Étiquette : innovation

  • Saison WEC 2026 : Le Goodyear Blimp reprend son envol en Europe

    Saison WEC 2026 : Le Goodyear Blimp reprend son envol en Europe

    C’est un signal que tous les passionnés d’endurance guettent du coin de l’œil : la silhouette massive et rassurante du dirigeable Goodyear s’apprête à redessiner l’horizon des circuits européens. Pour cette saison 2026, le mythique « Blimp » reprend du service à l’occasion du coup d’envoi du Championnat du monde d’endurance FIA (WEC).

    Un œil de géant sur le WEC

    Plus qu’un simple support publicitaire, le dirigeable Goodyear est devenu, au fil des décennies, un élément indissociable du décorum des grandes courses. Pour cette nouvelle campagne, il survolera les épreuves majeures du calendrier WEC, offrant aux spectateurs et aux caméras de télévision des prises de vue aériennes uniques, impossibles à obtenir par drone ou hélicoptère.

    « Le voir planer au-dessus des circuits est toujours un moment spécial pour les fans », souligne Jan-Piet van Kesteren, Managing Director EMEA chez Goodyear. « Nous sommes ravis de partager à nouveau cette expérience avec le public du sport automobile à travers toute la région. »

    75 ans d’innovation au cœur de l’Europe

    Cette tournée 2026 revêt une saveur particulière pour le manufacturier d’Akron. Elle coïncide en effet avec le 75e anniversaire de la présence de Goodyear au Luxembourg.

    Si le grand public connaît surtout les pneus de série, le Grand-Duché abrite le deuxième centre d’innovation mondial de la marque (le seul hors USA). C’est ici que sont développées les technologies de pointe qui équipent les prototypes et GT engagés dans les compétitions les plus exigeantes de la planète.

    Où l’apercevoir ?

    Le périple du Blimp commencera dès la manche d’ouverture du championnat. Pour ne rien manquer de son passage, les fans sont invités à surveiller le ciel lors des week-ends de course ou à suivre sa position en temps réel sur le site dédié GoodyearBlimp.com.


    L’info en + : Saviez-vous que le dirigeable moderne utilisé par Goodyear est techniquement un « semi-rigide » de type Zeppelin NT ? Plus grand, plus rapide et plus maniable que ses ancêtres, il peut rester en vol stationnaire pendant des heures pour capturer les moments de tension au cœur du peloton.

  • Renault : L’usine du Mans devient la « Manufacture Louis Schweitzer »

    Renault : L’usine du Mans devient la « Manufacture Louis Schweitzer »

    Le Groupe Renault a officiellement rebaptisé son site historique du Mans « Manufacture Louis Schweitzer – Le Mans ». Un hommage solennel à l’ancien PDG, disparu en novembre dernier, qui a fait de cette usine centenaire le cœur battant du châssis à la française.

    Le 7 avril 2026, Jean-Dominique Senard (Président du Conseil d’administration) et François Provost (Directeur des opérations) se sont rendus dans la Sarthe pour dévoiler la nouvelle identité du site. Ce changement de nom n’est pas qu’une plaque de marbre : il vient sceller le lien indéfectible entre l’homme qui a internationalisé Renault et l’usine qui conçoit aujourd’hui les dessous de nos futures voitures électriques.

    L’architecte du Renault moderne

    Louis Schweitzer, décédé le 6 novembre 2025 à l’âge de 83 ans, est celui qui a propulsé Renault dans le XXIe siècle. Sous sa présidence (1992-2005), la marque au losange a vécu ses transformations les plus audacieuses :

    • Le virage produit : Lancement des Twingo, Scénic et Kangoo.
    • L’expansion mondiale : Acquisition de Dacia et création de l’Alliance avec Nissan.
    • L’excellence industrielle : En 1999, il crée Auto Chassis International (ACI), structure qui a ancré Le Mans comme le pôle d’excellence châssis du groupe.

    Le Mans : Entre héritage centenaire et technologie « By Wire »

    Plus vieille usine du groupe encore en activité (fondée par Louis Renault en 1920), le site du Mans est aujourd’hui un écosystème unique où 1 700 collaborateurs dessinent la mobilité de demain.

    Loin d’être une simple forge, la manufacture est à la pointe de l’innovation avec des projets de rupture comme le châssis « By Wire ». Cette technologie, testée sur le démonstrateur Filante Record 2025, remplace les liaisons mécaniques traditionnelles de direction et de freinage par des commandes électroniques ultra-précises. Le site travaille également sur le revêtement laser des disques de frein pour réduire drastiquement l’émission de particules fines.

    Un géant industriel en chiffres

    Aujourd’hui, la Manufacture Louis Schweitzer, c’est :

    • 6,3 millions de disques de frein produits par an.
    • 1,5 million de trains roulants et 1,6 million de berceaux moteur.
    • Un centre d’ingénierie mondial de 280 experts testant 900 composants châssis chaque année pour les futurs modèles (Clio VI, Renault 5, Master E-Tech).
    • Une fonderie intégrée permettant un recyclage des matériaux en boucle fermée, unique dans l’industrie.

    En associant le nom de Schweitzer au Mans, Renault souligne que la performance économique ne va pas sans racines sociales et industrielles fortes. Une manière de rappeler que derrière chaque châssis qui « tient la route », il y a un siècle d’histoire et la vision d’un grand capitaine d’industrie.

