Catégorie : Toyota

  • Kiichiro Toyoda : le maître de la production qui a mis le Japon sur roues

    Kiichiro Toyoda : le maître de la production qui a mis le Japon sur roues

    Après le portrait d’Armand Peugeot, pionnier de l’automobile française, AUTOcult.fr vous invite à traverser les frontières pour découvrir la figure de Kiichiro Toyoda. Un nom qui a donné naissance à un empire et à une philosophie de production qui ont révolutionné l’industrie automobile mondiale. Kiichiro Toyoda n’était pas seulement un ingénieur de talent, c’était un visionnaire qui a su transformer une entreprise familiale de métiers à tisser en un géant mondial, tout en façonnant l’identité de l’automobile japonaise.

    De la Fibre Textile à la Puissance Automobile

    Kiichiro Toyoda est né en 1894, fils de Sakichi Toyoda, inventeur du métier à tisser automatique. Dès son plus jeune âge, il est imprégné de la culture de l’innovation et de l’efficacité. Diplômé en génie mécanique de l’université de Tokyo, il rejoint l’entreprise familiale, Toyoda Automatic Loom Works. Son travail sur les métiers à tisser lui inculque les principes fondamentaux de la production : réduire les déchets, optimiser les processus et améliorer constamment la qualité. Ces principes, qu’il théorisera plus tard, deviendront la pierre angulaire du fameux « Toyota Production System ».

    En 1929, son père lui confie la tâche d’étudier l’industrie automobile en Europe et aux États-Unis. Ce voyage est une révélation. Kiichiro est fasciné par la production de masse de Henry Ford et la précision de l’ingénierie européenne. Il revient au Japon avec une conviction inébranlable : le futur de son pays passe par l’automobile.

    La Naissance d’un Empire : Un Pari Audacieux

    Convaincu de son idée, Kiichiro Toyoda réussit à convaincre la direction de l’entreprise familiale de diversifier ses activités. En 1933, une division automobile est créée au sein de Toyoda Automatic Loom Works. Le pari est loin d’être gagné : à cette époque, le marché japonais est dominé par les constructeurs américains, Ford et General Motors.

    Kiichiro Toyoda n’est pas un simple copieur. Il étudie méticuleusement les moteurs américains et européens, les démonte et les remonte, afin de comprendre chaque détail. Il embauche les meilleurs ingénieurs et techniciens pour développer ses propres modèles. Le premier moteur est mis au point en 1934 : c’est le « Type A », un six-cylindres en ligne. Il est rapidement suivi d’un premier prototype, la « Model A1 », puis de la première voiture de série, la « Model AA », en 1936. Le nom de « Toyoda » est modifié pour devenir « Toyota », un changement de nom qui a une double signification. En japonais, le mot « Toyota » s’écrit avec huit traits de pinceau, un chiffre porte-bonheur. Le nouveau nom est aussi phonétiquement plus agréable et plus facile à prononcer pour le public international, marquant déjà la volonté de la marque de s’imposer hors de ses frontières.


    La Philosophie de la Production et le Système « Juste-à-Temps »

    La vision de Kiichiro Toyoda ne se résume pas à la seule création de voitures. Son génie réside dans l’application des principes de son père à la production automobile. Il développe une philosophie unique, le « Toyota Production System » (TPS), qui repose sur deux piliers :

    • Le Jidoka : l’autonomation, c’est-à-dire l’automatisation avec une touche humaine. Une machine doit être capable de s’arrêter d’elle-même en cas de défaut, permettant d’identifier et de résoudre les problèmes immédiatement.
    • Le Juste-à-temps (JAT) : ce système vise à produire et à livrer les composants uniquement quand ils sont nécessaires, en quantité juste suffisante. Cela permet de réduire les stocks et d’éliminer le gaspillage.

    Cette philosophie est révolutionnaire. Elle rompt avec le modèle de production de masse à l’américaine, qui repose sur des stocks importants et une production en flux continu. Avec le TPS, Kiichiro Toyoda et ses successeurs vont créer un système plus agile, plus réactif et plus qualitatif, qui deviendra un modèle pour toutes les industries mondiales.


    Un Héritage au-delà du Confort et de la Qualité

    Les premières Toyota, comme la « Model AA » et le « Model AB » (une version cabriolet), sont des voitures robustes et confortables, mais elles peinent à s’imposer face aux géants américains. La Seconde Guerre mondiale interrompt la production de voitures de tourisme. Après la guerre, Toyota renaît de ses cendres, et c’est le fils de Kiichiro, Shoichiro Toyoda, qui prend la relève et guide la marque vers son incroyable succès.

    Kiichiro Toyoda s’éteint en 1952, à l’âge de 57 ans, sans avoir vu l’expansion mondiale de son entreprise. Mais il a laissé un héritage inestimable : une philosophie de production, un système de gestion et une culture de la qualité qui ont fait de Toyota le leader mondial de l’automobile.

    Le nom de Kiichiro Toyoda est à jamais associé à l’ascension de l’industrie automobile japonaise. Il a osé défier les conventions et les géants de l’époque en créant une marque qui est aujourd’hui synonyme de fiabilité, d’innovation et de respect de l’environnement. Le « Juste-à-temps » est devenu une méthode de gestion universelle, et la culture du « Kaizen » (amélioration continue) a essaimé dans toutes les entreprises.

    Kiichiro Toyoda n’est pas seulement le père de l’automobile japonaise ; il est un maître de la production, un visionnaire qui a transformé la simple fabrication d’un métier à tisser en un empire automobile mondial, prouvant qu’avec de l’ingéniosité et de la persévérance, on peut créer un avenir. Il est la preuve vivante que la qualité et l’efficacité peuvent être le moteur de la réussite.

  • Toyota GR Yaris Morizo RR : La bombe du Tokyo Auto Salon (seulement 200 élus !)

