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  • André Citroën : le visionnaire flamboyant qui façonna l’automobile moderne

    André Citroën : le visionnaire flamboyant qui façonna l’automobile moderne

    Pour les passionnés d’automobile, le nom d’André Citroën résonne bien au-delà de la simple marque aux chevrons. C’est l’histoire d’un homme audacieux, un entrepreneur de génie, mais aussi un flamboyant personnage dont la vision a transformé à jamais l’industrie automobile. Pour AUTOcult.fr, nous plongeons dans l’univers d’un bâtisseur qui, malgré ses flamboyances, a laissé un héritage indélébile, jalonné d’innovations techniques, marketing et sociales.

    Des engrenages aux chevrons : la genèse d’un empire

    Né en 1878, André Citroën n’était pas prédestiné à l’automobile. Sa formation d’ingénieur polytechnicien l’a d’abord mené vers les engrenages, une passion née d’un voyage en Pologne où il découvre un procédé de fabrication de chevrons doubles. Cette découverte fondatrice n’est pas qu’une simple anecdote technique ; elle est à l’origine du logo emblématique de la marque, un hommage direct à ces engrenages.

    Pendant la Première Guerre mondiale, Citroën se distingue en convertissant ses usines de Javel à la production d’obus. Cette expérience de la production de masse, inspirée par les méthodes de Henry Ford qu’il a étudiées aux États-Unis, va forger sa conviction : l’automobile doit devenir accessible au plus grand nombre. Dès l’Armistice de 1918, il proclame sa vision : « Là où l’on a vu faire des obus, on verra bientôt se construire des automobiles. » C’est le début d’une aventure industrielle sans précédent en Europe.

    En 1919, la Citroën Type A est lancée, première voiture française produite en grande série. André Citroën ne se contente pas de fabriquer des voitures ; il les commercialise avec une approche révolutionnaire pour l’époque. Il innove avec des services de crédit, un réseau de concessionnaires étendu et même des garages de réparation. L’automobile n’est plus un luxe réservé à une élite, mais un bien de consommation.

    Le génie du marketing et de la communication

    André Citroën est un véritable précurseur du marketing. Bien avant son temps, il comprend l’importance de la publicité et de l’événementiel pour séduire le public. Ses initiatives sont légendaires :

    • L’illumination de la Tour Eiffel : De 1925 à 1934, le nom de Citroën s’affiche en lettres géantes sur la Tour Eiffel, un spectacle saisissant qui marque les esprits et assoit la notoriété de la marque à l’échelle mondiale.
    • Les Croisières Jaune et Noire : Ces expéditions automobiles transcontinentales à travers l’Afrique et l’Asie, réalisées avec des autochenilles Citroën, sont de véritables prouesses techniques et humaines. Elles démontrent la robustesse et la fiabilité des véhicules, tout en captivant l’imagination du public. Ces aventures sont filmées et largement médiatisées, faisant de Citroën une icône de l’exploration et de l’audace.
    • Les jouets Citroën : Pour toucher les enfants, futurs automobilistes, Citroën développe une gamme de jouets miniatures reproduisant fidèlement ses modèles. Une stratégie géniale pour fidéliser la clientèle dès le plus jeune âge.
    • La signalisation routière : Moins connue mais tout aussi significative, André Citroën a contribué à l’installation de panneaux de signalisation routière en France, facilitant ainsi les déplacements et participant au développement de l’infrastructure automobile.

    Citroën ne vend pas seulement des voitures, il vend un rêve, une vision de la mobilité et de l’aventure. Il est le maître de la « réclame », un véritable génie de la communication qui transforme l’acte d’achat en une expérience culturelle.

    Un flambeur impénitent et les revers de la fortune

    Derrière le visionnaire se cache un homme avec un penchant prononcé pour le jeu et une générosité parfois démesurée. André Citroën est connu pour ses paris audacieux aux casinos, notamment celui de Deauville, où il peut gagner ou perdre des sommes colossales. Cette facette de sa personnalité, loin de le desservir, ajoute à sa légende un côté humain et parfois même fantasque. Il offre volontiers des voitures, tant à ses proches qu’à de simples employés ou même des croupiers, témoignant d’une largesse d’esprit rare.

