Un salon automobile réussi est un événement qui met en valeur (au moins) un modèle de rêve que les visiteurs souhaitent intensément voir sur la route. A Francfort, Porsche a marqué les esprits avec son concept Mission E. Désormais programmé pour un lancement commercial, il est temps d’espérer la prochaine annonce : celle de l’arrivée de la Mazda RX Vision, star du Salon de Tokyo !
Un simple communiqué de presse a officialisé le projet commercial basé sur l’étude Mission E présenté par Porsche à Francfort : « Green light for Mission E ». La marque allemande va investir un milliard d’euros pour moderniser l’usine de Zuffenhausen, créer un millier d’emplois supplémentaires et mener à bien le développement de la version commerciale de la Mission E.
Le concept présenté à Francfort était un véritable bijou technologique avec un moteur capable de développer une puissance supérieure à 600 chevaux et le 0 à 100 km/h en moins de 3,5 secondes. L’autonomie est annoncée à 500 kilomètres avec une recharge des batteries lithium-ion à 80 % en moins de 15 minutes grâce à un chargeur 800 Volts.
Dévoilé en version 4 portes en Allemagne, le concept Mission E verra sa version finale apparaître sur les routes avant la fin de la décennie…
Il n’y a pas que les moteurs électriques dans la vie !
D’ici là, on ne peut que souhaiter une décision équivalente chez Mazda. Présenté à Tokyo, le concept RX Vision fait partie de ces objets de passion.
Le concept RX Vision est une histoire de famille. Une génération après la première RX-7 dessinée par Matasaburo Maeda, son fils Ikuo Maeda a donné naissance à une ligne inscrite dans le patrimoine de l’automobile sportive.
Un énorme empattement, un capot long comme une ligne droite, une ligne de toit basse et allongée jusqu’au bout du coffre dépourvu d’aileron… Voici un dessin digne des plus belles réalisations de l’histoire.
A Tokyo, la RX Vision était LA star. Sa ligne n’était pas le seul coup de cœur des visiteurs… Car, sous le capot, Mazda a annoncé un moteur rotatif. Depuis près de dix ans, une équipe d’une cinquantaine de motoristes a travaillé sur le développement de cette technologie pour l’aligner sur les normes écologiques actuelles.
Au Japon, on ne cache pas qu’il y a un désir d’aller plus loin… Dans deux ans, un nouveau modèle devrait accompagner les célébrations du demi-siècle de la Cosmo, le premier coupé à moteur rotatif signé Mazda. Espérons qu’il soit dans la lignée du RX Vision et que sa commercialisation soit ensuite lancée !
J’avais vu passer une image de cette réalisation au début du mois de novembre… Le fait qu’elle soit ressortie par divers sites européens depuis ce week-end (et turbo.fr aujourd’hui) m’a encouragé à m’y intéresser un peu plus : car ceci est une BMW Série 3 carrossée par un atelier russe !
J’ai déjà évoqué mon admiration devant de telles réalisations. La Speedback GT de David Brown est vraiment un coup de coeur. Cette fois, c’est sur la base d’une BMW Série 3 Coupé (E92) vendue entre 2006 et 2012 qu’un carrossier russe a imaginé une ligne très vintage.
Captivante, même si un peu lourde, en version bicolore, elle se révèle d’une rare élégance en version noire.
Pour l’intérieur, tout est réalisable selon les goûts des clients qui seront capables de débourser, en prix d’appel, un peu plus de 100 000 euros !
C’est de l’art… Il convient donc de mesurer ses propos, voire ses critiques ! Mais quand sort le calendrier Pirelli, j’attends quelque chose d’extraordinaire. Dans le terme extraordinaire, j’entends qui sort de l’ordinaire. Mais là, ça va un peu loin.