    Toyota GR Yaris Morizo RR : La bombe du Tokyo Auto Salon (seulement 200 élus !)

    On ne va pas se mentir, on espérait tous secrètement que Toyota profiterait de ce Tokyo Auto Salon 2026 pour lever le voile sur la nouvelle MR2. Ce ne sera pas pour cette fois. Mais pour nous consoler, le constructeur japonais nous offre une version encore plus radicale, plus affûtée et ultra-exclusive de sa coqueluche : voici la GR Yaris Morizo RR.

    Si vous pensiez que la GR Yaris avait atteint son sommet, détrompez-vous. Cette nouvelle édition limitée est le « bébé » direct d’Akio Toyoda, le président de la marque, qui court sous le pseudonyme de « Morizo » depuis 2009. C’est sa vision personnelle de la compacte ultime, forgée dans l’Enfer Vert.

    Née aux 24H du Nürburgring 2025

    Cette voiture n’est pas un exercice de marketing, c’est le fruit de la course. L’an dernier, lors des 24 Heures du Nürburgring 2025, Akio Toyoda a lui-même piloté la GR Yaris n°109 de l’équipe Toyota Gazoo Rookie Racing (TGRR), bouclant 15 tours de la Nordschleife.

    C’est cette expérience, et les réglages spécifiques utilisés pour que la voiture survive et performe sur le tracé allemand, qui ont dicté le cahier des charges de la « Morizo RR ».

    Adieu mode « Gravel », bonjour mode « Morizo »

    Sous le capot, le fabuleux 3 cylindres 1.6L turbo reste inchangé et délivre toujours ses 280 ch (la puissance standard de la Phase 2 en Europe). Mais tout le reste a été optimisé pour le « feeling » de conduite cher au patron :

    • Châssis chirurgical : La direction assistée électrique a été recalibrée pour plus de précision, et les suspensions ont été optimisées pour maximiser le contact du pneu avec la route, même sur les bosses du Nürburgring.
    • Transmission 4×4 revue : C’est la grande nouveauté. Le mode « Gravel » (Terre) disparaît. Il est remplacé par un « Mode Morizo » exclusif. Ce réglage verrouille la répartition du couple à 50/50 entre l’avant et l’arrière, assurant une motricité et une neutralité absolues en usage intensif sur piste.

    Une rareté absolue à prix d’or

    Il va falloir être rapide, très rapide. Toyota a annoncé une production mondiale de seulement 200 exemplaires.

    • 100 exemplaires resteront au Japon.
    • Les 100 autres seront disséminés sur quelques marchés européens triés sur le volet.

    Le carnet de commandes ouvrira au printemps. Côté tarif, si le prix officiel en euros n’est pas encore fixé, l’estimation nous amène aux alentours de 70 000 €.

    C’est une somme coquette pour une Yaris, surtout si l’on y ajoute le malus écologique français qui risque de doubler la facture. Mais pour posséder la voiture personnelle du « Master Driver » de Toyota, certains n’hésiteront pas une seconde.

  • Toyota GR Yaris « Sébastien Ogier Edition » : La série ultra-limitée pour fêter le 9e titre !

    Toyota GR Yaris « Sébastien Ogier Edition » : La série ultra-limitée pour fêter le 9e titre !

    L’information vient de tomber ce jeudi 22 janvier 2026, en direct du parc d’assistance du Rallye Monte-Carlo. Alors que la saison 2026 s’ouvre, Toyota Gazoo Racing célèbre le passé récent et glorieux de son pilote star. Pour honorer le 9ème titre mondial de Sébastien Ogier décroché au bout du suspense en Arabie Saoudite fin 2025, voici la « GR Yaris Sébastien Ogier 9x World Champion Edition ». Et attention, c’est un futur collector absolu.

    Il l’a fait. En remportant son 9ème titre l’an dernier (après une saison folle : 11 courses, 10 podiums, 6 victoires !), Sébastien Ogier a égalé le record historique de Sébastien Loeb. Un tel exploit méritait bien une voiture à la hauteur. Toyota ne s’y est pas trompé en dévoilant cette édition spéciale qui risque de s’arracher.

    200 exemplaires dans le monde, pas un de plus

    Commençons par la mauvaise nouvelle pour les acheteurs potentiels : il va falloir se battre. La production est limitée à 100 exemplaires pour le Japon (vendus par loterie au printemps) et 100 exemplaires pour l’Europe. C’est tout.

    « Black Gravite » et drapeau tricolore

    Basée sur la GR Yaris dotée du « Aero performance package », cette édition se distingue par sa teinte exclusive « Black Gravite » (un noir profond symbolisant l’engagement motorsport de TGR). Mais ce sont les détails qui tuent :

    • Des étriers de freins peints en bleu, la couleur fétiche d’Ogier.
    • Une décoration tricolore bleu-blanc-rouge sur la calandre, hommage au drapeau français.
    • Des jantes noir mat.
    • À l’intérieur, des surpiqûres tricolores sur le volant et une plaque numérotée commémorant le titre 2025.

    Le volant, d’ailleurs, est spécifique : son diamètre est légèrement réduit par rapport à la Yaris standard, inspiré par la GR Yaris Rally2, pour une meilleure maniabilité.

    Mode « SEB. » : Le secret du maître

    Ce n’est pas qu’un kit déco. Ogier a personnellement mis au point un mode de transmission intégrale exclusif qui remplace le mode « TRACK ».

    Le Mode « SEB. » offre une répartition du couple de 40:60 (avant/arrière). L’idée ? Favoriser le train arrière pour faire pivoter la voiture et contrôler la dérive, tout en gardant un train avant incisif. C’est le réglage idéal pour « enrouler » les virages comme le Gapençais.

