Étiquette : Volkswagen

  • Publicité TV : Pourquoi l’automobile est le véritable moteur de nos écrans

    Publicité TV : Pourquoi l’automobile est le véritable moteur de nos écrans

    En 2026, si vous avez l’impression que chaque coupure publicitaire est une parade de SUV rutilants et de citadines électriques, ce n’est pas une hallucination. Le secteur automobile est devenu le premier investisseur publicitaire de France. Une manne financière telle qu’elle explique, à elle seule, la survie de certains monuments de notre culture télévisuelle.

    Le « Carburant » du PAF : Des chiffres vertigineux

    Selon les derniers rapports de Kantar Media et de l’IREP (Institut de Recherches et d’Études Publicitaires), le secteur automobile a consolidé sa position de leader incontesté. En 2025, la pression publicitaire automobile a bondi de +20 %, portée par la nécessité pour les constructeurs de convertir le grand public à l’électrique.

    Aujourd’hui, l’automobile représente environ 61 % des investissements liés à la transition énergétique à la télévision. Pour les chaînes, c’est simple : sans les constructeurs, les grilles de programmes ne seraient plus les mêmes.

    Le Top 5 des mastodontes publicitaires

    Derrière vos spots préférés se cachent des budgets de guerre. Voici les entreprises qui dépensent le plus pour s’offrir votre temps de cerveau disponible :

    1. Groupe Renault : Premier investisseur historique. Pour le lancement de la R5 E-Tech, la marque au losange a saturé les écrans, occupant parfois jusqu’à 15 % de l’espace publicitaire sur les tranches premium.
    2. Stellantis (Peugeot/Citroën) : Le groupe déploie une stratégie de « frappe chirurgicale » sur les carrefours d’audience familiaux.
    3. Groupe Volkswagen : Premier annonceur étranger, il mise massivement sur la télévision pour installer sa gamme ID.
    4. Lidl / E.Leclerc : S’ils sont dans les premiers, ils agissent sur un volume de spots courts, là où l’auto privilégie le format « film » de 30 à 45 secondes.
    5. Toyota : Le constructeur japonais a enregistré une hausse budgétaire record de +140 % sur ses segments hybrides en 2025.

    Automoto : L’assurance-vie de TF1

    Dans ce contexte, le maintien de l’émission Automoto sur TF1 chaque dimanche matin prend une dimension tout autre. On ne sauve pas une émission de 50 ans par simple nostalgie.

    Automoto est ce que les régies publicitaires appellent un « écrin contextuel ». Diffuser des essais de SUV juste avant de lancer des écrans publicitaires vendus à prix d’or à ces mêmes constructeurs est une opération blanche, voire ultra-rentable. L’émission garantit à TF1 :

    • Une audience qualifiée : Les fameux « hommes de 25-49 ans », cible prioritaire des directeurs marketing de chez Renault ou Peugeot.
    • Une cohérence de marque : Elle légitime la présence massive de la publicité automobile sur la chaîne.

    Si Automoto continue de faire vrombir ses moteurs (thermiques ou électriques) sur la première chaîne d’Europe, c’est parce que l’émission est le point d’ancrage du secteur qui dépense le plus d’argent en France. TF1 n’a pas sauvé Automoto par passion, mais par pure raison d’État financière.


    Le saviez-vous ? En moyenne, un Français regarde environ 22 minutes de publicités automobiles par semaine sans s’en rendre compte, uniquement via la télévision linéaire.

    Et vous, quelle est la publicité automobile qui vous a le plus marqué ces derniers mois ? Est-ce la créativité du film ou la répétition qui a fini par vous convaincre ?

  • Scénario catastrophe chez Volkswagen : McKinsey suggère-t-il de « tout fermer » ?

    Scénario catastrophe chez Volkswagen : McKinsey suggère-t-il de « tout fermer » ?

    C’est une bombe médiatique qui vient de secouer l’Allemagne. Selon le quotidien Bild, le cabinet de conseil McKinsey aurait soumis au groupe Volkswagen un scénario digne d’un film post-apocalyptique : la fermeture de la quasi-totalité de ses usines allemandes. Simple provocation de consultant ou réalité brutale d’un géant aux pieds d’argile ?

    Seules rescapées : Wolfsburg et Ingolstadt ?

    L’idée, si elle est confirmée, est d’une violence inouïe. Selon les indiscrétions du tabloïd allemand, McKinsey préconiserait de ne conserver que deux bastions historiques : Wolfsburg (siège de Volkswagen) et Ingolstadt (fief d’Audi).

    Tout le reste, y compris l’emblématique usine Porsche de Zuffenhausen, passerait à la trappe. Un tel plan signifierait la perte de centaines de milliers d’emplois et un séisme économique et social sans précédent pour la première puissance européenne. Bien que les cabinets de conseil soient payés pour explorer « tous » les scénarios, du plus optimiste au plus radical, celui-ci semble ignorer volontairement les réalités politiques et la puissance de feu du syndicat IG Metall, qui ne manquerait pas de mettre le pays à l’arrêt.

    La famille Porsche-Piëch perd patience

    Si le scénario de McKinsey ressemble à une boutade cruelle, la tension au sommet du groupe est, elle, bien réelle. Selon le journal plus austère Handelsblatt, la puissante famille héritière Porsche-Piëch serait « révoltée » par la santé financière du groupe.

    La rentabilité a fondu en 2025 et les remèdes appliqués jusqu’ici semblent dérisoires :

    • L’accord de Noël 2024 prévoyait déjà 35 000 suppressions de postes d’ici 2030.
    • Trois usines allemandes sont déjà officiellement condamnées.
    • 15 000 départs supplémentaires ont été annoncés chez Audi et Porsche.

    Pour les actionnaires familiaux, ce n’est toujours pas assez. Conséquence directe : les têtes commencent à vaciller. Le CEO Oliver Blume, le directeur financier Arno Antlitz et le président Hans-Dieter Pötsch seraient tous sur la sellette, jugés incapables de redresser la barre face à la concurrence chinoise et aux coûts de production allemands.

    Un nerf à vif

    Que ces reconstructions journalistiques soient totalement fondées ou exagérées par Bild, elles révèlent une vérité incontestable : Volkswagen est un nerf à vif.