Il y a quelques mois, Serena Williams avait officialisé sa présence dans le fameux Cal version 2016. Evidemment, elle ne fait pas partie des canons de la beauté de ce début de troisième millénaire (aucune athlète de haut niveau ne peut y prétendre, même si le marketing aime nous le faire croire), mais l’idée était enthousiasmante.
Enthousiasmante, car le Calendrier Pirelli est plus qu’une collection de jolies femmes prises en photo… C’est toujours une démonstration d’inattendu (surtout pour moi qui n’ai l’habitude que du Cal et de celui des Dieux du Stade).
Pour 2016, Pirelli a choisi treize « femmes emblèmes tour à tour de la réussite professionnelle, sociale, culturelle, sportive et artistique ». Admettons.
La marque italienne souligne également que, suivant l’exemple des calendriers des années 1960, du 2002, du 2008 et du 2013, celui proposé par la photographe Annie Leibovitz ne contient aucun nu. La nudité n’était pas un atout particulier du Cal, on ne peut pas s’en trouver déçu.
Annie Leibovitz : « Pour celui de 2016, nous avons opté pour une approche entièrement différente, mais toujours aussi simple : une série classique de portraits en noir et blanc photographiés dans mon studio. »
Et voilà le gros mot : classique. Des quatre portraits que j’ai pu voir, ils sont classiques. Pourtant, le Cal devrait être extraordinaire. Je garde donc une certaine impatience de découvrir la version finale !
Le deux millionième Land Rover Defender à sortir des ateliers de Solihull sera exceptionnellement exposé à Londres les 15 et 16 décembre. Il sera ensuite proposé aux enchères afin de récolter des fonds pour la Croix Rouge.
Cette opération menée par la maison Bonhams doit célébrer les 67 ans de production de l’une des autos les plus cultes de l’histoire.
Conduit par la Reine, Sir Winston Churchill, James Bond ou Steve McQueen, le Defender a marqué l’histoire de l’industrie automobile autant que celle du Royaume-Uni.
Roger Crathorne sera présent autour de ce modèle très spécial pour raconter quelques belles anecdotes. Baptisé Mr Land Rover, il travaille pour la marque depuis plus de cinquante ans et a fréquenté ses clients les plus prestigieux.
Le 2 000 000e Defender est une pièce unique. Il a été assemblé en dix jours par des ambassadeurs de la marque, tels que l’aventurier Bear Grylls ou l’entrepreneur Theo Paphitis.
L’enchère commencera le mercredi 16 décembre dès 18h00.
Ce mois de novembre est une malheureuse période d’hommages. Loin de Paris, j’ai eu les larmes aux yeux en suivant ce qu’il s’est passé cette nuit à l’Eden Park pour saluer Jonah Lomu… Ce samedi, en Californie, quelques dizaines de passionnés ont organisé une parade en mémoire de George Barris.
George Barris est l’un des pères de la customisation automobile sur la cote ouest des Etats-Unis. Disparu le 5 novembre à 90 ans après avoir passé sa vie à rendre ses voitures toujours un peu plus folles, il a reçu un hommage très décalé ce samedi.
Autour d’un cercueil customisé, ses fans ont fait défiler quelques-unes de ses plus marquantes de ses créations. Un bel hommage au créateur de la première Batmobile.
Avant l’arrivée en ligne de l’essai de l’Audi R8 V10 plus, évadons nous avec une autre R8. Ici, retrouvons les lignes de l’antique Renault 8, redessinées sous la plume du Roumain Andrus Ciprian.
Deux modèles sont disponibles, chacun en deux portes : l’un est un cabriolet, le second est un coupé classique. En cette R8 Gordini , on retrouve bien entendu quelques clins d’œil de la R8 original, tel le duo de feux additionnels sur la face avant, ou le décroché dans les lignes des flancs latéraux mais aussi des traits de BMW Série 2 coupé.