    Plus surprenant, le mode « GRAVEL » disparaît au profit d’un Mode « MORIZO ». Développé par Akio Toyoda (alias Morizo), ce mode verrouille la connexion entre les trains avant et arrière à l’accélération pour une traction maximale (comme un différentiel bloqué), et ne se relâche qu’au freinage. Ogier a tellement aimé ce réglage lors des tests qu’il a insisté pour l’inclure sur sa propre édition spéciale !

    Avec cette voiture, Toyota ne célèbre pas seulement un titre, mais l’une des plus grandes carrières de l’histoire du rallye. Rendez-vous au printemps pour l’ouverture des commandes… et bonne chance !

  • Toyota GR GT : La supercar V8 « homologuée route » qui défie l’époque

    Toyota GR GT : La supercar V8 « homologuée route » qui défie l’époque

    Alors que l’on pensait que Toyota allait sagement ranger ses pistons au garage, le géant japonais nous prend à contre-pied. Voici la GR GT : une supercar V8 biturbo, cousine technique de la future Lexus LFA électrique, conçue pour chasser sur les terres de l’AMG GT et de l’Aston Martin Vantage.

    C’est officiel, Toyota lâche la bride à sa division Gazoo Racing. Oubliez la timidité, la nouvelle GR GT ne fait pas dans la dentelle. Décrite par la marque comme une véritable « voiture de course homologuée pour la route », ce nouveau fleuron, attendu d’ici deux ans, a été développé en parallèle avec sa version GT3 de compétition. Le message est clair : l’ingénierie d’abord, le marketing ensuite.

    Un V8 Biturbo « Hot Vee » sous le capot

    Le cœur de la bête est une surprise de taille dans le paysage actuel. Toyota dégaine un V8 4.0 litres biturbo inédit, associé à un système hybride. L’architecture retenue est celle du « hot vee » (turbos placés à l’intérieur du V des cylindres), favorisant la compacité et la réactivité.

    Les chiffres provisoires donnent le vertige :

    • Puissance : Cible de 650 ch
    • Couple : Environ 850 Nm
    • Transmission : Une toute nouvelle boîte automatique à 8 rapports, utilisant un embrayage humide (et non un convertisseur de couple) pour des passages de vitesses « de classe mondiale », envoyant la puissance aux seules roues arrière via un différentiel à glissement limité mécanique.

    Toyota promet un 0 à 100 km/h aux alentours de 3,5 secondes et une vitesse de pointe dépassant les 318 km/h.

    La chasse aux kilos

    Là où ses rivales hybrides (suivez mon regard vers Affalterbach) ont tendance à s’empâter, la GR GT joue la carte de la relative légèreté. Grâce à un châssis en aluminium (« body-in-white ») et des panneaux de carrosserie du même métal, Toyota vise un poids sous les 1 750 kg. C’est environ 300 kg de moins qu’une AMG GT hybride à quatre roues motrices.

    La répartition des masses est quasi idéale avec un ratio 45% avant / 55% arrière. L’aérodynamisme a dicté le design, mais sans sacrifier l’usage quotidien : l’intérieur se veut « centré sur le conducteur » avec une visibilité optimisée, loin des bunkers habituels des supercars.

    Une identité à part… sans logo Toyota

    Regardez bien les photos. Vous ne trouverez aucun ovale Toyota sur la carrosserie ou dans l’habitacle. À l’instar de Lexus ou Century, Gazoo Racing s’affirme ici comme une marque à part entière au sein du groupe. La GR GT est leur manifeste d’indépendance.

    Le retour du nom LFA… en électrique

    L’ironie (ou le génie) de l’histoire, c’est que cette plateforme sert aussi de base au retour d’une légende : la Lexus LFA.

    Mais attention, changement de paradigme. Si la GR GT chante via son V8 (dont la sonorité a été « méticuleusement travaillée » pour synchroniser l’échappement à l’état du véhicule), la nouvelle LFA sera, elle, 100% électrique. Développée conjointement avec la GR GT, elle bénéficiera des mêmes libertés d’architecture, mais troquera le V10 hurleur de son ancêtre pour une propulsion silencieuse, probablement alimentée par les fameuses batteries solides de Toyota prévues pour 2027-2028.

    Avec la GR GT thermique d’un côté et la LFA électrique de l’autre, le groupe Toyota joue sur les deux tableaux. Pour notre plus grand plaisir, le V8 a encore de beaux jours devant lui.

  • Sébastien Ogier, 9e titre : L’Empereur à temps partiel a égalé le Roi Loeb

    Sébastien Ogier, 9e titre : L’Empereur à temps partiel a égalé le Roi Loeb

    L’histoire bégaye, mais elle ne se répète jamais vraiment. Ce week-end, sur les pistes cassantes de Djeddah, Sébastien Ogier n’a pas seulement décroché un neuvième titre de Champion du Monde des Rallyes. Il a rejoint Sébastien Loeb au panthéon du sport automobile, au terme d’un scénario que personne n’avait vu venir, pas même lui. Analyse d’un sacre obtenu à l’économie de courses, mais pas de talent.

    Il y a les champions qui s’accrochent, et il y a ceux qui choisissent leurs batailles. À bientôt 42 ans, Sébastien Ogier fait partie de la seconde catégorie. Ce dimanche en Arabie Saoudite, le Gapençais a validé un pari des plus audacieux : devenir champion du monde en ayant fait l’impasse sur trois rallyes dans la saison.

    Le résultat ? Un neuvième sacre mondial. Le chiffre mythique. Celui qui appartenait exclusivement à Sébastien Loeb depuis 2012. Mais là où l’Alsacien avait écrasé la discipline en bon soldat de l’armée Citroën, Ogier a construit sa légende en mercenaire de luxe, changeant de monture comme de chemise (Citroën, VW, Ford, Toyota) avec la même réussite insolente.

    Le braquage parfait

    Ce titre 2025 a la saveur d’un hold-up de génie. « Freelance » chez Toyota pour préserver sa vie de famille, Ogier ne visait pas le globe en début d’année. C’est l’appétit qui est venu en gagnant. Avec six victoires en onze participations (sa meilleure stat depuis 2016), il a optimisé chaque kilomètre.

