DĂ©jĂ , en 1965, Renault proposait des lignes trĂšs marquĂ©es. Cette annĂ©e-lĂ , la RĂ©gie prĂ©sente la Renault 16 avec une silhouette trĂšs innovante. Cette berline deux volumes va participer Ă lâĂ©volution de lâautomobile en Europe.
Le dessin de la Renault 16 est l’Ćuvre de Gaston Juchet. Ce designer industriel, qui cumule aussi la qualitĂ© dâingĂ©nieur aĂ©rodynamicien, suit les consignes de Pierre Dreyfus, PDG de lâĂ©poque. Deux dĂ©cennies avant les voitures Ă vivre, le patron annonce : « Une voiture ne doit plus ĂȘtre quatre siĂšges et une malle, elle doit ĂȘtre un volume ».

Au fil des mois, le projet de remplacement de la Frégate par une berline trois volumes à moteur 6 cylindres est abandonné. Le Projet 114 devant Projet 115, puis Renault 1500.
En charge du style, Juchet choisit une silhouette bicorps Ă hayon, un profil Ă six glaces, une ceinture de caisse basse, un pavillon haut sans gouttiĂšres, avec des lignes tendues et anguleuses. La ligne est littĂ©ralement clivante, mais Pierre Dreyfus tente le pari. Selon lui, la Renault 16 doit ĂȘtre « la voiture des familles attirĂ©es par les modernitĂ©s de la sociĂ©tĂ© de consommation ».

LâĂ©poque est Ă la rĂ©volution. La Renault 16 sâinscrit pleinement dans cette pĂ©riode. La banquette arriĂšre coulisse, se rabat, sâenlĂšve. On y empile, on y entasse. Techniquement, la 16 est aussi un laboratoire pour Renault. Traction Ă moteur central avant, elle inaugure une boĂźte de vitesses et une culasse coulĂ©es en aluminium sous pression, une premiĂšre en Europe.
La TS va encore un peu plus loin avec la lunette arriÚre dégivrante, les phares additionnels à iode, les essuie-glaces deux vitesses avec lave-glace quatre jets, le rétroviseur intérieur avec réglage jour/nuit, les feux de recul, les vitres avant électriques, le toit ouvrant électrique et la sellerie cuir⊠Son propriétaire devient la cible de la société de consommation.

LancĂ©e avec un moteur 1 470 cm3 de 55 chevaux, la TS reçoit un moteur 1 565 cm3 de 85 chevaux. La Renault 16 inaugure aussi la premiĂšre boĂźte de vitesses automatique française dans la TA. De 1973 jusquâĂ sa fin de carriĂšre en 1980, la Renault 16 se voit dotĂ©e dâun moteur 1 647 cm3 de 93 chevaux pour la finition TX, capable dâune vitesse de pointe de 175 km/h.
DĂ©calĂ©e, avec un coup dâavance, la Renault 16 reçoit le prix de voiture de lâannĂ©e 1966. Elle aura Ă©tĂ© produite Ă 1 851 502 exemplaires principalement dans lâusine de Sandouville, spĂ©cialement bĂątie pour elle, en Normandie. PrĂšs de la moitiĂ© a Ă©tĂ© exportĂ©e.