    Cependant, cette extravagance, combinée à des investissements massifs dans ses usines et le développement de nouveaux modèles, va fragiliser l’entreprise. En 1929, la crise économique mondiale frappe durement, entraînant une chute des ventes. Malgré les innovations constantes, comme le développement de la Traction Avant, un modèle révolutionnaire par sa carrosserie monocoque et sa traction avant, l’entreprise se retrouve en difficulté financière.

    Face aux dettes colossales, André Citroën est contraint de céder le contrôle de son empire à Michelin en 1934. Ironiquement, c’est ce même Michelin qui avait été un de ses principaux créanciers. Affaibli par la maladie et le chagrin de perdre le contrôle de son œuvre, André Citroën s’éteint en juillet 1935, à l’âge de 57 ans.

    L’héritage d’un pionnier

    La disparition d’André Citroën marque la fin d’une ère, mais son influence perdure. Il a non seulement fondé une marque automobile légendaire, mais il a aussi posé les bases de l’industrie automobile moderne en Europe. Son sens de l’innovation, son audace marketing et sa capacité à penser « grand » ont marqué des générations d’ingénieurs et d’entrepreneurs.

    Aujourd’hui, les Citroën sont bien plus que des véhicules ; ce sont des symboles d’ingéniosité, de design avant-gardiste et d’une certaine « folie » créative. De la Type A à la Traction Avant, en passant par la 2CV ou la DS, chaque modèle porte l’empreinte de ce visionnaire qui a su anticiper les besoins du marché et démocratiser l’automobile.

    André Citroën, le flambeur impénitent, le visionnaire audacieux, reste une figure emblématique de l’automobile culturelle. Son histoire est celle d’un homme qui, par son génie et ses excès, a écrit l’une des plus belles pages de l’histoire industrielle française et mondiale. Un héritage qui continue d’inspirer les passionnés et les constructeurs du monde entier.

  • Sur la route du Tour de France : les Traction Avant, Ford Vedette et DS d’Yvette Horner

    Sur la route du Tour de France : les Traction Avant, Ford Vedette et DS d’Yvette Horner

    Oui, aujourd’hui nous parlons accordéon chez AUTOcult.fr. Non pas que nous soyons fan de cet instrument, non, mais une belle page de l’histoire de l’automobile populaire eut sur les routes du Tour de France, et nous ne pouvions passer à côté d’un tel sujet.

    En ce début des années 50, la France d’après-guerre vit un bal musette à chaque soir d’étape du Tour, avec Yvette Horner à l’accordéon. C’est Calor, société en électroménager qui l’a choisie comme mascotte. Le succès est tel que le rôle de la rousse grandit l’année suivante. 1953, Suze jette son dévolu sur la jeune fille. Elle passe de la fin d’étape à la caravane du Tour, juchée sur le toit d’une Ford Vedette. A l’arrivée de l’étape, Yvette remet le brassard et les fleurs Suze au vainqueur de l’étape, bien avant l’heure du podium protocolaire de l’actuel Tour. Dans cette après-guerre, le succès est phénoménal, pour Suze comme pour Yvette, qui devient une véritable star en France. De la Ford Vedette, la Rousse passe à la Citroën Traction Avant et la Ford Mercury, avant la DS. Yvette sera présente du Tour de France 1952 au Tour 1963, parfois relayée par un mannequin lors de rares pauses.

    L’accordéon, la Traction Avant et le Tour de France : tout était réuni pour un succès populaire.

     

  • Rencontre : Citroën Traction

    Rencontre : Citroën Traction

    Que faire quand on traverse une grave crise d’identité ? Revenir aux fondamentaux ! Alors que la marque Citroën va voir sa gamme DS s’émanciper, alors que Cactus s’ajoute à Picasso, la Traction revient au premier plan.

