Catégorie : Actualités

  • Bon plan : Comment obtenir des invitations pour le salon Rétromobile 2026 à Paris ?

    Bon plan : Comment obtenir des invitations pour le salon Rétromobile 2026 à Paris ?

    Rétromobile, c’est la grand-messe de la voiture ancienne ! Du 28 janvier au 1er février 2026, la Porte de Versailles va vibrer au rythme des mécaniques légendaires. C’est le salon que le monde nous envie, mais c’est aussi un budget : le billet plein tarif dépasse souvent les 20 euros. Vous préférez garder cet argent pour acheter une pièce détachée ou une miniature ?

    Contrairement à un salon de l’auto classique où les constructeurs distribuent des places à la pelle pour vendre des voitures neuves, les entrées pour Rétromobile sont plus précieuses. Les marques y viennent pour l’image, pas pour signer des bons de commande de Twingo. Mais rassurez-vous, chez AUTOcult.fr, on connaît les filières pour entrer à l’œil (ou presque).

    1. Votre Club de voitures anciennes (La Voie Royale)

    C’est la différence majeure avec le Mondial de l’Auto : à Rétromobile, le roi, c’est le Club. Si vous êtes membre d’un club de marque (Club Porsche, Amicale Citroën, Club Alfa Romeo, etc.) ou d’une association locale de véhicules d’époque :

    • Demandez au bureau : Les clubs exposants disposent de badges et d’invitations pour leurs bénévoles et membres actifs.
    • Les tarifs adhérents : Même sans gratuité totale, la plupart des clubs affiliés à la FFVE (Fédération Française des Véhicules d’Époque) proposent des billetteries à tarifs très préférentiels à leurs membres en amont du salon.

    2. Les Assureurs spécialisés et Experts

    C’est le « concessionnaire » du monde de la collection. Votre assureur « auto moderne » ne pourra probablement rien pour vous, mais si vous assurez une ancienne chez un spécialiste, vous avez une carte à jouer.

    • Les grands noms : Des acteurs comme AXA Passion, Allianz, AMV Légende ou Hagerty sont des piliers du salon. Si vous êtes un bon client (comprenez : vous avez une belle flotte assurée chez eux), un coup de fil à votre courtier peut débloquer une invitation VIP.
    • Les experts automobiles : Si vous avez fait expertiser votre véhicule récemment, votre expert a peut-être des entrées, car ils tiennent souvent stand.

    3. Les Maisons de Vente aux Enchères

    C’est le côté « paillettes » de Rétromobile. La vente officielle attire les foules.

    • Vous êtes vendeur ou enchérisseur enregistré ? L’invitation au salon est quasiment garantie, incluant souvent l’accès aux zones réservées pour voir les lots de près.
    • Astuce : Surveillez les réseaux sociaux des maisons de ventes (Artcurial, Bonhams, RM Sotheby’s) qui organisent parfois des concours pour gagner le catalogue de la vente… et l’entrée qui va avec.

    4. La presse spécialisée et les Partenaires

    Rétromobile est un événement culturel. La chasse aux concours se fait donc sur des terrains bien précis :

    • Presse « Collection » : Oubliez la presse généraliste. Ciblez les magazines comme Gazoline, Auto Rétro, LVA (La Vie de l’Auto) ou Youngtimers. Leurs pages Facebook et Instagram regorgent de jeux-concours.
    • La FFVE : La Fédération fait souvent gagner des places ou propose des offres à ses licenciés. Surveillez leur page Facebook.

    5. Les « Départements Héritage » des constructeurs

    N’allez pas voir votre concessionnaire Renault ou Peugeot du coin, il n’aura rien. En revanche, les départements historiques (Renault Classic, L’Aventure Peugeot Citroën DS, Porsche Classic) disposent de quotas. C’est plus difficile à obtenir que pour le Mondial, mais si vous êtes actif sur les forums dédiés à la marque ou si vous possédez un modèle historique recensé par la marque, tentez votre chance via leurs services de communication ou leurs réseaux sociaux.

    6. Pas d’invit’ ? Soyez malins sur la billetterie

    Si le Graal de la gratuité vous échappe, évitez au moins de payer le prix fort :

    • Anticipez ! N’achetez JAMAIS votre billet sur place aux caisses de la Porte de Versailles. C’est plus cher, et vous ferez la queue. La billetterie en ligne offre toujours un tarif « prévente » plus doux jusqu’à la veille de l’ouverture.
    • Le bon créneau : Rétromobile organise des nocturnes (souvent le mercredi et le vendredi). Si le prix est le même, l’ambiance y est différente et permet d’en profiter plus longtemps après le travail.
    • Groupes et CE : Si vous venez à plusieurs (dès 10 personnes souvent), les tarifs de groupe sont intéressants. Pensez aussi à vérifier auprès de votre Comité d’Entreprise, Rétromobile figure souvent dans les catalogues de billetterie à prix réduit.

    Pour Rétromobile, votre meilleur atout n’est pas votre banquier, mais votre passion. C’est en étant actif dans votre club ou en suivant de près les assureurs spécialisés que vous trouverez le sésame.

    On se retrouve devant le stand des blindés ou à la vente aux enchères ? Bonne visite !

  • Toyota GR Yaris Morizo RR : La bombe du Tokyo Auto Salon (seulement 200 élus !)

    Toyota GR Yaris Morizo RR : La bombe du Tokyo Auto Salon (seulement 200 élus !)

    On ne va pas se mentir, on espérait tous secrètement que Toyota profiterait de ce Tokyo Auto Salon 2026 pour lever le voile sur la nouvelle MR2. Ce ne sera pas pour cette fois. Mais pour nous consoler, le constructeur japonais nous offre une version encore plus radicale, plus affûtée et ultra-exclusive de sa coqueluche : voici la GR Yaris Morizo RR.

    Si vous pensiez que la GR Yaris avait atteint son sommet, détrompez-vous. Cette nouvelle édition limitée est le « bébé » direct d’Akio Toyoda, le président de la marque, qui court sous le pseudonyme de « Morizo » depuis 2009. C’est sa vision personnelle de la compacte ultime, forgée dans l’Enfer Vert.

    Née aux 24H du Nürburgring 2025

    Cette voiture n’est pas un exercice de marketing, c’est le fruit de la course. L’an dernier, lors des 24 Heures du Nürburgring 2025, Akio Toyoda a lui-même piloté la GR Yaris n°109 de l’équipe Toyota Gazoo Rookie Racing (TGRR), bouclant 15 tours de la Nordschleife.

