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  • Ford Scorpio « Grenouille triste » : La fin tragique de la dynastie Granada

    Ford Scorpio « Grenouille triste » : La fin tragique de la dynastie Granada

    Dans l’histoire de Ford Europe, il y a un avant et un après 1994. C’est l’année où le géant américain a décidé de « vandaliser » visuellement son fleuron pour tenter de sauver sa place chez les grands. La Scorpio de deuxième génération, moquée pour son look et incomprise en son temps, est restée comme le chant du signe d’une certaine idée de l’automobile : celle des grandes berlines populaires et robustes. Retour sur le naufrage de la « Granny ».

    Il fut un temps où posséder une grande Ford n’avait pas besoin d’explication. Ce n’était pas une voiture « premium » au sens moderne, ni un SUV prétentieux. C’était une Ford exécutive : spacieuse, confortable, un peu sur-ingéniérée, capable de siéger avec la même dignité devant un poste de police provincial ou le siège social d’une grande entreprise. Cette lignée, née avec la Zephyr et sublimée par la Granada, s’est éteinte dans un mélange de chrome et de stupéfaction.

    Un « vandalisme visuel »

    Lorsque la Scorpio de deuxième génération est dévoilée au Mondial de Paris en 1994, le choc est brutal. À une époque où le design automobile tend vers une anonymisation douce, Ford tente un pari radical. Sous la direction de Fritz Mayhew, la marque veut restaurer du « caractère ».

    Le résultat ? Des phares globuleux, une calandre béante et un arrière tombant qui lui vaudront les surnoms les plus cruels. La presse française l’appelle la « grenouille triste ». En Angleterre, Richard Bremner (du magazine CAR) parle d’un « acte de vandalisme visuel ». Pour les fidèles de la Granada (affectueusement surnommée « Granny »), c’était comme voir sa grand-mère revenir d’une clinique esthétique avec des injections de lèvres et un lifting raté : on reconnaissait la personne, mais on ne comprenait pas l’intention.

    Le drame d’une excellente voiture

    Le véritable drame de la Scorpio, c’est que sous cette carrosserie controversée se cachait l’une des Ford les mieux construites de l’histoire. Ford avait tiré les leçons de la Mondeo pour revoir entièrement les trains roulants. Fini le flottement et l’imprécision de l’ancienne Granada. La Scorpio offrait un contrôle de caisse et une précision de direction qui surprirent les essayeurs de l’époque.

    À l’intérieur, le bond en avant était spectaculaire. Le cuir plissé (optionnel) et la planche de bord ergonomique offraient une ambiance de « Maserati du pauvre » capable de faire rougir les références allemandes.

    La pièce maîtresse : Le V6 Cosworth

    Le sommet de la gamme était animé par le V6 2.9 litres 24 soupapes préparé par Cosworth. Avec ses 204 ch, il transformait la « grenouille » en un véritable « Q-car » (une voiture discrète mais redoutable).

    • 0 à 100 km/h : 8,5 secondes.
    • Vitesse de pointe : 225 km/h. C’était la voiture idéale pour avaler les autoroutes dans un silence de cathédrale, calé dans des sièges chauffants réglables électriquement.

    La fin de l’aventure « Executive »

    Malgré un restylage en 1997 pour tenter d’adoucir ses traits (phares sombres, calandre plus discrète), le mal était fait. Les acheteurs s’étaient tournés vers les badges prestigieux d’Audi, BMW ou Mercedes, qui n’étaient plus seulement aspirationnels mais devenaient la norme.

    La production s’est effondrée, passant de 44 521 unités en 1995 à seulement 6 079 en 1998. En juin de cette année-là, la dernière Scorpio quittait l’usine de Cologne, emportant avec elle 40 ans d’histoire de grandes berlines Ford en Europe.

    Ford ne lui donnera jamais de remplaçante directe, préférant monter en gamme ses Mondeo avec les finitions Ghia, puis Vignale. Aujourd’hui, avec le recul de 2026, la Scorpio n’apparaît plus comme une erreur de design, mais comme un final audacieux et incompris. Une voiture qui croyait encore que Ford devait construire le plus gros vaisseau de la rue.

  • BMW M5 Cabriolet (E34) : L’histoire secrète du joyau qui n’a jamais vu le jour

    BMW M5 Cabriolet (E34) : L’histoire secrète du joyau qui n’a jamais vu le jour

    Dans le panthéon des « licornes » automobiles, la BMW M5 Cabriolet occupe une place à part. Longtemps restée au stade de rumeur de passionnés, l’existence de ce prototype est aujourd’hui documentée. En ce début d’année 2026, de nouveaux détails font surface : la M5 découvrable n’était pas qu’une simple étude de style, elle était à deux doigts (et une signature) d’entrer en concession. Voici pourquoi BMW a finalement débranché la prise.

    À la fin des années 80, l’ingénierie régnait en maître chez BMW. C’était l’époque où les ingénieurs concevaient la « machine ultime » et où les marketeurs devaient ensuite se débrouiller pour lui fixer un prix. C’est dans ce climat d’euphorie technologique qu’est née la BMW M5 Cabriolet (génération E34).

    À quelques mètres du stand de Genève

    L’information, confirmée récemment par BMWblog, est stupéfiante : la voiture était prête. Ce n’était pas un simple exercice de style bricolé dans un coin du garage M, mais un modèle entièrement développé, testé et validé.

    Mieux encore : un emplacement lui était réservé sur le stand BMW du Salon de Genève (vraisemblablement en 1989). Les brochures étaient prêtes, la logistique était en place. Pourtant, au dernier moment, le directoire de Munich a pris peur.


    Les deux raisons d’un « Non » historique

    Pourquoi avoir tué un modèle aussi prometteur ? Deux facteurs ont pesé lourd dans la balance :

    1. Le prix exorbitant : À l’époque, BMW estimait le prix de vente à 500 000 francs. Pour vous donner une idée, après correction de l’inflation, cela représenterait environ 150 000 euros aujourd’hui. Un tarif stratosphérique qui plaçait la M5 dans une niche trop étroite.
    2. La peur du « cannibalisme » : La M3 Cabriolet (E30) venait de débarquer sur le marché. Elle générait des marges confortables et BMW craignait que la M5 ne vienne voler les clients de sa petite sœur, plus agile et déjà culte.

