Catégorie : F1

  • L’Ă©popĂ©e de l’Ă©curie Shadow : une ambition dĂ©mesurĂ©e et des Ă©checs glorieux

    L’Ă©popĂ©e de l’Ă©curie Shadow : une ambition dĂ©mesurĂ©e et des Ă©checs glorieux

    Dans l’histoire des sports mĂ©caniques, certaines Ă©quipes sont connues pour leurs succĂšs lĂ©gendaires, tandis que d’autres sont plus cĂ©lĂšbres pour leurs Ă©checs spectaculaires. Shadow fait indĂ©niablement partie de la seconde catĂ©gorie. FondĂ©e par l’Ă©nigmatique Don Nichols, cette Ă©curie amĂ©ricaine, active durant une douzaine d’annĂ©es, a marquĂ© les esprits par son audace technique et ses innovations radicales, bien qu’elle n’ait jamais vraiment atteint les sommets espĂ©rĂ©s.

    L’ascension fulgurante de Don Nichols

    L’homme derriĂšre Shadow, Don Nichols, avait un parcours de vie aussi fascinant que mystĂ©rieux. Ancien membre de la 101e division aĂ©roportĂ©e de l’armĂ©e amĂ©ricaine, Nichols avait participĂ© Ă  des missions de parachutage avant le dĂ©barquement en Normandie en 1944. AprĂšs avoir combattu en CorĂ©e, il avait poursuivi une carriĂšre dans le contre-espionnage en Asie, accumulant des connexions et une fortune considĂ©rable. Ce passĂ© militaire et sa connaissance du Japon lui ont permis de s’enrichir en important des piĂšces automobiles et des pneus de course Firestone.

    De retour aux États-Unis en 1968, Nichols a fondĂ© une sociĂ©tĂ© ambitieusement nommĂ©e Advanced Vehicle Systems (AVS) dans le but de conquĂ©rir le monde du sport automobile. DĂšs le dĂ©part, Nichols se dĂ©marque par son goĂ»t pour l’innovation et le risque, deux caractĂ©ristiques qui allaient devenir les marques de fabrique de l’Ă©quipe Shadow.

    Trevor Harris et la conception du Shadow Mk 1

    L’idĂ©e initiale derriĂšre l’Ă©curie Shadow prend forme grĂące Ă  Trevor Harris, un jeune ingĂ©nieur amĂ©ricain passionnĂ© par la compĂ©tition automobile. Harris, alors propriĂ©taire d’un petit atelier Ă  Costa Mesa en Californie, avait imaginĂ© une voiture de course Can-Am radicalement diffĂ©rente, basĂ©e sur un concept de minimisation de la surface frontale et de la traĂźnĂ©e aĂ©rodynamique.

    Son projet initial consistait Ă  crĂ©er une voiture extrĂȘmement basse, alimentĂ©e par un moteur flat-six turbo de Corvair, afin de rĂ©duire autant que possible les dimensions de la voiture. L’idĂ©e Ă©tait ambitieuse, mais Harris manquait cruellement de moyens financiers. C’est lĂ  que Nichols intervient, fascinĂ© par cette approche novatrice et prĂȘt Ă  investir dans un concept aussi radical que lui-mĂȘme.

    Le nom de « Shadow » fut rapidement adoptĂ© pour la voiture. Pour Harris, le terme faisait allusion Ă  la vitesse de l’ombre, tandis que Nichols aimait l’idĂ©e d’un vĂ©hicule quasiment en deux dimensions, avec peu de hauteur mais beaucoup de longueur et de largeur.

    Les défis techniques du prototype

    Le dĂ©veloppement de la Shadow Mk 1, commencĂ©e en 1969, fut rapide et souvent improvisĂ©. Avec peu de temps et de ressources, Harris et son Ă©quipe se sont heurtĂ©s Ă  des compromis techniques majeurs. L’un des dĂ©fis les plus marquants Ă©tait l’absence d’espace sous la carrosserie, ce qui imposait l’utilisation d’amortisseurs Ă  friction dĂ©suets au lieu de systĂšmes hydrauliques modernes.

    Autre aspect radical du projet : la position de conduite, quasi horizontale. Harris cherchait Ă  rĂ©duire l’exposition du pilote au flux d’air, ce qui obligeait Ă  placer le volant presque entre les jambes du conducteur, avec des pĂ©dales montĂ©es latĂ©ralement pour gagner en espace. L’aĂ©rodynamique Ă©tait Ă©galement un dĂ©fi majeur, Harris ayant imaginĂ© des freins Ă  air escamotables pour compenser les freins Ă  disques miniatures des petites roues avant de 10 pouces.

    Cependant, le budget limité de Shadow a rapidement freiné les ambitions de Harris. Le moteur choisi, un V8 Chevrolet L88 en fonte, était non seulement plus lourd mais produisait aussi 100 chevaux de moins que les blocs en aluminium ZL1 utilisés par les écuries concurrentes. Cette faiblesse moteur, couplée à une répartition du poids désastreuse (avec 75 % de la masse concentrée sur les roues arriÚre), condamnait la Shadow à des performances médiocres.

    L’entrĂ©e en scĂšne en Can-Am 1970

    L’annĂ©e 1970 marque les dĂ©buts tant attendus de la Shadow Mk 1 en compĂ©tition. Cependant, les rĂ©sultats furent loin des attentes. DĂšs sa premiĂšre course Ă  Mosport, au Canada, la voiture affichait une vitesse de pointe impressionnante, atteignant 312 km/h, soit 29 km/h de plus que la McLaren en pole position. Mais cette avance en ligne droite fut annihilĂ©e par les piĂštres performances en virage, dues Ă  des amortisseurs inefficaces et une tenue de route imprĂ©visible.

    La course suivante, Ă  St-Jovite au QuĂ©bec, fut encore plus dĂ©cevante avec un abandon prĂ©coce aprĂšs seulement 13 tours en raison d’une surchauffe. Pour couronner le tout, la seule Shadow Mk 1 existante fut endommagĂ©e en quittant le circuit lorsque la remorque qui la transportait fut percutĂ©e par une voiture volĂ©e conduite par un chauffard ivre.

    La fin d’une aventure et l’hĂ©ritage de Shadow

    Le rĂȘve de Harris et Nichols semblait s’Ă©teindre avec les Ă©checs successifs de la Shadow Mk 1. Le dĂ©part prĂ©cipitĂ© de Harris aprĂšs la saison 1970, non payĂ© et dĂ©sillusionnĂ©, mit fin Ă  la premiĂšre Ăšre de l’Ă©quipe. Cependant, Shadow ne s’arrĂȘta pas lĂ . Nichols poursuivit l’aventure en Can-Am et en Formule 1 avec des voitures moins radicales, mais l’esprit d’innovation, nĂ© avec la Mk 1, resta une source d’inspiration.

    Au fil des annĂ©es, l’Ă©quipe Shadow a acquis un statut presque mythique dans l’histoire des sports mĂ©caniques, non seulement pour ses performances, mais surtout pour son audace technique et l’Ă©nigme que reprĂ©sentait Nichols lui-mĂȘme. Aujourd’hui, des collectionneurs comme Jim Bartel, un passionnĂ© de longue date, ont redonnĂ© vie Ă  plusieurs des prototypes Shadow, offrant ainsi un second souffle Ă  cette Ă©popĂ©e fascinante.

     

  • Carlos Menditeguy : un hĂ©ros oubliĂ© du sport argentin

    Carlos Menditeguy : un héros oublié du sport argentin

    Franco Colapinto a rĂ©cemment rejoint la prestigieuse liste des pilotes argentins ayant couru en Formule 1, succĂ©dant Ă  des lĂ©gendes telles que Juan Manuel Fangio et Carlos Reutemann. Pourtant, il fut un autre Argentin, moins connu, qui brilla dans les annĂ©es 1950 et mĂ©riterait que l’on se souvienne de lui : Carlos Menditeguy.

    Le 22 janvier 1956, quelques minutes avant 16 h, sous la chaleur accablante et le ciel nuageux de Buenos Aires, les moteurs rugissent sur la grille du Grand Prix d’Argentine. En premiĂšre ligne, Fangio, Eugenio Castellotti et Luigi Musso alignent leurs Lancia-Ferrari, tandis que Jean Behra prend place avec sa Maserati 250F. Juste derriĂšre eux, en deuxiĂšme ligne, Carlos Menditeguy, au volant d’une des cinq Maserati d’usine, est pris en sandwich entre Stirling Moss et JosĂ© FroilĂĄn GonzĂĄlez.