    C’est cette expérience, et les réglages spécifiques utilisés pour que la voiture survive et performe sur le tracé allemand, qui ont dicté le cahier des charges de la « Morizo RR ».

    Adieu mode « Gravel », bonjour mode « Morizo »

    Sous le capot, le fabuleux 3 cylindres 1.6L turbo reste inchangé et délivre toujours ses 280 ch (la puissance standard de la Phase 2 en Europe). Mais tout le reste a été optimisé pour le « feeling » de conduite cher au patron :

    • Châssis chirurgical : La direction assistée électrique a été recalibrée pour plus de précision, et les suspensions ont été optimisées pour maximiser le contact du pneu avec la route, même sur les bosses du Nürburgring.
    • Transmission 4×4 revue : C’est la grande nouveauté. Le mode « Gravel » (Terre) disparaît. Il est remplacé par un « Mode Morizo » exclusif. Ce réglage verrouille la répartition du couple à 50/50 entre l’avant et l’arrière, assurant une motricité et une neutralité absolues en usage intensif sur piste.

    Une rareté absolue à prix d’or

    Il va falloir être rapide, très rapide. Toyota a annoncé une production mondiale de seulement 200 exemplaires.

    • 100 exemplaires resteront au Japon.
    • Les 100 autres seront disséminés sur quelques marchés européens triés sur le volet.

    Le carnet de commandes ouvrira au printemps. Côté tarif, si le prix officiel en euros n’est pas encore fixé, l’estimation nous amène aux alentours de 70 000 €.

    C’est une somme coquette pour une Yaris, surtout si l’on y ajoute le malus écologique français qui risque de doubler la facture. Mais pour posséder la voiture personnelle du « Master Driver » de Toyota, certains n’hésiteront pas une seconde.

  • Immanquable : Les trois Ford GT40 du célèbre triplé du Mans 1966 réunies à Goodwood !

    Immanquable : Les trois Ford GT40 du célèbre triplé du Mans 1966 réunies à Goodwood !

    C’est l’une des photos les plus célèbres de l’histoire du sport automobile. Trois voitures, couvertes de boue et de gloire, franchissant la ligne d’arrivée du Mans en formation serrée, humiliant l’ogre Ferrari. Pour célébrer le 60e anniversaire de cette victoire mythique, le Festival of Speed et le Goodwood Revival 2026 vont réaliser l’impossible : réunir le trio original.

    Si vous avez vu le film Le Mans 66 (Ford v Ferrari), vous connaissez l’histoire. Henry Ford II, vexé par Enzo Ferrari, sort le chéquier pour écraser la concurrence. Le résultat ? Une armada de Ford MkII à moteur V8 7.0 litres qui déferle sur la Sarthe en 1966. Alors que les Ferrari P3 rendent l’âme les unes après les autres, Ford organise une arrivée groupée pour la photo. Une arrivée controversée (qui coûtera la victoire à Ken Miles au profit de Bruce McLaren), mais visuellement inoubliable.

    Une réunion rarissime hors des USA

    Pour marquer les 60 ans de cet exploit, Goodwood a réussi un coup de maître. Les trois châssis originaux qui ont monopolisé le podium en 1966 seront présents en Angleterre.

    C’est un événement exceptionnel car ces voitures (propriétés de la Miller Family Automobile Foundation et de Rob Kaufman) quittent très rarement le sol américain, et sont encore plus rarement réunies au même endroit pour rouler.

    Un programme double : Juillet et Septembre

    Les organisateurs ne font pas les choses à moitié. Les trois légendes seront présentes aux deux événements majeurs de Lord March :

    1. Au Festival of Speed (9-12 juillet 2026) : Elles feront rugir leurs gros V8 américains sur la célèbre course de côte. Elles seront les vedettes du thème de cette année : « The Rivals — Epic Racing Duels » (Les Rivaux – Duels épiques de la course).
    2. Au Goodwood Revival (18-20 septembre 2026) : C’est là que la magie opèrera vraiment. Les trois voitures prendront la piste ensemble sur le circuit pour recréer, à l’identique, la formation d’arrivée de 1966.

    « Un moment historique »

    L’organisation de Goodwood ne cache pas son excitation : « Quiconque aura la chance d’assister à l’un de ces événements sera témoin d’un moment véritablement historique. Ce sont trois voitures inimaginablement précieuses. Il est impossible de dire combien de temps nous devrons attendre pour les revoir toutes ensemble, surtout avec leurs moteurs V8 rugissant comme autrefois. »

    Si vous aviez prévu un pèlerinage automobile en Angleterre cette année, vous savez désormais quelles dates bloquer dans votre agenda. Voir l’histoire, c’est bien. L’entendre hurler à 7000 tours/minute, c’est mieux.

  • Toyota GR Yaris « Sébastien Ogier Edition » : La série ultra-limitée pour fêter le 9e titre !

    Toyota GR Yaris « Sébastien Ogier Edition » : La série ultra-limitée pour fêter le 9e titre !

    L’information vient de tomber ce jeudi 22 janvier 2026, en direct du parc d’assistance du Rallye Monte-Carlo. Alors que la saison 2026 s’ouvre, Toyota Gazoo Racing célèbre le passé récent et glorieux de son pilote star. Pour honorer le 9ème titre mondial de Sébastien Ogier décroché au bout du suspense en Arabie Saoudite fin 2025, voici la « GR Yaris Sébastien Ogier 9x World Champion Edition ». Et attention, c’est un futur collector absolu.

    Il l’a fait. En remportant son 9ème titre l’an dernier (après une saison folle : 11 courses, 10 podiums, 6 victoires !), Sébastien Ogier a égalé le record historique de Sébastien Loeb. Un tel exploit méritait bien une voiture à la hauteur. Toyota ne s’y est pas trompé en dévoilant cette édition spéciale qui risque de s’arracher.

    200 exemplaires dans le monde, pas un de plus

    Commençons par la mauvaise nouvelle pour les acheteurs potentiels : il va falloir se battre. La production est limitée à 100 exemplaires pour le Japon (vendus par loterie au printemps) et 100 exemplaires pour l’Europe. C’est tout.