    L’Allemagne assiste, impuissante, à la remise en question de son modèle industriel. Entre des consultants qui suggèrent de raser le patrimoine pour sauver les marges et une famille régnante qui exige des coupes toujours plus sombres, l’avenir du « géant de Wolfsburg » n’a jamais semblé aussi incertain. En ce printemps 2026, les nuages noirs qui s’amoncellent sur la Basse-Saxe ne semblent pas prêts de se dissiper.

    Le saviez-vous ? Wolfsburg n’est pas seulement une usine, c’est une ville entière construite par et pour Volkswagen. La fermer ou en faire l’unique rescapée d’un naufrage industriel changerait à jamais le visage de l’Allemagne du Nord.

    Pensez-vous qu’un groupe aussi symbolique que Volkswagen puisse réellement sacrifier son ancrage historique pour garantir sa survie financière ?

  • VW : Le nouveau best-seller en Chine n’a pas de roues (et se mange avec du brocoli)

    VW : Le nouveau best-seller en Chine n’a pas de roues (et se mange avec du brocoli)

    Alors que les constructeurs européens rament pour convaincre les acheteurs chinois de délaisser leurs marques locales, Volkswagen vient de signer un succès commercial fulgurant dans l’Empire du Milieu. Le produit miracle ? Ce n’est pas une berline électrique révolutionnaire, ni un SUV low-cost, mais une saucisse. La légendaire « Currywurst » de Wolfsburg part comme des petits pains.

    Le marché automobile chinois est devenu un terrain hostile pour les marques occidentales. Entre la montée en puissance des constructeurs locaux (BYD, Xiaomi, Zeekr) et une guerre des prix sans merci, Volkswagen cherche de l’oxygène là où il peut. Et contre toute attente, c’est au rayon boucherie que la firme a trouvé son nouveau moteur de croissance.


    Une « pièce d’origine » très spéciale

    Lancée en septembre dernier dans les cantines des usines chinoises, la célèbre saucisse Volkswagen connaît un démarrage en trombe. Selon les chiffres rapportés ce 13 février 2026, plus de 120 000 unités ont déjà été englouties à fin octobre.

    Pour les non-initiés, sachez que cette saucisse est une institution chez VW :

    • Elle possède sa propre référence catalogue (n°199 398 500 A).
    • Elle est officiellement baptisée par la marque : « Volkswagen Originalteil » (Pièce d’origine Volkswagen).
    • En Allemagne, elle se vend souvent mieux que la Golf sur une année complète.

    La Currywurst à la sauce locale

    Pour séduire le palais chinois, Volkswagen a collaboré avec le département restauration de sa coentreprise FAW-VW. Si la recette de la viande reste le secret bien gardé de Wolfsburg, l’accompagnement a subi une légère « mise à jour » logicielle pour le marché local.

    Accompagnement classique (Allemagne)Accompagnement « China-Spec »
    Entière ou coupéeCoupée en tranches
    Ketchup au curryKetchup local
    Petit pain fraisPetit pain, cornichons et frites
    OptionnelBrocoli (La touche santé locale)

    Cette version chinoise est produite localement, à une centaine de kilomètres de Shanghai, pour garantir une fraîcheur optimale.


    Un succès qui donne faim

    Si la tendance se confirme, Volkswagen pourrait écouler plus de 700 000 saucisses par an en Chine. Certes, on est encore loin de la consommation mensuelle des usines allemandes, mais les retours sont « extrêmement positifs ».

    « C’est peut-être la seule pièce Volkswagen qui ne risque pas de subir un rappel pour un bug logiciel. »

    Malheureusement pour nous, il est toujours impossible de commander cette « pièce d’origine » chez votre concessionnaire local pour votre barbecue du dimanche. Elle reste réservée aux employés et aux visiteurs privilégiés des usines.

  • Super Bowl LX : Le prix de la pub atteint les 10 millions, les constructeurs font le show (ou presque)

    Super Bowl LX : Le prix de la pub atteint les 10 millions, les constructeurs font le show (ou presque)

    Le 8 février 2026, plus de 130 millions de spectateurs seront rivés devant NBC pour le Super Bowl LX. Mais sur le terrain du marketing, le match a déjà commencé. Si le prix moyen d’un spot de 30 secondes tourne autour de 8 millions de dollars, certains emplacements premium viennent de s’arracher pour la somme record de 10 millions de dollars. Une inflation qui n’a pas refroidi Jeep, Cadillac, Toyota et Volkswagen, dont nous avons déjà pu découvrir les campagnes.

    C’est un saut colossal : il y a quatre ans, le même spot coûtait 7 millions de dollars. En 1967, lors du premier Super Bowl, 37 500 dollars suffisaient. Aujourd’hui, l’événement est devenu le temple mondial du storytelling, où les marques automobiles tentent de justifier des investissements pharaoniques pour marquer les esprits.

    Jeep et le poisson chanteur

    Jeep (seule marque du groupe Stellantis présente cette année) a choisi l’humour absurde avec « Billy Goes to the River ».

    Le but : Promouvoir le nouveau Jeep Cherokee Hybrid 2026. C’est décalé, c’est bruyant, et c’est exactement ce qu’on attend d’une pub de Super Bowl pour sortir du lot.

    Le retour des « Drivers Wanted » chez Volkswagen

    L’idée : Mettre en scène le célèbre gadget des années 2000, le poisson chanteur Big Mouth Billy Bass.

    Après quelques années d’absence, Volkswagen revient en force avec une campagne résolument nostalgique intitulée « The Great Invitation: Drivers Wanted ».

    • Le concept : Un hommage direct à la célèbre campagne des années 90.
    • La bande-son : Le tube « Jump Around » de House of Pain (1992).
    • Les stars : Le spot met en avant la gamme actuelle (Golf GTI, Tiguan) mais surtout l’ID. Buzz, le van électrique au look rétro. Bien que le modèle ne soit plus proposé pour l’année 2026 aux USA, VW l’utilise comme symbole de liberté et de joie de vivre pour séduire une nouvelle génération de conducteurs.