  • Le QR Code : Comment un employé de Toyota a changé le monde (et nos menus)

    Le QR Code : Comment un employé de Toyota a changé le monde (et nos menus)

    Aujourd’hui, il est partout : sur les tables des restaurants, les emballages de pièces détachées ou les affiches publicitaires. Mais saviez-vous que le QR Code (pour Quick Response) n’est pas né dans une agence de marketing de la Silicon Valley, mais dans les allées graisseuses d’une usine automobile japonaise ?

    L’étincelle sur un plateau de jeu de Go

    En 1994, Masahiro Hara, ingénieur chez Denso Wave (une filiale de Toyota), fait face à un casse-tête logistique. Les codes-barres traditionnels sont devenus trop limités. Pour suivre la production d’un moteur, il faut parfois scanner dix codes différents. La lecture est lente, et la moindre tache d’huile rend le code illisible.

    L’illumination survient lors d’une pause déjeuner. En observant un plateau de jeu de Go, Masahiro réalise que la disposition des pierres noires et blanches permet de coder une quantité massive d’informations dans un espace réduit. Le concept du code en deux dimensions (2D) est né.

    Conçu pour la survie en atelier

    Contrairement aux technologies grand public, le QR Code a été « forgé » pour l’industrie lourde. Ses caractéristiques techniques en font un outil de survie :

    • Correction d’erreur : Même si 30 % du code est arraché ou souillé par du cambouis, il reste lisible.
    • Vitesse de scan : Grâce aux trois carrés situés dans les coins (les « détecteurs de position »), le scanner sait instantanément dans quel sens lire l’information, peu importe l’angle.
    • Capacité : Là où un code-barre stocke 20 caractères, le QR Code peut en contenir 7 000.

    Le cadeau de Toyota au monde

    Le véritable coup de génie de Toyota et Denso Wave ne fut pas seulement technique, mais stratégique. Sentant le potentiel immense de l’invention, ils ont décidé de ne pas exercer leurs droits de brevet.

    En rendant la technologie libre de droits, Toyota a permis au QR Code de sortir des lignes de montage pour envahir le Japon, puis le reste de la planète. Initialement conçu pour suivre des plaquettes de frein, il est devenu le langage universel de la connexion entre le monde physique et le monde numérique.

  • Ariel Motor Company : Pourquoi le « petit » est devenu le plus grand des constructeurs

    Ariel Motor Company : Pourquoi le « petit » est devenu le plus grand des constructeurs

    Dans l’industrie automobile, beaucoup pensent qu’il suffit de dessiner une machine sensationnelle pour réussir. C’est une erreur de débutant. La force d’Ariel, la marque qui nous a offert l’Atom, réside autant dans son génie mécanique que dans la sagesse entrepreneuriale de son fondateur, Simon Saunders. Retour sur une success-story britannique qui dure depuis 25 ans.

    L’Ariel Atom n’est pas née dans un bureau d’études aseptisé d’une multinationale. Ses origines remontent à un concours de design organisé par Saunders à l’Université de Coventry au milieu des années 90. Le projet squelettique de l’étudiant Niki Smart s’appelait alors « LSC » (Lightweight Sports Car). Saunders, designer chevronné, y a vu un potentiel immense. Mais au-delà du look, il a compris comment bâtir un business autour.

    La méthode Saunders : Maîtriser l’invisible

    Construire une voiture de niche est une chose, faire vivre l’entreprise en est une autre. Simon Saunders a compris dès le départ que le succès d’Ariel reposait sur des piliers souvent négligés par les passionnés :

    • La vente directe : Pas de concessionnaires, tout se fait à l’usine.
    • Le contrôle du marché de l’occasion : Ariel garde un œil sur ses voitures, assurant une valeur de revente exceptionnelle.
    • Le service après-vente intégré : Un lien direct entre celui qui fabrique et celui qui conduit.
    • La rareté maîtrisée : Avec une production annuelle d’environ 200 unités, Ariel préfère la qualité à la quantité, gérant des listes d’attente qui dépassent souvent l’année.

    Une lignée de radicaux

    Si l’Atom est le pilier central, Ariel a su décliner son ADN sur tous les terrains (et même sur deux roues) :

    ModèleTypeParticularité
    AtomTrack-carUn exosquelette iconique, sans toit ni pare-brise.
    AceMotoPropulsée par un V4 Honda de 1200cc, un design de cadre unique.
    NomadBuggyLa version tout-terrain qui a redéfini le plaisir hors-piste.
    HipercarHyper-EVUn monstre électrique de 1 180 ch avec turbine à gaz.

    « Simon Saunders savait comment créer une entreprise automobile dès le premier jour, en se concentrant sur la simplicité et la viabilité plutôt que sur la croissance démesurée. »


    2026 : Le grand saut vers Yeovil

    Ariel a longtemps opéré depuis des granges converties à Crewkerne, dans le Somerset. Mais en ce début d’année 2026, le constructeur s’apprête à franchir une étape cruciale.

    Pour répondre à la demande et abriter ses nouveaux projets secrets (notamment le développement final de la Hipercar EV), Ariel déménage vers un nouveau siège social sur mesure près de Yeovil. Ce nouveau complexe permettra non seulement d’augmenter légèrement la production pour réduire les listes d’attente, mais accueillera aussi un véritable musée dédié à l’histoire de la marque.

