Catégorie : Ferrari

  • Ferrari Luce : Qui est Marc Newson, le designer provocateur qui n’en est pas à son coup d’essai ?

    Ferrari Luce : Qui est Marc Newson, le designer provocateur qui n’en est pas à son coup d’essai ?

    La présentation de la nouvelle Ferrari Luce a fait l’effet d’une bombe dans le monde de l’automobile. Son design, radical et extrêmement controversé, suscite d’intenses débats parmi les tifosis et les experts du monde entier. Derrière ces lignes qui bousculent les codes de Maranello se cache un nom bien connu du design industriel, mais plus atypique dans l’automobile : Marc Newson.

    Alors que certains crient au génie et d’autres au sacrilège, une question brûle toutes les lèvres : qui est vraiment ce designer, et d’où vient sa vision si singulière de l’automobile ?

    Un CV blindé de chefs-d’œuvre et de records

    Pour comprendre Marc Newson, il faut oublier un instant les logiciels de CAO des bureaux de style automobile traditionnels. Cofondateur de l’agence de design LoveFrom (aux côtés de Jony Ive, l’ex-gourou d’Apple), Newson a initialement suivi une formation en sculpture et en joaillerie.

    Son portfolio est un inventaire éclectique de créations iconiques pour les plus grands noms du luxe et de la technologie :

    • Des clients prestigieux : Louis Vuitton, Nike, Apple ou encore les éditions Taschen.
    • Un record absolu : C’est à lui que l’on doit la Lockheed Lounge, une chaise longue rivetée inspirée de l’aviation. Un exemplaire de cette œuvre d’art s’est arraché aux enchères pour plusieurs millions d’euros en 2015.

    Un authentique « petrolhead » de haute lignée

    Que les puristes se rassurent : Marc Newson n’est pas un opportuniste parachuté dans l’automobile. C’est un mordu de voitures, un authentique passionné dont le garage personnel ferait saliver n’importe quel collectionneur.

    Son voyage automobile a commencé humblement au volant d’une mythique Citroën DS19, avant d’atteindre des sommets de rareté absolue. Il possède et pilote des monstres sacrés de l’histoire mécanique, à l’image d’une légendaire Bugatti Type 59 et d’une rarissime Ferrari 225 S carrossée par Vignale. L’homme connaît donc ses classiques sur le bout des doigts, et son amour pour la firme au Cheval Cabré ne date pas d’hier.

    L’ovni Ford 021C : Son premier coup d’éclat en 1999

    Si la Ferrari Luce vous choque, sachez que Marc Newson n’en est pas à sa première provocation automobile. En 1999, J Mays, alors patron du design de Ford, tombe sous le charme du travail de ce jeune Australien survolté. Avec le feu vert du PDG de l’époque, Jac Nasser, ils lui confient carte blanche pour créer un concept-car s’affranchissant de toutes les règles corporatives.

    Le résultat fut la Ford 021C — baptisée ainsi en référence au code Pantone de la peinture orange flashy qui la recouvrait. Cette vision de la citadine du futur était si pure et avant-gardiste qu’elle paraîtrait encore totalement fraîche et moderne si elle sortait aujourd’hui. Et ça ferait un carton, hein Ford ?!

    À l’époque, Marc Newson abordait déjà son manque de formation académique en design automobile avec une franchise désarmante :

    « Je n’ai jamais appris à dessiner formellement une voiture, donc mes croquis ressemblent un peu aux gribouillis d’un fou. Quand vous n’avez pas cette expérience classique pour représenter une automobile, et que vous ne connaissez pas les codes utilisés pour donner au dessin un sens à la fois fantastique et réel, c’est un exercice vraiment difficile. »

    C’est précisément cette naïveté artistique, combinée à une rigueur de sculpteur, qui fait la force — et la controverse — de son travail. Qu’on l’adore ou qu’on la déteste, la Ferrari Luce s’inscrit en droite ligne dans la trajectoire d’un créateur qui refuse de dessiner des voitures comme les autres.

  • Fuite chez Ferrari : 9 nouveaux monstres thermiques et hybrides déposés en secret !

    Fuite chez Ferrari : 9 nouveaux monstres thermiques et hybrides déposés en secret !

    Alors que la présentation récente de la « Luce », la toute première Ferrari 100 % électrique de l’histoire, continue de faire couler beaucoup d’encre, Maranello prépare en coulisses une riposte thermique et hybride dévastatrice. Que les puristes se rassurent : le Cheval Cabré n’a aucune intention d’abandonner l’essence. Quelques jours seulement avant de révéler sa sportive à batterie, la firme italienne a déposé pas moins de neuf noms de code hautement stratégiques.

    Voici le menu des réjouissances qui nous attend chez les concessionnaires (et sur les circuits) dans les mois à venir.

    1. La digne héritière de la lignée V12 : La trilogie 12Cilindri

    Trois des marques déposées concernent directement la toute nouvelle GT à moteur V12 avant de la marque :

    • Ferrari 12Cilindri GTO : Le retour du badge le plus sacré de l’histoire de la marque (Gran Turismo Omologato). Traditionnellement réservé aux versions routières ultra-affûtées et allégées, ce sigle annonce une déclinaison radicale de la grande GT.
    • Ferrari 12Cilindri MM et 12Cilindri MM Aperta : Le label « MM » fait historiquement référence à la mythique course de la Mille Miglia. Ferrari prépare donc des versions Coupé et Spyder (Aperta) encore plus exclusives et probablement teintées d’un design néo-rétro hommage.

    2. Hypercar F80 : Laboratoire de piste et ciel ouvert

    Quatre dépôts de brevets se concentrent sur la F80, la vitrine technologique hybride de 1 183 chevaux de Maranello :

    • FXX80 et F80XX : Ferrari va décliner son hypercar dans une version purement dédiée à la piste. Issus du très sélect « Programme XX », ces laboratoires roulants interdits sur route ouverte permettront de pousser les curseurs aérodynamiques à l’extrême.
    • F80 Targa et F80 Roadster : Deux variantes découvrables conçues pour permettre aux propriétaires de profiter pleinement, et sans filtre, de la symphonie mécanique du V6 biturbo de 3,0 litres (surnommé le « baby V12 » par les ingénieurs pour sa sonorité cristalline).