Si cette étude vaut le coup d’être vue, je ne serais pas forcément partisan de voir cette R8 sur nos routes. Pour rester du côté des mythes de chez Renault, je préfèrerais plutôt voir une Alpine réussie. Et tout cela nous fera oublier la Wind Gordini… que personne n’a comprise.
Il y a (déjà) quelque temps, l’ami contreappel avait mis en ligne un billet pour présenter son garage parfait… Je crois que je viens de trouver une occasion de commencer à réfléchir à ce que je garerais dans le mien !
Lors d’une vente organisée le 6 décembre dans ses locaux de New Bond Street – dans le quartier le plus fréquenté de Londres – Bonhams propose une magnifique collection de modèles… Dont quelques-uns que je mettrais volontiers dans mon garage parfait.
Quelques jours après la sortie du 24e épisode cinématographie de James Bond, l’Aston Martin DB5 entrerait aisément dans ma petite liste. Bien au-delà de l’image donnée par le héros de Ian Fleming, cette DB5 est une pièce maîtresse de la marque anglaise.
La DB4 avait marqué les esprits, la DB5 a atteint des sommets avec une ligne dessinée par Touring et un moteur hérité de la Lagonda Rapide. Comptons déjà 550 000 euros minimum !
A peine le temps de savourer, voici une BMW 328 Roadster. Elle a forcément sa place dans mon garage parfait… Même si le modèle proposé à Londres est une Frazer Nash, qui est une importation de la BMW 328 allemande, en conduite à droite. A me convaincre que je veux une « vraie » BMW avec le volant à gauche, je viens d’économiser 800 000 euros !
Ça tombe bien, il va falloir dépenser beaucoup plus pour la suivante… Là encore, aucune surprise : une Mercedes-Benz 300 SL et ses portes papillon. Ce modèle est parfait, avec le volant bien à gauche et même un petit historique. Il était au sommet de la sculpture réservée à Mercedes lors du Festival of Speed de Goodwood 2001. Tarif annoncé : 1 400 000 euros !
Voilà de belles pièces pour débuter. Avec un œil sur une Ferrari 250 GT, une AC Cobra de 1962, voire une Bentley 4 ½ litre de 1929, aussi au catalogue !
Pour célébrer le quarantième anniversaire des Art Cars, BMW va dévoiler deux nouvelles art cars sur la base de BMW M6 GT3. Deux voitures seront confiées à la Chinoise Cao Fei et à l’Américain John Baldessari.
Ce nouveau programme, qui fait suite aux dernières réalisations de Jeff Koons (2010), Olafur Eliasson (2007) et Jenny Holzer (1999), a été révélée au cœur du musée Solomon R. Guggenheim de New York.
Les véhicules nouvellement décorés seront présentés dans divers musées en 2017, tout en devant par ailleurs faire leurs preuves sur les circuits.
« En ce 40e anniversaire de la Collection des BMW Art Cars, nous devons regarder vers l’avenir. Cette collection, dont les véhicules incarnent la rencontre fascinante entre la technologie de pointe et l’art, illustre l’engagement culturel de BMW Group. Nous sommes très fiers d’enrichir cette collection de deux œuvres d’artistes aussi renommés », a déclaré Ian Robertson, membre du Directoire de BMW.
Depuis 1975, des artistes du monde entier transforment des modèles BMW contemporains en Art Cars. La collection fut inaugurée cette année-là lorsque Hervé Poulain, pilote de course et amateur d’art français, associé à Jochen Neerspach, alors directeur de BMW Motorsport, demanda à son ami artiste Alexander Calder de décorer une voiture de compétition. Le résultat fut une BMW 3.0 CSL, qui participa aux 24 Heures du Mans de 1975 et devint rapidement l’une des grandes favorites du public. La collection BMW Art Cars était née.
En 2010, la dernière-née de la série, une voiture habillée par Jeff Koons, fut présentée au Centre Pompidou, à Paris. Les BMW Art Cars ne sont pas seulement exposées au Musée BMW de Munich, leur ville natale. Elles voyagent aussi à travers le monde, où elles sont présentées dans des musées et des expositions en Asie, en Europe et en Amérique du Nord.