    L’avis d’AUTOcult

    Ariel restera toujours « minuscule » par rapport aux géants du secteur, et c’est précisément ce qui fait sa force. En boudant les véhicules grand public au profit de designs radicaux et de processus de fabrication artisanaux, Simon Saunders a créé une marque immortelle. C’est la preuve que dans l’automobile, l’intelligence du modèle économique est aussi importante que la puissance du moteur.

  • Ram ProMaster City 2027 : Quand l’Amérique s’offre un Citroën Jumpy à la sauce US

    Ram ProMaster City 2027 : Quand l’Amérique s’offre un Citroën Jumpy à la sauce US

    Le constructeur américain Ram vient de frapper un grand coup lors de la « Work Truck Week » à Indianapolis en annonçant le retour de son utilitaire compact, le ProMaster City, pour 2027. Si outre-Atlantique on crie à la nouveauté, de notre côté de l’océan, la silhouette de ce fourgon nous évoque immédiatement les chantiers de France et de Navarre. Et pour cause : sous le badge Ram se cache le fer de lance de Stellantis Europe.

    Après quatre ans d’absence sur le segment des utilitaires de taille moyenne aux États-Unis, Ram revient avec une stratégie bien connue : le badge engineering. Si l’ancien ProMaster City était un Fiat Doblò déguisé, le cru 2027 monte en gamme et en volume.

    Un air de famille (très) prononcé

    Inutile de plisser les yeux : le Ram ProMaster City 2027 est basé sur la plateforme globale de Stellantis pour les utilitaires moyens. Si vous croisez un Citroën Jumpy, un Peugeot Expert, un Fiat Scudo, un Opel Vivaro ou même un Toyota Proace, vous avez sous les yeux le nouveau héros des artisans américains.

    Fabriqué en Turquie, ce « nouveau » modèle profite de la rationalisation du groupe pour offrir aux Américains un véhicule enfin adapté aux centres-villes denses, loin des énormes pick-ups gourmands en espace.


    Un Diesel aux USA : Le vrai choc culturel

    La grande surprise de cette annonce ne réside pas dans le design, mais sous le capot. Alors que l’Amérique ne jure que par l’essence, Ram a choisi d’équiper son ProMaster City d’un quatre cylindres turbodiesel de 1,6 litre.

    • Puissance : 166 ch.
    • Couple : 300 Nm (soit un peu plus qu’un Mercedes Sprinter d’entrée de gamme aux USA !).
    • Transmission : Une boîte automatique Aisin à 8 rapports.

    Pour le marché américain, proposer un « petit » diesel efficace pour les flottes est un pari audacieux qui positionne Ram comme le seul acteur sur ce créneau de l’utilitaire « mid-size » économique.


    « Il transporte une tonne, il tracte une tonne »

    Ram n’a pas manqué d’humour lors de la présentation. Pour souligner que la marque n’oublie pas ses racines malgré l’adoption d’un moteur européen, ils ont présenté le véhicule avec une palette transportant… un moteur Hemi V8 dans la zone de chargement. Le message est clair : c’est un Ram, un vrai.

    Les capacités en chiffres :

    CaractéristiqueCapacité
    Charge utileEnv. 907 kg (1 tonne US)
    Capacité de remorquageEnv. 907 kg (1 tonne US)
    Volume de chargement4,7 m3 (167 cu ft)
    Configurations2, 5 ou 8 sièges

    La zone de chargement a été optimisée pour accueillir deux palettes standards américaines, avec une longueur de plancher de 2,80 mètres (9 pieds).

    Prix et disponibilité

    Le Ram ProMaster City 2027 arrivera dans les concessions américaines au premier trimestre de l’année prochaine. Bien que les tarifs définitifs ne soient pas encore gravés dans le marbre, Ram cible un prix de départ sous les 40 000 $, ce qui en ferait l’utilitaire le plus abordable de son segment aux États-Unis.

    En résumé, pendant que nous voyons en lui notre fidèle compagnon de livraison quotidien, les Américains s’apprêtent à découvrir l’efficacité du génie utilitaire européen… badgé d’une tête de bélier.

  • Ferrari Luce (2026) : Quand Jony Ive (Apple) redessine l’âme de Maranello

    Ferrari Luce (2026) : Quand Jony Ive (Apple) redessine l’âme de Maranello

    Le nom est désormais officiel : la première Ferrari totalement électrique s’appellera la « Luce » (la Lumière). Mais au-delà de la motorisation, c’est une révolution ergonomique qui s’annonce pour mai 2026. Pour corriger ses interfaces souvent critiquées, Maranello a fait appel au « pape » du design industriel, Sir Jony Ive. Résultat ? Un cockpit qui mélange nostalgie des années 50 et sophistication digne d’un iPhone Pro.

    C’est sans doute le projet le plus polémique de l’histoire récente du Cheval Cabré. Comment passer à l’électrique sans perdre son identité ? Ferrari semble avoir trouvé la réponse dans un paradoxe : utiliser les créateurs de l’iPod pour ramener de la simplicité mécanique.