    Toyota : L’émotion et les 30 ans du RAV4

    Chez Toyota, l’approche est plus humaine et moins décalée. Le constructeur japonais propose deux spots majeurs :

    1. « Superhero Belt » : Un film touchant qui célèbre les 30 ans du RAV4. On y suit un grand-père attachant sa ceinture (« la ceinture de super-héros ») dans son RAV4 de 1997, avant que son petit-fils ne lui rende la pareille trente ans plus tard dans un modèle 2026.
    2. « Where Dreams Began » : Un hommage au parcours des athlètes (dont Puka Nacua et Bubba Wallace), rappelant que chaque grand champion a commencé avec un rêve d’enfant.

    Pourquoi une telle démesure ?

    Si Ford a (peut-être) décidé de passer son tour cette année pour préserver ses budgets, ceux qui restent parient sur le « brand equity ». Dans un marché saturé, être associé au plus grand événement sportif de l’année est un levier de confiance inégalable pour les consommateurs, malgré un ticket d’entrée qui semble désormais sans limite.

  • Du « pare-bouse » au cockpit virtuel : l’évolution culte du tableau de bord

    Du « pare-bouse » au cockpit virtuel : l’évolution culte du tableau de bord

    Aujourd’hui, nos voitures nous parlent, nous guident et affichent des écrans haute définition. Pourtant, le terme « tableau de bord » a des origines bien plus rustiques, liées aux chevaux et à la boue. En retraçant l’histoire de cette simple cloison protectrice, on comprend l’incroyable voyage qui a mené l’automobile du simple instrument de déplacement au véritable smart device roulant.

    L’origine inattendue : le « dashboard » du cocher

    Il est amusant de constater que le mot « dashboard » (littéralement « planche de tableau » ou « pare-bouse ») remonte aux calèches et aux chariots. Ce n’était à l’origine qu’une simple cloison destinée à protéger le cocher des débris et de la boue projetés par les sabots des chevaux au trot. Cette cloison servait également à stocker le fouet, les rênes, et le foin des bêtes. Selon le budget du propriétaire, elle était faite de bois, de cuir ou de tôle. Le tableau de bord, initialement, était donc un simple bouclier fonctionnel.

    L’âge du laiton : quand le moteur remplaça le cheval

    Avec l’apparition des premières automobiles à la fin du XIXe siècle, le tableau de bord a entamé sa première mue. Le besoin de protection physique s’est transformé en besoin d’information. Les premiers tableaux de bord ne contenaient que des éléments basiques et mécaniques : le levier de frein, la bouteille en verre pour l’huile de lubrification et, progressivement, un premier bloc d’instruments.

    C’était l’époque de l’élégance brute : le design des véhicules haut de gamme s’affinait, introduisant des matériaux nobles comme le laiton pour les entourages d’instruments. Le simple speedometer et l’odomètre sont rejoints par le compte-tours et l’indicateur de pression. C’est surtout à la fin des années 30, lorsque la voiture est perçue non plus comme un simple outil mais comme un lieu de vie, que l’on voit arriver le chauffage et les premières radios à tubes, préparant le terrain pour la révolution du confort intérieur.

    La révolution du plastique et l’ère du loisir

    L’après-guerre a accéléré la transformation. Le tableau de bord est devenu un espace de design à part entière, gagnant en couleur et en intégration. Mais l’évolution la plus radicale fut l’arrivée de l’industrie du plastique rigide. Ce nouveau matériau a permis de produire en masse les volants, les leviers et les boutons, rendant les intérieurs plus complexes et moins chers à fabriquer.

    Le tableau de bord est alors devenu l’hôte des accessoires du « confort » et du statut social. Si les aérations étaient initialement réservées aux modèles haut de gamme, le standard de l’époque est rapidement devenu le chrome sur les radios et, surtout, l’incontournable allume-cigare et le cendrier : signes que l’on passe désormais du temps dans sa voiture.

    L’assaut numérique : du GPS au cockpit virtuel

    Les années 80 marquent le début de l’explosion technologique. Le tableau de bord se complexifie avec des systèmes de climatisation sophistiqués, des compartiments de rangement, puis l’intégration progressive des premiers systèmes de navigation GPS.

    Dans les années 2010, l’avènement du numérique a tout bousculé. L’infotainment est devenu la norme, et le tableau de bord, jusqu’alors une unité statique, est devenu un écran tactile et une interface logicielle. Devant le conducteur, le tableau de bord numérique – le virtual cockpit – a remplacé les cadrans physiques.

    Cette technologie offre une sécurité accrue, en plaçant la carte de navigation satellite directement dans le champ de vision du conducteur. Plus besoin de détourner le regard vers le centre de la console ! Mieux encore, le conducteur peut désormais personnaliser l’affichage via le volant multifonction : augmenter la taille du compte-tours, faire disparaître le répertoire téléphonique ou afficher la carte en grand. C’est l’ultime évolution : le tableau de bord, né pour arrêter la boue du cheval, est devenu un centre de commande intelligent, où le conducteur est aux manettes de sa propre expérience numérique. Un véritable bond de la charrette au smartphone.

  • Dieselgate : dix ans après, la mort annoncée du diesel ?

    Dieselgate : dix ans après, la mort annoncée du diesel ?

    Il y a tout juste dix ans, le 18 septembre 2015, l’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA) publiait un rapport qui allait ébranler l’industrie automobile mondiale. Le scandale qui s’ensuivit, rapidement baptisé Dieselgate, ne se limita pas à un simple dossier technique : il marqua un tournant majeur pour la crédibilité des constructeurs, la réglementation environnementale et l’avenir même du moteur diesel. Une décennie plus tard, une question demeure : le Dieselgate a-t-il accéléré la fin du diesel en tant que carburant de masse ?

    Le cœur du scandale

    Entre 2008 et 2015, Volkswagen avait équipé plusieurs millions de ses modèles de logiciels dits défectueux, capables de détecter les conditions d’un test d’homologation et d’adapter temporairement le fonctionnement du moteur. Résultat : des émissions d’oxydes d’azote (NOx) réduites en laboratoire, mais jusqu’à quarante fois supérieures aux normes en conditions réelles.

    Le dispositif visait à préserver un argument commercial clé du diesel : sa sobriété en carburant. Car les technologies permettant de réduire efficacement les émissions — pièges à NOx ou systèmes SCR à injection d’urée — alourdissaient les coûts et dégradaient parfois la consommation. Volkswagen avait donc choisi de tricher pour rester compétitif face à une réglementation de plus en plus stricte, notamment avec les normes Euro 5 (2011) et Euro 6 (2015).