    La finale à Djeddah fut à l’image du bonhomme : tendue, maîtrisée, et sans concession. Avec seulement 4 points d’avance sur le malheureux Elfyn Evans au décompte final, Ogier et son copilote Vincent Landais (titré pour la première fois) ont joué avec les nerfs de tout le monde.

    Ogier vs Loeb : Le débat éternel

    C’est le drame et la grandeur d’Ogier : devoir partager le trône. Dans les colonnes de L’Équipe, il l’admet avec une lucidité froide : « En termes de notoriété en France, il n’y a pas de comparaison possible. La nature humaine a tendance à vite se lasser des choses. Ce n’est jamais pareil quand quelqu’un passe derrière. »

    Loeb a été présenté comme le gendre idéal, le pionnier. Ogier est le perfectionniste, parfois cassant, souvent râleur (il n’a pas manqué de critiquer l’organisation saoudienne), mais d’une efficacité chirurgicale. Pourtant, Ari Vatanen le souligne : « Accomplir de grandes choses est toujours plus difficile quand on est le deuxième. » Et Loeb lui-même rend hommage à la prise de risque de son rival : « Son parcours est plus risqué que le mien car il y a toujours la possibilité, quand on change d’équipe, de partir pour moins bien. »

    Et maintenant, la dixième ?

    On pensait Ogier en pré-retraite, le voilà régénéré par ce rythme « à la carte ». Loin d’être rassasié par ce record égalé, il a déjà annoncé la couleur pour 2026 : il sera au départ de dix manches.

    Le message est clair. Sébastien Ogier ne court plus après Loeb. Il court après l’histoire, tout seul, devant.

  • Century : l’héritage d’Akio Toyoda et le luxe « One of One » érigé en marque

    Century : l’héritage d’Akio Toyoda et le luxe « One of One » érigé en marque

    Le Japan Mobility Show (JMS) 2025 n’aura pas seulement été le théâtre de concept-cars futuristes ; il a officialisé une mutation stratégique majeure au sein du Groupe Toyota. Dans une allocution particulièrement émouvante devant les médias, Akio Toyoda a exposé une vision qui dépasse la simple motorisation : celle d’une « entreprise visant à façonner les cent prochaines années depuis le Japon ».

    La légende fondatrice : l’automobile au service de la nation

    L’histoire de Century, lancée en 1967, n’est pas celle d’une simple limousine. Akio Toyoda la replace dans le contexte d’un Japon en pleine reconstruction post-guerre, se préparant aux Jeux Olympiques de Tokyo. Il cite les mots fondateurs de son grand-père, Kiichiro Toyoda : « Il ne s’agit pas seulement de fabriquer des automobiles. Avec des idées et des compétences japonaises, nous devons créer une industrie automobile pour le Japon. »

    Le développement de la première génération, mené par l’ingénieur en chef Kenya Nakamura et le jeune Shoichiro Toyoda (père d’Akio), était guidé par la volonté de concevoir une voiture que le Japon pouvait présenter fièrement sur la scène mondiale : un véhicule qui devait être « sans égal » (To be like no other). Face au scepticisme d’une industrie sans réelle tradition de luxe, Nakamura aurait répondu : « La tradition viendra naturellement. Créons un nouveau genre de voiture de luxe. » La Century est donc née de la fusion audacieuse entre la technologie de pointe d’après-guerre et l’intégration profonde des savoir-faire artisanaux japonais, comme la gravure sur métal Edo pour l’emblème du phénix ou le brocart Nishijin-ori pour le tissu des sièges.

    De l’héritage familial à la mission personnelle

    Pour Akio Toyoda, la Century représente bien plus qu’une lignée de modèles. Il y voit l’incarnation de la philosophie de Kiichiro : « Contribuer au rétablissement pacifique du Japon et à la culture mondiale ». Le nom Century, qui renvoie à la fois au centenaire de l’ère Meiji et à la naissance du fondateur Sakichi Toyoda, symbolise désormais pour Akio l’ambition de « créer les cent prochaines années ».

    Dans un Japon contemporain qui traverse « les trente années perdues », le Président estime que la Century est plus que jamais nécessaire pour raviver la fierté japonaise. En s’appuyant sur les compétences du monozukuri (l’art de la fabrication), la marque est conçue pour exporter « l’esprit du Japon » dans le monde. La marque Century est désormais élevée au statut de « One of One », une entité distincte qui se veut le porte-étendard du Spirit of Japan.

    Le phénix se déploie : la nouvelle offre

    La stratégie de marque se traduit immédiatement par une diversification de la gamme :

    1. La berline classique : l’interprétation classique de la limousine de prestige.
    2. Le SUV Business-Casual : l’ajout controversé mais stratégique pour le marché actuel, déjà lancé.
    3. Le coupé chauffeur : la nouveauté présentée au JMS, caractérisée par une élégance de carrosserie et des portes coulissantes (à l’avant et à l’arrière côté passager). Ce coupé n’est pas destiné au conducteur, mais reste un véhicule à chauffeur, offrant des places arrière spacieuses et entièrement inclinables, même si, comme l’a souligné Akio Toyoda, il est conçu pour être plaisant à conduire le week-end.

    Le phénix, emblème de la Century qui, selon la mythologie japonaise, n’apparaît qu’en période de paix mondiale, devient ainsi la figure de proue d’une ambition renouvelée : faire de la marque Century, par son niveau de finition, sa tradition et sa rareté, le symbole ultime du luxe automobile japonais sur la scène internationale.