    Le défi industriel : Une coque sans base

    Il y a une raison technique plus profonde souvent oubliée : la Série 5 E34 n’existait pas en cabriolet standard.

    Contrairement à la Série 3, où la version M utilise la structure renforcée des modèles de grande série (318i, 325i), BMW aurait dû produire une coque spécifique uniquement pour la M5 Cabriolet. Sans volume de vente pour amortir les coûts de développement d’un châssis découvrable, l’équation financière devenait suicidaire.

    CaractéristiqueBMW M5 Cabriolet (E34 Prototype)
    Moteur6 cylindres en ligne (S38) – 3,6 Litres
    Puissance315 ch
    Poids estimé~ 1 750 kg
    TransmissionManuelle 5 rapports

    La suite de l’histoire

    Le rêve d’une grande découvrable Motorsport a finalement été mis au placard pendant près de 20 ans. Il faudra attendre 2006 pour voir apparaître une héritière spirituelle : la M6 Cabriolet (E64). Basée sur la plateforme de la Série 5, elle reprenait la recette tant espérée : un grand cabriolet de luxe, un moteur de M5 (le légendaire V10 atmosphérique) et des performances de supercar.

    Aujourd’hui, le prototype de la M5 E34 Cabriolet repose dans les réserves secrètes de BMW Classic. Une voiture magnifique, dotée d’un moteur dont la mélodie reste inégalée, mais qui nous rappelle que même chez les passionnés de Motorsport, c’est toujours la comptabilité qui a le dernier mot.

  • Adieu les « Almendrones » ? Pourquoi les icônes de Cuba sont en train de s’éteindre

    Adieu les « Almendrones » ? Pourquoi les icônes de Cuba sont en train de s’éteindre

    On se dit tous la même chose depuis des décennies : « Il faut aller à Cuba avant que ça ne change. » Ce musée à ciel ouvert, où les Chevrolet 1955 et les Buick 1950 servent encore de taxis quotidiens, semble pourtant arriver au bout du chemin. Mais contre toute attente, ce n’est pas la modernité qui tue ces vieilles gloires américaines, c’est une bête panne sèche et une révolution électrique… à trois roues.

    À La Havane, le temps ne s’est pas arrêté par nostalgie, mais par pure nécessité. Depuis l’embargo des années 60, les Cubains sont devenus les rois de la débrouille. Mais aujourd’hui, le système craque.

    Le pétrole manque, l’électrique pédale

    La raison est géopolitique : le Venezuela, partenaire historique de l’île, traverse une crise majeure (marquée notamment par l’enlèvement de son président). Résultat ? Les exportations de pétrole vers Cuba ont chuté, créant une pénurie de carburant sans précédent.

    Pour continuer à faire bouger les touristes et les locaux, un nouvel acteur a envahi le bitume : le tricycle électrique.

    • Capacité : Jusqu’à 8 passagers.
    • Coût : Bien inférieur à celui d’un taxi classique.
    • Le hic : Ces tuk-tuks modernes doivent être rechargés sur un réseau électrique déjà victime de coupures fréquentes. On déshabille Pierre pour habiller Paul.

    Des monstres de Frankenstein mécaniques

    Si vous soulevez le capot d’une rutilante Dodge de 1957 à La Havane, ne vous attendez pas à voir un V8 d’origine. Depuis longtemps, ces voitures sont devenues des hybrides de l’impossible.

    Les pièces d’origine étant introuvables, les Cubains ont dû improviser :

    • Moteurs Diesel : On remplace les soiffards de Detroit par des blocs Diesel récupérés sur de vieux camions russes (ZIL ou GAZ). C’est bruyant, ça vibre, mais ça avance.
    • Greffes Japonaises : Il n’est pas rare de trouver un moteur Toyota, Isuzu ou Mitsubishi sous une carrosserie de Buick.
    • Le facteur Hollywood : Les V8 d’origine encore en état de marche sont devenus des raretés absolues. Pour la petite histoire, l’un des plus célèbres a d’ailleurs fini en cendres il y a quelques années, lorsqu’un Américain chauve et très musclé (suivez mon regard vers Fast & Furious 8) a décidé d’en incendier un pour remporter une course de rue dans les quartiers historiques.

    Un patrimoine en sursis

    Les voitures américaines de Cuba ne disparaissent pas parce que les Cubains veulent de nouvelles voitures (même si c’est le cas), mais parce qu’elles deviennent impossibles à nourrir et à entretenir. Le passage au tricycle électrique marque sans doute la fin d’une ère visuelle qui a défini l’île pendant 70 ans.

    Le temps où l’on croisait des paquebots chromés à chaque coin de rue s’efface devant le sifflement des moteurs électriques chinois. C’est peut-être le moment, pour de vrai cette fois, d’aller y jeter un dernier coup d’œil.

  • Renntech Sledgehammer : Le retour du marteau-pilon au son de la Zonda

    Renntech Sledgehammer : Le retour du marteau-pilon au son de la Zonda

    La mythique Mercedes SEC (C126) s’apprête à recevoir un traitement de choc. Le préparateur Renntech vient de dévoiler la « Sledgehammer », une réinterprétation radicale limitée à 12 exemplaires, animée par le légendaire V12 atmosphérique qui a fait la gloire de Pagani.

    Un monument de l’étoile revu par Renntech

    La Mercedes SEC reste l’un des sommets du design automobile des années 80 : un coupé imposant, indestructible et d’une élégance rare. Mais pour Renntech, il manquait un ingrédient essentiel à cette cathédrale sur roues : un cœur à la hauteur de sa prestance.

