Entre l’Alsace et le Land de Bade-Wurtemberg, XPENG organisait début octobre les essais de sa berline L03 au départ de Bâle. J’ai pris le volant de la déclinaison bimoteur 4X Ultra, habillée de la livrée violette Phantom Purple réservée au marché allemand. En France, cette version de pointe sera livrée uniquement en noir sous l’appellation Performance Ultra Black Edition, à 46 990 euros. Mesure des temps de recharge, vie à bord et comportement dynamique sur deux types de bitume très différents.
Du flottement en Alsace à la rigueur en Allemagne
Sur les 115 kilomètres de routes secondaires parcourus côté français le premier jour, la suspension a montré un visage hésitant. Le revêtement dégradé et les raccords de goudron font travailler l’amortissement en continu. La voiture pompe sur ses ressorts, avec un roulis sensible qui rappelle le comportement souple de plusieurs berlines chinoises concurrentes.
Le passage de la frontière le lendemain a changé la donne.
Sur les 62 kilomètres de la boucle en Forêt-Noire, le goudron lisse remet le châssis d’équerre. Dans les virages rapides abordés aux vitesses limites autorisées, l’auto reste calée sur ses appuis, sans dérive de train ni sensibilité au vent latéral. Ce n’est pas une sportive tranchante, mais une routière stable et prévisible dès que la chaussée ne présente pas de nids-de-poule.
L’isolation de la cabine filtre correctement les bruits d’air. J’ai testé l’installation audio sur un enregistrement de Luciano Pavarotti : les voix passent clairement, sans vibration parasite dans les contre-portes.
Un volant de console de jeu adapté aux petites mains
Le dessin du volant surprend au premier coup d’œil. Avec sa forme rectangulaire inspirée d’un joystick aéronautique, l’objet déroute visuellement.
En pratique, la jante est fine. Pour mon gabarit d’un mètre soixante et mes petites mains, la préhension s’avère plus naturelle que sur les volants surdimensionnés de la concurrence européenne. Les réglages de siège permettent de trouver rapidement une bonne position de conduite sans occulter le petit combiné d’instruments, épaulé par l’affichage tête haute sur le pare-brise. L’assise ventilée et l’accoudoir tombent juste.
L’agencement des commandes souffre par contre de la suppression des boutons physiques.
Presque tout passe par la dalle centrale tactile de 15,6 pouces, y compris le réglage des rétroviseurs extérieurs. Régler un miroir impose de chercher dans les menus de l’écran, ce qui oblige à quitter la route des yeux.
Autre régression difficile à comprendre sur une voiture de ce segment : le rétroviseur intérieur conserve une tirette mécanique jour/nuit manuelle, là où la précédente P7+ proposait une caméra de rétrovision numérique continue.
En ville, la caméra d’angle mort bascule automatiquement sur l’écran dès qu’on enclenche un clignotant. Le système de stationnement autonome AutoPark manœuvre au centimètre près dans des créneaux très serrés sans hésitation.

37 rangements et des pas de vis pour caméra
L’empattement de 2,85 mètres permet d’aménager de nombreux espaces de rangement à bord. XPENG en annonce 37, dont un tiroir coulissant de 10 litres logé directement sous la banquette arrière et un port USB-C de 60 watts capable d’alimenter un ordinateur.
Le volume de coffre arrière affiche 539 litres, intégrant une fosse sous le plancher.
À l’avant, le capot dissimule un frunk d’appoint de 69 litres sur cette version quatre roues motrices, volume qui grimpe à 102 litres sur les déclinaisons propulsion.
La planche de bord dispose par ailleurs d’un détail bien pensé : cinq filetages femelles au format standard 1/4 de pouce (trois sur la console, deux aux extrémités de la baie de pare-brise) et des zones magnétiques. Ils permettent de visser solidement un support de téléphone ou une GoPro sans passer par des ventouses sur la vitre.
14 minutes pour passer de 36 à 82 % chez Ionity
Le point fort de la L03 reste son architecture électrique 3C. Nous avons effectué une charge de contrôle sur une borne Ionity 350 kW :
- Niveau initial : 36 %.
- Niveau final : 82 %.
- Temps de branchement : 14 minutes.
- Énergie injectée : 36,352 kWh.
- Puissance moyenne : 155,79 kW.
- Puissance crête observée : 204,9 kW à 46 % de charge, encore mesurée à 203 kW passés les 47 %.
Sur borne rapide, la promesse d’un 10 à 80 % plié en une vingtaine de minutes est respectée.
Grille tarifaire de la gamme XPENG L03 en France
| Version | Configuration technique | Autonomie WLTP | Tarif catalogue |
| Autonomie standard | Propulsion / Mono-moteur | ~420 km | 34 990 € |
| Grande autonomie | Propulsion / Mono-moteur | 520 km | 37 990 € |
| Grande autonomie Ultra | Propulsion / Mono-moteur | 520 km | 42 990 € |
| Performance Ultra Black Edition | Transmission intégrale / Bimoteur | ~500 km | 46 990 € |
L’info en plus : Pourquoi des filetages 1/4 pouce sur la planche de bord ?
L’intégration d’inserts filetés 1/4 de pouce dans l’habitacle est directement issue des boîtiers photographiques et des caméras d’action. En adoptant ce standard mécanique universel au pas Kodak (filetage 1/4-20 UNC), XPENG évite aux utilisateurs l’achat d’adaptateurs propriétaires en plastique. Les supports pour smartphone ou caméras d’enregistrement de route se vissent directement dans la structure métallique du tableau de bord, éliminant les risques de décollement sous l’effet de la chaleur estivale.