    « Black Gravite » et drapeau tricolore

    Basée sur la GR Yaris dotée du « Aero performance package », cette édition se distingue par sa teinte exclusive « Black Gravite » (un noir profond symbolisant l’engagement motorsport de TGR). Mais ce sont les détails qui tuent :

    • Des étriers de freins peints en bleu, la couleur fétiche d’Ogier.
    • Une décoration tricolore bleu-blanc-rouge sur la calandre, hommage au drapeau français.
    • Des jantes noir mat.
    • À l’intérieur, des surpiqûres tricolores sur le volant et une plaque numérotée commémorant le titre 2025.

    Le volant, d’ailleurs, est spécifique : son diamètre est légèrement réduit par rapport à la Yaris standard, inspiré par la GR Yaris Rally2, pour une meilleure maniabilité.

    Mode « SEB. » : Le secret du maître

    Ce n’est pas qu’un kit déco. Ogier a personnellement mis au point un mode de transmission intégrale exclusif qui remplace le mode « TRACK ».

    Le Mode « SEB. » offre une répartition du couple de 40:60 (avant/arrière). L’idée ? Favoriser le train arrière pour faire pivoter la voiture et contrôler la dérive, tout en gardant un train avant incisif. C’est le réglage idéal pour « enrouler » les virages comme le Gapençais.

    Plus surprenant, le mode « GRAVEL » disparaît au profit d’un Mode « MORIZO ». Développé par Akio Toyoda (alias Morizo), ce mode verrouille la connexion entre les trains avant et arrière à l’accélération pour une traction maximale (comme un différentiel bloqué), et ne se relâche qu’au freinage. Ogier a tellement aimé ce réglage lors des tests qu’il a insisté pour l’inclure sur sa propre édition spéciale !

    Avec cette voiture, Toyota ne célèbre pas seulement un titre, mais l’une des plus grandes carrières de l’histoire du rallye. Rendez-vous au printemps pour l’ouverture des commandes… et bonne chance !

  • F1 2026 : Regrettez-vous l’époque où les présentations Benetton étaient un joyeux chaos ?

    F1 2026 : Regrettez-vous l’époque où les présentations Benetton étaient un joyeux chaos ?

    Alors que le bal des présentations des monoplaces 2026 est sur le point de s’ouvrir, préparez-vous à la routine habituelle : des rendus 3D aseptisés sur Twitter (mince, ça s’appelle X), des discours de directeurs d’équipe lus sur prompteur vantant une « synergie cybernétique », et des voitures qui ne seront même pas les vraies. C’est propre, c’est net, c’est ennuyeux. Il fut un temps où une équipe ne faisait rien comme les autres. C’était l’époque Benetton, où le lancement d’une voiture était un spectacle imprévisible, coûteux et souvent totalement absurde.

    Ah, l’ère Benetton… À cette époque de l’année, les journalistes ne recevaient pas un lien WeTransfer, mais une invitation pour un voyage vers l’inconnu orchestré par Flavio Briatore. Peu importait la voiture, il y avait toujours quelque chose à raconter, souvent parce que rien ne se passait comme prévu.

    Bombes de peinture et Jonglage

    Oubliez Lawrence Stroll en costume croisé débitant des banalités. Imaginez plutôt ceci : une présentation dans un studio londonien où l’on oblige la presse à enfiler des combinaisons blanches intégrales. Soudain, musique à fond, des mécaniciens déboulent, balancent des bombes de peinture sur la nouvelle voiture sans dire un mot, et repartent aussi mystérieusement qu’ils sont venus. Le sens artistique ? Personne ne l’a jamais trouvé.

    Ou encore le lancement de la B199 en janvier 1999 à Enstone. Pour « calmer » les journalistes forcés de travailler un samedi matin, l’équipe leur offre à l’entrée… un kit de jonglage. La notice commençait par : « Soyez doux avec vous-même. Trouvez la personne calme et posée qui est en vous. » Une ironie mordante quand on sait que Benetton passait son temps à tout envoyer en l’air en espérant que ça retombe sur ses pattes.

    Le fiasco de Planet Hollywood (1997)

    Mais le sommet de l’art Benetton reste le lancement de la B197 à Londres. Flavio Briatore avait eu la « brillante » idée de privatiser le Planet Hollywood de Leicester Square. Le problème ? Le bar avait fermé à 3h du matin au lieu d’une heure, retardant toute l’installation. Résultat : des centaines de journalistes gelés, piétinant dehors en plein hiver.

    À l’intérieur, c’était la panique à 500 000 livres sterling. Bernard Dudot, le directeur technique de Renault Sport, jette un œil à son V10 RS9 exposé sur scène et blêmit. Une pièce technique secrète, unique au moteur Renault, est visible de tous. C’est l’horreur. Alors que la presse s’impatiente dehors, les techniciens Renault sortent les clés à molette en urgence sur scène, et un coup de fil paniqué part vers le labo photo pour détruire 400 dossiers de presse contenant un cliché du moteur « nu ».

    Une fois la foule entrée, c’était l’heure de pointe dans le métro londonien. On ne voyait rien, on n’entendait rien, sauf la musique assourdissante et les danseuses. Et au moment critique ? Le drap recouvrant la voiture (que tout le monde avait déjà vue en photos lors des tests en Espagne) est resté coincé, nécessitant l’intervention musclée et peu gracieuse de l’équipe technique.

    Le tour de magie

    Benetton savait aussi jouer avec nos nerfs. Lors d’une autre présentation à l’usine, après un spectacle d’acrobates utilisant des poubelles (ne demandez pas), le moment tant attendu arrive. Sur scène, une forme sous un drap suggère un aérodynamisme révolutionnaire, ultra-bas. Un fil invisible tire le drap d’un coup sec pour révéler… rien du tout. Juste une scène vide. C’était un tour de magie. La vraie voiture est arrivée ensuite.

    Les journalistes, blasés et fatigués, n’avaient qu’une pensée : « Où est cette foutue bagnole ? ». Mais aujourd’hui, avouons-le : on préfèrerait mille fois recevoir un kit de jonglage et voir un drap coincé plutôt que de télécharger un fichier PDF intitulé « New_Livery_Final_V2 ».

  • Jeep Wrangler Commando 392 : Le monstre V8 à boîte méca que vous ne pourrez (presque) jamais acheter

    Jeep Wrangler Commando 392 : Le monstre V8 à boîte méca que vous ne pourrez (presque) jamais acheter

    C’est le cadeau ultime pour ceux qui ont servi. À l’occasion du Veterans Day, Jeep et les sorciers de la suspension Fox Factory ont dévoilé une machine de guerre civile : le Wrangler Commando 392. Au menu ? Un V8 Hemi, des pneus de 40 pouces et, miracle absolu, une boîte manuelle. Le seul problème ? Il faut avoir porté l’uniforme pour espérer en signer le bon de commande.