    La Sledgehammer (le « masse » ou « marteau-pilon » en anglais) n’est pas une simple restauration. C’est une reconstruction totale. Sous un kit carrosserie widebody monstrueux et des jantes forgées sur mesure, le châssis et les liaisons au sol ont été entièrement revus pour encaisser une débauche de puissance inédite pour ce châssis C126.

    Le V12 M120 : L’âme de la Pagani Zonda

    Le clou du spectacle se cache sous le long capot avant. Renntech y a installé le V12 M120 atmosphérique, porté ici à une cylindrée de 7,5 litres. Si ce bloc vous dit quelque chose, c’est normal : c’est la base mécanique utilisée par Horacio Pagani pour sa Zonda, ou encore par Mercedes pour la stratosphérique CLK GTR.

    Les chiffres donnent le tournis pour un moteur « atmo » :

    • Puissance : 669 ch
    • Couple : 881 Nm
    • Architecture : V12 à 60°

    Pour garantir le « hurlement » caractéristique des supercars italiennes des années 2000, Renntech a fabriqué à la main des collecteurs d’échappement de longueur égale. Le résultat ? Une sonorité qui devrait faire trembler les murs bien avant que la voiture n’apparaisse dans le rétroviseur.

    Une exclusivité totale

    L’intérieur ne sera pas en reste, avec une personnalisation complète selon les désirs des futurs propriétaires. Mais attention, il faudra être rapide et (très) riche : seuls 12 exemplaires sortiront des ateliers.

    Le premier client recevra sa SEC V12 Widebody en décembre 2027. D’ici là, on ne peut que saluer l’audace de Renntech de maintenir en vie la noblesse du V12 atmosphérique dans un monde de plus en plus électrifié.

  • BMW M1 : Le seul « trafic » de compteur légal (et génial) signé BMW Classic

    BMW M1 : Le seul « trafic » de compteur légal (et génial) signé BMW Classic

    D’ordinaire, tomber sur une voiture de collection affichant 1 km au compteur déclenche une alerte immédiate au département des fraudes. Mais quand c’est BMW Classic qui remet les pendules à l’heure, cela devient l’argument de vente ultime. Voici l’histoire d’une BMW M1 qui a triché avec le temps pour mieux renaître.

    Dans le monde de la collection, le destin d’une voiture tient à deux chiffres : sa rareté et le coût des réparations. Si une Série 1 diesel de 300 000 km finit à la casse pour une aile froissée, une BMW M1 (produite à seulement 399 exemplaires de route) est, par définition, virtuellement immortelle.

    Le crash de la Villa d’Este : De la tragédie à l’opportunité

    Tout commence en 2013 lors du prestigieux concours d’élégance de la Villa d’Este. Une M1 y est impliquée dans un accident sérieux. Pour n’importe quelle autre voiture, c’eût été la fin. Mais pour BMW, co-organisateur de l’événement, c’est devenu un projet de démonstration de force pour son département BMW Classic.

    Plutôt que de simplement « redresser la tôle », le constructeur a opté pour une reconstruction totale. On ne parle pas ici d’une restauration à 10 000 €, mais d’un processus chirurgical :

    • Châssis et plancher : Remis à neuf selon les plans d’usine originaux.
    • Moteur M88/1 : Le 6 cylindres de 3,5 litres assemblé à la main a été entièrement reconstruit.
    • Composants : Exit les pièces d’occasion ; presque tout ce qui pouvait être remplacé par du « neuf d’époque » ou refabriqué l’a été.

    1 km au compteur : Un « Reset » historique

    Le détail qui fait jaser la planète auto ? BMW a officiellement réinitialisé le compteur kilométrique à 1 kilomètre.

    « Réinitialiser un compteur est généralement un acte passible de poursuites. Mais quand c’est le fabricant lui-même qui certifie que chaque boulon, chaque joint et chaque réglage sortent de l’usine pour la seconde fois, cela devient un certificat de naissance. »

    Cette approche rappelle celle de Porsche avec certaines Carrera GT, transformant une voiture « restaurée » en une voiture « neuve de 45 ans ». C’est une distinction subtile mais capitale pour la valeur sur le marché.

    Pourquoi la M1 mérite un tel traitement ?

    Dessinée par le génie Giorgetto Giugiaro, construite à l’origine via une collaboration complexe entre Lamborghini, Baur et BMW, la M1 est la mère de toute la lignée ///M. Sans elle, pas de M3, pas de M5, et encore moins de pack M sur un diesel de fonction.

    Avec ses 277 ch (à l’époque) et son architecture à moteur central, elle reste l’une des supercars les plus utilisables et les plus élégantes de l’histoire. En confiant cette reconstruction à BMW Classic, le propriétaire s’assure une traçabilité parfaite.

    En résumé : Cette M1 n’est plus une voiture de 1980 avec un accident au dossier. C’est une voiture de 2026, construite selon les standards de 1980. Et ça, ça n’a pas de prix (ou alors, un prix avec beaucoup de zéros).

  • ADN de course : Pourquoi le compte-tours Porsche reste au centre du jeu

    ADN de course : Pourquoi le compte-tours Porsche reste au centre du jeu

    i vous montez à bord d’une Porsche pour la première fois, un détail frappe immédiatement : ce n’est pas la vitesse qui occupe la place d’honneur, mais le régime moteur. Depuis plus de sept décennies, le compte-tours central est la boussole de tout conducteur de la marque de Stuttgart. Un héritage qui ne doit rien au hasard stylistique, mais tout à la fureur des circuits.

    Dans une Porsche, la hiérarchie de l’information est claire. Pour les ingénieurs de la marque, la vitesse exacte est une donnée secondaire (après tout, on roule toujours aussi vite que possible, non ?). Ce qui compte, c’est la santé du moteur et le moment précis du passage de rapport.


    Mexico, 1953 : La naissance d’une icône

    Tout commence en novembre 1953, lors de la légendaire Carrera Panamericana au Mexique. Hans Herrmann et Karl Kling s’alignent avec deux Porsche 550 Spyder, la première voiture de la marque spécifiquement conçue pour la compétition.

