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  • Renault Kiger : Le SUV best-seller que vous ne verrez jamais sur nos routes

    Renault Kiger : Le SUV best-seller que vous ne verrez jamais sur nos routes

    Quand on pense aux SUV Renault, on visualise immédiatement le Captur, l’Austral ou le Rafale. Mais saviez-vous que le Losange mène une double vie ? Loin du Vieux Continent, Renault cartonne avec des modèles conçus sur mesure pour les marchés émergents. La star actuelle de cette gamme parallèle ? Le Renault Kiger. Un petit SUV urbain au look ravageur qui ferait pourtant un malheur chez nous, dans un pays qui cherche de plus en plus un prix avant toute autre chose.

    C’est une frustration bien connue des amateurs d’automobile : l’herbe semble parfois plus verte ailleurs. Alors que Renault opère sa « Renaulution » en Europe en montant en gamme, la marque continue de proposer des véhicules funs, accessibles et malins en Inde, en Afrique du Sud ou en Indonésie. Le Kiger est l’exemple parfait de cette réussite « exotique ».

    Un « Baby Captur » aux hormones

    Lancé en 2021, le Kiger a été dessiné conjointement par les équipes du design en France et en Inde. Et le résultat est là : il a de la gueule.

    Avec ses 3,99 mètres de long (une taille dictée par la fiscalité indienne qui avantage les véhicules de moins de 4 mètres), il est plus court qu’une Clio, mais paraît bien plus costaud. Capot sculpté, signature lumineuse à LED effilée, arches de roues marquées et une garde au sol de 205 mm : le Kiger joue les baroudeurs de poche avec un style bien plus agressif que notre sage Captur.

    Sous le capot, on retrouve du classique, sans les normes européennes : un petit 3 cylindres 1.0 litre, disponible en version atmosphérique ou Turbo (100 ch), partagé avec son cousin technique, le Nissan Magnite.

    Pourquoi il cartonne à l’étranger ?

    Le Kiger repose sur la plateforme CMF-A+, une version étirée de la plateforme de la petite Kwid (la version thermique de notre Dacia Spring). La recette de son succès tient en trois points :

    1. Le rapport prix/look : En Inde, il est vendu à un tarif défiant toute concurrence (l’équivalent de 7 000 à 11 000 € selon les versions). Pour ce prix, le client a un véhicule qui flatte la rétine.
    2. L’habitabilité : Malgré sa taille mini, Renault a fait des miracles à l’intérieur. L’espace aux jambes est généreux et le coffre offre 405 litres, ce qui est gigantesque pour le segment (c’est mieux qu’une Clio !).
    3. La robustesse : Conçu pour des routes parfois difficiles, il encaisse les nids-de-poule sans broncher grâce à ses suspensions adaptées.

    Pourquoi n’est-il pas vendu en France ?

    C’est la question qui fâche. Avec l’inflation des prix automobiles en France, un petit SUV stylé à moins de 15 000 € se vendrait comme des petits pains. Alors, pourquoi Renault nous prive-t-il du Kiger ?

    La réponse est double :

    • Les normes de sécurité et pollution : Le Kiger est conçu pour les standards du marché indien (Global NCAP). Pour le vendre en Europe, il faudrait le renforcer considérablement pour passer les crash-tests Euro NCAP et adapter ses moteurs aux normes Euro 6d/Euro 7, ce qui ferait exploser son prix.
    • Le problème Dacia : C’est la raison principale. En Europe, le rôle de la « voiture maline et accessible » est dévolu à Dacia. Si le Kiger débarquait chez nous, il viendrait piétiner les plates-bandes de la Dacia Sandero Stepway.

    Pour le conduire, il faudra donc prendre un billet d’avion pour Bombay ou Le Cap !