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  • Ferrari 250 GT California Spyder : La reine des enchères a encore frappé à Monaco

    Ferrari 250 GT California Spyder : La reine des enchères a encore frappé à Monaco

    S’il existe un baromètre de la santé financière des collectionneurs, c’est bien la Ferrari 250 GT California Spyder. Lors de la récente vente RM Sotheby’s en marge du Grand Prix Historique de Monaco 2026, un exemplaire « SWB » (châssis court) de 1961 a une nouvelle fois affolé les compteurs. Mais qu’est-ce qui pousse un homme à dépenser le prix d’un jet privé pour une décapotable des années 60 ?

    L’incarnation de la « Dolce Vita »

    La California Spyder n’est pas une Ferrari comme les autres. Elle est née d’une vision : celle de John von Neumann, l’importateur californien de la marque, qui souhaitait une version « plein air » de la 250 GT Berlinetta pour ses clients d’Hollywood.

    Ce n’est pas une bête de course brutale, mais l’accessoire ultime du glamour. De Steve McQueen à Alain Delon (dont l’exemplaire ex-Baillon a battu des records en 2015), elle a été l’apanage des icônes de la mode et du cinéma. Sa silhouette, signée Scaglietti, est d’un équilibre absolu : une calandre agressive, des hanches galbées et une ligne de caisse qui semble s’étirer à l’infini vers l’horizon.

    Le châssis SWB : Le Graal technique

    Le modèle vendu à Monaco est une version SWB (Short Wheel Base). En 1960, Ferrari raccourcit l’empattement de 2,60 m à 2,40 m pour améliorer la tenue de route. Ce changement ne modifie pas seulement le comportement dynamique de la voiture — la rendant plus agile et nerveuse — il sublime aussi ses proportions.

    Sous le long capot, on retrouve le mythique V12 « Colombo » de 3,0 litres développant environ 280 ch. Un moteur qui offre une souplesse incroyable pour la promenade sur la Corniche, mais qui hurle dès qu’on sollicite la pédale de droite. C’est cette dualité qui en fait une voiture d’exception : elle est aussi à l’aise devant le Casino de Monte-Carlo qu’à pleine charge sur une route de montagne.

    Un investissement plus sûr que l’or ?

    En franchissant la barre des 15 millions d’euros (pour cet exemplaire certifié Ferrari Classiche), la California Spyder confirme son statut de valeur refuge. Dans un marché de 2026 devenu sélectif, où les modèles « communs » stagnent, les icônes absolues continuent de grimper.

    Posséder une California Spyder, c’est posséder un ticket d’entrée permanent pour les événements les plus prestigieux de la planète : le Concours d’Élégance de Villa d’Este, Pebble Beach ou les 1000 Miglia. C’est plus qu’une voiture, c’est un passeport pour l’élite culturelle de l’automobile.


    Le saviez-vous ? La Ferrari 250 GT California Spyder a été rendue mondialement célèbre auprès d’une nouvelle génération grâce au film La Folle Journée de Ferris Bueller (1986). Cependant, la voiture utilisée dans le film n’était pas une vraie Ferrari, mais une réplique en fibre de verre équipée d’un moteur Ford V8 !

    Si vous deviez choisir une Ferrari pour traverser la France par les routes nationales, prendriez-vous le confort luxueux d’une 250 GT California ou la rudesse radicale d’une 250 GTO ?

  • Ferrari 250 GTO : Quand la légende se taille une place dans le marbre

    Ferrari 250 GTO : Quand la légende se taille une place dans le marbre

    Il existe des voitures que l’on admire pour leur moteur, et d’autres que l’on contemple comme des sculptures. Pour la Ferrari 250 GTO, la frontière est souvent floue. L’entreprise britannique Lapicida a décidé de trancher la question en sculptant une réplique de l’icône de Maranello directement dans un bloc de marbre précieux.