    À cette époque, piloter un moteur Boxer exige une attention constante pour rester dans la « plage idéale » de couple et éviter la zone rouge destructrice. Pour faciliter la vie des pilotes, Porsche décide de déplacer le compte-tours au centre des instruments circulaires. Un simple coup d’œil intuitif permet alors de surveiller l’aiguille blanche qui s’agite entre 4 000 et 6 000 tours, avant de frôler la zone de danger.

    L’efficacité du dispositif est prouvée dès l’année suivante : Hans Herrmann remporte sa catégorie et termine troisième au classement général. Le compte-tours central lui a permis de marier performance maximale et fiabilité mécanique.


    De la piste à la route : L’invasion des cinq cadrans

    Dès 1955, cet aménagement de cockpit « conquiert » la 356 A. Mais c’est avec l’arrivée de la 911 (encore nommée 901) en 1963 que le design devient définitif. Si les 550 et 356 se contentaient de trois cadrans, la 911 passe à cinq, avec le compte-tours trônant fièrement au milieu de la rangée.

    L’évolution de l’architecture Porsche :

    • Les modèles à moteur central (914, Boxster, Cayman) : Ils reviennent souvent à une triade de cadrans, un hommage direct à la 550 Spyder originale.
    • L’exception Transaxle (924, 944, 968, 928) : Ces modèles, ainsi que le premier Cayenne, ont tenté une approche différente en mettant sur un pied d’égalité le tachymètre et le compte-tours.
    • L’ère numérique : Même avec le passage aux écrans TFT haute résolution, la structure reste inchangée. Le compte-tours central affiche désormais souvent la vitesse numérique en son sein, fusionnant parfaitement l’héritage analogique et les besoins modernes.

    Le gardien du temple numérique

    En 2026, alors que les tableaux de bord deviennent de véritables tablettes géantes, Porsche persiste et signe. Dans la dernière 911, l’équilibre entre forme et fonction s’exprime par un affichage numérique qui reproduit fidèlement la clarté des instruments d’autrefois.

    C’est peut-être là le secret de la marque : peu importe que le moteur soit alimenté par de l’essence synthétique ou des électrons, le conducteur doit toujours avoir l’âme de sa machine juste sous les yeux. Le compte-tours central n’est pas qu’un instrument de mesure ; c’est le battement de cœur de la voiture, et il bat à la place qu’il mérite : la première.

  • 1996-2026 : Pourquoi nous vivons encore dans le monde créé il y a 30 ans

    1996-2026 : Pourquoi nous vivons encore dans le monde créé il y a 30 ans

    En mars 1996, alors que Damon Hill remportait le premier Grand Prix de la saison à Melbourne, un étudiant de Stanford nommé Larry Page lançait un petit algorithme baptisé « BackRub ». Vous le connaissez aujourd’hui sous le nom de Google. Mais l’année 1996 ne fut pas seulement celle de la naissance du web moderne. C’est l’année où l’industrie automobile a basculé dans le futur. De l’électrique à la voiture connectée en passant par la plateforme modulaire, tout ce qui définit notre paysage automobile de 2026 a été inventé cette année-là.

    C’est vertigineux. Trente ans plus tard, nous conduisons toujours des voitures dont l’ADN a été codé il y a trois décennies. Si vous voulez comprendre pourquoi votre Porsche partage des pièces avec une Audi, pourquoi votre voiture vous parle ou pourquoi l’électrique a mis si longtemps à s’imposer, il faut remonter à cette année charnière.

    GM EV1 : Le futur avait une batterie au plomb

    En 1996, le futur était déjà là, et on pouvait le louer pour 399 $ par mois aux Etats-Unis. La GM EV1 était la voiture la plus avancée technologiquement de son époque. Aérodynamisme fou, freinage régénératif, direction électro-hydraulique, pompe à chaleur… Tout ce qui fait la fiche technique d’une Tesla ou d’une Hyundai en 2026 était déjà présent.

    Son seul défaut ? Être une voiture du 21e siècle avec une technologie du 19e : des batteries au plomb. Avec 18,7 kWh et à peine 90 km d’autonomie réelle, elle a inventé l’angoisse de la panne avant même que le terme n’existe. GM a dépensé un milliard de dollars pour en construire 1 117, prouvant que sans une infrastructure de recharge (l’idée de génie qu’aura Musk plus tard) et une chimie de batterie décente, la meilleure ingénierie du monde ne suffit pas.

    Porsche : Le sauvetage par la rentabilité

    Pendant que GM jouait aux apprentis sorciers, Porsche jouait sa survie. En 1996, la marque était au bord du gouffre. C’est un homme, Wendelin Wiedeking, qui a tout changé en appliquant les méthodes de production de Toyota. Le résultat est sorti en 1996 : le Boxster et la 911 (Type 996). Les puristes ont hurlé au scandale du refroidissement par eau et des phares « œufs sur le plat ». Mais le coup de génie était industriel : les deux voitures partageaient 38 % de leurs pièces (moteur, avant, suspension). « Nous avons fait deux voitures pour le prix d’une et demie », disait Harm Lagaay, le designer de l’époque. En réduisant le temps de fabrication d’une 911 de 130 à 60 heures, Porsche a inventé le modèle économique qui lui a permis d’être la marque la plus rentable du monde.

    VW et la « Plateforme pour tous »

    À Wolfsburg, un autre génie (ou tyran, selon le point de vue), Ferdinand Piëch, redéfinissait la logique de groupe. Avec la Volkswagen Passat B5 lancée en 1996, il a imposé le partage de plateforme avec l’Audi A4. C’était le début de la stratégie modulaire. Aujourd’hui, en 2026, quand vous voyez une Bentley, une Lamborghini et une Porsche partager la même architecture qu’une VW, c’est l’héritage direct de cette décision. Piëch a aussi prouvé qu’une « voiture du peuple » pouvait avoir une finition premium, forçant tout le marché à élever son niveau de jeu.