  • Toyota crée Century : une marque encore plus exclusive que Lexus

    Toyota crée Century : une marque encore plus exclusive que Lexus

    Alors que la plupart des constructeurs cherchent à simplifier leurs gammes ou à fusionner leurs multiples labels, Toyota choisit une voie inverse. Le géant japonais s’apprête à lancer une nouvelle marque de prestige baptisée Century, positionnée au-dessus de Lexus. Oui, au-dessus. Un mouvement audacieux qui propulse Toyota dans un univers habituellement réservé à Rolls-Royce ou Bentley.

    Un nom chargé d’histoire

    Le nom Century n’est pas inconnu : il s’agit de la limousine officielle du gouvernement japonais depuis 1967, un modèle mythique souvent associé à l’empereur, au Premier ministre et… à la Yakuza. Véritable symbole du pouvoir nippon, la Century a toujours incarné la discrétion et le raffinement à la japonaise.

    Sa première génération célébrait le centenaire de la naissance de Sakichi Toyoda, fondateur du groupe. La deuxième génération, lancée en 1997, reste célèbre pour avoir inauguré le seul moteur V12 jamais produit par un constructeur japonais : un 5,0 litres atmosphérique de 48 soupapes, conçu exclusivement pour ce modèle. Un moteur unique, aussi feutré que noble, resté au catalogue pendant plus de vingt ans.

    Aujourd’hui, Toyota veut capitaliser sur ce prestige pour en faire un véritable label automobile, à part entière.

    Century, la « Rolls japonaise » devient marque

    « Jusqu’à présent, la place de la Century dans notre gamme n’était pas clairement définie », reconnaît Akio Toyoda, président du groupe. « Lexus a toujours joué le rôle du fils aîné, responsable et ambitieux, tandis que Toyota était le cadet, plus populaire. Mais je me suis demandé : pourquoi ne pas aller au-delà, créer quelque chose au-dessus de Lexus ? »

    L’idée a séduit les stratèges de la marque. Car si Lexus a su s’imposer comme alternative crédible aux marques premium européennes, Toyota estime qu’il reste une marge au sommet, celle du luxe d’apparat, du véhicule de représentation, presque d’exception. C’est là que Century interviendra : non pas comme une gamme luxueuse de plus, mais comme une marque à part entière, synonyme d’exclusivité absolue.

    Lexus libérée, Century magnifiée

    Simon Humphreys, Chief Branding Officer de Toyota, précise la stratégie :

    « En un sens, cela donne plus de liberté à Lexus, qui peut poursuivre sa quête d’innovation et d’expérimentation. La marque Century, elle, vise le sommet, l’ultra-luxe, l’unique. »

    En clair : Lexus reste le laboratoire du design et de la technologie, tandis que Century devient le fleuron du savoir-faire artisanal japonais. On peut s’attendre à des voitures fabriquées en très petites séries, avec un niveau de finition rivalisant avec Bentley, voire Rolls-Royce.

    Pas de modèle révélé (encore), mais des ambitions affichées

    Toyota n’a pas encore dévoilé de modèle Century 100 % inédit, mais tout indique que la marque démarrera autour d’une grande berline chauffée à blanc de prestige, destinée à concurrencer directement les références britanniques et allemandes. La future limousine conserverait l’esprit sobre et solennel de la Century historique, avec une motorisation hybride ou 100 % électrique, et une production strictement limitée au Japon.

    L’introduction d’un SUV Century en 2023 — sur base de Lexus TX — semble avoir servi de ballon d’essai. Le lancement de la marque confirme que Toyota assume pleinement son ambition de s’installer dans la sphère de l’ultra-luxe, un terrain qu’aucun constructeur japonais n’avait véritablement osé investir jusqu’ici.

    Toyota, empire du rationnel et du pragmatisme, s’aventure ici sur un terrain presque philosophique : le luxe émotionnel et culturel, incarné par le raffinement, la patience et la perfection de l’artisanat japonais. Dans un monde automobile dominé par la performance et la technologie, Century incarne une autre idée du prestige — celle du wa, l’harmonie et la discrétion.

    Et si Lexus fut, en son temps, la réponse japonaise à Mercedes, Century pourrait bien être la réponse nippone à Rolls-Royce.

  • Toyota invente le « Duolingo de la recharge » pour ses hybrides rechargeables

    Toyota invente le « Duolingo de la recharge » pour ses hybrides rechargeables

    À l’expiration des premiers contrats de leasing du Mitsubishi Outlander PHEV, une blague circulait dans les concessions : on pouvait parfois retrouver le câble de recharge encore intact, jamais sorti de son emballage. Une façon de rappeler qu’une large partie des conducteurs d’hybrides rechargeables n’utilisaient jamais la fonction essentielle de leur véhicule : la recharge électrique. Résultat, un PHEV (Plug-in Hybrid Electric Vehicle) utilisé sans recharge devient simplement une voiture à essence lestée de centaines de kilos de batteries inutilisées.

    Pour Toyota, qui figure aujourd’hui parmi les plus gros acteurs mondiaux de l’automobile, le problème est stratégique. Un PHEV correctement rechargé peut être redoutablement efficient, parcourir de longues distances en mode électrique et abaisser drastiquement la consommation de carburant. Mais encore faut-il inciter l’utilisateur à brancher sa voiture au quotidien.

    Quand l’auto apprend du numérique

    C’est là qu’intervient ChargeMinder, une nouvelle application développée par Toyota. L’idée : s’inspirer des mécaniques de motivation issues du numérique, à la manière de Duolingo, l’application d’apprentissage des langues. ChargeMinder ne se contente pas d’envoyer une alerte générique. Elle utilise la géolocalisation pour déclencher des rappels « just in time » – par exemple, lorsqu’un conducteur gare son PHEV à proximité d’une borne de recharge au bureau ou au supermarché.

    En parallèle, l’application valorise les comportements vertueux. Chaque recharge réussie alimente une série, une « streak » comme sur Duolingo, qui devient vite addictive : personne ne veut voir sa suite de jours consécutifs s’interrompre. Des messages d’encouragement et des bilans hebdomadaires viennent compléter le dispositif, rendant la recharge presque ludique.