    Si VW fut la cible principale, il n’était pas seul. Des enquêtes menées depuis ont révélé que d’autres constructeurs avaient, eux aussi, flirté avec les limites de la légalité, voire les avaient franchies. Le scandale s’est vite mué en crise systémique pour l’ensemble du secteur.

    Un coût colossal

    Au-delà du choc réputationnel, Dieselgate a eu un coût financier astronomique. Pour le seul groupe Volkswagen, l’addition a dépassé les 33 milliards de dollars en amendes, indemnisations et rappels. D’autres constructeurs, de Mercedes-Benz à Renault en passant par Nissan, continuent à affronter des procédures judiciaires ou des recours collectifs.

    Le choc fut tel qu’il redessina les priorités stratégiques des groupes automobiles. Beaucoup se sont engagés dans une simplification radicale de leurs gammes, une sorte « d’iPhoneification » selon l’expression de Philip Nothard (Cox Automotive), afin de réduire les coûts de développement et d’industrialisation. Dieselgate a aussi accéléré l’adoption de cycles d’homologation plus réalistes, comme le WLTP entré en vigueur en 2017.

    Le diesel, victime collatérale ?

    En Europe, le diesel représentait encore plus de la moitié des ventes de voitures neuves en 2015. Dix ans plus tard, il pèse moins de 15 %. Si la transition énergétique et l’essor des hybrides et des électriques expliquent en grande partie ce déclin, Dieselgate a clairement servi de catalyseur. La méfiance à l’égard des motorisations à gazole s’est installée, renforcée par les politiques publiques de restriction de circulation et par une fiscalité moins favorable.

    Pourtant, sur le plan technique, le diesel n’a jamais été aussi propre qu’aujourd’hui. Les systèmes de dépollution modernes réduisent drastiquement les émissions de NOx, au point que certains experts considèrent les diesels récents plus vertueux que leurs équivalents essence en matière de pollution locale. « Dieselgate a terni une technologie qui, dans sa forme actuelle, est extrêmement propre », rappelle Nick Molden, fondateur d’Emissions Analytics.


    Un impact sanitaire

    Le scandale ne se limite pas à une tricherie comptable ou à une bataille juridique. Plusieurs études ont estimé que l’excès d’émissions de NOx lié aux logiciels truqueurs aurait contribué à des milliers de décès prématurés en Europe, notamment en raison des maladies respiratoires.


    La confiance des automobilistes en question

    Sur le plan de l’opinion publique, l’effet est plus nuancé. Le recul du diesel semble davantage lié aux contraintes réglementaires et au manque d’offre que proprement à la défiance des consommateurs. Beaucoup d’automobilistes reconnaissent encore l’avantage du diesel pour les gros rouleurs, notamment en matière d’autonomie et de consommation.

    Volkswagen, un géant qui a survécu

    Ironie de l’histoire, le groupe Volkswagen est resté le premier constructeur européen et affiche une santé financière solide. Le Dieselgate fut un traumatisme, mais aussi un accélérateur de transformation : gouvernance renforcée, milliers de collaborateurs formés aux nouvelles pratiques de conformité, et surtout un virage stratégique massif vers l’électrique, incarné par la gamme ID.

    « Dieselgate représente un tournant majeur de l’histoire du groupe », déclarait récemment un porte-parole de Volkswagen, soulignant les progrès accomplis en matière de transparence et d’éthique.

    Une page tournée ?

    Dix ans après, le Dieselgate reste un cas d’école. Pour l’industrie automobile, il aura agi comme un révélateur et un accélérateur : révélateur des failles dans la relation de confiance entre constructeurs et clients ; accélérateur dans la marche vers une mobilité plus propre, que ce soit par contrainte ou par opportunisme.

    Le diesel n’est pas mort, mais il a perdu sa légitimité en tant que technologie dominante. Cantonné désormais aux véhicules lourds, aux utilitaires ou aux gros SUV, il a laissé la voie libre à l’hybride et à l’électrique. La fraude de Volkswagen aura donc, paradoxalement, contribué à précipiter une mutation historique dont nous vivons encore les répercussions.

  • Munich 2025 : l’Europe monte au front face à la déferlante chinoise

    Munich 2025 : l’Europe monte au front face à la déferlante chinoise

    Dès l’ouverture de la journée presse, l’effervescence était palpable au salon de Munich. Sourires, retrouvailles, odeur familière des halls d’exposition : les vétérans retrouvaient ce parfum de « vrai » salon automobile, absent depuis trop longtemps. Pourtant, derrière cette façade d’enthousiasme, un parfum de gravité flotte. Munich n’est pas seulement une fête de l’automobile. C’est un champ de bataille.

    Dans cette capitale de l’industrie allemande, l’Europe automobile est venue montrer ses muscles. L’objectif : prouver que ses constructeurs savent se réinventer et défendre leur marché intérieur contre la vague montante des marques chinoises. Ces dernières, contraintes par une surcapacité colossale — 50 millions de voitures produites chaque année pour un marché domestique plafonnant à 28 millions — cherchent de nouveaux débouchés. Résultat : 22 millions de véhicules par an doivent trouver preneurs à l’étranger, Europe en tête, malgré les incertitudes liées aux droits de douane.

    Les Européens serrent les rangs

    La réponse des constructeurs européens est nette : il s’agit de réaffirmer leur identité et leur pertinence. Audi a frappé fort avec un spectaculaire coupé électrique conceptuel, héritier spirituel du TT. Massimo Frascella, son nouveau patron du design, reconnaît que la marque « s’était égarée » et veut initier une ère stylistique audacieuse et épurée.

    BMW a choisi Munich pour dévoiler la nouvelle iX3, annonciatrice de la famille Neue Klasse, qui comptera 40 modèles électriques à terme. Plus qu’un SUV, c’est une démonstration de stratégie : rationaliser la production, améliorer la rentabilité et redonner de l’attrait à la gamme.

    Chez Mercedes, les slogans « WELCOME HOME » s’affichent partout. Le constructeur veut rassurer ses fidèles, réactiver les valeurs de la marque. Pourtant, la tonalité est surprenante, très éloignée du fameux « Engineered like no other car » qui avait forgé l’image d’excellence technique.

