Catégorie : Culture

  • Le plaqueur plaqué

    Le plaqueur plaqué

    L’épisode des nouvelles plaques d’immatriculation françaises est définitivement passé. Le SIV version 2009 avait soulevé un tollé parmi les élus locaux et une grande partie des automobilistes. Aujourd’hui, personne n’y trouve plus rien à redire : une voiture = une plaque et c’est à vie !

    Chez les Britanniques, l’automobiliste est propriétaire de sa propre plaque délivrée « gratuitement » à l’origine. Et comme nos amis les taxis, ils ont simplement inventé un marché pour revendre ces dites plaques.

    Demain, une plaque collector sera mise aux enchères. La « S5 » a été délivrée pour la première fois en décembre 1903. Ce fut le cinquième numéro enregistré lors de la première journée de distribution en Ecosse.

    Montée sur une Rolls-Royce, la plaque S5 a été vue sur treize Porsche 911 (qui ont toutes appartenues au vendeur) et, plus récemment, sur des Audi A6 Avant.

    Petite précision : Bonhams estime que le droit d’utiliser cette plaque va s’échanger contre 190 000 à 230 000 euros !

    Note : si vous avez une plaque avec l’ancien système de numérotation français, il vous faudra la changer avant le 31 décembre 2020.

  • Qui est Iris Apfel, l’égérie culte de DS ?

    Qui est Iris Apfel, l’égérie culte de DS ?

    Lancée en 2009, la marque DS et son emblématique DS3 avaient besoin d’un coup de jeune. Lancée mi janvier, la nouvelle DS3 est le premier pas vers une nouvelle image DS, un nouveau cycle, la « 3 » étant véritablement le modèle phare de la marque. Cela débute par une nouvelle face avant équipée de la calandre « DS Wings », entrainant une disparition des doubles chevron Citroën. Les autres modèles de la marque ont eux déjà vu la nouvelle face avant : février 2015 pour DS 5 en février 2015 et septembre 2015 pour DS 4.

    A coté de cela, la marque DS lançait une nouvelle campagne publicitaire, mettant en avant une nouvelle égérie : Iris Apfel. Entrepreneuse américaine et architecte d’intérieur, Iris Apfel est véritablement une icône de la mode. Méconnue du grand public sur le vieux continent, elle est de l’autre côté de l’Atlantique un mythe vivant. Elle est l’origine d’une fantastique collection de vêtements, bijoux et accessoires de mode, issus des quatre coins du monde, des plus grands créateurs de haute couture ou du petit vendeur de Harlem.

    Assumant son style exubérant, accumulateur et parfois criard, elle a su se faire une place dans le monde de la mode et révèle aujourd’hui une indéniable aura, malgré ses 94 ans. Ses qualités d’ambassadrice de la mode ne sont pas passés inaperçus des hommes et femmes de l’agence publicitaire Publicis La Maison, si tenté qu’ils ont amené Iris comme ambassadrice de la marque française DS. Elle porte ainsi des qualités de femme décalée, revendicatrice et terriblement branché. Parfaitement ce qu’est DS, en 1955 comme aujourd’hui.

    Ce n’est pas la première fois que Citroën ou DS font appel à une femme comme égérie de leur marque. Marylin Monroe apparaissait dans les premières pubs DS, Grace Jones dans les années 80, puis Claudia Schiffer dans les années 90 furent les icônes du double chevrons. 2015 semble être l’année de Iris Apfel, son âge passant bien au second plan, DS préférant son image d’icône de la mode, du style avoué.

    Si vous souhaitez en savoir plus sur Iris Apfel, un documentaire consacré à sa vie et nommé Iris est disponible sur Netflix.

     

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  • Land Rover Frankenstein

    Land Rover Frankenstein

    Prenez des pièces de Land Rover et un esprit punk typiquement londonien… Voici un exemple très concret de la capacité de nos amis anglais de réaliser des choses toujours folles. Et merci à Speedhunters de l’avoir spotté !