    C’est une tradition aux États-Unis de soigner les vétérans, mais là, Jeep place la barre à une altitude stratosphérique. En collaboration avec Fox Factory (l’équipementier légendaire du tout-terrain), la marque a créé ce qui ressemble au Wrangler ultime.

    Le Saint-Graal mécanique : V8 + Boîte Manuelle

    Lisez bien ce qui suit, car c’est une configuration que les puristes réclament depuis des années et que Jeep ne proposait pas sur le 392 de série. Sous le capot, on retrouve le gargantuesque V8 Hemi de 6,4 litres développant 470 chevaux et 637 Nm de couple. Mais au lieu de la traditionnelle boîte auto à 8 rapports, Fox Factory a greffé une boîte manuelle Tremec à 6 rapports. Oui, un V8 atmosphérique, une pédale d’embrayage et un levier à remuer soi-même. C’est une licorne automobile.

    Un châssis digne d’un Trophy Truck

    Fox Factory ne s’est pas contenté de poser des autocollants. Le châssis a été revu de fond en comble pour supporter l’apocalypse :

    • Suspension : À l’avant, des amortisseurs bypass de 2,5 pouces. À l’arrière, des combinés filetés à réservoir séparé.
    • Débattement : Le tout offre un débattement colossal de 15 pouces (38 cm).
    • Trains roulants : La puissance passe au sol via un essieu avant Dana 60 renforcé (ratio 5.13:1) et des pneus tout-terrain de 40 pouces montés sur des jantes bead-lock de 20 pouces.

    Malgré cette débauche de testostérone, le véhicule conserve son badge officiel « Trail Rated ».

    Intérieur « Ferrari » et arceau cage

    À l’intérieur, l’ambiance oscille entre le luxe et le brutal. On trouve des surpiqûres rouges « style Ferrari », des commandes en aluminium et un volant cuir frappé du logo Commando. Mais pour rappeler que ce n’est pas une voiture de salon, un arceau de sécurité 4 points est installé de série.

    L’exclusivité absolue

    C’est ici que le rêve s’éloigne pour le commun des mortels. Seulement 250 exemplaires seront produits.

    • 249 unités sont exclusivement réservées aux militaires en service actif et aux vétérans.
    • 1 unité (la dernière) sera vendue aux enchères au grand public lors du « Military Appreciation Month ».

    Le prix annoncé ? Environ 69 995 $ (soit environ 66 000 €). Un tarif qui semble presque dérisoire compte tenu de l’équipement (un Wrangler 392 standard frôlait les 90 000 $). C’est clairement un « cadeau » fait par Jeep et Fox à la communauté militaire.

    Les premières livraisons sont attendues pour début 2026. Pour nous, simples civils européens, il ne reste que les photos pour admirer ce qui est peut-être le Jeep le plus cool de la décennie.

  • Les obligations d’assurance automobile : ce que tout conducteur doit savoir

    Les obligations d’assurance automobile : ce que tout conducteur doit savoir

    Prendre la route sans comprendre ses obligations d’assurance automobile, c’est un peu comme naviguer à vue dans un brouillard épais. En France, cette connaissance va bien au-delà d’une simple formalité administrative : elle constitue votre bouclier financier et juridique face aux aléas de la circulation. Mais concrètement, que dit la loi ? Quelles sont les garanties incontournables et celles qui relèvent du choix personnel ? Et si vous roulez avec un véhicule en leasing, quelles spécificités devez-vous connaître ? Faisons le point ensemble sur ces questions cruciales.

    La responsabilité civile automobile : votre protection de base

    Impossible d’y échapper : la responsabilité civile automobile représente le minimum syndical de toute assurance véhicule en France. Cette couverture obligatoire joue le rôle de filet de sécurité pour protéger les tiers lorsque votre véhicule cause des dommages, qu’il s’agisse de blessures ou de dégâts matériels.

    Les montants minimaux fixés par la loi ne laissent pas de place à l’improvisation : 1,22 million d’euros pour les dommages corporels par sinistre et 76 000 euros pour les dommages matériels. Ces seuils peuvent sembler élevés, mais ils reflètent la réalité des coûts liés aux accidents de la route.

    Cette assurance fonctionne comme un parapluie qui couvre uniquement les dommages que vous infligez aux autres : vos passagers, les piétons qui traversent, les cyclistes ou encore les occupants d’autres véhicules. En revanche, elle ne vous protège pas personnellement en cas de blessure ou si votre propre voiture subit des dégâts.

    Rouler sans cette protection ? Autant jouer à la roulette russe. Les sanctions tombent sans pitié : amendes salées, suspension de permis, immobilisation immédiate du véhicule, et surtout, une responsabilité financière qui peut vous poursuivre toute votre vie en cas d’accident grave.

    Au-delà du minimum : les garanties qui font la différence

    L’assurance tous risques : un investissement qui en vaut la peine ?

    Passer à l’assurance tous risques, c’est franchir un cap dans la protection de votre véhicule. Contrairement à l’assurance au tiers qui ne regarde que vers les autres, cette formule prend aussi soin de votre propre voiture. Particulièrement judicieuse pour les véhicules neufs, de valeur ou encore financés, elle évite les mauvaises surprises au moment de réparer.

    La différence entre ces deux approches ? C’est un peu comme comparer un parapluie basique et un équipement de pluie complet. Le conducteur urbain qui affronte quotidiennement les embouteillages et les risques de stationnement aura tout intérêt à opter pour une protection étendue. À l’inverse, celui qui sort sa vieille voiture du garage une fois par mois pourra s’en tenir au strict nécessaire.

    Vol et incendie : quand la prudence s’impose

    Cette garantie spécifique vous met à l’abri des risques de vol, tentative de vol et incendie. Son utilité dépend largement de votre environnement : habitez-vous en centre-ville ou à la campagne ? Votre véhicule dort-il dans un garage fermé ou sur un parking ouvert ? Conduisez-vous un modèle prisé des voleurs ? Autant de questions qui orienteront votre choix.

    L’assistance : votre ange gardien sur la route

    Les services d’assistance transforment une galère en simple contretemps. Dépannage, remorquage, véhicule de remplacement, assistance juridique… Ces prestations deviennent particulièrement précieuses lors des grands départs en vacances ou si votre voiture représente votre outil de travail quotidien.