    Volkswagen, lui, regarde en arrière pour mieux avancer. L’offensive porte sur une gamme de petites électriques censées renouer avec « l’esprit VW » et répondre à une clientèle lassée de SUV interchangeables et de berlines surpuissantes. L’idée est claire : revenir à la simplicité et à l’accessibilité.

    La montée en puissance des Chinois

    Si l’Europe se montre en ordre de bataille, c’est aussi parce que la concurrence est déjà sur place, nombreuse. Munich 2025 compte plus de marques chinoises exposées que de constructeurs européens. Mais leurs stands sont relégués en périphérie des six halls, noyés parmi les équipementiers.

    Difficile de les ignorer pourtant : Changan, Xiaomi, Aito — ce dernier soutenu par Huawei — alignent des nouveautés séduisantes. Les ambassadeurs de marque, jeunes et souriants, n’ont rien de conquérants menaçants : ils incarnent une autre vision, pragmatique, celle d’un marché mondialisé où acheter une voiture chinoise devient un choix de bon sens économique. Car, face à une offre compétitive et de plus en plus qualitative, difficile de reprocher à l’automobiliste européen de chercher le meilleur rapport qualité-prix.

    Un salon sans fioritures, mais lourd de sens

    Autre différence avec les salons d’antan : pas de shows grandiloquents, pas de danseurs ni de musique tonitruante. Les présentations vidéo géantes sont là, mais dans un registre sobre. « Comme les voitures électriques elles-mêmes : pas de bruit, pas de vibe », lâche un visiteur désabusé.

    Cette sobriété n’est pourtant pas synonyme de fadeur. Au contraire, elle souligne l’importance du moment : derrière la mise en scène contenue, des avancées majeures se révèlent. Design renouvelé, autonomie accrue, modèles plus rationnels… Les Européens exposent leur riposte avec sérieux. Et les Chinois, avec leurs modèles au style parfois anonyme mais redoutablement efficaces, démontrent qu’ils sont désormais incontournables.

    La bataille pour l’âme de l’automobile européenne

    Munich 2025 restera comme un jalon. Ce n’est plus un simple salon, c’est une déclaration de guerre économique et culturelle. L’Europe se mobilise pour protéger son industrie, son savoir-faire, mais aussi sa place dans l’imaginaire collectif de l’automobile. En face, la Chine avance calmement, sûre de sa force de frappe industrielle.

    La bataille ne fait que commencer. Elle ne se jouera pas seulement sur le terrain de la technique ou des prix, mais aussi sur celui de l’identité. Car si les voitures électriques finissent par se ressembler, que restera-t-il du caractère européen face à l’uniformisation mondiale ? C’est là que réside, plus que jamais, l’enjeu : défendre non seulement des parts de marché, mais une culture automobile.

  • L’illusion du numéro 1 : pourquoi l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi n’a jamais vraiment été le premier groupe automobile mondial

    L’illusion du numéro 1 : pourquoi l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi n’a jamais vraiment été le premier groupe automobile mondial

    Carlos Ghosn aime rappeler, dans ses récentes interventions médiatiques, qu’il a hissé l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi au sommet du classement mondial, au-dessus de Volkswagen et de Toyota. Sur le papier, les chiffres de 2017 et 2018 semblent lui donner raison : plus de 10,6 millions de véhicules vendus en une année, soit environ un sur neuf produits dans le monde. Mais à y regarder de plus près, cette suprématie tient davantage d’une construction de communication que d’une réalité économique et industrielle.

    Une addition de volumes plus qu’un groupe intégré

    A l’époque, l’Alliance n’est pas un constructeur au sens où peut l’être le groupe Volkswagen ou Toyota. C’est un montage original, fait d’échanges croisés d’actions et de coopérations techniques, mais où chaque société conserve son indépendance juridique, sa gouvernance et même ses stratégies commerciales.

    • Renault détient 43,4 % de Nissan,
    • Nissan détient 15 % de Renault (sans droit de vote),
    • et Nissan contrôle 34 % de Mitsubishi Motors.

    L’addition de leurs ventes permet d’afficher un total flatteur, mais l’Alliance ne dispose pas d’un centre décisionnel unique ni d’une stratégie de marque intégrée. Les synergies existent — plateformes partagées, achats communs, R&D mutualisée — mais elles restent limitées par rapport à l’intégration verticale d’un Volkswagen, où Audi, Skoda et Seat travaillent au sein d’une même entité.

    Les autres jouent aussi avec des participations

    S’il fallait additionner toutes les marques où des liens capitalistiques existent, d’autres acteurs pourraient, eux aussi, revendiquer un leadership mondial à travers les âges.

    • Hyundai détient 33,9 % de Kia. Additionnées, leurs ventes dépassent 7 millions d’unités annuelles. Et pourtant, le groupe coréen ne revendique pas être une “alliance numéro 3 mondiale” mais bien un constructeur intégré, Hyundai Motor Group qui ne doit compter que les ventes Hyundai d’un côté et Kia de l’autre.
    • Toyota détient 20 % de Subaru, 5 % de Mazda et 5 % de Suzuki. S’il additionnait ces volumes aux siens, Toyota gonflerait artificiellement ses ventes de près de 2 millions de véhicules supplémentaires. Mais le géant japonais préfère mettre en avant ses propres résultats, sans s’arroger les volumes de partenaires minoritaires.
    • Daimler (Mercedes-Benz) avait croisé son capital avec Renault et Nissan à hauteur de 3,93 % en 2010. À aucun moment, l’Allemand n’a songé à se présenter comme premier constructeur mondial en additionnant ces volumes.
    • Geely, enfin, illustre la stratégie contemporaine d’un actionnaire multi-marques : 100 % de Volvo Cars et Lotus, 51 % de Smart, 8,2 % de Volvo Trucks, près de 10 % de Mercedes. Le groupe chinois pourrait, lui aussi, revendiquer un empire aux ventes cumulées colossales. Il n’en fait rien, préférant gérer chaque entité selon ses besoins stratégiques.