    DĂšs que le drapeau s’abaisse, Menditeguy dĂ©passe Fangio, Castellotti et Behra, et se retrouve derriĂšre Musso et GonzĂĄlez dĂšs le premier virage. Quatre tours plus tard, il est en troisiĂšme position, qu’il conservera durant 70 minutes, soit environ 40 tours, jusqu’Ă  ce qu’une casse mĂ©canique vienne le propulser violemment hors piste.

    Menditeguy n’Ă©tait pas qu’un simple pilote. Cet homme Ă©tait un sportif accompli, aussi Ă  l’aise sur les circuits automobiles que sur les terrains de polo, oĂč il dĂ©crocha sept fois l’Open argentin entre 1940 et 1960 avec son Ă©quipe El Trebol. Il excellait aussi au golf, en escrime, en boxe, et fut champion de tir en Argentine. Mais sa passion pour la course automobile allait rapidement s’imposer.

    En janvier 1950, lors de sa premiĂšre apparition en compĂ©tition Ă  Mar del Plata, il s’impose au volant d’une Ferrari 166MM prĂȘtĂ©e. Son talent Ă©clate aux yeux du public. En 1951, il se retrouve derriĂšre le volant d’une Alfa Romeo 308 d’avant-guerre lors de deux courses Ă  Buenos Aires. Sa maĂźtrise impressionne, malgrĂ© une voiture vieillissante. Lors de la deuxiĂšme course, Menditeguy se bat pour la deuxiĂšme place face Ă  des Mercedes plus modernes. Une pĂ©nurie d’essence lui coĂ»tera une place sur le podium, mais il n’en fallait pas plus pour que son talent soit reconnu.

    Entre 1952 et 1960, Menditeguy participera à chaque édition des Temporadas argentines, ces compétitions pour monoplaces équivalentes à la Formule 1. Cependant, contrairement à ses compatriotes Fangio, Gonzålez et Onofre Marimón, qui choisirent de courir en Europe, Menditeguy préférait affronter les stars étrangÚres sur ses terres natales. Il combinait alors courses locales de Turismo Carretera, notamment avec une Ford V8, et apparitions en Grand Prix.

    C’est en 1956, lors du Grand Prix d’Argentine, que Menditeguy passe Ă  deux doigts de l’exploit. Il mĂšne la course durant plus d’une heure, jusqu’Ă  ce qu’une casse mĂ©canique le trahisse. Ironiquement, alors qu’il se battait contre Fangio, il ignorait que ce dernier avait un tour de retard.

    Son talent ne s’arrĂȘte pas lĂ . Une semaine plus tard, il remporte avec Stirling Moss les 1000 km de Buenos Aires au volant d’une Maserati 300S, offrant ainsi Ă  Maserati son premier succĂšs en championnat du monde des voitures de sport. Pourtant, la carriĂšre de Menditeguy faillit s’arrĂȘter quelques mois plus tard, lors des 12 Heures de Sebring, oĂč il survit Ă  un accident effroyable, dont il sortit une fracture du crĂąne.

    Menditeguy se rĂ©tablit rapidement, revenant en piste dĂšs 1957. Cette annĂ©e-lĂ , il rĂ©alise sa meilleure performance en Formule 1, terminant troisiĂšme derriĂšre Fangio et Behra Ă  Buenos Aires. Ce succĂšs en Temporada lui permet de dĂ©crocher un volant pour une saison complĂšte en Europe, une premiĂšre pour lui. Sa prestation Ă  Monaco, oĂč il occupe la cinquiĂšme position avant un accident, illustre sa vitesse et son habiletĂ© au volant, bien que la suite de la saison ne soit pas Ă  la hauteur de ses attentes.

    Déçu par les rĂ©sultats en Europe, Menditeguy dĂ©cide de rentrer en Argentine, oĂč il continue Ă  briller en Turismo Carretera. Il termine notamment troisiĂšme du prestigieux Gran Premio de 1957 avec sa Ford V8, bouclant l’épreuve de 3050 miles sur trois roues !

    En 1960, Menditeguy participe une derniĂšre fois au Grand Prix d’Argentine, obtenant une honorable quatriĂšme place avec une Cooper-Maserati. Ce fut sa derniĂšre apparition en championnat du monde. AprĂšs cette pĂ©riode, il se concentre sur les courses locales, remportant plusieurs victoires en Turismo Carretera, avant de raccrocher le casque en 1967.

    Carlos Menditeguy n’Ă©tait pas seulement un pilote talentueux, mais aussi un sportif d’exception. Son admiration pour Fangio Ă©tait immense, et ce dernier, en retour, louait souvent ses qualitĂ©s, affirmant que si Menditeguy n’Ă©tait pas devenu champion du monde, c’Ă©tait uniquement parce qu’il ne l’avait jamais rĂ©ellement souhaitĂ©.

    Menditeguy a marquĂ© de son empreinte l’histoire du sport argentin, tant par sa polyvalence que par son talent indĂ©niable. Il est dĂ©cĂ©dĂ© en 1973 Ă  l’ñge de 59 ans, laissant derriĂšre lui une carriĂšre exceptionnelle, marquĂ©e par un esprit de compĂ©tition insatiable et une quĂȘte incessante de nouveaux dĂ©fis sportifs.

  • Grand Prix d’Italie 1988 : rĂ©volution Ă  Monza

    Grand Prix d’Italie 1988 : rĂ©volution Ă  Monza

    Le 11 septembre 1988, Monza a Ă©tĂ© le théùtre d’une course de Formule 1 empreinte de symbolisme, de drame et de triomphe pour la Scuderia Ferrari. Ce jour-lĂ , les tifosi, fidĂšles supporters de la marque au cheval cabrĂ©, ont envahi le circuit avec l’espoir de voir une victoire qui transcenderait la simple compĂ©tition sportive. Et ils n’ont pas Ă©tĂ© déçus.

    Ambiance chargée de nostalgie

    Monza, avec son histoire et son ambiance unique, Ă©tait baignĂ©e ce jour-lĂ  d’un soleil voilĂ©, tandis que la brume matinale se dissipait lentement pour rĂ©vĂ©ler un ciel pĂąle. Mais un vide palpable rĂ©gnait dans l’air : Enzo Ferrari, le fondateur emblĂ©matique de la Scuderia, n’était plus. Il s’était Ă©teint un mois plus tĂŽt, Ă  l’Ăąge de 90 ans, laissant derriĂšre lui un hĂ©ritage colossal et une Ă©quipe qui courait dĂ©sormais sans son guide. La prĂ©sence spirituelle du « Commendatore » planait sur Monza, d’autant plus que mĂȘme le Pape Jean-Paul II avait rendu hommage Ă  ce titan du sport automobile quelques mois auparavant.

    Une course sous haute tension et un record en vue pour McLaren

    Les attentes Ă©taient Ă©normes, mais la pression reposait principalement sur les Ă©paules des pilotes Ferrari, Gerhard Berger et Michele Alboreto. Face Ă  eux, les McLaren-Honda d’Ayrton Senna et Alain Prost, invincibles jusqu’alors cette saison, semblaient imbattables. Senna, auteur de la pole position avec un temps Ă©poustouflant de 1min 25.974sec, menait la course dĂšs le dĂ©part, tandis que Prost, malgrĂ© un problĂšme mĂ©canique persistant, tentait de rester dans le sillage de son coĂ©quipier.

    Mais la mĂ©canique est parfois capricieuse, et le destin peut changer en un instant. Alors que Prost Ă©tait contraint Ă  l’abandon en raison d’une panne survenue au 35e tour, Senna se retrouvait sous la menace croissante des Ferrari, propulsĂ©es par l’énergie des tifosi et par une envie palpable de victoire.

    Le dĂ©but d’une lĂ©gende pour Schlesser

    Cependant, le vĂ©ritable tournant de la course survint au 49e tour. Jean-Louis Schlesser, remplaçant de Nigel Mansell chez Williams, Ă©tait sur le point de boucler sa premiĂšre course en F1 Ă  l’aube de ses 40 ans. Ayant du mal Ă  trouver ses marques dans ce nouvel environnement, Schlesser se retrouva Ă  la merci du sort. Lorsque Senna tenta de le dĂ©passer au premier virage, une sĂ©rie d’évĂ©nements dramatiques s’enchaĂźna. Le pilote français, dĂ©stabilisĂ©, rata son freinage, et la collision qui s’ensuivit envoya la McLaren du BrĂ©silien dans le dĂ©cor. Senna, pris au piĂšge sur le vibreur, vit sa course se terminer prĂ©maturĂ©ment, anĂ©antissant la sĂ©rie de victoires historiques de McLaren.

