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26 octobre 1997 : Le jour où Michael Schumacher a tenté d’éliminer Villeneuve avant d’être banni par la FIA

26 octobre 1997 : coup de roue de Schumacher à Jerez, abandon de la Ferrari et batterie de Villeneuve ballottée par les câbles. Récit de la finale la plus explosive de l'histoire moderne de la F1.

Par Louis Bernard ◷ 4 min de lecture 26 octobre 2026
26 octobre 1997 : Le jour où Michael Schumacher a tenté d’éliminer Villeneuve avant d’être banni par la FIA
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Quarante-huitième tour sur le tracé andalou de Jerez. En arrivant au bout de la ligne droite arrière, Jacques Villeneuve déboîte sa Williams-Renault et plonge à la corde de l’épingle Dry Sack. Michael Schumacher est surpris. L’Allemand amorce son virage à droite, réalise que la Williams est déjà à sa hauteur, puis redonne un second coup de volant, délibéré, vers l’intérieur. La roue avant droite de la Ferrari F310B vient s’écraser sourdement contre le ponton gauche de la Williams FW19. Le choc repousse la monoplace italienne dans le bac à graviers. Les roues arrière patinent dans le vide. Schumacher cale, s’extrait du cockpit et s’appuie contre le rail de sécurité. Il pense avoir réussi son coup : avec un point d’avance au championnat, le titre est à lui si aucun des deux ne marque. Sauf que la Williams roule encore.

Le support en carbone cède sous l’impact

Dans le stand Williams, le silence est lourd. Au moment du crash, les ingénieurs autour de Patrick Head et Adrian Newey n’ont d’yeux que pour les écrans de télémétrie. Le ponton a encaissé l’impact direct de la gomme et de la jante de la Ferrari.

Contrairement aux rumeurs d’après-course qui évoqueront des radiateurs percés ou des triangles faussés, le vrai drame mécanique se joue dans les entrailles du flanc gauche. Le choc a pulvérisé le support en fibre de carbone de la batterie.

L’accumulateur ne repose plus sur son embase : il pend dans son logement, retenu uniquement par son faisceau électrique. À chaque freinage violent, sur chaque accélération et à chaque compression sur les vibreurs, la batterie ballotte. Si une cosse se détache ou si un fil se sectionne contre une arête de carbone, c’est la coupure d’allumage immédiate. Le V10 Renault RS9 s’éteindrait net, et le championnat s’envolerait dans la poussière espagnole.

Finir au ralenti sans toucher les bordures

Au volant, Villeneuve n’a pas besoin de radio pour comprendre que son auto est meurtrie. La direction tire légèrement, le fond plat frotte bizarrement et le comportement en appui s’est dégradé. Le Canadien sait parfaitement ce qu’il a à faire : il lui suffit d’un seul point pour coiffer la couronne. Une sixième place suffit.

Durant les vingt derniers tours, le pilotage change de nature. Villeneuve évite soigneusement les vibreurs peints, arrondit chaque trajectoire et surveille ses rétroviseurs. Derrière lui, les McLaren de Mika Häkkinen et David Coulthard fondent sur la Williams blessée.

Pas question de défendre bêtement sa position au risque de provoquer un nouvel accrochage. Dans l’ultime boucle, le Québécois ouvre la porte aux deux monoplaces argentées. Häkkinen décroche la première victoire de sa carrière en Grand Prix, Coulthard assure le doublé, et Villeneuve franchit la ligne en troisième position, les deux bras levés au ciel. Avec quatre points inscrits, il devient champion du monde de Formule 1.

La sanction différée du Conseil mondial

Sur le podium de Jerez, la fête a un goût d’inachevé dans le clan Ferrari. Dans un premier temps, les commissaires de course locaux décrètent qu’il s’agit d’un simple incident de course. Une décision qui provoque un tollé immédiat dans le paddock et dans la presse internationale, images du coup de volant à l’appui.

Il faudra attendre deux semaines pour que l’épilogue juridique tombe. Réuni en séance extraordinaire à Paris le 11 novembre 1997, le Conseil mondial de la FIA examine la télémétrie de la Ferrari. Les données confirment que Schumacher a tourné vers la Williams alors qu’elle occupait déjà la corde.

La sanction est historique : Michael Schumacher est purement et simplement déclassé du championnat du monde des pilotes 1997. Une mesure inédite pour un vice-champion. La Fédération laisse toutefois à la Scuderia ses points au classement des constructeurs ainsi que les victoires individuelles du pilote allemand durant la saison.

Ce dimanche d’octobre 1997 reste dans les mémoires comme le jour où l’arrogance d’un coup de roue s’est brisée contre la résistance d’un simple câble électrique.

L’info en plus : La fameuse première ligne aux chronos identiques

La finale de Jerez 1997 était entrée dans l’histoire dès la séance de qualifications du samedi. Pour la première fois depuis l’instauration du chronométrage au millième de seconde en Formule 1, trois pilotes ont signé exactement le même temps au tour : 1 minute, 21 secondes et 072 millièmes. Jacques Villeneuve avait réalisé la référence en premier, suivi quelques minutes plus tard par Michael Schumacher, puis par Heinz-Harald Frentzen sur la seconde Williams. Selon le règlement, la pole position est revenue au Canadien pour avoir fixé ce chrono le premier en piste.

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