    Le leasing automobile : un cas à part

    Louer sa voiture plutôt que l’acheter change complètement la donne en matière d’assurance. Le propriétaire légal du véhicule – autrement dit, l’organisme de leasing – impose généralement des exigences bien plus strictes que la loi.

    Dans la plupart des cas, vous devrez souscrire une assurance tous risques avec des franchises limitées. Cette obligation protège l’investissement du bailleur et garantit que le véhicule lui reviendra en bon état à la fin du contrat.

    Pour bien naviguer dans ces eaux parfois troubles, il devient essentiel de se renseigner précisément sur les obligations liées à votre situation. Consulter des ressources spécialisées sur l’assurance auto leasing vous évitera bien des écueils et vous permettra de choisir une couverture parfaitement adaptée.

    Les garanties vol et incendie font également partie du package quasi-obligatoire dans ce contexte. Logique, quand on sait que les véhicules en leasing sont souvent récents et de valeur élevée. Mieux vaut éplucher votre contrat de location avec attention avant de signer quoi que ce soit.

    Bien choisir : l’art de la comparaison éclairée

    Trouver la bonne assurance automobile, c’est un peu comme choisir un costume : il faut que ça vous aille parfaitement. Votre profil de conducteur, l’usage que vous faites de votre véhicule, votre lieu de résidence et votre budget dessinent les contours de vos besoins réels.

    Comparer les offres ne se résume pas à aligner des chiffres. Certes, le prix compte, mais il faut aussi scruter les garanties proposées, les franchises appliquées, ce qui est exclu de la couverture et les petits plus qui peuvent faire la différence au quotidien.

    Avant de signer, prenez le temps de vérifier les conditions de résiliation, la façon dont vous devrez déclarer un sinistre, les délais d’indemnisation et le réseau de réparateurs partenaires. Ces détails qui semblent anodins sur le papier peuvent devenir cruciaux le jour où vous en avez besoin.

    L’essentiel à retenir

    L’assurance automobile mélange obligation légale et bon sens personnel. Si la responsabilité civile constitue votre socle de protection incontournable, les garanties complémentaires vous offrent une tranquillité d’esprit sur mesure.

    L’art consiste à ajuster votre couverture à votre situation réelle pour optimiser le rapport qualité-prix. Les conducteurs en leasing doivent redoubler d’attention : leurs obligations contractuelles dépassent souvent largement ce qu’exige la loi.

    Prenez le temps de décortiquer votre contrat et de faire jouer la concurrence. Cette démarche réfléchie transformera votre assurance automobile d’une contrainte administrative en véritable protection personnalisée. Après tout, mieux vaut prévenir que guérir, surtout quand il s’agit de votre sécurité financière.

  • Dakar 2026 : Land Rover s’offre « Monsieur Dakar » pour sortir de l’ombre

    Dakar 2026 : Land Rover s’offre « Monsieur Dakar » pour sortir de l’ombre

    Alors que Land Rover traverse une période sombre sur le marché français, dégringolant à la 41e place des constructeurs depuis le début de l’année (une chute vertigineuse de 14 places), la marque britannique tente un coup d’éclat spectaculaire. Pour redorer son blason et prouver la robustesse de ses machines, Land Rover ne fait pas les choses à moitié : elle engage le nouveau Defender Dakar D7X-R au prochain Dakar, avec au volant ni plus ni moins que la légende vivante de l’épreuve, Stéphane Peterhansel.

    C’est un paradoxe comme l’automobile en a le secret. D’un côté, des chiffres de vente en berne dans l’Hexagone, où Land Rover semble s’effacer doucement des radars. De l’autre, une démonstration de force brute et technologique avec la présentation officielle, ce matin, du Defender Dakar D7X-R. Basé sur le monstrueux Defender OCTA, ce prototype « proche de la série » limera les pistes saoudiennes dès janvier 2026.

    L’effet Peterhansel : le maître et la machine

    Si la voiture impressionne, c’est bien le nom inscrit sur la portière qui fait trembler le bivouac. Stéphane Peterhansel, l’homme aux 14 victoires sur le Dakar, rejoint l’aventure Defender Rally.

    Associer « Monsieur Dakar » à un projet en catégorie « Stock » (véhicules de série modifiés) est un message fort. Peterhansel ne vient pas pour faire de la figuration, mais pour pousser cette machine dans ses derniers retranchements. Copiloté par Mika Metge, il aura la lourde tâche de démontrer que le Defender n’est pas seulement un SUV de luxe pour les beaux quartiers, mais un véritable franchisseur capable d’encaisser 80 heures de torture mécanique et 5 000 km de chrono.

    Il sera épaulé par deux autres équipages de pointe : Rokas Baciuška / Oriol Vidal et Sara Price / Sean Berriman. Mais ne nous y trompons pas : tous les yeux seront rivés sur le duo français.

    D7X-R : Un monstre (presque) de série

    Le règlement de la nouvelle catégorie FIA « Stock » impose de conserver l’ADN du véhicule de production. Le Defender Dakar D7X-R repose donc sur la structure monocoque D7x et conserve le cœur battant du Defender OCTA : le V8 4.4L biturbo.

    Cependant, pour survivre à l’enfer du désert, les ingénieurs de Defender Rally, dirigés par Ian James, ont opéré des mutations chirurgicales :

    • Châssis et Liaisons au sol : C’est le nerf de la guerre. Land Rover s’est associé à BILSTEIN pour développer une suspension spécifique capable de supporter les sauts et la tôle ondulée. À l’avant, on retrouve des combinés ressorts-amortisseurs, et à l’arrière, une double triangulation avec amortisseurs parallèles.
    • Gabarit : Le véhicule a été élargi de 60 mm et rehaussé. Il chausse désormais d’immenses pneus de 35 pouces, nécessitant des arches de roues encore plus proéminentes que sur l’OCTA.
    • Autonomie : C’est le chiffre qui donne le tournis. Pour assurer les étapes de plus de 800 km, un réservoir sur mesure de 550 litres a été installé à l’arrière.
    • Refroidissement : Fini les trois radiateurs de série. Place à un unique radiateur géant en façade, gavé d’air par quatre ventilateurs et une calandre optimisée. Le capot a été redessiné pour l’extraction de chaleur.

    Une technologie pensée pour le vol

    L’électronique n’est pas en reste. L’équipe a développé un « Flight Mode » (Mode Vol). Loin d’être un gadget marketing, ce système détecte lorsque les roues quittent le sol lors d’un saut dans les dunes. Il coupe et ajuste instantanément la distribution du couple pour éviter l’emballement moteur et préserver la transmission lors de l’atterrissage brutal.