    Depuis le HUE 166 assemblé en 1948, le Land Rover est devenu un morceau de la culture britannique. Utilisé comme composante essentielle d’un empire global, le Land – rebaptisé Defender – a changé de statut ces dernières années.

    Loin de Solihull, le Def a pris des accents londoniens dans quelques concessions de la capitale. Les tarifs ont quasiment doublé et l’amour a atteint une forme de saturation.

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    Rien de mieux pour tomber dans l’esprit punk. Sex Pistols à fond, voici un hommage au Defender.

    La calandre est celle de la première série commercialisée en 1948. Tout le reste est un assemblage de pièces trouvées un peu partout, à travers six décennies de Land Rover, et montées sous le thème du Hot Rod.

    Dans Speedhunters, son propriétaire raconte : « Ce que j’aime surtout, c’est l’utiliser. Juste la conduire, quelle que soit la météo ou le moment de l’année. Ça peut pour aller à La Poste, aller voir des amis à Londres ou aller chercher des outils au magasin de bricolage. Ce qui m’amuse le plus, c’est d’être au volant et de rouler. »

  • Liverpool : tunnel, urbex et trésor automobile

    Liverpool : tunnel, urbex et trésor automobile

    C’est l’histoire d’un tunnel, ni plus ni moins. Créé en 1896 pour le tracé du chemin de fer de Liverpool, ce « Liverpool Overhead Railway Southern Extension Tunnel » est abandonné en 1956. Ainsi, il vit jusqu’en 1975, lorsqu’il devient garage. Utilisé pendant 20 ans, il tombe dans l’oubli et s’effondre en 2012. Les années passent, c’est alors que les photographes spécialistes de l’urbex s’emparent des lieux, mettant au jour les belles oubliées.

    Voici deux séries de photos rassemblée en un album. La première est réalisée par le photographe automobile Charlie Magee, la second par le local Dan Ciminera. L’automobile des années 70/80 y est parfaitement représentée. Au programme, Citroën HY, Land Rover, AMC Pacer, MINI, Ford Capri, Lotus 503 Elite, Fiat 130 Coupé ou encore deux modèles emblématiques de la production automobile britannique des années 70 : Hillman Avenger et Rover P5.

     

  • Une faute dans le nouveau test du code de la route

    Une faute dans le nouveau test du code de la route

    S’il y a un bien quelque chose qui me passionne, c’est l’éco-conduite… Alors chuter sur l’unique question à ce sujet lors de l’exercice du « nouveau » test du code de la route, ça me met en rogne !

    Il est évident que le code de la route n’est pas un code de bonne conduite. C’est un ensemble de règles définies pour permettre à la totalité des automobilistes (et autres associés de la route) d’évoluer dans un environnement sûr.

    Le test du code de la route n’est qu’un ensemble de questions visant à valider l’appropriation de ces règles par le futur détenteur du permis de conduire. Il juge la capacité théorique d’un candidat à voir et comprendre chaque situation.

    Une fois le code acquis et le permis en poche, l’automobiliste moyen s’offre certaines libertés et s’adapte lui-même à son propre environnement. C’est parfois bien, souvent terrible…

    Code de la route et/ou éco-conduite

    Je suis le premier à défendre qu’une vraie éco-conduite (j’entends une vraie éco-conduite poussée) est dangereuse… Pour éviter la déperdition d’énergie par un freinage, il est parfois nécessaire d’oublier des distances de sécurité, voire de manger légèrement des priorités.

    Soit… Venons-en au fait !

    Je me suis amusé à répondre aux « nouvelles questions de l’épreuve du code de la route ». Quinze questions… Quatorze parfaites et l’horreur sur la quinzième !

    Une photo… un autobus semble être garé à droite, le feu est rouge à une cinquantaine de mètres.

    Première question : pour réduire ma consommation, je retire le pied de l’accélérateur (oui ou non).

