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  • Cybersécurité : Quand le rachat de l’Argus a ouvert la porte aux hackers du Boncoin

    Cybersécurité : Quand le rachat de l’Argus a ouvert la porte aux hackers du Boncoin

    C’est une histoire digne d’un thriller technologique qui vient d’être révélée. En août 2021, Leboncoin, leader de l’annonce automobile en France, a frôlé la catastrophe industrielle. Le coupable ? Une faille de sécurité héritée du rachat de l’Argus, restée endormie pendant des années.

    Un samedi d’août sous haute tension

    Tout commence un matin de week-end, en pleine période estivale. Zac, alors responsable de la sécurité (CISO) du Boncoin depuis seulement trois mois, découvre une alerte inhabituelle sur ses tableaux de bord : un fichier « ransomware » signé par le groupe Conti, l’une des organisations de cybercriminels russes les plus dangereuses au monde.

    Le constat est immédiat : des millions de fichiers internes sont chiffrés et inaccessibles. Les pirates réclament une rançon pour ne pas divulguer les données de 30 millions de Français.

    Le « Patient Zéro » : Le pare-feu de l’Argus

    Pour comprendre comment des hackers russes ont pu s’infiltrer dans les serveurs de la tech française, les experts en forensic (criminologie informatique) ont dû remonter le temps. La « route cause » ou origine de l’attaque est stupéfiante : elle provient du système informatique de l’Argus.

    Lors du rachat de la célèbre société centenaire par Leboncoin, les réseaux informatiques des deux entités ont été interconnectés. Malheureusement, un équipement réseau (firewall) de l’Argus avait été compromis par un attaquant trois ou quatre ans auparavant. En ouvrant les passerelles entre les deux entreprises, Leboncoin a, sans le savoir, offert une autoroute aux pirates déjà installés dans les murs de l’Argus.

    Une « War Room » et des millions d’euros en jeu

    Pendant un mois, Leboncoin a fonctionné en mode survie. Pour protéger les données des utilisateurs, le site leboncoin.fr a été totalement isolé du réseau interne de l’entreprise. Conséquence : les employés ne pouvaient plus rien produire.

    • 1 500 ordinateurs changés : Pour repartir sur des bases saines, l’entreprise a dû racheter en urgence des stocks entiers de Chromebooks à la Fnac.
    • Paralysie des ventes : Le secteur « télévente », qui gère les contrats avec les garages et agences immobilières, a été stoppé net. On estime la perte à des centaines de milliers d’euros par jour de blocage.
    • Coût total : L’opération de sauvetage et les pertes d’exploitation ont coûté au groupe environ 2 millions d’euros.

    La leçon de l’histoire

    Si Leboncoin s’en est sorti sans fuite de données clients et avec une croissance préservée, cette crise souligne un risque majeur lors des fusions-acquisitions dans le secteur automobile : la dette technologique et sécuritaire.

    Racheter une entreprise comme l’Argus, c’est acquérir son expertise et ses données, mais c’est aussi hériter de ses vulnérabilités. Comme le résume l’un des protagonistes : « Ils sont rentrés par une petite porte et se sont retrouvés au milieu de la Galerie des Glaces sans même savoir où ils étaient. »

  • L’argus : 87 ans de cotation

    L’argus : 87 ans de cotation

    Depuis quelques jours, les nouveaux locaux du Groupe Argus sont terminés. Installé depuis deux ans rue des Petits Hôtels dans le Xe arrondissement parisien, le groupe profite enfin d’un immeuble totalement rénové. Une « belle occasion » de visiter l’un des piliers de l’automobile en France.

    Le 15 septembre 1927, Paul Rousseau propose les premières estimations de la valeur des véhicules de seconde main. Figure du sport et de la presse, ce Girondin transpose la cotation des chevaux vue dans un journal anglais à l’automobile dont les ventes explosent à la fin des années 20.

    Il reçoit le soutien financier Ernest Loste et demande au Bureau Veritas d’élaborer un système de cotation du marché de seconde main. Trois ans plus tard, L’argus calcule les cours en interne. La cote officielle de L’argus est née.

    Mais L’argus n’est pas seulement un outil de cotation. D’abord sous la forme d’un journal de huit pages, il devient une référence pour s’informer sur un marché qui regroupe près d’un million de véhicules en France et dont Paul Rousseau affirme qu’il va doubler rapidement.

    Le premier numéro présente 246 lignes de prix pour 56 modèles différents sur une demi-page. Rapidement attaquée par les professionnels, cette cote devient néanmoins implicitement « officielle » lorsqu’elle est citée par les circulaires officielles durant la guerre.

    Pourtant, jamais la cote de L’argus n’a été gérée autre part qu’à l’intérieur des murs de l’hebdomadaire. Aujourd’hui encore, ils sont une dizaine à élaborer les cotes selon une multitude de paramètres de plus en plus nombreux et précis.

    Et les acheteurs, les vendeurs et les constructeurs continuent de s’y référer lors des transactions. Un pilier de l’automobile française…

    Pour L’argus ?
    Cette dénomination est une dérivée du géant de la mythologie grecque Argos Panoptès. Fort d’une centaine d’yeux, sa vigilance ne pouvait être prise en défaut.