    Il y a un mois, la Traction Avant fêtait son 80e anniversaire. Pour célébrer l’un de ses modèles les plus emblématiques mais aussi l’une des créations les plus marquantes de l’histoire de l’industrie automobile.

    Une dizaine de modèles est réuni (d’une maquette de 7A de 1934 à l’une des dernières de 1955 avec une Commerciale, un Cabriolet et un Faux Cabriolet) dans le hall d’accueil du siège de Citroën à Paris. Une façon de retracer l’histoire d’une voiture qui a précipité André Citroën à sa perte et qui a permis à la marque de devenir une référence mondiale.

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  • 80 ans de Traction Avant

    80 ans de Traction Avant

    Le 18 avril 1934 fut l’une des journées les plus importantes de l’histoire de Citroën. Réputé pour être un entrepreneur très ambitieux, André Citroën est devenu un industriel innovant en présentant la Traction Avant. Mais ce fut aussi le début de la fin de sa propre aventure.

    Pour la première fois, une voiture de grande série n’était pas pourvue d’un châssis classique. Et sa coque autoporteuse recevait une transmission aux roues avant. Déjà connue, cette technique était encore une fantaisie pour les autres constructeurs. Surtout : cette « Type 7 » se parait d’une carrosserie très originale, voire « moderne ».

    Une fois l’effet de la présentation dissipé, la Type 7 étonne. La coque autoporteuse et l’absence d’arbre de transmission révolutionnent la conduite. Le confort et la tenue de route relèguent les voitures du début des années 30 au stade de l’antiquité.

    Et pourtant : si l’idée est géniale, la réalisation est proche de la catastrophe. Le moteur 4 cylindres de 1 303 cm3 est trop peu puissant au goût des premiers clients. Et la fiabilité – surtout de la boîte mécanique – est trop souvent prise en défaut.

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    En quelques mois, la Type 7 évolue en Type 7 B puis en Type 7 S et les Type 11 et Type 22 arrivent le 1er octobre 1934.

    Cette Type 22 est le modèle de luxe dont rêve André Citroën. Proposée en berline, limousine, familiale, faux-cabriolet et roadster, elle reçoit un moteur V8 de 3 822 cm3 sous un capot plus long. L’aménagement intérieur est très flatteur… Mais la 22 CV ne sera jamais fiabilisée. A tel point que cette version haut-de-gamme n’entrera jamais en production. Citroën croule alors sous les dettes. Le projet est abandonné. Et tout s’effondre.

    Ce coup d’arrêt dans l’ascension fulgurante d’André Citroën se transforme en trou noir. L’un des fournisseurs de la marque porte ses créances devant les tribunaux. Il ne faudra que quelques semaines pour faire tomber André Citroën. Le 21 décembre 1934, Citroën est liquidé.

    Principal créancier de l’entreprise, Edouard Michelin se voit obligé de reprendre Citroën. Le nouveau conseil d’administration prend sa première décision : limoger André Citroën. Le créateur ne s’en remettra pas. Attaqué par un ulcère, il meurt le 3 juillet 1935.

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    Mais l’histoire de Citroën continue. Michelin apporte de nouvelles méthodes et Citroën parvient à gommer les défauts de la Traction Avant. Le modèle qui a précipité la fin d’André va sauver Citroën.

    Juste avant la guerre, les ventes commencent à progresser. La Traction Avant devient l’un des symboles de la France du début des années 40. Et lorsque la production reprend le 15 juin 1945, la Traction débute une seconde carrière pleine de succès durant encore douze ans ! Un culte…

  • Une histoire de gendarmes

    Une histoire de gendarmes

    De la Police Spéciale de la Route à la Brigade Rapide d’Intervention, retour sur les voitures utilisées par la Gendarmerie Nationale à travers les décennies, des Traction Avant aux Mégane R.S..