    Quand la communication dépasse la réalité

    Ce qui distingue Carlos Ghosn, c’est son usage de cette addition comme un outil de communication. En 2017 et 2018, au moment où l’Alliance dépassait les 10,6 millions d’unités, il a voulu imposer l’idée que Renault était au sommet de l’industrie automobile mondiale. Une manière de renforcer la légitimité d’un montage fragile, marqué par la méfiance de Nissan vis-à-vis de Renault et par l’absence de réelle fusion.

    La comparaison devient encore plus bancale si l’on élargit le périmètre : Volkswagen intègre aussi des poids lourds (MAN, Scania), ce qui gonfle ses chiffres au-delà des véhicules légers. L’Alliance, elle, ne joue que sur les voitures particulières et utilitaires légers. Or, choisir son terrain de comparaison est une manière de fausser le débat.

    L’importance de l’intégration industrielle

    Être “numéro 1” ne signifie pas seulement vendre plus de voitures, mais aussi disposer d’une capacité d’intégration industrielle : plateformes communes, standards partagés, organisation mondiale cohérente. Sur ce terrain, l’Alliance a toujours été moins efficace que ses rivaux :

    • Volkswagen peut lancer une plateforme (MQB, MEB) et l’amortir sur toutes ses marques.
    • Toyota a fait de la TNGA un standard mondial.
    • Renault, Nissan et Mitsubishi ont longtemps peiné à harmoniser leurs choix techniques, freinés par les rivalités internes.
    • Stellantis est aujourd’hui un exemple qui a généré des milliards d’euros de profits.

    L’illusion de leadership s’est dissipée dès le départ de Ghosn. L’Alliance n’a pas su transformer son volume en avantage stratégique durable.

    Une victoire à la Pyrrhus

    En revendiquant le titre de “numéro 1 mondial”, Carlos Ghosn a offert à l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi un succès d’image plus que de substance. La réalité, c’est qu’un constructeur automobile ne se juge pas uniquement à ses volumes, mais à sa cohérence industrielle, à sa capacité d’innovation et à sa solidité financière. Sur ce terrain, Volkswagen et Toyota – et aujourd’hui Stellantis – restent les véritables leaders.

    L’Alliance a été un montage audacieux, mais fragile. Elle a prouvé qu’il est possible de s’additionner pour quelques années afin de dépasser ses rivaux. Elle a aussi montré que, sans intégration réelle et sans confiance réciproque, le numéro 1 mondial ne peut être qu’un mirage.

    L’Alliance existe toujours, mais personne ne la voit plus comme un groupe consolidé. Alors, comment faire la différence ? Demandez-vous si vous pouvez acheter une entreprise et une autre à côté. Vous pouvez acheter des actions du Groupe Renault, puis des actions de Nissan. Même chose pour Hyundai et Kia. En revanche, impossible d’acheter du Skoda (intégré dans Volkswagen) ou du Lancia ou du Jeep (intégré dans Stellantis).

  • Volkswagen brade ses utilitaires : jusqu’à 40 % de remise… mais pourquoi ?

    Volkswagen brade ses utilitaires : jusqu’à 40 % de remise… mais pourquoi ?

    La recette est vieille comme le commerce : quand ça ne se vend pas, on baisse le prix. Mais cette fois, Volkswagen sort la grosse artillerie. Jusqu’à 40 % de rabais sur ses utilitaires flambant neufs. Non, ce n’est pas une liquidation judiciaire, mais une campagne promotionnelle officielle annoncée par Automobilwoche.

    La ristourne XXL made in Wolfsburg

    L’opération est d’envergure. En clair : Volkswagen augmente les marges des concessionnaires allemands, qui peuvent ensuite les redistribuer en remises. D’ordinaire, un utilitaire se négocie avec 15 % de marge. Là, Volkswagen ajoute 25 % de bonus. Faites le calcul : jusqu’à 40 % de réduction si vous savez négocier.

    La promo court jusqu’au 30 septembre 2025, avec immatriculation obligatoire avant le 15 décembre. Et le menu est copieux :

    • ID. Buzz Cargo,
    • Transporter,
    • Crafter,
    • mais aussi les Caravelle et Multivan côté passagers,
    • sans oublier les campeurs California Ocean et California Beach.

    Autrement dit : l’intégralité du catalogue utilitaires. Comme si Volkswagen avait décidé d’écumer ses stocks à coup de soldes géantes.

    Des modèles récents… déjà au rayon démarque

    Normalement, on brade les fins de série ou les vieilles générations. Ici, non : l’ID. Buzz est la vitrine électrique de la marque, le Crafter et le Transporter viennent d’être renouvelés, et le California reste un objet de culte. Alors pourquoi offrir 40 % de rabais sur des véhicules qui devraient se vendre tout seuls ?

    La réponse tient en un mot : Ford selon AutoBild.

    L’ombre du partenaire encombrant

    Volkswagen et Ford sont désormais partenaires sur plusieurs segments. Résultat : les Ford Capri et Explorer électriques roulent sur des bases Volkswagen, et de l’autre côté, les Transporter et Crafter sont des cousins directs de Transit.

    Le hic, c’est que les utilitaires Volkswagen se vendent mal. Très mal. Si mal que, selon plusieurs sources, certains parkings d’usine débordent de véhicules neufs sans acheteur. Mais VW n’a pas le choix : un accord avec Ford l’oblige à produire un certain volume. Moins produire coûterait plus cher que de vendre à prix sacrifié.

    Moralité : plutôt que de revoir l’accord, Volkswagen préfère inonder le marché de remises gigantesques.

    Quand la promo masque un vrai problème

    Cette campagne est un aveu à peine voilé. Les utilitaires modernes sont coincés entre un marché des thermiques saturé et des versions électriques hors de prix et mal adaptées aux besoins des professionnels. Pas assez d’autonomie, pas d’infrastructure de recharge sérieuse, mais un tarif premium… Résultat, ils restent sur les bras des concessionnaires.

    Et pour Volkswagen, mieux vaut sacrifier l’image de valeur que de laisser les parkings se transformer en musée de l’utilitaire invendu.

    Une opération coup de rabot… au risque d’abîmer l’image (ou de briller auprès de certains médias)

    Sur le court terme, les clients allemands vont se régaler : repartir avec un California Ocean neuf à prix de Dacia, ça n’arrive pas tous les jours. Sur le long terme, l’histoire est moins drôle : une marque qui brade ses modèles récents risque d’éroder son prestige.