Il ne fait plus aucun doute que l’automatisation de la conduite va nous occuper durant la décennie à venir… Mais le monde automobile doit avoir bien d’autres préoccupations, dont celle l’industrialisation.
A écouter monsieur Sergio Marchionne, les constructeurs ne pourront survivre qu’au prix d’une concentration conséquente… La semaine dernière, j’entendais Lapo Elkann tirer la sonnette d’alarme : les assembleurs automobiles sont devenus beaucoup trop petits pour concurrencer une éventuelle attaque des géants de la hi-tech.
Il convient donc d’imaginer une révolution au cœur même de l’industrialisation automobile, avant qu’Apple, Facebook ou Amazon ne se décident à distribuer leurs propres modèles. Impossible ? Et comment est né Tesla ?
J’ai pensé à ça en regardant la Yamaha Sports Ride Concept présentée lors du Salon de Tokyo. Ce petit coupé deux places à moteur central n’est évidemment qu’un concept présenté par un constructeur surtout connu pour ses motos, voire ses instruments de musique.
Construit avec iStream de Gordon Murray
Cette Yamaha se sert d’un procédé de production mis au point par le Britannique Gordon Murray, le père de la McLaren F1 (entre autres). Cette technologie, dont j’avais déjà abordé l’existence en parlant de la renaissance de TVR, est destiné à assembler des voitures rapidement avec un haut niveau de rigidité et une légèreté incomparables. Pour reprendre l’exemple de la Yamaha, la masse ne dépasse pas 750 kg pour 3,90 mètres de longueur.
Voici donc la chance des constructeurs automobiles : renouveler le modèle de fabrication… A moins que ces technologies ne permettent à de nouveaux acteurs de se développer, jusqu’à renverser le marché.
Vous savez quoi ? En 2001, le marché de la téléphonie était dominé par Nokia, largement devant Motorola, Sony Ericsson et Siemens. Si Sony reste encore présent après avoir avalé complètement Ericsson, il vous sera impossible d’acheter un Nokia ou un Siemens aujourd’hui… Et bonne chance pour trouver un Motorola !
Et si, en 2030, on ne pouvait plus trouver de Toyota, de Volkswagen, de Chevrolet (en France, ça s’annonce déjà difficile), de Hyundai ou de Renault ?
Durant plus de 40 ans, entre les années 30 et 70, Fritz et Hans Schlumpf, deux frères suisses, bâtissent un véritable empire en Alsace. Ils achètent à tour de bras les usines, les filatures de leur région. Passionnés d’automobiles, ces deux frères, Fritz en tête, achètent, récupèrent à bon prix de nombreuses voitures de collection, Bugatti en tête. Plus de 600 voitures sont rassemblées dans l’usine Schlumpf de Malmerspach, où Fritz a mis en place des ateliers de restauration des voitures.
Grâce à un montage d’entreprises, les frères Schlumpf financent leur musée, leur collection, l’achat des voitures, leur restauration. Mais l’équilibre se montre bancal, et le groupe Schlumpf met la clé sur porte, dépose le bilan, mettant 1700 salariés au chômage. Les actions des syndicats se montrent des plus virulentes envers Fritz, qui, jugé coupable de la faillite à cause de son goût prononcé de l’automobile, s’expatrie en Suisse et est dépossédé de sa collection.
La fantastique histoire de la collection Schlump est à découvrir ici un excellent documentaire de 50 minutes, réalisé par Benoît Sourty et disponible en ligne sur le site Pluzz.fr.
Lors du rachat par Fritz Schlumpf de la collection de Bugatti de John William Shakespeare.
Lors du rachat par Fritz Schlumpf de la collection de Bugatti de John William Shakespeare.
Un des hall de l’usine Schlumpf usine de Malmerspach.