    La technologie 3D au service du roc

    Spécialiste mondial de la pierre, Lapicida n’en est pas à son premier coup d’éclat. Mais s’attaquer à la silhouette de la voiture la plus chère du monde demandait un savoir-faire hors norme. Pour y parvenir, les artisans ont utilisé une technologie de pointe : le scan 3D.

    Après avoir scanné une véritable Ferrari 250 GTO grandeur nature, les données ont été transférées à l’une des machines les plus rares de la planète : la Breton NC1600 CNC. Il n’en existe que trois exemplaires au monde. Ce monstre de technologie numérique est capable de dégrossir des blocs de marbre pesant jusqu’à 25 tonnes avec une précision chirurgicale.

    100 heures sous les diamants

    La sculpture a été extraite d’un bloc de marbre « Arabescato », reconnu pour ses veinures élégantes. Le processus est fascinant :

    • Usinage : Les forets diamantés de la machine, tournant à 7 000 tr/min, ont œuvré pendant une centaine d’heures pour donner forme à la carrosserie.
    • Finition : La machine ne fait pas tout. Une fois le gros du travail terminé, les artisans de Lapicida ont passé plusieurs jours à peaufiner les détails à la main, lissant les courbes sensuelles de la GTO pour atteindre une perfection de grain digne d’un buste de la Grèce antique.

    Un « petit » bijou de 1,2 mètre

    Le résultat est une pièce imposante de 1,2 mètre de long, 46 cm de large et 34 cm de haut. Chaque ligne, de l’entrée d’air caractéristique du capot aux galbes des ailes arrière, est reproduite avec une fidélité déroutante.

    Côté budget, cet exemplaire unique a été mis en vente au prix de 30 000 £ (environ 36 000 €). Une somme certes conséquente pour une miniature, mais qui paraît dérisoire face aux 52 millions de dollars déboursés il y a une dizaine d’années pour un modèle original à l’échelle 1. Pour le prix d’une option sur la vraie, vous pouvez donc vous offrir l’icône éternelle, figée pour les siècles à venir dans la pierre la plus noble.


    Le saviez-vous ? Le marbre Arabescato utilisé pour cette Ferrari provient de carrières italiennes, situées non loin de Modène. Un retour aux sources géologiques pour cette réplique d’un monument de l’automobile italienne.

    Seriez-vous prêt à troquer votre table basse contre cette sculpture de 250 GTO, ou préférez-vous le son du V12 au silence du marbre ?

  • Grandeur et décadence : La folle histoire de la collection fantôme du Sultan de Brunei

    Grandeur et décadence : La folle histoire de la collection fantôme du Sultan de Brunei

    C’est une légende urbaine qui hante les conversations des passionnés d’automobile depuis trente ans. Une histoire d’excès, de milliards de dollars, de voitures uniques au monde et, finalement, d’un immense gâchis. Imaginez un endroit secret, au cœur de la jungle de Bornéo, où dorment des milliers de supercars. Bienvenue dans le garage du Sultan de Brunei.

    Si vous pensiez que le garage de Cristiano Ronaldo ou celui de Jay Leno étaient impressionnants, préparez-vous à revoir vos standards. Dans les années 90, la famille royale de Brunei – le Sultan Hassanal Bolkiah et surtout son frère flamboyant, le Prince Jefri – a littéralement maintenu à flots des marques comme Rolls-Royce, Bentley ou Aston Martin. À eux seuls, ils achetaient parfois 50 % de la production mondiale de modèles ultra-exclusifs.

    Mais que cache vraiment cette collection ? Et surtout, qu’est-elle devenue ?

    Des chiffres qui donnent le tournis

    On estime la collection à son apogée entre 2 500 et 7 000 voitures. Oui, vous avez bien lu. Pas des Twingo ou des Clio, mais la crème de la crème de l’industrie automobile.