    Arborant une livrée « Geopalette » aux teintes sable et turquoise, le D7X-R a déjà avalé 6 000 km de tests. Mais rien ne remplace la vérité de la course.

    Rendez-vous le 3 janvier 2026 en Arabie Saoudite. Pour Land Rover, l’objectif est double : gagner dans sa catégorie, et surtout, prouver au marché français et mondial que le Defender reste le roi incontesté de l’aventure.

  • Jeep Recon : pourquoi le silence du tout-électrique est la meilleure chose qui pouvait arriver au franchissement

    Jeep Recon : pourquoi le silence du tout-électrique est la meilleure chose qui pouvait arriver au franchissement

    Les puristes pleurent encore la disparition des V8, et c’est compréhensible. Mais si on met l’émotion de côté pour regarder l’efficacité pure et l’expérience de conduite, le nouveau Jeep Recon 100 % électrique pourrait bien être l’arme absolue en tout-terrain. Voici pourquoi le futur du franchissement s’écrit en silence.

    On associe souvent Jeep au grondement d’un moteur thermique luttant dans la boue ou grimpant une paroi rocheuse. Pourtant, l’annonce du Jeep Recon, le cousin spirituel du Wrangler en version « zéro émission », prouve que l’électricité n’est pas une contrainte, mais une évolution majeure pour les baroudeurs.

    Le silence : l’atout tactique ultime

    Imaginez la scène : vous êtes en plein milieu d’une zone de franchissement technique, au cœur d’une forêt ou sur les roches rouges de Moab. Avec un thermique, le moteur hurle, le ventilateur tourne à fond, et vous devez crier pour entendre votre « spotter » (la personne qui vous guide à l’extérieur).

    Avec le Jeep Recon, tout change. Le silence est total.

    1. Connexion avec la nature : Vous entendez le crissement des pneus sur la roche, le bruit de la suspension qui travaille, et l’environnement autour de vous. C’est une immersion totale, le « Tread Lightly » (l’empreinte légère) poussé à son paroxysme.
    2. Précision du pilotage : Ne plus avoir à gérer le régime moteur permet de se concentrer uniquement sur la trajectoire. Et surtout, vous entendez les instructions de votre guide sans talkie-walkie ni hurlements.

    840 Nm de couple tout de suite : la fin du calage

    L’autre argument qui rend le Recon potentiellement supérieur à un Wrangler thermique classique, c’est la physique. En franchissement, on cherche le couple à bas régime. Le Recon balance 840 Nm de couple instantané. Pas besoin de faire patiner l’embrayage ou de monter dans les tours pour que la puissance arrive.

    Avec ses 650 chevaux, il expédie le 0 à 100 km/h en 3,7 secondes sur route, mais c’est à 2 km/h qu’il sera le plus impressionnant. Grâce à une gestion électronique ultra-fine des moteurs électriques (un par essieu) et au système Selec-Terrain (avec un mode Rock dédié), le contrôle de la motricité est millimétrique. Finis les à-coups brutaux : le Recon grimpe aux arbres avec la douceur d’un chat.

    Un vrai Jeep : portes et toit sont de série, mais en option pour l’utilisation !

    Que les fans se rassurent, Jeep n’a pas fait un SUV aseptisé. Le Recon est Trail Rated (validé sur le Rubicon Trail) et garde l’ADN fun de la marque. C’est le seul électrique du marché conçu pour être désossé :

    • Les portes s’enlèvent.
    • La lunette arrière se démonte.
    • Les vitres de custode se retirent.
    • Le toit ouvrant panoramique (ou le toit souple électrique) offre une vue imprenable.

    L’objectif est clair : offrir la liberté du grand air, sans les gaz d’échappement.

    Fiche technique : Il ne craint personne

    La version Moab (qui sera lancée aux US) annonce la couleur avec des pneus de 33 pouces de série et des blocages de différentiel électroniques (e-locker).

    • Autonomie : Environ 400 km (EPA), suffisant pour une journée de trail intense.
    • Protection : Des plaques de protection en acier haute résistance protègent la batterie de 100 kWh.
    • Techno : Le système Uconnect 5 avec écran 14,5 pouces intègre désormais l’application Jeep Trails Offroad pour cartographier vos exploits.

    Le Jeep Recon ne remplace pas (encore) le Wrangler, il ouvre une voie parallèle. Celle d’un tout-terrain où la performance n’est pas synonyme de bruit, mais de maîtrise. Si vous aimez la nature au point de vouloir la traverser sans la déranger, ce monstre silencieux de 650 ch est fait pour vous. Arrivée prévue : début 2026.

  • Spyker : le retour éternel du phénix néerlandais

    Spyker : le retour éternel du phénix néerlandais

    Le cycle est à nouveau complet. Victor Muller, l’entrepreneur néerlandais à la poigne de fer et à la persistance troublante, a une fois de plus annoncé la renaissance imminente de Spyker, le constructeur d’hypercars au destin le plus tourmenté de l’industrie moderne. Si l’annonce réjouit toujours l’âme romantique des passionnés, elle soulève, pour les observateurs avertis, la question fatale : cette fois sera-t-elle la bonne, ou n’est-ce que le dernier acte d’un mythe condamné à se consumer ?

    Une histoire de faillites et de fierté

    L’histoire de Spyker est la négation même de la stabilité. Fondée en 1880 pour des carrosses, elle se lance dans l’automobile pionnière en 1899, mais subit sa première banqueroute dès 1907. Reconstituée, elle se tourne même vers l’aviation durant la Première Guerre mondiale, une inspiration qui nourrira plus tard le design de ses hypercars. Pourtant, après un nouveau sursaut, c’est l’arrêt de mort qui est prononcé en 1922.

    Le véritable mythe moderne prend forme en 1999, lorsque Victor Muller ressuscite la marque, récupérant son logo orné du phénix et sa devise latine : « Nulla tenaci invia est via » (Pour le tenace, aucune route n’est impraticable). C’est le début d’une nouvelle ère flamboyante.