    Le design se libère : Volvo et Ford

    1996 a aussi marqué la fin des « boîtes carrées ». Chez Volvo, Peter Horbury a dévoilé la C70. « Cette fois, on a gardé le jouet et jeté la boîte », plaisantait-il. La marque suédoise, synonyme de brique sécuritaire, devenait soudainement sexy. Chez Ford, le regretté Chris Svensson nous offrait la Ka. Un design « New Edge » radical, clivant, mais génialement moderne, posé sur un châssis de Fiesta. Une audace stylistique que l’on peine à retrouver aujourd’hui.

    La naissance de la voiture connectée

    Enfin, c’est en 1996 que la voiture a commencé à parler au ciel. Ford a lancé le système RESCU sur la Lincoln Continental (GPS + cellulaire pour les urgences), suivi deux jours plus tard par GM et son système OnStar. Personne ne se souvient de RESCU, mais OnStar a posé les bases de tout ce que nous utilisons aujourd’hui : la navigation, l’appel d’urgence et la voiture définie par logiciel.

    Alors, la prochaine fois que vous monterez dans votre voiture électrique, connectée, construite sur une plateforme partagée et au design fluide, ayez une pensée pour 1996. Nous n’avons jamais vraiment quitté cette année-là.

  • Enquête : Faut-il (encore) croire au retour de Marcos ? Et si cette fois, c’était la bonne ?

    Enquête : Faut-il (encore) croire au retour de Marcos ? Et si cette fois, c’était la bonne ?

    TVR, Lotus, Westfield, Zenos… La liste des artisans britanniques qui ont fini dans le décor ressemble à un cimetière de rêves en fibre de verre. Alors, qui serait assez fou pour investir aujourd’hui dans une petite marque de sportives anglaises ? Pourtant, en cette ère de SUV électriques de deux tonnes, la promesse d’une « bombinette » ultra-légère n’a jamais été aussi séduisante. Bonne nouvelle : Marcos est de retour d’entre les morts. Et pour une fois, le plan tient la route.

    Dans les années 70, Marcos était un mélange détonant : l’ingénierie légère de Lotus croisée avec la brutalité de TVR. Des coupés en fibre de verre, propulsés par des moteurs Ford ou Volvo, avec un look à faire tourner les têtes. Fondée en 1959 par Jem Marsh et Frank Costin (d’où le nom Mar-Cos), la marque a une histoire digne d’un roman, faite de faillites, de rock stars (Rod Stewart en avait une) et d’innovations folles.

    Le « Wooden Wonder » de la route

    Pour comprendre Marcos, il faut regarder son ADN. Frank Costin, ancien ingénieur aéronautique chez De Havilland, trouvait la F1 de l’époque « préhistorique ». Son frère Mike (le « Cos » de Cosworth) lui a présenté Colin Chapman, mais c’est avec Jem Marsh qu’il va réaliser son idée la plus dingue : construire des voitures en bois.

    Inspiré par le bombardier Mosquito de la Seconde Guerre mondiale, Costin a conçu des châssis en contreplaqué marine collé. Une hérésie ? Pas du tout. C’était léger, rigide et rapide. La première Marcos, la Xylon (surnommée le « Vilain Petit Canard »), était si efficace qu’un jeune Jackie Stewart a fait ses armes dessus en 1961.

    2026 : Le réveil de la force (et du bon sens)

    Après 50 ans de hauts et de (très) bas, Marcos renaît de ses cendres en ce début d’année 2026. Mais contrairement aux tentatives précédentes, ce retour semble piloté par la raison. Le nouvel homme fort s’appelle Howard Nash. Ce n’est pas un milliardaire excentrique, mais un ancien gestionnaire logistique pragmatique. Il a racheté en 2022 ce qu’il restait de la marque (les plans, les moules, les droits), a réunifié toutes les entités éparpillées et s’est installé à Stockbridge.

    Son plan pour éviter le syndrome TVR ? Ne pas viser la lune tout de suite. « Nous arrivons avec des règles commerciales, pas juste de la passion. Il ne sert à rien de coller un badge sur une voiture et d’essayer de la vendre 500 000 livres », explique-t-il.

    Deux projets pour refaire l’histoire

    Pour ce grand retour, Marcos ne mise plus sur le châssis en bois (impossible à homologuer aujourd’hui), mais garde la philosophie « poids plume » :

    1. Le Projet « Mosquito » : C’est un hommage à la Mini Marcos (la voiture la plus vendue de la marque). Imaginez une carrosserie en fibre de verre posée sur des trains roulants de Mini BMW modernes.
      • Le résultat : Un prototype de piste qui pèse à peine 700 kg pour 300 ch. Un rapport poids/puissance démoniaque qui pourrait donner naissance à une série limitée pour le circuit.
    2. La nouvelle sportive à moteur central : C’est le vrai pari de Nash. Un châssis roulant existe déjà.
      • La fiche technique : Moteur central (probablement 4 cylindres), environ 250 ch pour seulement 650 kg.
      • L’objectif : Une voiture de route « analogique » (boîte manuelle obligatoire !), qui débutera sa carrière sur piste fin 2026, peut-être via une coupe monomarque.

    Pourquoi on a envie d’y croire

    Le positionnement de ce « nouveau Marcos » est malin. Il se situe quelque part entre Ginetta (pour le sérieux en course) et Ariel (pour la radicalité). Howard Nash ne promet pas de rivaliser avec Ferrari. Il promet juste de « produire des voitures qui vous donnent le sourire : un châssis léger, un moteur puissant et une boîte manuelle ».

    Dans un monde automobile aseptisé, c’est une proposition simple, presque rustique, mais terriblement excitante. Espérons juste que cette fois, l’histoire ne finisse pas dans le mur.

  • Bon plan : Comment obtenir des invitations pour le salon Rétromobile 2026 à Paris ?

    Bon plan : Comment obtenir des invitations pour le salon Rétromobile 2026 à Paris ?