    Selon les rumeurs (et les quelques rares listes ayant fuité), le garage contiendrait :

    • Plus de 600 Rolls-Royce
    • Plus de 500 Mercedes
    • Plus de 450 Ferrari
    • Plus de 380 Bentley
    • Une dizaine de McLaren F1 (dont des versions LM et GTR)

    La valeur totale ? Elle a été estimée à plus de 5 milliards de dollars. Mais ce n’est pas le nombre qui fascine le plus, c’est la nature des voitures.

    Le client roi : « Je veux une Ferrari Break »

    Le Sultan et le Prince Jefri ne se contentaient pas d’acheter sur catalogue. Ils voulaient ce qui n’existait pas. Ils ont commandé des dizaines de « One-Offs » (modèles uniques) directement aux constructeurs et aux carrossiers comme Pininfarina.

    Voici quelques monstres sacrés nés de leurs caprices :

    1. La Ferrari 456 GT « Venice »

    Vous trouvez qu’une Ferrari manque de coffre ? Le Sultan aussi. Il a commandé à Pininfarina sept breaks Ferrari 456. Oui, des breaks de chasse à 4 portes, magnifiques, avec un V12 sous le capot. Il en a acheté six, le septième est resté à l’usine. Chaque exemplaire aurait coûté 1,5 million de dollars.

    2. Le Bentley Dominator

    Bien avant le Bentayga ou le Cullinan, le Sultan voulait un SUV de luxe. Dans le plus grand secret, Bentley a conçu pour lui le « Dominator » au milieu des années 90, basé sur un châssis de Range Rover. Six exemplaires ont été livrés. Sans cette commande massive (plusieurs dizaines de millions), Bentley aurait peut-être fait faillite à l’époque.

    3. Les Ferrari F40 « Spéciales »

    Ferrari a toujours dit : « La F40, c’est rouge, dépouillé, et volant à gauche ». Le Sultan a répondu : « Je paie ». Résultat : il possède des F40 avec volant à droite (RHD), des intérieurs en cuir luxueux, la climatisation, et peintes en noir, jaune, gris ou vert. Un sacrilège pour les puristes, un Graal pour les collectionneurs.

    4. La Ferrari Mythos

    Ce n’était qu’un concept-car de salon. Mais le Sultan l’aimait tellement qu’il a convaincu Ferrari d’en produire deux exemplaires fonctionnels rien que pour lui.

    La chute : Le « Cimetière de Supercars »

    La fête s’est arrêtée brutalement à la fin des années 90. La crise financière asiatique de 1997 et un scandale de détournement de fonds impliquant le Prince Jefri (qui menait un train de vie délirant) ont figé les achats.

    C’est là que l’histoire devient tragique. La majorité de ces voitures sont stockées dans des hangars non climatisés ou mal entretenus à Brunei, un pays au climat tropical, chaud et extrêmement humide.

    Des photos volées ont circulé il y a quelques années, montrant des intérieurs de Jaguar XJ220 moisis, des volants de Porsche 959 couverts de champignons, et des peintures cloquées par la chaleur. Les mécaniciens occidentaux qui s’occupaient de la flotte ont été renvoyés, et les voitures ont été laissées à l’abandon. Certaines ont moins de 50 km au compteur, mais sont mécaniquement mortes, les joints et les durites ayant séché ou fondu.

    Quel avenir pour ce trésor ?

    C’est le plus grand mystère actuel. De temps en temps, une voiture s’échappe. Quelques Ferrari ou McLaren F1 ont été exfiltrées, rachetées par des courtiers spécialisés, rapatriées en Angleterre pour être restaurées à grands frais et revendues discrètement.

    Mais la majeure partie de la collection est toujours là-bas, pourrissant lentement dans la jungle. Le garage du Sultan de Brunei reste un monument à la gloire de l’automobile, mais aussi une triste fable sur le matérialisme : on peut posséder toutes les voitures du monde, mais on ne peut en conduire qu’une à la fois.