    LoveFrom : Le duo Ive-Newson aux commandes

    Pour concevoir l’habitacle de la Luce, Ferrari s’est associée à LoveFrom, le collectif fondé par Sir Jony Ive et Marc Newson. Leur mission : épurer. Adieu la forêt de boutons tactiles capricieux sur le volant, place à une interface qui rend hommage au passé.

    Le poste de pilotage : Un retour aux sources

    ÉlémentDescription et Inspiration
    VolantInspiré des volants Nardi des années 50/60. Structure en aluminium usiné apparente avec seulement deux groupes de boutons analogiques simples.
    InstrumentationÉcran OLED 3D fixé directement sur la colonne de direction (il bouge avec le volant). Effet de profondeur via deux dalles superposées.
    Console CentraleÉcran pivotant sur joint à rotule avec un repose-paume pour une utilisation stable en roulant.
    « Multigraph »Une horloge mécanique avec de vraies aiguilles qui surmonte l’écran tactile pour un feeling « horlogerie ».

    « Ready for Take-off » : Le bouton de lancement au plafond

    L’une des trouvailles les plus marquantes de la Luce est la commande du Launch Control. S’inspirant de l’aéronautique, Ferrari l’a placée sur le plafonnier. Il faut tirer un interrupteur vers le bas, lequel s’illumine en orange pour confirmer que les moteurs électriques sont prêts à libérer leur couple instantané.

    La clé de contact et le sélecteur de vitesse sont, quant à eux, façonnés dans un verre cristallin haute technologie. La clé intègre même un petit affichage en encre électronique (e-ink) qui change d’aspect lorsqu’elle est insérée dans son socle, une technologie ultra-basse consommation.


    Le prix de l’innovation : Plus de 600 000 € ?

    Si la carrosserie reste encore sous camouflage, le positionnement tarifaire est déjà clair : la Luce devrait dépasser les 600 000 €.

    Les critiques fusent déjà : une Ferrari doit-elle ressembler à un produit Apple ? Le pari est osé mais nécessaire. En remplaçant le plastique noir brillant par du verre type iPhone et de l’aluminium anodisé, Ferrari monte encore d’un cran dans le luxe tactile. La seule question est : était-ce à Ferrari de le faire ?

    La présentation complète est prévue pour mai 2026. D’ici là, les débats entre puristes du V12 et technophiles ne font que commencer.

  • Pirelli : Dans les secrets des « essayeurs » qui donnent une âme aux pneus

    Pirelli : Dans les secrets des « essayeurs » qui donnent une âme aux pneus

    On imagine souvent l’essayeur automobile comme un pilote de course frustré ou un cascadeur en quête d’adrénaline. Chez Pirelli, la réalité est tout autre. « Le pilote cherche la performance ; l’essayeur cherche le problème ». Cette nuance, presque philosophique, est le socle sur lequel le géant italien bâtit l’identité de ses gommes. Plongée dans un métier de l’ombre où la sensibilité humaine reste, même en 2026, irremplaçable.

    Dans les centres de Recherche & Développement de Pirelli, on ne recrute pas forcément des champions de karting. L’un de leurs meilleurs essayeurs en Allemagne était auparavant technicien de maintenance électrique. Son secret ? Une capacité hors norme à comprendre ce qui se passe quand le pneu perd pied.

    Pilote vs Essayeur : Deux mondes opposés

    La différence entre un pilote de course et un essayeur Pirelli est avant tout culturelle :

    • Le Pilote : Face à un sous-virage, son instinct lui dicte de corriger immédiatement la trajectoire pour ne pas perdre de temps.
    • L’Essayeur : Il doit laisser le phénomène se produire. Il accompagne la dérive pour analyser comment, pourquoi et à quel moment précis le pneu retrouve son adhérence.

    C’est un exercice de discipline et de patience : il ne s’agit pas d’aller vite pour le chrono, mais d’aller vite pour la science.


    Une école interne de 18 mois

    On ne naît pas essayeur, on le devient au prix d’une formation interne parmi les plus longues de l’industrie. Comptez environ un an et demi de préparation avant d’être opérationnel.

    Le parcours de formation :

    • Maîtrise du véhicule : Apprendre à contrôler une voiture bien au-delà de ses limites physiques.
    • Lecture du pneu : Savoir « lire » l’usure et les réactions thermiques.
    • Nuances climatiques : Développer une sensibilité identique sur le sec, le mouillé, la neige ou la glace.
    • Tests en aveugle (« Cross-blind tests ») : Chaque année, les essayeurs testent des pneus sans savoir de quoi il s’agit, puis comparent leurs notes. C’est ce qui garantit la « signature Pirelli » : quel que soit le modèle, le ressenti doit rester cohérent pour le client final.

    Le simulateur : Le défi du cerveau en 2026

    En 2026, la virtualisation est devenue le pilier du développement. Mais passer du bitume au simulateur ne s’improvise pas. Eros Fumagalli, essayeur vétéran, raconte ses débuts difficiles sur la plateforme numérique :

    « La première fois, j’ai tout éteint après deux minutes. Le cerveau voit le freinage, mais le corps ne le ressent pas. Dans une vraie voiture, on tourne la tête vers le virage ; dans le simulateur, il faut regarder droit devant. »

    C’est un défi physiologique : le simulateur recrée l’image de la décélération et déplace la plateforme vers l’arrière pour mimer la charge, mais les forces G réelles ne frappent pas le corps. Il faut apprendre à « déconnecter » ce que l’on voit de ce que l’on ressent pour que l’outil devienne un allié précieux.