    3. La gamme 296 s’énerve : CS et Challenge Evo

    Enfin, la berlinette à moteur V6 hybride central-arrière va elle aussi s’encanailler sérieusement :

    • 296 CS : Derrière ce acronyme se cache selon toute vraisemblance l’appellation Challenge Stradale. Il s’agira d’une version de route directement dérivée et homologuée de la voiture de course de monotype.
    • Challenge Evo : Une mise à jour technique et aérodynamique destinée exclusivement à la compétition pour radicaliser la 296 Challenge actuelle.

    L’analyse d’AUTOcult : Avec cette salve de dépôts, Ferrari joue sur deux tableaux. D’un côté, la marque montre patte blanche technologique avec l’électrique Luce. De l’autre, elle sécurise l’avenir de ses moteurs à combustion les plus nobles pour sa clientèle de collectionneurs. Une stratégie parfaitement orchestrée.

  • « Excusez le dérangement, on teste pour Le Mans » : Quand Ferrari faisait fermer l’autoroute

    « Excusez le dérangement, on teste pour Le Mans » : Quand Ferrari faisait fermer l’autoroute

    Imaginez la scène aujourd’hui : vous vous présentez au péage de l’autoroute et on vous refuse l’accès parce qu’une Scuderia a privatisé les voies pour lancer un prototype à plus de 330 km/h. Un tel scénario provoquerait un scandale mondial. Pourtant, en 1972, c’est précisément ce que le Commendatore Enzo Ferrari a réussi à faire en Italie percuter les règles de l’époque.

    En ce mois de juin 2026, alors que l’ancien pilote de Maranello Arturo Merzario vient de fêter ses 83 ans le 11 mars dernier, retour sur l’un des épisodes les plus impensables et passionnants de l’histoire du sport automobile.

    Objectif Hunaudières en plein Piémont

    Nous sommes le 29 mars 1972. Pour préparer les mythiques 24 Heures du Mans, Ferrari fait face à un problème de taille : aucun circuit de l’époque ne dispose d’une ligne droite assez longue pour répliquer les six kilomètres à fond absolu de la ligne droite des Hunaudières.

    Qu’à cela ne tienne, Enzo Ferrari active ses réseaux et obtient l’autorisation incroyable de faire fermer des portions des autoroutes Turin-Savone et Turin-Santena. L’objectif est d’y lâcher la toute nouvelle Ferrari 312 P « coda lunga » (queue longue), un monstre de 3 litres de cylindrée qui n’est ni plus ni moins qu’une Formule 1 habillée en Sport-prototype.

    Scotch rouge, rivets et 335 km/h

    Le jour J, le camion de Maranello débarque sur l’asphalte autoroutier désert, sous la direction des ingénieurs Mauro Forghieri et Sandro Colombo, avec Arturo Merzario au volant.

    Les mécaniciens et techniciens procèdent alors à des ajustements qui soulignent le contraste entre l’époque et l’ingénierie moderne :

    • Premier run : La silhouette rouge dotée de quatre ailerons stabilisateurs verticaux sur sa longue queue signe une pointe à 325 km/h.
    • Le système D : Pour gagner les derniers kilomètres-heure manquants, les mécaniciens installent des caches aérodynamiques sur les roues arrière, fixés à la va-vite avec quatre rivets et du ruban adhésif rouge. La voiture atteint immédiatement 335 km/h.
    • Le problème du « marsouinage » : Passé les 280 km/h, la voiture subit un phénomène de tangage inquiétant (baptisé delfinamento ou effet dauphin par les Italiens). Le problème de stabilité est immédiatement résolu par un travail express sur les amortisseurs.

    Le verdict impitoyable du banc d’essai

    Malgré le succès de cette folle journée d’essais sur l’autoroute, l’histoire du Mans 1972 va cruellement s’arrêter de retour à l’usine. Lors d’un test d’endurance sur le banc d’essai de Maranello, le moteur de la 312 P explose après 14 heures de fonctionnement intensif. Face à ce manque de fiabilité, la Scuderia déclare forfait pour Le Mans, laissant le champ libre aux Matra 670 à queue courte d’Henri Pescarolo et Graham Hill, qui remporteront l’épreuve.

    Cet échec illustrait la philosophie d’urgence permanente d’Enzo Ferrari. Quand l’ingénieur Colombo (prêté par FIAT) lui suggéra de mettre en place un programme à long terme pour stabiliser la production des moteurs et des voitures, le « Drake » lui répondit sèchement :

    « Colombo, nous ne sommes pas le Saint-Siège pour nous permettre de faire des plans sur des millénaires, nous devons agir rapidement. »

    Une urgence payante malgré tout, puisque Ferrari décrochera le titre de Champion du Monde des Sport-prototypes cette année-là.

    1973 : Le rôle de lièvre et le « jeu de l’envers »

    Arturo Merzario retrouvera Le Mans en 1973 pour ce qui sera la toute dernière apparition officielle de Ferrari dans la catégorie reine au XXe siècle. Au volant de sa 312 P, le pilote italien reçoit une consigne d’équipe stricte : servir de lièvre. Parti de la pole position, il doit s’échapper immédiatement en tête pour pousser les Matra 670B rivales à la surchauffe et à la rupture mécanique.

    La stratégie fonctionne et Merzario creuse un écart immense. Malheureusement, lorsque son équipier Carlos Pace prend le relais, une canalisation de carburant se rompt, transformant l’habitacle de la Ferrari en véritable piscine d’essence. Malgré un long arrêt au stand pour réparer, la numéro 16 sera la seule Ferrari à rallier l’arrivée, s’offrant une superbe deuxième place finale derrière la Matra de Pescarolo et Larrousse.