    Des résultats mesurables

    Les premiers essais menés aux États-Unis montrent une hausse de 10 % du nombre de recharges chez les utilisateurs de ChargeMinder. Au Japon, l’application va encore plus loin : elle a permis de décaler 59 % des sessions de recharge vers les plages horaires les plus favorables aux énergies renouvelables. À la clé, près de 30 minutes de recharge supplémentaire par jour et par véhicule en période diurne, ce qui contribue à lisser la demande énergétique et à améliorer l’empreinte carbone.

    Une idée… qui n’est pas si nouvelle

    L’approche séduit par son efficacité, mais Toyota n’est pas le seul constructeur à s’intéresser au sujet. Stellantis, de son côté, propose depuis plusieurs années déjà un rappel de recharge directement intégré à l’écran de ses véhicules hybrides rechargeables. Une solution plus discrète, mais qui vise le même objectif : rappeler à l’utilisateur que son PHEV n’est efficient que s’il est utilisé comme prévu, c’est-à-dire branché régulièrement.

    Un enjeu d’image et de crédibilité

    Pour l’industrie, ces initiatives sont loin d’être anecdotiques. Les hybrides rechargeables sont régulièrement critiqués pour leur consommation réelle, bien supérieure aux chiffres officiels lorsque les batteries ne sont pas utilisées. Les pouvoirs publics européens ont déjà commencé à revoir les conditions d’homologation et les avantages fiscaux de ces modèles.

    Encourager la recharge quotidienne est donc un moyen, pour les constructeurs, de protéger la crédibilité du PHEV et de maintenir sa pertinence dans un marché où l’électrique à batterie pure gagne rapidement du terrain.

    Vers une gamification de l’automobile ?

    Avec ChargeMinder, Toyota emprunte un chemin inattendu : celui de la gamification. Les leviers psychologiques issus du monde des applis mobiles – séries, récompenses, notifications contextualisées – pourraient bien devenir les alliés inattendus de l’électrification. Après tout, si Duolingo parvient à faire réviser l’espagnol à des millions d’utilisateurs chaque soir, pourquoi une application ne parviendrait-elle pas à faire brancher un câble de recharge à un automobiliste pressé ?

    La prochaine étape pourrait consister à intégrer ces logiques directement dans l’infotainment des véhicules, à l’image de ce que Stellantis propose déjà avec ses rappels intégrés. Entre pédagogie douce et incitation ludique, la voiture connectée semble avoir trouvé un nouveau terrain d’expérimentation : celui de la discipline énergétique au quotidien.

  • Toyota Gazoo Racing ressuscite le cœur de l’AE86

    Toyota Gazoo Racing ressuscite le cœur de l’AE86

    Le moteur 4A-GE retrouve des pièces neuves grâce au GR Heritage Parts Project

    Quarante ans après sa naissance, l’AE86 continue de vivre. Véritable icône de la culture automobile japonaise, célébrée aussi bien sur les circuits que dans le manga Initial D, la Toyota Corolla Levin et la Sprinter Trueno marquent une nouvelle étape dans leur long parcours : Toyota Gazoo Racing (TGR) a annoncé la reproduction et la réédition de pièces essentielles de leur moteur mythique, le 4A-GE.

    Deux sous-ensembles majeurs rejoignent en effet le catalogue du GR Heritage Parts Project : la culasse et le bloc-cylindres. Ils seront dévoilés en première mondiale lors de l’événement anniversaire des 30 ans d’Initial D, organisé les 13 et 14 septembre prochains sur le Fuji Speedway. C’est également à cette occasion que les précommandes seront ouvertes, avant une commercialisation prévue aux alentours de mai 2026.

    Le GR Heritage Parts Project : préserver l’histoire vivante de Toyota

    Lancé par Toyota Gazoo Racing, ce programme vise à donner une seconde vie aux modèles historiques de la marque en reproduisant des pièces introuvables depuis longtemps. Ces composants, proposés comme des pièces d’origine neuves, permettent aux propriétaires de continuer à faire rouler leurs voitures « pleines de souvenirs », selon la philosophie officielle du projet.

    Aujourd’hui, plus de 200 références couvrant huit modèles sont déjà disponibles. L’ajout de la culasse et du bloc du 4A-GE pour l’AE86 représente une étape symbolique : c’est toucher au cœur même de la légende.

    Moderniser sans trahir

    Bien que fidèles au dessin et aux spécifications d’époque, ces deux ensembles mécaniques bénéficient des dernières avancées en matière de simulation numérique, de procédés de fabrication et de matériaux. L’objectif est clair : assurer une fiabilité et une durabilité optimales pour que les passionnés puissent continuer à faire vivre leurs autos pendant de longues années.

    • Culasse (Head Sub-Assy, Cylinder) :
      Les chambres de combustion ont été usinées pour réduire les variations de taux de compression entre moteurs. Les conduits d’admission reçoivent un traitement de surface limitant les irrégularités, et les pions de calage des paliers d’arbres à cames, partiellement présents à l’époque, sont désormais généralisés pour faciliter le montage.
    • Bloc-cylindres (Block Sub-Assy, Cylinder) :
      Les alésages bénéficient d’un honage moderne, gage de précision accrue. Le matériau, une fonte à plus haute rigidité, améliore la résistance. Enfin, la structure des paliers de vilebrequin a été optimisée grâce à la simulation.

    Ces améliorations permettent d’obtenir un moteur plus homogène, plus durable, mais toujours fidèle à l’esprit du 4A-GE.

    Quand les fans dictent les évolutions

    Toyota a aussi tenu compte des retours des passionnés. Certains conduits d’admission et d’échappement de la culasse ont été renforcés par des parois plus épaisses. Quant au bloc, il est désormais pourvu de bossages et nervures pour un montage transversal. De quoi élargir son champ d’application, y compris dans des modèles à traction avant, au-delà de l’AE86 originelle.

