’histoire.

    Associé à son ami Derek Bell, il forme un duo redoutable.

    • 1985 : Il devient Champion du Monde d’Endurance.
    • 1986 & 1987 : Il remporte deux fois consécutivement les 24 Heures du Mans.
    • 1986 & 1988 : Il s’impose aux 12 Heures de Sebring.

    Stuck était réputé pour sa capacité à rouler vite, longtemps, tout en préservant la mécanique, une qualité essentielle à l’époque où la consommation de carburant était strictement réglementée en Groupe C.

    L’homme qui a tout conduit

    Ce qui fascine chez Stuck, c’est son éclectisme. Après l’ère Porsche, il ne raccroche pas. En 1990, il remporte le championnat DTM au volant de l’immense Audi V8 Quattro, prouvant qu’il peut aussi gagner en tourisme avec une limousine.

    Il continuera de gagner jusqu’au bout : une victoire de classe aux 24 Heures du Nürburgring en 1998 (sur une BMW 320 Diesel), une vraie en 2004, et encore des victoires de classe jusqu’en 2008 sur VW Scirocco. Il a tiré sa révérence en 2011, en partageant le volant d’une Lamborghini Gallardo avec ses deux fils, Johannes et Ferdinand.

    Aujourd’hui ambassadeur Porsche et figure incontournable des paddocks historiques, « Strietzel » reste ce géant jovial qui a survécu à l’âge d’or du sport auto.

    Joyeux anniversaire, Herr Stuck !


    Fiche express : Hans-Joachim Stuck

    • Né le : 1er janvier 1951 (75 ans)
    • Surnom : Strietzel
    • Palmarès majeur :
      • Double vainqueur des 24 Heures du Mans (1986, 1987)
      • Champion du Monde d’Endurance (1985)
      • Champion Touring Car Allemagne (1990)
      • Vainqueur des 24H du Nürburgring (2004)
      • Double vainqueur des 12H de Sebring (1986, 1988)