    Le triomphe Ferrari

    Dans un coup du sort digne des plus grands scĂ©narios, Gerhard Berger prit alors la tĂȘte de la course, suivi de prĂšs par son coĂ©quipier Michele Alboreto. Les deux pilotes Ferrari franchirent la ligne d’arrivĂ©e sous les acclamations frĂ©nĂ©tiques d’une foule en dĂ©lire. Berger, qui avait surmontĂ© des essais tumultueux marquĂ©s par des problĂšmes techniques, rĂ©alisa une performance remarquable. Ce doublĂ© Ferrari, le premier de la saison, rĂ©sonnait comme un hommage ultime Ă  Enzo Ferrari.

    Cette victoire Ă  Monza ne fut pas seulement une victoire sportive, mais aussi une victoire Ă©motionnelle et symbolique. Ce fut un moment oĂč l’esprit du Commendatore sembla guider ses voitures vers la victoire, comme un dernier adieu Ă  son Ă©quipe, Ă  ses pilotes, et Ă  tous les tifosi. Un triomphe qui restera gravĂ© dans l’histoire de Ferrari et de la Formule 1.

  • L’histoire de la premiĂšre victoire de Max Verstappen en F1

    L’histoire de la premiĂšre victoire de Max Verstappen en F1

    Le Grand Prix d’Espagne 2016 restera gravĂ© dans les mĂ©moires comme le moment oĂč Max Verstappen est entrĂ© dans l’histoire de la Formule 1 en devenant le plus jeune vainqueur de tous les temps, Ă  seulement 18 ans et 228 jours. Mais derriĂšre cet exploit spectaculaire se cache une sĂ©rie d’Ă©vĂ©nements et de dĂ©cisions qui ont façonnĂ© le destin de ce prodige nĂ©erlandais.

    Le rĂ©cit commence avec une annonce qui a secouĂ© le monde de la F1 : aprĂšs seulement cinq courses de sa deuxiĂšme saison et sa troisiĂšme saison de course automobile, Max Verstappen se retrouve promu au sein d’une des Ă©quipes les plus prestigieuses de la F1, Red Bull Racing. La nouvelle est annoncĂ©e Ă  son coĂ©quipier, Daniil Kvyat, alors qu’il se trouve chez lui Ă  Moscou, plongĂ© dans la dĂ©tente devant sa sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e prĂ©fĂ©rĂ©e. La conversation tĂ©lĂ©phonique avec le Dr Marko, figure emblĂ©matique de Red Bull, est brĂšve et laisse Kvyat sans rĂ©elle explication quant Ă  sa rĂ©trogradation vers Toro Rosso.

    Pour Verstappen, ce changement reprĂ©sente Ă  la fois une opportunitĂ© et un dĂ©fi de taille. À seulement 18 ans, il se retrouve propulsĂ© au sein d’une Ă©curie de pointe, aux cĂŽtĂ©s d’un coĂ©quipier expĂ©rimentĂ© comme Daniel Ricciardo. Mais Max ne se laisse pas impressionner. Il affirme sa confiance dans cette nouvelle Ă©tape de sa carriĂšre, dĂ©clarant lors de la confĂ©rence de presse de la FIA : « Je suis trĂšs heureux de cette opportunitĂ©. Je pilote dĂ©sormais pour une Ă©quipe de premier plan, ce qui a toujours Ă©tĂ© mon objectif. Quant au risque que cela reprĂ©sente d’intĂ©grer une Ă©curie de pointe si jeune, je pense que le plus grand risque Ă©tait d’ĂȘtre si jeune en Formule 1, mais j’ai bien gĂ©rĂ© la situation. »

    Le week-end du Grand Prix d’Espagne marque Ă©galement le dĂ©but d’une nouvelle collaboration entre Verstappen et son ingĂ©nieur de course, Gianpiero Lambiase, surnommĂ© « GP » dans l’Ă©quipe. Cette relation, bien que diffĂ©rente de celle entre son prĂ©dĂ©cesseur, Sebastian Vettel, et son ingĂ©nieur « Rocky », se rĂ©vĂšle ĂȘtre une association efficace et franche, oĂč les attentes Ă©levĂ©es de Max sont parfaitement gĂ©rĂ©es par Lambiase.

    Mais le vĂ©ritable moment de gloire de Verstappen survient lors de la course elle-mĂȘme. Alors que les deux pilotes Mercedes, Lewis Hamilton et Nico Rosberg, se retirent dĂšs le premier tour aprĂšs s’ĂȘtre percutĂ©s, Max se retrouve en tĂȘte, rĂ©sistant Ă  la pression de Kimi RĂ€ikkönen et de sa Ferrari. GrĂące Ă  une stratĂ©gie efficace de l’Ă©quipe Red Bull, Verstappen maintient son avance jusqu’au drapeau Ă  damier, remportant ainsi une victoire historique pour lui-mĂȘme et pour son Ă©quipe.

    Cette victoire n’est pas seulement le rĂ©sultat d’un talent brut, mais aussi de la dĂ©termination et de la rĂ©silience mentale de Verstappen. MalgrĂ© les dĂ©fis et les pressions de la compĂ©tition de haut niveau, il parvient Ă  garder son sang-froid et Ă  livrer une performance exceptionnelle dĂšs sa premiĂšre course avec Red Bull Racing.

    Pour Marko, le cerveau derriĂšre cette dĂ©cision audacieuse de promouvoir Verstappen, cette victoire reprĂ©sente la validation de sa vision et de sa confiance en ce jeune prodige. Alors que les cĂ©lĂ©brations Ă©clatent dans le paddock aprĂšs la course, Marko se rappelle les moments difficiles et les doutes qu’il a dĂ» surmonter pour parvenir Ă  cette victoire tant attendue.

    Pour Max Verstappen, cette victoire n’est que le dĂ©but d’une carriĂšre prometteuse dans le sport automobile. Alors qu’il continue de repousser les limites et de conquĂ©rir de nouveaux sommets, le Grand Prix d’Espagne 2016 restera Ă  jamais gravĂ© comme le moment oĂč un jeune prodige est devenu une lĂ©gende de la Formule 1.

  • DĂ©couvrez la premiĂšre bande-annonce de la sĂ©rie « Senna » sur Netflix

    Découvrez la premiÚre bande-annonce de la série « Senna » sur Netflix

    La premiĂšre bande-annonce de la mini-sĂ©rie Senna sur Netflix est sortie, nous donnant un premier aperçu de Gabriel Leone dans le rĂŽle principal. RĂ©alisĂ©e par Vicente Amorim et Julia Rezende, la sĂ©rie en six Ă©pisodes retracera la vie du pilote brĂ©silien et sa montĂ©e vers la cĂ©lĂ©britĂ©, avec des prises de vue dans des lieux rĂ©els, notamment Ă  SĂŁo Paulo et Ă  Rio de Janeiro. Et si la premiĂšre bande-annonce est un indicateur, Netflix ne lĂ©sine pas sur les scĂšnes d’action en course.

    Netflix fait attention Ă  ne pas montrer plus qu’il n’en faut, avec un travail de camĂ©ra Ă©troitement cadrĂ© sur le personnage principal.

    « La sĂ©rie fictive commence avec la genĂšse de la carriĂšre de pilote de Formule 1 Ă  trois reprises du champion, lorsqu’il dĂ©mĂ©nage en Angleterre pour concourir en Formule Ford, jusqu’Ă  son accident tragique Ă  Imola, en Italie, lors du Grand Prix de Saint-Marin », dĂ©clare Netflix.

    Plus important encore, la série est produite avec le soutien de la famille du pilote.

    Nous aurons Ă©galement l’occasion de voir d’autres grands noms de la F1 de l’Ă©poque, notamment Niki Lauda et Alain Prost, incarnĂ©s Ă  l’Ă©cran, ce qui devrait donner lieu Ă  des comparaisons intĂ©ressantes avec leurs vraies personnalitĂ©s. AprĂšs tout, nous ne remontons pas si loin dans le temps.

    Johannes Heinrichs jouera Niki Lauda, Hugo Bonemer jouera Nelson Piquet, Matt Mella jouera Alain Prost et Patrick Kennedy jouera le directeur d’Ă©quipe de McLaren, Ron Dennis, que nous voyons briĂšvement dans la bande-annonce.

    Les images de rĂ©fĂ©rence de la course elle-mĂȘme devraient ĂȘtre abondantes pour l’Ă©quipe de tournage et les Ă©quipes d’effets spĂ©ciaux, mais la sĂ©rie ne se limitera pas Ă  recrĂ©er des images de course. Il y a un casting assez Ă©tendu, et nous parions que la plupart des noms seront complĂštement nouveaux pour les tĂ©lĂ©spectateurs amĂ©ricains, mĂȘme si vous avez dĂ©jĂ  vu Leone lui-mĂȘme jouer Alfonso de Portago dans Ferrari (2023).