    Rétromobile, c’est la grand-messe de la voiture ancienne ! Du 28 janvier au 1er février 2026, la Porte de Versailles va vibrer au rythme des mécaniques légendaires. C’est le salon que le monde nous envie, mais c’est aussi un budget : le billet plein tarif dépasse souvent les 20 euros. Vous préférez garder cet argent pour acheter une pièce détachée ou une miniature ?

    Contrairement à un salon de l’auto classique où les constructeurs distribuent des places à la pelle pour vendre des voitures neuves, les entrées pour Rétromobile sont plus précieuses. Les marques y viennent pour l’image, pas pour signer des bons de commande de Twingo. Mais rassurez-vous, chez AUTOcult.fr, on connaît les filières pour entrer à l’œil (ou presque).

    1. Votre Club de voitures anciennes (La Voie Royale)

    C’est la différence majeure avec le Mondial de l’Auto : à Rétromobile, le roi, c’est le Club. Si vous êtes membre d’un club de marque (Club Porsche, Amicale Citroën, Club Alfa Romeo, etc.) ou d’une association locale de véhicules d’époque :

    • Demandez au bureau : Les clubs exposants disposent de badges et d’invitations pour leurs bénévoles et membres actifs.
    • Les tarifs adhérents : Même sans gratuité totale, la plupart des clubs affiliés à la FFVE (Fédération Française des Véhicules d’Époque) proposent des billetteries à tarifs très préférentiels à leurs membres en amont du salon.

    2. Les Assureurs spécialisés et Experts

    C’est le « concessionnaire » du monde de la collection. Votre assureur « auto moderne » ne pourra probablement rien pour vous, mais si vous assurez une ancienne chez un spécialiste, vous avez une carte à jouer.

    • Les grands noms : Des acteurs comme AXA Passion, Allianz, AMV Légende ou Hagerty sont des piliers du salon. Si vous êtes un bon client (comprenez : vous avez une belle flotte assurée chez eux), un coup de fil à votre courtier peut débloquer une invitation VIP.
    • Les experts automobiles : Si vous avez fait expertiser votre véhicule récemment, votre expert a peut-être des entrées, car ils tiennent souvent stand.

    3. Les Maisons de Vente aux Enchères

    C’est le côté « paillettes » de Rétromobile. La vente officielle attire les foules.

    • Vous êtes vendeur ou enchérisseur enregistré ? L’invitation au salon est quasiment garantie, incluant souvent l’accès aux zones réservées pour voir les lots de près.
    • Astuce : Surveillez les réseaux sociaux des maisons de ventes (Artcurial, Bonhams, RM Sotheby’s) qui organisent parfois des concours pour gagner le catalogue de la vente… et l’entrée qui va avec.

    4. La presse spécialisée et les Partenaires

    Rétromobile est un événement culturel. La chasse aux concours se fait donc sur des terrains bien précis :

    • Presse « Collection » : Oubliez la presse généraliste. Ciblez les magazines comme Gazoline, Auto Rétro, LVA (La Vie de l’Auto) ou Youngtimers. Leurs pages Facebook et Instagram regorgent de jeux-concours.
    • La FFVE : La Fédération fait souvent gagner des places ou propose des offres à ses licenciés. Surveillez leur page Facebook.

    5. Les « Départements Héritage » des constructeurs

    N’allez pas voir votre concessionnaire Renault ou Peugeot du coin, il n’aura rien. En revanche, les départements historiques (Renault Classic, L’Aventure Peugeot Citroën DS, Porsche Classic) disposent de quotas. C’est plus difficile à obtenir que pour le Mondial, mais si vous êtes actif sur les forums dédiés à la marque ou si vous possédez un modèle historique recensé par la marque, tentez votre chance via leurs services de communication ou leurs réseaux sociaux.

    6. Pas d’invit’ ? Soyez malins sur la billetterie

    Si le Graal de la gratuité vous échappe, évitez au moins de payer le prix fort :

    • Anticipez ! N’achetez JAMAIS votre billet sur place aux caisses de la Porte de Versailles. C’est plus cher, et vous ferez la queue. La billetterie en ligne offre toujours un tarif « prévente » plus doux jusqu’à la veille de l’ouverture.
    • Le bon créneau : Rétromobile organise des nocturnes (souvent le mercredi et le vendredi). Si le prix est le même, l’ambiance y est différente et permet d’en profiter plus longtemps après le travail.
    • Groupes et CE : Si vous venez à plusieurs (dès 10 personnes souvent), les tarifs de groupe sont intéressants. Pensez aussi à vérifier auprès de votre Comité d’Entreprise, Rétromobile figure souvent dans les catalogues de billetterie à prix réduit.

    Pour Rétromobile, votre meilleur atout n’est pas votre banquier, mais votre passion. C’est en étant actif dans votre club ou en suivant de près les assureurs spécialisés que vous trouverez le sésame.

    On se retrouve devant le stand des blindés ou à la vente aux enchères ? Bonne visite !

  • Toyota GR Yaris « Sébastien Ogier Edition » : La série ultra-limitée pour fêter le 9e titre !

    Toyota GR Yaris « Sébastien Ogier Edition » : La série ultra-limitée pour fêter le 9e titre !

    L’information vient de tomber ce jeudi 22 janvier 2026, en direct du parc d’assistance du Rallye Monte-Carlo. Alors que la saison 2026 s’ouvre, Toyota Gazoo Racing célèbre le passé récent et glorieux de son pilote star. Pour honorer le 9ème titre mondial de Sébastien Ogier décroché au bout du suspense en Arabie Saoudite fin 2025, voici la « GR Yaris Sébastien Ogier 9x World Champion Edition ». Et attention, c’est un futur collector absolu.

    Il l’a fait. En remportant son 9ème titre l’an dernier (après une saison folle : 11 courses, 10 podiums, 6 victoires !), Sébastien Ogier a égalé le record historique de Sébastien Loeb. Un tel exploit méritait bien une voiture à la hauteur. Toyota ne s’y est pas trompé en dévoilant cette édition spéciale qui risque de s’arracher.