    Alors je dois dire que j’aurais déjà enlevé le pied de l’accélérateur, soit depuis 30 mètres, soit à l’apparition du feu orange… Mais bon, je réponds oui.

    Seconde question : pour réduire ma consommation, je rétrograde jusqu’en deuxième (oui ou non).

    Bah oui… Là, je dois être autour de 40 km/h, sans doute en quatrième. Passage en trois, puis en deux pour casser la vitesse avant le feu sans toucher aux freins et en gardant un régime bas et acceptable.

    PAF, j’ai faux ! Et on m’explique simplement que « si je rétrograde, je vais augmenter le régime du moteur, et donc ma consommation de carburant ».

    QUOI ? Si je profite du frein moteur, je consomme davantage ? Je vais devoir apporter la voiture dans un garage pour vérifier mes injecteurs, parce que ce n’est pas le cas… En revanche, si je reste sur le quatrième rapport jusqu’au point de calage devant le feu, je vais certainement forcer le calculateur à envoyer de l’essence pour ne pas caler.

    Résultat, j’ai fait une faute à l’examen du code… ET JE LA FERAI TOUTE MA VIE !

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  • Ghostbusters : It’s a Cadillac !

    Ghostbusters : It’s a Cadillac !

    Et oui, c’est encore une Cadillac… Mais loin de l’ambulance Miller-Meteor de 1959, Ecto 1 revient trente ans plus tard sous la forme d’un corbillard de 1982. Ghostbuster est de retour !

    Les plus grands fans attendaient ce jour pour découvrir les images du troisième épisode cinématographique de Ghostbuster. Le reboot de la franchise conserve les mêmes ficelles, mais change tous les acteurs, humains, moins humains et surtout le véhicule !

    Toujours baptisé Ecto 1, c’est toujours une Cadillac, même si l’ambulance de 1959 est remplacée par un corbillard de 1982.

    « Jaime l’idée qu’ils n’ont pas d’argent », explique Paul Feig, qui dirige de nouvel opus attendu en juillet. « Les Ghostbusters ont une attitude un peu décousue. Il leur fallait une voiture qui leur ressemble et j’ai cherché la période qui pouvait convenir. C’était un peu comme ces Cadillac du milieu des années 1980. »

    La production s’est donc mise à la recherche de la perle rare : « La première fois que je l’ai vue, j’ai compris que c’était la bonne. Je l’aime sous tous les angles et j’aime l’idée qu’elle soit différente de la voiture originale. »

    A voir :

  • Insectes urbains

    Insectes urbains

    Au cours de la sixième édition de Circulation(s), le festival de la jeune photographie européenne, au cours duquel 51 jeunes artistes exposeront au CENTQUATRE-PARIS entre le 25 mars et le 26 juin, vous aurez le plaisir de découvrir les travaux de la Bulgare Yasena Popova à travers sa série Urban Insects.

    Elle photographie des objets depuis un point de vue inhabituel : celui du bitume. Des véhicules en tous genres sont présentés sur un fond uni, parfois avec l’aide de grues.

    Selon Yasena Popova, via ces prises de vues, du dessous, « les machines évoquent de gros insectes. L’enchevêtrement complexe des pièces ressemble aux organes d’une créature vivante. »

  • Qui a gagné le livre officiel Michel Vaillant ?

    Qui a gagné le livre officiel Michel Vaillant ?

    Avec Michel Vaillant, Jean Graton a raconté à plusieurs générations de lecteurs les plus belles années du sport automobile… Dans un livre co-écrit par Xavier Chimits et Philippe Graton, la trajectoire hors du commun du dessinateur et de son personnage est reconstituée. Ce livre de plus de 300 pages est à gagner dès maintenant !

    Michel Vaillant est le reflet le plus fidèle de l’aventure automobile du XXe siècle, dont elle explore tous les versants : industriels, sportifs et humains, à travers l’avènement de la bande dessinée à partir des années 1950.