    Il sera intéressant de voir si la série pourra attirer des téléspectateurs entiÚrement nouveaux à la F1, tout en satisfaisant les fans qui se souviennent bien de cette époque.

    RecrĂ©er la course de F1 et les visuels du dĂ©but des annĂ©es 1990 Ă  l’Ă©cran avec authenticitĂ© pour satisfaire ceux qui connaĂźtront bien les dĂ©tails, tout en rendant la sĂ©rie intĂ©ressante d’un point de vue dramatique pour un nouveau public, sera un Ă©quilibre difficile Ă  trouver. Nous n’envions donc pas les responsables de la sĂ©rie ou l’Ă©quipe de production Ă  cet Ă©gard. (D’accord, nous les envions juste un peu).

    La sĂ©rie sera diffusĂ©e Ă  la fin de l’annĂ©e 2024, mais un calendrier plus prĂ©cis n’a pas encore Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©.

    Le lien : https://www.youtube.com/watch?v=LT7h6sUeUhU

  • Brawn : la folle histoire de la F1 revisitĂ© par Disney+

    Brawn : la folle histoire de la F1 revisité par Disney+

    L’histoire de Brawn GP est peut-ĂȘtre le plus grand conte de fĂ©es de l’histoire de la Formule 1, avec Honda vendant l’Ă©quipe Ă  Ross Brawn pour la somme symbolique d’une livre sterling avant qu’elle ne remporte les titres mondiaux des pilotes et des constructeurs en 2009. Disney et Keanu Reeves racontent parfaitement cette histoire dans la nouvelle sĂ©rie en quatre parties intitulĂ©e Brawn : L’Impossible Histoire de la Formule 1.

    À l’hiver 2008, l’Ă©quipe Honda semblait ĂȘtre au bout du rouleau, mais 12 mois plus tard, elle devenait championne du monde. Étonnamment, Brawn : L’Impossible Histoire de la Formule 1 rend justice Ă  ce rĂ©cit, et mĂȘme au-delĂ .

    Depuis son lancement en 2019, couvrant la saison prĂ©cĂ©dente, Drive to Survive est largement crĂ©ditĂ© d’avoir contribuĂ© Ă  l’augmentation de l’intĂ©rĂȘt pour la F1, et son influence est tangible ici. Agissant en tant qu’animateur, la star de Matrix, Keanu Reeves, interviewe un large Ă©ventail de personnalitĂ©s pertinentes, notamment celles que l’on aurait attendues, telles que le propriĂ©taire de l’Ă©quipe Ross Brawn, le champion du monde Jenson Button et le PDG Nick Fry, et d’autres que l’on pourrait moins anticiper, avec l’ancienne directrice juridique de Brawn GP, Caroline McGrory, particuliĂšrement captivante et informative.

    L’importance des informations de McGrory rĂ©side dans le fait que la saison 2009 a Ă©galement vu la crĂ©ation de l’Association des Équipes de Formule 1 (FOTA), avec la menace rĂ©elle d’un championnat dissident pour rivaliser avec la F1. Alors que l’action en piste est principalement laissĂ©e aux pilotes et Ă  Brawn lui-mĂȘme, McGrory explique les dĂ©tails des nĂ©gociations de la FOTA avec l’ancien maĂźtre de la F1, Bernie Ecclestone, et l’ancien prĂ©sident de la FIA, Max Mosley, tous deux Ă©tant en grande partie dĂ©peints comme les mĂ©chants de l’histoire.

    Un autre « mĂ©chant de pantomime » est l’ancien prĂ©sident de Ferrari, Luca di Montezemolo, qui accuse Brawn GP d’avoir « étĂ© trop loin », dĂ©crit la voiture de l’Ă©quipe comme « illĂ©gale » et critique largement l’Ă©quipe.

    MalgrĂ© une formule relativement similaire Ă  Drive to Survive, ce documentaire Ă©vite la critique qui entache la sĂ©rie Netflix : la distorsion de la vĂ©ritĂ© pour crĂ©er un rĂ©cit captivant. Cela pourrait ĂȘtre dĂ» au fait que la vĂ©ritĂ© de 2009 est si intrigante que des artifices n’Ă©taient pas nĂ©cessaires, mais il est certainement rafraĂźchissant de voir les Ă©vĂ©nements rĂ©els racontĂ©s plutĂŽt que de crĂ©er une tempĂȘte Ă  partir de rien.

    Quatre Ă©pisodes d’une heure chacun sont la durĂ©e parfaite pour raconter cette histoire, chaque Ă©pisode offrant une partie claire et distincte de l’histoire, avec le dĂ©part de Honda, les victoires de Button, la fermeture du peloton poursuivant et, finalement, le succĂšs du titre ayant tous leur moment de gloire. En fait, le seul intrigue majeure qui s’Ă©tend sur plusieurs Ă©pisodes est la menace imminente du championnat dissident de la FOTA.

    En abordant Brawn : L’Impossible Histoire de la Formule 1, des inquiĂ©tudes ont Ă©tĂ© exprimĂ©es quant Ă  savoir si un acteur hollywoodien que peu, voire aucun, n’avait reconnu comme Ă©tant un fan de F1 devrait ĂȘtre chargĂ© de diriger un documentaire non scĂ©narisĂ© comme celui-ci. Pour toute personne ayant vu l’interview de Martin Brundle avec Machine Gun Kelly sur la grille du Grand Prix du BrĂ©sil, ces craintes n’ont pas besoin d’une explication supplĂ©mentaire ! Mais Ă  la fin de l’introduction du premier Ă©pisode, ces craintes s’estompent, avec la passion et l’enthousiasme Ă©vidents de Reeves. Regarder la star de renom s’exprimer de maniĂšre aussi franche avec des interviewĂ©s, dont Ecclestone, prouve sans aucun doute qu’il est un fan.

    En ce qui concerne la franchise, il est juste de suggĂ©rer un certain niveau de guidance parentale sur celui-ci, le langage utilisĂ© tout au long Ă©tant parfois robuste, avec au moins un « C-bomb » lĂąchĂ© et beaucoup d’effets sonores tout au long.

    Il y avait beaucoup d’anticipation autour de ce documentaire, et vous ne serez pas déçu. L’histoire est racontĂ©e en dĂ©tail, avec beaucoup d’affection, et des anecdotes jamais entendues auparavant font passer les prĂšs de quatre heures rapidement. Il n’est jamais mauvais de revoir l’une des voitures de F1 les plus belles de tous les temps ! LibĂ©rez une journĂ©e dans l’agenda, attrapez le popcorn et profitez-en.

  • United Colors of une rĂ©volution en F1

    United Colors of une révolution en F1

    En 1985, lorsqu’une firme italienne de pulls fait l’acquisition d’une Ă©quipe de Formule 1, elle ouvre la de nouvelles perspectives, laissant entrevoir une volontĂ© de perturber l’ordre Ă©tabli. C’Ă©tait l’une des caractĂ©ristiques de Benetton, que ce soit Ă  travers des produits accrocheurs, une publicitĂ© provocante ou des partenariats de sponsoring hauts en couleur. Il est Ă©vident, d’aprĂšs les interviews rĂ©alisĂ©es dans cet ouvrage de rĂ©fĂ©rence signĂ© Damien Smith, ancien rĂ©dacteur en chef de Motor Sport, que cette approche novatrice s’est Ă©galement reflĂ©tĂ©e dans le domaine de la course automobile. Smith les qualifie de « rebelles de la Formule 1 ».

    Ce n’Ă©tait pas la premiĂšre incursion de Benetton dans la F1… La premiĂšre fois, c’Ă©tait en 1983 avec Tyrrell lorsque le nouveau responsable de la communication Davide Paolini a soufflĂ© l’idĂ©e Ă  Luciano Benetton de s’intĂ©resser Ă  la discipline. Paolini se souvient : « J’ai obligĂ© les mĂ©caniciens de Tyrrell Ă  porter des chemises roses pour attirer les photographes. » Cependant, l’avenir ne rĂ©sidait pas chez Tyrrell, qui ne voulait pas passer au turbo. C’est alors au tour d’Alfa Romeo d’arborer des chemises vertes, encore plus vives pour les mĂ©caniciens. Mais l’annĂ©e 1985 marque la fin de cette Ăšre Alfa. Qu’importe, il y avait un plan. Et ce plan passait par Toleman.