    Une annonce ancrée dans la culture pop

    Il ne pouvait y avoir meilleur cadre que l’Initial D 30th Anniversary 2days pour présenter ces pièces. Car si l’AE86 est devenue une icône mondiale, c’est en grande partie grâce au manga et à l’anime Initial D, qui ont mis en scène la petite Trueno dans des courses de montagne endiablées.
    Lors de l’événement au Fuji Speedway, une AE86 restaurée et équipée de ces nouvelles pièces sera exposée aux côtés des composants GR Heritage Parts. Les visiteurs pourront également passer les premières précommandes directement sur place.

    Un lancement attendu en 2026

    Toyota prévoit d’ouvrir les ventes autour de mai 2026, sous réserve d’un volume de commandes suffisant. Comme toujours avec le GR Heritage Parts Project, les quantités produites dépendront de la demande, ce qui rendra ces pièces encore plus précieuses pour les collectionneurs et les préparateurs.

    AE86 : une légende intemporelle

    Présentée en mai 1983, l’AE86 a marqué son époque par sa légèreté, sa propulsion et son moteur atmosphérique vif, le fameux 4A-GE. Mais c’est sa longévité culturelle qui impressionne le plus : voiture culte des drifteurs, héroïne de manga et d’anime, elle reste une source d’inspiration pour Toyota, qui a même lancé la GR86 comme héritière spirituelle.

    Avec la réédition de pièces aussi cruciales que la culasse et le bloc, Toyota ne se contente pas de préserver son patrimoine. La marque offre à une nouvelle génération de passionnés la possibilité de prolonger la vie d’une icône qui continue d’écrire l’histoire de l’automobile.

  • Taiichi Ohno : l’homme qui a réinventé la production automobile

    Taiichi Ohno : l’homme qui a réinventé la production automobile

    Dans l’après-guerre, alors que l’industrie automobile mondiale continue de vouer un culte au modèle américain, un ingénieur japonais va discrètement poser les bases d’une révolution silencieuse. Taiichi Ohno, figure aujourd’hui incontournable de l’histoire industrielle, n’a pas cherché à copier les méthodes de Detroit : il a su en comprendre les limites pour inventer un nouveau paradigme. À travers lui, Toyota allait tracer une voie singulière, devenue l’étalon mondial de la performance industrielle.

    De la sidération à la réflexion

    Quand Taiichi Ohno débarque aux États-Unis en 1947, il n’est encore qu’un ingénieur parmi d’autres au sein de la jeune Toyota Motor Company. Fils d’un pays ravagé par la guerre et par la crise économique, il observe avec un œil critique la formidable efficacité du système Ford, notamment à l’usine de River Rouge. Là-bas, la production de masse tourne à plein régime, l’opulence semble inépuisable, et l’organisation du travail repose sur une stricte spécialisation des tâches.

    Pourtant, Ohno sent d’instinct que ce modèle ne saurait être transposé au Japon. Le marché domestique est encore embryonnaire, la diversité des besoins est immense, et l’économie vit sous la contrainte des devises étrangères rares. Surtout, les réalités sociales n’ont rien de commun avec celles des États-Unis : au Japon, l’idée d’un ouvrier interchangeable, licenciable à volonté, est culturellement inacceptable.

    Adapter l’industrie à la réalité japonaise

    Face à ce constat, Ohno n’a pas cherché à critiquer, mais à apprendre. S’il admire la puissance du système fordien, il en mesure aussi les faiblesses. Chez Ford, une presse est dédiée à la fabrication massive d’une seule pièce ; chez Toyota, où les volumes sont dérisoires, un tel investissement serait absurde. Ohno va donc s’attaquer à un problème majeur : comment adapter les outils lourds de production à des petites séries tout en maintenant une productivité élevée.

    Sa réponse ? Réduire au maximum le temps de changement des outils de presse, jusqu’à permettre aux ouvriers eux-mêmes d’effectuer ces opérations complexes. Ce processus, qui prendra des années à perfectionner, débouche sur une avancée majeure : le SMED (Single-Minute Exchange of Die), ou changement rapide d’outillage. Une innovation qui transformera radicalement la flexibilité industrielle.

    De la production de masse au flux tendu

    Plus profondément encore, Taiichi Ohno s’interroge sur l’essence même de la production. À Detroit, les lignes tournent sans interruption, les défauts s’accumulent en bout de chaîne, corrigés par des armées de retoucheurs. Cette gabegie paraît insensée dans une économie où chaque yen compte.

    Ainsi naît l’idée fondatrice du Toyota Production System (TPS) : la qualité doit être intégrée dès la production. Plutôt que de laisser filer les erreurs, chaque ouvrier est autorisé – et même encouragé – à stopper la ligne de montage s’il détecte un problème. Mieux encore, les équipes sont invitées à collaborer, à s’entraider, à analyser ensemble les causes des erreurs pour éviter qu’elles ne se reproduisent.

    Ce concept de Kaizen – amélioration continue – rompt avec les habitudes occidentales. À la spécialisation extrême et à l’isolement des ouvriers, Ohno oppose la polyvalence, la responsabilité collective et l’enrichissement du travail.

    La dimension sociale, un levier décisif

    Le Japon d’après-guerre a vu émerger un pacte social unique : l’emploi à vie, l’augmentation salariale à l’ancienneté, et un lien fort entre l’entreprise et ses salariés. Ohno intègre pleinement cette réalité dans son modèle. Les ouvriers ne sont plus des variables d’ajustement mais des acteurs de la performance de l’usine.

    En capitalisant sur l’expérience et les compétences accumulées au fil des ans, Toyota construit une culture d’entreprise où chaque travailleur est un expert en puissance, capable d’identifier les problèmes, de proposer des solutions, et d’innover sur son poste. Loin du taylorisme classique, le TPS repose ainsi sur une humanisation du travail industriel.