    Le message envoyé est clair : les utilitaires Volkswagen ne valent pas ce qu’ils coûtent. Et quand le consommateur le comprend, il n’oublie jamais. Surtout en voyant les valeurs résiduelles.

    Problème : des médias qui ne regardent que les immatriculations vont saluer les efforts de Volkswagen, sans comprendre la profonde crise dans lequel la marque / le constructeur / l’industrie s’enfonce.

  • Du Brésil au Japon, l’histoire aux mille noms de la Volkswagen Coccinelle

    Du Brésil au Japon, l’histoire aux mille noms de la Volkswagen Coccinelle

    La Volkswagen Coccinelle, avec ses lignes rondes et son charme indémodable, est bien plus qu’une simple voiture : c’est un phénomène culturel. Produite à plus de 21 millions d’exemplaires et vendue aux quatre coins du globe, elle a su s’intégrer à chaque culture et y a gagné une multitude de surnoms. Oubliez son appellation officielle, la « Type 1 », et plongez dans un voyage linguistique à travers le monde automobile !

    Le bestiaire à quatre roues

    Dans de nombreux pays, la voiture a hérité de noms d’insectes, en référence à sa forme arrondie et à son allure compacte.

    • Allemagne : Là où tout a commencé, elle est la « Käfer », qui signifie « scarabée » ou « cafard ». Un nom pas très glamour, mais qui fait écho à sa robustesse et à sa présence partout dans le pays.
    • États-Unis : Le nom « Beetle », qui signifie aussi « scarabée », a été popularisé par une campagne publicitaire ingénieuse. Aux États-Unis, la voiture a été un symbole de la contre-culture et de la simplicité.
    • France : La douceur de la langue française a transformé le « cafard » en une jolie « Coccinelle », un petit insecte rouge et noir, symbole de chance. Au Québec, on la surnomme aussi « Coccinelle » ou plus familièrement « Beetle ».
    • Italie : Ici, la voiture est la « Maggiolino », qui signifie « hanneton ». Un insecte qui, comme la Coccinelle, est perçu comme sympathique et inoffensif.
    • Espagne et Amérique du Sud : C’est un retour au scarabée, avec l’« Escarabajo » en Espagne, en Argentine et au Chili. Au Mexique, elle a même un nom plus affectueux, « Vocho » ou « Vochito ».

    Des noms plus exotiques

    Le charme de la Coccinelle a inspiré des noms plus originaux dans d’autres pays :

    • Brésil : Elle est la « Fusca », une abréviation du mot « Volkswagen ». Mais certains l’appellent aussi « Coléoptère », un terme plus général pour les insectes.
    • Norvège : En Norvège, son nom est « Boble », qui signifie « bulle », en référence à sa forme.
    • Thaïlande : Elle est la « Rod tao », qui se traduit par « voiture-tortue », un nom qui évoque sa lenteur supposée et sa forme.
    • Turquie : Le nom « Kaplumbağa », signifie également « tortue », preuve que sa silhouette a la capacité de créer des associations d’idées similaires, même à des milliers de kilomètres.

    La Volkswagen Coccinelle n’est pas seulement une voiture, c’est une légende vivante dont l’héritage se perpétue à travers des noms aussi variés et charmants que la voiture elle-même.

  • Volkswagen ravive l’esprit Harlequin pour les 50 ans de la Polo… sur une voiture de rallycross !

    Volkswagen ravive l’esprit Harlequin pour les 50 ans de la Polo… sur une voiture de rallycross !

    Il y a des voitures qui deviennent cultes parce qu’elles sont rares, performantes ou coûteuses. Et puis il y a les Harlequin de Volkswagen. Des citadines bariolées nées d’une blague d’ingénieur, devenues icônes grâce à leur look délirant et à un parfum d’insolence assumée. Pour les 50 ans de la Polo, VW UK remet ça : une livrée Harlequin — mais cette fois, sur un monstre de rallycross.

    Un anniversaire en roue libre

    Volkswagen n’a pas choisi une Polo GTI ni un modèle de série pour célébrer les cinq décennies de sa petite berline. Non. Le constructeur allemand a préféré se tourner vers son glorieux passé en compétition pour habiller une Polo R World Rallycross Car de 2018 aux couleurs Harlequin. Le résultat ? Une voiture de course surbaissée, bodybuildée, coiffée d’un aileron en carbone, arborant quatre teintes criardes sur ses panneaux de carrosserie : Chagallblau, Flashrot, Ginstergelb et Pistazie. Le tout ponctué de graphismes façon BD.

    Un clin d’œil qui ne doit rien au hasard. Car si la Polo a connu bien des déclinaisons sportives — GT, G40, GTI, R WRC… —, la version Harlequin est sans doute la plus reconnaissable de toutes.

    1995 : la naissance d’une légende multicolore

    Retour en 1994. À l’époque, Volkswagen cherche un moyen ludique d’illustrer la modularité de ses chaînes de production. L’idée est simple : assembler quelques Polo avec des panneaux de carrosserie dépareillés. Neuf prototypes sont réalisés. Le public est conquis. En 1995, VW lance officiellement la Polo Harlekin, une série spéciale… qui n’a rien de sobre.

    Chaque exemplaire repose sur une base colorée — bleu, rouge, jaune ou vert — à laquelle sont ajoutés des panneaux dans les trois autres teintes. En tout, 3 806 exemplaires seront vendus en Europe, avant que le concept ne traverse l’Atlantique, sous forme de Golf Harlequin. C’est peu, mais suffisant pour faire entrer cette édition dans le panthéon des bizarreries automobiles adorées des collectionneurs.

    Au-delà de l’exercice de style, la Harlekin devient une déclaration. Un pied de nez à l’uniformité croissante du marché automobile. Et un formidable outil de différenciation pour VW, qui prouve alors qu’on peut être sérieux sans se prendre au sérieux.

    Du bitume au gravier, même esprit

    Trente ans plus tard, la nouvelle Harlequin ne roule pas dans les rues mais sur les circuits de rallycross. Une discipline où la Polo s’est imposée comme une référence, notamment entre 2017 et 2020, avec plusieurs titres mondiaux en poche. Avant cela, la version WRC de la Polo avait dominé le championnat du monde des rallyes entre 2013 et 2016.