    Des décennies plus tard, Merzario se souvient du caractère complexe et machiavélique d’Enzo Ferrari, adepte de ce qu’il appelait le jeu de l’envers (gioco del rovescio) :

    « Il s’approchait de moi avec un ton cordial, une voix douce, et me faisait cracher tout ce qu’il voulait savoir. Sauf qu’après, si je lui avais dit « blanc », il tournait la molette et allait raconter aux autres pilotes que j’avais dit « noir ». Il créait ainsi de grandes tensions internes pour manager l’équipe. »

  • Robert Kubica : De l’enfer au paradis, le sacre héroïque du Mans 2025

    Robert Kubica : De l’enfer au paradis, le sacre héroïque du Mans 2025

    Il est des histoires que même les scénaristes d’Hollywood n’oseraient pas écrire tant elles semblent invraisemblables. Celle de Robert Kubica est de cette trempe. En remportant les 24 Heures du Mans 2025 au volant de la Ferrari 499P d’AF Corse, le pilote polonais n’a pas seulement gagné une course. Il a bouclé la boucle d’une vie marquée par la tragédie, la douleur et une résilience surhumaine.

    Le 15 juin 2025 restera gravé dans le marbre du sport automobile. Alors que le drapeau à damier s’abaissait sur le circuit de la Sarthe, une Ferrari privée, la n°83 d’AF Corse, franchissait la ligne avec une avance infime de 15 secondes sur la Porsche n°6. Au volant pour ce dernier relais sous haute tension ? Robert Kubica.

    Le Mans 2025 : La consécration ultime

    Pour comprendre l’intensité de ce moment, il faut visualiser la scène. Après 24 heures de combat acharné, Kubica a piloté durant les trois dernières heures et demie. « J’étais dans une zone, comme si je voyais à travers un tunnel », confie-t-il.

    Cette victoire est historique à plusieurs titres :

    • C’est la troisième victoire consécutive pour le châssis Ferrari 499P au Mans.
    • C’est le triomphe d’une équipe privée (AF Corse) soutenue par l’usine, face aux géants officiels.
    • C’est une première pour la Pologne (Kubica) et la Chine (avec son coéquipier Yifei Ye).

    Mais au-delà des statistiques, c’est le regard de Kubica sous sa visière, capté par les caméras embarquées, qui racontait tout : une concentration laser, fruit d’une vie de combat.

    L’ascension brisée d’un prodige

    Pour mesurer le chemin parcouru, il faut rembobiner le film. Né à Cracovie alors que le Rideau de Fer divise encore l’Europe, le jeune Robert sillonne le continent avec son père et leur modeste karting. « C’était probablement la meilleure période de ma vie », se souvient-il. Une époque simple, faite de passion pure et de sacrifices financiers colossaux pour sa famille.

    Son talent brut le propulse en Formule 1 en 2006, une première pour un Polonais. Très vite, il s’impose comme l’un des meilleurs, survivant miraculeusement à un crash effroyable au Canada en 2007, pour revenir sur ce même circuit un an plus tard et décrocher sa seule et unique victoire en Grand Prix. Il mène alors le championnat du monde. Le destin semble tout tracé : il doit signer chez Ferrari pour 2012 et devenir champion du monde.

    Le jour où tout a basculé

    Février 2011. Ronde di Andora. Une petite épreuve de rallye en Italie vire au cauchemar. La Škoda de Kubica percute un rail de sécurité qui transperce l’habitacle. Le bilan est terrifiant : plus de 40 fractures du côté droit, un bras déchiqueté, une hémorragie massive.

    S’ensuivent des mois d’hôpital, de fauteuil roulant et une reconstruction lente et douloureuse. « Je me souviens de jours où mon cerveau n’acceptait pas mes limites. Je ne pouvais pas me lever seul, ni mettre mes chaussures », raconte-t-il. Beaucoup l’ont cru fini pour le sport de haut niveau. Mais Kubica a transformé son handicap en force motrice. Il a dû réapprendre à vivre, à piloter différemment, compensant les limitations de son bras droit par une intelligence de course et une volonté de fer.

    Plus qu’un pilote, une inspiration

    Son retour en F1 en 2019 avec Williams tenait déjà du miracle. Mais sa victoire au Mans en 2025 le fait entrer dans la légende.

    Quelques jours après le sacre, de retour à Varsovie, des inconnus l’abordent. Non pas pour parler de chronos ou de réglages, mais pour lui dire merci. « Ils me disent : ‘Je traverse un moment difficile, mais votre victoire et votre histoire me donnent de l’espoir’ », explique Kubica.

    Aujourd’hui, à 40 ans, Robert Kubica savoure les choses simples : se lever le matin, mettre ses chaussures seul, et monter dans le cockpit d’une des voitures les plus rapides du monde pour gagner la plus grande course d’endurance de la planète.

    Comme le disait Jean Alesi après sa victoire au Canada en 2008 : « Ne fais pas comme moi, n’en gagne pas qu’une seule ». Avec ce triomphe au Mans, Kubica a prouvé qu’il avait non seulement écouté le conseil, mais qu’il avait surtout gagné la course la plus importante : celle de la vie.


    Les Champions du Mans 2025 (Ferrari AF Corse n°83)

    • Robert Kubica (Pologne) : L’âme de l’équipe, le survivant.
    • Yifei Ye (Chine) : Le premier pilote chinois vainqueur au général au Mans.
    • Phil Hanson (Grande-Bretagne) : Le jeune prodige de 26 ans qui a su gérer la pression.
  • Ferrari 250 GT California Spyder : La reine des enchères a encore frappé à Monaco

    Ferrari 250 GT California Spyder : La reine des enchères a encore frappé à Monaco

    S’il existe un baromètre de la santé financière des collectionneurs, c’est bien la Ferrari 250 GT California Spyder. Lors de la récente vente RM Sotheby’s en marge du Grand Prix Historique de Monaco 2026, un exemplaire « SWB » (châssis court) de 1961 a une nouvelle fois affolé les compteurs. Mais qu’est-ce qui pousse un homme à dépenser le prix d’un jet privé pour une décapotable des années 60 ?