    200 exemplaires dans le monde, pas un de plus

    Commençons par la mauvaise nouvelle pour les acheteurs potentiels : il va falloir se battre. La production est limitée à 100 exemplaires pour le Japon (vendus par loterie au printemps) et 100 exemplaires pour l’Europe. C’est tout.

    « Black Gravite » et drapeau tricolore

    Basée sur la GR Yaris dotée du « Aero performance package », cette édition se distingue par sa teinte exclusive « Black Gravite » (un noir profond symbolisant l’engagement motorsport de TGR). Mais ce sont les détails qui tuent :

    • Des étriers de freins peints en bleu, la couleur fétiche d’Ogier.
    • Une décoration tricolore bleu-blanc-rouge sur la calandre, hommage au drapeau français.
    • Des jantes noir mat.
    • À l’intérieur, des surpiqûres tricolores sur le volant et une plaque numérotée commémorant le titre 2025.

    Le volant, d’ailleurs, est spécifique : son diamètre est légèrement réduit par rapport à la Yaris standard, inspiré par la GR Yaris Rally2, pour une meilleure maniabilité.

    Mode « SEB. » : Le secret du maître

    Ce n’est pas qu’un kit déco. Ogier a personnellement mis au point un mode de transmission intégrale exclusif qui remplace le mode « TRACK ».

    Le Mode « SEB. » offre une répartition du couple de 40:60 (avant/arrière). L’idée ? Favoriser le train arrière pour faire pivoter la voiture et contrôler la dérive, tout en gardant un train avant incisif. C’est le réglage idéal pour « enrouler » les virages comme le Gapençais.

    Plus surprenant, le mode « GRAVEL » disparaît au profit d’un Mode « MORIZO ». Développé par Akio Toyoda (alias Morizo), ce mode verrouille la connexion entre les trains avant et arrière à l’accélération pour une traction maximale (comme un différentiel bloqué), et ne se relâche qu’au freinage. Ogier a tellement aimé ce réglage lors des tests qu’il a insisté pour l’inclure sur sa propre édition spéciale !

    Avec cette voiture, Toyota ne célèbre pas seulement un titre, mais l’une des plus grandes carrières de l’histoire du rallye. Rendez-vous au printemps pour l’ouverture des commandes… et bonne chance !

  • Acheter une Ferrari d’occasion : Plongée dans un monde où le café a le goût de la richesse

    Acheter une Ferrari d’occasion : Plongée dans un monde où le café a le goût de la richesse

    Tout commence par un café. Mais pas n’importe lequel. Alors que nous nous installons dans les canapés en cuir surplombant un showroom de rêve, l’arôme qui s’échappe de la machine à espresso mêle des notes de cacao, de noisettes grillées et… de réussite sociale. Bienvenue chez un concessionnaire Ferrari officiel, pour vivre ce que très peu de gens expérimentent : le processus sacré de l’achat d’un bolide au Cheval Cabré.

    Aujourd’hui, il est très facile de dépenser près de 100 000 euros pour une BMW sportive ou un SUV électrique Mercedes. Cependant, si les prix de ces véhicules neufs sont comparables à ceux d’une Ferrari d’occasion (« Pre-owned »), l’expérience client, elle, est dans une tout autre galaxie.

    Le premier choc : L’intimidante F12tdf

    À peine franchies les portes vitrées, le premier réflexe est de faire demi-tour. La raison ? Une Ferrari F12tdf, l’une des 799 produites, trône là. Son prix avoisine le million d’euros. Le message est clair : ici, on ne vend pas des voitures, on vend de l’exceptionnel. Est-ce une stratégie pour dissuader les curieux en quête d’un tour de manège gratuit ? Probablement.

    Mais une fois passé ce gardien du temple à douze cylindres, on découvre une sélection plus « accessible ». On serre notre tasse de café griffée Ferrari comme un chirurgien tiendrait un organe vital, conscient qu’il s’agit sans doute de la pièce de vaisselle la plus chère que nous ayons jamais touchée.

    La California : La porte d’entrée

    Pour une première incursion dans ce monde, les modèles comme la California ou la Portofino servent souvent de tremplin. C’est facile à comprendre : malgré son statut de Ferrari décapotable rouge (le rêve ultime), une California T d’occasion coûte à peu près le même prix qu’une berline allemande sportive neuve (autour de 100 000 €). Pourtant, sous le capot, on trouve un V8 biturbo de 3,8 litres au pedigree indiscutable.

    L’autre avantage ? Le programme de garantie « Power15 ». Tous les modèles d’occasion certifiés par Ferrari bénéficient d’une couverture, qui peut être étendue jusqu’à la 15e année du véhicule. Cela couvre le moteur, la boîte, la suspension et l’électronique. Certes, l’extension annuelle coûte quelques milliers d’euros, mais c’est toujours moins ruineux que de devoir remplacer un moteur V8 de sa poche.

    Le charme de l’analogique : La 328 GTS

    Dans un coin du showroom, une Ferrari 328 GTS de quatre décennies attire notre regard. Comparée aux vaisseaux spatiaux modernes, elle agit comme un « nettoyant pour le palais ». On remarque immédiatement le pédalier décalé et la boîte manuelle à grille métallique. « Ce genre de voiture est un achat passion », nous explique le responsable des ventes. « Elle attire un type d’acheteur qui cherche plus une sensation d’événement qu’une performance pure. »

    Affichée à un prix similaire à celui d’une berline électrique premium neuve, cette classique à toit Targa et phares escamotables semble être une bonne affaire, surtout si l’on considère le niveau d’émotion qu’elle procure en comparaison.

    Pourquoi acheter en concession officielle ?