    Dans la prĂ©sentation des origines de Toleman, Smith insĂšre une photo de la DFVW de Colin Hawker, la berline surpuissante propulsĂ©e par un moteur Cosworth. Un moment de nostalgie qui souligne l’Ă©vĂ©nement qui a attirĂ© le groupe Toleman dans le monde de la course : les directeurs Alex Hawkridge et Ted Toleman ont alors formĂ© une Ă©quipe de F2 et recrutĂ© un designer sud-africain nommĂ© Rory Byrne. L’auteur a recueilli un large Ă©ventail de tĂ©moignages – Hawkridge, Byrne, le designer John Gentry et Derek Warwick. Tous parlent de la progression de l’Ă©quipe vers la F1 et de la façon dont le « prometteur » est devenu « étonnant », lorsque le nouveau venu Ayrton Senna a failli remporter la victoire Ă  Monaco en 1984.

    Les optimistes vous diront que les problĂšmes sont des opportunitĂ©s… En 1985, Toleman a luttĂ© pour avoir des pneumatiques et l’Ă©quipe est passĂ© tout prĂšs de la disparition malgrĂ© les excellentes qualitĂ©s de la TG185. C’est lĂ  que Benetton est intervenu avec 2 millions de livres sterling et de grandes idĂ©es !

    Les rĂ©cits de l’ascension d’une Ă©quipe vers le succĂšs peuvent ĂȘtre similaires, mais c’est une histoire avec de nombreux points de vue internes : Pat Symonds raconte une astuce sournoise avec la boĂźte noire turbo BMW, Byrne confirme les 1300 chevaux, le directeur d’Ă©quipe Peter Collins dĂ©plore que « mettre Cosworth Ă  niveau Ă©tait comme arracher des dents ». La fiabilitĂ© du moteur Ă©tait un problĂšme rĂ©current, mais Gerhard Berger, Teo Fabi et Thierry Boutsen ont tous brandi le drapeau multicolore avec un succĂšs variable… Mais le premier objectif Ă©tait de gĂ©nĂ©rer des retombĂ©es pour l’entreprise, avec un spĂ©cialiste du marketing propulsant le nom Benetton dans ce que l’on appelle aujourd’hui le lifestyle. Cela, associĂ© Ă  des publicitĂ©s trĂšs provocantes, parfois interdites, Benetton a acquis ce profil audacieux que son patron recherchait.

    La petite Ă©quipe s’est surpassĂ©e. Thierry Boutsen, Alessandro Nannini ont dĂ©filĂ©. Gerhard Berger a dĂ©crochĂ© des victoires. Puis, un homme d’affaires aux cheveux Ă©bouriffĂ©s appelĂ© Flavio Briatore (« Flav l’Empaleur » plaisante Smith) a pris le poste de directeur d’Ă©quipe, et Michael Schumacher est arrivĂ©… Et le palmarĂšs s’est construit : deux championnats du monde et le titre des constructeurs pour l’Ă©quipe, dans les deux dĂ©cennies controversĂ©es de Briatore en tant qu’homme sauvage de la F1. Smith est impressionnĂ©, le qualifiant d’une « efficacitĂ© dĂ©vastatrice » et d’ »un gagnant de la F1 de qualitĂ© platine ».

    Bien que Briatore ait Ă©tĂ© imposĂ©, l’Ă©quipe s’est rapidement installĂ©e dans l’ambiance familiale qu’avait connue Tolman, et Smith affirme que cela reste le cas dans la forme actuelle de l’Ă©quipe en tant qu’Alpine. (C’est l’Ă©quipe qui a portĂ© tellement d’Ă©tiquettes qu’elle est souvent dĂ©signĂ©e de nos jours simplement par son site d’implantation – ‘l’Ă©quipe d’Enstone’.)

    « Ils étaient vraiment de bons propriétaires », déclare le directeur technique Symonds avec une affection sincÚre pour la famille, expliquant que Luciano Benetton était fasciné par la technologie, ce qui explique en partie son attrait pour la F1.

    Cela ne signifie pas que tout Ă©tait toujours « gentil » : Collins raconte comment on lui a demandĂ© de se sĂ©parer de Johnny Herbert et de partir Ă  son tour ; comment un John Barnard susceptible dĂ©clare qu’il se fiche Ă©perdument qu’ils ne l’aiment pas. Flav commente : « Si vous envoyez John en Suisse, vous aurez une guerre le lendemain ! »

    Pat Symonds, fidĂšle de Benetton, dont la prĂ©sence en F1 a Ă©tĂ© longue et significative, est un pilier tout au long du livre, et un parfait conteur pour la recherche de Smith. TissĂ©s parmi les courses – et de nombreuses photos de qualitĂ© – il y a une excellente citation sur chaque page et des bulles pĂ©tillantes qui maintiennent l’intĂ©rĂȘt. À propos de l’incendie de stand Ă  Hockenheim en 1994, Smith parle Ă  la plupart des personnes impliquĂ©es, y compris Steven Tee, qui a capturĂ© cette cĂ©lĂšbre photo. « Tout ce que je pouvais voir dans le viseur, c’Ă©tait un Ă©clair orange. »

    Benetton a suscitĂ© de nombreuses « questions de lĂ©galité » et Smith laisse chacun s’exprimer sur la cause de l’incendie, les planches illĂ©gales, les programmes de lancement, le titre controversĂ© de 1994, le diplomate Damon Hill raconte : « Ils Ă©taient prĂȘts Ă  faire beaucoup pour repousser les limites… » Comme pour maintenir l’Ă©nergie, Smith attend jusqu’au dĂ©clin post Schumacher pour dĂ©crire les fĂȘtes et les vacances de l’Ă©quipe. Un mĂ©canicien commente : « Si vous ne reveniez pas avec une gueule de bois, c’Ă©tait mal vu. »

    Benetton semble avoir pris la place de Hesketh en tant qu’Ă©quipe dĂ©calĂ©e. Il y avait moins de plaisir en ce qui concerne les rĂ©sultats et les affaires de l’Ă©quipe en 1997, lorsque David Richards a Ă©tĂ© envoyĂ© de maniĂšre inattendue pour remplacer Flavio. « C’Ă©tait comme dans l’un de ces films de gangsters », dĂ©clare Richards. « Il a levĂ© les yeux de son bureau et il m’a dit : ‘Je me demandais qui ça allait ĂȘtre.’ » Mais Benetton avait besoin d’un partenaire moteur, et Renault avait besoin d’une Ă©quipe pour son retour en F1, dirigĂ© par Flavio Briatore, le retour. À partir de 2002, Benetton est devenu Renault et un chapitre s’est refermĂ©. La conclusion de Smith est une interview avec Alessandro Benetton qui explique pourquoi une entreprise familiale de vĂȘtements est devenue championne de F1, et pourquoi le directeur d’Ă©quipe Joan Villadelprat estime que « Benetton Ă©tait un endroit spĂ©cial. Tout le monde lĂ -bas aimait Benetton, tout le monde a passĂ© de bons moments. » Une dĂ©cennie et demie de bons moments qui ne pouvaient pas ĂȘtre mieux transmis…

  • Quels records Verstappen peut-il encore battre en 2023 ?

    Quels records Verstappen peut-il encore battre en 2023 ?

    Il ne s’agit pas de savoir si Max Verstappen dĂ©crochera le titre cette annĂ©e, mais quand. En cours de route, voici ce qu’il peut accomplir d’autre.

    Max Verstappen a une chance de réécrire le livre des records de Formule 1 en 2023 aprĂšs avoir Ă©crasĂ© ses rivaux au cours de la premiĂšre moitiĂ© de la saison. Quels records pourraient tomber d’ici Ă  Abu Dhabi ?

    Victoires
    Verstappen a remportĂ© 10 des 12 premiers grands prix de la saison, un taux de 83 %, actuellement le plus Ă©levĂ© de l’histoire.

    La saison derniĂšre, il a dĂ©passĂ© le record de 13 en une seule annĂ©e, atteint par Michael Schumacher en 2004 et Sebastian Vettel en 2013, alors qu’il terminait la campagne avec 15 victoires sur 22 dĂ©parts.

    Compte tenu de la forme de Verstappen, il est difficile d’imaginer qu’il ne remporte pas au moins cinq des 10 courses restantes pour battre son propre record – et il y a suffisamment de courses prĂ©vues pour que Verstappen atteigne 20.

    Verstappen est entrĂ© dans la trĂȘve estivale avec une huitiĂšme victoire consĂ©cutive. Il est Ă  une distance d’Ă©galer le record de neuf, Ă©tabli par Vettel en 2013.

    Si Verstappen devait triompher lors de son Grand Prix Ă  domicile aux Pays-Bas, oĂč il a gagnĂ© en 2021 et 2022, il aura alors l’opportunitĂ© de devenir le premier pilote Ă  atteindre 10 d’affilĂ©e une semaine plus tard en Italie.