    L’humain, garant de l’âme technologique

    Si la simulation permet aujourd’hui de réduire les cycles de développement et le nombre de prototypes physiques, elle ne remplacera jamais l’homme. La technologie rend l’essayeur plus puissant, mais l’essayeur apporte à la technologie son contact avec la réalité.

    Comme on dit souvent dans les couloirs de Pirelli R&D : « La simulation développe le pneu, l’essayeur lui donne une âme. » Pour définir le caractère d’une voiture, il faut encore et toujours quelqu’un capable de ressentir la micro-vibration qui échappe aux capteurs.

  • 1996-2026 : Pourquoi nous vivons encore dans le monde créé il y a 30 ans

    1996-2026 : Pourquoi nous vivons encore dans le monde créé il y a 30 ans

    En mars 1996, alors que Damon Hill remportait le premier Grand Prix de la saison à Melbourne, un étudiant de Stanford nommé Larry Page lançait un petit algorithme baptisé « BackRub ». Vous le connaissez aujourd’hui sous le nom de Google. Mais l’année 1996 ne fut pas seulement celle de la naissance du web moderne. C’est l’année où l’industrie automobile a basculé dans le futur. De l’électrique à la voiture connectée en passant par la plateforme modulaire, tout ce qui définit notre paysage automobile de 2026 a été inventé cette année-là.

    C’est vertigineux. Trente ans plus tard, nous conduisons toujours des voitures dont l’ADN a été codé il y a trois décennies. Si vous voulez comprendre pourquoi votre Porsche partage des pièces avec une Audi, pourquoi votre voiture vous parle ou pourquoi l’électrique a mis si longtemps à s’imposer, il faut remonter à cette année charnière.

    GM EV1 : Le futur avait une batterie au plomb

    En 1996, le futur était déjà là, et on pouvait le louer pour 399 $ par mois aux Etats-Unis. La GM EV1 était la voiture la plus avancée technologiquement de son époque. Aérodynamisme fou, freinage régénératif, direction électro-hydraulique, pompe à chaleur… Tout ce qui fait la fiche technique d’une Tesla ou d’une Hyundai en 2026 était déjà présent.

    Son seul défaut ? Être une voiture du 21e siècle avec une technologie du 19e : des batteries au plomb. Avec 18,7 kWh et à peine 90 km d’autonomie réelle, elle a inventé l’angoisse de la panne avant même que le terme n’existe. GM a dépensé un milliard de dollars pour en construire 1 117, prouvant que sans une infrastructure de recharge (l’idée de génie qu’aura Musk plus tard) et une chimie de batterie décente, la meilleure ingénierie du monde ne suffit pas.

    Porsche : Le sauvetage par la rentabilité

    Pendant que GM jouait aux apprentis sorciers, Porsche jouait sa survie. En 1996, la marque était au bord du gouffre. C’est un homme, Wendelin Wiedeking, qui a tout changé en appliquant les méthodes de production de Toyota. Le résultat est sorti en 1996 : le Boxster et la 911 (Type 996). Les puristes ont hurlé au scandale du refroidissement par eau et des phares « œufs sur le plat ». Mais le coup de génie était industriel : les deux voitures partageaient 38 % de leurs pièces (moteur, avant, suspension). « Nous avons fait deux voitures pour le prix d’une et demie », disait Harm Lagaay, le designer de l’époque. En réduisant le temps de fabrication d’une 911 de 130 à 60 heures, Porsche a inventé le modèle économique qui lui a permis d’être la marque la plus rentable du monde.

    VW et la « Plateforme pour tous »

    À Wolfsburg, un autre génie (ou tyran, selon le point de vue), Ferdinand Piëch, redéfinissait la logique de groupe. Avec la Volkswagen Passat B5 lancée en 1996, il a imposé le partage de plateforme avec l’Audi A4. C’était le début de la stratégie modulaire. Aujourd’hui, en 2026, quand vous voyez une Bentley, une Lamborghini et une Porsche partager la même architecture qu’une VW, c’est l’héritage direct de cette décision. Piëch a aussi prouvé qu’une « voiture du peuple » pouvait avoir une finition premium, forçant tout le marché à élever son niveau de jeu.

    Le design se libère : Volvo et Ford

    1996 a aussi marqué la fin des « boîtes carrées ». Chez Volvo, Peter Horbury a dévoilé la C70. « Cette fois, on a gardé le jouet et jeté la boîte », plaisantait-il. La marque suédoise, synonyme de brique sécuritaire, devenait soudainement sexy. Chez Ford, le regretté Chris Svensson nous offrait la Ka. Un design « New Edge » radical, clivant, mais génialement moderne, posé sur un châssis de Fiesta. Une audace stylistique que l’on peine à retrouver aujourd’hui.

    La naissance de la voiture connectée

    Enfin, c’est en 1996 que la voiture a commencé à parler au ciel. Ford a lancé le système RESCU sur la Lincoln Continental (GPS + cellulaire pour les urgences), suivi deux jours plus tard par GM et son système OnStar. Personne ne se souvient de RESCU, mais OnStar a posé les bases de tout ce que nous utilisons aujourd’hui : la navigation, l’appel d’urgence et la voiture définie par logiciel.