    L’incarnation de la « Dolce Vita »

    La California Spyder n’est pas une Ferrari comme les autres. Elle est née d’une vision : celle de John von Neumann, l’importateur californien de la marque, qui souhaitait une version « plein air » de la 250 GT Berlinetta pour ses clients d’Hollywood.

    Ce n’est pas une bête de course brutale, mais l’accessoire ultime du glamour. De Steve McQueen à Alain Delon (dont l’exemplaire ex-Baillon a battu des records en 2015), elle a été l’apanage des icônes de la mode et du cinéma. Sa silhouette, signée Scaglietti, est d’un équilibre absolu : une calandre agressive, des hanches galbées et une ligne de caisse qui semble s’étirer à l’infini vers l’horizon.

    Le châssis SWB : Le Graal technique

    Le modèle vendu à Monaco est une version SWB (Short Wheel Base). En 1960, Ferrari raccourcit l’empattement de 2,60 m à 2,40 m pour améliorer la tenue de route. Ce changement ne modifie pas seulement le comportement dynamique de la voiture — la rendant plus agile et nerveuse — il sublime aussi ses proportions.

    Sous le long capot, on retrouve le mythique V12 « Colombo » de 3,0 litres développant environ 280 ch. Un moteur qui offre une souplesse incroyable pour la promenade sur la Corniche, mais qui hurle dès qu’on sollicite la pédale de droite. C’est cette dualité qui en fait une voiture d’exception : elle est aussi à l’aise devant le Casino de Monte-Carlo qu’à pleine charge sur une route de montagne.

    Un investissement plus sûr que l’or ?

    En franchissant la barre des 15 millions d’euros (pour cet exemplaire certifié Ferrari Classiche), la California Spyder confirme son statut de valeur refuge. Dans un marché de 2026 devenu sélectif, où les modèles « communs » stagnent, les icônes absolues continuent de grimper.

    Posséder une California Spyder, c’est posséder un ticket d’entrée permanent pour les événements les plus prestigieux de la planète : le Concours d’Élégance de Villa d’Este, Pebble Beach ou les 1000 Miglia. C’est plus qu’une voiture, c’est un passeport pour l’élite culturelle de l’automobile.


    Le saviez-vous ? La Ferrari 250 GT California Spyder a été rendue mondialement célèbre auprès d’une nouvelle génération grâce au film La Folle Journée de Ferris Bueller (1986). Cependant, la voiture utilisée dans le film n’était pas une vraie Ferrari, mais une réplique en fibre de verre équipée d’un moteur Ford V8 !

    Si vous deviez choisir une Ferrari pour traverser la France par les routes nationales, prendriez-vous le confort luxueux d’une 250 GT California ou la rudesse radicale d’une 250 GTO ?

  • Ferrari 12Cilindri : Le dernier sanctuaire du V12 atmosphérique

    Ferrari 12Cilindri : Le dernier sanctuaire du V12 atmosphérique

    Alors que le monde de l’automobile semble avoir définitivement basculé dans l’ère du silence électrique et des moteurs hybridés, Ferrari vient de lancer un pavé dans la mare — ou plutôt un hurlement dans la vallée. La bien nommée « 12Cilindri » n’est pas seulement une nouvelle GT ; c’est un acte de résistance mécanique pur et dur.

    Le nom comme une profession de foi

    Chez Ferrari, on ne s’embarrasse plus de codes complexes. En appelant sa nouvelle égérie « 12Cilindri », la firme de Maranello annonce la couleur : ici, l’architecture moteur est la star absolue. C’est un hommage direct à l’héritage d’Enzo Ferrari, pour qui le V12 était le cœur battant de toute « vraie » voiture de sport.

    En 2026, conserver un bloc de 6,5 litres sans le moindre turbo ni assistance électrique est un tour de force d’ingénierie. Pour passer les normes environnementales toujours plus drastiques, les ingénieurs ont dû transformer ce moteur en une pièce d’orfèvrerie capable de grimper jusqu’à 9 500 tr/min. Le résultat ? 830 chevaux qui ne demandent qu’à s’exprimer dans une symphonie métallique que l’on croyait condamnée.

    Un regard dans le rétro : L’esprit « Daytona »

    Le style de la 12Cilindri a immédiatement enflammé les débats. Sous la direction de Flavio Manzoni, le centre de style Ferrari a pris un virage audacieux, délaissant les courbes organiques pour des lignes plus graphiques et tendues.

    Le clin d’œil le plus frappant est ce bandeau noir qui relie les optiques avant. Impossible de ne pas y voir un hommage à la 365 GTB/4 Daytona de 1968. C’est toute la magie de Ferrari : utiliser le futur pour célébrer le passé, sans jamais tomber dans le rétro-design facile. La voiture semble sculptée d’un seul bloc, avec une intégration aérodynamique si poussée que les volets actifs sont presque invisibles à l’arrêt.

    La performance de la démesure

    Derrière son allure de Grand Tourisme élégante, la 12Cilindri cache des chiffres de pistarde : un 0 à 100 km/h abattu en 2,9 secondes et une vitesse de pointe dépassant les 340 km/h. Mais au-delà de la vitesse, c’est la linéarité du moteur atmosphérique qui offre cette sensation de poussée infinie, propre aux moteurs de légende.

    Pourquoi c’est un futur « Cult » ?

    La Ferrari 12Cilindri est sans doute l’une des dernières de sa lignée. Elle représente ce moment charnière de l’histoire où une marque décide, contre vents et marées, de livrer une dernière lettre d’amour à la combustion interne. C’est une voiture pour les puristes, pour ceux qui considèrent qu’une automobile doit se conduire autant avec les oreilles qu’avec les mains.


    Le saviez-vous ? Pour réduire le poids et améliorer la réactivité du moteur, les ingénieurs ont utilisé des bielles en titane et des pistons dans un alliage d’aluminium spécifique, permettant au V12 de monter en régime avec une rapidité foudroyante, presque comme un moteur de Formule 1.