    Les fournisseurs au cœur du système

    Autre pilier du modèle développé par Ohno : l’organisation de la sous-traitance. Là où les industriels américains hésitent entre produire en interne ou acheter à l’extérieur (make or buy), Toyota structure son écosystème autour de partenaires de confiance. Les fournisseurs dits de « premier rang » deviennent des prolongements naturels de l’usine, formés aux mêmes méthodes de production et au même souci de la qualité.

    Ce réseau agile permet à Toyota d’optimiser ses coûts, de raccourcir ses délais, et surtout de maintenir une flexibilité inégalée face à l’évolution du marché.

    Une révolution mondiale discrète

    Le Just-In-Time, le Kaizen, le respect des opérateurs : ces concepts, encore méconnus dans les années 1960, finiront par devenir des standards mondiaux dans les décennies suivantes. Ford, General Motors, Renault, Volkswagen : tous finiront par se convertir aux méthodes de Toyota, parfois à contrecœur, souvent avec admiration.

    À travers son approche méthodique, humble et profondément humaine, Taiichi Ohno n’a pas seulement transformé Toyota. Il a prouvé qu’une industrie pouvait prospérer autrement que par la course à la quantité, en mettant la qualité, l’intelligence collective et la flexibilité au cœur du système.

  • La gamme Toyota Century va devenir une marque mondiale

    La gamme Toyota Century va devenir une marque mondiale

    Toyota envisage de faire de la gamme Century sa propre marque de modèles de luxe indépendante, selon un rapport récent. Actuellement, Toyota propose deux produits haut de gamme sous la marque Century, mais des sources suggèrent que cette gamme deviendra bientôt une série de modèles de luxe autonomes de la marque automobile. Contrairement à la configuration actuelle limitée au Japon, la gamme Century sera disponible sur des marchés mondiaux, positionnant la marque au-dessus de la marque de luxe de Toyota, Lexus.

    Selon un rapport de Forbes citant une source interne bien informée, la gamme Century représentera l’apogée du luxe, de la technologie et de l’exclusivité du constructeur automobile japonais. Elle entrera en concurrence avec des marques de renom telles que Bentley, Rolls-Royce et Mercedes-Maybach.

    Lors du récent Tokyo Auto Salon, Toyota a présenté un modèle unique, le GRMN Century SUV, orienté vers le sport. De plus, plusieurs demandes de marque pour le nom Century ont été récemment déposées par Toyota dans divers pays en dehors du Japon, soutenant ainsi la nouvelle orientation mondiale de la marque.

    Depuis 1967, Toyota vend la berline de luxe Century au Japon, destinée à une clientèle de niche et aux chefs d’État. L’année dernière, la marque a élargi la gamme en ajoutant le SUV Century à sa série phare. Actuellement, les voitures et SUV de la gamme Century, exclusivement destinés au marché japonais, sont construits en conduite à droite uniquement.

    Le SUV de luxe Century repose sur la plateforme GA-K de Toyota, partagée avec le Toyota Grand Highlander et les SUV Lexus TX vendus en Amérique du Nord. Le SUV est équipé d’une motorisation hybride essence, également présente sur d’autres modèles Toyota et Lexus. Il dispose d’un moteur V6 turbo de 3,5 litres monté transversalement, d’un moteur électrique et d’une batterie lithium-ion, offrant une puissance combinée de 406 chevaux.

    Le mois dernier, Toyota a annoncé que le SUV Century serait également disponible en version conduite à gauche pour le marché chinois. Cela marque un élargissement significatif de la portée internationale de la gamme Century. En 1998, Toyota avait produit quelques unités de la version berline en conduite à gauche, mais la production avait été suspendue après seulement 100 exemplaires.

    La production de la berline Century a lieu à l’usine Motomachi de Toyota, avec une production limitée à seulement 50 unités par an. En novembre de l’année dernière, Toyota a déclaré que la version SUV du Century serait construite dans l’usine de Tahara au Japon. Avec ces développements, la gamme Century de Toyota semble prête à étendre son influence et son attrait sur la scène automobile mondiale.

  • Toyota C-HR : L’art de l’Audace par Toyota avec Pierre Croce, Natoo et Emy LTR

    Toyota C-HR : L’art de l’Audace par Toyota avec Pierre Croce, Natoo et Emy LTR

    Si vous êtes totalement étrangers à l’univers des créateurs de contenus YouTube tel que Pierre Croce, Natoo et Emy LTR, vous vous demanderez surement le lien avec le lancement du nouveau Toyota C-HR !

    A l’occasion du lancement de la seconde génération de son SUV urbain hybride, Toyota a opté pour une forme de communication détonante dans le milieu en organisant dernièrement un vernissage d’œuvres crées par trois créateurs de contenus.  Pierre Croce, Natto et Emy LTR, totalisent des milliers d’abonnées sur les réseaux sociaux avec une cible souvent étrangère aux nouveautés du monde automobile.

    L’Art de L’Audace, le vecteur de communication de ce lancement, permet à Toyota la création de nombreux contenus sur la toile, tout en mettant son véhicule au second plan. C’était d’ailleurs tout l’enjeux de ce vernissage dernièrement organisé, où les trois créateurs ont révélé une œuvre en lien avec le crédo de ce Toyota C-HR 2024 après des semaines de travail !

    Le rapport avec l’automobile me diriez-vous ? Tout simplement, qu’un dessin, ou même une inspiration mène souvent à la création d’un modèle et c’est le cas de ce Toyota C-HR. Un modèle dessiné en France au centre de style européen ED² de la marque nipponne à Sophia Antipolis !

    Si un design d’un véhicule peut parfois être qualifié d’audacieux, la communication autour d’un lancement l’est tout autant ! Preuve du lien qu’il peut s’opérer entre un constructeur automobile et des créateurs de contenus digitaux venus d’un autre univers !