    Alors, la prochaine fois que vous monterez dans votre voiture électrique, connectée, construite sur une plateforme partagée et au design fluide, ayez une pensée pour 1996. Nous n’avons jamais vraiment quitté cette année-là.

  • Expertise vs Influence : Pourquoi Jay Leno reste le vrai « patron » au volant du Slate Truck

    Expertise vs Influence : Pourquoi Jay Leno reste le vrai « patron » au volant du Slate Truck

    À une époque où les constructeurs confient leurs volants à des influenceurs dont la connaissance mécanique s’arrête souvent à la couleur de la carrosserie, voir Jay Leno s’installer dans un prototype a quelque chose de rassurant. Le patriarche de la passion automobile américaine a eu la primeur de l’essai du Slate Truck, un pick-up électrique qui promet de bouleverser le marché. Et avec Leno, on ne parle pas de « likes », on parle de produit.

    Dans le paysage médiatique actuel, le contraste est saisissant. D’un côté, des créateurs de contenu en quête de buzz, incapables de différencier un châssis en échelle d’une structure monocoque. De l’autre, Jay Leno. L’homme qui a tout conduit, tout possédé et tout réparé. Sa chaîne, Jay Leno’s Garage, n’est pas un simple canal de divertissement, c’est une institution de la culture automobile mondiale.

    Le Slate Truck : L’anti-Tesla par excellence ?

    C’est donc tout naturellement vers lui que l’équipe de Slate s’est tournée pour tester la première version roulante de leur pick-up électrique.

    Dévoilé en avril dernier, le Slate Truck se veut l’antithèse des monstres de luxe actuels. Là où Ford ou GMC montent en gamme avec des tarifs prohibitifs, Slate vise le bas de l’échelle :

    • Prix cible : Environ 25 000 $ (un défi depuis la fin des crédits d’impôt fédéraux).
    • Philosophie : Un « utilitaire pur », minimaliste, biplace, conçu pour ceux que les constructeurs historiques ont abandonnés.
    • Modularité : Possibilité de le transformer en SUV grâce à un kit boulonné.

    Leno : Le regard de l’expert, pas du promoteur

    Le prototype orange, arborant fièrement le logo « Jay Leno’s Garage » sur les portières, n’a pas été épargné par l’œil du maître. Ce qui marque dans cette rencontre, c’est l’absence de superlatifs inutiles. Là où un influenceur aurait hurlé devant l’accélération, Leno analyse la pertinence du concept.

    « Il est capable de faire ce que beaucoup de véhicules électriques font, mais pour la moitié du prix. »

    C’est là que réside toute l’expertise de Leno. Il ne cherche pas à savoir si le camion est « cool » pour Instagram, mais s’il remplit sa mission d’outil de travail abordable. Bien que les restrictions de pré-production l’empêchent de livrer un verdict définitif sur le comportement routier, sa simple présence valide le sérieux de la démarche de Slate.

    Le retour au pragmatisme

    Le Slate Truck est attendu pour la fin de l’année 2026. Sa réussite dépendra de sa capacité à tenir cette promesse de prix plancher dans un contexte économique difficile.

    En attendant, voir Jay Leno au volant nous rappelle une vérité essentielle : l’automobile est une affaire d’ingénierie et de passion, pas de mise en scène. À l’heure où la maîtrise technique s’efface devant la maîtrise des algorithmes, Leno fait figure de dernier rempart, garant d’une critique automobile honnête et éclairée.

  • Lotus : au-delà de l’Elise, l’histoire secrète d’une ingénierie obsessionnelle

    Lotus : au-delà de l’Elise, l’histoire secrète d’une ingénierie obsessionnelle

    Alors que Lotus est dans une phase de transition brutale, passant des légendaires sportives légères à l’ère des SUV et GT électriques coûteux (Eletre, Emeya), le constructeur d’Hethel cherche à réaffirmer son identité. L’exercice actuel de la marque n’est pas de faire la nostalgie des icônes (Elise, Esprit, Elan), mais de plonger dans l’histoire moins connue de ses prototypes et de son ingénierie expérimentale.

    Cette histoire cachée est la véritable clé pour comprendre si Lotus peut survivre à son virage électrique sans trahir son mantra.

    L’innovation pour l’amour de l’art (ou de la course)

    L’habitude de Lotus d’explorer des territoires inconnus est la marque de fabrique de l’entreprise, souvent en avance sur son temps, non par stratégie de marché, mais par nécessité de course ou simple curiosité technique.

    Les succès de Lotus en Formule 1 — pensons à l’aérodynamisme inspiré de l’aéronautique, à l’adoption révolutionnaire de la monocoque en carbone ou à la suspension active des années 80 (pionnière sur la 92) — ont été des victoires immédiates, quitte à tuer ses propres pilotes. Mais le designer en chef Ben Payne insiste sur l’importance des projets classés « à utiliser plus tard » ou « à oublier ».

    Pour Payne, l’enjeu n’est pas de rester figé dans le passé, mais d’honorer l’esprit de Colin Chapman, qui n’aurait pas voulu remonter l’horloge. Chapman et Royce poussaient toujours vers le « mieux » en remettant tout en question.