    Et vous, pensez-vous que le V12 atmosphérique puisse encore avoir un avenir après ce modèle, ou sommes-nous face au chant du cygne définitif ?

  • Ferrari 250 GTO : Quand la légende se taille une place dans le marbre

    Ferrari 250 GTO : Quand la légende se taille une place dans le marbre

    Il existe des voitures que l’on admire pour leur moteur, et d’autres que l’on contemple comme des sculptures. Pour la Ferrari 250 GTO, la frontière est souvent floue. L’entreprise britannique Lapicida a décidé de trancher la question en sculptant une réplique de l’icône de Maranello directement dans un bloc de marbre précieux.

    La technologie 3D au service du roc

    Spécialiste mondial de la pierre, Lapicida n’en est pas à son premier coup d’éclat. Mais s’attaquer à la silhouette de la voiture la plus chère du monde demandait un savoir-faire hors norme. Pour y parvenir, les artisans ont utilisé une technologie de pointe : le scan 3D.

    Après avoir scanné une véritable Ferrari 250 GTO grandeur nature, les données ont été transférées à l’une des machines les plus rares de la planète : la Breton NC1600 CNC. Il n’en existe que trois exemplaires au monde. Ce monstre de technologie numérique est capable de dégrossir des blocs de marbre pesant jusqu’à 25 tonnes avec une précision chirurgicale.

    100 heures sous les diamants

    La sculpture a été extraite d’un bloc de marbre « Arabescato », reconnu pour ses veinures élégantes. Le processus est fascinant :

    • Usinage : Les forets diamantés de la machine, tournant à 7 000 tr/min, ont œuvré pendant une centaine d’heures pour donner forme à la carrosserie.
    • Finition : La machine ne fait pas tout. Une fois le gros du travail terminé, les artisans de Lapicida ont passé plusieurs jours à peaufiner les détails à la main, lissant les courbes sensuelles de la GTO pour atteindre une perfection de grain digne d’un buste de la Grèce antique.

    Un « petit » bijou de 1,2 mètre

    Le résultat est une pièce imposante de 1,2 mètre de long, 46 cm de large et 34 cm de haut. Chaque ligne, de l’entrée d’air caractéristique du capot aux galbes des ailes arrière, est reproduite avec une fidélité déroutante.

    Côté budget, cet exemplaire unique a été mis en vente au prix de 30 000 £ (environ 36 000 €). Une somme certes conséquente pour une miniature, mais qui paraît dérisoire face aux 52 millions de dollars déboursés il y a une dizaine d’années pour un modèle original à l’échelle 1. Pour le prix d’une option sur la vraie, vous pouvez donc vous offrir l’icône éternelle, figée pour les siècles à venir dans la pierre la plus noble.


    Le saviez-vous ? Le marbre Arabescato utilisé pour cette Ferrari provient de carrières italiennes, situées non loin de Modène. Un retour aux sources géologiques pour cette réplique d’un monument de l’automobile italienne.

    Seriez-vous prêt à troquer votre table basse contre cette sculpture de 250 GTO, ou préférez-vous le son du V12 au silence du marbre ?

  • Ferrari Luce : Mazda éteint la lumière (au moins au Japon)

    Ferrari Luce : Mazda éteint la lumière (au moins au Japon)

    Trouver le nom d’une nouvelle voiture est un exercice de haute voltige. Il faut que ce soit évocateur, international et, surtout, que personne d’autre ne l’ait déjà pris. Pour sa toute première Ferrari 100 % électrique, la firme au Cheval Cabré avait choisi « Luce » (la lumière, en italien). Problème : Mazda vient de rallumer ses propres archives pour bloquer le passage.

    L’affaire, révélée ce 19 mars 2026, est un cas d’école de droit de la propriété intellectuelle. Ferrari pensait avoir blindé son dossier en enregistrant le nom auprès de l’OMPI (Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle) et de l’EUIPO (pour l’Europe). Mais c’était sans compter sur la réactivité — ou la malice — de Mazda.

    Le hold-up juridique de Mazda

    Au Japon, les règles sont strictes : le droit national l’emporte souvent sur les dépôts internationaux. Mazda, qui a commercialisé la Mazda Luce (connue chez nous sous le nom de 929) jusque dans les années 90, a profité d’une faille. Trois semaines seulement après que le nom de la future Ferrari a fuité, le constructeur d’Hiroshima a redéposé le nom « Luce » auprès du bureau des brevets japonais.

    Résultat ? Ferrari a le droit d’appeler sa merveille électrique « Luce » partout dans le monde, sauf sur l’un des marchés les plus lucratifs pour les voitures de luxe : le Japon.

    L’analogie du jour : C’est un peu comme si le maire de votre ville vous autorisait à faire une sortie scolaire (l’OMPI), mais que votre mère vous interdisait de franchir le pas de la porte (le droit national). Le maire a beau être important, c’est maman qui décide à la maison.


    Ferrari et les noms : Une longue histoire de « partage »

    Ce n’est pas la première fois que Maranello se frotte aux services juridiques de ses confrères. Ferrari a une tendance historique à choisir des noms qui résonnent déjà ailleurs.

    Voici un petit florilège des « doublons » célèbres :

    Modèle Ferrari« L’autre » propriétaire du nom
    Ferrari 208 / 308Peugeot (qui possède le « 0 » central pour les autos)
    Ferrari CaliforniaVolkswagen (Le célèbre camping-car)
    Ferrari MonzaOpel (Le coupé des années 80)
    Ferrari DaytonaDodge (La version musclée des années 80)
    Ferrari FFJensen (Le break de chasse anglais des années 60)

    On se souvient également que Porsche avait dû renommer sa 901 en 911 car Peugeot avait menacé de faire valoir ses droits sur tous les nombres de trois chiffres avec un zéro au milieu. Ferrari, plus diplomate (ou plus influent), avait obtenu à l’époque une dérogation de la part du Lion pour ses modèles.


    Et maintenant ?