  • La collection McLaren de Mansour Ojjeh vendue à un unique acquéreur

    La collection McLaren de Mansour Ojjeh vendue à un unique acquéreur

    L’un des ensembles les plus exclusifs jamais constitués dans le monde de l’automobile vient de changer de mains. La famille de Mansour Ojjeh, disparu en 2021, a accepté la vente de sa collection de vingt McLaren réunies avec patience et exigence, toutes produites dans la plus pure tradition d’excellence de la marque britannique. Un seul acheteur, resté anonyme, a souhaité conserver l’intégrité de ce patrimoine unique.

    Une collection hors norme

    Cette collection réunit vingt McLaren, chacune correspondant au dernier châssis produit de son modèle. Pour les passionnés, c’est une démarche quasi muséale, presque impossible à reproduire. La plupart des exemplaires sont demeurés dans un état neuf, n’ayant jamais quitté leur configuration de sortie d’usine.

    Au centre de l’ensemble trône la dernière McLaren F1 jamais construite, spécifiée par Mansour Ojjeh dans une teinte inédite baptisée « Yquem » – devenue par la suite le fameux « Mansour Orange ». À ses côtés figurent des pièces emblématiques de l’histoire moderne de McLaren : la radicale P1 GTR, la futuriste Speedtail, plusieurs déclinaisons de la Senna, la Sabre, l’Elva… Un panorama complet de la production de Woking, condensé en vingt chefs-d’œuvre.

    Cette cohérence, associée à la rareté des modèles, confère à la collection une dimension historique inégalée dans le monde des supercars.

    La volonté de préserver un héritage

    Si plusieurs propositions record ont été formulées pour certaines pièces – notamment la McLaren F1 –, la famille Ojjeh a tenu à préserver l’intégrité de l’ensemble. La vente à un acquéreur unique était une condition essentielle. Elle permet de conserver cette réunion exceptionnelle de modèles comme un témoignage de l’histoire d’un homme autant que d’un constructeur.

    Le montant de la transaction n’a pas été communiqué. Mais l’importance symbolique dépasse sans doute la seule valeur financière : c’est la transmission d’un héritage personnel et d’une passion partagée entre un homme et une marque.

    Mansour Ojjeh, l’homme qui a façonné McLaren

    Né à Paris en 1952, fils d’Akram Ojjeh, Mansour fit ses études en Californie avant de reprendre la direction de Techniques d’Avant Garde (TAG). Son nom apparaît en Formule 1 dès 1979, avec le sponsoring de l’écurie Williams. Mais c’est en 1984 qu’il s’inscrit durablement dans l’histoire en prenant une participation dans McLaren et en finançant le développement du moteur TAG-Porsche turbo.

    Avec Ron Dennis et Gordon Murray, Mansour Ojjeh participe directement à la transformation de McLaren en référence mondiale, aussi bien sur la piste que sur la route. Sous son influence, l’équipe remporte sept titres constructeurs et dix couronnes pilotes. Plus encore, il ouvre la voie à McLaren Automotive, donnant vie à une gamme de supercars qui porte aujourd’hui haut les couleurs de l’ingénierie britannique.

    Son rêve de créer la voiture de route ultime aboutit à la McLaren F1, fruit d’une vision partagée avec Ron Dennis et Gordon Murray après le Grand Prix d’Italie 1988. Une automobile entrée au panthéon, considérée encore aujourd’hui comme l’une des plus grandes réalisations de l’histoire.

    Plus qu’une collection, un témoignage

    La collection rassemblée par Mansour Ojjeh ne se limite pas à une accumulation d’objets rares. Elle reflète une philosophie, une quête de perfection, un regard unique porté sur McLaren et ses créations. Elle raconte l’histoire d’un homme dont l’intuition et la passion ont façonné l’une des plus prestigieuses aventures du sport automobile et de l’automobile de luxe.

    En choisissant de céder cet ensemble en un seul bloc, la famille Ojjeh a assuré que ce témoignage ne soit pas fragmenté. Ce transfert n’est pas seulement une transaction, c’est la préservation d’une mémoire, celle d’un passionné qui a marqué à jamais McLaren et l’automobile contemporaine.