    De l’aéro brut au carbone végétal

    Deux exemples de prototypes, exposés récemment, illustrent cette soif d’expérimentation :

    • Le Lotus Eleven (1956) : Ce chef-d’œuvre aérodynamique, conçu avec l’aide de Frank Costin, incarne la philosophie selon laquelle la fonction dicte la forme. Avec une carrosserie élégante, presque de vaisseau spatial, et un poids plume (souvent autour de 450 kg), l’Eleven n’était pas « stylée », elle était une conséquence directe de son besoin de performance. Elle établit des records de vitesse (plus de 217 km/h à Monza avec Stirling Moss) et est devenue une référence en aérodynamique pour l’ensemble des projets de la marque, y compris l’Emeya GT moderne.
    • Le Prototype SID (1992) : À l’opposé du glamour, le prototype SID (Structure Isolation and Dynamics) – un mulet peu esthétique utilisant le moteur d’une MG Metro 6R4 – fut un laboratoire d’ingénierie crucial. Il combinait suspension active et passive, direction arrière active, et un système d’acquisition de données inédit. Ce projet a permis aux ingénieurs de quantifier l’intangible (les sensations de conduite) en le corrélant à des chiffres précis, une avancée majeure dont certaines leçons ont même été appliquées à des projets pour des clients militaires.

    C’est aussi en 1992 que Lotus travaillait déjà sur des matériaux super-légers recyclés ou d’origine végétale pour les sièges et les composants, une décennie avant que le « développement durable » ne devienne un argument marketing.


    L’ADN d’Hethel face à l’ère Geely

    Aujourd’hui, l’entreprise est confrontée à une réalité difficile (réduction des effectifs à Hethel, production chinoise sous les objectifs). Pourtant, Ben Payne voit cette période comme une nouvelle phase d’expérimentation :

    « Les avancées technologiques sont si rapides aujourd’hui, et tout le monde se démène pour trouver la bonne recette. Mais il faut rester fidèle aux valeurs de sa marque ».

    Des technologies comme l’impression 3D et le moulage creux sont les nouvelles méthodes pour concrétiser le mantra « simplifier, puis ajouter de la légèreté ». Des concepts comme le Theory 1, avec son design minimaliste et sa focalisation sur la performance intelligente, sont là pour prouver que même l’Hyper-GT et le SUV électrique peuvent découler d’une philosophie où la fonction pure prime sur l’ornementation.

    La question pour les amoureux de Lotus (qui n’ont souvent jamais été clients) est de savoir si cette soif d’innovation, qui justifiait les coûts de R&D des petits modèles, peut survivre à la production de masse et au poids inhérent des batteries. L’histoire secrète de Lotus est là pour rappeler que l’innovation est un muscle que la marque a toujours eu l’habitude de solliciter.

  • L’homme qui tondait l’élégance : le secret de l’artisanat de Masashi Nakayama chez Mazda

    L’homme qui tondait l’élégance : le secret de l’artisanat de Masashi Nakayama chez Mazda

    Dans un monde où l’intelligence artificielle et les raccourcis numériques dominent le design, Masashi Nakayama, directeur général de la division Design de Mazda, défend un artisanat exigeant. Pour lui, la création d’une automobile véritablement spéciale commence en roulant les manches et en plongeant les mains dans la glaise. Beaucoup de glaise.

    Cette approche tactile, presque méditative, est au cœur de l’esthétique épurée et élégante qui caractérise les Mazda contemporaines.

    L’apologie de la glaise et du temps long

    Le secret de Mazda réside dans son attachement au modèle physique. Nakayama le confirme sans détour : « Nous produisons beaucoup plus de modèles en argile que les autres constructeurs automobiles ». Il précise même que Mazda consomme la plus grande quantité d’argile au monde, utilisant une argile personnalisée et unique.

    Ce n’est pas une simple lubie. Ce choix, qui valorise le temps long, est le chemin vers des voitures de série d’une élégance exceptionnelle. L’approche est si valorisée que les concurrents cherchent régulièrement à débaucher les modeleurs de Mazda, jugés parmi les meilleurs du secteur.

    • L’Iconic SP : Le concept-car très acclamé Iconic SP – qui pourrait influencer toute une génération de modèles de production – est né de cinq modèles en argile au quart, suivis de trois modèles grandeur nature qui ont évolué sur une période considérable.

    Vue de près, la forme basse et agile de l’Iconic SP est remarquable par sa douceur. Il n’y a aucune arête vive ni coupure discordante ; le design est une leçon de retenue et de bon goût, de ses phares escamotables ultra-minces à la colonne vertébrale centrale du capot qui définit sa symétrie.

    Du MX-5 au Zen du tondeur

    Masashi Nakayama, qui a pris les rênes du design en 2021 après une carrière chez Mazda débutée en 1989 (lancement du premier MX-5), est un homme de l’ombre. Il symbolise l’esprit de curiosité et d’engagement de la marque.

    Il a été impliqué dans la renaissance du XXIe siècle, signant des intérieurs emblématiques (Mazda 3 Mk1, RX-8) et, de manière atypique, en étant à la fois chef designer et chef de programme pour l’actuelle MX-5 de quatrième génération. Pour lui, la principale qualification pour ce poste était de « montrer de l’amour au MX-5 ».