    Ferrari se retrouve face à un dilemme : changer le nom de sa révolution électrique au dernier moment, l’appeler différemment uniquement pour le marché japonais, ou sortir le carnet de chèques pour racheter le nom à Mazda. À Maranello, on affirme que le dépôt de l’OMPI vieux de dix ans devrait suffire, mais les experts juridiques sont sceptiques.

    Une chose est sûre : pour une voiture censée apporter la « lumière » sur l’avenir électrique de la marque, le lancement commence dans une zone d’ombre assez inattendue.

  • Ferrari Luce (2026) : Quand Jony Ive (Apple) redessine l’âme de Maranello

    Ferrari Luce (2026) : Quand Jony Ive (Apple) redessine l’âme de Maranello

    Le nom est désormais officiel : la première Ferrari totalement électrique s’appellera la « Luce » (la Lumière). Mais au-delà de la motorisation, c’est une révolution ergonomique qui s’annonce pour mai 2026. Pour corriger ses interfaces souvent critiquées, Maranello a fait appel au « pape » du design industriel, Sir Jony Ive. Résultat ? Un cockpit qui mélange nostalgie des années 50 et sophistication digne d’un iPhone Pro.

    C’est sans doute le projet le plus polémique de l’histoire récente du Cheval Cabré. Comment passer à l’électrique sans perdre son identité ? Ferrari semble avoir trouvé la réponse dans un paradoxe : utiliser les créateurs de l’iPod pour ramener de la simplicité mécanique.

    LoveFrom : Le duo Ive-Newson aux commandes

    Pour concevoir l’habitacle de la Luce, Ferrari s’est associée à LoveFrom, le collectif fondé par Sir Jony Ive et Marc Newson. Leur mission : épurer. Adieu la forêt de boutons tactiles capricieux sur le volant, place à une interface qui rend hommage au passé.

    Le poste de pilotage : Un retour aux sources

    ÉlémentDescription et Inspiration
    VolantInspiré des volants Nardi des années 50/60. Structure en aluminium usiné apparente avec seulement deux groupes de boutons analogiques simples.
    InstrumentationÉcran OLED 3D fixé directement sur la colonne de direction (il bouge avec le volant). Effet de profondeur via deux dalles superposées.
    Console CentraleÉcran pivotant sur joint à rotule avec un repose-paume pour une utilisation stable en roulant.
    « Multigraph »Une horloge mécanique avec de vraies aiguilles qui surmonte l’écran tactile pour un feeling « horlogerie ».

    « Ready for Take-off » : Le bouton de lancement au plafond

    L’une des trouvailles les plus marquantes de la Luce est la commande du Launch Control. S’inspirant de l’aéronautique, Ferrari l’a placée sur le plafonnier. Il faut tirer un interrupteur vers le bas, lequel s’illumine en orange pour confirmer que les moteurs électriques sont prêts à libérer leur couple instantané.

    La clé de contact et le sélecteur de vitesse sont, quant à eux, façonnés dans un verre cristallin haute technologie. La clé intègre même un petit affichage en encre électronique (e-ink) qui change d’aspect lorsqu’elle est insérée dans son socle, une technologie ultra-basse consommation.


    Le prix de l’innovation : Plus de 600 000 € ?

    Si la carrosserie reste encore sous camouflage, le positionnement tarifaire est déjà clair : la Luce devrait dépasser les 600 000 €.

    Les critiques fusent déjà : une Ferrari doit-elle ressembler à un produit Apple ? Le pari est osé mais nécessaire. En remplaçant le plastique noir brillant par du verre type iPhone et de l’aluminium anodisé, Ferrari monte encore d’un cran dans le luxe tactile. La seule question est : était-ce à Ferrari de le faire ?

    La présentation complète est prévue pour mai 2026. D’ici là, les débats entre puristes du V12 et technophiles ne font que commencer.

  • F1 2026 : Enzo Ferrari aurait-il validé la nouvelle révolution moteur ? (Spoiler : Oui, mais…)

    F1 2026 : Enzo Ferrari aurait-il validé la nouvelle révolution moteur ? (Spoiler : Oui, mais…)

    Alors que la Formule 1 s’apprête à basculer dans une nouvelle ère en 2026, avec un mariage parfaitement équilibré entre thermique et électrique, une question nous taraude : qu’en aurait pensé le « Drake » ? Lui qui considérait le moteur comme une œuvre d’art et l’aérodynamique comme une béquille pour incompétents, aurait-il adoré ou détesté ce nouveau règlement ? La réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît.

    Dans une autre vie, Enzo Ferrari aurait pu être ténor d’opérette (c’était l’un de ses rêves de jeunesse). C’est peut-être pour cela qu’il s’entendait si bien avec Herbert von Karajan. Le célèbre chef d’orchestre autrichien avait un jour confié au Commendatore : « En écoutant votre 12 cylindres, il en sort une harmonie qu’aucun maestro ne saura jamais interpréter. »

    Le moteur, pour Enzo, c’était de la musique. C’était l’âme de la machine. Alors, comment cet homme, qui aimait les symphonies mécaniques, aurait-il accueilli les V6 turbo hybrides silencieux de 2026, alimentés par des carburants durables ?

    « L’aérodynamique, c’est pour ceux qui ne savent pas faire de moteurs »

    Cette phrase culte d’Enzo résonne encore. Pour lui, le châssis n’était qu’un support pour le propulseur. De ce point de vue, le règlement 2026 aurait pu le séduire. Pourquoi ? Parce qu’il remet l’unité de puissance au centre du village. Avec une répartition de puissance à 50 % essence et 50 % électrique, le moteur redevient le juge de paix.

    Enzo était un conservateur, certes, mais un conservateur pragmatique. Il a détesté l’idée du moteur arrière (« Je n’ai jamais vu les bœufs pousser la charrette »), mais il l’a adopté dès qu’il a compris que c’était la seule façon de gagner. Il a même été le premier à introduire un aileron en F1 (Spa 1968), reniant ses propres dogmes sur l’aérodynamique par pure soif de victoire.