    Le temps de la démesure : C8, F1 et Saab

    La seconde vie de Spyker fut celle de l’extravagance et de l’ambition sans limite :

    • Le Design Aéronautique : Les modèles de l’ère Muller — notamment la C8 et plus tard la C8 Preliator (2016) – ont captivé le monde par leur esthétique. Leur style est un hommage direct aux avions de combat de la Première Guerre, avec des intérieurs spectaculaires faits d’aluminium poli, de cuir matelassé et de manomètres complexes. L’intégration de la mécanique Audi (un V8 4.2L de 525 ch pour la Preliator) garantissait des performances respectables (322 km/h).
    • L’Escapade en F1 : En 2006-2007, Spyker s’offre une incursion éphémère et coûteuse en Formule 1, affirmant une ambition qui dépassait largement ses moyens.
    • L’Erreur Fatale : Le tournant désastreux intervient en 2010 avec l’achat de Saab. Cette opération, largement jugée démesurée, fut un bain de sang financier qui a drainé les ressources du petit constructeur d’hypercars.

    Les années qui ont suivi ont été une suite incessante de tentatives de sauvetage, d’accords avec les créanciers, de mise sous administration contrôlée, et de recours juridiques, aboutissant à une nouvelle banqueroute en 2021 et même à une plainte pour fraude contre Muller.

    Le phénix rechargé, les doutes persistants

    Aujourd’hui, Victor Muller annonce avoir trouvé un accord pour régler les litiges concernant les droits de propriété intellectuelle et les dettes, ouvrant la voie à une nouvelle relance.

    Le mythe du phénix n’a jamais été aussi pertinent. Spyker est condamné à renaître de ses cendres, non pas par nécessité industrielle, mais par la seule volonté de son fondateur, Victor Muller. Pour le spécialiste, l’enthousiasme du design unique (que l’on retrouve dans des détails comme l’inspiration des hélices pour les jantes) est contrebalancé par un historique d’instabilité chronique. Le retour de Spyker est un événement à suivre avec passion, mais surtout, avec une prudence extrême quant à sa viabilité à long terme.

  • De la Ford Pinto aux airbags Takata : quand l’automobile oublie la sécurité

    De la Ford Pinto aux airbags Takata : quand l’automobile oublie la sécurité

    L’histoire de l’automobile est ponctuée d’innovations techniques et de progrès en matière de sécurité. Mais elle est aussi jalonnée de scandales où les intérêts économiques ont pris le pas sur la protection des usagers. L’affaire des airbags Takata, dont le rappel mondial a été l’un des plus vastes et des plus tardifs de l’histoire, en est l’exemple le plus récent. Mais elle fait écho à un autre drame qui remonte aux années 1970 : celui de la Ford Pinto. Deux époques, un même dilemme : jusqu’où les constructeurs peuvent-ils aller dans leurs arbitrages financiers face à la sécurité de leurs clients ?

    Takata : un rappel tardif

    L’affaire Takata est connue : plusieurs dizaines de millions de véhicules à travers le monde ont été rappelés à cause d’airbags dont l’inflateur pouvait exploser en projetant des éclats métalliques. Un défaut lié à l’utilisation d’un gaz propulseur instable, qui a provoqué officiellement des dizaines de morts et des centaines de blessés, principalement aux États-Unis et en Asie, dans des régions chaudes et humides.

    En France métropolitaine, le rappel s’est révélé particulièrement lent à se mettre en place, car la chimie n’a que très peu de potentiel de défaillance avec notre climat. Mais certains modèles roulent encore aujourd’hui sans qu’un remplacement n’ait été effectué. L’argument avancé par les autorités et les constructeurs ? La difficulté logistique et le nombre colossal de véhicules concernés. Mais cette lenteur illustre aussi une différence culturelle et réglementaire.

    Aux États-Unis, la NHTSA (National Highway Traffic Safety Administration) dispose d’un arsenal de sanctions financières dissuasives. Les amendes se chiffrent en centaines de millions de dollars et les class actions permettent aux consommateurs de se regrouper pour attaquer les constructeurs. Résultat : les rappels, bien qu’imparfaits, s’y déclenchent plus rapidement. Mais pas toujours.

    Le précédent Ford Pinto : la tragédie évitable

    Le marché américain n’a pas toujours été le champion de la sécurité. L’affaire de la Ford Pinto, dans les années 1970, reste un cas d’école de cynisme industriel.

    Conçue dans l’urgence pour rivaliser avec les petites japonaises, la Pinto présentait un défaut majeur : son réservoir d’essence, placé derrière l’essieu arrière, était extrêmement vulnérable en cas de choc. À faible vitesse, une collision arrière pouvait provoquer un incendie quasi instantané.

    Des crash-tests internes avaient révélé le danger. Mais la direction de Ford avait arbitré autrement. Dans un document devenu célèbre, la firme avait chiffré le coût d’un rappel à environ 137 millions de dollars, contre 49 millions de dollars pour indemniser les victimes attendues (estimées à 180 morts, 180 blessés graves et 2 100 véhicules détruits). Le calcul était froidement rationnel, mais humainement insoutenable.

    La révélation de ce « Pinto Memo » dans la presse fit scandale et jeta durablement l’opprobre sur Ford. L’affaire aboutit à des procès retentissants, dont l’un des premiers où un constructeur automobile fut poursuivi pour homicide involontaire.

    Deux époques, un même dilemme

    À travers le Pinto et Takata, deux dynamiques apparaissent. D’un côté, une industrie obsédée par ses marges, parfois prête à différer une action corrective pour ne pas plomber ses résultats. De l’autre, des autorités qui peinent à trouver le bon équilibre entre encadrement strict et soutien à un secteur industriel vital.

    La différence majeure réside dans le rapport de force réglementaire. Dans les années 1970, la NHTSA n’avait ni les moyens ni le pouvoir actuel. Depuis, la multiplication des scandales – Pinto, mais aussi Firestone, General Motors et ses contacteurs d’allumage défectueux – a conduit les États-Unis à renforcer drastiquement leur arsenal de sanctions.
    En Europe, le système reste plus fragmenté. Chaque pays dispose de ses propres instances, et l’UE tarde à imposer un mécanisme centralisé de rappel et de sanction comparable à celui des États-Unis.

    La mémoire courte de l’automobile

    Ce parallèle souligne aussi une réalité : l’industrie automobile a souvent la mémoire courte. Chaque crise semble être la dernière, mais quelques années plus tard, un nouveau scandale éclate. Le Dieselgate de Volkswagen l’a encore montré récemment : manipulation des normes, gestion opaque des crises, priorité donnée au court terme.

