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Essai Dacia Sandero Eco-G : Pourquoi le bon sens à un euro le litre humilie la course aux watts

1 200 km d'autonomie pour un plein à moins de 40 euros : la Dacia Sandero Stepway Eco-G démontre pourquoi le GPL reste le maître absolu du coût au kilomètre.

Par Romain Neveu ◷ 7 min de lecture 5 octobre 2026
Essai Dacia Sandero Eco-G : Pourquoi le bon sens à un euro le litre humilie la course aux watts

Pendant que l’industrie automobile se perd dans des calculs d’amortissement byzantins entre les aides à l’électrification rabotées et le surcoût mécanique des transmissions hybrides autorechargeables, Dacia continue d’opposer une logique d’une simplicité désarmante. La Sandero Stepway Eco-G ne cherche pas à séduire sur fiche technique. Elle débarque avec ses boucliers en plastique brut, son réservoir torique sous le coffre et un argument que les calculettes de leasing peinent à égaler : un plein complet pour moins de quarante euros.

Un trois-cylindres calibré pour le 105 d’octane

Longtemps pénalisé par des adaptations hasardeuses en seconde monte qui amputaient la moitié du coffre avec une cuve encombrante, le gaz de pétrole liquéfié a trouvé chez les ingénieurs de Pitesti une rigueur industrielle sans faille. Dans la Sandero, l’intégration est invisible : en lieu et place de la roue de secours, sous le plancher de chargement, un réservoir torique en acier haute résistance accueille quarante litres utiles de gaz liquéfié, préservant l’intégralité du volume de coffre à 328 litres.

Sous le capot, le petit trois-cylindres 1.0 turbo TCe n’a rien d’une mécanique au rabais convertie à la va-vite. Conçu dès le départ pour la bicarburation avec des sièges de soupapes et des injecteurs spécifiques, le bloc profite de l’indice d’octane exceptionnel du GPL — supérieur à 105 RON — pour tourner à son avantage la combustion gazeuse. Alors qu’il développe 91 chevaux lorsqu’il s’abreuve au sans-plomb 95, le moteur grimpe à 100 chevaux et gagne dix newtons-mètres de couple dès que le calculateur bascule sur le circuit de gaz, portant le pic à 170 Nm dès 2 000 tr/min.

Au volant, la transition entre les deux carburants s’avère indiscernable. Le moteur démarre à l’essence le temps de faire monter le vapo-détendeur en température, puis commute automatiquement sur le GPL dans un claquement de relais imperceptible. Le conducteur peut forcer l’usage du gaz via un commutateur parfaitement intégré à la planche de bord, tandis que l’instrumentation numérique détaille enfin les niveaux de carburant et les consommations moyennes respectives des deux réservoirs sur un même écran.

Sur l’asphalte : 1 200 kilomètres d’autonomie et quelques compromis d’assise

Sur les axes secondaires et les voies rapides, la Sandero Stepway fait valoir une autonomie qui renvoie instantanément toutes les citadines électriques à leurs planificateurs de trajets. Avec cinquante litres de sans-plomb d’un côté et la réserve de gaz de l’autre, notre modèle d’essai autorise près de 550 kilomètres en mode 100 % gaz et plus de 600 kilomètres à l’essence, franchissant allègrement le cap des 1 150 à 1 200 kilomètres cumulés sans ravitailler. Même en tenant compte de la surconsommation physique inhérente au GPL — environ 20 % de plus qu’à l’essence pour compenser un pouvoir calorifique volumique plus faible —, la consommation moyenne de gaz s’établit à 7,3 l/100 km en parcours mixte, ne grimpant qu’à 8,4 l/100 km à 130 km/h calé sur le sixième rapport. Avec un litre de gaz naviguant autour de 0,95 euro à la pompe, le coût en carburant tombe sous les 7,50 euros aux cent kilomètres, rivalisant avec le coût de recharge d’une citadine sur borne publique sans imposer la moindre minute d’attente sur une aire d’autoroute.

La liaison au sol de notre finition Stepway, rehaussée de quatre centimètres par rapport à la berline standard, filtre les nids-de-poule et les saignées du bitume avec une bienveillance rare sur le segment B. Les suspensions à grand débattement travaillent sans heurts, épaulées par des pneumatiques à flancs hauts qui absorbent les percussions urbaines. En contrepartie, le roulis se fait sentir dès que le rythme s’accélère en virage serré, et les barres de toit longitudinales modulables distillent des sifflements aérodynamiques sensibles au-delà de 115 km/h.

L’habitacle fait preuve d’une présentation soignée avec ses garnissages textiles sur la planche de bord et ses aérateurs aux accents cuivrés, enrichis sur notre exemplaire de sièges chauffants optionnels. Deux bémols ternissent toutefois le tableau : la mousse de l’assise, trop ferme et dépourvue de maintien lombaire digne de ce nom, fatigue le bas du dos après trois heures de ruban autoroutier, tandis que la dalle tactile Media Display accuse de petits temps de latence agaçants lors des bascules d’itinéraires sur smartphone.