    Il aurait sans doute observé le moteur 2026 – le fameux projet 067/6 – avec un mélange de méfiance et d’excitation. Un moteur où la gestion de l’énergie devient un art stratégique ? Pour le « Grand Marionnettiste », c’eût été un nouveau défi à relever.

    Le traumatisme de 2014

    Ce qu’Enzo n’aurait jamais accepté, c’est l’erreur commise par Ferrari au début de l’ère hybride en 2014. À l’époque, Maranello avait sacrifié la puissance du moteur pour favoriser une aérodynamique compacte. Un crime de lèse-majesté contre l’ADN de la marque, payé par des années de défaites. Traiter le moteur comme un accessoire secondaire ? Le Drake en aurait fait une syncope.

    Le silence ou la fureur

    En 2026, le son du moteur ne sera ni celui d’un V10, ni celui du mythique V12. La symphonie qui plaisait tant à Karajan est révolue. Mais Enzo Ferrari avait une seule religion : la victoire.

    Il aurait été prêt à renoncer à la musique, à décevoir Karajan et à accepter le sifflement électrique, à une seule condition : que ce moteur soit le meilleur. Si le nouveau moteur Ferrari de 2026 gagne, Enzo aurait validé le silence. Mais s’il casse ou s’il manque de puissance ? Alors, le bruit le plus assourdissant à Maranello ne viendrait pas des échappements, mais des hurlements du Drake dans les bureaux des ingénieurs. Et croyez-nous, cette fureur-là faisait plus de bruit qu’un V12 à plein régime.

  • Acheter une Ferrari d’occasion : Plongée dans un monde où le café a le goût de la richesse

    Acheter une Ferrari d’occasion : Plongée dans un monde où le café a le goût de la richesse

    Tout commence par un café. Mais pas n’importe lequel. Alors que nous nous installons dans les canapés en cuir surplombant un showroom de rêve, l’arôme qui s’échappe de la machine à espresso mêle des notes de cacao, de noisettes grillées et… de réussite sociale. Bienvenue chez un concessionnaire Ferrari officiel, pour vivre ce que très peu de gens expérimentent : le processus sacré de l’achat d’un bolide au Cheval Cabré.

    Aujourd’hui, il est très facile de dépenser près de 100 000 euros pour une BMW sportive ou un SUV électrique Mercedes. Cependant, si les prix de ces véhicules neufs sont comparables à ceux d’une Ferrari d’occasion (« Pre-owned »), l’expérience client, elle, est dans une tout autre galaxie.

    Le premier choc : L’intimidante F12tdf

    À peine franchies les portes vitrées, le premier réflexe est de faire demi-tour. La raison ? Une Ferrari F12tdf, l’une des 799 produites, trône là. Son prix avoisine le million d’euros. Le message est clair : ici, on ne vend pas des voitures, on vend de l’exceptionnel. Est-ce une stratégie pour dissuader les curieux en quête d’un tour de manège gratuit ? Probablement.

    Mais une fois passé ce gardien du temple à douze cylindres, on découvre une sélection plus « accessible ». On serre notre tasse de café griffée Ferrari comme un chirurgien tiendrait un organe vital, conscient qu’il s’agit sans doute de la pièce de vaisselle la plus chère que nous ayons jamais touchée.

    La California : La porte d’entrée

    Pour une première incursion dans ce monde, les modèles comme la California ou la Portofino servent souvent de tremplin. C’est facile à comprendre : malgré son statut de Ferrari décapotable rouge (le rêve ultime), une California T d’occasion coûte à peu près le même prix qu’une berline allemande sportive neuve (autour de 100 000 €). Pourtant, sous le capot, on trouve un V8 biturbo de 3,8 litres au pedigree indiscutable.

    L’autre avantage ? Le programme de garantie « Power15 ». Tous les modèles d’occasion certifiés par Ferrari bénéficient d’une couverture, qui peut être étendue jusqu’à la 15e année du véhicule. Cela couvre le moteur, la boîte, la suspension et l’électronique. Certes, l’extension annuelle coûte quelques milliers d’euros, mais c’est toujours moins ruineux que de devoir remplacer un moteur V8 de sa poche.

    Le charme de l’analogique : La 328 GTS

    Dans un coin du showroom, une Ferrari 328 GTS de quatre décennies attire notre regard. Comparée aux vaisseaux spatiaux modernes, elle agit comme un « nettoyant pour le palais ». On remarque immédiatement le pédalier décalé et la boîte manuelle à grille métallique. « Ce genre de voiture est un achat passion », nous explique le responsable des ventes. « Elle attire un type d’acheteur qui cherche plus une sensation d’événement qu’une performance pure. »

    Affichée à un prix similaire à celui d’une berline électrique premium neuve, cette classique à toit Targa et phares escamotables semble être une bonne affaire, surtout si l’on considère le niveau d’émotion qu’elle procure en comparaison.

    Pourquoi acheter en concession officielle ?

    On peut trouver des modèles similaires moins chers sur les sites de petites annonces. Mais acheter directement chez Ferrari offre des avantages intangibles. Le plus important ? La relation. « Si vous achetez une voiture chez un revendeur indépendant au bout de la rue, Ferrari ne sait pas qui vous êtes », précise notre guide. Entrer dans le fichier client officiel, c’est s’ouvrir les portes d’événements exclusifs, de journées sur circuit, et parfois même l’opportunité d’acheter des modèles en série limitée. « 90 % de l’expérience Ferrari, c’est la relation. Nous allons prendre soin de vous, ce n’est pas simplement transactionnel. »

    La pépite du moment : La 488 GTB

    Alors que la nouvelle 296 GTB hybride dépasse allègrement les 300 000 euros avec options, beaucoup de clients se tournent vers celle qui constitue aujourd’hui le « pain et le beurre » du marché de l’occasion : la 488 GTB. Disponible pour environ la moitié du prix de son équivalent moderne, elle représente une valeur incroyable.