En Californie, quelques dizaines de préparateurs s’amusent à personnaliser les modèles que des clients plus ou moins fous veulent bien leur confier. Ce matin, ils ont perdu celui qui leur a montré la voie.
Au terme de la Seconde Guerre Mondiale, George Barris ouvre la Barris Kustom Industries avec son frère. Proche de quelques grands producteurs d’Hollywood, il fonde sa légende avec quelques réalisations destinées pour le cinéma.
Surnommé le « King of Kustomizers », il est celui qui a imaginé la toute première Batmobile. Sur une base du concept car Lincoln Futura conçu par Ghia en 1955, qu’il aurait racheté pour un dollar symbolique selon la légende, Barris avait donné naissance à la voiture de Batman pour la série diffusée dans les années 1960. Il y a deux ans, elle a été vendue aux enchères pour
Ses voitures ont également été vues dans La Mort aux Trousses d’Alfred Hitchcock et dans quelques autres séries, pas toujours diffusées chez nous.
Et c’est surtout à lui que l’on doit KITT, une Pontiac Furebird Trans Am, utilisée dans la série télévisée K2000.
Sa collection personnelle était composée de General Lee, de la Ford Torino de Starsky et Hutch, de la Chrysler Imperial du Green Hornet et de la Pontiac GTO des Monkees.
George Barris est décédé dans son sommeil à 89 ans… Mais son entreprise continue d’oeuvrer. En voici un exemple sur base de Ford F-150.
Dimanche, à peine remis de mon tête-à-tête avec Novak Djokovic, j’apprends que Lapo Elkann est sur le plateau d’une émission de Canal +. Le petit-fils de l’Avvocato est en campagne pour le lancement de son Garage Italia Customs, mais aussi pour le bien de l’Italie.
Les médias se régalent face à ce symbole d’un empire à la dérive. Lapo Elkann, c’est une icône d’une Italie qui a contrôlé le monde il y a deux millénaires, une élégance, la classe, l’extravagance, jusqu’à l’exubérance. Le numéro de décembre de Top Gear publie d’ailleurs une intéressante interview sur le sujet.
Descendance Agnelli
S’il porte le nom d’Elkann et s’il se targue d’être juif dans ses paroles autant que par ses tatouages, Lapo Elkann est d’abord un Agnelli. L’arrière-arrière-petit-fils du premier Giovanni, le fondateur, et le petit-fils du second Giovanni, l’Avvocato, a très vite montré les signes avant-coureurs des dérives légendaires de quelques membres de la famille.
Certains ont pu mettre ça sur le compte d’une enfance difficile. Né à New York, il passe ses premières années entre Londres, Rio de Janeiro et Paris, subissant le divorce de ses parents. A 10 ans, il est mis en pension à Paris pour, déjà, le recadrer. Si l’expérience a réussi pour son frère aîné John, elle lance Lapo droit dans le mur.
Pour éviter un nouveau drame familial – les morts foudroyantes et les suicides ont déjà trop secoué les Agnelli – le deuxième des huit enfants de Margherita est envoyé dans l’usine Piaggio de Pontedera. Sous le nom de Lapo Rossi, il apprend le métier et la condition d’ouvrier à seulement 17 ans. La suite redonne confiance : service militaire chez les chasseurs alpins, stages dans une banque d’investissements à Londres, puis chez Danone, il est envoyé à Modène pour travailler sur les projets digitaux de Ferrari aux côtés de Luca di Montezemolo.
Mais rien ne va. S’il prouve une énorme capacité de travail et que son nom lui ouvre toutes les portes, le jeune playboy aligne les frasques. Drogues, alcool, filles… Il est envoyé aux Etats-Unis pour devenir l’assistant personnel d’Henry Kissinger, l’ancien Secrétaire d’Etat, Prix Nobel de la Paix.