    Points
    Tracer des points Ă  travers l’histoire de la Formule 1 est un dĂ©fi en raison de l’Ă©volution du systĂšme de notation, notamment en 2010, lorsque 25 points ont Ă©tĂ© attribuĂ©s pour une victoire au lieu de seulement 10. En 2023, plus de points sont offerts que jamais en raison de l’expansion. de F1 Sprint de trois Ă  six Ă©preuves.

    Verstappen dĂ©tient dĂ©jĂ  le record absolu aprĂšs avoir marquĂ© 454 points en 2022, bien qu’en pourcentage, il soit infĂ©rieur Ă  plusieurs autres saisons victorieuses par d’autres pilotes.

    Jusqu’en 1990, la Formule 1 laissait des jokers, avant que toutes les courses ne soient comptĂ©es Ă  partir de 1991. Par consĂ©quent, Ă  travers l’histoire, il y a eu des pourcentages gonflĂ©s en raison des moins bons scores perdus.

    La valeur la plus Ă©levĂ©e depuis l’abandon du programme appartient Ă  Michael Schumacher, qui a marquĂ© 144/170 en 2002, ce qui lui donne un pourcentage de 84,7%, mais Verstappen a actuellement tendance Ă  battre cela.

    Verstappen a marquĂ© 314/336 au cours des 12 premiĂšres courses, ce qui le place Ă  93,5%, et signifie qu’il battra confortablement son propre total individuel et le record de pourcentage net de Schumacher s’il continue sur sa forme actuelle.

    Podiums
    Verstappen a conquis 12/12 podiums en 2023 – une seule fois auparavant, grĂące Ă  Schumacher lors d’une saison 2002 de 17 courses, un pilote a terminĂ© dans les trois premiers Ă  chaque course.

    Verstappen a également de la marge pour battre son propre record de 18 podiums en une saison, établi en 2021.

    Le champion en titre est Ă©galement sur une sĂ©rie de 13 podiums successifs et est Ă  six du record Ă©tabli par Schumacher fin 2001 et jusqu’en 2002.

    Tours menés
    Si vous pensiez que la vue de la voiture n ° 1 de Verstappen en tĂȘte d’un Grand Prix Ă©tait extrĂȘmement courante cette saison, alors vous auriez raison.

    Verstappen a fait face au peloton pendant 567 tours cette saison (ce dĂ©compte n’inclut pas les courses de sprint), un total qui le placerait dĂ©jĂ  11e sur la liste mĂȘme s’il n’a pas rĂ©ussi Ă  mener un autre tour.

    Le record date de 2011, lorsque Vettel a mené 739 des 1133 tours de course, un pourcentage de 65,2.

    C’est en deçà du pourcentage de rĂ©fĂ©rence de 71,5 atteint par Jim Clark en 1963, lorsqu’il a menĂ© 506 tours sur 708.

    Il reste 603 tours de course cette annĂ©e, il est donc fort probable que Verstappen puisse battre les deux records car il tend actuellement Ă  78,3% et n’a besoin que de 172 tours supplĂ©mentaires pour dĂ©passer le dĂ©compte de Vettel.

    Quand pourra-t-il remporter le titre ?
    Son deuxiĂšme titre avait Ă©tĂ© scellĂ© au Japon, bien qu’en 2022 il y ait eu quatre Ă©vĂ©nements aprĂšs la manche Ă  Suzuka, et grĂące aux remaniements du calendrier cette annĂ©e, il en reste encore six Ă  courir aprĂšs le voyage de la Formule 1 vers le Japon. Il y a Ă©galement trois Ă©vĂ©nements Sprint au cours des Ă©tapes finales de la campagne, dans lesquels il y a plus de points disponibles.

    L’avance de points de Verstappen est actuellement de 125 et il a besoin de l’avantage suivant aprĂšs chacune des courses respectives pour dĂ©crocher la couronne :

    Japon : 180
    Qatar Sprint : 172
    Qatar : 146
    Austin Sprint : 138
    Austin : 112
    Mexico : 86
    Sprint de SĂŁo Paulo : 78
    SĂŁo Paulo : 52
    Las Vegas : 26
    La trajectoire actuelle de Verstappen l’amĂšne Ă  dĂ©crocher le titre au Qatar, le 8 octobre.

    Dans le championnat des constructeurs, la situation est similaire, avec Red Bull loin devant, Ă  hauteur de 256 points, avec plus du double du total de Mercedes deuxiĂšme.

    Red Bull, qui est sur une sĂ©rie record de 13 victoires successives, pourrait s’assurer de la couronne des constructeurs dĂšs Singapour, le 17 septembre, bien qu’un emplacement plus probable soit le Japon ou le Qatar.

    Singapour : 353
    Japon : 309
    Qatar Sprint : 294
    Qatar : 250
    Austin Sprint : 235
    Austin : 191
    Mexico : 147
    Sprint de SĂŁo Paulo : 132
    SĂŁo Paulo : 88
    Las Vegas : 44

  • Le prochain Grand Prix de France sera organisĂ© Ă  Paris

    Le prochain Grand Prix de France sera organisé à Paris

    Ce qu’il y a de bien avec la France (terme bien gĂ©nĂ©rique qui nous regroupe tous), c’est qu’elle ne déçoit jamais. Vous savez : ce petit cĂŽtĂ© hautain et suffisant qui met Ă  mal notre position dans chaque nĂ©gociation.

    La France, sans entrer dans des considĂ©rations trop politiques, est un grand pays centralisĂ© dans lequel l’État manƓuvre au cƓur d’une version Ă©voluĂ©e (de façon erratique) de la collectivisation.

    Si le Grand Prix de France est installĂ© au Castellet – pour la seconde fois –, c’est grĂące Ă  Paul Ricard. Cet industriel de l’alcool a voulu un circuit de trĂšs, trĂšs haut niveau, pour prouver Ă  ses « amis » politiques qu’il Ă©tait possible de crĂ©er des structures trĂšs sĂ»res (entre autres). Il a tout payĂ© de A Ă  Z pour convaincre Bernie Ecclestone de signer un contrat et inviter les camions des Lotus, Ferrari, Brabham, McLaren, Tyrrell, BRM ou Matra Ă  s’installer en Provence. Les pilotes, Jackie Stewart en tĂȘte, furent totalement convaincus par la rĂ©alisation de Paul Ricard et le Grand Prix a eu lieu d’abord tous les deux ans, avant d’ĂȘtre prĂ©sent chaque annĂ©e au calendrier jusqu’en 1990. Une poignĂ©e de mains et un chĂšque et c’était rĂ©glĂ©.

    Sans refaire toute l’histoire, le second septennat de François Mitterrand a tuĂ© le Circuit Paul Ricard pour promouvoir la NiĂšvre du futur Premier Ministre Pierre BĂ©rĂ©govoy. Tout le monde a grognĂ©, sauf le financier de la F1 qui recevait le chĂšque signĂ© au plus haut sommet de l’Etat. Deal. Une poignĂ©e de mains et un chĂšque et c’était rĂ©glĂ©. Mais Saint-Parize-le-ChĂątel, c’est le bout du monde dans les annĂ©es 1990 ! L’autoroute promise n’arrive pas et l’ambiance de plus en plus glamour de la F1 (mĂȘme Ă  l’époque) vit assez mal l’absence totale de ville Ă  caractĂšre international et les longues soirĂ©es avec les vaches. Ce qui peut ĂȘtre acceptĂ© ailleurs ne l’est pas en France.

    La France s’est dĂ©sintĂ©ressĂ©e de son Grand Prix et de la F1 et tout s’est effondrĂ©. Les promoteurs ont quittĂ© le navire et la FFSA a tentĂ© une perfusion durant quelques annĂ©es avant de jeter l’éponge.

    Durant des annĂ©es, des projets plus ou moins farfelus ont tentĂ© de faire revenir la F1 dans l’Hexagone : retour Ă  Magny-Cours, Disneyland Paris, Paris intramuros
 Mais c’est finalement sur le Circuit Paul Ricard que les politiques ont portĂ© leur choix pour remettre la France au calendrier. AbandonnĂ©, devenu base d’essais, le circuit du Castellet reste presque parfait pour la sĂ©curitĂ©, mais critiquable sur bien des points. Comme ailleurs, les accĂšs sont compliquĂ©s, comme ailleurs, les attentes sont interminables pour accĂ©der au moindre service dĂšs que l’on s’approche de la jauge, comme ailleurs, il n’y a pas de grande ville adossĂ©e au paddock. Le Circuit Paul Ricard Ă©tant un circuit europĂ©en, il souffre de quasiment tous les mĂȘmes mots que les circuits europĂ©ens.