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    Tout Michel Vaillant, toutes les anecdotes et une incroyable collection d’iconographies sont à découvrir dans ce livre référence.

    La gagnante du jeu est Marie I. (Haute-Savoie)

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    Découvrez toutes les vidéos qui buzz du moment!

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  • Quelques instants avec Hervé Poulain, créateur des Art Car

    Quelques instants avec Hervé Poulain, créateur des Art Car

    AUTOcult était invité semaine dernière à la révélation du show-car Alpine Vision, qui préfigure la future Alpine de série. A ce petit évènement de l’histoire automobile française, des personnages de renom étaient présents, qu’ils aient un lien direct avec Alpine ou non. Je retiendrais particulièrement la présence de Hervé Poulain, créateur des célébrissimes Art Car, commissaire priseur de renom.

    Je n’ai pas pu m’empêcher d’aller à la rencontre cette homme de 75 ans, pimpant, costume bien coupé, cravate en tricot, l’œil vif. Ouvrant la discussion sur les Art Car qui m’ont tant fait rêver, j’avais trouvé là l’angle parfait d’attaque… Il me confiait alors :

    « Très heureux de vous faire rêver. »

    « Très heureux de vous faire rêver. » Il enchainait alors sur l’actualité de ces oeuvres hors du commun, de la prochaine Art Car, celles des artistes américain John Baldessari et chinois Cao Fei. Puis, lui confiant que la BMW Calder était mon Art Car favorite, il reprenait, sourire aux lèvres : « A l’époque, nous vous avons su bousculer les habitudes. Il faut se rendre compte aujourd’hui que dans les années 70, art et industrie étaient diamétralement opposés et ne s’étaient jamais rencontrés. Je suis allé dans un magasin de jouet, j’ai acheté un jouet BMW 3.0 CSL et je suis allé voir Calder. J’ai su le persuader de réaliser cette Art Car. A l’époque, c’était un projet complètement fou vous savez. Il a accepté, c’était parti, la première Art Car était née… Encore personne n’avait su lier art et industrie. »

    Encore personne n’avait su lier art et industrie.

     

  • Il y a 51 ans : l’ancêtre du système de navigation

    Il y a 51 ans : l’ancêtre du système de navigation

    Il y a toujours quelques perles dans les archives de l’Institut National de l’Audiovisuel ! Aujourd’hui, retour au 10 avril 1965 avec un reportage diffusé lors du Journal de 13h de l’ORTF pour présenter l’autorama, ancêtre du système de navigation.

    Comment se repérer sur les routes de France sans la moindre carte ? Deux hommes ratent un croisement dans la voiture de l’ORTF Télé-Bretagne… L’occasion de tester une Citroën DS équipée d’un autorama : un lecteur de road-book qui fait aujourd’hui penser à ce que sont devenus les systèmes de navigation. Et, en prime, de belles images d’époque de la Vallée du Scorff dans le Morbihan.

    Note : ce devait quand même être un sacré défi de créer des road-books pour chaque voyageur !

  • Michel Vaillant dans la ville, BMW George V, Paris.

    Michel Vaillant dans la ville, BMW George V, Paris.

    Le Citroën C_42 Champs Elysées, L’Atelier Renault, Le Rendez-Vous Toyota, Mercedes-Benz Gallery, Peugeot Avenue etc. Et BMW ne déroge pas à la règle. Avec son BMW Georges V, la marque allemande s’offre une vitrine sur une de belles artères qui mènent à la plus belle avenue du monde.

    A l’occasion du lancement de la collection « Michel Vaillant Art Strips » reprenant les vignettes de la BD sous forme de tirages prestigieux et limités, notre héros de papier a rendez-vous au sein du Brand Store BMW George V. Sur place, dans un cadre feutré et lumineux, on découvre les œuvres de Jean Graton, le livre Michel Vaillant, que nous vous faisons gagner sur votre blog préféré, mais aussi la BMW Z4 GT3 qui disputait les dernières 24 Heures de Spa. A son volant, nous retrouvions Alessandro Zanardi (véritable héros des temps modernes), Timo Glock et Bruno Spengler. C’est un modèle exceptionnel qu’on découvre là, entre race-car et art-car.

