Expertise vs Influence : Pourquoi Jay Leno reste le vrai « patron » au volant du Slate Truck

À une époque où les constructeurs confient leurs volants à des influenceurs dont la connaissance mécanique s’arrête souvent à la couleur de la carrosserie, voir Jay Leno s’installer dans un prototype a quelque chose de rassurant. Le patriarche de la passion automobile américaine a eu la primeur de l’essai du Slate Truck, un pick-up électrique qui promet de bouleverser le marché. Et avec Leno, on ne parle pas de « likes », on parle de produit.

Dans le paysage médiatique actuel, le contraste est saisissant. D’un côté, des créateurs de contenu en quête de buzz, incapables de différencier un châssis en échelle d’une structure monocoque. De l’autre, Jay Leno. L’homme qui a tout conduit, tout possédé et tout réparé. Sa chaîne, Jay Leno’s Garage, n’est pas un simple canal de divertissement, c’est une institution de la culture automobile mondiale.

Le Slate Truck : L’anti-Tesla par excellence ?

C’est donc tout naturellement vers lui que l’équipe de Slate s’est tournée pour tester la première version roulante de leur pick-up électrique.

Dévoilé en avril dernier, le Slate Truck se veut l’antithèse des monstres de luxe actuels. Là où Ford ou GMC montent en gamme avec des tarifs prohibitifs, Slate vise le bas de l’échelle :

  • Prix cible : Environ 25 000 $ (un défi depuis la fin des crédits d’impôt fédéraux).
  • Philosophie : Un « utilitaire pur », minimaliste, biplace, conçu pour ceux que les constructeurs historiques ont abandonnés.
  • Modularité : Possibilité de le transformer en SUV grâce à un kit boulonné.

Leno : Le regard de l’expert, pas du promoteur

Le prototype orange, arborant fièrement le logo « Jay Leno’s Garage » sur les portières, n’a pas été épargné par l’œil du maître. Ce qui marque dans cette rencontre, c’est l’absence de superlatifs inutiles. Là où un influenceur aurait hurlé devant l’accélération, Leno analyse la pertinence du concept.

« Il est capable de faire ce que beaucoup de véhicules électriques font, mais pour la moitié du prix. »

C’est là que réside toute l’expertise de Leno. Il ne cherche pas à savoir si le camion est « cool » pour Instagram, mais s’il remplit sa mission d’outil de travail abordable. Bien que les restrictions de pré-production l’empêchent de livrer un verdict définitif sur le comportement routier, sa simple présence valide le sérieux de la démarche de Slate.

Le retour au pragmatisme

Le Slate Truck est attendu pour la fin de l’année 2026. Sa réussite dépendra de sa capacité à tenir cette promesse de prix plancher dans un contexte économique difficile.

En attendant, voir Jay Leno au volant nous rappelle une vérité essentielle : l’automobile est une affaire d’ingénierie et de passion, pas de mise en scène. À l’heure où la maîtrise technique s’efface devant la maîtrise des algorithmes, Leno fait figure de dernier rempart, garant d’une critique automobile honnête et éclairée.