Monstre sacré du sport automobile mondial, Mario Andretti incarne une polyvalence et une longévité sans équivalent dans l’histoire des circuits. Des pistes en terre battue de Pennsylvanie aux circuits les plus prestigieux de la planète, le champion italo-américain a triomphé dans toutes les disciplines majeures, décrochant la couronne mondiale en Formule 1 en 1978 au volant de la Lotus 79, les 500 Miles d’Indianapolis en 1969, le Daytona 500 en NASCAR ainsi que de multiples victoires aux 12 Heures de Sebring. Capable de passer d’un dragster ou d’un bolide de midget à une monoplace à effet de sol avec la même aisance insolente, Andretti a traversé cinq décennies de compétition en repoussant sans cesse les limites de l’adhérence et de la machine.
Pour ce pilote total forgé à l’école impitoyable des courses américaines sur ovale, la performance pure ne s’obtenait jamais dans le confort d’un pilotage aseptisé ou d’une retenue calculée. Andretti considérait que l’exploitation maximale des quatre pneumatiques exigeait de flirter en permanence avec le point de rupture, là où la voiture commence à glisser et où le moindre relâchement entraîne la sanction immédiate des glissières de sécurité. Pour rappeler que la vitesse absolue naît de l’inconfort et de l’acceptation du danger, le champion du monde a résumé son art du pilotage à travers cette sentence passée à la postérité :
« Si tout semble sous contrôle, c’est que vous n’allez pas assez vite. »