    A l’origine, la maréchaussée est à cheval… L’arrivée de la bicyclette en tant que « véhicule officiel » en 1903 – alors que les premières automobiles roulent déjà dans toute la France – montre un certain retard. En 1907, c’est toujours à vélo que patrouille la gendarmerie alors que les Brigades du Tigre (de la police) roulent sur quatre roues.

    La gendarmerie pédale jusqu’à la fin de la première guerre mondiale. Le parc automobile est alors constitué avec les véhicules laissés par les Américains. L’aventure motorisée débute en 1928 avec l’invention d’une nouvelle mission : la police de la route. Et dans les années 30, la voiture préférée des gendarmes est forcément la Citroën Traction Avant !

    Après la guerre, une association entre la Gendarmerie Nationale et le Touring Club de France lance des Renault Juvaquatre sur les routes sous l’appellation « Secours Routier ». Brancard, mallette de premiers secours, boîte à outils, tout est fait pour aider les automobilistes, de plus en plus nombreux.

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    Les Peugeot 203 et 403 Break prennent le relais. Elles sont noires avec un gyrophare orange. Puis Citroën présente sa 2CV. Dans sa version Gendarmerie, le coffre arrière est occupé par une immense radio.

    Au début des années 60, Renault répond à Citroën et sort la 4L. Celle qui deviendra la voiture française la plus vendue trouve forcément sa place dans les gendarmeries. Elle répondait parfaitement à un point essentiel du cahier des charges : permettre aux gendarmes de garder leur képi en conduisant… « Un symbole d’autorité vis-à-vis de la population civile ».

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    Selon les sources, la Renault 4 dispute à l’Estafette la place de modèle le plus utilisé par la Gendarmerie Nationale avec 12 à 13 000 unités livrées.

    Le développement du nouveau réseau autoroutier (avant l’apparition des limitations de vitesse) est la cause de la création du « peloton d’autoroute » en 1966. Et, en février 1967, les Brigades Rapides d’Intervention font leurs débuts.

    Les Alpine A110 équipent ces BRI. Les gendarmes sont formés comme des pilotes de course et doivent être casqués lorsqu’ils sont en service. Il n’existe alors que deux catégories de personnes qui parviennent à être payés pour rouler en Berlinette : les pilotes d’usine en rallye et les gendarmes. Et l’A110 n’était pas la seule à constituer le parc. Quelques Matra Jet étaient aussi à leur disposition.

    La révolution « bleue » intervient en 1969 avec l’adoption du « Bleu Moyen », devenu bleu gendarme.

    La Citroën DS fait son entrée dans la Gendarmerie dans les années 70. L’escadron des BRI se renforce à cette époque. Après le triste record de 12 000 morts sur les routes en 1972, l’Etat prend une série de mesures fortes : limitations de vitesse, port de la ceinture obligatoire à l’avant et davantage de contrôles.

    Citroen-SM

    Six Alpine-Renault A310 sont alors commandées pour constituer un parc de 35 véhicules. La dernière sera garée en 1987. A cette époque, et après quelques SM, c’est la Citroën CX 25 GTI qui est la plus utilisée par les Brigades Rapides d’Intervention. Les Renault 21 2 Litres Turbo puis les Peugeot 405 T16 à quatre roues motrices se montrent aussi sur les autoroutes.

    Plus tard, la trop sage Peugeot 306 S16 ne s’avère pas assez ostentatoire pour être dissuasive. Sa remplaçante est donc bien plus extravagante… Et 65 Subaru Impreza WRX sont commandées !

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    En 2010, les Subaru doivent être remplacées… Subaru, encore, BMW, Ford et Renault répondent à l’appel d’offres. Et ce sont les Mégane R.S. qui l’emportent grâce à une option et un artifice supplémentaires. Châssis Cup et nouvelle cartographie moteur qui permet de tirer 265 chevaux du 4 cylindres 2 litres turbo. Un coup d’avance pour les gendarmes qui sera rapidement annihilé par la sortie, en série, de cette même évolution.

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