    Pour les passionnés d’automobile, ces affaires rappellent que la fascination pour la technique et le design ne doit pas occulter la vigilance citoyenne. Car derrière chaque rappel tardif, chaque arbitrage financier douteux, il y a des vies humaines en jeu.

    Un demi-siècle sépare la Pinto des airbags Takata. Mais une même question persiste : combien vaut une vie pour un constructeur ?

  • L’illusion du numéro 1 : pourquoi l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi n’a jamais vraiment été le premier groupe automobile mondial

    L’illusion du numéro 1 : pourquoi l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi n’a jamais vraiment été le premier groupe automobile mondial

    Carlos Ghosn aime rappeler, dans ses récentes interventions médiatiques, qu’il a hissé l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi au sommet du classement mondial, au-dessus de Volkswagen et de Toyota. Sur le papier, les chiffres de 2017 et 2018 semblent lui donner raison : plus de 10,6 millions de véhicules vendus en une année, soit environ un sur neuf produits dans le monde. Mais à y regarder de plus près, cette suprématie tient davantage d’une construction de communication que d’une réalité économique et industrielle.

    Une addition de volumes plus qu’un groupe intégré

    A l’époque, l’Alliance n’est pas un constructeur au sens où peut l’être le groupe Volkswagen ou Toyota. C’est un montage original, fait d’échanges croisés d’actions et de coopérations techniques, mais où chaque société conserve son indépendance juridique, sa gouvernance et même ses stratégies commerciales.

    • Renault détient 43,4 % de Nissan,
    • Nissan détient 15 % de Renault (sans droit de vote),
    • et Nissan contrôle 34 % de Mitsubishi Motors.

    L’addition de leurs ventes permet d’afficher un total flatteur, mais l’Alliance ne dispose pas d’un centre décisionnel unique ni d’une stratégie de marque intégrée. Les synergies existent — plateformes partagées, achats communs, R&D mutualisée — mais elles restent limitées par rapport à l’intégration verticale d’un Volkswagen, où Audi, Skoda et Seat travaillent au sein d’une même entité.

    Les autres jouent aussi avec des participations

    S’il fallait additionner toutes les marques où des liens capitalistiques existent, d’autres acteurs pourraient, eux aussi, revendiquer un leadership mondial à travers les âges.

    • Hyundai détient 33,9 % de Kia. Additionnées, leurs ventes dépassent 7 millions d’unités annuelles. Et pourtant, le groupe coréen ne revendique pas être une “alliance numéro 3 mondiale” mais bien un constructeur intégré, Hyundai Motor Group qui ne doit compter que les ventes Hyundai d’un côté et Kia de l’autre.
    • Toyota détient 20 % de Subaru, 5 % de Mazda et 5 % de Suzuki. S’il additionnait ces volumes aux siens, Toyota gonflerait artificiellement ses ventes de près de 2 millions de véhicules supplémentaires. Mais le géant japonais préfère mettre en avant ses propres résultats, sans s’arroger les volumes de partenaires minoritaires.
    • Daimler (Mercedes-Benz) avait croisé son capital avec Renault et Nissan à hauteur de 3,93 % en 2010. À aucun moment, l’Allemand n’a songé à se présenter comme premier constructeur mondial en additionnant ces volumes.
    • Geely, enfin, illustre la stratégie contemporaine d’un actionnaire multi-marques : 100 % de Volvo Cars et Lotus, 51 % de Smart, 8,2 % de Volvo Trucks, près de 10 % de Mercedes. Le groupe chinois pourrait, lui aussi, revendiquer un empire aux ventes cumulées colossales. Il n’en fait rien, préférant gérer chaque entité selon ses besoins stratégiques.

    Quand la communication dépasse la réalité

    Ce qui distingue Carlos Ghosn, c’est son usage de cette addition comme un outil de communication. En 2017 et 2018, au moment où l’Alliance dépassait les 10,6 millions d’unités, il a voulu imposer l’idée que Renault était au sommet de l’industrie automobile mondiale. Une manière de renforcer la légitimité d’un montage fragile, marqué par la méfiance de Nissan vis-à-vis de Renault et par l’absence de réelle fusion.

    La comparaison devient encore plus bancale si l’on élargit le périmètre : Volkswagen intègre aussi des poids lourds (MAN, Scania), ce qui gonfle ses chiffres au-delà des véhicules légers. L’Alliance, elle, ne joue que sur les voitures particulières et utilitaires légers. Or, choisir son terrain de comparaison est une manière de fausser le débat.

    L’importance de l’intégration industrielle

    Être “numéro 1” ne signifie pas seulement vendre plus de voitures, mais aussi disposer d’une capacité d’intégration industrielle : plateformes communes, standards partagés, organisation mondiale cohérente. Sur ce terrain, l’Alliance a toujours été moins efficace que ses rivaux :

    • Volkswagen peut lancer une plateforme (MQB, MEB) et l’amortir sur toutes ses marques.
    • Toyota a fait de la TNGA un standard mondial.
    • Renault, Nissan et Mitsubishi ont longtemps peiné à harmoniser leurs choix techniques, freinés par les rivalités internes.
    • Stellantis est aujourd’hui un exemple qui a généré des milliards d’euros de profits.

    L’illusion de leadership s’est dissipée dès le départ de Ghosn. L’Alliance n’a pas su transformer son volume en avantage stratégique durable.

    Une victoire à la Pyrrhus

    En revendiquant le titre de “numéro 1 mondial”, Carlos Ghosn a offert à l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi un succès d’image plus que de substance. La réalité, c’est qu’un constructeur automobile ne se juge pas uniquement à ses volumes, mais à sa cohérence industrielle, à sa capacité d’innovation et à sa solidité financière. Sur ce terrain, Volkswagen et Toyota – et aujourd’hui Stellantis – restent les véritables leaders.

    L’Alliance a été un montage audacieux, mais fragile. Elle a prouvé qu’il est possible de s’additionner pour quelques années afin de dépasser ses rivaux. Elle a aussi montré que, sans intégration réelle et sans confiance réciproque, le numéro 1 mondial ne peut être qu’un mirage.

    L’Alliance existe toujours, mais personne ne la voit plus comme un groupe consolidé. Alors, comment faire la différence ? Demandez-vous si vous pouvez acheter une entreprise et une autre à côté. Vous pouvez acheter des actions du Groupe Renault, puis des actions de Nissan. Même chose pour Hyundai et Kia. En revanche, impossible d’acheter du Skoda (intégré dans Volkswagen) ou du Lancia ou du Jeep (intégré dans Stellantis).