    Informations utiles :

    Exposition « Michel Vaillant Art Strips », du 9 février au 30 avril 2016
    Brand Store BMW George V
    38 avenue George V, 75008 Paris
    Entrée Libre du lundi au samedi de 10h à 20h

    Photos :

    Michel Vaillant Art Strips BMW George V Paris

    Michel Vaillant Art Strips BMW George V Paris

    Michel Vaillant Art Strips BMW George V Paris

    Michel Vaillant Art Strips BMW George V Paris

    Michel Vaillant Art Strips BMW George V Paris

  • Pourquoi Alpine se révèle au Col de Turini ?

    Pourquoi Alpine se révèle au Col de Turini ?

    Il est des lieux ainsi. Des lieux mythiques, de légendes, phénoménaux, historiques. Le Col de Turini en fait partie, comme le Stade Geoffroy-Guichard des Verts, la Trouée d’Arenberg du Paris-Roubaix, le Mont Ventoux du Tour de France. Des lieux qui ont vu des exploits sportifs, des vies humaines changer, des larmes, des cris de joie, une joie populaire que seul le sport peut créer, comme un créateur officiel d’émotions.

    Le Col du Turini intervient sur l’épreuve chronométrée La Bollène Vesubie – Moulinet, ou celle encore appelée Col de Turini. Aujourd’hui disputée lors du dernier jour du Rallye Monte-Carlo. Elle était autrefois l’emblème de celle qu’on appelle la nuit du Turini. Un passage au col de nuit, dans une ambiance indescriptible.

    Un petit village peuplé d’irréductibles

    C’est un petit village, on y entre par un virage à droite, on en sort par un virage à gauche. Entre ces deux virages, moins de deux cent mètres. Deux cent mètres d’émotion folle, de lumières, de flashs, de fumigènes, d’un public en joie, d’un climat particulier dans la voiture, un moment hors du temps.

    Il y a deux ans, j’ouvrais le Rallye Monte-Carlo pour mon pote Victor Bellotto. Copilote tous les deux, amis de longue date, il me demandait d’être ses yeux, œuvrant à lui corriger ses notes avant son passage en course. Un job de haute voltige, annotant chaque virage. Durant les deux jours de course, nous avions, avec Nicolas Romiguière qui était mon pilote sur ce Monte-Carlo 2014, eu pas mal de pluie. Un Monte-Carlo, humide, trempé, façon RAC Rally. Pas très fun en fait, pas très Monte-Carl’.

    Venez l’heure du mythe. Nous nous entendions bien avec Nicolas, la mayonnaise avait pris en quelques kilomètres. En bas du village de La Bollène Vesubie, les gendarmes étaient là, interdisant la montée du col aux voitures non équipées de pneus neige. Nous en étions équipés. Vint le départ de la spéciale, l’ascension du col, les virages ne cessant pas de se dessiner d’une courbe à une autre. De nouvelles notes arrivaient dans la bouche de Nicolas, d’abord « soupe » puis une autre, un troisième, puis quand chaque virage était rempli de cette soupe de neige, il me disait « zone soupe » dans cette montée incessante. Alors vint le mot « neige » puis un deuxième « neige », un troisième et comme pour la soupe, cela devenait vraiment une zone neige, des kilomètres de neige, de rails de neige, d’une trace à suivre.