    Sur la route, c’est une révélation. Le 0 à 100 km/h est effacé en 3 secondes. Conduire une 488, c’est comme être assis devant un T-Rex jouant du trombone : le râle cuivré du V8 biturbo vous traverse le corps à chaque accélération. La direction tranchante et le châssis équilibré offrent une connexion presque symbiotique avec la route. Le marché semble dormir sur cette véritable pépite, boudée à tort par certains puristes à cause de ses turbos.

    Acheter un rêve

    De retour dans les canapés en cuir, entourés de trophées et de modèles réduits, on réalise que l’acte d’achat est beaucoup plus détendu qu’on ne l’imagine. Dans un monde marqué par l’électrification forcée et l’inflation, choisir une supercar d’occasion plutôt qu’un SUV hybride rechargeable sans âme devient une proposition de plus en plus tentante pour ceux qui en ont les moyens. D’autant que, contrairement aux voitures de grande série, ces modèles ont tendance à conserver leur valeur.

    Mais au final, ce n’est pas un calcul financier. Comme le résume le vendeur avant de nous tendre le bon de commande (que nous ne signerons pas, faute de budget) : « Vous n’achetez pas juste une voiture. Vous achetez un rêve. »

  • Dossier Classé XX : Bienvenue dans le club automobile le plus exclusif au monde

    Dossier Classé XX : Bienvenue dans le club automobile le plus exclusif au monde

    Ce n’est pas une simple gamme de voitures. C’est le club le plus fermé de l’histoire de l’automobile. Nombre de membres : environ 116. Enfin, 116 voitures, car le nombre de propriétaires est sans doute bien inférieur, beaucoup en possédant plusieurs. Vous, moi et 99,9 % des passionnés ne sommes pas invités. Mais derrière cette arrogance apparente se cache la quintessence de la passion Ferrari.

    De l’extérieur, Ferrari peut parfois sembler distant, une marque de luxe mondiale pour ultra-riches où le merchandising a pris le pas sur l’émotion. On se demande parfois où est passée la ferveur des tifosi. La réponse se trouve dans un bâtiment spécifique, le département Attività Sportive GT, dont les vitres tremblent à chaque passage d’une voiture sur la ligne droite du circuit de Fiorano, juste en dessous.

    C’est ici que sont stockées les voitures du programme XX. C’est ici que bat le véritable cœur de Maranello.

    Ni route, ni course : la liberté absolue

    Ferrari a été le premier constructeur à comprendre qu’il existait une terre promise située quelque part entre la voiture de route et la voiture de course.

    La route impose des contraintes (pollution, sécurité, bruit). La course impose des règlements stricts pour équilibrer les performances. Le programme XX, né au milieu des années 2000, s’est affranchi des deux. L’idée de génie ? Créer des monstres de piste pour des clients qui ne sont pas des pilotes professionnels, mais des track-day-ists fortunés, prêts à payer pour une expérience « clé en main » : ingénieurs, télémétrie, combinaisons assorties et maintenance.

    Tout a commencé avec l’FXX en 2005. Le nom venait du nom de code de développement de l’Enzo (FX). Ils ont ajouté un X, et la légende est née. Basée sur l’Enzo, mais allégée de 100 kg, gonflée de 150 ch et dotée de pneus slicks, elle coûtait 1,5 million d’euros. Seuls 30 exemplaires furent produits (29 pour les clients, un noir pour Michael Schumacher). Avec son kit Evoluzione sorti en 2007, le V12 grimpait à 848 ch. Elle tournait à Fiorano six secondes plus vite qu’une Enzo. Une éternité.

    La lignée des monstres

    Le programme a évolué. La 599XX est arrivée en 2010, prouvant qu’une architecture à moteur avant pouvait être radicale. C’est d’ailleurs, semble-t-il, la favorite des propriétaires lors des journées Corse Clienti. Moins intimidante, peut-être ? Elle fut suivie par l’effrayante FXX-K.

    Bravo à Ferrari d’avoir osé ce nom, car c’est probablement l’expletif que lâchent la plupart des gens en la voyant arriver. Basée sur la LaFerrari, c’est le moment où le programme est passé à l’hybride. Avec le système KERS dérivé de la F1, la puissance cumulée atteignait 1 036 ch. Une machine de guerre conçue sans aucune limite.

    Contrairement à la rumeur tenace, Ferrari ne confisque pas ces voitures. Les propriétaires peuvent les garder chez eux. Mais la plupart préfèrent les laisser à Maranello, bichonnées par les mécaniciens qui s’occupent aussi des F1 historiques stockées à l’étage au-dessus.

    La fin d’une ère ou un nouveau départ ?

    Récemment, Ferrari a brouillé les pistes avec la SF90 XX. Contrairement à ses ancêtres, elle est homologuée pour la route. Pour les puristes, c’est une hérésie qui dilue le mystère et le prestige du badge « XX ».

    Mais si la SF90 XX est la vitrine commerciale, le véritable esprit du programme a migré vers quelque chose d’encore plus fou : le programme Sport Prototipi Clienti.

    Au milieu de l’atelier trône la 499P Modificata. Ce n’est pas une hypercar déguisée. C’est, à peu de choses près, la voiture qui a gagné les 24 Heures du Mans cette année. Vendue 5,1 millions d’euros, elle offre l’expérience ultime : piloter un prototype du Mans, sans les restrictions du règlement WEC.

    Seul Ferrari pouvait réussir un tel pari. Porsche, McLaren ou Aston Martin ont leurs programmes « track-only », mais aucun n’a cette aura, cette histoire et cette capacité à vendre du rêve automobile à l’état pur. Le programme XX est excluant, certes. Mais il est la preuve que chez Ferrari, la quête de la performance absolue respire encore.


    En bref : Le Programme XX

    • Concept : Voitures de piste non homologuées pour la route, ni pour la compétition.
    • Modèles clés : FXX (2005), 599XX (2010), FXX-K (2014).
    • Le Graal actuel : 499P Modificata.
    • Signe particulier : Les voitures sont souvent gérées et stockées par Ferrari, mais appartiennent aux clients.