    A l’approche du terme du contrat entre le GIP (encore un truc trĂšs français qui permet Ă  l’État et aux collectivitĂ©s de financer des projets avec le soutien d’entreprises privĂ©es, mais toujours avec un contrĂŽle politique), le jeu de la critique a atteint un niveau supĂ©rieur. Comment peut-on concevoir que la F1 vienne sur un circuit qui porte le nom d’un alcool fort (alors que la F1 s’affiche avec Heineken), comment peut-on accepter de mettre autant de temps Ă  accĂ©der Ă  l’enceinte sportive (vous n’imaginez mĂȘme pas pour Silverstone), comment peut-on ĂȘtre aussi loin de villes touristiques (les Autrichiens s’en amusent et les Britanniques – encore eux – prĂ©sentent Marseille comme un coupe gorge et prĂ©fĂšrent la CĂŽte d’Azur et Nice, hein Nice, vous comprenez les derniĂšres sorties !) ?

    Mais le vrai problĂšme est uniquement d’ordre financier. La France Ă©tant la France et le GIP Ă©tant dirigĂ© par des politiques, il y a une certaine idĂ©e de la puissance de notre vieux pays. L’idĂ©e est, certes, partagĂ©e par la direction de la F1, mais elle n’est pas Ă©valuĂ©e de la mĂȘme maniĂšre.

    Que le Groupe Renault, deux pilotes et de nombreux partenaires d’écuries (mais aucun de la F1) soient originaires de France n’est qu’un argument de plus pour la FOM pour que le promoteur d’un Grand Prix paie « son » juste prix.

    Que l’évĂšnement soit redevenu populaire, avec de (petites) tribunes pleines de drapeaux frĂ©nĂ©tiquement agitĂ©s, n’est qu’un argument de plus pour la FOM pour que le promoteur d’un Grand Prix paie « son » juste prix.

    Finalement, c’est une nĂ©gociation. La F1 vend son produit Ă  un tarif exorbitant que beaucoup acceptent de payer. Aujourd’hui, la France ne l’accepte pas. Tout est question de ne pas trop vexer son interlocuteur afin de ne pas rompre les discussions. Car la France peut vivre sans F1, la F1 peut vivre sans la France. Ceux qui perdront le plus sont les spectateurs et les partenaires français directement impliquĂ©s en F1. Et comme les spectateurs ne peuvent pas couvrir les dĂ©penses d’un Grand Prix, le GIP a fait venir prĂšs de la moitiĂ© des dirigeants du CAC40 au Castellet pour surfer sur l’extraordinaire vague mondiale que vit la F1.

    Car la F1 vit un ñge d’or et abuse de cette position dominante. Pour avoir le droit à la F1, il faut apporter à la F1. Et ça se compte en dizaines de millions de dollars.

    Et voilĂ  pourquoi le prochain Grand Prix de France sera organisĂ© Ă  Paris : soit dans une salle de rĂ©union avec des dirigeants d’entreprises capables de sortir ces dizaines de millions d’euros, soit avec un circuit dans Paris pour convaincre Domenicali et ses « conseillers » que cette option (dont tout le monde rĂȘve secrĂštement) serait la plus rentable pour la F1. Au calendrier en 2027, le temps que la Maire prenne sa retraite ?

  • Citation : Juan Manuel Fangio

    Citation : Juan Manuel Fangio

    Longtemps GOAT du sport automobile, Juan Manuel Fangio a dominé la discipline dans les années 1950 avec cinq titres de Champion du Monde de Formule 1 conquis avec quatre écuries différentes (Alfa Romeo, Daimler, Ferrari et Maserati).

    ExtrĂȘmement rapide, il Ă©tait aussi l’un des pilotes les plus rĂ©guliers.

    « Mon approche de la course est comme le billard. Si tu frappes la boule trop fort, tu ne vas nulle part. Si tu manies correctement la queue, tu la diriges avec davantage de finesse. »

  • Le Grand Prix Historique de Monaco 2021

    Le Grand Prix Historique de Monaco 2021

    A l’occasion de la diffusion du Grand Prix de Monaco Historique sur l’antenne d’Automoto La Chaine, notre ancien rĂ©dacteur Alexandre Stricher faisait partie des consultants.

    Retour sur quelques anecdotes au sujet de la série F Niki Lauda avec trois thÚmes particuliers : la McLaren M23, Hesketh et le V8 Ford Cosworth DFV.

    La McLaren M23

    Toutes les monoplaces ont de magnifiques histoires, mais s’il faut parler d’un modĂšle en particulier, je pencherais sur la McLaren M23 qui est pilotĂ©e par l’Autrichien Lukas Halusa et le Britannique Stuart Hall. C’est un bel exemple des Wedge Cars trĂšs cunĂ©iforme qui Ă©tait Ă  la mode Ă  cette Ă©poque. Je dis un bel exemple et pas le plus beau, car la M23 a toujours Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une copie de Lotus. Elle a Ă©tĂ© pensĂ©e aux Etats-Unis sous les traits de la M16 faite par Gordon Coppuck pour gagner sur les ovales.

    Alors je passe un peu les dĂ©tails, mais McLaren ne fait pas que copier Lotus. Il y a aussi des solutions maison au niveau des freins (disques Lockheed outboard placĂ©s dans les roues) et des suspensions (flexibilitĂ© variable Ă  l’avant) qui font que cette M23 va marquer l’histoire.

    Le premier Ă  rouler avec cette voiture est Denny Hulme. L’Australien avait un vrai physique et il avait beaucoup de mal Ă  s’installer et Ă  s’extraire. C’est lĂ  que McLaren invente le volant amovible. Une autre anecdote, Hulme avait Ă©tĂ© champion du monde en 1967 avec Brabham
 Et bien c’est en 1973 avec la M23 qu’il signe sa premiĂšre pole position !

    LĂ , on parle de 1973, mais la M23 a roulĂ© jusqu’en 1978 en Ă©voluant constamment : plus d’empattement, voie arriĂšre Ă©largie, diffĂ©rentes tailles de nez, boite Ă  air en cheminĂ©e, puis en V, et premiĂšre boĂźte 6 Hewland.

    Et la liste des pilotes est incroyable : Hulme, Hunt, Fittipaldi (Champion 74), Piquet, Scheckter et mĂȘme Ickx et Villeneuve. On l’a vu sur 83 GP, le plus souvent avec 3 monoplaces au dĂ©part.

    Hesketh Racing

    Durant cette pĂ©riode, des Ă©curies se crĂ©ent chaque annĂ©e. La plupart reste dans l’anonymat. Mais ce n’était pas la façon de penser de Lord Alexander Hesketh.

    L’histoire commence avec Bubbles Horsley, un pilote de second plan, ami d’un Lord anglais adepte de la jet-set, dont le domaine est Ă  moins de 10 km de Silverstone. Un soir, Horsley lance l’idĂ©e de crĂ©er un team de Formule Ford. L’idĂ©e plait Ă  Hesketh qui la transforme un peu : il s’engage en F3 Ă  Monaco. Avec Horsley, le rĂ©sultat n’est pas bon. Mais une rencontre entre Hunt et Hesketh ouvre de nouvelles opportunitĂ©s : aller en F1. Notre Lord n’a que 22 ans, mais son immense fortune et son envie de faire la fĂȘte l’emportent.

    Certaines Ă©curies ont Ă©tĂ© moquĂ©es pour mettre autant d’argent dans le marketing que dans la technique. Chez Hesketh, on mettait autant d’argent dans la fĂȘte que dans la technique. Et si James Hunt Ă©tait la tĂȘte d’affiche, tout le monde Ă©tait au diapason pour la fĂȘte. Les mĂ©canos aussi, les sponsors, comme Penthouse, aussi !

    Pourtant, Hesketh Racing avait bien deux visages. Le Lord se baladait avec une belle chemise blanche brodĂ©e « Le Patron » en français et il s’occupait des soirĂ©es. Mais Hesketh Racing Ă©tait aussi une relation exceptionnelle entre James Hunt, le premier pilote, et Harvey Postlethwaite, le directeur technique. Les deux hommes se sont compris et ils ont Ă©normĂ©ment travaillĂ© pour passer d’une March client Ă  une Hesketh 308 qu’ils ont fait gagner Ă  Zandvoort en 1975.