    Au détour d’un virage, sur notre droite, une maison se dessine dans la tempête de neige. Au fur et à mesure qu’on approche, on distingue ses formes, son balcon de bois, quelques spectateurs sont là, les premiers de toute la montée. Puis à quelques mètres de l’entrée sur le col, ils sont des dizaines, des centaines à crier, applaudir, emplis de joie. Nous ne sommes qu’ouvreurs. Mais nous sommes dans la fête, l’ambiance, acteurs de ce Monte-Carlo qui fait tant rêver. Virage à droite, vous y voici au col de Turini, la route est large, 200 mètres plus tard, virage à droite, les spectateurs sont toujours là. Virage passé, il est temps de faire la bascule, de descendre du col, plein de neige… puis d’enchainer une descente vertigineuse pleine d’épingles à cheveux.

    Col de Turini
    Col de Turini

    1973, l’histoire

    C’est ça le Col de Turini. Une spéciale longue de 15 ou 25 kilomètres selon les années. Des conditions dantesques, une ambiance exceptionnelle, un tracé prodigieux, là où de nombreux pilotes ont vu leurs carrières changer. On pensera à François Delecour en 1991 et son « j’ai pas tapé », la sortie de route de Gérard Larrousse alors qu’il est en tête de la course, les spectateurs ayant mis de la neige sur le parcours 100% asphalte. Et bien d’autres…

    Si Alpine a choisi le Col de Turini, c’est aussi et surtout pour l’année 1973. Cette année là, le Championnat du Monde des Rallyes vit sa première année. Seul le championnat Constructeurs existe. Alpine est là en force et ne compte laisser Fiat, Ford ou Lancia lui damer le pion.

    Rallye Monte-Carlo 1973. Jean-Claude Andruet et Ove Andersson sont au coude à coude, le Français en tête, ils sont tous deux engagés par la marque Alpine. Spéciale n°4, Col du Turini. Dans la bataille, Andruet est victime d’une crevaison. Pour lui, le rallye est terminé, c’est l’abandon. Battante, sa copilote Biche le pousse à terminer la spéciale, avec le pneu arrière gauche à plat. A l’arrivée de la spéciale, il se retrouve 3ème du rallye, à plus d’une minute de Suédois Andersson. Spéciale suivante, c’est au tour de ce dernier de partir à la faute, tapant un mur de neige, éclatant deux pneus. Andruet, comme son équipier Jean-Pierre Nicolas signent le meilleur temps ex-æquo. Le Suédois est toujours en tête, avec 10 secondes d’avance sur Nicolas. Andruet se retrouve en bagarre pour la victoire, et reprend la tête de la course dans l’avant-dernière spéciale : le col de Turini. Andruet « pose » 14 secondes à Andersson, 21 à Nicolas avant la dernière spéciale. Il reste les 18 kilomètres du col de la Madonne à disputer, Andruet ne compte pas laisser ce Monte-Carlo 73 à ses petits copains. Il se lâche comme jamais, son Alpine A110 1800 bleue vole de virage en virage. Et ça paye : il signe le meilleur temps, infligeant une demi-seconde au kilomètre à son coéquipier scandinave.

    Jean-Claude Andruet termine le Rallye Monte-Carlo 1973 avec 26 secondes d’avance sur Andersson. A la suite des cinq jours de courses et d’un final à rebondissements, Alpine place cinq de ses A110 aux si première places. Jean-Claude Andruet remporte ce premier rallye du Championnat du Monde, Ove Andersson et Jean-Pierre Nicolas se placent sur le podium. Derrière, Jean-Luc Therier et Jean-Francois Piot terminent cinq et sixième.

    Alpine aura marqué de son empreinte l’histoire du Rallye Monte-Carlo et du WRC, le Col du Turini ayant fait la différence au profit d’Alpine, d’Andruet et de Biche, sa copilote. D’où le choix de ce célébrissime Col pour fêter le renouveau de la marque bleue…

     

    Col de Turini en images

    Col de Turini - Rallye Monte-Carlo 2015
    Col de Turini – Rallye Monte-Carlo 2015
    Col de Turini - Rallye Monte-Carlo 2015
    Col de Turini – Rallye Monte-Carlo 2015
    Col de Turini - Rallye Monte-Carlo
    Col de Turini – Rallye Monte-Carlo