    On peut trouver des modèles similaires moins chers sur les sites de petites annonces. Mais acheter directement chez Ferrari offre des avantages intangibles. Le plus important ? La relation. « Si vous achetez une voiture chez un revendeur indépendant au bout de la rue, Ferrari ne sait pas qui vous êtes », précise notre guide. Entrer dans le fichier client officiel, c’est s’ouvrir les portes d’événements exclusifs, de journées sur circuit, et parfois même l’opportunité d’acheter des modèles en série limitée. « 90 % de l’expérience Ferrari, c’est la relation. Nous allons prendre soin de vous, ce n’est pas simplement transactionnel. »

    La pépite du moment : La 488 GTB

    Alors que la nouvelle 296 GTB hybride dépasse allègrement les 300 000 euros avec options, beaucoup de clients se tournent vers celle qui constitue aujourd’hui le « pain et le beurre » du marché de l’occasion : la 488 GTB. Disponible pour environ la moitié du prix de son équivalent moderne, elle représente une valeur incroyable.

    Sur la route, c’est une révélation. Le 0 à 100 km/h est effacé en 3 secondes. Conduire une 488, c’est comme être assis devant un T-Rex jouant du trombone : le râle cuivré du V8 biturbo vous traverse le corps à chaque accélération. La direction tranchante et le châssis équilibré offrent une connexion presque symbiotique avec la route. Le marché semble dormir sur cette véritable pépite, boudée à tort par certains puristes à cause de ses turbos.

    Acheter un rêve

    De retour dans les canapés en cuir, entourés de trophées et de modèles réduits, on réalise que l’acte d’achat est beaucoup plus détendu qu’on ne l’imagine. Dans un monde marqué par l’électrification forcée et l’inflation, choisir une supercar d’occasion plutôt qu’un SUV hybride rechargeable sans âme devient une proposition de plus en plus tentante pour ceux qui en ont les moyens. D’autant que, contrairement aux voitures de grande série, ces modèles ont tendance à conserver leur valeur.

    Mais au final, ce n’est pas un calcul financier. Comme le résume le vendeur avant de nous tendre le bon de commande (que nous ne signerons pas, faute de budget) : « Vous n’achetez pas juste une voiture. Vous achetez un rêve. »

  • F1 2026 : Regrettez-vous l’époque où les présentations Benetton étaient un joyeux chaos ?

    F1 2026 : Regrettez-vous l’époque où les présentations Benetton étaient un joyeux chaos ?

    Alors que le bal des présentations des monoplaces 2026 est sur le point de s’ouvrir, préparez-vous à la routine habituelle : des rendus 3D aseptisés sur Twitter (mince, ça s’appelle X), des discours de directeurs d’équipe lus sur prompteur vantant une « synergie cybernétique », et des voitures qui ne seront même pas les vraies. C’est propre, c’est net, c’est ennuyeux. Il fut un temps où une équipe ne faisait rien comme les autres. C’était l’époque Benetton, où le lancement d’une voiture était un spectacle imprévisible, coûteux et souvent totalement absurde.

    Ah, l’ère Benetton… À cette époque de l’année, les journalistes ne recevaient pas un lien WeTransfer, mais une invitation pour un voyage vers l’inconnu orchestré par Flavio Briatore. Peu importait la voiture, il y avait toujours quelque chose à raconter, souvent parce que rien ne se passait comme prévu.

    Bombes de peinture et Jonglage

    Oubliez Lawrence Stroll en costume croisé débitant des banalités. Imaginez plutôt ceci : une présentation dans un studio londonien où l’on oblige la presse à enfiler des combinaisons blanches intégrales. Soudain, musique à fond, des mécaniciens déboulent, balancent des bombes de peinture sur la nouvelle voiture sans dire un mot, et repartent aussi mystérieusement qu’ils sont venus. Le sens artistique ? Personne ne l’a jamais trouvé.

    Ou encore le lancement de la B199 en janvier 1999 à Enstone. Pour « calmer » les journalistes forcés de travailler un samedi matin, l’équipe leur offre à l’entrée… un kit de jonglage. La notice commençait par : « Soyez doux avec vous-même. Trouvez la personne calme et posée qui est en vous. » Une ironie mordante quand on sait que Benetton passait son temps à tout envoyer en l’air en espérant que ça retombe sur ses pattes.

    Le fiasco de Planet Hollywood (1997)

    Mais le sommet de l’art Benetton reste le lancement de la B197 à Londres. Flavio Briatore avait eu la « brillante » idée de privatiser le Planet Hollywood de Leicester Square. Le problème ? Le bar avait fermé à 3h du matin au lieu d’une heure, retardant toute l’installation. Résultat : des centaines de journalistes gelés, piétinant dehors en plein hiver.

    À l’intérieur, c’était la panique à 500 000 livres sterling. Bernard Dudot, le directeur technique de Renault Sport, jette un œil à son V10 RS9 exposé sur scène et blêmit. Une pièce technique secrète, unique au moteur Renault, est visible de tous. C’est l’horreur. Alors que la presse s’impatiente dehors, les techniciens Renault sortent les clés à molette en urgence sur scène, et un coup de fil paniqué part vers le labo photo pour détruire 400 dossiers de presse contenant un cliché du moteur « nu ».

    Une fois la foule entrée, c’était l’heure de pointe dans le métro londonien. On ne voyait rien, on n’entendait rien, sauf la musique assourdissante et les danseuses. Et au moment critique ? Le drap recouvrant la voiture (que tout le monde avait déjà vue en photos lors des tests en Espagne) est resté coincé, nécessitant l’intervention musclée et peu gracieuse de l’équipe technique.

    Le tour de magie

    Benetton savait aussi jouer avec nos nerfs. Lors d’une autre présentation à l’usine, après un spectacle d’acrobates utilisant des poubelles (ne demandez pas), le moment tant attendu arrive. Sur scène, une forme sous un drap suggère un aérodynamisme révolutionnaire, ultra-bas. Un fil invisible tire le drap d’un coup sec pour révéler… rien du tout. Juste une scène vide. C’était un tour de magie. La vraie voiture est arrivée ensuite.

    Les journalistes, blasés et fatigués, n’avaient qu’une pensée : « Où est cette foutue bagnole ? ». Mais aujourd’hui, avouons-le : on préfèrerait mille fois recevoir un kit de jonglage et voir un drap coincé plutôt que de télécharger un fichier PDF intitulé « New_Livery_Final_V2 ».