    Le modèle choisi pour cette livrée anniversaire est une Polo WRX de 2018, développée spécifiquement pour le rallycross. Par rapport à la WRC, elle adopte une aérodynamique plus agressive, un empattement raccourci et des suspensions calibrées pour encaisser les jumps et les réceptions brutales. Bref, un engin spectaculaire… que cette robe multicolore rend presque joyeusement absurde.

    Le résultat est saisissant : entre nostalgie assumée et performance brute, cette Harlequin de course devient un ovni roulant. Et une formidable opération de communication, tant pour les amateurs de youngtimers que pour les fans de sport auto.

    Une célébration en trois actes

    Avec cette Harlequin WRX, Volkswagen rend hommage à trois piliers de son identité :

    • La Polo, qui fête ses 50 ans et s’est écoulée à plus de 18 millions d’exemplaires depuis 1975.
    • La série Harlequin, devenu symbole de créativité et de dérision dans le monde très normé de l’automobile.
    • La compétition, où la marque a su allier rigueur allemande et flamboyance sur les pistes.

    Ce mélange improbable entre la dérision colorée et la rigueur du sport mécanique illustre à merveille le paradoxe Volkswagen. Une marque capable d’inventer l’automobile sérieuse et rationnelle… tout en la repeignant comme un jouet de collectionneur.


    La culture Harlequin, toujours vivante ?

    L’engouement pour les Harlequin d’origine ne s’est jamais vraiment éteint. Aujourd’hui encore, des collectionneurs s’arrachent les quelques exemplaires d’époque — surtout ceux dont les panneaux n’ont pas été repeints pour retrouver une certaine « harmonie ». Sur les réseaux sociaux, les #HarlequinVW sont légion. Et ce genre de célébration, même unique, entretient le mythe.

    Avec cette Polo de rallycross, VW montre qu’elle n’a pas oublié comment faire sourire les passionnés. Et qu’elle n’a pas peur de faire dialoguer les époques : une voiture de course ultra-technique, habillée d’une blague de designer des années 90. Parfait pour les 50 ans d’un modèle qui a toujours su ménager la chèvre (sportive) et le chou (citadine raisonnable).

  • 75 ans de Combi : Volkswagen célèbre son utilitaire emblématique

    75 ans de Combi : Volkswagen célèbre son utilitaire emblématique

    Le 8 mars 1950, le premier Transporter, ou T1, sortait des chaînes de montage de Wolfsburg. 75 ans plus tard, ce modèle utilitaire est devenu une icône, le plus vendu en Europe et le plus long en production de l’histoire automobile. Pour célébrer cet anniversaire, Volkswagen Véhicules Utilitaires a prévu une campagne spéciale avec des spots TV, des supports papier et une initiative Instagram innovante.

    De l’utilitaire au modèle culte

    Plus de 12,5 millions d’exemplaires du Combi ont été produits depuis 1950, d’abord à Wolfsburg, puis à Hanovre à partir de 1956. Du T1 au T6.1, toutes les générations du modèle ont conservé le même concept de base, qu’il s’agisse des versions fourgon ou des vans aménagés.

    L’arrivée de l’électromobilité a toutefois entraîné une transformation du modèle. L’ancien concept « un Combi pour tous » a cédé la place à une gamme plus diversifiée, avec « le bon Combi pour chaque client ». L’actuel Multivan, lancé en 2021, a inauguré cette nouvelle ère, avec une motorisation hybride rechargeable disponible en option. L’ID. Buzz, premier Combi VW entièrement électrique produit en grande série, a suivi en 2022. Et en 2025, la nouvelle gamme Transporter fera son apparition, complétant l’offre avec trois variantes de base et six modèles : Multivan/California, ID. Buzz/ID. Buzz Cargo et Transporter/Caravelle.

    Les différentes générations du Combi

    • T1 (1950-1967) : Lancé en 1950, le T1 a rapidement conquis le marché grâce à sa polyvalence et son prix abordable. Il a été décliné en plusieurs versions, dont le célèbre « bus Samba » avec ses 23 fenêtres et son toit ouvrant.
    • T2 (1967-1979) : Le T2 a marqué une évolution stylistique et technique par rapport au T1, avec un pare-brise monobloc et une porte coulissante de série. Il est devenu un symbole de liberté et de voyage, notamment grâce à sa popularité auprès des hippies.
    • T3 (1979-1992) : Le T3 a été le premier Combi VW à proposer des motorisations diesel et une transmission intégrale. Il a également servi de base à des modèles emblématiques comme le California et le Multivan.
    • T4 (1990-2003) : Le T4 a marqué une rupture technologique avec le passage à la traction avant. Il a gagné en espace intérieur et en confort de conduite.
    • T5 (2003-2015) : Le T5 a poursuivi l’évolution du modèle en termes de design, de confort et de technologie. Il a été décliné en de nombreuses versions, dont des éditions spéciales devenues des collectors.
    • T6 et T6.1 (2015-2024) : Le T6 et le T6.1 ont introduit le Combi VW dans l’ère du numérique, avec des systèmes d’aide à la conduite et d’infodivertissement de pointe.

    Le Combi du futur

    Aujourd’hui, le Combi VW se décline en une gamme complète de modèles, du Multivan familial à l’ID. Buzz électrique, en passant par le Transporter utilitaire. Volkswagen Véhicules Utilitaires continue d’innover pour répondre aux besoins de ses clients, tout en conservant l’esprit qui a fait du Combi un modèle emblématique.

    Les célébrations du 75e anniversaire

    Pour fêter cet anniversaire, Volkswagen Véhicules Utilitaires a prévu de nombreux événements, dont :

    • Une campagne de communication avec des spots TV, des supports papier et une initiative sur Instagram.
    • Un événement spécial à Wolfsburg les 24 et 25 mai 2025, avec une exposition de Combis de toutes les générations.
    • Une rencontre « Combi VW & Coffee » à Hanovre le 1er juin 2025, pour les passionnés du modèle.
    • Des rassemblements internationaux de passionnés.

    Le Combi VW continue de séduire les générations, et son avenir s’annonce prometteur.