Le verdict de la calculette : l’écart abyssal du bon de commande

Le verdict des chiffres remet les philosophies à leur place. À 17 500 euros en finition haute, la Sandero Stepway conserve dix mille euros d’avance sur le bon de commande par rapport à ce qui pourrait être la concurrence. Pour l’automobiliste qui aligne ses kilomètres hors des grands centres urbains sans prise de recharge dans son allée, l’écart d’investissement initial efface le débat : le GPL d’usine reste la parade la plus efficace contre l’inflation du kilomètre roulé.

L’info en plus : La fin de la psychose des parkings souterrains

La méfiance historique qui entoure encore parfois le GPL dans l’esprit du grand public français trouve son origine dans l’interdiction d’accès aux parcs de stationnement souterrains en vigueur durant les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix. À cette époque, de nombreuses transformations artisanales ne disposaient d’aucune sécurité active en cas d’incendie, faisant craindre une accumulation de gaz lourd au niveau du sol en cas de fuite.

Cette époque est définitivement révolue. Depuis l’arrêté ministériel du 17 mai 2001, tous les véhicules GPL immatriculés en France doivent obligatoirement intégrer une soupape de sécurité de surpression et un clapet antiretour calibrés pour évacuer le gaz de manière contrôlée en cas de montée anormale de température. Cette évolution technique a légalement et définitivement rouvert l’accès de l’intégralité des parkings souterrains de l’Hexagone aux modèles comme la Sandero, qui bénéficient en prime de la vignette Crit’Air 1 sur l’ensemble du territoire national, quel que soit leur kilométrage.

On aime / On aime moins

Ce qu’on a aiméCe qu’on a moins aimé
Coût au kilomètre imbattable : plein complet de GPL sous les 40 € et tarif à la pompe naviguant sous la barre d’un euro le litre.Confort d’assise sur longue distance : mousse de siège ferme et absence de maintien lombaire provoquant une raideur après trois heures d’étape.
Autonomie cumulée de 1 200 km : rayon d’action digne d’une grande routière grâce aux deux réservoirs (50 l de sans-plomb et 40 l de gaz utiles).Aérodynamique perfectible à 130 km/h : sifflements d’air sensibles engendrés par les barres de toit modulables et la garde au sol rehaussée.
Agrément mécanique en hausse au gaz : gain de 9 ch et 10 Nm de couple en mode GPL grâce à l’indice d’octane élevé (> 105 RON).Réactivité de l’écran Media Display : temps de latence perceptibles au démarrage et lors du basculement des applications de navigation smartphone.
Intégration d’usine rigoureuse : commutation imperceptible, instrumentation dédiée au tableau de bord et coffre de 328 litres intégralement préservé.Roulis sensible en virage appuyé : débattements de suspension généreux privilégiant le filtrage urbain au détriment du maintien de caisse.
Filtrage des chaussées dégradées : garde au sol de 201 mm et pneus à flancs hauts absorbant efficacement les nids-de-poule et les saignées.Roue de secours impossible : emplacement réquisitionné sous le plancher par le réservoir torique de gaz (kit anti-crevaison obligatoire).
Rapport prix/usage sans équivalent : tarif d’achat inférieur de 8 000 à 12 000 € face aux citadines hybrides et électriques du marché.Précision du guidage de boîte : débattements du levier un peu longs lors des passages de rapports rapides en conduite dynamique.

Fiche technique de l’exemplaire essayé

CaractéristiquesDonnées constructeurs / Mesures essai
ModèleDacia Sandero Stepway
FinitionExpression
Motorisation3-cylindres en ligne turbocompressé bicarburation (Essence / GPL)
Cylindrée999 cm³ (1.0 TCe)
Puissance maximale100 ch (74 kW) à 5 000 tr/min en GPL (91 ch en essence)
Couple maximal170 Nm de 2 000 à 3 500 tr/min en GPL (160 Nm en essence)
Boîte de vitessesManuelle à 6 rapports
TransmissionTraction avant
Capacité des réservoirs50 litres (essence) + 40 litres utiles / 50 litres nominaux (GPL)
Consommation moyenne mesurée7,3 l/100 km (mode GPL) — 5,8 l/100 km (mode essence)
Autonomie mesurée~550 km (GPL seul) / ~650 km (essence seule) — Cumul : ~1 200 km
Accélération 0 à 100 km/h11,9 s (en mode GPL)
Vitesse maximale177 km/h
Émissions de CO₂ (cycle WLTP)115 – 122 g/km en GPL (Crit’Air 1)
Dimensions (L / l / h)4,10 m / 1,85 m / 1,59 m
Empattement2,604 m
Garde au sol201 mm
Volume de coffre (norme VDA)328 litres (jusqu’à 1 108 litres banquette rabattue)
Pneumatiques de l’essai205/60 R16
Masse à vide en ordre de marche1 154 kg
Garantie constructeur3 ans ou 100 000 km
Prix d’accès gamme Sandero11 990 € (berline Essential SCe 65)
Prix d’accès Stepway Eco-G 10016 950 € (finition Essential)
Prix de l’exemplaire essayé17 650 € (finition Expression avec peinture métallisée)