    Son approche s’ancre dans un héritage artisanal fort :

    • Héritage Artisanal : Son grand-père était un charpentier de temple capable de façonner des structures complexes sans utiliser de clous.
    • Philosophie de Hiroshima : Ayant grandi dans une ville qui a « tout perdu » puis s’est reconstruite à partir de zéro, il a développé un état d’esprit unique qui mélange « la philosophie dynamique de la recherche d’une haute efficacité avec la philosophie statique de l’exercice de la prudence et de l’attention ». Pour lui, la vitesse d’une voiture de sport n’est pas tout.

    Cet état d’esprit se manifeste dans son plus grand plaisir personnel : tondre la pelouse avec une tondeuse manuelle. Pour lui, entretenir son vaste gazon (120 m²) est un « art qui implique de travailler avec la nature », une métaphore parfaite de son approche du design automobile.

    La quête de l’expérience utilisateur unique

    Nakayama ne nie pas la pression de la rapidité, surtout face aux start-ups chinoises. Mais il insiste : « Je pense que notre processus a en fait une valeur plus forte, à cause du temps pris ».

    Sa philosophie s’étend jusqu’à l’expérience utilisateur. S’il n’est pas opposé au design moderne, il refuse que Mazda se contente des solutions tierces par défaut (comme Apple CarPlay ou Android Auto). Il souhaite passionnément que la marque développe une expérience utilisateur unique, sans faire appel à des entreprises externes pour la créer.

    L’Iconic SP pourrait concrétiser cette vision. Bien qu’il se refuse à donner des détails sur la production, le directeur technique de Mazda, Ryuichi Umeshita, a révélé qu’une version de production s’orienterait vers un plus grand VE doté d’un prolongateur d’autonomie à moteur rotatif, un digne « successeur de la RX-7 ».

    Avec l’engagement de Nakayama pour le geste juste, il y a de l’espoir que ce futur modèle conserve le corps aux surfaces lisses, les phares escamotables et les portes à ouverture vers le ciel — la magie subtile que seule l’approche artisanale de Mazda peut offrir.

  • Le prix de l’émotion : quand l’Europe veut un retour aux voitures abordables

    Le prix de l’émotion : quand l’Europe veut un retour aux voitures abordables

    Le coût d’une automobile neuve en Europe atteint des sommets. La faute n’est pas uniquement aux taxes, mais aux exigences techniques de plus en plus drastiques imposées aux véhicules. Face à cette inflation, une idée audacieuse émerge au niveau de l’Union Européenne : la création d’une nouvelle catégorie de véhicules plus abordables.

    L’objectif : mettre sur le marché de nouvelles voitures neuves dont le prix tournerait autour de 15 000 euros. C’est un pas vers l’accessibilité, même si l’inflation fait qu’un tel prix reste supérieur à l’équivalent d’il y a dix ans (environ 13 000 euros).

    L’Inspiration Japonaise : Le Modèle « Kei-Car »

    L’initiative, baptisée Small Affordable Cars, est soutenue par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et propulsée par des constructeurs comme Stellantis.

    La source d’inspiration est à chercher au Japon, avec ses célèbres Kei-cars. Ces « voitures légères » jouissent d’avantages fiscaux et d’assurance importants au Japon grâce à des spécifications rigoureuses :

    • Dimensions : longueur maximale de 3,4 mètres.
    • Moteur : cylindrée limitée à 660 cc.
    • Puissance : maximum de 64 ch.

    Le compromis crucial : sécurité contre coût

    Pour atteindre le prix de 15 000 euros, le compromis se fera inévitablement sur les techniques et la législation.

    Depuis l’été dernier, toutes les voitures neuves doivent respecter les exigences du règlement GSR II, incluant des dispositifs coûteux tels que l’assistance au maintien de voie, la caméra de recul ou les capteurs de stationnement. Une partie de ces exigences pourrait être levée pour cette nouvelle catégorie de petites voitures.

    La contrepartie de cette accessibilité implique des contraintes d’usage :

    • Vitesse : ces voitures légères et moins sophistiquées pourraient être dotées d’un limiteur de vitesse à 110 km/h.
    • Freinage : étant plus petites et moins rapides, la réglementation sur le freinage (taille des freins et poussières de freins) pourrait également être assouplie.

    Design et curiosité : à quoi ressembleront les futures citadines ?

    Le design des futures citadines européennes s’inspirera sans doute de la grande variété des Kei-cars japonaises, qui célèbrent le pragmatisme avec une touche de style.

    Si beaucoup de Kei-cars sont « assez mignonnes et anguleuses », le segment ne manque pas de curiosité et d’émotion :

    • Le Fun : La Honda N One est un exemple courant de Kei-car. La Honda S660, un petit cabriolet sport qui coûtait environ 16 000 euros au Japon, prouve que ces contraintes peuvent donner naissance à des véhicules ludiques.
    • Le Pratique : Il existe des versions plus étroites du Suzuki Jimny respectant ces critères, ou même l’adorable Suzuki Alto Lapin. Il y a même des petits campers pour ceux qui aiment « dormir en position fœtale ».

    L’Europe pourrait ainsi se doter d’une nouvelle génération de véhicules qui conjuguent l’urgence économique à une esthétique urbaine décomplexée, rappelant que la passion automobile peut aussi résider dans la petite taille et l’ingéniosité.