    Si Hunt a Ă©tĂ© champion en 1976 avec McLaren, c’est un rĂ©sultat du travail appris chez Hesketh. Postletwaite, mĂȘme chose. Le directeur technique excentrique a eu une magnifique carriĂšre. Il est parti chez Williams oĂč il Ă©tait accompagnĂ© par Patrick Head. Il est passĂ© chez Ferrari oĂč il a fait des 126 championnes du monde, avec John Barnard en bras droit. Ensuite, il a inventĂ© le nez haut chez Tyrrell, qui a aussi Ă©tĂ© important dans l’histoire de la F1. LĂ , son assistance s’appelait Mike Gascoyne. Et puis en 1999, il Ă©tait Ă  la tĂȘte du projet Honda qui cherchait Ă  reconstruite une Ă©curie. Il est mort d’une crise cardiaque durant les essais et tout le projet a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©.

    Chez Hesketh, Hunt et Postlethwaite n’ont jamais Ă©tĂ© remplacĂ©. L’équipe brillait toujours pour la fĂȘte, moins par les rĂ©sultats et notre Lord a compris qu’il ne pouvait plus bousculer la hiĂ©rarchie et aprĂšs avoir dĂ©pensĂ© beaucoup l’argent en F1, il est allĂ© faire autre chose. Notamment Ministre !

    V8 Ford Cosworth DFV

    La F1 change en 1966 avec une nouvelle rĂšglement moteur : on passe de 1,5 litre Ă  3,0 litres. Colin Chapman, qui a gagnĂ© deux des trois derniers titres avec Lotus, craint d’ĂȘtre dĂ©passĂ© par d’autres Ă©curies. Il n’a pas les ressources pour faire lui-mĂȘme un moteur et il ne veut pas qu’un constructeur vienne prendre une place trop importante dans son Ă©curie.

    Chapman tente un coup. Il appelle l’un de ses anciens disciples : Keith Duckworth (le worth de Cosworth). Cosworth, Ă  l’époque, monte des moteurs de F3 et de F2. Le dĂ©fi est de taille et le problĂšme reste le mĂȘme : personne n’est en mesure de payer. C’est lĂ  que Colin Chapman rĂ©ussit son coup. Il parvient Ă  convaincre Ford de tout payer. LĂ , il faut faire des concessions. Chapman se rĂ©serve l’exclusivitĂ© durant un an. Ensuite, le Ford Cosworth pourra ĂȘtre vendu Ă  d’autres Ă©curies. Et comment Chapman a convaincu Ford ? En proposant un « petit » moteur. Car avec le rĂšglement 3,0 litres, des Ă©quipes ont conçu des 12 (Ferrari) et mĂȘme des 16 cylindres (H16 chez BRM). Pour Chapman, il fallait miser sur des V8. Ce « petit » moteur plait Ă  Ford et Walter Hayes qui mise 100 000 livres (2 millions d’euros) et impose Ă  tarif de vente de 7500 livres (un peu moins de 150 000 euros aujourd’hui)

    CÎté Cosworth, on lance le projet du DFV : Double Four Valves. Ce sont deux quatre cylindres de F2 montés en V8. On commence un peu en dessous de 400 chevaux lors des premiers essais et ça se termine à 495 chevaux en 1983.

    Durant certaines saisons, le V8 Cosworth a gagnĂ© tous les GP, dans les annĂ©es 70, il gagne quasiment tous les titres. Il n’y a que le Flat-12 Ferrari qui s’en sort.
    A la fin, en 1983, ce sont 155 victoires !

  • L’écurie Championne du Monde de F1 2021 existe-t-elle dĂ©jĂ  ?

    L’écurie Championne du Monde de F1 2021 existe-t-elle dĂ©jĂ  ?

    La Terre est placĂ©e en Ă©tat d’urgence sanitaire. Dans leur plus rĂ©cent rapport, les Nations Unies dĂ©plorent que de nombreux pays ont dĂ©jĂ  dĂ©passĂ© la capacitĂ© de prise en charge des malades dus Ă  la pandĂ©mie de Covid-19. Nous sommes au mois de mars et la situation promet d’empirer.

    Antonio Gutterez, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU, fait passer ses messages : « il s’agit avant tout d’une crise humaine qui nĂ©cessite de la solidaritĂ©. » Selon lui, « les rĂ©ponses actuelles au niveau national ne rĂ©pondront pas Ă  l’ampleur et Ă  la complexitĂ© mondiales de la crise » et c’est pourquoi il faut « une action politique coordonnĂ©e, dĂ©cisive et innovante de la part des principales Ă©conomies du monde », alors qu’une « rĂ©cession mondiale – peut-ĂȘtre de dimensions record – est une quasi-certitude ».

    Une rĂ©cession mondiale – peut-ĂȘtre de dimensions record – est une quasi-certitude
 Voici une phrase que la Formule 1 n’aime pas. La discipline reine des sports mĂ©caniques a traversĂ© de nombreux cycles durant ses sept dĂ©cennies d’existence. Mais, Ă  chaque fois, en payant un lourd tribut.

    La derniĂšre crise remonte Ă  2008. À l’époque, cette crise Ă©tait uniquement financiĂšre. La rĂ©ponse, coordonnĂ©e, a Ă©tĂ© l’injection de capitaux dans le secteur bancaire. Cette fois, il faut faire face Ă  une crise humaine. Le confinement et le ralentissement de l’activitĂ© des entreprises pourraient ĂȘtre remplacĂ©s par une crise Ă©conomique majeure doublĂ©e d’un changement d’état d’esprit global qui pourrait durement frapper la consommation. À ça, un choc fiscal ne saurait rĂ©pondre. Pas mĂȘme portĂ© par les banques centrales.

    Au début de la saison 2008, six constructeurs automobiles étaient sur les grilles de départ du Championnat du Monde de F1 : Ferrari, BMW, Renault, Toyota et Honda, avec Mercedes impliqué en tant que motoriste. Un an plus tard, Honda avait lùché son usine de Brackley. Et Toyota, puis BMW et Renault allaient également débrancher pour laisser la place à une vague de nouveaux artisans britanniques et espagnols, qui ne survivraient pas


    Ce non-dĂ©but de saison 2020 est une crise bien plus profonde pour la Formule 1. En plus de la crise Ă©conomique annoncĂ©e chez les constructeurs et les sponsors, les Ă©curies savent d’ores-et-dĂ©jĂ  qu’elles ne pourront pas compter sur une partie significative des revenus versĂ©s par la FOM. Pas de Grands Prix, pas de TV, pas de droits.

    Les plus grosses Ă©curies vont devoir demander des rallonges Ă  leurs constructeurs
 Qui vont, au contraire, viser une rĂ©duction drastique de leurs dĂ©penses. Et les petites Ă©quipes qui comptaient d’abord sur cette manne vont ĂȘtre Ă  l’agonie en quelques mois.

    Il y a donc des affaires Ă  faire. Peut-ĂȘtre pas chez Williams qui rĂ©sistera contre vents et marĂ©es, quoi qu’il en coĂ»te, ou chez Ferrari
 Mais chez d’autres. MĂȘme si Daimler a rĂ©cemment renforcĂ© son actionnariat pour faire face aux dĂ©fis Ă  venir pour l’industrie automobile, une Ă©curie de F1 coĂ»te cher (autant en termes financiers qu’en termes d’image lorsque la crise se profile). C’est encore plus vrai pour Renault qui Ă©tait dĂ©jĂ  en crise avant le Coronavirus ou Hass dont l’avenir Ă©tait dĂ©jĂ  inscrit en pointillĂ©s.

    Il est dĂ©sormais certain que si des repreneurs bien intentionnĂ©s pouvaient se faire connaĂźtre pour s’installer Ă  Brackley, Enstone ou Banbury, nul doute qu’ils seraient Ă©coutĂ©s avec un vif intĂ©rĂȘt.

    Et voici une belle occasion de s’offrir un titre pour l’éternitĂ©. Il n’est plus Ă  prouver que la F1 moderne n’est pas un championnat de constructeurs, c’est une compĂ©tition d’équipes techniques. Celui qui se portera acquĂ©reur de l’usine de Brackley – et qui aura les ressources pour faire durer l’équipe telle qu’elle existe aujourd’hui – sera le favori pour le titre 2021 et peut-ĂȘtre l’unique favori face Ă  d’autres usines qui ne penseront qu’à 2022. Comme Brawn GP le fut en 2009. Quasiment aucun collaborateur des grandes Ă©quipes ne possĂšde de contrat le liant directement au constructeur. Il est salariĂ© de l’équipe (donc une filiale) ou simple personnel externe.

    Depuis 1999, il n’y a que quatre usines Championnes du Monde : Maranello (le bastion Ferrari), Enstone (Benetton, Renault, Lotus, Renault), Brackley (BAR, Honda, Brawn, Mercedes) et Milton Keynes (Stewart, Jaguar, Red Bull). Et au moins l’un de ces propriĂ©taires serait trĂšs heureux de rencontrer un repreneur !