Grandeur et décadence
Un an plus tard, il revient à Turin et prend la responsabilité du marketing d’un Groupe FIAT très mal en point. On lui doit l’idée qui sauve l’entreprise, voire le pays : relancer la 500 ! Il coordonne son développement, avec une base de Panda et un assemblage en Pologne. Mais alors qu’il est en train d’écrire l’histoire, il touche le fond en octobre 2005.
En une nuit, le playboy de 28 ans effondre son mythe. Il est retrouvé inanimé, victime d’une overdose de cocaïne et d’héroïne dans l’appartement d’un travesti de 53 ans. Il quitte alors FIAT et l’Italie pour repartir de zéro.
Deux ans plus tard, il fonde Italia Independent, une marque de vêtements de luxe dépourvus de logo et entame une longue collaboration avec Gucci. Vanity Fair en fait l’homme le plus élégant du monde. Lapo Elkann se relance.
Loin de la drogue, il tisse ses réseaux dans la mode et ne manque jamais une occasion d’associer son prénom au groupe familial. Après avoir purgé une peine qu’il s’était lui-même infligée, il rentre en Italie et multiplie les apparitions.
Il parle ouvertement de son passé, de son expérience et de son destin. Le playboy devient dandy et trendsetter.
Pour cette fin d’année, au milieu de ses multiples activités et de ses nombreuses marques, il présente Garage Italia Customs, un énième préparateur dont il rêvait.
Autant l’avouer tout de suite, Garage Italia Customs n’a aucun intérêt en tant que tel. Ses réalisations pourraient être sorties de n’importe quel atelier. Sauf un détail : c’est du Lapo Elkann.
Garage Italia Customs avant autre chose ?
Qui est capable de reprendre une station-service désaffectée de Milan pour en faire un lien à la mode ou est exposée la Ferrari 458 camouflages militaires du patron ? Soixante-dix voitures ont déjà subi des transformations. Et lors de l’inauguration, la 458 disputait la vedette à une BMW i8, une Alfa Romeo 4C et une Abarth 595 plus sobres.
« Durant ma carrière, j’ai toujours rêvé de créer quelque chose comme Garage Italia Customs », raconte Lapo Elkann. « Nous nous occupons de voitures, de bateaux et d’avions pour offrir la quintessence du style italien. »
Voilà l’unique ambition de petit-fils. Comme l’Avvocato qui voulait donner du travail et des voitures à toute l’Italie, Lapo veut redorer le blason d’un pays au potentiel extraordinaire, mais en déroute. Garage Italia Customs n’est sans doute qu’un test !
« Lorsque j’étais consultant du programme de personnalisation de Ferrari et Maserati, nous étions dans le 1.0, peut-être le 2.0. Je savais que l’on pouvait proposer davantage. Là, je propose le 3.0 ou le 4.0. Nous travaillons avec les meilleurs ouvriers d’Italie et les plus belles industries comme Pirelli, Brembo, Sabelt, Lear, Alcantara… C’est une idée moderne de la carrozzeria. L’Italie a perdu de sa superbe et des sociétés allemandes, américaines et anglaises ont pris le marché. La personnalisation automobile représente 94 milliards d’euros dans le monde. Pensez maintenant aux avions, aux hélicoptères et aux bateaux. »
« Un style est en train d’émerger. Ça peut être du Pimp my Ride, Fast and Furious, mais ça va aussi jusqu’au café racers britanniques ou aux fantastiques réalisations de Singer et Icon aux Etats-Unis. Je veux y apporter une touche italienne ! »
En revoyant son passage sur le plateau du Supplément ce dimanche, une phrase m’intrigue et même m’excite. Questionné sur un éventuel retour chez FIAT, il répond :
S’il y a l’opportunité de pouvoir s’occuper d’une marque ou d’inventer une nouvelle marque, on ne sait jamais. Moi je suis toujours partant, je suis un entrepreneur et s’il y a des idées intéressantes, je suis prêt !